Coucouuu, j'espère que vous allez bien, que le confinement se passe bien pour tout le monde. Je suis plutôt contente de ce chapitre j'avoue haha, j'espère qu'il vous plaira.
Bonne lecture et n'hésitez pas à laisser un avis ça fait toujours plaisir ! :)
Chapitre 33 : Tell me something good
Lily se mordit la lèvre d'un geste anxieux et resserra sa veste en jean autour d'elle en sentant un vent frais la traverser. Elle regardait ses amis à quelques mètres devant elle avec envie alors qu'ils parlaient et riaient. Elle n'osait pas regarder Remus à sa droite. Ils avançaient en silence depuis qu'elle avait accepté de lui parler. Ils étaient plongés dans un silence pesant depuis une bonne minute.
Finalement, Remus se racla la gorge, comme pour se donner du courage. Lily continuait à fixer devant elle, elle était tendue au maximum et elle guettait la moindre parole de Remus avec attention.
- Je suis content que tu aies accepté de parler, commença Remus d'une voix hésitante.
Lily attendit quelques secondes que Remus développe, mais rien ne vint. Elle tourna brusquement la tête vers lui avec un air éberlué.
- J'ai accepté de parler oui, mais depuis cinq minutes on marche dans un silence gênant et on ne parle pas, répliqua-t-elle sèchement.
Remus croisa le regard agacé de Lily, et eut un léger rire nerveux en se rendant compte de la situation. Il était ridicule, il lui avait demandé de parler, et depuis cinq minutes il était incapable de lui adresser la parole, sauf pour la remercier alors qu'ils n'avaient pas encore parler. Il se mit à rire nerveusement sans pouvoir sans empêcher, il s'arrêta incapable de continuer à marcher tant il riait. Il remarqua Lily s'arrêter à son tour, et fut surpris d'entendre le rire de son ex-petite-amie se joindre au sien.
Le rire de Lily lui réchauffa le cœur. Lily n'avait pas un rire mélodieux ou cristallin comme certaines des filles qu'il avait côtoyées. Le rire de Lily était franc, un peu rauque, mais quand Lily riait ce n'était pas pour de faux, aussi tarte cela puisse paraître son rire faisait partie de ses meilleurs souvenirs.
Après une longue minute plongée dans un rire nerveux ils reprirent doucement leur souffle et quand leurs regards brillants se croisèrent il n'y avait plus aucune trace de gêne ou de tension. Il se sentait plus léger, moins nerveux.
- Je suis désolé, déclara-t-il alors que Lily recommençait à marcher.
Il lui emboîta le pas, attendant sa réponse avec appréhension, enfonçant ses mains dans les poches de son manteau.
- De t'être pris un fou rire dans un moment pire que gênant ? Oh non, ne t'excuse pas, au moins ça nous a permis d'éliminer la tension, répliqua Lily d'une voix tranquille, une lueur amusée dans son regard émeraude.
Lily était encore bien alcoolisée, mais ce n'était pas la seule raison qui la poussait à agir aussi calmement en compagnie de Remus. Le fou rire qu'ils venaient d'avoir, sans réelles raisons apparentes, l'avait détendue. En croisant le regard clair de Remus, elle avait l'impression de s'être à nouveau senti complice avec lui, et elle s'était rendu compte à quel point rire avec lui, et partager des moments de complicité avec lui, lui avait atrocement manqué. Remus lui manquait, son ami lui manquait avant tout, pas le petit-ami ni leur relation amoureuse passée.
Remus eut un léger sourire crispé. Il inspira profondément et se lança. Il voulait que cette situation s'arrête. Il ne supportait plus tous ces non-dits avec Lily, les regards haineux, la tension quand ils étaient à quelques mètres l'un de l'autre, et c'était l'ignorance de la jeune fille à son égard depuis quelques semaines qui le minait de plus en plus. Il voulait lui dire tout ce qu'il avait sur le cœur.
- Je m'excuse pour tout. Pour cette année, pour les tromperies, pour t'avoir brisé le cœur, pour avoir brisé notre couple, mais aussi notre amitié. Je vais sûrement me répéter, et m'embrouiller dans mes paroles. Je suis le pire des connards, je n'ai aucune excuse, et je sais que tu ne me pardonneras sûrement jamais. Mais je voudrais savoir, s'il y a la moindre petite chance que l'on puisse avoir une relation cordiale ? Tu me manques Lily, et même si on ne se remettra jamais ensemble, je voudrais au moins retrouver mon amie.
Il s'arrêta de parler, à bout de souffle. Ils étaient toujours en train de marcher, leurs amis ayant remarqué qu'ils étaient en pleine discussion ne les avaient pas encore embêtés.
- Je n'ai plus aucun sentiment pour toi, annonça Lily de but en blanc.
Remus sentit son cœur se tordre dans sa poitrine en un mouvement douloureux, et il eut l'impression de chuter de dix étages. Il n'arrivait plus à prononcer un seul son, et honnêtement il ne savait pas quoi répondre. Il savait que Lily ne l'aimait plus, mais l'entendre à voix haute, d'un ton aussi honnête et décidé, ça faisait mal. Certes il n'avait plus aucun espoir de redevenir un couple avec elle, mais il n'empêchait qu'il l'aimait encore.
- Je ne t'aime plus, répéta Lily alors qu'un large sourire étirait ses lèvres. Je ne ressens plus rien pour toi. Je ne me sens même plus en colère. Quand je te vois c'est le vide.
- C'est bon j'ai compris, la coupa Remus légèrement vexé.
Elle n'avait pas besoin de le répéter encore et encore. La situation était claire. Lily releva le regard vers Remus et s'aperçut de son visage défait. Elle se sentit brusquement coupable, et pourtant elle n'avait aucune raison de se sentir coupable. Elle avait réussi ce qu'elle souhaitait depuis le départ. Elle lui avait brisé le cœur. Comme lui avait brisé le sien.
- Remus…
- J'ai compris, reprit Remus d'un ton plus dur.
Il ravala sa salive et papillonna légèrement des yeux en sentant des larmes perler au coin de ses paupières.
- On n'est plus rien. Nous ne sommes plus un couple, nous ne sommes plus amis. Tu ne ressens plus rien à mon égard de ton côté. Ça parait clair, je pense que l'on n'a plus rien à se dire.
Il s'apprêtait à augmenter la cadence pour s'éloigner de la rouquine mais une main s'agrippa à la manche de sa veste le retenant. Il se tourna surpris vers Lily, qui le regardait avec un léger sourire.
- Quoi ? demanda Remus en fronçant des sourcils.
Il détourna le regard, ignorant les deux perles émeraudes de Lily qui le fixait avec une telle intensité qu'il était incapable de soutenir son regard.
- Je me suis mal exprimé, reprit Lily d'une voix douce. Je ne ressens plus rien pour toi dans le sens où je n'ai plus aucune colère. Je n'oublie pas ce que tu m'as fait, mais ce soir ta présence ne m'a pas dérangé. Et quand on a ri ensemble tout à l'heure je me suis rendu compte qu'effectivement tu me manquais, mais pas comme mon petit-ami. Mon ami me manque. Le garçon avec qui j'ai passé la moitié de ma scolarité à rire, à me confier, me manque. Je veux retrouver le garçon avec qui j'ai fait pour la première fois le mur à Poudlard, le garçon qui m'a confié son plus grand secret en sachant que je l'accepterais quoiqu'il arrive. Remus, je veux oublier cette année que nous avons passée ensemble, je veux juste retrouver mon ami. Et peut-être que Willow me dira que je suis débile pour vouloir redevenir ton amie, après tout ce que tu m'as fait, mais je ne veux plus continuer comme ça. Je ne veux plus que Harrison, Elizabeth ou Rachel fassent des aller-retours entre toi et moi. Je ne veux plus dépenser toute mon énergie à t'ignorer ou à te détester. J'en ai marre. Mais je ne peux pas ne pas te parler, parce que ça me manque.
Quand elle s'arrêta de parler, elle avait la tête qui tournait légèrement, et elle reprit doucement son souffle. Ses joues brûlaient, et elle attendait avec impatience la réaction de Remus. Qui semblait s'être pris un train en pleine figure. Il avait l'air hébété, les yeux et la bouche grands ouverts.
- Réagis crétin, s'exclama Lily en lui donnant un petit coup sur le bras.
Remus se reprit et un large sourire éclaira ses lèvres.
- Alors, amis ?
- Amis.
-o-o-
Sirius tituba en sortant par la porte fenêtre du salon donnant sur la terrasse de Mary. Il attrapa maladroitement une cigarette dans son paquet. Il était suivi par un James tout aussi maladroit dans ses pas, et à l'air aussi alcoolisé. Superstition de Stevie Wonder résonnait dans la maison de Mary et James hurlait les paroles d'une voix forte.
- Keep me in a daydream! Keep me going strooong !
Il enchaina des pas de danses ridicules en se tortillant devant Sirius qui riait tellement qu'il eut du mal à allumer sa cigarette.
- Superstition ain't the way, chanta James d'une voix gutturale.
Sirius expira, et se laissa tomber sur une chaise de jardin. James finit par se calmer et prit place à côté de Sirius. Il faisait toujours nuit sombre, et seule la musique et les cris de leurs amis résonnaient dans la campagne anglaise où vivait Mary.
- Si on m'avait dit en début d'année que je serais pote avec James Potter j'aurais ris au nez du crétin qui m'aurait dit ça.
James tourna un regard brillant et amusé vers le Serpentard.
- Je suis une personne géniale, je tiens à le faire remarquer, être mon ami ce n'est pas donné à tout le monde. Tu devrais te sentir honoré.
Sirius éclata de rire.
- Bordel… J'ai vraiment le don pour me rapprocher de tous les égocentriques de Poudlard.
- Je ne dirais pas égocentrique, je suis seulement conscient de ma valeur, s'amusa James en continuant dans son délire.
James n'était évidemment pas égocentrique. Sirius le savait, personne n'atteignait le niveau d'égo de Severus. Mais il adorait ce James léger et drôle qu'il avait découvert cette année pendant les quelques moments où ils avaient pu passer ensemble. Il restait évidemment la plus grande partie du temps strict, et centré sur les études et le règlement.
- On fait même partis d'un club ensemble, c'est improbable, fit Sirius en regardant James d'un air complice alors qu'il fronçait les sourcils, perdu.
- Comment ça ? Tu fais partie d'un club ? s'étonna James.
Sirius eut un sourire amusé, visiblement James avait oublié ce détail, ou il avait trop bu pour comprendre les allusions du garçon.
- Nous sommes des maraudeurs nocturnes.
James tourna un visage scandalisé vers lui.
- Je ne fais pas partie des maraudeurs nocturnes ! Je-...
- Je sais, je sais, ça va à l'encontre de tous tes principes de Saint Potter, patati et patata… Mais avoue que tu as passé des bons moments pendant cette petite escapade nocturne et pendant la retenue.
James le regardait à présent comme s'il avait perdu l'esprit, Sirius ria avant de tirer une nouvelle taffe de sa cigarette.
- Ce que tu es buté pour un Saint.
- Je t'emmerde Princesse.
Sirius haussa un sourcil à l'entente du surnom et James se contenta de lui adresser un sourire éclatant. Il ne s'expliqua pas alors que Charlotte venait de passer sa tête par la porte fenêtre en hurlant.
- Bon les amoureux, on vous attend !
-o-o-
Il était environ 5 heures du matin et les Poufsouffle étaient toujours debout. Ils étaient dans le salon de Harrison et discutaient joyeusement autour de plusieurs verres, assis à même le sol. Une musique résonnait dans le fond depuis un poste de radio.
- Donc vous êtes amis ? demanda Willow en prononçant le mot "amis" comme si c'était la pire des insultes, son regard inquisiteur porté sur Lily et Remus.
L'ancien couple était assis côte à côte. Ils échangèrent un regard amusé et hochèrent de la tête.
- Vous me dégoûtez, répliqua Willow en plissant du nez en grimaçant.
Lily éclata de rire, se leva et en deux pas elle était sur Willow. Elle enlaça sa meilleure amie avec force en lui déposant des baisers sur les joues.
- Ne t'inquiètes pas Will, tu restes mon numéro un.
Willow repoussa Lily en riant, et elle se laissa tomber à côté de la brune un grand sourire aux lèvres.
- Bientôt le retour de notre couple de Poufsouffle ? demanda Rachel en les regardant avec un sourire.
Lily regarda Remus d'un air calme alors que celui-ci paraissait gêné. Tous attendaient la réaction de Lily ou de Remus avec impatience, et une ambiance étrange avait pris place dans la pièce. Elizabeth avait lancé un regard à Rachel pour lui faire comprendre qu'elle avait mis les pieds dans un sujet sensible et hautement gênant.
- Non, répondit la rouquine. On est et on sera juste ami.
- De toute façon rouquette a déjà les yeux sur quelqu'un d'autre, intervient Willow d'un ton doucereux.
Lily donna un coup de coude à Willow en lui lançant un regard excédé. Les regards dévièrent sur Lily, qui se sentit prise au piège. Encore une fois Willow mettait la calèche avant le sombral et elle se retrouvait dans une nouvelle situation gênante, qui n'avait pas lieu d'être. Elle n'avait personne en vue, et elle n'avait aucune envie de se mettre avec quelqu'un pour l'instant, alors qu'elle venait tout juste de réussir à établir un nouveau cap avec Remus, en laissant leur ancienne relation et toute la colère derrière eux.
- Comment ça ? s'exclama Amycus d'un air intéressé en se penchant en avant vers Lily, la tête dans les mains et les coudes sur les genoux.
- Avoue nous tes péchés mon enfant, s'amusa Harrison en échangeant un regard complice avec Willow.
Lily soupira bruyamment, elle secoua la tête négativement.
- Mais y'a personne, dit-elle d'un ton sec.
Elle attrapa son verre et en un but une gorgée en tentant d'ignorer les regards portés sur elle, et notamment celui de Remus. Alors que l'image de James dansait derrière ses yeux sans qu'elle ne comprenne pourquoi elle pensait à son homologue maintenant. Surtout que James n'avait toujours pas répondu à ses lettres, elle n'avait donc aucune raison de penser à lui, elle était en colère contre son crétin d'homologue.
- Ne me dit pas qu'après Rogue, tu veux réellement te taper ce crétin de Potter, fit Remus en plissant des yeux.
Lily lui adressa un regard noir. Ils étaient certes redevenus amis, il n'empêchait que Remus restait un connard, qui ne pouvait pas s'empêcher de la piquer.
- James n'est pas un crétin, répliqua-t-elle directement, piquée dans son égo.
Remus haussa un sourcil et lui adressa un sourire l'air de dire "j'avais raison". Lily était perdue alors que les regards de ses amis la fixaient avec le même air. Elle avait l'impression d'être la seule qui n'était pas au courant d'un secret, pourtant évident.
- Lily, tu apprécies James. Et beaucoup plus que comme un ami, fit Willow. Même Lupin, avec son demi-cerveau, l'a compris avant toi.
Lily sentit son visage rougir alors qu'elle ouvrait de grands yeux paniqués. Remus ne releva même pas la remarque de Willow, continua de fixer Lily avec un léger sourire.
- Non pas du tout, vous délirez, je n'aime pas James de cette façon…
Ses amis commencèrent à parler tous en même temps. Ils lui parlèrent de James, et de sa relation avec lui. Et ça l'énervait au plus haut point. Aucun d'entre eux n'étaient dans sa tête.
- Lily, honnêtement le Potter il est plutôt canon dans le genre préfet coincé, mais il reste assez canon.
Lily releva un regard surpris vers Rachel qui la regardait avec un air de défi qui surpris la rouquine. Elle s'attendait à quoi ? Qu'elle s'énerve ? Qu'elle soit jalouse ?
- Oui il n'est pas moche, ça n'est un secret pour personne, répondit Lily d'une voix où perçait l'agacement. C'est comme si je disais que j'étais brune, enfin ça n'a aucun sens, de dire le contraire. Je ne suis pas aveugle.
Les Poufsouffle se lancèrent des regards, sentant que ce n'était pas une bonne idée de continuer la discussion sur le sujet James Potter, au vu de l'air énervé de Lily, Amycus se décida à changer de sujet.
- Maintenant que vous êtes redevenu les meilleurs amis du monde, on va pouvoir retourner comme avant et traîner tous ensemble.
- Merci Merlin, s'exclama Rachel d'une voix forte en levant les mains vers le ciel.
Amycus se leva et augmenta le volume de la radio, la musique résonnait à présent à fond dans la maison de Harrison, et il ne s'entendait quasiment plus parler. Amycus se mit à chanter en pointant Lily du doigt, l'invitant à la rejoindre.
- Oh non… marmonna Elizabeth en se prenant la tête dans les mains.
- Et c'est reparti, fit Daniel avec amusement.
- Le duo des casseroles est de retour, compléta Elizabeth alors qu'ils se mettaient à rire.
Lily se releva rapidement et pointa Amycus du doigt à son tour tout en avançant en dansant dans sa direction, et elle se mit à chanter, enfin hurler, les paroles.
- Oh non s'il-vous-plait pas cette chanson, maugréa Willow avec désespoir alors que Harrison se levait pour chanter à son tour mêlant sa voix à celles de Lily, Amycus et du chanteur Rufus et de Chaka Khan sur la chanson Tell Me Something Good.
Your problem is you ain't been loved like you should
Ils se mirent à danser dans le salon de Harrison en chantant. Rachel se leva en entraînant Daniel avec elle pour rejoindre les autres.
What I got to give will sho''nuff do you good
Tell me something good
Lily et Harrison dansaient collés l'un contre l'autre, le dos de l'adolescente collée contre le torse de son ami. Ils enchainaient des mouvements sensuels en riant.
Tell me that you love me
Tell me something good
Amycus agrippa le bras de Remus pour le faire se lever, et le força à danser à son tour. Remus se prêta au jeu s'amusant à se rapprocher de Amycus d'une façon suggestive en riant. Elizabeth et Willow finirent par rejoindre leurs amis et se mirent à danser et à chanter les paroles en chœur avec les autres.
Tell me that you like it, yeah
You ain't got no kind of feeling inside
Pour la première fois depuis septembre le groupe d'amis de Poufsouffle avait retrouvé la paix, ils s'étaient retrouvés. Et bordel, ils ne s'étaient jamais sentis aussi soulagés et libres depuis des mois. Ils s'amusaient tous ensemble, riaient en profitant de leurs moments d'adolescence, et honnêtement l'année n'aurait pas pu mieux commencer.
Tell me something good
-o-o-
Peter gémit en se retournant sur le matelas gonflable sur lequel il dormait. Il ouvrit difficilement les yeux, il avait la bouche pâteuse et il sentait sa tête qui tournait alors qu'il était encore allongé. Il n'eut pas le temps de faire davantage le point sur son état de lendemain de soirée qu'il sentit le corps chaud de Cynthia se coller à lui et le visage de sa petite amie s'enfouir dans son cou, ses cheveux bruns lui chatouillant le menton. Un large sourire étira ses lèvres alors qu'il refermait les yeux en prenant la jeune fille dans ses bras.
L'année commençait bien. Il avait passé un nouvel an génial avec ses amis, il était heureux dans sa relation avec Cynthia. Rien ne pouvait ébranler son bonheur.
Une heure plus tard, il descendait lentement les escaliers, le visage pâle et des pensées beaucoup moins positives tourbillonnaient dans son esprit. Il avait mal au ventre, il avait soif, et sa tête tournait. Il était dans le mal. Cynthia devant lui semblait en pleine forme et lui parlait d'une voix forte. Il était incapable d'articuler un seul mot, et se contentait de grogner à chaque fois qu'elle attendait une réponse.
Ils entrèrent dans la cuisine de Dorcas, où la jeune fille était déjà présente en compagnie de Evan. Tous les deux étaient emmitouflés dans un peignoir autour d'une tasse où une légère fumée s'échappait. Peter se laissa tomber sur une chaise avec soulagement, un léger rictus sur les lèvres en observant Dorcas et Evan qui selon son avis ressemblait à ses grands-parents chaque matin de la semaine.
Cynthia, elle s'activait déjà dans la cuisine pour chercher à manger. Elle fouillait dans les tiroirs à la recherche de nourriture sans aucune gêne, et Dorcas ne s'en étonnait même plus. A chaque fois que ses amis venaient chez elle, ils faisaient toujours comme si c'était leur maison. Les parents de Dorcas étaient souvent absents, et son frère n'était présent que pour le réveillon de noël et quelques jours pendant l'été, sa maison était donc le lieu régulier de regroupement pendant les vacances. A force, ses amis connaissaient sa maison par cœur, et même l'endroit où était rangée la nourriture.
- Bien dormis Peter ? demanda Evan avec moquerie.
Peter releva un regard noir vers son meilleur ami et grogna alors que Cynthia lui donnait un verre d'eau, et prenant place à côté de lui avec un bol de céréale et une tasse de thé fumante.
- Laisse le dans son coin, Peter n'est pas du matin, s'amusa Dorcas en taquinant Peter et sa légendaire mauvaise humeur du matin, qui s'était accrue dû à sa gueule de bois.
- Oh chaton, minauda Cynthia. Ne les écoute pas, ils ne savent pas apprécier ta joie de vivre matinale.
Dorcas et Evan pouffèrent alors que le regard noir de Peter dévia vers sa petite-amie qui le regardait avec un large sourire.
- D'ailleurs Evan, qu'est-ce que tu fais ici ? Tu ne devrais pas être chez toi ? demanda Cynthia en laissant Peter bouder dans son coin.
Dorcas éclata de rire en passant un bras autour des épaules de Evan. Elle affichait un air moqueur alors que le garçon roulait des yeux dans un geste agacé.
- Je cite, s'exclama Dorcas en mimant des guillemets, monsieur avait la flemme de rentrer chez lui.
Peter releva sa mine grognon de son verre d'eau pour regarder son meilleur ami avec un air clairement moqueur, alors que Cynthia riait.
- T'es sérieux ? Mec, t'habites à deux mètres, se moqua Peter d'une voix rauque.
- Non mais je ne voulais pas être tout seul chez moi alors que vous étiez tous ici, s'expliqua Evan.
- Tu vis clairement chez moi depuis le début des vacances, corrigea Dorcas.
Evan haussa simplement des épaules avant de boire une gorgée dans sa tasse. Dorcas sourit doucement en posant sa tête contre l'épaule de son ami. La conversation retomba, et Cynthia se rapprocha de Peter en lui présentant une cuillère de céréale pour le taquiner alors qu'il affichait un air pâle à la limite de vomir.
- Bonjour, bonjour, la compagnie ! hurla Eliott en entrant dans la pièce vêtue d'un simple caleçon et entouré d'un plaid.
Il était suivi par Kat, elle aussi emmitouflée dans un plaid, ses cheveux blonds partaient dans tous les sens et elle n'était pas encore démaquillée.
- Bien dormis ? demanda Cynthia alors que Kat se laissait tomber à côté de Dorcas en grognant.
Eliott répondit joyeusement qu'il n'avait jamais aussi bien dormi. Il attrapa une tasse dans le placard et se servit un café.
- T'es toujours là toi ? demanda Eliott en s'asseyant autour de la table.
Il avait le regard fixé sur Evan qui lui adressa un sourire ironique en sentant la moquerie arriver.
- Ça va, ça va, j'ai compris, vous ne voulez pas de moi, râla Evan en faisant mine d'être vexé.
Ils éclatèrent de rire avant de tenter de se rattraper.
- Mais non arrête Ev' te vexes pas ! s'exclama Dorcas en le prenant dans ses bras.
- Cap'taine c'est toujours un plaisir de te voir le matin.
- Tu es notre rayon de soleil, ajouta Peter d'un ton ironique.
- Tu illumines nos vies ! compléta Eliott en tentant de cacher son rire.
Kat qui n'était pas encore totalement réveillée leva un pouce en l'air pour signifier son accord. La voix de Tracey s'éleva dans la cuisine alors qu'elle entrait dans la pièce un large sourire sur le visage.
- Tu es notre petit cauchemar personnel mon petit Rosier, sans toi la vie serait beaucoup plus simple.
Evan tira puérilement la langue à Tracey alors qu'elle mimait un cœur avec ses doigts en riant.
- Ce que t'es de bonne humeur dit donc, la nouvelle année ça change notre Tracey, s'exclama Kat en prenant la parole pour la première fois depuis son arrivée.
- Ce n'est que le premier jour, ne prenez pas ma bonne humeur pour une habitude, répondit Tracey. N'oubliez pas, nous n'avons que des mauvaises résolutions.
- On ne change pas une équipe qui gagne, approuva Evan.
Ils échangèrent des sourires complices. Ils n'allaient effectivement pas changer de sitôt.
-o-o-
Les vacances étaient terminées. Dans la chambre de Sirius, à la veille de la rentrée, il était occupé à faire sa valise en compagnie de Severus, qui avait passé la fin des vacances chez lui.
Il avait beau se plaindre de Severus, il avait quand même passé de bonnes vacances avec lui. Sa mère l'avait laissée tranquille, et avait reportée toute son attention sur Severus pour le plus grand bonheur des deux frères Black qui pouvaient enfin respirer. Leur mère était légèrement envahissante quand elle s'y mettait.
- Attrape, fit Sirius en lançant le pull de Severus sur son propriétaire.
Severus fut trop lent pour réagir et il se prit le pull en pleine figure. Il grogna en prenant le pull pour le plier, et adressa un regard noir à Sirius qui le fixait avec un air goguenard.
- C'est fou, je suis impressionné par tes réflexes. Il n'y aucun doute sur tes talents de poursuiveur.
Severus lui adressa un geste vulgaire de la main.
- Reste poli, n'oublie pas que tu es dans ma maison.
- N'oublie pas que je serai bientôt ton nouveau frère.
- Dans tes rêves.
Ils échangèrent un regard complice en souriant amusé, et continuèrent à ranger leurs affaires en silence. Après quelques minutes Severus releva le visage vers Sirius, un air sérieux sur le visage.
- Sirius ? appela Severus d'un ton hésitant.
Sirius releva le regard de ses uniformes qu'il était occupé à plier pour regarder son meilleur ami. Il abordait un air sincèrement surpris en rencontrant les yeux noirs de Severus qui exprimait un sérieux qu'il ne voyait que très rarement chez lui.
- Je voulais te remercier de m'avoir accueilli chez toi pendant les vacances, je-je...tu sais…
La voix de Severus flancha quelques secondes. Il reprit sa respiration, comme pour se donner du courage, et Sirius le fixait toujours avec attention, sans l'interrompre. Il savait que dans ces rares moments où Severus parlait avec un ton grave et sans l'ombre d'un sourire sur son visage il ne fallait pas l'interrompre. Severus avait clairement besoin d'exprimer ce qu'il ressentait réellement.
- Tu sais que chez moi l'ambiance n'est pas des plus joyeuse avec mon père, et même si je suis quelqu'un d'assez difficile à vivre, je suis réellement touché que ta famille m'ai accueilli chez toi, comme si j'étais l'un d'entre vous, et sans mauvaise blague, ça faisait longtemps que je m'étais jamais senti aussi heureux en dehors de Poudlard.
Severus se passa une main dans les cheveux, gêné, mais il n'avait pas détourné le regard une seule fois de son meilleur ami. Sirius lui adressa un sourire sincère.
- Sev, t'es mon meilleur ami, je n'allais pas te laisser seul pour noël. Sérieusement, à force de venir ici, c'est tout comme si tu faisais partie des Black. Ma mère ne jure que par toi.
- Ah ! Tu vois ! Je t'avais dit que j'allais devenir le troisième fils Black.
Ils échangèrent un sourire complice, et Severus fut parcouru d'un léger rire nerveux. Sirius adressa un clin d'œil à son meilleur ami et se concentra à nouveau sur sa valise. Leur conversation n'avait pas duré des heures, mais ils n'avaient pas besoin de parler davantage. Ils le savaient, ils pouvaient compter l'un pour l'autre, que ce soit dans les bons et dans les mauvais moments.
