Bonjour à tous !

J'espère que vous allez bien.

Je sais que nous ne sommes que mercredi, mais je poste exceptionnellement le prochain chapitre aujourd'hui dans le sens où, vous vous en doutez, les prochains jours vont être un peu chargés pour moi étant donné que je ne suis pas sur Lyon pour les fêtes. Alors j'ai jugé bon de le poster avant Noël plutôt qu'après. Appelons ça un cadeau de Noël même si je ne suis pas tout à fait certaine qu'il vous plaira. C'est peut-être un cadeau empoisonné, vous me direz ce que vous en pensez x)

Enfin bon, je vous souhaite tout de même une bonne lecture et de passer de belles fêtes.

Je vous embrasse, à très vite pour une nouveau chapitre ;)

Lou De Peyrac.

Chapitre 37 :

La jeune fille arriva d'un pas traînant à l'adresse qu'on lui avait indiqué par mail quelques jours plutôt. Elle leva les yeux vers le grand gymnase qui s'imposait tel un colosse terrifiant devant elle. Elle n'était pas convaincue, pas du tout.

Ah si, hein ! Tu viens au bal ! Lui avait imposé Esméralda quand elle avait soumis l'idée qu'elle comptait y échapper. On va s'marrer, Litchi, avait insisté Kuzco. Ça va te détendre un peu pour une fois, avait souri Ralph, comme toujours bienveillant. Tu ne vas tout de même pas me laisser y aller toute seule ? Avait charmé Alice, et Mak, comme souvent, n'avait pas pu lui refuser quoi que ce soit. Il serait dommage que tu loupe ça, ça n'arrive qu'une fois dans une vie, en avait même rajouté sa mère.

Et voilà qu'elle se retrouvait ici, alors qu'elle mourrait déjà d'envie de rentrer chez elle. Le gymnase que le lycée avait loué pour l'occasion était loin du centre. Elle avait pris trois bus pour arriver jusqu'ici et avait hésité à faire demi-tour à chaque correspondance en se disant au passage qu'il fallait vraiment qu'elle investisse dans un nouveau vélo.

En cette soirée de mi-juillet, le soleil avait brûlé l'asphalte toute la journée, si bien que l'air était encore étouffant. Aucune brise ne passait dans l'air, ne laissant qu'une chaleur insupportable. L'adolescente rêvait seulement du ventilateur de sa chambre et d'un verre de coca à partager avec sa mère.

Avant qu'elle ne quitte sa maison, Alice, qui savait pertinemment que ce genre de soirée n'était pas dans les habitudes de Mak, lui avait envoyé un message :

-message de Alice à Mak-

Je t'interdis de te défiler ! Et comme je sais que tu paniques tellement que tu ne sais même pas quoi porter, tu devrais mettre ton short bleu et l'un des t-shirts de ton père uniquement parce que ça te rassure. (Le moins abîmé, s'il te plaît fais un effort)

Ps : N'essaie pas de coiffer tes cheveux, ça serait une perte de temps et je te préfère au naturel.

Mak avait roulé des yeux en recevant le message mais avait tout de même été profondément touchée par l'attention.

De tous ses amis, Alice était sans aucun doute celle qui la connaissait le mieux. Et ce message n'avait que peu surpris l'adolescente mais l'avait tout de même bien aidé. Cela lui avait évité une heure de réflexion extatique devant son dressing. La jeune fille avait suivi les instructions de la blonde à la lettre et avait seulement opté pour une longue et fine chaussette noire pour couvrir la cicatrice de sa jambe, laissant l'autre nue. Après tout, si elle s'était présentée parfaitement symétrique, ça n'aurait pas été vraiment elle… et puis merde elle avait chaud.

De l'extérieur, elle entendait déjà quelques bribes de musique. Cette soirée se présentait révoltée et incendiaire. Avait-elle vraiment besoin de ça ? Elle aurait davantage préféré une bière dans l'appartement de Kuzco en écoutant Alice jouer une musique douce à la guitare. Partout mais pas ici finalement…

Elle soupira en rabattant le col de son t-shirt trop grand qui retombait sur son épaule en choisissant de profiter d'une cigarette avant d'entrer.

De longues minutes, elle observa le monde s'activer autour d'elle. Il était environ 20h, de nombreux élèves de différentes classes passaient et repassaient les portes du gymnase. L'ambiance était pourtant plutôt détendue contrairement à Mak, certains sortaient prendre l'air un instant, riaient en acceptant une cigarette d'autres jeunes gens qu'ils connaissaient pourtant à peine. En cette fin d'année, les élèves se mélangeaient, conscients pour la plupart qu'ils ne se reverraient peut-être jamais. Les différences, les rancunes futiles s'envolaient, il ne restait que cette fête organisée seulement pour leur faire plaisir.

Mak devait l'avouer, cette année, Weselton avait fait fort.

L'adolescente observa le parking non loin du gymnase et remarqua que la voiture d'Elsa était déjà là, comme celle de Rider. Elle eut un sourire sans joie en imaginant son professeur, désabusée, au milieu de ces adolescents, qui s'accrochait à sa collègue d'Art en espérant ne pas trop s'ennuyer.

Un bruit de moteur attira son attention. Elle tourna la tête et reconnu la moto de Kuzco. Elle sourit en voyant qu'Alice l'accompagnait. Elle qui avait juré qu'elle ne monterait jamais avec lui, était de toute évidence revenue sur sa parole. Les deux adolescents ôtèrent leurs casques et descendirent de l'engin.

- Hey MakNuggets ! J'étais sûr que tu ne rentrerais pas sans nous, sourit Kuzco en offrant une tape dans le dos de son amie qui grimaça sous le surnom en se disant que s'il continuait ainsi, il faudrait qu'un jour, il paye des droits d'auteur à McDonald's…

Alice rit en embrassant la joue de Mak, la devinant plus que tendue.

- Tu viens ? Sourit-elle en lui tendant la main.

Mak hésita une dernière fois, puis jeta son mégot de cigarette, incapable de se soucier du réchauffement climatique dans l'instant et saisit simplement la main d'Alice.

Ensemble, ils entrèrent et le bruit les firent grimacer alors qu'ils déposaient leurs affaires à l'emplacement prévu à cet effet. La musique était forte, beaucoup trop forte. Une merde commerciale que Mak ne sut identifier. L'endroit était grand, mais la chaleur qui y régnait était véritablement à crever. Au plafond, des stroboscopes les aveuglèrent une seconde alors qu'une foule épaisse gesticulait déjà frénétiquement au centre du gymnase. Des guirlandes lumineuses étaient accrochées un peu partout et un long, très long buffet s'imposait jusqu'au fond de la pièce.

Les impressions que Mak avait eu sur cette soirée se révélaient exactes, ce n'était pas ce soir qu'elle allait se reposer…

- Vous croyez qu'il y a de l'alcool ? Demanda Kuzco.

- Je crois que tu rêves un peu trop…soupira Mak en remarquant que Weselton restait comme un garde du corps près du buffet.

Dommage, un peu d'alcool lui aurait fait un bien fou…

- Arrête de râler et essaye de te détendre, réclama Alice en ébouriffant les cheveux bleus, ne s'attirant qu'un grognement comme réponse. Je vais chercher à boire, ne faites pas de bêtises, dit-elle à l'attention des deux adolescents avant de s'éloigner.

Mak la suivit des yeux en essayant de suivre ses conseils, mais quand un autre regard croisa le sien, un regard pourtant tant recherché, son corps se tendit sans qu'elle ne puisse rien y faire.

Elsa était là, une coupe de champagne - sûrement réservé uniquement aux enseignants – entre les doigts, Rider près d'elle.

L'enseignante semblait s'ennuyer ferme même si elle affichait un sourire de façade, un sourire que seule Mak était capable de percer, et Rider… n'était autre que Rider, perpétuellement enjouée.

Mak s'était préparée mentalement à voir Elsa ici et pourtant, quand l'enseignante l'observa une demie seconde avant de superbement l'ignorer, elle ne put décrire la douleur qui perça son cœur.

Encore une fois, Elsa était si belle. Celle-ci, perchée sur de hauts, très hauts talons, avait revêtu un sombre jean moulant et un simple chemisier clair dont les manches étaient retroussées jusqu'aux coudes. Le destin n'était vraiment qu'un sale enfoiré en l'obligeant à se confronter ici à une Elsa si parfaite sans pour autant l'autoriser à la toucher. Elle rêvait du moment où Elsa lui dirait qu'elles n'avaient plus rien à craindre, qu'elles pouvaient vivre une histoire normale entre deux personnes normales. Mais non, Elsa préférait s'envoyer en l'air sur son canapé et par la suite, n'entretenir avec elle qu'une relation professionnelle…

Pourraient-elles un jour s'aimer sans que cela ne soit vu comme un crime ?

Etant donné le regard terrifié qu'Elsa lui avait lancé quand elle était entrée dans le gymnase, elle en doutait fortement…

- Putain Alice a raison, il faut vraiment que tu te détendes, fit remarquer Kuzco en réalisant que les jambes de son amie tremblaient alors qu'elle semblait tétanisée sur place.

Mak cligna des yeux plusieurs fois, revenant doucement à elle alors qu'Elsa lui avait tourné le dos depuis longtemps. Elle ne voulait pas être ici. Elle savait mieux que personne qu'Elsa lui était inaccessible et cette maudite soirée ne faisait que le lui rappeler.

- Je vais rentrer chez moi, soupira-t-elle en faisant demi-tour.

- Attends ! Intervint Kuzco en l'attrapant par le bras. Je sais que cette soirée t'emmerde, mais tu ne vas pas encore t'enfermer chez toi, si ? Profite un peu pour une fois. A jouer les ermites, tu vas finir par ressembler à ta mère, fit-il remarquer pourtant sans reproche.

Mak serra les dents à la comparaison. Il est clair qu'elle ne voulait pas ressembler à sa mère même si, ces derniers temps, elle comprenait maintenant pourquoi celle-ci ne sortait que rarement…

L'adolescente soupira sans se cacher et jeta un énième regard sur une Elsa en pleine discussion avec Rider.

Il était si difficile d'ignorer une obsession…

- Tu as un truc qui pourrait m'aider ? Demanda l'adolescente en jurant que, dans l'instant, elle se serait bien passée d'être une foutue hypersensible.

- J'ai bien quelque chose, mais c'est un peu fort, prévint Kuzco.

- Franchement là, je prendrai tout ce que tu veux bien me donner, rétorqua Mak en se disant que son stress, plus le bruit, plus la chaleur, plus le regard craintif qu'Elsa posait sur elle ce soir allaient finir par la tuer.

Kuzco fouilla alors dans la poche de son jean et en sortit un minuscule cachet rose en forme de cœur. Il le glissa discrètement dans la main de Mak en expliquant :

- Avec ça, dans cinq minutes, t'es partie pour une perche de trois heures. J'en prends quand j'ai un petit coup de fatigue.

- Parfait, accepta Mak en fourrant la pilule dans sa bouche, l'avalant sans se poser de question, se disant que ça la détendrait juste le temps de la soirée.

Alice, inconsciente de tout ce qui se passait dans son dos, revint simplement avec trois verres de coca qu'elle tenait comme elle le pouvait.

Des verres de coca qu'ils manquèrent de renverser quand Esméralda et Ralph leur sautèrent dessus, bien trop heureux que la fine équipe soit réunie.

Ils discutèrent quelques minutes et ce fut le temps que prit le cerveau de Mak pour dérailler.

Les muscles de l'adolescente se détendirent rapidement et sa tête tournait légèrement. Les effets que ce petit cœur rose avait sur elle étaient véritablement miraculeux. Elle nota mentalement qu'il fallait absolument qu'elle remercie Kuzco pour ça.

Sourire lui était à présent plus facile, et même si son cœur battait si vite qu'elle pouvait l'entendre, elle s'en fichait pas mal.

- On va danser ? Proposa Esméralda en tirant Mak par le bras, Mak qui riait comme une idiote.

Kuzco, lui, se fit entrainer par Alice alors que Ralph partait se resservir un verre.

Basique…simple…simple…basique, chantait Orelsan dans les immenses enceintes du gymnase imité par les quatre adolescents qui sautaient sur le rythme en se tenant par les épaules.

Et c'est ainsi que les musiques défilèrent alors que Mak perdait doucement la notion du temps. Mais contre toute attente, au milieu des boums et des claps, une musique douce s'imposa alors que les lumières frénétiques changeaient pour laisser place à quelque chose de plus tamisé. Mak se retrouva alors dans les bras d'Esméralda, elle ne savait comment ni pourquoi. Même si son esprit ne captait pas grand-chose, les premières notes de la chanson arrivèrent pourtant jusqu'à son cœur. Cette chanson qu'elle aurait pu reconnaître entre mille et cette vérité glacée que délivrait Gary Jules en disant que oui, ce monde était fou.

Elle tenta de reprendre possession de son corps mais peine perdue. Tout ce qu'elle parvenait à comprendre, était qu'elle semblait être toujours en train de danser alors que sa tête reposait sur l'épaule d'Esméralda.

Elle fronça les sourcils alors que sa mâchoire se serrait, ses dents, comme soudées les unes aux autres. Et Gary Jules qui chantait toujours, lui envoyant en pleine gueule des flashbacks de sa première nuit avec Elsa. Gary Jules se doutait-il seulement de ce qu'il était en train de provoquer chez elle… ? Sa joue pressée contre l'épaule d'Esméralda qui se contentait de mener tranquillement la danse, elle ferma les yeux et ce fut les yeux d'Elsa qu'elle vit. Des yeux tendres qui savaient la comprendre. Elle sentit alors son cœur s'emballer encore un peu plus. Mon dieu, mais s'il continuait ainsi, il allait finir par lâcher. Que devait-elle faire pour qu'il se calme ?

Ses pensées s'entrechoquaient alors que l'angoisse l'entourait doucement de ses bras comme pour se serrer autour de sa gorge. Et cette chanson qui ne s'arrêtait jamais, cette maudite chanson. Et son cœur qui battait par-dessus comme s'il voulait en suivre le rythme sans y parvenir. Comment faire taire le bruit ? Il y avait beaucoup trop de bruit. Et il faisait beaucoup trop chaud. Elle peina à ouvrir les yeux mais y parvint tout de même. Il lui fallait un repère, un pilier, et le sien n'avait toujours été qu'Elsa. Elle la chercha du regard sans bouger.

Et enfin, elle trouva un éclat blond à l'autre bout du gymnase. Elsa l'observait depuis elle ne savait quand. Sans doute depuis, qu'elle aussi, avait entendu cette chanson, leur chanson. Leur chanson sur laquelle Mak dansait avec Esméralda. Bordel, mais qu'elle était en train de faire ? Et quand elle croisa le regard empli de colère d'Elsa, elle sut qu'elle avait, encore une fois, fait une connerie…

Elle semblait lui en vouloir, encore… Son cœur, cette fois, rata un battement. Avait-il lâché ? Elle espérait que non étant donné qu'elle n'était même plus certaine d'être tout à fait vivante.

Et l'angoisse monta encore d'un cran, assassinant chaque muscle qui se tendaient sous son passage. Elle ne comprit pas pourquoi, ni comment, mais ses jambes se remirent subitement à trembler. Et elle jura que si Esméralda ne la tenait pas, elle serait probablement tombée.

Elle broya le t-shirt de la parisienne entre ses paumes jusqu'à ce que ses phalanges blanchissent alors que ses mains, elles aussi, se mettaient à trembler. Tout son corps en fait, semblait secoué de spasmes. Seules ses dents, se fendaient les unes contre les autres, l'empêchant de respirer convenablement, reste statique de ce corps qui se dérobait.

Et quand Elsa roula des yeux avant de lui tourner le dos, Mak sentit très distinctement son cœur se fracasser pour ne former qu'un million de particules de verre qui lui écorchaient le corps par l'intérieur.

Esméralda fronça les sourcils en sentant les tremblements qui traversaient le corps de son amie.

- Litchi, ça va ? Demanda-t-elle en se dégageant doucement de l'étreinte.

Sa mâchoire tomba quand elle fut confrontée à la vision d'une Mak livide aux cernes bleues, aux lèvres bleues, à l'âme sans doute aussi bleue…

- Fais-moi sortir… parvint à baragouiner Mak entre deux respirations haletantes.

Esméralda hocha la tête frénétiquement et passa l'un des bras de Mak autour de ses épaules afin de l'aider à marcher.

La tête de l'adolescente tournait tellement, chaque son était étouffé, seuls les battements de son cœur qui tambourinaient dans ses oreilles étaient perceptibles.

- Mak ! Appela Esméralda près de son oreille. Appuie-toi sur moi !

Ces mots parvinrent à la garder consciente et elles arrivèrent, par miracle elles le savaient, à traverser la foule.

- Mon sac… réclama maladroitement Mak et Esméralda parvint à le saisir en passant par l'endroit où ils avaient déposé leurs affaires un peu plus tôt avant de sortir.

Heureusement, il y avait devant l'entrée, bien moins de monde qu'en début de soirée. Seules quatre ou cinq personnes discutaient, profitant de la tranquillité qu'offrait l'extérieur.

Mak, dès qu'elle comprit qu'elle était dehors, se laissa tomber contre un mur et Esméralda eut à peine le temps de placer sa main derrière sa tête pour éviter qu'elle ne se cogne.

Esméralda s'agenouilla en face d'elle, une inquiétude non feinte sur le visage.

Mak, les yeux à peine ouverts, respirait mal et tremblait plus encore, comme si ses membres ne répondaient plus de rien, se laissant seulement happer par la panique.

- Mak ? Tu m'entends ? Demandait encore et encore Esméralda, mais Mak ne répondait pas.

La jeune fille voyait les lèvres de son amie bouger, mais sa voix ne parvenait pas à ses oreilles, comme si du coton calfeutrait ses tympans. Et sa gorge… sa gorge n'existait qu'à moitié. Elle sentait clairement une boule d'elle ne savait quoi s'y former et grossir encore et encore. Et sa mâchoire qui ne voulait pas se détendre comme si elle était scellée par une glu ultra forte.

L'adolescente tendait un doigt vers son sac alors que ses jambes gesticulaient d'elles-mêmes sur le béton. Mais Esméralda fronçait les sourcils sans comprendre. Elle fouilla brusquement dans le sac mais n'y trouva même pas une bouteille d'eau.

- Carnet… parvint à articuler Mak.

Les mains tremblantes, Esméralda sortit un carnet usé du sac et l'ouvrit à la page que Mak semblait lui indiquer par des gestes approximatifs. Elle fronça les sourcils en y découvrant ce qui ressemblait à un mode d'emploi.

- Ok, t'es à quel stade, là ? Demanda-t-elle, espérant que Mak puisse lui répondre.

Mak n'offrit aucune réponse audible mais présenta seulement trois doigts devant Esméralda.

La parisienne lut donc la procédure en cas de crise en stade 3…

- Elle se sent mal ? Demanda l'un des adolescents qui étaient devant l'entrée avant qu'elles ne sortent. Vous voulez qu'on appelle quelqu'un ?

Le cerveau d'Esméralda, qui ne savait désespérément pas quoi faire, fonctionna à plein régime alors qu'une solution, pourtant logique, lui apparut.

- Non, vous…vous pouvez la surveiller une seconde ? Je vais chercher quelqu'un, expliqua-t-elle en se levant rapidement pour courir à l'intérieur du gymnase.

Là, son regard scanna la salle comme le meilleur des robots. Et après quelques secondes sur la pointe des pieds, elle trouva la personne désirée.

Elle traversa la salle en bousculant plusieurs personnes et arriva enfin à destination.

- Madame Lange ? Appela-t-elle en essayant de maîtriser sa voix.

Son professeur qui discutait avec l'un de ses collègues se retourna et fronça les sourcils en se confrontant à l'air apeuré de son élève.

- Un problème, Esméralda ? Demanda l'enseignante en se laissant entraîner quelque peu à l'écart par la parisienne.

- Pas moi. Mais Mak est dehors et elle ne se sent pas bien, chuchota l'adolescente à l'oreille de son professeur qui se penchait vers elle.

Le sang d'Elsa ne fit qu'un tour, ses yeux s'écarquillèrent et son cœur, lui aussi, rata un battement.

- Où ? Demanda-t-elle froidement.

- Vers l'entrée. Je prends de l'eau et je vous rejoins, expliqua Esméralda.

Elsa grimaça. L'idée qu'Esméralda soit là ne l'enchantait guère.

- Il est inutile que tu…

- C'est bon, je sais, coupa Esméralda et par l'air qu'elle prenait, Elsa sut de quoi elle parlait. Mak ne m'a rien dit, j'ai deviné, précisa-t-elle. Et je m'en fou, tout ce que je sais, c'est qu'elle a besoin de vous.

Elsa cligna des yeux plusieurs fois en effleurant l'idée d'une crise cardiaque sous l'annonce de l'adolescente, mais consentit à admettre qu'il n'était pas le moment de parler de ça. Alors elle hocha simplement la tête, et se dirigea d'un pas rapide vers la sortie.

Dehors, elle tourna la tête vers la gauche et rencontra le regard paniqué de quatre jeunes gens accroupis autour d'une Mak qui semblait avoir perdu conscience.

Elsa se précipita vers eux, s'agenouilla devant l'adolescente et déclara en scannant son visage :

- Laissez-nous.

- Elle est tombée dans les vaps d'un coup, elle se réveille pas, expliqua rapidement l'un des adolescents.

- Très bien, maintenant, laissez-nous, répéta l'enseignante et les élèves surent qu'ils n'avaient pas le choix.

Vite heureusement, ils obéirent et s'éloignèrent pour continuer leur soirée extérieure de l'autre côté du bâtiment.

- Mak ? Appela Elsa en relevant le menton de l'adolescente.

Mak ne répondit pas, le visage fermé, les yeux clos alors que le reste de son corps tremblait toujours, se cognant par moment contre le mur sur lequel elle était appuyée.

Esméralda arriva en courant, une bouteille d'eau entre les mains, qu'elle tendit rapidement à son professeur.

- Elle est consciente ? Vous voulez que j'appelle une ambulance ? Demanda rapidement la parisienne.

- Calme-toi, on va la réveiller, répondit froidement Elsa en ouvrant la bouteille d'eau avant de la vider sur la tête de l'adolescente.

Mais, encore une fois, Mak ne réagit pas alors que sa respiration restait difficile.

Elsa soupira en serrant les dents, et grimaça.

- Excuse-moi… souffla-t-elle avant d'affubler la joue de la jeune fille d'une belle gifle.

Esméralda grimaça à son tour, mais fut heureuse de voir les yeux de Mak s'ouvrir.

Ses yeux pourtant, ne semblaient pas parvenir à se fixer sur un point et virevoltaient.

- Mak, regarde-moi, imposa l'enseignante en essayant tant bien que mal à ne pas céder à la panique.

- Elsa… souffla l'adolescente alors que sa tête tombait en avant.

Mais Elsa attrapa son visage de deux mains fermes et l'obligea ainsi à rester consciente. L'enseignante chercha dans ses yeux une forme de lucidité mais n'y trouva pas grand-chose. Elle plissa les yeux et demanda, de toute évidence furieuse :

- Regarde-moi. Tu as pris quelque chose ?

L'adolescente hocha la tête en tentant de reprendre une respiration normale, soudant son regard à celui d'Elsa alors qu'Esméralda se disait que ses doutes étaient à présent fondés.

- Quoi ? Qu'est-ce que tu as pris ? Demanda Elsa.

Mak ne répondit pas de nouveau alors que ses yeux se fermaient tous seuls.

- Mak ! Qu'est-ce que t'as pris ! Répéta Elsa en haussant d'un ton, secouant vivement l'adolescente par les épaules.

- Ecstasy… parvint à articuler la jeune fille en revenant doucement. Me sens mal, Elsa…

Elsa grimaça encore une fois à l'entente de la substance ingérée. Que pouvait-elle faire ici ? Rien, absolument rien. Alors, peut-être par folie ou parce qu'elle avait tellement peur pour elle, elle soupira et fit taire sa raison en se levant avant de passer une main sous les genoux de l'adolescente, l'autre dans son dos et de la soulever ainsi, remerciant secrètement Mak d'être un poids plume.

- Qu'est-ce que vous faite ? Demanda Esméralda sans comprendre ce qui se passait.

- Je vais m'occuper d'elle, mais j'ai besoin que tu me couvres, expliqua Elsa en essayant de paraître calme, attrapant d'une main maladroite le sac de l'adolescente.

Esméralda hocha vivement la tête, signe que son professeur pouvait compter sur elle, alors que Mak tremblait dans les bras d'Elsa.

- Ça va aller, ma puce… souffla Elsa pensant que ces mots n'étaient destinés qu'à elle, mais c'était sans compter sur le vieux Weselton qui choisit ce moment précis pour sortir du gymnase.

- Madame Lange ? Je peux savoir ce que vous faîte ? Demanda-t-il, et à l'intonation de sa voix, Elsa sut, que lui aussi, savait…

Esméralda resta figée face à la scène qui se déroulait devant ses yeux. Elsa écarquilla les yeux en voyant le cpe, puis son regard tomba sur une Mak fiévreuse qui, quoi qu'elle en dise, avait besoin d'elle. Alors, elle posa un regard dur sur un Weselton outré et déclara :

- Je n'ai pas le temps de supporter vos accusations.

Elle se retourna, et se dirigea d'un pas décidé vers sa voiture.

- Madame Lange ! Appela Weselton alors qu'Elsa s'arrêtait pour lui jeter un regard. Réfléchissez bien à ce que vous êtes en train de faire. Vous savez ce que nous allons en penser, n'est-ce pas ? Demanda l'homme de manière venimeuse alors qu'un million de sous-entendus traversaient cette question.

Et contre toute attente, Elsa sourit tristement et répondit :

- Pensez ce que vous voulez, et allez-vous faire foutre.

Sur ces mots, l'enseignante reprit sa marche et arriva rapidement jusqu'à sa voiture. Là, elle installa Mak côté passager et l'attacha avant de prendre place côté conducteur et de démarrer en trombe sans regretter ces mêmes mots un seul instant.

Un silence passa quand la voiture s'éloigna. Weselton resta stoïque une seconde en analysant ce qu'il venait de voir. Il avait bien compris. Il avait vu le regard que Lange avait posé sur Lichenstenner. Il savait que quelque chose se tramait derrière cette jeune prof. Et il était fier d'avoir enfin mis le doigt dessus. Alors sous le regard médusé d'Esméralda, il saisit son portable et composa un numéro. Malheureusement il tomba sur une messagerie, mais sa joie était trop grande, il pourrait attendre, alors il s'adressa à la boîte vocale.

- Bonsoir Madame Yzma, j'espère vous voir au lycée demain matin, j'ai quelque chose de la plus haute importance à vous dire. Bonne soirée.

Il raccrocha sans porter aucune attention à Esméralda qui n'attendit pas plus avant de courir à l'intérieur du gymnase.

Sans savoir ce qu'il était en train de se passer, Kuzco et Alice dansaient sans se soucier du reste. Alice voulait tellement l'embrasser, mais n'en trouvait pas le courage. Pourtant, elle parvint à fermer les yeux et à approcher son visage du sien.

Mais un cri de surprise passa ses lèvres quand elle sentit qu'on la tirait en arrière. Elle se retourna et tomba nez à nez avec une Esméralda essoufflée.

- Eh ! Mais t'es dingue ! Râla la blonde.

- Venez avec moi. Maintenant ! Ordonna la parisienne.

- Calme-toi, pourquoi t'as l'air flippé comme ça ? Demanda Kuzco.

- Mak est dans la merde, informa Esméralda.

Les deux adolescents se regardèrent, puis suivirent docilement leur amie.

Esméralda récupéra Ralph qui se tenait toujours près du buffet au passage et les amena tous dans un coin reculé de la salle.

- Je ne suis pas censée vous le dire mais… Mak sort avec Lange… avoua l'adolescente à voix basse alors qu'elle sentait un poids s'élever de ses épaules.

- Mais non, rit Alice. Mak m'a dit qu'elle sortait avec une nana qui s'appelait Elsa, c'est sûrement une élève du lycée qu'on connait pas.

- Elle nous a dit qu'on la connaissait la dernière fois, se souvint Ralph, assassinant la théorie d'Alice.

- Oui, et Lange s'appelle Elsa, rétorqua Esméralda.

- Attends, mais comment tu sais ça, toi, déjà ? Demanda Kuzco, se disant tout de même que cette histoire était un peu grosse.

- Peu importe comment je le sais ! S'énerva Esméralda. Mais Weselton est au courant et il veut voir Yzma demain au lycée pour tout lui balancer.

- Bon ok, admettons que tu ais raison et que cette histoire n'est pas complètement dingue, qu'est-ce qu'on doit faire ? Demanda Ralph.

- Ralentir Weselton, répondit Esméralda.

- Ah oui ? Et comment on va faire ça ? Demanda Kuzco en croisant les bras.

- Putain, mais je suis en train de vous dire que votre pote a besoin de vous, là !

- T'es surtout en train de nous dire que notre pote s'envoie notre prof de philo, alors excuse-nous d'avoir du mal à y croire, sourit Ralph.

- Elles ne sortent plus ensemble, elles sont séparées parce que quelqu'un savait déjà pour elle il y quelques mois, mais je ne sais pas qui, expliqua Esméralda au bord de la crise de nerf.

- Attends, arrêta Kuzco. Il y a quelque mois, tu dis ? Mak m'a dit à ce moment-là qu'elle devait faire souffrir une personne pour la protéger … réfléchit-il.

Et peu à peu, les connexions se firent doucement dans le cerveau des adolescents.

- Et puis c'est vrai que c'est bizarre que Lange soit venu nous chercher en garde à vue, personne ne fait ça…

- Sans parler du fait que Mak paniquait au volant d'une voiture mais qu'elle a emprunté ta moto pour aller on ne sait où alors que Lange avait refusé de lui donner des leçons de conduite… en rajouta Ralph en partageant un regard avec Kuzco.

- Et tu dis que Lange s'appelle Elsa ? Demanda Alice à Esméralda, juste histoire d'être sûre, juste histoire de ne pas dire une grosse connerie.

- J'ai entendu Olaf l'appeler comme ça dans les couloirs, appuya la parisienne.

Un silence pesant passa entre la bande de copain, jusqu'à ce que Kuzco soupire en passant une main sur son visage.

- Putain, elle est dans la merde… grogna-t-il entre ses mains.

- C'est ce que je me tue à vous dire ! Râla Esméralda.

- Ok, pas de panique. Qu'est-ce qu'on fait ? Tenta de relativiser Alice.

- Ralph, tu viens avec moi, annonça Kuzco en se dirigeant vers la sortie, tirant Ralph par le bras.

- Hou là, doucement. Qu'est-ce que tu comptes faire ? Intervint Alice.

- Je vais crever les pneus de Weselton, ça le retardera. Vous deux, démerdez-vous pour qu'il boive, commanda-t-il en pointant un doigt vers les deux filles. Avec un peu de chance, il oubliera ce qui s'est passé. Et si c'est pas le cas, il aura une belle gueule de bois. On se retrouve ici après, deal ?

- Deal, approuvèrent-ils d'une même voix.

Heureusement, Ralph et Kuzco trouvèrent rapidement la voiture du vieux Weselton. Ils jetèrent un œil autour d'eux, et le colombien saisit un couteau qui avait volé sur le buffet et le planta d'un coup vif dans chaque pneu de la voiture.

- Voilà, comme ça, il n'ira pas bien loin cet enfoiré, sourit-il. Depuis le temps que je rêve de faire ça, soupira-t-il d'aise.

- On va pas s'arrêter là, sourit malicieusement Ralph avant d'attraper le couteau des mains de son ami.

- Qu'est-ce que tu fais ? Demanda Kuzco en le voyant observer la serrure de la portière.

- Tu sais cette fille que j'ai rencontré sur internet ? Demanda Ralph en enfonçant doucement la pointe du couteau dans la serrure.

- Pénélope ?

- Vanellope, rectifia le jeune homme. Et bah, elle s'y connait carrément en bagnole, et elle m'en a appris un rayon.

- Ah ouais ? Et elle t'a appris quoi sur les bagnoles ? Demanda Kuzco en vérifiant que personne n'approchait.

A ce moment-là, le jeune homme entendit un cliquetis. Ralph sourit, ouvrit la portière sans effort, et répondit :

- A les ouvrir même quand on n'a pas les clés.

- Wow, mec, t'es mon héros, souffla Kuzco, réellement impressionné.

Ralph rit avant de détériorer le câblage qui se trouvait sous le tableau de bord, et rapidement, ils s'éloignèrent pour rejoindre les filles.

Elsa avait conduit pied au plancher jusqu'ici, les mains serrées sur le volant, le regard fixé sur la route. Elles étaient parties depuis cinq minutes environ mais le cœur de l'enseignante ne parvenait pas à se calmer. Putain que venait-il de se passer ? Elle n'en avait aucune idée, tout s'était déroulé si vite. Elle avait agi comme ça, par instinct, sans réfléchir. Elle venait de se mettre dans un bordel noir, et pourtant, étrangement elle ne regrettait absolument rien. Elle ne regrettait rien parce qu'encore une fois, elle avait seulement écouté son cœur qui lui avait hurlé d'agir dans l'intérêt de Mak. Mak avait besoin d'elle, et elle était là.

L'enseignante parut reprendre conscience d'où elle se trouvait, et sa prise sur le volant se desserra. Elle tourna la tête vers la droite et posa un regard sur l'adolescente.

Mak respirait mal et ses mains tremblaient toujours même si son corps semblait s'être quelque peu calmé. Ses cheveux étaient toujours trempés, et ses joues sillonnées de larmes. Sa tête tournait encore et elle peinait à rester consciente. L'enseignante le savait, la redescente allait être longue et douloureuse…

- Mak ? Appela Elsa en reposant de temps à autre son regard sur la route alors qu'elle reprenait une allure raisonnable. Ne t'endors pas, d'accord ?

L'adolescente fut incapable de répondre tant son manque d'air était insupportable, mais consentit tout de même à hocher la tête.

Elsa grimaça et posa une main sur la cuisse de la jeune fille. Mak posa immédiatement sa main sur la sienne et la serra sans ménagement.

- On est presque arrivé, fit savoir l'enseignante en jurant qu'elle n'avait jamais trouvé un trajet si long, évidemment, il avait fallu que Weselton loue un gymnase en dehors de la ville…

- Je vais être malade…souffla rapidement l'adolescente.

Elsa ne chercha pas à comprendre et se gara immédiatement. Elle sortit rapidement de la voiture et quand elle ouvrit la portière côté passager, elle eut à peine le temps de retenir le corps chancelant de Mak que déjà, celle-ci tombait à genoux sur le bord de la route de campagne.

L'enseignante s'agenouilla à côté de l'adolescente qui, le dos voûté, les mains sur le sol, la tête baissée, tentait maladroitement de se calmer. Elsa se plaça derrière elle et l'entoura de ses bras, désirant lui faire savoir qu'elle était là.

- Calme-toi, souffla doucement Elsa.

- J'y arrive pas…gémit Mak alors que son corps lui faisait tellement mal. Je sais pas ce qui m'arrive, pleura-t-elle.

- Tu vas y arriver, essaye de te détendre, répondit Elsa en caressant ses cheveux alors qu'un souvenir la frappait.

Elle tendit le bras vers sa voiture restée ouverte et attrapa le sac de l'adolescente. Mak lui avait dit une fois qu'elle avait un carnet qui recensait la procédure à suivre en cas de crise d'angoisse. Il était visiblement temps de le vérifier.

Elle trouva le carnet sans lâcher la jeune fille, le posa au sol, et le feuilleta jusqu'à trouver la page désirée qu'elle parcourut rapidement des yeux en refusant de s'arrêter sur ce que décrivait le stade 3.

- Je…j'arrive pas à respirer, j'arrive pas à penser, parvint à souffler l'adolescente alors qu'elle se sentait en dehors d'elle-même, comme si son cerveau fonctionnait tout seul sans qu'elle ne puisse rien y faire.

- Eh, tu pourrais me donner les composants d'une cigarette ? Demanda l'enseignante en passant une main dans les cheveux bleus.

- Nicotine, arsenic, ammoniac, benzène, cadmium, cyanure d'hydrogène, formaldéhyde, goudron, monoxyde de carbone, oxyde d'azote… énuméra rapidement l'adolescente sans douter une seconde.

- C'est bien, ma puce. Tes éclairs de génie m'impressionneront toujours, sourit l'enseignante en embrassant le haut de sa tête.

- Serre-moi, supplia la jeune fille.

Elsa la serrant davantage contre elle.

- Plus fort ? Demanda l'enseignante, suivent les recommandations du carnet, se disant qu'elle était encore novice en matière de maitriser les crises d'angoisse de Mak.

La jeune fille hocha la tête, et Elsa la serra encore plus fort.

- Ok, je suis née le 12 Septembre, expliqua calmement Elsa. Qu'est-ce que tu sais sur cette date ?

Mak fronça les sourcils en fouillant dans sa mémoire et répondit :

- C'est aussi la date de naissance de Hans Zimmer et de Mylène Farmer… c'est tout ce que je sais, je suis désolée.

- C'est déjà super, rassura Elsa en mesurant le stock de mémoire dont disposait le cerveau de l'adolescente.

- J'ai peur, avoua Mak en s'accrochant au bras qu'Elsa faisait passer en travers de sa poitrine.

- Ça va passer, assura l'enseignante. Tu n'as rien à craindre. Je suis là, je ne te lâche pas, rassura-t-elle, se doutant que Mak avait besoin de l'entendre.

Mak hocha la tête, essayant de se convaincre malgré son état lamentable alors que tout son corps tremblait.

- J'ai froid… souffla-t-elle et Elsa se dit qu'elle était bien la seule à avoir froid par cette chaleur.

Doucement, elle frictionna le dos de l'adolescente, espérant la réchauffer un peu alors qu'elle sentait chaque muscle se tendre sous ses doigts.

Soudain, à travers ses larmes, Mak plaqua une main sur sa bouche en grimaçant de douleur. Elsa, même si elle savait que ça n'allait pas plaire à la jeune fille, attrapa cette main et la prit dans la sienne.

Mak voulut se battre, replacer cette main devant sa bouche par réflexe, mais Elsa la tint fermement, lui refusant tout mouvement. L'adolescente n'eut alors d'autre choix, après un énième spasme qui agita son corps, que de se pencher en avant et de vomir son dégoût d'elle-même.

Elsa sentit le corps douloureux se tendre sous les nausées et lui vint en aide en appuyant doucement sur son ventre.

- Ça ira mieux après, ce n'est pas grave, laisse sortir, conseilla tendrement l'enseignante alors que les mains de Mak lui broyaient les os.

Après quelques secondes de pur torture, l'adolescente parvint enfin à respirer normalement.

- Je suis tellement désolée… s'excusa-t-elle, honteuse en s'essuyant la bouche, incapable de croiser le regard d'Elsa.

- Tout va bien, ne t'inquiète pas, assura Elsa en se disant qu'elle allait mieux, et que le reste ne comptait pas.