Hello !

Alors … Ce texte, euh …

C'est un peu dans le genre d'un épilogue ? Le thème Amphisbène a été donné de nouveau, et comme cet UA me manque, ça m'a fait du bien d'y replonger. Enfin. Lisez, vous verrez.

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Le serpent qui s'embrasse la bouche

Où ça commence ?

Le monde.

Comment il commence ?

Comment je reconstruis tout ce que j'ai détruit ?

Où est-ce que je veux aller ?

C'est quoi, la suite de cette route ?

Qu'est-ce que je veux ?

Quel est mon but, et quel est son but ?

Comment choisir ?

Je sais ce que je veux.

Lui.

Je sais ce qu'il veut.

Moi.

Voilà, c'est fait. L'amphisbène est né. Le monde est détruit. Nous sommes envolés. Nous sommes envolés si haut, nous voilà au sommet du monde. Et maintenant ? Et maintenant, qu'est-ce qu'on fait ? Kacchan, qu'est-ce qu'on fait ?

Tu nous as choisi ce nom. L'amphisbène.

Je sais, je sais que t'aimes les métaphores et la mythologie et les trucs compliqués. Je sais que j'aime ça. Je sais que je t'aime.

Et maintenant ?

C'est quoi, ce putain d'amphisbène ? J'ai lu les livres, je vois, je crois que je vois. Mais ce mot. L'amphisbène, qui marche dans deux directions.

Ça veut dire quoi ? Tu n'as pas pu faire d'erreur. J'y crois pas. T'es pas débile, Deku, mais merde. Deux directions ? Deux chemins différents ? C'est ça que tu veux ?

Non.

Zut.

Mince.

Quoi ?

Tu crois que tout doit recommencer ? Tu crois que la seule chose qui peut venir après une fin c'est un début ? Tu crois que c'était la fin ? Tu crois que c'était le début ? C'était quand, déjà ?

En janvier.

Janvier. Janvier, du Dieu Janus, qui regarde dans deux directions. Ça revient toujours. C'est le serpent qui se mord la queue.

Encore un serpent ? Qu'est-ce qu'il y a ? Deku ? Deku ?

Je crois que c'est un cycle. Kacchan. Kacchan.

Quoi ?

Je crois que j'ai compris. Deux, deux, tout le temps deux, deux, et trois, pourquoi trois ? Trois c'est nous et l'autre, l'autre chose, il faut qu'un et un fassent trois, et pour ça il faut … Il faut qu'on se sépare encore. Mais ensemble. Il faut qu'on aille chacun son chemin.

De quoi tu parles ?

Kacchan. Mon chemin, c'est toi, ma destination, c'est toi. Le reste c'est la poussière sur laquelle je rampe.

Alors reste.

Si je reste avec toi, je n'ai plus nulle part où aller. Si tu es à côté de moi je ne peux pas courir vers toi.

Deku. Tu dis des conneries. T'as pas dormi depuis dix jours.

Et toi tu n'as fait que ça.

J'étais fatigué.

Moi aussi. Kacchan. Il y a quelque chose dans mon ventre.

Quoi ?

Ça bouge, Kacchan, et ça a faim.

Tu dois dormir.

Kacchan. Je ne sais pas quoi faire. Je sais pas quoi faire du bonheur dans mon ventre. Il a emménagé et je ne le connais pas, je ne l'ai jamais connu, je ne sais pas quoi faire de lui ! Kacchan, j'ai peur. Il faut qu'on se sépare, et on sera toujours ensemble, puisque tu m'aimes jusqu'à la fin du Monde et je t'aime encore après ça. Cette créature dans mon ventre, il faut que je la tue. Elle me gêne. Je sais pas quoi faire Kacchan. Je dois partir.

Maintenant, voilà. Je sais. Je dois partir.

Le monde commence où tu finis. Peut-être ? Peut-être ça vaut la peine d'essayer ?

Tu dois juste dormir. Arrêter de dire des conneries. Arrêter de croire que t'es le centre du monde.

Mais c'est toi, le monde, et je suis ton centre.

Alors je peux pas commencer où je finis. Tu vois ? T'as besoin de sommeil. Le serpent qui se mord la queue ? Me fais pas rire. Les serpents à deux tête ils ont pas de queue. C'est pas possible. Si tu dessines un ouroboros avec un amphisbène, c'est juste un serpent qui s'embrasse sur la bouche. Alors sois pas con.

Je sais pas où commence le monde. Tu vas trop loin. Tu vas tellement tellement loin.

Tu cherches un chemin vers moi ?

Tu crois que tu peux pas me rejoindre si je te tiens déjà la main ?

T'es con ou quoi ?

Deku, t'es tellement loin dans ta tête, tellement profondément planqué dans tes pensées.

Moi j' suis là.

A la surface. Parfois un peu plus haut. Beaucoup plus haut.

Parce que le bonheur, il t'enfonce à l'intérieur de toi, et le bonheur, il me fait voler au-dessus de tout.

Je te jure.

Je regarde en bas, tu regardes en haut, on commence à marcher.

Peut-être un jour, on sera au même endroit exactement. Mais je crois pas que ce soit possible.

Y a pas de fin. Y a pas de début. Y a pas de milieu.

Y a rien.

Tu parles de mes métaphores. Écoute-toi parler. Merde.

Le bonheur il me fait rire et il te fait pleurer. Tu vois ? Un et un font trois. Toi, ce connard de bonheur et moi.

Toi le bonheur et moi.

Il nous faut un tatouage.

Un ouroboros à deux têtes.

Ce sera notre drapeau.

Et la première page de tous les manuels scolaires.

Si le monde est à nous, je veux lui donner un nouveau visage. Couper la tête de l'hydre. Il en poussera deux. Kacchan. Dors avec moi. Je ne sais plus comment on fait.

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C'est sans doute à ce jour le texte que j'aime le moins sur cet UA, parce que je pense qu'il reflète à quel point je ne sais plus comment y avancer. Ce que j'espère, c'est que vous qui lisez, qui avez donc une expérience différente de la mienne de ce texte, vous puissiez sentir cette détresse et ce manque à travers Izuku. J'ai pas réussi à caser cette phrase dans le texte, mais j'ai pensé qu'il pensait quelque chose comme « ça me manque que tu me manques », et c'est un peu ça.

Je sais pas si c'est heureux ou triste. En tout cas ça me donne envie de pleurer.

Merci d'avoir lu.