Bonjour à vous ! Je passe un peu en coup de vent, maladie oblige, mais je vous souhaite tout de même une bonne lecture ;)
Blaise regarda tour à tour les trois visages qui lui faisaient face. A ses côtés, Ginny lui tenait la main, prête à l'épauler peu importe la réponse.
- D'un côté, tu pourras contrôler ce qu'il se dira sur nous. On est limite gagnants, commenta Drago. Hermione, tu en penses quoi ?
La principale intéressée de cette histoire semblait totalement ailleurs. En vérité, son cerveau allait tout simplement beaucoup trop vite pour son propre bien. Hermione réfléchissait beaucoup et sur un nombre de points assez conséquents. Le fait que ce soit Blaise qui doive écrire sur eux devenait sans aucun doute une réelle chance. Le problème ne venait pas vraiment de là mais plutôt du fait qu'il faille, par conséquence, arranger cette histoire. D'une manière assez compréhensible, Hermione n'avait pas tellement envie que sa vie amoureuse et que ses questionnements en matière d'orientation sexuelle soient déballés à autant d'inconnus que ça ne regardait définitivement pas.
- J'ai besoin d'un peu de temps, demanda Hermione avant de sortir prendre l'air sur le balcon de l'appartement Parkinson, le tout sans prendre en compte le froid pourtant cinglant de ce mois de Novembre.
Les quatres personnes restantes de la pièce la regardèrent partir sans bouger avant que Pansy ne décide de la suivre.
- Hermione ?
Il fallait croire qu'être seule avec ses pensées était interdit en ce bas-monde. Heureusement, Pansy resta jusqu'à côté en silence.
- Comment tu as su, commença Hermione après plusieurs minutes de silence, que tu aimais les femmes ?
- Je suis tombée amoureuse d'une personne. Le fait que ce soit une femme n'a pas joué. Puis sérieusement, les femmes sont tellement plus belles et intelligentes que les hommes, comment résister ?
Pansy offrit à Hermione son plus beau clin d'œil dragueur. En échange, elle reçut un cadeau auquel elle ne s'attendait pas du tout : un baiser.
Ce que les deux femmes ne savaient pas, ou juste qu'elles l'avaient oublié, c'est que, depuis l'intérieur, on pouvait parfaitement voir ce qu'il se passait sur le balcon… et Drago n'avait pas perdu une seule miette des événements.
- Et dire que tu avais peur qu'ils refusent, rigola Ginny. Le plus compliqué, ça va juste être de trouver une solution à toute cette histoire.
Drago avait quitté la pièce dans une rage qu'il parvenait à peine à cacher quelques minutes avant que Pansy ne reviennent dans le salon pour laisser Hermione réfléchir toute seule.
- Où est Drago ? avait-elle demandé.
A peine avait-elle obtenu une réponse que Ginny et Blaise purent la voir transplaner. Ce rendez-vous était autant une réussite qu'un échec cuisant.
- Et pourquoi tu ne veux pas venir ?! cria Ron à l'encontre d'un Neville totalement fermé.
- Parce que je ne serai pas à l'aise.
La discussion tournait en boucle depuis plusieurs jours. Après avoir reçu la lettre de Harry, Ron avait prit la décision de retourner en Angleterre. Il avait tout de même attendu une possible réponse de Hermione mais, n'ayant rien reçu depuis… Ron avait bien dû se rendre à la raison. Depuis, il essayait de faire en sorte que Neville le suive mais ce n'était pas quelque chose de foncièrement simple, malheureusement.
- Et pourquoi ne serais-tu pas à l'aise ?
Et là, sans aucune raison apparente, Neville éclata en pleurs.
- Neville ?
Impossible pour lui de répondre. Les larmes semblaient le transpercer de toute part et les mots refusaient de prendre leur liberté. Neville voulait parler de ce qui le taraudait depuis longtemps. Il voulait sincèrement se confier et demander aux gens d'effectuer certains changements mais il n'avait jamais osé. Le fait d'avoir invité Ron à venir avait également été un acte égoïste, une façon de vérifier qu'il ne supportait plus certaines choses.
- Est-ce que tu peux juste… tenta Neville avant d'être rattrapé, une fois de plus, par les larmes.
- Oui, Neville ? Tu peux tout me dire, tenta de l'aider Ron.
Il n'y aurait plus de marche arrière possible et cette idée était infiniment terrifiante.
- Est-ce que tu peux juste me genrer au neutre, s'il te plaît ?
La demande sonna totalement Ron. Genrer au neutre ? Qu'est-ce que ça pouvait bien vouloir dire ? Il n'y connaissait rien du tout mais, après tout ce que Neville avait fait pour lui, Ron pouvait bien faire un effort également de son côté.
- Je ne comprends pas tout mais si tu veux bien prendre le temps de m'expliquer ce que je dois faire, je le ferai.
Neville sembla respirer de nouveau. Iel passa plusieurs dizaines de minutes à expliquer à son compagnon d'aventure les tenants et aboutissants de ces questions de genre. Ron ne comprit pas tout, et c'était plus que normal mais il déclara qu'il ferait attention et qu'il ne fallait pas hésiter à le reprendre jusqu'à ce que cela devienne normal pour lui.
- Du coup, tu viens avec moi, maintenant ?
"Chère Hermione,
J'ai cette impression que nous ne savons plus nous parler. L'as-tu, toi aussi ? Je me souviens de quand nous étions à Poudlard, c'était tellement différent. J'aimerais"
Une fois de plus, Harry effaça les quelques mots qu'il avait écrits. Si Hermione et lui ne parvenaient plus à discuter d'une manière correcte en face à face alors Harry avait eu l'idée d'essayer de passer sous une autre forme, en vain. Les idées fusaient mais ne parvenaient pas à prendre une forme correcte.
Un peu désespéré, Harry avait fini par en discuter avec Ginny. Après tout, elle était peut-être plus à même que lui de comprendre la situation. Il était donc allé jusque chez elle. Quelle surprise que de voir Blaise Zabini lui ouvrir.
- Potter ? J'imagine que tu es venu voir Ginny. Je vais la chercher.
Zabini n'avait pas été particulièrement étonné ni énervé de le voir alors que, Harry, lui, en avait complètement été retourné. Le temps que Ginny arrive jusqu'à la porte, plus personne n'attendait pour elle.
Parfois, Harry se demandait s'il était trop dans le passé. Hermione et Ginny avaient toutes les deux noué des liens avec d'anciens Serpentard, d'anciens "ennemis". Harry, lui, était resté dans le passé, toujours fourré avec des camarades de l'époque, avec les Weasley ou avec Teddy, le fils du meilleur ami de ses parents. Il fallait se rendre à l'évidence, Harry n'avançait pas dans sa vie. Comment faire ? Tout le monde connaissait des changements, sauf lui. C'était comme si plus personne ne l'attendait parce que tous le croyaient capable de réussir n'importe quoi sans aide.
Par ailleurs, Noël approchait à grands pas. Ginny viendrait avec Zabini et Hermione avec Malefoy, mais lui ? Viendrait-il seul dans la famille de son ex ? C'était d'un ridicule…
Avant d'atterrir chez Harry, Ron avait décidé de commencer avec ses parents. La rencontre avait été à la fois triste et énervée, dans les cris et dans les larmes. Par la suite, Ron voulut aller voir Ginny.
Tout comme son meilleur ami devant lui, il tomba sur Blaise Zabini.
- Décidément, vous vous êtes donnés le mot, le salua Zabini. Si je vais chercher Ginny, est-ce que tu vas disparaître le temps qu'elle arrive ?
Un peu étonnée par cette question à la fois idiote et inattendue, Ron répondit par la négative. Quelques minutes plus tard, sa petite sœur se trouvait devant lui. Elle ne lui offrit aucun sourire.
- Que veux-tu ?
Ron ne s'était pas attendu à ce que Ginny l'accueille à bras ouverts, bien sûr, mais tout de même. Ils restaient adelphes, après tout, alors pourquoi tant de méfiance ? Pourquoi semblait-elle prête à lui envoyer un puissant Reducto à tout instant. Elle ne lui avait même pas proposé d'entrer…
- Comment vas-tu ? demanda-t-il.
- J'allais bien jusqu'à ce que tu viennes frapper à ma porte après avoir disparu sans donner de nouvelles. trancha Ginny. Et bien sûr, je ne parle pas du fait que, la dernière fois que nous nous sommes vus, tu m'as attaquée.
Entendre tout cela ramena Ron de nombreux mois en arrière. Il ne l'avait pas volée, celle-là et, en même temps, tout le monde n'avait-il pas droit à une deuxième chance ?
- Je suis venu m'excuser, Ginny.
- J'entends tes excuses.
Dans le fond, Zabini cria quelque chose que Ron ne comprit pas.
- Qu'est-ce que tu attends de moi ? demanda-t-elle en soupirant.
- Que tu comprennes ce que j'ai fait et pourquoi, que tu m'épaules et que tu m'aides à m'améliorer.
Ginny soupira et lui indiqua qu'elle y réfléchirait mais que, pour le moment, elle avait surtout besoin de temps, ce qu'il respecta. La porte se referma entre eux avec, d'un côté, une jeune fille retenant ses pleurs dans les bras de son petit-ami et, de l'autre, son frère retenant lui aussi ses pleurs en attendant de pouvoir être chez la personne qui avait accepté de l'héberger.
A ce moment-là, après avoir vu la réaction de Ginny, Ron commença à penser à Hermione. Elle avait forcément reçu sa lettre, il en était persuadé, mais, après tout, elle aurait très bien pu décider qu'elle ne voulait plus lui parler. Hermione pouvait très bien l'avoir ignoré.
Neville avait peut-être raison finalement, comme toujours.
Drago ruminait. Pansy avait essayé de s'expliquer auprès de lui et il ne lui en voulait pas spécialement, bien qu'il ait eu du mal à l'en convaincre. Depuis, il n'arrêtait pas d'y réfléchir.
Les jours que Drago avait passés chez Hermione l'avaient rendu extrêmement heureux, même si leurs discussions n'étaient pas des plus drôles. La répartie dont elle avait fait preuve à chaque fois, son honnêteté et sa fragilité avaient participé à faire battre le cœur du jeune homme.
Et voilà que, maintenant, elle embrassait Pansy. Drago avait un peu oublié cette histoire de questionnement que vivait Hermione, notamment parce qu'il n'avait pas très envie qu'elle se fasse un avis qui ne l'arrangerait pas sur la question. Désormais, il aurait sûrement à en discuter avec la principale intéressée pour essayer d'en savoir plus. Finalement, Blaise allait avoir plus de mal que prévu à démêler cette histoire.
De plus, et Drago préférait ne pas y penser, les fêtes de fin d'année approchaient, ce qui voulait dire Noël, évidemment. Et qui disait "Noël" disait également "repas de famille". En bref, Mr. et Mrs. Malefoy harcèleraient encore leur fils pour qu'il leur ramène une future fiancée potentielle. Par ailleurs, il avait déjà reçu une lettre de leur part.
Le vingt-cinq décembre prochain signerait sans aucun doute la date de son enterrement. Ses parents seraient infernaux, à n'en pas douter...
