Chapitre 79 : Friendship

Danny l'avait accueilli sans hésiter. Il lui avait suffi de quelques mots pour convaincre ses parents de l'héberger le temps qu'il faudrait.

Monsieur et madame Mahealani étaient des personnes incroyablement gentilles qui s'étaient montrées soucieuses du confort de leur invité, allant même jusqu'à lui proposer la chambre d'amis que Max avait refusée.

C'était peut-être étrange, mais avec Stiles, Danny était son meilleur ami. Il avait besoin de lui plus que jamais. Il ne sentait pas capable d'être seul comme il l'avait toujours été au fond.

Les deux adultes avaient d'ailleurs échangé un regard lourd de sens auquel le gardien de la crosse avait mis fin en assurant sans aucune gêne qu'ils ne sortaient pas ensemble.

— C'est pas parce que je suis gay que je me tape tous mes amis mecs !

Max avait rougi à ces mots et s'était fait tout petit sur sa chaise.

Par manque d'appétit, il n'avait que peu touché au délicieux repas, soucieux malgré tout de faire honneur au dîner que ses généreux hôtes lui offraient.

Il ne souhaitait rien d'autre que se coucher et dormir afin de mettre cette journée éprouvante derrière lui. Il n'avait cependant que peu d'espoir, conscient qu'après la frayeur qu'il avait donnée à ses camarades, il lui faudrait passer par la case explication.

À l'instar d'Allison et Lydia, l'Hawaïen habitait dans les beaux quartiers de la ville. La maison n'avait pas à rougir des volumes de ses pièces et la chambre de l'adolescent ne faisait pas exception.

Maxime se délesta de ses deux sacs qu'il avait traînés tout au long de sa journée. Envahi par sa crise de panique, à la sortie de chez Paul, il avait cru perdre connaissance. C'était sans compter sur l'intervention de Rafaël qui l'avait aidé à caler sa respiration sur la sienne. Il s'était alors enquis de son état bien que lui-même n'avait pas l'air en meilleure forme à en juger par ses yeux rougis et gonflés. Maxime avait refusé poliment sa proposition de le conduire autre part. Il n'avait rien voulu d'autre que marcher et faire le point sur sa vie désastreuse. Lesté par ses affaires, il avait alors arpenté les rues au hasard jusqu'à ce que Luna ne le retrouve…

Nécessiteux de s'occuper les mains pour échapper au regard un peu trop insistant de son ami, il avait ensuite sorti les affaires de cours dont il n'aurait pas besoin le lendemain, puis quelques vêtements propres du second.

— Ça t'ennuie si je t'emprunte la… euh ta salle de bain ?

Qui pouvait prétendre avoir une salle de bain privée ?!

Avec un hochement de tête amical, Danny l'escorta dans la pièce. Il mit à sa disposition une serviette éponge ainsi qu'une brosse à dents neuve et lui assura qu'il pouvait utiliser ses produits de toilette.

— Si tu as besoin de quoi que ce soit, je suis juste à côté !

Maxime remercia son ami d'un sourire.

Tandis que ce dernier rejoignait sa chambre, il se figea sur le seuil où il expira longuement sans se retourner.

— Je sais que ça ne me regarde pas, mais… Tu devrais rallumer ton téléphone, histoire de rassurer tout le monde.

Il n'attendit pas la réaction de son invité avant de fermer la porte derrière lui, laissant cette fois, Maxime définitivement seul avec ses pensées.

Ce dernier resta quelques secondes immobile, incapable de contrôler les battements de son cœur à la perspective de se reconnecter avec la réalité. Les mains tremblantes il extirpa néanmoins son cellulaire de sa poche avant de s'asseoir sur le rebord de la baignoire.

Une baignoire! En plus d'une douche dans sa salle de bain privée, Danny possédait une foutue baignoire ! C'était juste dément.

Il ne put réfréner le rire désabusé qui lui échappa.

Son amusement se fana sitôt qu'il eut composé le code servant à déverrouiller l'appareil. Celui-ci se mit à vibrer de façon ininterrompue entre les mains du lycéen, le faisant sursauter si violemment qu'il faillit lui échapper.

Il déglutit difficilement en avisant le nombre impressionnant d'appels manqués et de SMS qu'il avait reçus.

Danny avait raison.

Il s'était octroyé une journée coupée de monde, mais le monde l'avait à présent rattrapé.

Les rassurer. Il n'avait pas besoin de s'étendre sur les événements de la matinée. Dans un soupir tremblant, il composa un rapide message groupé.

Je suis chez Danny. Tout va bien. À demain.

Évidemment, Stiles répondit dans la seconde.

Il ignora volontairement les missives non lues pour se concentrer sur la dernière en date qui marqua le début d'une conversation presque épistolaire.

Désolé pour l'arrestation de ton père. Le mien négocie une entrevue pour toi. Si tu as besoin d'en parler, n'hésite pas !

Remercie-le de ma part. J'ai deux ou trois choses à mettre au point avec mon géniteur !

Il sera vite innocenté, Max ! Les fédéraux ont fait du zèle, mais l'enquête des adjoints de Beacon Hills et de Hill Valley a déjà démontré son innocence.

Maxime soupira. Évidemment, son ami s'imaginait que sa rancœur était dirigée contre Ian en raison des soupçons qui pesaient sur lui.

La journée a été éprouvante et je me serais bien passé d'être surpris sous la douche par des agents du gouvernement. Mais ce n'est pas ce que je lui reproche.

Cette fois, la nouvelle fut un peu plus longue à arriver.

Pour quelle autre raison pourrais-tu lui en vouloir?

Mon père t'a obtenu une audience, vendredi à 11 h, dans les locaux du FBI à L.A.

Maxime expira douloureusement.

Merci

Il peinait encore à réaliser que les mots de Paul puissent être réels.

Comment expliquer l'inexplicable ?

Pour faire courtJ'ai appris que mon oncle psychopathe est en réalité mon père biologique.

La messagerie disparut de son écran au profit d'une notification d'appel. L'appareil vibra de manière inattendue dans la main de l'adolescent dont le corps sursauta à l'instar de son cœur. Il sentit la panique l'envahir tandis qu'il rejetait la communication de ses doigts tremblants.

M'en veux pas, mais j'ai pas la force d'en discuter maintenant ! Je crois que j'ai bien mérité une douche digne de ce nom. À demain.

Justesi t'as besoin de parler ou même de ne rien dire. Je suis là.

Un fin sourire souleva ses lèvres à mesure que l'étau, qui avait emprisonné sa poitrine dans une étreinte cruelle, se desserrait tout doucement.

Il s'était trompé un peu plus tôt. Sa vie n'avait pas été anéantie par l'ignoble révélation de ses origines biologique. Beacon Hills lui avait permis de s'épanouir et faire fleurir les amitiés. En d'autres temps, il se serait effondré, mais à présent, il avait de vraies personnes sur qui compter et pour le soutenir dans les épreuves. Il n'était plus seul.

C'est le cœur plus léger qu'il pénétra dans la cabine, laissant le jet d'eau chaude détendre ses muscles.

Malgré le confort et le réconfort de la douche, il ne s'y attarda pas. La fatigue se rappelait cruellement à lui. Ses larmes et les émotions trop vives, qui l'avaient traversé, l'avaient épuisé.

De retour dans la chambre, il trouva Danny installé derrière son bureau, penché sur ses devoirs. Il ne portait rien de plus qu'un simple boxer.

Pas plus vêtu que son ami, Maxime se sentit soudainement gêné sans trop savoir pourquoi.

La perspective de partager le même lit n'aidait en rien à le calmer.

— Si tu préfères que je dorme ailleurs, je…

— Dis pas de bêtises, Max !

Avec un sourire, Danny se leva de sa chaise et éteignit le plafonnier pour ne laisser comme seule lumière que celle de la lampe de chevet. De toute évidence, il avait patienté jusqu'au retour de son invité pour pouvoir se coucher. Sans hésiter une seconde de plus, il se glissa sous la couverture avant de tapoter la place libre à côté de lui dans une invitation tacite.

Maxime se tritura les doigts nerveusement, incapable du moindre mouvement.

— Tu vas me demander des explications ?

— Je ne vais pas te forcer, je pense que tu as eu une journée suffisamment difficile. Tu me parleras quand tu seras prêt… ou pas, d'ailleurs ! C'est comme tu veux, Max !

Le châtain hésita encore quelques secondes durant lesquelles il se mordilla les lèvres avant d'enfin se décider à le rejoindre. Il monta sur le matelas, mais préféra rester assis contre la tête de lit. Il sentit ses épaules se détendre tandis qu'un soupir de soulagement lui échappait.

— Dure journée, hein !

— La pire de ma vie ? proposa Maxime avec un sourire timide.

Danny se redressa à son tour, imitant la position de l'autre garçon avant de laisser son regard courir sur le visage aux traits angéliques de celui-ci.

— Écoute, je ne vais pas te mentir, je me suis inquiété pour toi… Comme tous les autres. Quand j'ai vu les scellés chez toi, j'en ai tout de suite parlé à Stiles qui, à son tour, en a parlé à son père. Il m'a d'ailleurs avoué que le shérif n'avait pas été ravi d'apprendre la nouvelle. Les fédéraux sont intervenus dans sa juridiction sans l'en informer. Il était fou de rage. Bref !

Savoir que ses amis s'étaient réellement inquiété pour lui provoqua une émotion plus vive que de raison au jeune homme. Ses yeux le picotaient étrangement, signe que les larmes n'étaient pas loin. La fatigue ne lui valait rien, il était à fleur de peau.

L'hyperactif l'avait informé que son père lui avait obtenu une visite avec son tuteur et il n'y avait pas plus prêté attention que ça sur le coup, pourtant…

— Je pourrai le voir vendredi, mais j'ai pas de voiture !

— Je t'emmènerai. On séchera les cours ensemble.

Une fois de plus, Maxime ne put qu'être touché par l'obligeance de son camarade qui n'avait pas hésité une seule seconde avant de se proposer comme chauffeur.

— Max…

Le ton de l'Hawaïen avait changé tandis qu'il effleurait la pommette sensible de son ami qui grimaça sous la douleur.

Pas besoin de mot pour comprendre son inquiétude.

— Te raconter ma journée me ferait peut-être du bien, tout compte fait !

Ce fut au prix des larmes que l'adolescent lui conta le récit des récents événements. Il ne s'arrêta de parler que lorsque l'entièreté de ses maux fut exorcisée par ses mots. Exprimer à voix haute les révélations de Paul ne les rendait que d'autant plus réelles, pourtant au lieu de l'accabler davantage, il se sentit soulagé.

Finalement, savoir que Paul était son père ne changeait rien. Pas plus que d'avoir eu Eléa comme génitrice. Aucun d'eux n'avait jamais rien fait pour lui. Ne l'avait jamais aimé ni éduqué et encore moins épaulé.

Ce n'était pas ce qui le faisait souffrir. Sa douleur avait une autre cause. Ian lui avait menti. Il lui avait fait croire qu'il était son père. Il l'avait élevé dans le mensonge. Il l'avait trahi. C'était d'autant plus terrible de le découvrir maintenant qu'ils commençaient enfin à se retrouver.

Danny ne l'avait pas interrompu, mais ses bras étaient venus encercler les épaules de son ami qui n'avait pas hésité à se blottir contre son torse.

Se soustraire au regard du garçon avait aidé Max à se confier. Il avait tout ressenti à travers le corps de son interlocuteur. La crispation de ses muscles, l'accélération de son cœur… Pas besoin d'être un loup pour deviner sa colère, son indignation et son empathie.

Il n'avait pas cherché à lui offrir des paroles vides de sens, des promesses insignifiantes. Il n'avait rien dit, se contentant d'écouter, d'être là.

Ils s'étaient finalement endormis dans les bras l'un de l'autre, sans ambiguïté si ce n'est celle d'une amitié renforcée.

À leur rencontre, Danny était tombé sous le charme de son ami, de son physique tout autant que de sa personnalité. Il ne pouvait le nier : Maxime était totalement son type !

Malheureusement, ce dernier n'avait pas partagé ses sentiments, mais l'Hawaïen n'avait pas perdu l'espoir de le séduire. Pourtant, alors qu'il s'endormait avec l'adolescent dans les bras, il ne pouvait en rien regretter leur amitié. Le lien qui s'était forgé entre eux était bien plus fort qu'une amourette éphémère. Il n'échangerait leur relation pour rien au monde.

La nuit fut trop courte et le réveil difficile.

Il fallut plusieurs longues minutes à Maxime, qui avait encore le corps et l'esprit engourdis par les larmes de la veille, pour s'extirper de la toile soyeuse que Morphée, telle une araignée, avait tissée autour de lui.

Danny le laissa émerger tranquillement tandis qu'il réquisitionné en premier la salle de bain. Ils échangèrent ensuite leur place avant de descendre profiter d'un copieux petit-déjeuner que le père du lycéen leur avait cuisiné.

Près de dix minutes plus tard, ils étaient installés dans le véhicule du gardien de la crosse en direction du lycée.

Aucun temps mort. C'était une routine qui semblait bien rodée pour l'Hawaïen et à laquelle Maxime serait capable de vite prendre goût.

Il avait retrouvé son sourire et se sentait prêt à affronter un nouveau jour tout en sachant qu'il ne pourrait pas être pire que le précédent. Il se refusait de penser davantage à Ian. Demain, ils auraient l'occasion de s'expliquer. D'ici là, il ne souhaitait rien d'autre que rire et s'amuser avec ses amis.

Il eut à peine le temps de mettre un pied hors de la voiture que Stiles lui sauta dessus, le serrant dans ses bras avec une force incroyable avant de lui tapoter affectueusement l'épaule.

— Ne me refais plus jamais une peur pareille, Maxi-mimi !

Maxime n'avait pu que rire à cette remarque tandis que l'hyperactif le libérait de son étreinte. Il avait du baume au cœur face à la réaction du fils du shérif et ni le surnom ridicule ni le regard que Derek posa sur lui n'y changea rien.

— Il a passé sa soirée au téléphone à harceler tout le monde et surtout son père pour avoir des infos, avoua lycanthrope en serrant l'épaule de son petit-ami.

Max resta un moment immobile, trop choqué pour réagir.

Est-ce que Derek — je suis ultra possessif et je me méfie de toi — Hale venait d'être aimable avec lui ? Et puis depuis quand accompagnait-il Stiles au lycée ?

La main que l'hyperactif tendit vers lui le ramena à l'instant présent tandis qu'il se rebiffait à la dernière minute au contact.

Il ne put s'empêcher de lever les yeux au ciel dans un soupir.

C'était quoi cette manie de toucher les hématomes ?

Puis, comme si dans son esprit tout était lié, sa poitrine se serra en repensant à la promesse qu'il avait faite à Ian et qui n'avait plus lieu d'être.

— Stiles, il y a quelque chose que je dois t'avouer… tout à l'heure, d'accord ?

S'il était décidé à tout dire à son ami, il était hors de question de le faire à portée d'oreille du loup-garou. L'expérience lui avait appris qu'il ne fallait jamais risquer la colère d'un loup. Il tenait à sa vie.

— Tu ne peux pas me dire une chose pareille et me faire attendre. Dis-le-moi tout de suite !

Max frissonna tandis que son regard croisait celui de Derek.

Comme s'il percevait son trouble, le fils du shérif le questionna.

— Est-ce que ça concerne ton oncle ?

— En quelque sorte, oui !

Stiles acquiesça, semblant comprendre que son ami puisse souhaiter avoir une conversation plus privée à ce sujet.

Son attitude changea ensuite brusquement tandis qu'il se mit à danser d'un pied sur l'autre en grimaçant.

— Moi aussi je dois t'avouer un truc… ça se peut que… Je voulais juste t'éviter la case interrogatoire, tu sais… Désolé si tu ne voulais pas que ça se sache. J'ai pas réfléchi, j'aurai dû t'en parler. Je suis le pire des cré... Hm !

Au supplice face aux balbutiements sans queue ni tête de son compagnon, Derek l'avait bâillonné de sa main, l'emprisonnant contre son corps.

Le fils du shérif gigota pour tenter de se libérer de son entrave tout en offrant à l'homme un regard empli de reproches par-dessus son épaule.

— Ce que Stiles essaie de dire, c'est qu'il a prévenu les autres que… Luna et toi êtes réellement frère et sœur tout compte fait ?!

Danny expira en secouant la tête, agacé que l'hyperactif ait pris cette liberté, mais Maxime, pour sa part, était presque soulagé malgré la maladresse de la démarche.

Il n'avait aucune envie de s'expliquer auprès de tout le monde et ne pas avoir à le faire lui convenait parfaitement. Il haussa les épaules avec indifférence.

— OK ! On y va ?

Sa réaction surprit suffisamment Stiles pour qu'il s'immobilise dans l'étreinte de son homme et lui offre de grands yeux ronds.

Derek libéra sa proie en se mordant les lèvres pour ne pas sourire ce qui lui arrivait de plus en plus souvent.

Sans plus attendre, Danny et Max le précédèrent en direction du lycée tandis que le jeune homme embrassait son compagnon en guise d'au revoir.

— Isaac râle ?

Le lycan souffla un rire contre ses lèvres avant de relever le regard vers son louveteau, bien trop occupé à câliner lui-même sa banshee de petite-amie pour leur prêter la moindre attention.

Le loup de naissance perdit néanmoins son sourire lorsqu'il avisa Allison seule avec Luna.

— Où est Scott ?

Stiles fronça les sourcils avant de se tourner vers le bâtiment scolaire, juste à temps pour voir Luna et Maxime s'étreindre.

OK, il s'était passé plus de choses la veille que ce que Max lui en avait dit.

Mais ce n'était pas le plus important pour le moment. Derek avait évidemment raison. Scott n'était nulle part.

Comme pour mieux rajouter à l'urgence de la situation, la sonnerie marquant le début des cours résonna.

Stiles refusait d'aller en cours sans savoir si Scott était en sécurité. Et si les Everfool lui étaient tombés dessus ?

Il dégaina son cellulaire et composa le numéro de son frère de cœur et meilleur ami.

Une tonalité.

Deux tonalités.

L'angoisse montait au fil des secondes et le regard appuyé que l'ancien alpha portait sur lui n'aidait en rien.

Oui?

La voix éraillée et épuisée de Scott s'éleva enfin de l'autre côté du combiné.

Stiles hésita.

— Mec, est-ce que je te réveille ?

Le silence lui répondit quelques secondes avant que la voix du lycéen ne s'élève à nouveau.

OuaisMerde, j'ai raté mon réveil. Couvre-moi !

— OK ! Eh, Scotty-boy ! Est-ce que tout va bien ?

À nouveau, un silence pesant et angoissant lui répondit avant que son ami ne réponde à nouveau.

Oui, c'est juste… T'avais raison ! Apparemment, Paul est un connard. Ma mère a rompu avec lui hier. Elle n'a pas voulu m'en dire plus, mais j'ai passé une bonne partie de la nuit à essuyer ses larmes. Elle a fini par s'endormir sur les coups de quatre heures du matin…

Stiles sentit son cœur se serrer à cette nouvelle et ses yeux s'humidifièrent légèrement. Pour une fois, il aurait préféré se tromper. Savoir que Mélissa avait le cœur brisé n'avait rien de réjouissant.

— Mec ! Si t'as besoin de quoi que ce soit… Si tu veux, on va lui casser la gueule tous les deux… non pas que t'es besoin de moi pour ça avec ta force de super loup-garou, mais…

La voix de l'hyperactif se brisa tandis qu'il sentait l'émotion lui serrer la gorge. Il papillonna des paupières pour lutter contre les larmes et tenta de contrôler son souffle erratique. Il sursauta presque en sentant le torse de son loup dans son dos tandis que ses bras se refermaient à nouveau sur lui, plus tendrement cette fois. Le souffle du Derek caressa sa nuque et son odeur l'enveloppa dans une bulle de réconfort qui l'apaisa quelque peu. Sa paume libre se posa sur un des avant-bras de son homme et il se laissa bercé par lui comme s'ils étaient seuls au monde.

Merci, bro' ! Je ne pense pas venir avant le début d'aprèm… Et toi, tu ferais mieux d'y aller si tu ne veux pas te faire coller par Harris !

Stiles jura entre ses dents et avec un rapide « salut», raccrocha d'avec son ami. Pas besoin de rapporter les informations à Derek. Ce dernier avait évidemment tout entendu.

Il se retourna dans son étreinte et claqua un baiser sur ses lèvres avant de courir vers son cours de chimie.

Le bêta attendit encore quelques secondes, s'assurant que son humain rejoignait la sécurité de sa classe avant de monter à bord de la jeep de ce dernier.

Il ne rata pas le sermon que le professeur offrit au fils du shérif qui échappa d'ailleurs de peu à une nouvelle retenue. Il ne se fit pas prier avant de s'installer.

Pour l'heure, aucune des péripéties que traversaient ses proches n'était d'ordre surnaturel.

Comme chaque jeudi soir, les lycéens seraient occupés jusqu'à dix-huit heures par leur entraînement de la crosse.

Il mit le contact, bien décidé à profiter de sa longue journée pour avancer sur les plans du manoir Hale.