CHAPITRE 46
OOC : Bonjour à tous. Voici un nouveau chapitre. J'espère qu'il vous plaira. N'hésitez pas à laisser des reviews si l'histoire vous intéresse. Ça fait toujours plaisir.
Il avait tout calculé depuis le début.
L'instant où il frapperait, l'instant où il l'enlèverait, l'instant où il verrouillerait la porte…
Tout avait été planifié.
Ses camarades avaient accepté de jouer le jeu...Vos ne doutait pas que même eux y avaient cru presque. A ce que Vos retourne sa veste tellement cela avait été convaincant.
A présent, la partie la plus importante était sur le point de commencer.
Vos attendit. Il attendit que les hommes d'Elita-One prennent en compte la menace de son leader. Si ce que disait Celle qui avait été choisie était vrai, risquer tout et faire sauter Carcer au point de réveiller le Titan serait une très mauvaise idée.
Même si Elita-One était importante, son trône et la manière dont elle avait traité les criminels accusés d'avoir placé la bombe indiquaient que rien n'était irremplaçable.
Cela l'incluait aussi. Si quelque chose arrivait, un nouveau commandant prendrait sa place.
Vos ne joua pas avec le feu. Il devait s'assurer qu'ils prendraient leurs menaces au sérieux.
Il attendit jusqu'à ce qu'il reçoive l'appel de Tarn.
« Obsidian a pris le relais », lui déclara-t-il. « Ils déposent leurs armes. »
Ils tenaient Carcer en otage maintenant.
Satisfait, Vos n'adressa même pas un regard en direction de Celle qui avait été choisie et se dirigea lentement vers le coin de la pièce où était entassé le matériel.
Elita-One était assommée…Mais Vos devait s'assurer qu'elle ne se réveille pas. Il devait obtenir les informations. Par n'importe quel moyen.
Sans hésiter davantage, Vos dénoua les câbles ainsi que les fils qui serviraient à l'expérience et commença les préparatifs.
Une partie de lui avait cru que cela ne fonctionnerait pas.
Il avait cru que le récipient psychologique était une technologie suffisamment avancée et complexe pour qu'une connexion ne s'établisse pas et qu'il ne puisse pas entrer à l'intérieur du récipient où étaient contenues les données d'Elita-One.
Il l'avait un peu essayé en désespoir de cause…En espérant que cela marcherait. Il avait été dubitatif…mais il avait suivi son instinct.
Quand il fit face à Elita-One dans l'espace vide qui les entourait, il comprit qu'il avait réussi.
Celle qui avait été choisie, la Première de Carcer, se raidit en l'apercevant apparaître. Vos lui fit face, les bras croisés.
La peur qu'il eût arpentée la première fois qu'ils s'étaient retrouvés…toute cette terreur devant la grande Elita-One…celle qu'il avait connue autrefois…tous ces sentiments s'étaient évaporés.
Maintenant, il se sentait confiant.
Il avait le contrôle.
Elita-One était le Commandant…Mais Vos était le scientifique. Son commandement n'avait aucune valeur à l'heure actuelle.
« …Tu étais déjà un monstre à l'époque. »
Vos tâcha de ne pas réagir.
« Mais là…tu n'as fait que me le confirmer ! » cracha Elita-One, la fureur emplissant ses optiques.
Vos redressa la tête, la toisant d'un air hautain.
« …Menteur. Menteur ! » répéta Elita-One, son timbre de voix montant au fur et à mesure qu'elle s'exprimait.
Vos la coupa d'un geste, la pointant du doigt.
Elle aussi lui avait menti.
Elle avait menti sur l'identité du Titan, il en était certain. Et elle avait affirmé qu'elle les aiderait et fournirait d'elle-même les informations sur Overlord.
Et il était même prêt à parier qu'elle avait menti sur des tas d'autres choses.
« Ce n'est pas la même chose ! » gronda Elita-One, comprenant ce qu'il voulait dire. « Je n'ai pas menti. Mais même si je ne mens pas, cela ne signifie pas que je vais corriger chaque mensonge que je vais entendre ! »
Bien sûr.
Vos demeura muet. Elita-One marcha à grandes enjambées dans sa direction et leva le poing.
Il attendit. Il reçut le coup en pleine joue. Même s'il ne se réveilla pas, cela ne lui fit pas autant mal qu'il le croyait.
Il endura comme il avait toujours enduré.
« Où suis-je? Peu importe où nous sommes... Laisse-moi partir », gronda Elita-One.
Vos refusa.
Pas avant qu'il n'obtienne les informations.
Cela pouvait aller très vite si elle coopérait.
« …Que comptes-tu faire ? »
Vos lui fit signe d'écouter ce qu'elle entendait en pointant son propre audio. Il s'agissait de ses souvenirs. De ses données. Elle devrait entendre quelque chose. N'importe quoi.
Cela ne rata pas. L'hypothèse de Vos fut juste. Elita-One observa autour d'elle. Elle entendait quelque chose que Vos n'entendit pas.
Ses souvenirs…les bribes…les voix…
« …Optimus ? » cria-t-elle.
Donc, c'était ce qu'elle entendait.
Vos n'aurait qu'à la suivre. Elita-One se mit à courir, probablement vers la source du bruit. Vos se contenta de marcher tranquillement derrière elle.
Bientôt, Elita-One s'arrêta et Vos remarqua la porte dorée. Il ne fallait plus que le code pour entrer.
Il lui déclara qu'ils allaient à présent examiner tous les souvenirs contenant les vulnérabilités d'Elita-One.
La fembot se tourna vers le fusil-sniper, lui adressant un regard haineux.
« …Comme si j'allais entrer. Et tu ne peux pas me tuer. Nous sommes dans un rêve, n'est-ce pas ? »
Vos le confirma. Toutefois, Il lui mima que ce n'était pas un problème. Il n'avait jamais eu l'intention de la tuer, de toute manière.
« Pardon ? »
Vos réfléchit à la manière de lui expliquer.
Il lui avait octroyée une quantité d'énergie électrique suffisamment puissante pour provoquer une panne générale, la plongeant dans une sorte de coma artificiel.
Et Vos, afin de ne pas se réveiller au moment crucial, à savoir le moment d'entrer dans le récipient, s'était infligé la même chose.
Le redémarrage et la mise à jour pouvait prendre du temps. Suffisamment de temps pour qu'il entre à l'intérieur. Vos avait placé la sphère dans ses bras pour qu'elle soit reconnue comme étant le propriétaire du récipient psychologique. Il était présent seulement parce qu'il s'était connecté à elle.
La balle était dans son camp. Vos était le seul à connaître la configuration. Il se désigna puis re-pointa la porte dorée, établissant que s'il entrait seul, elle demeurerait coincée dehors.
Elita-One ne bougea pas.
Un sourire mauvais barra son visage tandis qu'elle lui déclarait, plein d'espoir :
« Je peux attendre ici que je me réveille. »
Vos haussa les épaules et commença à se diriger vers la porte dorée, prêt à entrer de lui-même.
Il pouvait y aller seul. Mais il s'agissait de ses souvenirs à elle. S'il les modifiait un tant soit peu, il y aurait des répercussions conséquentes, voire désastreuses à son réveil.
Il pouvait le confirmer lui-même, ayant eu du mal à se rappeler qu'il faisait partie de la DJD. Qu'il s'appelait dorénavant Vos et qu'il était fier de l'être.
Malgré les signes, en dépit des mots compliqués qu'il mimait pour se faire comprendre, son explication sembla faire mouche.
La seule possibilité que Vos modifie ses souvenirs glaça Elita-One. Avant qu'il ne puisse l'atteindre, Elita-One lui agrippa violemment le poignet.
« Comme si j'allais te laisser entrer dans ma tête ! »
Vos se dégagea. Il lui adressa un air moqueur. C'était à elle de décider. Mais tant qu'ils étaient en-dehors du récipient, rien n'empêchait Vos d'aller où il voulait.
« …Tu es un insecte. »
La résignation put se lire malgré la rancœur sur son visage. Vos l'applaudit pour la féliciter de prendre la bonne décision. C'était mieux ainsi. Après tout, Vos s'était gardé d'ajouter que sans sa présence, il aurait sûrement eu plus du mal à trouver la porte dorée qui lui permettrait de quitter les souvenirs d'Elita-One, puisque seule Elita-One elle-même pouvait la dénicher en suivant l'appel de ses propres souvenirs.
Il eut raison de se taire à ce sujet. Cela avait fonctionné.
Vos composa le code sans se retourner.
La configuration restait la même. Vos l'invita à reculer tandis que la porte dorée s'ouvrait lentement. Elita-One le fusilla du regard tandis qu'il s'avançait.
« …N'y a-t-il pas un risque pour toi ? »
Oui. Il y en avait un. Il y en avait toujours un.
Il ne s'agissait pas de ses souvenirs. Il risquait d'être perçu comme une intrusion, comme un virus dans un système.
« …Wear my face. »
Il était prêt à mourir pour la Cause.
Il avait toutes les cartes en main. Autant les utiliser pour dénicher Overlord.
« …Vos ! »
Vos l'ignora et traversa la porte dorée.
Elita-One se dépêcha de le suivre avant qu'elle ne se referme.
Si Vos avait pu sourire, il l'aurait fait.
Maintenant qu'ils étaient à l'intérieur, elle ne pourrait plus faire demi-tour.
« …Tu es un menteur. »
Vos continua de marcher. Elita-One le suivait, la fureur bouillant en son être.
« Je t'ai laissé une chance de devenir quelqu'un. Ou plutôt, de redevenir quelqu'un. Je t'ai laissé entrer à bord de mon vaisseau. Je t'ai offert une place parmi mon équipage. Une place importante. »
Elita-One s'arrêta.
Ils étaient au beau milieu d'une pièce sans fond, dans le noir. Vos se retourna vers elle. Il savait qu'il devait davantage prêter attention au danger qui risquait de survenir à tout moment.
Mais elle continuait d'avoir cet effet sur lui.
« Tu pouvais redevenir Cynicus ! »
Vos secoua la tête.
« Vos », se désigna-t-il.
Elita-One lui envoya son poing.
Vos fut momentanément sonné. Mais il endura. Elita-One en profita et lui agrippa le cou avant de le lancer à l'autre bout de la pièce sans fin.
« Cynicus te convenait mieux que Vos ! Au moins, tu étais un être Cybertronien. Pas un animal sans individualité. Mais tu as préféré suivre…Tarn plutôt que moi ! Un type qui porte un masque et qui n'est personne ! »
Désolé, Elita-One. Mais il était fidèle à son chef.
Vos posa son doigt sur sa bouche, l'avertissant qu'elle devait demeurer silencieuse.
« Ne me donne pas d'ordre ! »
Elita-One lui envoya son coup de pied.
Vos encaissa encore.
« Tu m'as menti…Tu n'as…Jamais cessé de me mentir ! »
Le fusil-sniper la fixa sans un mot.
Cela ne servait à rien qu'il se défende, qu'il l'accuse à son tour. Mais il n'en pensait pas moins. Elle aussi lui avait menti.
Elle avait menti sur ses sentiments, notamment…
Vos désigna Elita-One du doigt, avant de se désigner à son tour.
Puis, il passa un doigt sous sa propre gorge.
« …Oui, je t'aurais peut-être tué une fois que tu serais devenu inutile. Et alors ? La vie n'est pas juste. A Carcer, il n'y a pas de place pour les inutiles. » grogna Elita-One.
Il ignorait si elle était sincère ou non.
« Sois déjà chanceux de t'avoir fait l'honneur de devenir mon scientifique. Tu as arrêté d'être un animal fanatique pendant un cycle. Maintenant que j'y pense…Tu es celui qui a causé l'explosion, n'est-ce pas ? Dès le début, c'était toi. Et tu m'as laissée exécuter mes camarades et nourrir le Titan avec leurs cadavres. »
Vos ne chercha pas à le nier.
Il n'avait pas provoqué l'explosion mais il n'avait pas cherché à prévenir Elita-One non plus alors que son instinct lui disait de faire attention à ceux qu'il avait soupçonné.
Ce n'était sûrement pas la première fois que ce genre d'incident arrivait. Il en avait juste profité pour gagner sa confiance.
Comme à l'époque.
Il la désigna, puis mima un spark dans ses mains.
Puis il secoua l'index de droite à gauche et vice-versa.
« Toi non plus, tu ne m'aimes pas, scientifique. »
En effet.
« Et je pense que tu es incapable d'aimer quiconque. Même quand j'étais Eupa. Même quand tu étais Cynicus. »
N'importe qui d'autre aurait trouvé ces mots cruels. Mais Vos n'était pas n'importe qui d'autre. Il avait subi pire.
« …Ariel ? »
Elita-One s'était retournée.
Cette voix…N'importe qui sur Cybertron la reconnaîtrait.
Optimus Prime…
En temps normal, Vos aurait foncé sur le champ de bataille. Tuer le Prime aurait été un honneur pour n'importe qui portant l'insigne Decepticon.
Optimus Prime…L'Ultime ennemi. Ils espéraient tous qu'un jour, Megatron accorderait à la DJD l'honneur de tuer le Prime.
Même s'il s'agissait de celui que Megatron tuerait. Lui et personne d'autre.
Mais Vos ne pouvait pas se confronter au Prime. Pas ici. Tout de suite, il se dépêcha de s'éclipser dans un endroit où il était hors du champ visuel du Prime.
Le virus qui passait entre les mailles du filet…
Mais de là où il se cacha, il put observer la scène entière.
Elita-One releva la tête vers Optimus Prime…Encore Orion Pax, à l'époque. Et son expression haineuse et assoiffée d'energon laissa place à une mine décomposée.
« …Ne pars pas… »
Orion Pax prit les mains d'Elita-One…
Non. D'Ariel à l'époque…
Le spark de Vos se serra brièvement à la vue d'Elita-One avec un autre.
Non...Ce n'était pas de la jalousie. Plus un sentiment de possession. Cela fut bref, cela fut léger. Mais il repensa à la Cause et balaya cette émotion comme si elle n'avait jamais existé.
« Ne pars pas sans moi… »
Elita-One garda la bouche close, même si ses optiques laissaient entrevoir brièvement celle qu'elle était à l'époque.
Ariel…Pas Elita-One. Ariel. L'innocente et doucereuse compagne du dénommé Optimus Prime.
Et même Elita-One ne pouvait faire taire ses émotions.
« …Orion Pax. »
Sa voix se brisa.
Optimus s'en était déjà allé. Il l'avait quittée avant même qu'elle ne puisse lui dire au revoir à son tour, en bonne et due forme.
Vos attendit…Quand il sentit le danger passer, il risqua sa tête hors de sa cachette.
Elita-One garda les bras le long du corps, encore manifestement émue par ses retrouvailles avec celui qui avait été son Conjunx.
Une vulnérabilité…Une des très rares vulnérabilités d'Elita-One.
Ce n'était pas lui qui lui aurait suscité une telle émotion.
Cela ne fit qu'endurcir la détermination de Vos à achever sa mission.
« …Cela marche vraiment », prononça Elita-One, encore effondrée par la chaleur encore présente d'Optimus Prime sur son corps.
Elle observa autour d'elle et fixa un point au loin.
Une nouvelle porte dorée…
Vos vérifia d'un coup d'œil que personne d'autre n'apparaissait avant de se diriger à toute hâte vers ladite porte.
Néanmoins, il eut la politesse d'attendre Elita-One pour qu'elle le rejoigne.
« …Optimus Prime…Non. Orion Pax était une vulnérabilité. Et alors ? » cracha Elita-One, l'amertume et l'animosité remontant à la surface. « Tu crois en être une ? Toi ? Pour moi ? »
Vos ne répliqua rien.
« Et tu penses que mon processeur va te conduire à l'endroit où se cachent ces informations ? Les informations que tu recherches sur Overlord? » lui lança-t-elle, moqueuse et méprisante.
Il acquiesça.
Oui…Parce que cacher des informations constituait toujours une vulnérabilité.
Le visage d'Elita-One se fissura.
« Je t'en empêcherai. »
Il y comptait bien. Et il savait qu'elle n'avait pas dit son dernier mot. Néanmoins, elle patienta le temps que Vos compose la configuration.
« Soldats…Vous êtes les descendants de la Tribu de Liege Maximo. Vous l'avez aidé à prendre le pouvoir, le contrôle, à renverser les Treize… »
Dès qu'ils traversèrent la porte dorée, Vos et Elita-One étaient à bord de Carcer.
Une voix tonitruante envahit leurs audios. Et plus Elita-One l'écoutait, plus elle pâlissait.
C'était mauvais signe…Ou bon signe pour Vos. A voir selon l'interprétation.
« Cela a conduit au meurtre de Solus Prime de la main de Megatronus Prime. C'est un acte impardonnable…et vous êtes tous coupables de ce crime horrible. »
Elita-One se retourna lentement vers Vos, blême.
« Par conséquent, vous vivrez afin de vous racheter pour vos crimes…Vous enfermerez son précieux esclave Vigilem. Vous l'empêcherez de rejoindre et de libérer son maître Liege Maximo. Vous l'empêcherez de détruire Cybertron par tout moyen. »
Vigilem…
« Il en est de la volonté des Treize et du sort de l'univers tout entier. »
La Cause d'Elita-One…
Voici la fameuse Cause dont elle était si fière…
« …Carcher… »
Elita-One plissa les optiques. De plus en plus menaçante, elle poussa un grondement sourd.
Un sujet sensible pour elle…Mais Vos devait reconnaître qu'il ne s'attendait pas à une telle chose. Il savait que le vaisseau n'était pas constitué par Tempo, le Titan bienveillant porteur des plus grands philosophes comme il l'imaginait.
C'était une toute autre divinité qu'ils cachaient aux yeux de tous.
Et s'ils devaient l'empêcher de sortir pour détruire l'univers, Vos comprenait pourquoi la Cause promue par Elita-One était aussi importante et grande à ses yeux.
Pourquoi elle se vantait d'être le Commandant de Carcer…
Dans un autre contexte, cela aurait suscité l'admiration chez Vos. La fembot qu'il avait connue autrefois portait un lourd fardeau sur ses épaules. Il aurait été plus clément envers elle s'il l'avait su avant.
Mais hélas…Aussi menaçant Liege Maximo était-il, Megatron le vaincrait sans problème s'il en venait à détruire Cybertron.
Elita-One n'était pas la seule à porter un lourd fardeau.
Et il comprit que le souvenir qu'ils revivaient était le jour de l'ascension d'Elita-One.
Eupa était morte depuis longtemps…
« …Toi là ! »
Vos fut sorti de sa torpeur.
« Tue-le ! »
Mal lui en prit. Car ce fut trop tard…le garde qu'Elita-One appela les avait déjà remarqués.
Il l'avait déjà remarqué…
Le garde le repéra et le pire scénario que Vos avait envisagé était en train de se produire.
Tout de suite, ce dernier fonça dans sa direction, sa hache à la main.
L'antivirus était enclenché…
Il allait le supprimer…il allait le supprimer et l'effacer du système d'Elita-One comme s'il n'avait jamais existé.
Vos repensa à sa première utilisation du récipient psychologique. Mais cette fois-ci, il ne s'agissait pas de ses souvenirs.
Le garde se rapprochait de plus en plus, la lueur meurtrière dans ses optiques.
Ici, il était un virus. Il serait traité en tant que tel.
Malgré cela, Vos se plaça en position défensive.
Il croisa le sourire en coin d'Elita-One qui se refléta dans ses optiques.
Toujours se battre…
Vos esquiva le garde et l'agrippa par l'épaule pour la lui déboiter d'un geste sec. Le robot hurla de douleur mais ne s'arrêta pas. Tout de suite, le fusil-sniper se baissa pour esquiver un coup de hache.
Vos ne pensa plus et éteignit le bouton qui le faisait réfléchir.
Il courut vers lui, évitant la lame de la hache qui frôla son châssis, laissant un filet d'energon rose couler de sa blessure.
Une nouvelle blessure à son réveil…
Vos prit son élan et lui envoya un coup de boule en plein visage, faisant reculer le garde. Malgré son épaule lésée, il était encore résistant.
Elita-One les observait du coin de l'œil, une lueur macabre sur son visage.
Un désir de le voir mourir…
Vos étendit les bras et usa de tout le poids de son corps pour précipiter le garde malheureux par terre.
Même les virus pouvaient être résistants…
Vos lui envoya un coup de poing. Le garde voulut utiliser sa hache pour lui trancher les câbles. Vos lui attrapa le poignet en plein vol et lui écarta la hache loin de son visage afin de plonger ses doigts dans les optiques du garde.
Le garde hurla.
Il était aveugle…Vos en profita et lui arracha la hache des mains avant de la lever au-dessus de sa tête.
D'un coup sec, il fit taire son agresseur.
Mais malgré le bref soulagement qui le traversa, Vos savait qu'il était loin d'être sorti d'affaire. Les hurlements, les appels d'Elita-One avaient appelé d'autres gardes.
Et ses peurs furent avérées quand il aperçut les ombres de la cavalerie se refléter sur les murs métalliques.
Elita-One se mit à rire.
« De ce que j'ai compris…tant que ce n'est pas un souvenir dangereux, je suis relativement épargnée, n'est-ce pas ? Parce que ce sont mes souvenirs. Mais toi qui es extérieur à tout cela…tu es considéré comme un virus, un intrus par le système du récipient psychologique. Tu risques de te faire attaquer à chaque nouveau souvenir que tu traverseras. Par tout. »
Oui…Même si elle rirait moins à son réveil quand ses souvenirs seraient tellement brouillés et qu'elle ne connaîtrait pas la différence entre ses vrais souvenirs et leur visite au sein du récipient psychologique.
Vos se plaça en garde, prêt à bondir.
Mais il réalisa quelque chose. Quand l'idée lui traversa l'esprit, ses optiques se plissèrent d'amusement.
« Quoi ? »
Elle était moins intelligente qu'elle ne l'imaginait…Tarn avait raison.
« Pourquoi tu sembles si…enjoué ? »
Vos se retourna vers elle.
Il lui mima l'apparence d'une porte pour lui désigner la porte dorée.
« Et alors ? Je n'aurais qu'à attendre que mon système redémarre, non ? Je peux attendre de me réveiller. »
Vos ne changea pas d'expression.
Le sourire d'Elita-One disparut.
« Comment ça ? C'est ce que tu sous-entendais avant d'entrer dans le récipient psychologique ! »
Oui. Mais maintenant, ils étaient dans le subconscient. Ils étaient à l'intérieur du récipient. Comme une prison.
Et à moins de connaître la configuration, même si le système d'Elita-One redémarrait, il y avait peu de chance qu'elle se réveille. Elle serait coincée dans le récipient, dans son souvenir, sans possibilité d'en sortir.
Sa seule chance aurait été de rester dehors. Peut-être que si Vos y était allé seul, si Elita-One se serait réveillée avant lui, elle aurait peut-être pu l'abattre. Alors qu'il était encore inconscient.
Mais la possibilité qu'il modifie ses souvenirs avait été trop douloureuse à juste titre.
« …Non…tu joues avec moi ? »
Vos était prêt à mourir pour la Cause.
Mais…Cela ne paraissait pas être le cas d'Elita-One.
Et comme il n'y avait que lui qui connaissait la configuration…
« Je suis sûre que c'est un mensonge. »
Mais les cris de la cavalerie l'empêchèrent d'aller plus loin.
Les optiques d'Elita-One s'écarquillèrent…Vos se délecta de son changement d'attitude, encore plus quand il lut la réalisation la frapper au visage.
Elle ne sortirait pas d'ici seule et elle le savait.
Vos lui tendit la main, lui proposant une aide.
Comme à l'époque…
« …Tu es un monstre. »
Il le savait.
Ni une ni deux, Vos n'attendit pas de signal.
Il sauta en l'air et se transforma en son mode.
« …j'espère que tu seras tout aussi performant. »
Elita-One ne le faisait pas par gaieté de spark. Il le savait mais il s'en moquait.
Vos atterrit dans les bras d'Elita-One. Le Commandant le récupéra et le pointa dans la direction des premiers arrivants qui apparurent au loin, armés et prêts à les décimer.
Sans aucune autre hésitation, elle tira.
« …C'est la dernière fois. »
Au moins, elle avait retenu la leçon. Si elle voulait quitter le récipient psychologique et se réveiller un jour, il fallait qu'elle garde Vos en vie.
A contrecœur, elle conduisit Vos à la porte dorée où les souvenirs l'appelèrent. Vos composa la configuration et sentit le regard froid d'Elita-One dans son dos.
Il se demanda si elle ne scrutait pas ses mouvements afin de se réciter la configuration et pouvoir la reproduire par la suite, laissant Vos en pâture au système du récipient psychologique qui l'éliminerait, tel le virus qu'il était.
Mais Vos avait confiance…la configuration était trop complexe. Elita-One n'était pas scientifique et elle ne se permettrait pas la moindre erreur sur un sujet qu'elle connaissait mal.
La porte dorée s'ouvrit et ils franchirent cette dernière, ensemble.
Ils gardèrent le silence et entrèrent dans un environnement familier.
Vos s'y était déjà rendu…avec son équipe…
A Elba…
Garrus-9…
Ils avaient cru avoir repéré la signature énergétique d'Overlord. Mais à la place, ils n'avaient retrouvé que son optique dans le sol.
Et ils y avaient lu l'inscription menant à Memory Mansion.
Trouvez le cœur de vos souvenirs les plus importants au lieu : Memory Mansion.
« …Tu ferais mieux de te cacher » lui conseilla brièvement Elita-One.
Vos ne se le fit pas dire deux fois.
Derrière un amas de pierre et de débris métalliques provenant des restes de la tristement célèbre prison Decepticon qui s'était effondrée bien après la chute d'Overlord, Vos se cacha dans la terre. La vision même de ce lieu lui fit remonter les histoires que racontait Tarn qui dataient de l'époque où Vos n'était pas encore rentré dans la DJD : bien après avoir désobéi à Megatron pour avoir refusé d'être Phase-Sixer et longtemps après avoir massacré le Tribunal Decepticon du Haut Juge, Overlord avait pris assaut sur la prison afin de libérer les Decepticons emprisonnés et en devenir le maître, l'aviateur étant suffisamment puissant pour un tel exploit. Au lieu de la rendre à Megatron qui en était le légitime propriétaire et espérer une chance d'être pardonné par ce dernier, Overlord l'avait assiégée et en avait fait sa demeure.
Garrus-9 avait été inaccessible durant si longtemps…Mais l'ancienne DJD avait pu atterrir. Une fois. Une seule fois. Même s'ils n'y étaient pas restés longtemps, tout le monde avait été surpris qu'ils aient pu s'enfuir vivants. Mais ils étaient la DJD. Un Phase-Sixer n'était rien contre eux.
Surtout qu'ils avaient su trouver la trace de Shockwave par la suite, à ce moment-là numéro 1 de la Liste…
Vos sentait qu'ils étaient proches du but. Il espérait bien qu'il n'y avait pas d'autres vulnérabilités…qu'il s'agisse du souvenir qu'il recherchait…
Peut-être saurait-il aussi pourquoi Elita-One avait été si bornée à ne pas leur révéler ces informations…alors que si elle l'avait fait, ils auraient évité cette situation depuis longtemps.
« …Commandant ? »
Elita-One se retourna. Silencieusement, Vos observa.
Obsidian. Le Second de Celle qui avait été Choisie.
« Il n'y aura pas d'energon ici…Tout est désert. »
Elita-One fronça les sourcils. Même à cette distance, Vos la sentit se tendre.
Intéressant…
« …Nous avons seulement trouvé ceci. »
Obsidian lui tendit quelque chose. Discrètement, Vos se rapprocha pour discerner ce que c'était.
La sphère…le récipient psychologique. C'était ici qu'ils l'avaient déniché.
« …De quoi s'agit-il ? »
Obsidian y jeta un coup d'œil.
- Je l'ignore.
Elita-One voulut dire quelque chose…
Probablement la même chose que dans ses souvenirs…
Mais elle se ravisa. Néanmoins, Obsidian parla à sa place.
- Nos hommes ont trouvé des personnes dans les environs. On suppose qu'il s'agit des nouveaux gardiens de l'ancienne prison de Garrus-9.
A nouveau, Elita-One se raidit.
Vos demeura attentif même si Elita-One gardait le silence. Obsidian s'éloigna et par réflexe, Vos s'enfonça dans la terre rouge pour passer inaperçu.
- …Il faut nous rendre à la porte dorée, l'appela Elita-One, la voix tremblante. Maintenant.
Mais Vos ne sortit pas de sa cachette.
Il se doutait déjà de ce qu'elle comptait faire. Elle voulait éviter ce souvenir. Par tout moyen.
Enfin…Il avait trouvé sa vulnérabilité…
Il refusait catégoriquement de faire machine arrière.
Obsidian revint bien plus tard, accompagné par trois robots, dont un que tout le monde connaissait, autant chez les Autobots que les Decepticons.
Prowl.
- …Que faites-vous ici ? Qui êtes-vous ?
Quand bien même elle résistait et elle ne souhaitait pas que Vos voie la suite, Elita-One parlait d'elle-même.
- Elita-One vous a posé une question, les informa sévèrement Obsidian, la main oscillant sur son arme.
Prowl garda le silence.
Ce type était méprisant, arrogant…tout le monde le savait.
- Nous ne voulons aucun mal, finit-il par déclarer.
- Vraiment ? grogna Obsidian quand bien même Elita-One gardait le silence.
- Nous ne sommes pas ennemis.
- C'est au Commandant d'en décider.
Elita-One détourna le regard.
Mais le souvenir se poursuivit malgré tout.
- Nous ne sommes pas amis non plus.
Obsidian posa la question à Prowl : pourquoi être ici alors que Garrus-9 était tombée ?
On recherche des restes. Des cadavres, lui répondit Prowl. Des survivants. Nos camarades tombés.
Vos fut certain d'avoir marché sur une main en s'enfonçant dans la terre.
- Nous n'apprécions pas grandement les Autobots. Ils sont autant responsables de la guerre que les Decepticons, grinça Obsidian. Et vous prenez l'energon restant alors que notre colonie est susceptible de mourir de faim…
Ils étaient aussi égoïstes que les autres factions, commenta intérieurement Vos.
- Vous auriez préféré tomber sur Overlord ?
Elita-One se couvrit la bouche.
La peur…Vos la sentit s'accentuer dans son être.
De toute manière, cela ne changerait rien. Le souvenir se poursuivrait quand même. Si Elita-One ne récitait pas ses répliques, Obsidian le ferait à sa place.
- Quoi ? Overlord ? Le Phase-Sixer de Megatron ?
- Il ne s'agit pas d'un Phase-Sixer. Que de nom, du moins.
Tarn le considérait malgré tout comme un « Phase-Sixer ».
La parole d'Overlord ne valait pas celle de Megatron.
- Sans nous, votre colonie aurait été massacrée. Sans l'intervention des Wreckers, Overlord règnerait encore ici en maître. Il vous aurait emprisonnés dans l'arène et vous aurait regardé vous battre à mort. Puis ensuite, si vous lui avez offert un bon spectacle, il vous aurait laissé le choix d'être libre : en vous suicidant ou en combattant Overlord directement, déclara Prowl, placide, comme s'il contait une histoire qu'il n'avait jamais vécu. Je doute qu'aucun de vous n'aurait été assez puissant pour l'affronter.
- Elita-One est le Commandant. Vous osez l'insulter ?
- Commandant ou non, Overlord l'aurait tuée quand même. Et dans d'atroces souffrances.
Vos devina la suite.
Elita-One avait demandé si Overlord était mort.
Prowl avait répondu que non. Qu'il était seulement arrêté. Qu'il serait jugé et condamné à la peine de mort.
Elita-One avait compris qu'il mentait.
- Aucun mensonge n'est toléré à Carcer ! gronda Obsidian.
- Nous ne sommes pas à Carcer.
- Vous êtes en sous-nombre. Je vous suggère de dire la vérité si vous ne souhaitez pas que Garrus-9 soit vulnérable à de potentielles nouvelles attaques, Autobots ou Decepticons.
Prowl avait résisté.
Et Elita-One…avait demandé à ce qu'un de ses mechs soit abattu. Ce qui se produisit.
- C'est pour votre mensonge. Un nouveau robot sera abattu à chaque nouveau mensonge.
- Efficacité, sécurité et vérité. Nous n'aimons pas les menteurs. Les menteurs sont une menace pour notre cause, répondit Elita-One à contrecœur.
- En quoi sommes-nous une menace pour votre Cause ? Nous sommes juste les gardiens de Garrus-9.
- Les étrangers n'ont pas bonne presse chez nous.
Vos tendit l'audio.
Il dirait quelque chose…Il en était sûr.
- Vous n'allez pas tuer Overlord, conclut Obsidian. Pourquoi ?
- …Donnez-moi votre parole que vous ne direz rien à personne. Votre colonie a une culture très proche de celle de Hydrus 3. On sait que c'est important pour vous. Dans votre colonie. Donner sa parole.
Elita-One avait gémi d'impuissance.
Parfait, pensa Vos.
- Je donne ma parole, lui répondit Obsidian, récitant les mots d'Elita-One à sa place. Même si la fin du monde arrivait et nous décimait tous, je tiendrais ma promesse.
Révèle-moi tes secrets.
- …Nous allons étudier Overlord.
Prowl avait presqu'énoncé cela dans un chuchotement.
- Peut-être qu'en l'étudiant, nous pourrions mettre en œuvre l'équivalent Autobot d'un Phase-Sixer Decepticon.
- Un Phase-Sixer Autobot ?
- Qui servirait à la Cause Autobot.
Elita-One se couvrait le visage, maintenant.
Elle en avait honte.
- Et où se trouve Overlord, à l'heure actuelle ?
- Votre parole vaut également pour cette prochaine information ? Dites-nous que vous nous laisserez partir ensuite.
Obsidian acquiesça.
- Cela dépendra de ce que nous entendrons.
Un silence tomba.
Puis, Prowl lâcha la précieuse information :
- …Il sera sûrement à bord d'un vaisseau.
- Sûrement. Vous n'en êtes pas sûr.
- Je dois encore convaincre le capitaine de le laisser monter à bord. Il y a peu de chance que cela aboutisse car un incident est si vite arrivé si quelqu'un connait sa position…
- Mais vous persisterez, commenta Obsidian.
Il marqua un temps.
- Comment s'appellerait ce vaisseau ?
- Ce n'est pas encore confirmé.
- Dites-le-nous quand même…donnez-nous l'energon qui vous reste et nous vous laisserons partir.
- Dites-moi seulement que vous ne libérez pas Overlord.
Obsidian grimaça.
- Pourquoi le libérerions-nous ? Nous avons donné notre parole. Rien n'arrivera. On désire seulement de l'energon et la garantie que vous valez mieux que l'ancien prédécesseur de ces lieux.
- Nous ne sommes pas une menace.
- Nous ne pouvons jamais le savoir.
Prowl ferma les optiques, réticent à leur délivrer le nom du vaisseau.
Il demanda à son camarade encore debout d'aller chercher l'energon.
- Le nom du vaisseau ? Insista Obsidian.
Résigné, Prowl obtempéra.
Le nom sonna comme une jolie musique aux audios de Vos.
- La Lost Light.
Au loin, Elita-One s'effondra.
Par fierté, Elita-One avait condamné Overlord…
Pas seulement lui mais tout un vaisseau. La Lost Light.
La DJD en avait entendu parler. Mais ils ne s'étaient pas intéressés de près ou de loin à la Quête des Chevaliers de Cybertron qui avait envahi les écrans il y a quelques années.
Il n'y avait aucune cible à bord de cet équipage…ou alors, ils n'avaient pas encore atteint son nom.
Mais à présent…Il avait une idée d'où se trouvait Overlord.
Un nom…
La Lost Light…
« …Il faut qu'on se rende à la porte dorée. »
Elita-One la désigna du doigt.
Elle brillait dans le ciel rouge et noir de cendres de Garrus-9, une lueur parmi les décombres.
Vos acquiesça. Maintenant qu'il avait obtenu les informations qu'il souhaitait, il n'avait plus aucune raison de perdre son temps ici.
« Prowl mentait. J'en suis sûre. »
Elle tentait encore de se justifier…
Vos tourna lentement la tête vers elle.
« …Ne me regarde pas comme ça. »
Elita-One adorait mépriser les autres, les contempler de haut…
Mais ironiquement, elle n'aimait pas recevoir le mépris d'un autre. Même d'un membre de la DJD, considéré comme un animal sadique par le reste de la galaxie.
Vos savait pourquoi elle avait menti. Pourquoi elle avait caché ces informations si précieuses.
Pas seulement parce qu'elle avait une promesse à tenir…pas seulement parce qu'elle avait donné sa parole…
Mais parce que, quelque part, elle avait souhaité dans un sens protéger ceux à bord du Lost Light. Parce que si la DJD venait à bord de leur vaisseau pour rayer le nom d'Overlord de la Liste, les membres d'équipage ne seraient que des obstacles à anéantir.
Peut-être était-ce lié au fait que chacun recherchait le salut dans cette Quête…Le salut du Peuple Cybertronien. Y compris la colonie d'Elita-One. Y compris Carcer.
Ou peut-être était-ce une raison plus personnelle…Plus égoïste.
Les membres d'équipage…étaient liés à Optimus Prime.
Elle avait voulu les préserver. Pour lui.
Malheureusement, son ego avait supplanté cette belle intention.
A nouveau, Vos pointa Elita-One du doigt.
Il mima le spark dans ses mains…suivi du geste « non ».
« …C'est bien. Tu es intelligent, scientifique. »
Elita-One ne l'avait jamais aimé.
Mais elle avait pensé le faire tomber amoureux d'elle pour qu'il quitte la DJD et travaille à son service. Ses intentions avaient été les mêmes : utiliser le récipient psychologique et ses fonctions, probablement pour découvrir les vulnérabilités de Liege Maximo et ainsi, sauvegarder Cybertron de la meilleure manière.
Elle avait cru que ses sentiments pour elle auraient été suffisamment forts pour mettre ses talents à profit.
Ensuite…Elle se serait débarrassée de lui.
« Wear my face. »
Efficacité, sécurité et vérité.
« …Ne me juge pas, Vos. »
Loin de là son idée.
De toute façon, elle avait perdu. Sa fierté aura été son échec.
Une leçon qu'elle saura retenir…
Vos ne lui accordait plus aucune attention. Il tendit le bras pour composer le code et ouvrir la porte dorée.
« Vous avez eu ce que vous voulez. Vous tuerez Overlord dans un combat à mort…comme vous le désiriez. »
Vos ne répondit pas.
« …De toute façon, qu'il s'agisse de vous ou d'Overlord…Vous êtes pitoyables. Les uns comme les autres. »
Vos se retourna vers elle, silencieux.
« Une seule chose que je regrette…c'est que Liege Maximo ne soit pas libre pour vous décimer tous. »
Cela aussi, cela avait fait partie de son plan…
Être celle qui avait mis la DJD à genoux…qui avait su mettre dans sa poche un membre de la DJD…
Encore une fois, tout n'était qu'une question d'ego.
La porte dorée s'ouvrit.
Vos était sur le point de quitter le souvenir pour passer au suivant.
Néanmoins il s'arrêta. Il s'arrêta un temps pour contempler ce qu'il y avait de l'autre côté.
Un espace vide...le même qu'à leur arrivée, avant leur entrée dans le récipient.
Comme la première fois...Il s'était échappé, il avait ré-atterri dans ce même décor...et il s'était réveillé.
Cela ne voulait dire qu'une chose.
Cela signifiait qu'ils arrivaient à la fin du parcours psychologique. Ils avaient décélé toutes les vulnérabilités d'Elita-One.
Cela avait été rapide...plus rapide qu'il ne l'avait envisagé.
Il s'aperçut qu'Elita-One le suivait.
Vos attendit…attendit qu'elle passe la jambe dans l'entrebâillement de la porte dorée.
Le fusil-sniper leva la main…
Et la plaqua sur le châssis de Celle qui avait été choisie pour la repousser violemment en arrière.
Elita-One s'effondra au sol.
« Vos ! »
Tout de suite, il agrippa la porte dorée d'une main.
« Vos ! Tu n'as pas intérêt ! »
Elle s'était empressée de se relever, de foncer vers la porte pour l'atteindre avant qu'elle ne se referme complètement.
« Vos ! »
Vos ne l'écouta pas. Elle força la porte à rester ouverte, essayant de placer une jambe, un bras, pour empêcher sa complète fermeture.
Son visage se déforma sous la terreur. Cela n'atteignit pas le fusil-sniper. Cela avait cessé de l'atteindre.
Il lui adressa un regard dédaigneux.
Il avait bien plus de force qu'elle.
Violemment, il referma la porte sur son bras et elle hurla de douleur.
Ils n'étaient pas dans un rêve.
Ils étaient dans sa tête.
Et elle serait toujours enfermée dans sa tête.
« Cynicus ! Je t'en prie ! »
Pendant un bref instant, le nom de Cynicus résonna en Vos comme un refuge.
Un dernier souvenir…un dernier fragment de lui et Eupa, comme autrefois…
Mais Vos n'était pas Cynicus.
Et Elita-One n'était pas Eupa.
Il n'avait plus besoin d'elle.
Elle resterait enfermée ici, peu importe qu'elle porte sa propre Cause ou non.
Cela n'importait plus au fusil-sniper. Elle était simplement morte pour lui.
Vos la repoussa encore. Plus doucement, cette fois.
La porte dorée se referma lentement entre eux dans un claquement sec qui résonna dans leurs audios.
L'expression de haine et de terreur d'Elita-One constitua la dernière image qu'il eut d'elle.
Vos ouvrit les optiques avec difficultés. Au-dessus de lui, le plafond de sa chambre…
Non. De sa cellule. Sa cellule, puisqu'Elita-One ne l'avait jamais considéré comme autre chose qu'un prisonnier.
Cela avait marché…Doucement, Vos se toucha, se palpa. Il ne ressentait rien de différent, au contraire de la première fois.
Mais la première fois avant concerné ses propres souvenirs. Ce n'était pas le cas de sa deuxième visite.
Le virus avait su passer outre le système protecteur du récipient psychologique.
Et Overlord était…
Vos réprima un geste de victoire.
Le plus jouissif était qu'il se souvenait qu'il avait enfin obtenu les informations qu'ils recherchaient sur la position d'Overlord.
Le Phase-Sixer était enfin à leur merci.
Depuis le début, depuis le début il avait su que le récipient psychologique constituerait une clef du puzzle.
A côté de lui, le corps inerte d'Elita-One.
Elle était encore vivante…mais elle ne se réveillait pas. Elle ne se réveillerait pas. Elle était à présent coincée dans sa propre tête. A l'heure actuelle, elle était chanceuse d'être encore inconsciente.
Celui qui avait créé cette machine était un génie…
Un génie de l'enfer. Aucun doute.
Vos la considéra longuement.
Un livre qu'il avait lu portait sur les rares récipients psychologiques découverts et étudiés par les scientifiques. Ils avaient cité les conséquences d'une visite au sein d'un récipient psychologique. Certaines beaucoup plus graves que d'autres. Notamment si la personne revivait un souvenir douloureux qui avait failli lui coûter sa vie et qui mourrait dans sa tête.
Son corps vivait encore. Mais la personne était morte à l'intérieur.
Et ne pouvait agir. Ne pouvait même pas parler, s'exprimer, communiquer, marcher, bouger…
Comme une coquille vide.
Et c'était ce qu'il avait voulu éviter. Vos se demanda s'il ne devait pas simplement mettre fin à ses souffrances.
Tarn considérerait qu'il s'agit d'un acte clément.
La tuer…et emporter avec lui le récipient psychologique. Cela serait une bonne idée de continuer de l'étudier. Peut-être pourraient-ils l'utiliser, à la DJD, afin de découvrir des informations éventuelles sur Megatron ou sur d'éventuelles cibles à abattre.
Mais si le récipient et Elita-One perdaient la simple connexion qu'ils possédaient…cette dernière serait susceptible d'être perdue pour de bon.
Vos hésita.
Il passa son regard d'Elita-One au récipient.
Il repensa à Overlord. Il repensa à la DJD.
Au final, il marcha droit vers elle et lui prit des mains le récipient. Elita-One demeura immobile au sol, inconsciente.
Elle continuait de rêver…Et elle serait bientôt perdue dans son rêve.
Il y avait pire comme manière de mourir.
Tu es plein de surprises, Cynicus.
Vos plissa les optiques à son souvenir. Il le chassa de son processeur et se dirigea lentement vers la porte, prêt à la déverrouiller.
Bientôt, il serait à bord du Peaceful Tyranny.
Tout cela…tout cela n'avait jamais existé. Son temps à Elita-One…comme si cela n'avait jamais existé.
Il composa le code.
Comme il s'y attendait, quelqu'un se tenait derrière la porte.
Le récipient dans les bras, Vos s'immobilisa.
« …Wear my face. »
Obsidian. Son arme pointée sur lui.
- …Tu crois que je vais t'en laisser t'en tirer comme cela ? gronda-t-il, menaçant. Réduire à néant tous nos efforts…tous les efforts qu'on a fournis pour se racheter ?
Cela ne le concernait pas.
Lui aussi avait fournis des efforts considérables pour retrouver Overlord…Au point de rester ici…en ces lieux…dans cette prison.
- Je savais très bien que dès le début, on ne pourrait pas te faire confiance. Un membre de la DJD…ils sont incapables de changer. Pour le peu que cela vous intéresse…Vous êtes dans votre hystérie collective et vous détruisez tout sur votre passage.
Le fusil-sniper le laissa poursuivre.
- Mais Carcer…il est hors de question que Carcer se soumette à vos caprices. Que Carcer vous laisse prendre notre Commandant. Que la Prison tombe à cause de vous. Elita-One…Sans elle, Carcer tombera à coup sûr.
Carcer finirait par tomber un jour à l'autre, de toute manière.
Vos lui fit signe qu'il ne l'attaquerait pas. Il n'aurait qu'à le laisser partir avec le récipient, avec les informations.
La DJD partirait.
Ils remplaceraient le Commandant par un autre…même si aucun ne serait sûrement à la hauteur d'Elita-One, c'était ce qu'elle souhaiterait.
Ils les laisseraient mener leur Cause au lieu de faire exploser Carcer, de réveiller le Titan qu'ils redoutaient tous tant.
Autant éviter de verser davantage l'energon, surtout quand ce n'était pas la peine.
Vos attendit. L'arme d'Obsidian demeura braquée sur sa tête.
Il ne risquerait pas tout…pas pour une vengeance.
Le temps passa lentement. Trop lentement. Cela fut presqu'insoutenable.
Obsidian abaissa son arme. Vos hocha la tête et finit par passer devant lui, portant à bout de bras le récipient.
Il était temps de rentrer chez lui. De rentrer à la maison.
D'une main libre, il était sur le point d'établir la communication pour entrer en contact avec Tarn. Pour lui donner ces informations.
« …Je ne crois pas. »
Vos n'eut pas le temps de se retourner.
Obsidian lui tira dans le dos, le laser traversant son châssis, atteignant le spark.
