Bonjour à tous !

Je vous souhaite tout d'abord une excellente nouvelle année, en espérant que celle-ci soit plus douce que la précédente. Et pour ce jour de fête, je vous partage un chapitre que j'affectionne tout particulièrement, en grande partie écrit grâce à Syndranys qui, je crois qu'on peut le dire, à été ma rencontre de 2020.

J'ose espérer qu'il vous plaira. Comme toujours n'hésitez pas à nous dire ce que vous en avez pensé.

En attendant je vous remercie tous de me lire, et je vous souhaite le meilleur.

On se dit à vendredi prochain pour un nouveau chapitre, et surtout, prenez soin de vous !

Je vous embrasse,

Tendrement,

Lou De Peyrac.

Chapitre 38:

- Il n'y rien avec Esméralda… souffla Mak en laissant sa tête tomber en arrière, contre l'épaule d'une Elsa qui endossait comme personne le rôle de son meilleur garde du corps.

Elles n'avaient bougé ni l'une ni l'autre depuis que la crise s'était atténuée. Les bras de l'enseignante entouraient le petit corps encore tremblant et Mak pouvait sentir contre son dos la poitrine de son professeur se soulever lentement, si bien qu'elle essayait de caler sa respiration sur la sienne. Par chance, la route était déserte et faiblement éclairée par un lampadaire vieillissant.

- Qu'est-ce que tu veux dire ? Demanda Elsa à l'oreille de l'adolescente, une adolescente qui n'avait pas encore totalement repris le contrôle d'elle-même.

- Je ne veux pas que tu penses qu'il y a quelque chose entre Esméralda et moi, précisa Mak en se souvenant qu'Elsa l'avait vu partager une danse avec la parisienne. Je te jure qu'il n'y a rien, assura-t-elle en fermant les yeux alors que sa tête tournait encore un peu.

- Je sais, tu n'as pas à te justifier, répondit Elsa en passant une main dans les cheveux bleus.

- Tu m'en veux ? Demanda Mak alors qu'Elsa sentait son corps se détendre contre le sien.

Elsa réfléchit une seconde, puis haussa les épaules et répondit :

- D'avoir dansé avec Esméralda ? Non. D'avoir pris cette saloperie ? Oui, je t'en veux.

L'enseignante sentit les épaules de Mak s'affaisser alors qu'elle grimaçait. Mais elle ne s'en voulait pas. La peur, lorsqu'elle avait retrouvé Mak quasi inconsciente, s'était muée en déception et en colère. Deux sentiments destructeurs, Elsa le savait, qui pouvaient lui faire dire et faire des choses qu'elle ne voulait pas. Elle devait se montrer prudente avec la jeune fille, au risque de la voir replonger dans une nouvelle crise d'angoisse.

- Elsa c'est juste que…

- Non, tu n'as aucune excuse, coupa Elsa d'une voix froide qui dénotait avec la douce étreinte qu'elle lui offrait. C'était stupide et inconscient, ajouta l'enseignante en déposant pourtant un baiser sur la tête bleue.

- Je suis désolée… s'excusa Mak en sachant que rien ne pouvait rattraper son comportement de ce soir.

Un silence passa dans cette rue alors qu'elles restaient ainsi assises sur le bitume, la lueur jaunâtre et blafarde du lampadaire faisant apparaître les deux femmes comme deux ombres entrelacées.

- Tu m'as fait peur ce soir… avoua Elsa après quelques secondes alors que sa voix manquait de peu de se briser. Elle s'était tellement inquiétée, Mak en avait-elle seulement conscience ? Ne refais plus jamais ça, supplia presque l'enseignante.

- D'accord… souffla Mak, ouvrant quelque peu les yeux, les épinglant au ciel nocturne où, malgré la lumière, elle distinguait quelques étoiles.

- Je suis sérieuse, Lichtenstenner, reprit Elsa en gardant pourtant une voix calme mais moralisatrice. Je sais que tu flirtes avec la drogue et d'ordinaire, je m'en fiche, mais là, tu te rends compte que c'était complètement idiot, n'est-ce pas ?

- Oui, je m'en rends compte, Elsa… répondit l'adolescente tout aussi calmement alors qu'un peu de rêve illégal parcourait encore ses yeux.

Elsa avait l'impression en l'observant qu'on avait administré des tranquillisants à un chat sauvage qui se révélait à présent étrangement docile.

- Tu t'en rends compte, et pourtant tu continues à te flinguer la santé ? Demanda Elsa sans attendre de réponse. Je ne serais pas toujours là pour rattraper tes bêtises.

Tu me parles comme si j'avais 4 ans… pensa Mak en retenant, non sans difficulté, un sourire.

- Je sais Elsa, et je te promets que je ne recommencerai plus, répondit-elle, consciente que son professeur avait raison sur toute la ligne.

- Hm… grogna l'enseignante, peu convaincue, encore quelques reproches dans la voix.

Sans décrocher son regard du ciel, Mak leva doucement une main et vint la perdre dans les cheveux blonds. Elsa fut surprise par le geste, et faillit se dérober, mais le ton de la jeune fille la poussa à ne pas bouger et accepter la caresse.

- Ne sois pas fâchée, s'il te plait… murmura l'adolescente. Tu m'as manqué.

Elsa, même si elle essayait de lui en vouloir, se laissa avoir par le contact et soupira en posant son menton sur l'épaule de la jeune fille, se dopant à son parfum, appréciant ses caresses. Elle se rendit compte que, si Mak n'était plus sauvage, elle non plus n'était pas parvenue à le rester. Et pourtant, la jeune fille aux cheveux bleus le méritait amplement.

- Tu m'as manqué aussi… répondit enfin l'enseignante en battant en retraite. On rentre ? Demanda-t-elle.

On rentre ? On rentre où ? Se demanda Mak.

Et comme si Elsa avait lu dans ses pensées, elle précisa :

- Enfin, je peux aussi te ramener chez toi si tu préfères.

Quoi … ? Non !

- Je veux seulement être avec toi, répondit Mak, jurant que cette information était bien la seule que son cerveau était capable de traiter.

Elsa sourit en embrassant sa tempe et desserra l'étreinte. Elle se redressa et fit le tour du petit corps, venant s'agenouiller en face de la jeune fille. Elle scanna de nouveau son visage et remarqua qu'il avait repris quelques couleurs. Les spasmes de son corps s'étaient calmés et seuls quelques tremblements persistaient, elle fut cependant rassurée de constater que sa respiration était à présent régulière. Elle rangea rapidement le précieux carnet de Mak dans son sac et le jeta dans la voiture, ses prunelles océans déjà de retour sur la frêle silhouette de son ex-petite amie.

- Tu peux te lever ? Demanda l'enseignante en caressant sa joue alors que l'adolescente hochait faiblement la tête, littéralement épuisée.

Elsa lui offrit tout de même son bras et resta vigilante alors que Mak reprenait place dans la voiture. L'enseignante claqua la porte derrière elle, et reprit le volant, ne rêvant que de la tranquillité de son appartement, refusant de penser au reste. Ou à ce qu'elle allait faire.

Elles arrivèrent quinze minutes plus tard. Elsa avait gardé un œil protecteur sur son élève tout au long du trajet. Mak, quant à elle, avait ouvert sa fenêtre, y avait passé un bras, et avait fermé les yeux en profitant du vent chaud qui mourrait sur son visage. Ce soir-là, ça sentait l'été alors que l'adolescente reprenait doucement possession de ses sens. Il était environ 22h et la nuit était sombre malgré la multitude d'étoiles qui brillaient dans le ciel.

Après avoir démarré, par habitude, Elsa avait tendu son téléphone à la jeune fille, lui intimant de choisir ce qu'elles écouteraient. L'enseignante s'était dit que c'était un bon moyen d'occuper son esprit encore un peu pollué par l'ecstasy.

Mak s'était alors autorisée à écouter ce qu'elle se refusait depuis qu'Elsa avait rompu. Ainsi, elle avait eu la joie de redécouvrir Fauve, Edith Piaf, Ibrahim Maalouf en passant bien évidemment par Gary Jules qui, au fond, ne les avait jamais vraiment quittés.

Et le cœur de l'adolescente avait cru exploser quand, sur cette chanson en particulier, elle avait senti la main d'Elsa se poser sur sa cuisse, la serrant doucement. Ainsi, silencieusement et dans la pénombre de l'habitacle, elles avaient partagé un regard, puis un sourire. Le destin n'était peut-être pas tant un enfoiré que ça, car, malgré le bordel de cette soirée, il leur permettait de partager cette chanson.

Elsa coupa le contact et sortit silencieusement de sa voiture qu'elle contourna pour venir ouvrir la portière côté passager alors que Mak n'avait même pas eu le temps de faire un geste.

- Je vais mieux, cesse de t'inquiéter comme ça, sourit l'adolescente en descendant prudemment du véhicule, son regard fixé sur ses pieds.

Elsa leva un sourcil, puis haussa des épaules et tendit son bras devant Mak d'un geste élégant en répondant :

- Tu n'as qu'à prendre ça pour de la galanterie.

Mak voulu répondre, la taquiner un peu… Mais peut-être parce qu'elle avait eu tellement peur de la perdre, se contenta de sourire et de prendre le temps de rougir ne serait-ce que pour lui faire plaisir. Elle s'accrocha à son bras et posa sa tête sur son épaule pour entamer une marche lente vers son immeuble, s'enivrant du parfum qui imprégnait les vêtements de son ancienne prof de philo.

Elsa le remarqua, la jeune fille boitait un peu. Quelque chose d'imperceptible mais qu'elle sut tout de même voir. Elle se dit qu'encore une fois, sa jambe gauche était la première à tomber quand son corps partait en guerre. L'enseignante prenait seulement conscience que malgré cette carapace en acier trempé, sa tante avait vu juste, Mak restait parfois fragile.

Enfin, elles pénétrèrent dans l'appartement. Le silence qui y régnait indiquait qu'Anna dormait probablement déjà, une Joséphine en boule sur son oreiller.

- Tu veux boire quelque chose ? Chuchota Elsa en déposant son sac dans l'entrée.

- De l'eau, je veux bien, sourit Mak en faisant de même. Je peux emprunter ta salle de bain une minute ?

- Oui, bien sûr, appelle-moi si besoin, rappela Elsa en se dirigeant vers la cuisine.

Mak voulut encore une fois lui dire qu'elle allait mieux, qu'elle n'était pas en sucre. Mais touchée et un peu fébrile ce soir, elle se contenta de sourire dans la pénombre de l'appartement, jurant que ce soir tout particulièrement, Elsa comprenait ses silences. Elsa, elle, rêvait de garder cette jeune fille aux cheveux bleus sous une cloche de verre pour la protéger du monde et d'elle-même.

L'adolescente referma la porte de la salle de bain derrière elle et s'approcha du lavabo, auquel elle s'appuya après avoir allumé la lumière qui se trouvait juste au-dessus de celui-ci. Elle regarda son reflet dans le miroir et se demanda comment Elsa avait pu un jour tomber amoureuse d'elle. Elle soupira et se passa un peu d'eau sur le visage. Cette vague de fraîcheur lui fit un bien fou et atténua les sueurs froides qui persistaient à mourir dans le bas de son dos. Elle mit ensuite une couche de dentifrice sur son index et le fourra dans sa bouche, heureuse de pouvoir enfin faire disparaître le goût infecte qui embaumait ses dents et rendait sa bouche pâteuse. Satisfaite, en sachant qu'il n'y avait aucun remède miracle pour enlever les cernes de ses yeux ni son air de dépravée, elle sortit discrètement de la salle de bain, horrifiée à l'idée de réveiller Anna et de devoir tout lui raconter…

Quand elle arriva dans le salon, elle ne trouva pas Elsa sur le canapé, mais de dos, debout sur son balcon. La porte était restée entrouverte, si bien qu'un fin filet d'air chaud s'insinuait dans l'appartement. Le rideau, d'ordinaire tiré pour empêcher la lumière de l'extérieur de troubler la quiétude de l'intérieur, voletait doucement, poussé par cette brise. Le verre d'eau proposé avait été déposé sur la table basse et la blonde ne l'avait de toute évidence pas entendu arriver. Elle semblait pensive et, tout en buvant une gorgée d'eau salvatrice, Mak l'observa en plissant les yeux, regrettant de ne pas être capable de prendre une photo pour immortaliser cette vision d'Elsa, avec sa taille fine, ses longues jambes - même si elle était présentement pieds-nus - ses frêles épaules et ses longs cheveux blonds qui tombaient dessus, doucement caressés par la brise tiède de l'été. De toute évidence, l'enseignante était plongée dans ses pensées, incapable de voir la ville qui s'étendait pourtant à ses pieds. Mak, pour sa part, ne voyait que la blonde, tout le reste étant flouté. Elle était si belle. Il y avait définitivement quelque chose, comme une aura, que Mak ne pouvait qu'effleurer sans réussir à la saisir, une partie d'Elsa qui lui était inaccessible.

Arrête de la fixer comme ça, tu vas finir par lui faire deux trous dans le dos… se moqua la petite voix.

Tiens, te revoilà, toi. Ça faisait longtemps, pensa Mak en continuant pourtant sa contemplation.

T'es défoncée, tu t'attendais à quoi ?

Mak ne prit même pas le peine d'alimenter ce délire schizophrène et avança de quelques pas, ouvrant la porte coulissante aussi discrètement que possible. Quand elle fut à quelques centimètres d'Elsa, elle cessa de réfléchir et entoura sa taille de ses bras avant de poser sa tête entre ses omoplates.

L'enseignante ne sursauta pas, si bien que Mak se demanda si elle ne l'avait pas finalement entendu arriver. Elsa pourtant, n'avait entendu Mak à aucun moment, et en d'autre circonstances, elle aurait sûrement eu un mouvement de recul. Mais pas ce soir. Parce que c'était Mak, son corps semblait vouloir l'accueillir et s'abandonner à elle alors qu'Elsa elle-même ne l'avait pas encore décidé.

La blonde posa alors ses mains sur celles de l'adolescente et soupira d'aise.

- Merci… souffla Mak.

- Pourquoi ? Demanda Elsa

- J'ai cru un instant que tu allais me repousser, avoua l'adolescente. Je ne savais pas si j'avais encore le droit de faire… ça, grimaça-t-elle.

Elsa fronça les sourcils et se retourna, délaissant la vue de la ville pour celle de la jeune fille, sans jamais quitter ses bras. Elle plongea ensuite son regard bleu dans celui de Mak. Un bleu dans lequel l'adolescente aimait se noyer, dans lequel elle acceptait volontiers de se perdre.

Ce bleu te va si bien… pensa la jeune fille, toujours stupidement amoureuse de cette teinte.

- Te repousser m'a toujours été si douloureux… souffla Elsa en caressant sa joue, désirant lui dire que jamais, ô grand jamais elle n'avait pu s'habituer à son absence.

Mais encore une fois, les mots se suicidèrent à la barrière de ses lèvres et moururent en silence. Les silences, c'est ce qui semblait rythmer cette soirée. Mais Elsa savait aussi que, comme elle, Mak savait comprendre ses non-dits.

Et dans ce geste qui n'appartenait qu'à elles, Mak sourit et ferma les yeux en appuyant délicatement sa joue contre la main de l'enseignante.

Elles se regardèrent quelques secondes, qui s'étirèrent en une minute. Mak vit clairement le regard d'Elsa passer de ses lèvres à ses yeux maintes et maintes fois. La jeune fille plissa les yeux, curieuse et même un peu inquiète. D'ordinaire, c'était toujours son professeur qui prenait les commandes, elle n'avait jamais été forcée de prendre la moindre décision et elle devait avouer que ça lui plaisait.

Ce soir pourtant, c'était différent. Pourquoi ? Elle n'en savait rien, mais une retenue persistait dans les gestes d'Elsa. Comme si l'enseignante craignait de lui faire peur, ou de la briser. Mais qu'importe ce qui se passait dans la tête d'Elsa à cet instant, Mak était bien trop heureuse de la retrouver.

- Qu'est-ce que tu attends ? Demanda l'adolescente, un peu charmeuse.

- Pour ? Demanda Elsa après avoir papillonné des yeux.

Tu vas m'obliger à te réclamer un baiser… ? Pensa la jeune fille, presque amusée, désormais, par ce côté maladroit d'Elsa qu'elle n'avait vu que très rarement. Mak roula donc des yeux sans perdre son sourire, puis, lentement, approcha sa bouche de l'oreille de l'enseignante avant de murmurer

Oh, Madame Lange, je n'ai toujours rêvé que de vous…

Le cœur de la blonde lâcha à cette phrase. A cette simple phrase qui racontait pourtant toute leur histoire. Et à cette phrase, Elsa n'avait toujours eu qu'une seule réponse.

Sans se poser plus de question, Elsa attrapa son visage entre ses mains et l'embrassa en laissant libre court à ses envies. Des envies trop longtemps refoulées, parfois bafouées. Un frisson parcourut le corps de Mak mais elle savait que celui-ci n'était dû à aucune drogue. Ou alors seulement à l'addiction qu'elle ressentait pour ce tendre professeur qui se plaisait à redevenir le sien, au moins le temps d'une nuit.

Et c'est ainsi, exactement comme tout avait commencé, que se déroula la pellicule de leur désir. Car même si elles étaient actrices de leur long-métrage, c'est un festival de sensations qui les enveloppa, les laissant presque sur la touche. Alors que seule la lune les éclairait comme si elle craignait de les déranger, Mak prit plaisir à devoir, comme toujours, se hisser sur la pointe de pieds pour capturer les lèvres d'Elsa.

L'enseignante, quant à elle, fut tout à fait conquise par le baiser que lui offrait l'adolescente, un baiser qui aurait pu la vaincre, là, maintenant. Alors en reprenant les réflexes qu'elle n'avait jamais perdu, Elsa passa un bras autour de sa taille et elle crut que son cœur allait sortir de sa poitrine quand elle sentit le petit corps se fondre contre le sien, plaçant en elle une confiance totale.

Mak gémissait déjà dans la bouche d'Elsa en se disant que sa blonde ne l'avait même jamais embrassée comme ça. Quelque chose était différent même si elle ne parvenait pas à définir quoi exactement. Elle s'en fichait. Elle était seulement heureuse de ces retrouvailles. Et peu importe comment Elsa la toucherait ce soir. Chaque facette de l'enseignante lui plaisait tellement. Que ce soit dans la brutalité ou dans la douceur, elle voulait seulement qu'elle la possède.

- Emmène-moi dans ta chambre, réclama Mak en rompant le baiser à contre cœur, rêvant du jour où elles pourraient se parler sans jamais cesser de s'embrasser.

Elsa ne se fit pas prier et souleva la jeune fille. Mak enroula ses jambes autour de la taille de son professeur alors qu'elle sentait les mains de celle-ci sur ses fesses. Comme à chaque fois qu'elles entreprenaient ces choses-là, la chance les aida à trouver en silence la chambre d'Elsa. Celle-ci ferma la porte d'un coup de pied délicat alors que Mak perdait ses mains dans ses cheveux.

Et sans qu'elle ne vît rien venir, l'adolescente se retrouva ici, flottant au-dessus du sol, entre Elsa et la porte, le bois lui rafraichissant le dos. Alors qu'elle sentait les lèvres d'Elsa embrasser son cou, elle pencha la tête en arrière, lui offrant volontiers. Cette position l'excitait tout particulièrement, y trouvant une vision sexy et désirable d'elle-même. Une première depuis longtemps.

Sachant que l'adolescente ne tomberait pas, retenue par la porte, les mains d'Elsa quittèrent ses fesses et passèrent sous son large t-shirt alors que les yeux de Mak se fermaient et qu'un nouveau gémissement s'échappait de sa bouche. Elsa fut obligée d'y poser sa main.

- Chhht… souffla-t-elle en souriant à son oreille, se disant que si l'adolescente gémissait à ce point alors qu'elle l'avait à peine touchée, elle ne pariait pas sur le fait qu'Anna puisse passer une nuit sereine.

Mak roula presque des yeux. Cette femme lui imposait le silence, vraiment ? Etait-elle seulement consciente de ce qu'elle était en train de lui faire ? Du brasier qu'elle était en train d'allumer ?

La jeune fille eut un léger sursaut quand elle sentit les doigts d'Elsa effleurer ses flancs. Elle ouvrit les yeux et rencontra ceux, taquins, de son professeur. Elsa semblait effectivement avoir tout à fait conscience de l'effet qu'elle avait sur elle sans jamais se lasser du fait qu'elle était chatouilleuse.

Mak, encore un peu combative, ouvrit la bouche, voulant répliquer que ce n'était pas parce qu'elle était chatouilleuse qu'Elsa devait en profiter sous prétexte que ça l'amusait. Mais l'enseignante posa un doigt sur ses lèvres, la réduisant au silence. Le regard qu'elle lui jeta, sous ses cils courbés, termina de lui imposer le silence.

- Non, tais-toi, ma douce. Je ne te fais pas confiance pour être discrète ce soir, alors pas un mot, sourit-elle, définitivement charmeuse.

Et si Elsa ne la tenait pas fermement contre la porte de sa chambre, Mak se serait probablement liquéfiée sur place à l'entente de ses mots. Elle se sentait un peu comme ces filles qu'elle avait vues dans certains animés japonais, ces gamines qui tombaient dans les pommes parce que le garçon de leur rêve leur accordait ne serait-ce qu'un regard. Elle imagina alors, malgré elle, une Elsa dans un animé japonais. Une Elsa en uniforme d'écolière, avec jupe courte et sac en cuir. Elsa serait définitivement craquante… mon dieu, elle s'égarait.

Je ne me fais pas confiance pour ça non plus… pensa-t-elle en se laissant happer par le regard un peu canaille que lui jetait son professeur.

Ainsi, Elsa la rendait fébrile, et elle ne donnait pas cher de sa peau car si elle écoutait ce que lui disait son corps, elle n'était à présent qu'une bombe à retardement qui n'aurait besoin que de quelques caresses bien placées pour exploser.

- Mieux, sourit Elsa en voyant que son élève se taisait, loin de penser qu'elle rêvait d'elle de manière quelque peu lubrique. Quoi que... Étant donné la rougeur de ses joues, elle s'en doutait sûrement un peu.

Mak, même si elle restait un peu sauvage, se révélait démunie quand il s'agissait de résister à Elsa. Elle se contenta de rire légèrement et de l'embrasser plus encore, s'accrochant à son cou comme un naufragé à une bouée de sauvetage. L'enseignante reposa ses mains sous ses fesses et l'emmena au centre de la pièce avant de la poser délicatement sur le lit, s'allongeant au-dessus d'elle.

Mais Mak n'en avait pas décidé ainsi, et d'un mouvement rapide et agile que lui permettait sa petite taille, renversa son professeur sur le dos sans que celle-ci ne s'y attende. Un air définitivement surpris sur le visage, Elsa observa la jeune fille assise sur ses hanches qui prenait le temps de l'observer un instant.

Elsa sourit en haussant un sourcil amusé face à tant d'audace.

- Ah bon ? Chantonna-t-elle, surprise par l'initiative.

Mak rougit en haussant les épaules pour toute réponse et vint seulement embrasser le cou de son professeur en passant ses mains sous sa chemise. Sa peau était particulièrement douce et, en la sentant se tendre sous ses doigts, Mak se rendit compte à quel point cela lui avait manqué et était essentiel à son existence. Elsa, pour sa part, frissonna quand elle sentit un souffle mourir sur sa nuque. Peut-être par réflexe ou par habitude parce qu'elle avait déjà agi ainsi avec un tas d'autres filles, elle se redressa en prenant possession des lèvres de Mak, posant ses mains sur ses cuisses, remontant le petit short au passage. La jeune fille profita du baiser, s'y perdant presque, mais reprit ses esprits et sourit en collant son front à celui de l'enseignante, un sourire aux lèvres et le regard canaille.

- Tu ne veux pas te laisser faire pour une fois ? Murmura-t-elle en caressant la joue de la blonde comme pour calmer ses ardeurs, s'arrêtant lorsque ses doigts flirtèrent avec le la naissance de sa gorge.

Elsa ne répondit pas, bien trop diluée par le regard canaille mais tendre qu'elle lui lançait.

- S'il te plait, appuya l'adolescente, bien trop en manque d'elle, en jouant avec le col de sa chemise.

Loin d'un quelconque désir de domination, c'était un coup de charme. Rien d'autre qu'un coup de charme et pourtant, ses yeux, son petit sourire en coin, la douceur de sa voix, tout ceci eut raison d'une Elsa frémissante. Parce que c'était Mak et parce que Mak n'était pas comme les autres filles, c'était différent.

Après ce qui semblait être une éternité et une bataille interne, Elsa abdiqua. Elle sourit, effleura les lèvres de Mak des siennes et s'allongea docilement sur le dos, ses mains ne quittant pas, toutefois, les cuisses de la jeune fille qui affichait, dans la pénombre de la chambre, un sourire victorieux.

- Ôte ce sourire de ton visage si tu veux garder cette place, gronda délicieusement Elsa en glissant ses mains sur les fesses de Mak, qui s'était penchée en avant et la dominait totalement.

La menace, qui sonnait complètement fausse, eut l'effet inverse et le sourire de la jeune fille ne fit que s'agrandir.

- Chhht Madame Lange, vous ne voudriez pas réveiller votre sœur, murmura Mak en approchant ses lèvres de celle de son professeur, les effleurant doucement.

Elsa ne s'attendait certainement pas à cela. Si, il y a quelques mois, se voir appeler ainsi dans un moment pareil aurait coupé toutes envies à l'enseignante, ce n'était pas le cas ce soir. La blonde s'apprêtait à répondre quelque chose, mais elle fut traîtrement coupée dans son élan par le baiser qu'initia Mak, alors que celle-ci approchait son corps du sien, s'y fondant naturellement comme si cela avait toujours été sa place.

Comme Elsa l'avait fait avec elle, Mak glissa sa cuisse valide entre celles de son professeur et s'appuya doucement sur ce point si sensible de son corps. L'effet fut immédiat, rehaussé par le frottement du tissu contre sa peau, et la blonde ferma les yeux pour en apprécier toute la saveur. Lors de chacune de leurs étreintes, Elsa avait mené la danse. Mak avait su lui procurer un plaisir immense, bien sûr, mais la blonde ne l'avait jamais laissé dominer. Mak ne l'avait pas non plus souhaité, trop incertaine d'elle. Mais ce soir, elle se sentait prête à mener leur danse. Il y avait tant de choses qu'elle voulait faire à Elsa, dans l'unique but de la contenter…

- Regardez-moi, Madame Lange, s'entendit prononcer Mak d'un ton qu'elle ne connaissait pas, mais qu'elle qualifiait définitivement d'allumeuse.

L'ordre ainsi que le ton employé furent un électrochoc pour la blonde, qui obéit. Elle croisa le regard brûlant et emplit de désir de Mak, qui s'était redressée au-dessus d'elle. Celle-ci se replaça à cheval sur ses hanches, imprimant - sans vraiment s'en rendre compte - un rythme avec ses propres hanches. La vision qui s'offrit à Elsa, mais également le frottement de leurs deux corps, embrasa davantage les sens de l'enseignante.

Une main sur la poitrine d'Elsa, Mak empêcha celle-ci de se redresser de nouveau et elle se pencha vers ses lèvres, qu'elle vint quérir en un baiser brûlant, sa langue venant enlacer celle de la blonde, qui gémit doucement. Ne pouvant presque rien faire, Elsa glissa ses mains sous le petit short, empoignant fermement le fessier de la jeune fille comme pour marquer sa frustration, mais aussi pour approfondir cette délicieuse friction entre leurs corps. Cette réaction fit sourire Mak contre les lèvres de l'enseignante, alors qu'elle s'évertuait à retirer, l'un après l'autre, les boutons de sa chemise.

Mak prit son temps, savourant le baiser et les mouvements d'Elsa en dessous d'elle. Alors que les boutons cédaient un à un sous ses doigts, la jeune fille sentait son désir croître et enflammer cette partie si sensible de son corps, celle qui ne demandait qu'à être touchée. Cette partie d'elle qui n'avait toujours réclamé qu'une certaine blonde. Elsa, comme si elle avait entendu le corps de Mak le lui crier, tenta de s'attaquer au bouton du petit short. Elle fut, toutefois, forcée de s'arrêter lorsqu'elle sentit la main de Mak se poser sur les siennes, l'empêchant de continuer.

- Je ne vous ai pas donné la permission, Madame Lange.

Mak prit les mains rebelles et les posa sur ses hanches, puis déboutonna le dernier bouton de la chemise d'Elsa, qui se redressa quelques instants pour que la jeune fille la lui enlève. Le soutien-gorge de l'enseignante suivi juste après, dégrafé d'une main de maître par une élève qui avait fait de gros progrès dans ce domaine. La poitrine ainsi offerte fut aussitôt prise d'assaut par des lèvres aventureuses, sans doute un peu guidée par le reste de drogue qui persistait à survivre dans le système de Mak. Des lèvres qui furent rapidement rejointes par une langue gourmande et des mains avides de caresser chaque parcelle de peau offerte.

Elsa n'en menait pas large. Ce que Mak était en train de lui faire était indescriptible. Était-ce la fougue qu'elle y mettait qui affolait tous les sens de l'enseignante ? Ou parce qu'elle ignorait de quoi demain serait fait ? Les paupières closes, une main perdue dans la chevelure bleue, l'autre couvrant ses yeux, Elsa voyait des étoiles… dans tous les sens du terme.

Elle ne rouvrit les yeux que lorsqu'elle sentit Mak se redresser sur le lit. Et ce qu'elle vit la laissa sans voix, les pupilles assombries par le désir qui enflamma ses sens. Face à elle, dans la pénombre, Mak ôtait son short. À peine éclairée par la lumière de la ville qui filtrait à travers la fenêtre, la silhouette de Mak se découpait en ombre chinoise. Et qu'elle le fasse exprès ou non, la lenteur du geste avait quelque chose de terriblement sexy, une élégance libertine qu'elle ne lui connaissait pas. La jeune fille déposa ensuite un baiser sur le ventre nu, et continua jusqu'à embrasser le bouton en fer qui fermait encore le jeans de l'enseignante. Un bouton froid et agaçant qu'elle défit d'une main avant de retirer le vêtement, enlevant le sous-vêtement au passage avant de jeter le tout loin du lit.

Se mordillant la lèvre et n'en perdant pas une miette, la plus âgée ouvrit les cuisses pour laisser la jeune fille s'y glisser lorsqu'elle fut entièrement nue.

Les peaux se rencontrèrent, les corps s'imbriquèrent, et la chaleur se diffusa d'une âme à l'autre, celles-ci se fondant dans une harmonie parfaite.

Le baiser qu'elles échangèrent les laissa toutes deux à bout de souffle alors que Mak, bien entreprenante, descendait lentement sur le buste de l'enseignante, dont les doigts se perdaient de nouveau dans les cheveux bleus. Décidée à procurer le plus de plaisir possible à la femme qu'elle aimait - et en élève appliquée - Mak ne s'arrêta qu'un instant entre les cuisses, y déposa une myriade de baiser avant de l'embrasser juste là. Elsa se sentit défaillir, les paupières de nouveau closes et une main exigeante toujours plongée dans la chevelure bleue. Une main qui pressa Mak de continuer sa douce torture tandis que, pour étouffer ses soupirs, l'enseignante se bâillonnait de son bras libre.

La jeune fille, peut-être un peu tortueuse, ou parce qu'elle aimait sentir Elsa réagir sous ses lèvres, passa de longues et délicieuses secondes à embrasser, parfois mordiller l'intérieur des cuisses blanches.

Lorsque Mak insinua un doigt en elle, Elsa ne put retenir un gémissement. Le son, qui sonnait délicieusement aux oreilles de la jeune fille, fit se redresser celle-ci. Dans la semi obscurité, elle haussa un sourcil insolent et lança un regard canaille à son ancienne professeur de philo.

- Et c'est moi que tu crois incapable de rester silencieuse ?

- La ferme continue, répondit spontanément Elsa, s'attirant un rire de la part de son élève avant de sentir de nouveau ses lèvres sur son entre-jambe.

Quelle impertinence, en d'autres circonstances, Elsa se serait défendue, aurait répliqué, mais dans l'instant, et parce que Mak la maîtrisait totalement, elle s'en retrouvait bien incapable. Mak et ses lèvres libératrices, voilà tout ce qui comptait, il n'était pas dans ses capacités de rester polie.

En vérité, tout ce qu'elle pouvait faire, était de se laisser aller, exactement comme Mak le lui avait ordonné. Un ordre auquel elle obéissait avec plaisir quand elle sentit la langue de la jeune fille sur son intimité. Une intimité nouvelle d'ailleurs, quelque chose qu'elle apprenait doucement à connaître et qu'elle appréciait déjà. Bien sûr, elles s'étaient déjà retrouvées dans cette situation, mais aujourd'hui, c'est un nouveau cap qu'elles franchissaient, Elsa ne se souvenant pas avoir déjà profité d'une tête bleue entre ses cuisses, chose qu'elle n'aurait jamais imposé à la jeune fille. Pourtant, ce soir, Mak paraissait tout à fait encline à lui rendre ce plaisir qu'elle lui avait déjà offert plusieurs fois.

Et comme pour vérifier que toute cette scène existait vraiment, l'enseignante baissa les yeux et crut mourir de désir en voyant cette même chevelure bleue, cette teinte, qui venait ainsi se diffuser sur sa peau en quelques mèches rebelles.

Et peu à peu, les gestes tendres devinrent plus assurés sans pour autant combler le manque insoutenable qu'ils procuraient à l'enseignante. Une enseignante impatience dont les hanches se mirent à onduler d'elles-mêmes contre la bouche de l'adolescente. Elsa crut défaillir quand elle sentit les bras de Mak s'enrouler autour de ses cuisses, la tenant fermement, l'empêchant ainsi de bouger. Le message était clair, et pourtant Mak, leva un œil vers le visage de son professeur et rétorqua encore :

- Tu as dit que tu te laissais faire.

Pour seule réponse, Elsa grogna de frustration, ne sachant pas véritablement si elle détestait ce jeu ou si elle l'adorait au contraire.

- Quelle argumentation, Madame Lange, se moqua l'adolescente, voyant que la répartie légendaire d'Elsa l'abandonnait soudainement.

- Ce que tu peux m'agacer, soupira Elsa en fermant les yeux, alors que son esprit lui criait de lui dire qu'elle l'aimait tant, qu'il la suppliait de continuer cette torture, de ne jamais s'arrêter…

Mak haussa un sourcil amusé à la vision de son professeur encore si combatif. Elle eut un rire profond en déposant un baiser sur sa cuisse.

- Tu ne peux t'en prendre qu'à toi, fit-elle savoir en déposant un nouveau baiser sur la peau sensible, faisant gémir Elsa. Moins tu te laisses faire, continua-t-elle après l'avoir embrassé encore une fois, plus je te reprends, conclut-elle en déposant ses lèvres encore plus près de l'endroit si désiré. Et moins je m'occupe de toi, sourit-elle en offrant un coup de langue, un très léger coup de langue où elle savait qu'Elsa la désirait. Mais je crois que te convaincre ne sera pas un problème très longtemps, tu ne penses pas ? Demanda-t-elle sans attendre de réponse, en reprenant seulement le fil de ses gestes là où elle l'avait laissé.

Elsa, qui commençait doucement à perdre la tête, battit enfin en retraite, s'abandonnant totalement, et expira en se détendant dans les bras de cette jeune fille à qui elle offrait tout d'elle.

Mak savait qu'elle avait eu droit au fil des mois d'en découvrir beaucoup sur son professeur. Qu'elle avait une place de choix dans sa vie et dans son cœur. Et pourtant, ce soir, elle avait réclamé plus. Et même si par ses muscles tendus en départ, par son esprit tenace, Elsa l'avait repoussé d'une certaine manière, à présent, l'adolescente comprenait que l'enseignante cédait à tout lui offrir. Etait-ce parce qu'elle paraissait soudainement si fragile au creux de ses bras ? Ou encore parce que la main de son professeur ne pouvait s'empêcher de se noyer dans ses cheveux comme pour la garder tout près d'elle ? Ou parce qu'Elsa, qui ne se battait plus, semblait lui vouer une confiance aveugle en la laissant faire d'elle ce que bon lui semblait ? Elle ne pouvait dire exactement à quel moment la limite avait été franchie, mais Mak comprit à cet instant qu'Elsa se laissait avoir. Qu'à présent, Elsa lui appartenait, exactement comme elle s'était donnée à elle tellement de fois.

- Fais de moi ce que tu veux... Soupira l'enseignante, abdiquant sans regret, et le cœur de Mak manqua de lâcher à cette simple demande qui signifiait tellement.

Et il n'en fallut pas plus à l'adolescente pour obéir. Elle posa alors deux mains indécentes sous les fesses d'Elsa et s'affaira à la combler. Après de multiples baisers et caresses tendres et à la fois fiévreuses, Elsa baissa un œil un peu voyeur sur le corps de la jeune fille. Elle rencontra la vision troublante et pénétrante du corps allongé plus bas, des muscles tendus de son dos qui roulaient sous sa peau parfaite, de ses bras qu'elle n'avait jamais senti si dominateurs entourant ses cuisses, de ses mains qui possédaient ses fesses, et l'ensemble, sublimé par la lumière d'un lampadaire.

C'en était trop pour Elsa. Sous la langue et le touché de cette jeune femme qui ne savait même pas comment déshabiller une fille il y a encore quelque mois, son cœur s'envola et la força à se décoller du lit alors que sa main se glissait dans celle que Mak avait posé sur son ventre. L'enseignante plaqua une main sur sa bouche alors que son visage se déformait sous la vague de plaisir qui la traversait. Tout semblait se dérouler au ralenti. Elsa sentit très distinctement la main de Mak serrer la sienne, leurs doigts s'entremêlant en une cohésion parfaite.

L'adolescente sentit des spasmes secouer le bassin de son professeur qu'elle maintenait fermement pour lui offrir autant de plaisir que possible, alors que la main d'Elsa broyait la sienne.

L'orgasme fut long, intense, transcendant et Elsa crut qu'il allait la tuer. Après de longues secondes, Mak sentit le grand corps de son professeur qui s'était serré autour de ses doigts se détendre lentement. Elsa se laissa tomber sur le lit en un soupir d'aise alors qu'un nouveau gémissement menaçait de passer ses lèvres. L'adolescente embrassa une dernière fois l'intimité de la blonde, lui procurant un léger sursaut. Elle sourit alors, comprenant qu'Elsa n'en supporterait pas davantage, et se redressa avant de prendre place dans les bras que l'enseignante lui tendait.

Comme par habitude, elle s'allongea sur son corps et passa une cuisse entre ses longues jambes en l'embrassant tendrement. Elsa eut un nouveau sursaut quand la petite jambe balafrée effleura son entre-jambe. L'enseignante sourit contre ses lèvres en reprenant doucement possession de son corps et supplia presque :

- Ne fais pas ça, je n'en peux plus…

Mak sourit à son tour, mesurant ce qu'elle venait d'offrir à son professeur.

Si sensible… ça ne te ressemble pas, pensa-t-elle, amusée.

Alors, tout de même compréhensive, elle éloigna sa jambe et posa sa tête contre le cœur d'Elsa. Il battait encore si vite et Mak se dit que c'était sans doute le plus joli son qu'elle ait entendu.

Elsa tenta de calmer sa respiration en caressant d'une main distraite la nuque de son élève, passant un bras autour de sa taille fine.

- Tout va bien ? Demanda Mak après quelques secondes de silence en déposant un léger baiser sur l'os de la mâchoire d'Elsa qui était restée les yeux fermés, se remettant de ce qu'elle venait de ressentir.

- Je n'ai définitivement plus rien à t'apprendre, chuchota l'enseignante alors que ses lèvres s'étiraient en un sourire idiot.

Cette réplique fit sourire la jeune fille qui croisa les bras sous sa tête sur le buste d'Elsa.

Elle posa un regard tendre sur le visage de son professeur qui fixait le plafond d'un œil tranquille mais fatigué. Mak lui devina cet air pensif et presque lointain qu'elle avait déjà adopté en début de soirée.

- A quoi tu penses ? Demanda l'adolescente en déposant un baiser rapide sur le menton de son professeur.

- A toi, sourit Elsa en baissant les yeux vers son élève et son regard rempli de questions.

- Hm, et qu'est-ce que tu penses de moi ? Voulu savoir Mak en plissant les yeux.

Elsa caressa sa joue, calmant ses inquiétudes, puis se redressa lentement forçant la jeune fille à faire de même, l'asseyant à cheval sur ses hanches.

- Je pense que j'ai très, très envie de toi, murmura-t-elle en embrassant son cou alors que Mak faiblissait déjà. Tu m'autorises à reprendre ma place ?

Mak eut un sourire canaille en plongeant son regard dans celui de son professeur et retint un rire en hochant la tête de droite à gauche.

- Toujours pas ? S'étonna Elsa, malgré tout amusée. J'ai été sage pourtant.

Et pour seule réponse Mak se mordit la lèvre inférieure et réitéra son geste de manière plus lente, charmant définitivement son professeur.

Elsa plissa les yeux, prenant conscience que son élève désirait jouer encore un peu.

- Tu ne me laisse pas le choix, c'est ça ? Demanda Elsa en faisant lentement glisser ses mains sur les fesses de la jeune fille.

Ne prononçant toujours pas un mot, Mak hocha de nouveau la tête alors que son sourire s'élargissait. Elle savait bien que si Elsa avait vraiment voulu reprendre sa place, comme elle aimait le lui rappeler, elle l'aurait probablement renversée d'un seul bras sur le lit sans aucun effort. Il lui plaisait donc de penser, que son professeur, comme elle, était d'humeur joueuse.

Alors sans prévenir et un peu brutalement, les mains d'Elsa exercèrent une pression sur les fesses de la jeune fille rapprochant d'un coup sec les bassins l'un de l'autre.

Mak gémit à ce simple geste et Elsa haussa un sourcil moqueur devant tant de fébrilité.

- Si mignonne, je t'ai à peine touchée… Murmura-t-elle alors que Mak roulait déjà des yeux, chose qui n'échappa pas à l'œil de son professeur. Je t'ai accordé bien assez d'insolence pour ce soir, jeune fille, prévint-elle d'une voix faussement sévère en embrassant son cou.

Mak, à son tour, grogna pour seule réponse alors qu'elle sentait que ces baisers incendiers l'enflammaient déjà sans qu'elle ne puisse rien y faire.

- Je vais me venger, tu t'en doute ? Ton audace ne restera pas impunie, continua Elsa en passant sa langue sur la clavicule d'une jeune fille qui ondulait légèrement sur ses hanches sans même s'en rendre compte.

Et une nouvelle fois sans prévenir, Elsa posa une main douce mais froide entre les jambes de l'adolescente qui réagit immédiatement par un gémissement si incontrôlé qu'elle grimaça avant de plaquer sa main sur sa bouche, faisant rire son professeur.

Mais lui refusant le loisir d'en profiter une seconde de plus, Elsa retira cette même main qu'elle posa seulement entre ses seins.

- Comment tu disais, déjà ? Demanda l'enseignante en faisant mine de réfléchir. Ah oui, je crois que te convaincre ne sera pas un problème très longtemps, tu ne penses pas ?

L'enseignante, heureuse de son petit effet de surprise, rit en mordant doucement la peau blanche du cou de la jeune fille, alors que la main qu'elle avait posée sur sa poitrine descendait encore en encore, une main qui savait parfaitement où elle devait aller.

Des heures s'étaient écoulées. C'était, tout du moins, ce qui leur semblait. Allongés dans le lit d'Elsa, les jambes entremêlées et les corps comme fusionnés, Mak et Elsa se regardaient avec tendresse. Elles ne parlaient pas, ou si peu, mais s'embrassaient et se caressaient. De temps en temps, ces caresses se faisaient plus entreprenantes et, l'une ou l'autre, offrait alors une myriade de plaisir à sa partenaire.

Dans cet instant suspendu en dehors du temps, Mak se sentait terriblement bien. Et cela aurait été mentir que de dire qu'Elsa ne se sentait pas à sa place. La blonde, un coude replié sous sa tête, ne se lassait pas d'embrasser la jeune fille, son corps pressé au sien.

- Nous devrions dormir… murmura Elsa en effleurant les lèvres de Mak.

- Mmh, répondit celle-ci en fermant les yeux sous la douce caresse. On est obligé ?

- Ce serait plus sage, renchérit l'enseignante, qui savait pertinemment qu'elle avait toujours été la plus raisonnable des deux.

Même si elles n'avaient pas du tout été sages cette nuit, songea-t-elle en fermant les yeux, la fatigue prenant possession de ses paupières.

- D'accord, murmura Mak en déposant un rapide baiser sur ses lèvres avant de se blottir contre elle, son nez dans son cou. Bonne nuit Elsa.

- Bonne nuit, mon amour...