Chapitre 83 : La Maison Bleue
La journée avait semblé incroyablement longue au jeune hyperactif.
L'ambiance au lycée avait été mortelle et pas du tout dans le sens cool du terme.
Scott s'était évertué à ignorer Luna tandis que celle-ci faisait son possible pour ne pas attirer l'attention sur elle.
Avec l'absence de Danny et Maxime, ils avaient retrouvé leur petit groupe d'autrefois, composé uniquement des membres de la meute, pourtant il fallait se rendre à l'évidence : l'humeur générale n'était pas au beau fixe. La tension était palpable dans chaque muscle de l'alpha, dans chaque sourire forcé d'Isaac et dans chaque coup d'œil pourtant discret qu'Allison offrait à Luna.
C'est avec soulagement que Stiles accueillit l'heure de la délivrance après avoir passé les dernières heures de cours à pianoter sur son téléphone pour discuter avec Max. Celui-ci avait décidé de se prélasser avec le gardien de but sur les plages de Santa Monica avant de reprendre la route de retour. La confrontation avec Ian s'était finalement bien passée et le fils du shérif avait été ravi d'apprendre que les deux hommes avaient pu mettre leurs problèmes à plat et se réconcilier.
Il débarqua sur le parking du lycée comme une tornade avant de se jeter dans les bras de son compagnon qui le réceptionna tant bien que mal, reculant de quelques pas sous l'impulsion ce qui accentua le rire de l'adolescent qui continua de résonner entre leurs lèvres scellées dans un baiser digne des plus grandes scènes de cinéma.
Les mains sur ses hanches, Derek le reposa au sol pour mieux enrouler ses bras autour de son corps svelte, savourant leur étreinte avec un grognement appréciateur.
En se détachant de l'homme, toujours paré de son sourire désarmant, l'hyperactif remarqua le chargement de sa jeep.
— Tu t'es transformé en diva quand j'avais le dos tourné. C'est quoi tout ça ?
Derek leva les yeux au ciel sans pouvoir s'en empêcher avant d'ouvrir le coffre d'une main pour en désigner le contenu. Plusieurs cabas à provisions, une glacière branchée sur l'allume-cigare, un large sac de sport en plus de celui de l'adolescent.
— J'ai fait les courses pour la semaine et j'en ai profité pour nous acheter de quoi manger là-bas ! Ce soir, je cuisine pour toi !
Stiles ouvrit la bouche pour protester avant de ravaler sa hargne parce qu'en réalité… c'était juste adorable !
— T'as pas à faire les magasins pour nous. En plus, c'était mon tour d'être de corvée ce week-end.
Derek retint son soupir avant d'attraper les mains de l'adolescent entre les siennes tout en s'adossant à la carrosserie.
— Écoute ! C'est normal que je participe aux frais et à la vie de la maison étant donné que je suis hébergé gracieusement. Je me suis déjà fait sermonner à ce sujet par ton père, alors s'il te plaît… pas toi ! En plus, j'ai une bonne nouvelle… J'ai fini mon dossier et contacté Grey. J'ai rendez-vous mardi pour lui déposer les plans et s'il les trouve à la hauteur, on se revoit lundi en huit pour l'embauche.
L'ancien alpha se mordilla la lèvre inférieure pour cacher son sourire, mais l'effet était raté. Il était visiblement fou de joie et ça lui allait bien.
Sans un mot, le garçon lui sauta à nouveau au cou et l'embrassa avec un amour et une passion un peu trop débordante qui leur attira quelques regards circonspects.
Stiles le félicita avec grandiloquence ce à quoi le bêta répondit qu'il n'était pas encore engagé, mais le jeune homme ne voulait pas en démordre et son sourire presque solaire illuminait l'entièreté de son visage, faisant crépiter son regard de quelques braises affolantes.
— OK ! J'accepte de te pardonner si tu me laisses conduire ! Mon bébé me manque et je vais gigoter pendant tout le trajet si je ne fais rien.
Sans rien répliquer, au plus grand étonnement du lycéen, Derek fit tomber les clés du véhicule dans la paume tendue de son propriétaire avant de contourner la voiture. Il claqua le coffre au passage puis s'installa.
L'adolescent était incapable d'exprimer la joie immense qui l'envahit à l'idée de s'installer derrière le volant de sa chère jeep ! En mettant le contact, il put la sentir vibrer sous ses doigts tandis qu'elle ronronnait de plaisir. Ils avalèrent les kilomètres avec un engouement palpable. La route pour seul horizon, la main de son amant sur sa cuisse tandis que son pouce traçait de petits cercles apaisants, un peu de musique et une conversation informelle. Il n'y avait sans doute rien de plus beau et de plus simple dans la vie.
À mesure qu'ils approchaient de leur destination, les paysages se firent de plus en plus ruraux et les habitations éparses.
Enfin, Stiles repéra un petit pont de métal rouge, terni par le soleil et les intempéries. C'était l'un des repères qu'Allison avait évoqué dans son message. Il l'avait relu tant de fois qu'il le connaissait par cœur.
Franchir la petite rivière au pont rouge puis longer la forêt sur un peu plus d'un kilomètre. L'intersection est à peine visible au milieu des arbres. Tourner à gauche sur un sentier cahoteux, puis prendre à droite à la fourche et enfin au bout du chemin, un portail imposant entouré de hauts murs d'enceinte derrière lequel le sésame leur ouvrirait les portes.
Il s'arrêta devant ce dernier en essayant de ne pas prêter attention au regard incandescent du lycan qui lui brûlait la peau.
Il descendit sans couper le moteur et s'avança vers le panneau de contrôle, non sans repérer les quelques mots de français baptisant l'endroit : « La maison bleue ».
Stiles n'avait aucune foutue idée de ce que ces mots pouvaient bien signifier et pour tout dire, c'était le dernier de ses soucis. Depuis que la chasseuse lui avait confié les clés de cet endroit, il n'avait plus fait que de rêver de ce moment jour et nuit. Il ne perdit pas de temps avant de composer le code à six chiffres déverrouillant les lourds battants qui s'élevaient comme dernier rempart.
Il sauta sur son siège lorsqu'ils se mirent lentement en mouvement et s'engagea sur l'interminable allée bordée de chênes. Derek ne l'avait à aucun moment lâché du regard.
Le jeune hyperactif atteignait les limites de sa patience quand enfin, elle apparut.
La maison bleue.
Elle semblait adossée à la colline, surplombant un lac en contrebas, entourée d'un écrin d'arbres foisonnants et de verdure luxuriante et fleurie.
Un petit coin de paradis à l'écart du monde. Rien que pour eux.
Cette fois, il se gara devant l'habitation et coupa le moteur. D'un même mouvement, les deux hommes sortirent du véhicule pour admirer les lieux sans cacher leur ravissement mutuel.
Le cottage devait avoisiner la taille de la résidence des Stilinski, bien plus petite, donc, que la demeure des Argent à Beacon Hills.
La maison était magnifique avec ses boiseries peintes couleur azur, de sa terrasse suspendue accessible depuis le perron, à ses volets occultant pour l'heure d'immenses baies vitrées.
Il régnait ici un calme reposant troublé uniquement par la musique de la nature : le clapotis de l'eau sur les berges du lac, le pépiement des oiseaux dans les arbres, le bruissement du vent dans les feuilles…
Jusqu'à ce que la voix de Derek ne rompe la quiétude de l'instant.
— Je capte ! Si la meute à un problème, nous somme joignables.
Stiles se serait bien passé de l'information. Il n'avait aucune envie de penser à ce genre d'éventualité. Pour une fois, il ne voulait pas s'inquiéter ni passer son week-end à angoisser. Ils n'étaient peut-être qu'à une bonne heure de la ville, mais en cas d'attaque, ils ne pourraient pas rejoindre leurs compagnons à temps. Il ne restait qu'à espérer que leurs spéculations soient exactes et qu'il ne se passerait rien avant la pleine lune, ce qui leur laissait trois semaines de répit supplémentaires.
Bien décidé à ne pas perdre sa bonne humeur, le fils du shérif grimpa les quelques marches le séparant de l'entrée deux par deux avant de faire tourner la clé dans la serrure, Derek sur les talons.
La maison était plongée dans l'obscurité. Le bêta déchargea son fardeau sur le seuil avant d'aider son compagnon à ouvrir chaque volet obstruant la lumière naturelle de la fin d'après-midi.
Au terme du dernier, l'adolescent fut émerveillé quand la vue du lac sur lequel miroitaient les timides rayons de l'astre diurne se révéla à lui.
La fenêtre du salon donnait directement sur ce panorama à couper le souffle. Il ne résista pas et fit quelques pas sur la margelle, repérant une balancelle à sa gauche et un jacuzzi à sa droite. Il n'avait d'yeux que pour le paysage. Rêveur, il posa ses mains sur la rambarde.
Il était amoureux — définitivement — de ce lieu qu'il découvrait pour la première fois. Il succomba à un coup de foudre incroyable qui le laissa étourdi.
C'était dans ce genre d'endroit qu'il aimerait vivre un jour. Le calme ambiant s'accordait parfaitement avec le chaos de son esprit dans une parfaite complémentarité.
Sans qu'il ne l'ait entendu approcher, Derek l'enlaça, collant son torse à son dos, posant son menton sur son épaule, non sans avoir honoré sa tempe d'un léger baiser. Sans hésiter et avec un sourire rayonnant, Stiles posa ses paumes sur les avant-bras de son homme.
Le cœur battant à l'unisson, ils observèrent silencieusement la vue.
— C'est magnifique !
L'ancien alpha ne put s'empêcher de sourire devant l'air subjugué de son compagnon. Il ne voulait jamais voir disparaître cette candeur sur ses traits, cette innocence qui lui faisait briller les yeux comme un enfant à Noël !
— Je trouve aussi, souffla-t-il contre son cou.
Le garçon froissa son visage dans une moue sceptique avant de se tourner légèrement vers l'homme qui ne fixait rien d'autre que lui.
— Je parlais de la vue.
— Celle qui m'est offerte n'est pas mal non plus !
Cette fois, le lycéen ne put réfréner un rire à la fois gêné et amusé, resserrant ses bras sur ceux de son homme qui ne se fit pas prier pour les bercer ensemble dans une étreinte complice.
— Je vais vider la glacière avant d'avoir une catastrophe sur les bras. Toi, essaie de nous trouver une chambre.
Stiles hocha la tête tandis que le lycan déposait un dernier baiser sur sa tempe avant de s'éloigner.
L'adolescent fit un crochet par sa voiture pour récupérer leurs deux valises, laissant à l'adulte le soin de charger le réfrigérateur de leurs provisions.
À présent qu'il en avait fait le tour, le jeune homme pouvait constater que la maison était en réalité bien plus petite que la sienne. Le rez-de-chaussée s'organisait autour de l'entrée qui desservait un escalier à sa droite, le salon à gauche et une cuisine tout sauf moderne, mais au charme authentique, lui faisait face.
Elle était encombrée de peu de meubles. Une table en bois pouvant accueillir quatre personnes était entourée d'autant de chaises. Un îlot central minuscule desservi par deux tabourets hauts et, dans la partie salon, un simple canapé deux places était posé devant une petite table basse. Pas de télévision ici, mais un meuble sur le mur de gauche accueillait une radio. Le sofa, lui, faisait face à la baie vitrée et donc à la vue sur le point d'eau.
L'étage mansardé était d'autant plus étriqué. Stiles abandonna les valises dans le couloir pour découvrir une salle d'eau moderne équipée d'une douche à l'italienne, une vasque et l'unique toilette de la maison. Il ne s'attarda pas davantage et pénétra dans une première pièce pourvue d'un lit simple et une armoire. La décoration y était enfantine, mais féminine. La chambre d'Allison. Il referma la porte aussitôt, soucieux de ne pas laisser la curiosité l'entraîner à détailler chaque affiche ornant les murs, et se dirigea vers la dernière pièce de l'étage, celle des parents de la chasseuse en vue du lit double qui y trônait.
Un peu intimidé, le fils du shérif déposa donc leurs deux sacs au pied du sommier avant de fouiller dans l'armoire à la recherche de draps frais.
Une fois sa tâche accomplie et leur petit nid prêt pour la nuit, le jeune homme abandonna son téléphone sur la table de chevet avant de redescendre pour aider son compagnon à finir de décharger la nourriture à foison que le loup avait prévu.
— Tu comptes inviter du monde ?
L'air malicieux et moqueur du garçon se transforma en rire lorsqu'il croisa le regard faussement incendiaire du loup. Regard qui devint d'ailleurs brasier quand il percuta celui au reflet d'ambre.
Le sourire du bêta se fit carnassier tandis qu'il laissait tomber ce qu'il avait en main pour s'approcher de sa proie avec une lenteur calculée.
L'hilarité de l'humain s'étouffa face à ces prunelles incandescentes qui l'embrasèrent instantanément. Le souffle lui manqua sans qu'il ne soit capable de rien d'autre que d'observer son amant approcher, et ce, malgré l'instinct primitif qui s'éveilla au plus profond de son être, lui intimant de fuir. Mais non ! Fuir n'était pas une option. Il n'aspirait qu'à être dévoré.
— Derek…
La plainte s'était voulue menaçante, ce n'était rien de plus qu'un soupir impatient et suppliant.
Les lèvres du lycan se soulevèrent davantage à ce constat juste avant qu'il ne fonde sur lui avec une douceur indicible, enroulant ses bras autour de son amant comme pour le protéger de tout, les unissant dans un baiser gourmand comme s'il était son oxygène. Le respirant, le caressant, le dévorant.
Un grognement sourd et lascif émana du garçon ne faisant qu'affoler un peu plus les sens de l'ancien alpha. L'adolescent céda à son envie, l'attisa en rapprochant leurs bassins dans un besoin impérieux, amenant leurs désirs à se rencontrer. Ils ne pouvaient plus attendre.
Une surface dure dans son dos, les mains de son amant sous ses cuisses qui le soulèvent. Stiles était dans un autre monde, en apesanteur, hors du temps. Il ne vivait plus que pour ces mains sur son corps, ses lèvres sur les siennes et cet homme pour qui il pourrait tout donner.
— Merde ! Derek, j'ai trop envie de toi !
Le loup gronda à cet aveu. Il ne se contenait que difficilement, n'aspirant qu'à retrouver le corps de son humain et s'unir à lui dans le plaisir. Il lui suffirait de déchirer ce t-shirt pour enfin accéder à la peau pâle qu'il aimait tant et tracer du bout de la langue un chemin entre chaque grain de beauté la parsemant et pourtant… il ne savait que trop bien à quel point son compagnon adorait ce haut à l'effigie de Batman. Il devait s'exhorter au calme. Ils avaient tous le temps devant eux pour se redécouvrir et s'aimer.
Il reposa le garçon sur ses pieds avant de le délester lentement et sensuellement de son haut, effleurant au passage sciemment ses flancs qui se hérissèrent de frissons sous la caresse.
Sa voix rauque et basse s'éleva dans un halètement tremblant autour d'eux sans briser la bulle onirique dans laquelle ils s'étaient isolés du reste du monde.
— J'ai un programme pour ce week-end.
Stiles avait déjà le souffle court et ne savait plus très bien si c'était le mur qui le tenait debout où les mains qu'il avait posées sur les biceps de son amant tandis qu'il continuait de l'effeuiller méthodiquement.
— Ah oui ?
Le sourire de Derek s'agrandit. Il fit passer le maillot au-dessus de la tête du garçon qui accompagna le mouvement en levant les bras.
Sans plus attendre, il s'empara alors de la bouche déjà gonflée et rosie de leur passion, ravi de retrouver sa saveur unique qui affola ses papilles et son désir. Il se détacha à regret, plantant son regard dans celui de son compagnon, à portée de lèvres et de souffle.
— Te faire l'amour sur chaque meuble et dans chacune des pièces… Que les murs se souviennent de notre passion !
Le cœur de Stiles manqua un battement avant de cavaler dans une course folle.
— Je signe où ? haleta-t-il.
Il n'attendit pas la réponse pour plaquer sa bouche à celle de son amant qui gronda de plaisir face à cet assaut.
Sans plus attendre, les mains de Derek s'égarèrent sur le torse du garçon, descendant insidieusement vers le sud, ne manquant pas de maltraiter les aréoles plus sombres sur son passage, étouffant les gémissements qu'il provoquait d'un baiser paresseux. Sa course ne s'arrêta que lorsqu'il atteignit les boutons retenant le pantalon de son humain, qu'il fit sauter avec précision.
Le lycéen n'était pas en reste, rendant chaque attaque avec passion, chaque caresse, chaque coup de langue, de dents, chaque baiser, mêlant les soupirs de l'homme aux siens, frissonnant contre son corps tandis qu'il passait ses doigts sous le haut de son amant. Il effleura d'une main la peau tendre de son ventre tout en jouant de l'autre avec les petits cheveux sur sa nuque, avant de descendre vers ses fesses qu'il aimait tant. Il s'extirpa du baiser pour mieux enfouir son visage dans le cou de l'homme, soulevant doucement le bas de son t-shirt tout en explorant de sa bouche la peau à sa disposition, traçant son chemin jusqu'aux clavicules du loup qu'il savait si sensible à ses attentions.
Il délesta ce dernier du tissu avec empressement. Il était trop impatient. Son envie était presque douloureuse. Il n'aspirait à rien d'autre qu'au plaisir dans les bras de son compagnon.
« Te faire l'amour », avait dit Derek.
Pas « j'ai envie de te prendre », ce qui, au final, lui aurait tout autant remué les tripes… Et pourtant, les mots avaient ce goût d'éternité qui ne faisait qu'ajouter à son empressement. Il ne voulait rien d'autre que de communier à nouveau avec son homme. S'unir à lui pour mieux le retrouver, se rassurer dans ses bras et pour quelques minutes, ne faire qu'un.
À regret, le bêta s'éloigna du garçon pour mieux l'aider à le libérer de son carcan de tissu recouvrant son torse musclé.
Dans la manœuvre, un détail frappa l'homme dont les traits se figèrent avant d'arborer une myriade d'émotions trop nombreuses pour être reconnaissables.
À cette constatation, l'incendie dévorant les entrailles de l'humain s'éteignit brusquement, remplacé par un trouble sans nom. Avait-il fait quelque chose de mal ?
Le regard du loup s'adoucit tout aussi vite tandis que sa main, douce et fraîche, effleurait le cou de son compagnon qui frémit au contact.
L'adolescent ferma les yeux sous la sensation renversante de la pulpe des doigts sur sa peau tuméfiée. Ce n'était pas douloureux au contraire. C'était un baume, une ondée, un souffle apaisant.
Des lèvres tout aussi légères se joignirent à la danse, recouvrant d'amour la chaire maltraitée.
Le garçon attrapa le visage du bêta en coupe entre ses paumes pour l'obliger à affronter ses iris. Il savait à quel point son homme s'en voulait de ne pas l'avoir protégé de cette attaque.
— Je vais bien. Fais-moi aller bien, Derek.
Les sens du loup virevoltèrent à cet appel. Le regard de Stiles, son odeur, son visage, tout en lui n'était rien d'autre qu'en demande. Une demande qui parlait directement à l'âme du lycan.
Plus ému qu'il n'oserait jamais l'admettre, il fondit à nouveau sur ces lèvres gonflées qui l'envoûtaient plus que de raison et se donna pour mission d'honorer et vénérer son compagnon avec toute la puissance de ses sentiments.
Chaque caresse se fit délicate en dépit de sa force colossale.
Une patte de fer dans un écrin de velours… De quoi bouleverser les standards.
Impatient, il souleva à nouveau son amant et l'entraîna jusqu'au centre de la cuisine. D'un geste ample, il débarrassa l'îlot de tous les objets l'encombrant afin d'y déposer son précieux fardeau.
Le rire qui s'était emparé de Stiles face à son impatience disparut en même temps que son jean. Un volcan entra en éruption dans son ventre quand son amant le surplomba de toute sa splendeur et que ses lèvres le revendiquèrent.
— Tu es à moi.
— À toi seul !
