Chapitre 84 : You're Mine

Il faisait sombre lorsque Stiles ouvrit les paupières, le corps encore engourdi et l'esprit cotonneux.

Il s'étira entre les draps et observa dans la pénombre, la pièce qu'il ne reconnaissait pas. Il mit quelques secondes avant de se souvenir d'où il se trouvait ainsi que ce qui l'avait amené jusqu'à ce lit.

Il frissonna sans pouvoir s'en empêcher. Derek s'était montré insatiable. Après la cuisine, il l'avait entraîné sur le canapé, puis dans l'escalier avant d'initier une quatrième étreinte contre un mur. Épuisé, le lycéen avait dû sombrer dans le sommeil peu de temps après puisqu'il ne se rappelait de rien d'autre que de l'orgasme retentissant qui avait explosé en lui.

Sans mauvais jeu de mots, l'adolescent était vidé. Son amant avait dû le porter jusqu'ici.

Où était ce fichu loup à propos ?

L'oreille aux aguets, il discerna du bruit en provenance de l'étage du dessous.

Courbaturé, il s'extirpa des draps frais avec un gémissement désabusé. Seul un boxer recouvrait sa nudité, mais il n'avait pas la force de fouiller dans son sac pour en dénicher des vêtements. Les siens devaient être restés dans la cuisine de toute façon.

Il s'autorisa un détour par la salle de bain pour se rafraîchir avant d'entreprendre la descente des marches d'un pas rendu lent par ses muscles douloureux.

La lumière du jour était bien plus présente dans cette pièce grâce aux immenses baies vitrées qui laissaient pénétrer les derniers rayons du soleil qui commençait déjà à se coucher derrière les arbres surplombant le lac.

Derek était visiblement occupé à cuisiner, simplement vêtu d'un tablier noir qui ne cachait que peu de chose de son torse-nu. Un sourire éclaira le visage du lycéen qui s'approcha pour mieux profiter du spectacle, se hissant, en dépit de son corps récalcitrant, sur un des tabourets hauts encadrant l'îlot.

Son amant lui tournait le dos, s'activant de l'autre côté de la pièce.

Le menton dans sa paume, Stiles ne réalisa qu'à cet instant qu'il s'était totalement fourvoyé. Le bêta n'était pas simplement torse-nu, mais entièrement nu.

Il déglutit avec difficulté. Son homme était un fantasme en chair et en os.

Il avait dû l'entendre arriver, pourtant il ne quitta pas sa tâche, dos à lui comme pour lui laisser le temps d'admirer le balancement hypnotique de ses fesses fermes et musclées qui se mouvaient divinement au rythme de ses gestes.

Pourtant exténué, le corps du lycéen s'éveilla aussitôt, déformant le mince tissu de son sous-vêtement heureusement caché par l'ilôt.

— Bien dormi ?

La voix du lycan sortit l'adolescent de sa transe. Il réalisa alors que son amant lui faisait face, s'essuyant les mains sur son seul vêtement qui remonta outrageusement sur ses cuisses avant de s'avancer vers lui de sa démarche souple avec un sourire goguenard.

Le garçon lui offrit une mimique railleuse avant de se pencher par-dessus le plan de travail pour venir effacer l'expression moqueuse des lèvres déjà intactes de son compagnon en dépit des morsures qu'il leur avait infligées.

— Je n'ai pas une super endurance loup-garouesque, moi, mon cher Fluffy ! Je te préviens que si tu me tues d'extase, il faudra l'expliquer à mon père !

— Mourir de plaisir… c'est une fin enviable.

Le fils du shérif ne put s'empêcher de sourire en secouant la tête face à la réplique du loup-garou.

— Ci-gît, Mieczyslaw Stiles Stilinski, fauché dans la fleur de l'âge en plein orgasme.

Le bêta se figea à ces mots, observant avec attention son humain qui se redressa sur son siège, surpris par sa réaction. Avait-il encore dit une bêtise ?

— Quoi ?

— Tu l'as dit… C'est la première fois que tu dis ton prénom devant moi !

Le cœur de l'hyperactif eut un léger sursaut en prenant conscience de ses propres mots. Il ouvrit la bouche sans rien dire, choqué lui aussi.

Son prénom était devenu un temple à la mémoire de sa mère sans qu'il n'y prenne vraiment garde. Enfant, il avait eu tant de mal à le prononcer à l'instar de ses amis et de ses professeurs, qu'il avait fini par disparaître derrière un surnom et un patronyme. Il n'avait plus existé alors qu'avec la voix de Claudia, qui elle seule continuait de l'utiliser quand elle ne se servait pas de son diminutif. Aussi, lorsque la femme les avait définitivement quittés. Stiles avait voulu conserver dans sa mémoire les intonations douces et maternelles qui faisaient vivre ces notes qui auraient dû être dissonantes, mais qui formaient un prénom des plus harmonieux quand on savait comment l'épeler convenablement.

Dès lors, il n'avait plus jamais dénié l'utiliser. Le protégeant comme un trésor qu'il partageait avec l'ange veillant sur sa vie.

Aujourd'hui, le prononcer n'avait provoqué aucune douleur dans son cœur, comme si enfin, quelque part au fond de son âme, il avait trouvé la paix.

Quelque peu déboussolé, il refusa pourtant de donner plus d'importance à cet instant qu'il n'y avait lieu d'être. Il se gratta la joue avant d'offrir un nouveau sourire à son amant.

— Ouais ! Tu me l'avais demandé au tout début… Tu cuisines quoi ?

OK ! Changement de conversation peu habile, certes, mais efficace.

Dubitatif, Derek le toisa encore une longue seconde, avant de lui présenter un plateau chargé de… de bâton de riz ?

— Euh…

— Des sushis… les sashimis* sont au frais en attendant que je termine de préparer le sumeshi*. Tu veux m'aider ?

L'hyperactif ouvrit la bouche dans le but d'expliquer à son compagnon qu'il n'avait pas compris un traître mot de ce qu'il venait de dire, avant de se raviser en acquiesçant silencieusement. Peu importe ce qu'il confectionnait à vrai dire, il était volontaire pour lui prêter main-forte. Dans cette optique, il demanda à l'apprenti sushiman comment il devait s'y prendre.

Très vite, le cours de cuisine devint plus sensuel lorsque Derek se plaça dans le dos du lycéen pour guider ses mains autour du riz, son souffle frappant la nuque sensible du garçon qui ne pouvait pas ignorer l'érection de son amant contre ses fesses.

Comment le lui reprocher ? Il n'avait pas débandé depuis son entrée dans la pièce.

Des frissons recouvrirent son épiderme lorsqu'à nouveau les lèvres du loup s'aventurèrent sur son épaule, remontant jusqu'à son oreille qu'il mordilla, lui faisant échapper des plaintes de plaisir qu'il tenta de retenir entre ses dents.

— Encore ?

— Toujours !

Sans détour, l'ancien alpha lui fit lâcher le riz qu'il avait en main pour le modeler en bâtonnet. Sans se soucier de leurs paumes gluantes, il retourna son adoré pour sceller leurs lèvres, mêlant aussi bien leur passion que leur souffle avant de repartir à l'assaut de leurs corps si peu couverts.

oOo

— On gagnerait notre temps à rester nus.

Ils avaient atterri sur la balancelle à admirer le coucher de soleil puis le lever des étoiles, blottis dans les bras l'un de l'autre en grignotant les sushis que le loup avait finis de leur préparer.

Stiles s'était allongé, la tête sur les cuisses de son compagnon qui lui caressait les cheveux d'une main, tout en maniant ses baguettes de l'autre.

— C'est pas si mauvais en fait… pour du poisson cru, je veux dire !

Le lycéen avait abandonné ses baguettes, mangeant directement avec les doigts, affamé par leur corps à corps.

Derek souffla un rire. Vu la quantité que son amant avait englouti, il se doutait que le met était à son goût. Pas forcément son premier choix, évidemment, mais les nigiris* lui plaisaient, c'est tout ce qui comptait.

— J'en mangeais à minima une fois par semaine à L.A.

— Eh bien moi, c'est la première fois ! Encore une première fois avec toi…

Derek sourit avant de lui tendre une nouvelle bouchée de riz que l'adolescent coinça entre ses lèvres en plongeant un regard lascif dans le sien.

— Ne viens pas te plaindre que je t'épuise si tu me chauffes comme ça.

Stiles souffla un rire avant que son regard ne caresse les traits de son amant, des étoiles dans les yeux, le visage rayonnant. Il battit des cils, non pas pour le charmer, mais parce qu'il était simplement subjugué et bouleversé par la force de ses sentiments.

— Je t'aime.

Sa voix était basse, comme s'il lui confiait un secret.

Le loup répondit à son sourire, ne résistant pas au besoin d'effleurer sa joue, replaçant une de ses mèches.

— Tu m'as beaucoup manqué…

L'adolescent comprit sans mal le sens profond de ces mots. Ils vivaient ensemble et partageaient le même lit depuis près de deux semaines à présent. Le loup n'évoquait pas sa compagnie. Après les frayeurs de la maladie puis de l'attaque, ils avaient tous deux besoin de se rassurer dans les bras l'un de l'autre, de s'unir, de se crier leurs sentiments de façon non verbal. De se dire « je t'aime », ni plus ni moins, dans le silence de leurs baisers, dans la tendresse de leurs attentions et dans la mélodie de leurs gémissements de plaisir.

— Toi aussi.

Stiles se retourna lentement sur le ventre, faisant osciller la balancelle dans le mouvement.

— Ce truc me donne des idées tout sauf décentes, avoua le loup en se penchant pour cueillir les lèvres de son compagnon.

Il se redressa armé d'un sourire en coin affolant qui fit rater un battement au lycéen. Évidemment, le lycan ne manqua rien de son trouble et lui offrit un clin d'œil malicieux.

Merde… Il avait fini par dévergonder Derek Hale !

OK ! S'il voulait jouer, ils seraient deux.

— Oh, c'est vrai ! J'ai failli oublier tes tendances dominatrices ! Tu comptes acheter un sling ?

Derek leva les yeux au ciel, l'air faussement scandalisé.

— Si je me rappelle bien, celui de nous deux qui s'est retrouvé entravé, c'est moi !

— Oh oui, quel doux souvenir…

Une fois n'est pas coutume, l'expression coquine de Stiles n'avait pas pour but de le provoquer. Repenser à son amant menotté au lit suffisait à transformer son sang en lave. Son estomac se mit à voltiger de désir et sa virilité s'engorgea de façon visible sous le mince tissu de son sous-vêtement. Lui aussi était insatiable !

— Tu sais que ton excitation est presque irrespirable ?

— Ah oui ?

Stiles feignit l'innocence, relevant les jambes dans une attitude candide, il offrit son sourire le plus facétieux au loup avant d'effleurer la bosse déformant le boxer de ce dernier.

— Ma seule excitation, tu es certain ?

Derek grogna en fermant les yeux sous la paume qui le massait de façon sensuelle. Le sourire de Stiles s'agrandit alors qu'il soulevait l'élastique du sous-vêtement pour y perdre sa main, faisant gronder son amant un peu plus fort.

Il commença à le stimuler lascivement, passant volontairement son pouce sur l'extrémité plus sensible et déjà humide d'envie et fut plus que surpris quand les doigts de Derek se refermèrent durement sur son poignet pour l'éloigner.

L'ancien alpha attrapa son menton et joignit leurs lèvres, forçant l'humain à se cambrer davantage dans la manœuvre avant de se reculer, restant à portée de souffle, effleurant sa bouche de la sienne sans les lier.

— J'ai très envie d'une douche…

Sans un mot de plus, le bêta se leva provoquant l'oscillation du banc suspendu. Dans sa hâte à le suivre, l'hyperactif manqua d'ailleurs d'en tomber, déséquilibré par le mouvement, son compagnon le sauvant d'une chute douloureuse avant de le serrer dans ses bras en secouant la tête, à demi amusé par la maladresse de son humain.

Il attrapa à nouveau le menton de celui-ci pour l'embrasser avec un calme bouleversant qu'il était pourtant loin de ressentir. Ses iris étincelants de bleu par intermittence trahissaient le désir animal qui avait pris possession de son être. Il abandonna l'adolescent, encore étourdi par les sensations, pour se diriger vers l'étage.

Le temps que le fils du shérif reprenne ses esprits, Derek avait déjà gravi la moitié des marches.

Surexcité à la perspective de la douche crapuleuse qui l'attendait, le garçon ne s'attarda pas plus avant de courir à la suite de son amant. Il n'avait qu'une hâte, être à nouveau ébloui par le feu d'artifice qui ne tarderait pas à exploser en lui.

Ils réussirent à maîtriser leur fougue le temps de se laver mutuellement, mais très vite les mains savonneuses s'attardèrent plus longtemps que nécessaire, caressèrent plus qu'elles ne frottèrent, tandis que leurs langues se bataillaient pour la domination. Leurs peaux humides recouvertes de mousse glissaient avec ferveur contre le corps de leur partenaire, faisant se frictionner et s'entrechoquer leurs membres durcis d'envie.

C'était une joute pour le pouvoir, un jeu de contrôle et de patience. Rendre fou de désir son amant sans succomber soi-même. Offrir toujours plus, mais jamais assez jusqu'à ce que l'autre supplie pour la délivrance.

Stiles était à fleur de peau, les nerfs à vif sous les sensations bien trop envoûtantes qui le terrassaient chaque minute un peu plus.

Chaque effleurement, qu'il subissait, était une traînée de lave incandescente, chaque baiser un gouffre sans fond. Il n'était que gémissements et tremblements et si l'un ou l'autre ne se décidaient pas très vite, la partie serait finie pour lui avant même d'avoir commencé. Malheureusement, il était obstiné. Il voulait mener la danse. Être celui qui ferait chavirer son compagnon de plaisir. Depuis leur arrivée, le loup avait initié chacune de leur débauche. Pas cette fois. Il mourrait d'envie de lui faire perdre pied dans l'extase, lui faire quitter terre.

Un grondement appréciateur accompagna sa descente tandis qu'il s'agenouillait devant son amant. Il lui offrit son plus beau sourire, le visage beaucoup trop près du membre dressé d'impatience de son partenaire dont le souffle s'effila.

Il n'attendit pas plus avant d'honorer la peau humide, ne se lassant pas de la sentir frissonner sous ses doigts, se hérisser sous ses baisers et les muscles se tendre au passage de sa langue. Il prit une précaution extrême à ignorer l'apogée du désir de son amant, s'affairant sur son ventre et ses cuisses, retraçant l'os de son bassin, laissant ses mains divaguer sur ses fesses fermes avant d'emprisonner la chaire entre ses dents pour mieux la mordiller et la suçoter pour y faire apparaître de petites traces violettes qui avaient tôt fait de disparaître. C'était un tableau éphémère des plus beaux, n'apportant à ses marques que plus de valeur. Ne lui donnant qu'une envie : recommencer, encore et encore.

Il ne vivait plus que pour la musique voluptueuse qui échappait à son amant, fait de grognement sourd, de halètements empressés et de gémissement étouffé tandis que celui-ci jouait distraitement avec ses mèches, l'observant à la dérobée de son regard brillant et hypnotique.

— Stiles !

L'avertissement vibra depuis le torse du bêta lorsque son compagnon évita consciencieusement sa virilité une fois de plus.

— Hm ?

Le garçon lui offrit une moue prétendument innocente que l'éclat malicieux de ses prunelles trahit instantanément. Il prenait bien trop de plaisir à mettre son amant au supplice. Peu satisfait par la réponse, un véritable grognement animal résonna dans la pièce embuée avant que l'homme ne saisisse l'adolescent pour le hisser sur ses pieds. Il prit possession de ses lèvres pour mieux le dominer et força sa langue dans la bouche chaude de son amant qui ne réfréna pas un gémissement de plaisir lorsque la sienne se fit assujettir sans sommation dans une valse endiablée qui le laissa pantelant. Les paumes puissantes de l'ancien alpha se refermèrent avec force sur ses fesses pour mieux le ramener contre lui, faisant heurter leurs bassins avec fougue et une maladresse renversante.

— Ne joue pas avec moi !

Leurs souffles se mêlèrent sur cette supplique. Le lycéen se perdit quelques secondes dans le regard flou de l'homme, un sourire aux lèvres face à sa complainte. Il rendait les armes, s'avouait vaincu, s'offrait à lui dans tout ce qu'il avait de plus beau, vulnérable et sans armure. Une âme mise à nue.

À son tour de s'abandonner, de tout donner.

— Ferme les yeux, Fluffy !

Avant que le loup n'ait le temps d'obéir, Stiles se laissa à nouveau glisser au sol pour mieux s'emparer de l'érection de son amant, le faisant disparaître entre ses lèvres charnues sans aucune hésitation.

Derek se rattrapa à ses mèches qu'il enroula autour de ses doigts, des étoiles devant les yeux, le cœur aussi désordonné que son souffle erratique. Aucun pouvoir surnaturel n'aurait pu le sauver de l'ouragan qui dévastait tout son être. Anéanti par l'incendie de son plaisir, il ne maîtrisa pas le mouvement réflexe de son bassin qui commença à osciller à la recherche de la délivrance.

Le lycéen ne broncha pas, se laissant contraindre avec une excitation redoublée jouant de ses doigts pour offrir toujours plus de plaisir à son amant. Son regard assombri de désir soudé à celui bleu acier.

Finalement à bout de souffle, il immobilisa le bêta d'une paume douce, mais ferme sur sa cuisse robuste. En profitant pour titiller l'extrémité sensible de son partenaire du bout de sa langue mutine tandis que sa main prenait le relais pour malmener la longueur imposante du lycan.

Il ne lui fallut que quelques secondes pour reprendre son exploration du bout des lèvres, laissant sa bouche s'occuper d'une autre zone sensible et érogène plus en contrebas, arrachant un nouveau grognement sauvage et suave à l'ancien alpha.

Avec un sourire canaille, l'humain se lécha lascivement les doigts, les enduisant de salive sous le regard de braise de son compagnon. Une fois satisfait, il glissa sa main entre les cuisses de son adoré jusqu'à venir effleurer cet autre endroit sensible au plaisir que son amant n'était pas toujours prompt à offrir à ses attentions.

Sans cesser ses va-et-vient sur la hampe dressée de l'homme, il se mordit les lèvres avant d'y passer la langue, le rythme cardiaque rendu totalement anarchique par l'excitation.

— Me donnes-tu l'autorisation, Fluffy ?

— Oh bordel, oui !

L'hyperactif n'eut pas le temps d'être surpris par l'empressement évident du lycan que celui-ci, aux abois, guidait de sa propre initiative son plaisir entre les lèvres de l'humain qui l'accueillit avec un gémissement tremblant.

C'était si érotique que sa propre érection tressauta douloureusement. Il s'était rarement senti si excité et pourtant, avec Derek, son désir n'était jamais mis à mal.

Terrassé par la passion, il s'abandonna au soin de l'adulte qui referma ses paumes dans sa chevelure pour le stabiliser tandis qu'il allait et venait dans sa bouche.

Stiles en profita pour l'agacer du bout des doigts, faisant des cercles enjôleurs sur son antre, tandis que son autre paume s'affairait sur ses bourses contractées de plaisir.

La complainte du loup montait crescendo, envoûtant les sens déjà mis à mal de l'adolescent. Au bord de l'implosion, ce dernier récupéra sa main pour se caresser en cadence avec les coups de bassin de son amant avant qu'il ne prenne possession de lui avec précaution.

Un gémissement rauque et sourd se démarqua des autres à l'intrusion de cette première phalange, encourageant le lycéen à continuer son exquise exploration. Il glissa lentement en lui avant de s'immobiliser, laissant l'homme s'empaler lui-même sur son doigt au rythme désordonné et toujours plus rapide de ses hanches.

Un mouvement plus ample atteignit le fond de sa gorge, le surprenant et déstabilisant ses caresses. Il grogna d'appréciation avant d'ajouter son majeur à son index. Le bêta bascula la tête en arrière, accélérant le tempo de ses coups de reins, haletant, frissonnant sous les trop nombreuses sensations renversantes.

Il ne fallut pas longtemps à l'hyperactif pour repérer sa prostate qu'il fit son possible pour heurter à chaque mouvement.

Derek était totalement déconnecté de la réalité. Des étoiles lui dansaient devant les yeux. Un raz-de-marée le dévasta de l'intérieur, son sang s'était transformé en lave. C'était si bon. Trop bon. Comme une bulle de champagne qui éclate, son extase explosa dans ses entrailles et il eut à peine de temps de se libérer des lèvres de son amant avant que son plaisir ne jaillisse en long jet chaud que l'adolescent accueilli avec un sourire, les yeux clos, le visage offert. La luxure personnifiée.

Les jambes flageolantes, Derek se laissa choir au fond du bac. Il accueillit son aimé qui ne tarda pas pour se blottir dans ses bras. Le lycéen le caressa avec douceur et tendresse pour l'accompagner avec délicatesse au fil des répliques de son orgasme qui continuait à secouer son corps.

Pour tout dire, le loup avait l'impression que son cœur allait s'extirper de sa poitrine, le plaisir avait été d'une intensité inédite qui le laissait sans force, dévasté. Jamais il ne s'était senti à la fois si bien et si vulnérable.

Il se demandait comment son jeune amant pouvait lui faire découvrir de telles contrées sauvages et inexplorées en dépit de sa propre inexpérience.

Il quémanda sans honte un nouveau baiser, totalement bouleversé par les lèvres gonflées trahissant leur récente dépravation.

— Je t'aime, niño ! Putain, t'imagines même pas à quel point je t'aime.

Stiles souffla un rire avant de cacher son visage aux joues rougies contre son torse musclé pour s'y lover en ronronnant presque de bonheur.

— C'est toi qui parles ou l'orgasme que je viens de t'offrir ?

— Je te le dis très souvent ! se défendit Derek, piqué au vif.

Il expira lentement, remettant de l'ordre dans ses émotions tandis que son corps retrouvait un semblant d'apaisement.

— Laisse-moi encore deux minutes et je m'occupe de toi.

Il refusait de prendre son plaisir seul.

— Pas la peine, répondit le garçon dans un murmure étouffé contre sa peau.

Le bêta fronça les sourcils avant d'attirer son visage à lui, le sortant de sa cachette pour mieux l'embrasser.

— Comment ça ?

La rougeur sur les joues de son compagnon était tout simplement affolante, si bien que le lycan se sentit durcir aussitôt en dépit de son récent orgasme.

— C'était génial pour moi aussi. J'ai succombé en même temps que toi ! expliqua-t-il patiemment malgré son embarras.

Il était un paradoxe à lui tout seul. Il pouvait se montrer totalement décomplexé pendant leurs ébats et être intimidé et pudique l'instant d'après.

Le frisson qui le secoua, sortit Derek de ses pensées. L'eau se rafraîchissait au fil des secondes, signe que le cumulus n'avait pas résisté à leur passion.

Le bêta se redressa pour couper l'eau avant de prendre soin de son amant, le séchant et l'embrassant avec tendresse.

La nuit était tombée et les températures avaient baissé.

La fin de journée avait été intense et épuisante pour chacun d'eux. Ils avaient bien mérité une bonne nuit de repos, mais avant ça… le lycanthrope comptait bien s'acquitter de sa dette. Il devait un orgasme dévastateur à son amant.

Les draps étaient frais sur leurs peaux nues. Il n'avait pas encore étrenné le lit de leur passion. Ça ne saurait tarder.

oOo

*Sushi, sashimi, sumeshi, nigiri : Lexique tournant autour de la cuisine japonaise.

Les sushis désignent l'ensemble des mets japonnais associant du riz vinaigré et une source de protéine (poisson, fruit de mer, omelette...), il peut s'agir entre autre de maki, de sushi, de temaki etc.

Le sashimi est une lamelle de poisson cru qu'on peut déguster directement ou que l'on position sur le riz pour former des nigiris.

Les nigiris désigne ce qu'en Europe nous appelons "sushi", soit un baton de riz vinaigré surmonté d'une source de protéine (poisson cru, fruit de mer, omelette...)

Le sumeshi est le riz japonnais (je ne l'évoque pas mais le shari désigne le riz vinaigré, j'aurai pu aussi me servir de ce terme dans ma phrase).