Quand la pureté reste dans l'âme

La noble et moderne famille Black

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Chapitre 34 :

La famille Sørensen

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Lundi 19 novembre 1990

La maison des Tonks était remplie de cartons. La décision avait été difficile, mais l'Oncle Orion Black avait beaucoup réfléchit et aidé à la décision finale.

Derrière la maison où vivaient Walburga, Orion et Regulus, se trouvait une grande résidence qui tombait en ruine. Le propriétaire était décédé plus de dix ans auparavant et la ville n'avait pas trouvé d'héritiers.

Orion Black, en connaissance de cause, s'était rapproché de son conseiller financier à la banque de Londres afin de demander s'il était possible d'acheter le terrain.

Les Gobelins de Gringotts avaient alors communiqué par courrier avec les administrations moldues afin de savoir si un rachat du terrain était possible, et ce fut fort heureusement le cas. L'oncle jadis détesté par la femme de Ted leur présenta le projet et ils furent assez rapidement séduit par cette idée. La bâtisse fut donc reconstruite selon les vœux et préférences d'Andromeda qui, à l'aide d'Anastasia et Nymphadora, avait refait les plans de ce qui deviendra un Manoir.

Le grand jardin donnait sur un mur de pierre auquel ils rajouteront une porte et une sonnette afin d'accéder plus simplement à la maison des Black, sans compter les protections magiques qui les rendaient – aussi bien les jardins, les deux bâtiments et eux-mêmes – parfaitement invisible au monde extérieur. Ce fut Sergej qui proposa les services de sa famille de vampire afin de fixer certaines protections russes et méconnue en Angleterre. Nikolaï, Lena et Isaak avaient passé trois jours entiers à effectuer plusieurs charmes, litanies, sortilèges et rituels de protections qui s'ancrèrent dans le sol et tout ce qu'il y avait dessus.

Le Manoir avait été construit grâce à la magie, avec l'aide des nombres elfes des Potter et Prince. Nikolaï, Sergei, Isaak, Ted, Andromeda, Hardwin et Silius avaient ainsi terminé les travaux dans la nuit du dix-sept novembre et, en ce lundi, ils devaient déménager les quelques meubles et cartons défaits des sortilèges de contrôle posés par Dumbledore et amèrement remarqués par Arsène lorsqu'il était venu.

Tout avait été magiquement nettoyé et plus aucun sortilège n'était actif sur quoi que ce soit, afin d'entrer, de manière neutre, dans le nouvel endroit de vie. Cet endroit était d'ailleurs certainement trop grand pour cette petite famille de trois personnes, mais Orion disait qu'on ne savait pas de quoi la vie serait faite, et, qui sait, cela allait peut-être leur servir un jour.

Ornelia se fit un plaisir de s'incruster dans l'équipe le jour du déménagement afin d'aider et de conseiller Andromeda et Ted. Elle leur avait offert, malgré leur refus polis, quelques nappes et rideaux qu'elle avait faits au cours de sa vie. Elle leur expliqua qu'elle avait un grenier et un étage rempli de diverses choses qu'elle avait faite, sans compter tout ce que sa propre mère lui avait légué, et que Severus en aurait aussi quand il se serait décidé à réaménager son propre Manoir. La quantité décrite par la dame âgée semblait infinie et ils ne surent, finalement, que dire un grand merci.

Les parures étaient magnifiques et Andromeda avait réitéré plusieurs fois ses remerciements, ce qui combla la grand-mère d'un bonheur incommensurable.

Le Manoir Tonks était grand. Il comprenait un sous-terrain, un rez-de-chaussée, ainsi que deux étages. Le souterrain n'était pas – pas encore – aménagé à part les murs porteurs de la bâtisse, bien entendu. Au rez-de-chaussée se trouvait quatre tourelle à chaque coin, une grande bibliothèque, une salle de bain, une cuisine, une chambre d'invités, une salle à manger, la chambre d'Andromeda et Ted – ils avaient leur dressing et leur propre salle de bains ! – ainsi qu'un grand salon avec une cheminée.

A l'extérieur se trouvait une terrasse allant d'une tour à une autre, puis le grand jardin débouchant sur une petite porte, fermée à clefs de chaque côté, accompagné d'une sonnette moldue.

Au premier étage se trouvaient cinq chambres, dont une pour Nymphadora qui aurait aussi sa propre salle de bains, il y avait également un salon à l'arrière puis une grande salle de bains, sans compter deux pièces qui n'avaient pas encore de fonction et le second étage entièrement vide.

Nymphadora était certes adulte maintenant et pourrait très bien quitter le « petit » nid, mais elle savait que ses parents lui laisseraient ce fameux Manoir un jour. Ici, au moins, la petite famille serait en sécurité. Ne restait plus que la communication par Cheminée pour aller chez leurs amis, comme Severus avait fait installer chez lui, au Manoir Silverstone. En attendant que Sergej et Hardwin s'occupent du réseau, Andromeda et Ted empruntaient celui d'Orion et Walburga.

Une fois l'emménagement à peu près terminé, Andromeda songea à sa petite sœur, Narcissa. Elle avait promis qu'elle lui rendrait visite mais, avec son travail et les histoires à cause de Dumbledore, elle n'avait pas eu le temps de planifier le voyage. Elle décida alors de s'y rendre, le mardi 20 novembre, accompagnée de Nikolaï Meliov qui promit à un Ted peu rassuré de la lui ramener en vie.

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La neige était épaisse et dure, difficile à traverser en talons. Le climat était plus frais et froid qu'en Irlande ou encore Londres, c'était certain. Andromeda et Nikolaï venaient d'atterrir à Myra, soit à 230 Km environ au sud-ouest d'Oslo, la capitale de la Norvège. Il ne devait pas faire plus de -4 degrés, mais cela ne surprit pas Andromeda.

Ils marchèrent quelques minutes avant d'arrivée dans une rue totalement sorcière. Les protections anti-moldues s'étaient faites sentir, et Andromeda su donc qu'ils étaient bientôt arrivés.

Comment allait réagir sa sœur ? Qu'allait-elle faire, ou dire ? Elle n'avait aucune idée de son état d'esprit, si ce n'est qu'elle avait sincèrement remercié les Meliov de l'avoir sortie de « là ».

Ils arrivèrent dans une petite impasse, où trônaient, au milieu du magnifique paysage enneigé, sept grandes maisons dont deux entièrement faites de bois. Nikolaï la prit par le bras, et ils disparurent aux yeux de tous.

Elle n'avait pas vu cette maison, dans l'impasse, et pourtant elle y était bien. Elle était faite de pierres blanches et avait trois niveaux : une cave, un rez-de-chaussée et un étage. De l'extérieur, elle semblait moyennement grande, chaque niveau devait faire une petite centaine de mètre carrés. L'avant de la maison était fleuri par plusieurs rosiers et petits arbustes. Les haies cachaient les hauts murs séparant la bâtisse du reste du paysage et les sapins entouraient la maison de tous côtés. C'était calme, agréable et paisible. Tout ce qu'Andromeda appréciait. Elle vit les rideaux d'une des multiples fenêtres bouger et devina le visage de sa sœur qui alla finalement leur ouvrir.

- Andromeda ! fit la voix de sa jeune sœur.

Narcissa alla alors prendre sa grande sœur dans les bras, sans que la plus âgée ne puisse faire un seul mouvement. Étonnée à la fois par les habits, la voix et l'apparence de sa petite sœur, Andromeda ne su quoi dire et caressa doucement le dos de sa sœur.

- Je… je… je suis contente que tu sois là, fit Narcissa en embrassant sa sœur sur la joue. Tu m'as manqué. Allez, venez, entrez avant de geler sur place !

Les trois personnes entrèrent alors dans la maison et s'installèrent dans un petit salon, devant le feu de cheminée. La décoration était jolie et des photos de Drago, sous sa nouvelle apparence, trônaient un peu partout avec leur nouvelle famille.

- Je vous présente un peu la famille ? proposa Narcissa qui avait vu le regard de sa sœur se poser sur les différents cadres.

- Avec plaisir, répondit Andromeda.

- Alors, nous avons fait, grâce à Nikolaï et Isaak, un rituel de sang et de rattachement familial lié à l'ADN. J'ai ainsi de nouveaux… parents, finit-elle en grimaçant.

- Ils ne sont pas bien ? demanda alors sa sœur.

- Oh que si… ils sont adorables, un peu envahissants par moments. Je n'ai pas trop l'habitude… enfin. Mon père s'appelle Esaias Eystein, il est né la même année que tante Walburga, en 1925. Inez Victoria Erykzonnn, mariée Eystein, née en 1930 est donc devenue ma mère. Esaias était le roi de Norvège, pour les sorciers bien sûr, jusqu'en 1988. J'ai deux grands frères, Samuel, né en 1948, et Justus né en 1950 qui a récupéré le trône de son père, enfin, de notre père. Il y a aussi Borghild qui a deux ans de plus que moi je crois, puis ma petite sœur Svea, qui a deux ans de moins que moi. Enfin, Drago, enfin je veux dire Jonas maintenant, a donc un cousin et deux cousines de son âge sans compter les autres, qui sont plus âgés. Ah et ils ont décidé de me marier, officiellement, avec Jörn Sørensen, qui est le petit frère d'Anja, la femme de mon frère Justus. Cet homme est adorable. Nous vivons ensemble mais chacun de notre côté, mais j'avoue que je commence déjà a avoir des sentiments pour lui… termina timidement Narcissa.

- Nous avons donc fait le bon choix, conclu Nikolaï en hochant de la tête.

- Oui, confirma Narcissa. Ils sont très attentionnés et nous ont beaucoup gâté. J'avoue ne pas être habituée à toutes ces attentions et cela fait chaud au cœur, surtout en sachant qu'ils font cela gratuitement et par amour… je n'aurais jamais imaginé rencontrer des personnes aussi généreuses. Je ne sais pas comment vous remercier, Lord Meliov.

- Simplement en étant heureuse, Lady Sørensen, fit solennellement Nikolaï. Mais comme je l'ai déjà dit, essayez donc de me nommer par mon prénom. Les familles Sørensen et Eystein sont des amis proches de notre famille, vous savez.

- Oui… désolée, Nikolaï.

- Pas de soucis ! répliqua le vampire en riant subitement. Bien, jeunes dames, je vous laisse ensemble, je vais aller voir Esaias de ce pas. Andromeda, je viendrai vous chercher dans deux heures.

- Merci, Nikolaï, firent les deux femmes d'une même voix.

Andromeda écouta attentivement les histoires de Narcissa, son arrivée en Norvège, les soucis dû au climat, la vie de son fils. Jonas semblait n'avoir eu aucun soucis avec sa nouvelle apparence, mais il avait eu énormément de mal à se sociabiliser et les premiers mois furent difficile. Habitué à recevoir des coups pour un oui ou un non, il avait craint Jörn qui, au contraire de Lucius, était certes un homme strict mais adorable et attentionné qui détestait les punitions physiques. Et cela, il mit du temps à le faire comprendre à son nouveau protégé.

Jonas était devenu un préadolescent de taille moyenne, les cheveux châtains comme Narcissa et les mêmes yeux bleus. Et il s'était lié d'amitié avec les jumeaux Stella et Oliver, qui avaient le même âge que lui.

Andromeda expliqua ensuite à sa sœur les manigances de Dumbledore, ainsi que sa volonté d'accéder à l'héritage de Lucius.

- Tu sais, même si son héritage était important, il ne m'intéresse pas. J'ai pu récupérer l'argent de mon propre coffre, le seul d'ailleurs que j'ai pu préserver de Lucius et du Seigneur des Ténèbres, avant de venir ici. J'ai commencé, grâce à Inez, à faire du tricot et à revendre ceux qui sont vendables via un site internet à des moldus. Heureusement que Jörn s'y connait, parce que tout cela me paraissait bien compliqué. Puis il y a des sortes de brocantes du côté sorcier, et ma sœur Svea tient un stand à Oslo deux fois par an, donc il est prévu qu'elle y vende ce que j'aurai fait d'ici là. C'est assez mal vu ici aussi, pour une mère, de travailler. Du coup, je me contente de cet argent de poche. Puis j'ai une petite serre aussi, où je fais pousser quelques plantes typique de Norvège, pour les revendre à certains laboratoires.

- Sérieusement ? fit Andromeda.

- Oui, pourquoi ?

- Hm… je connais un laboratoire en Irlande, qui serait peut-être intéressé… je peux leur en parler ?

- Bien sûr !

- Super. Dis… je pourrais avoir une copie d'une de tes photos ? Ca me ferait plaisir de pouvoir en avoir une… hésita Andromeda.

- Bien sûr mais… tu… tu veux bien tout de même rester ma grande sœur ? demanda Narcissa, vraiment hésitante quant aux mots à utiliser. Bellatrix est devenue totalement folle du Seigneur des Ténèbres, elle en est devenue méconnaissable et bien que je fusse amoureuse de Lucius, mes sentiments se sont estompés peu après le mariage lorsque j'ai vu son vrai visage. Il était certes doux, par moments, mais cela se faisait de plus en plus rare, surtout lorsque le… Maître… est venu à la Maison. Il n'a plus été pareil, après. Il… est devenu encore plus violent et… enfin…

- Ne t'inquiète pas, petite sœur. Je serai là pour toi. On fait tous des erreurs et tu as été guidé par nos parents, je n'ai pas été là pour toi…

- J'ai refusé de t'écouter ! s'écria Narcissa. Tu m'avais prévenue, tu m'avais dit de faire attention, mais je ne t'ai pas écouté…

- On ne peut pas revenir en arrière, petite sœur. J'ai renoué les liens avec Orion et Walburga, qui m'ont reprise dans la famille Black, tu sais ?

- Oui, j'ai cru comprendre…

- Ils ont pas mal changé, et il leur faut une famille, près d'eux. Nous avons dû nous protéger de Dumbledore et nous avons donc déménagé, hier.

- Vous avez dû quoi ? fit Narcissa, surprise. Vous protéger de Dumbledore ? Mais c'est pourtant l'opposant de Tu-Sais-Qui !

- Il n'est pas aussi bon que tu le pense, fit tristement Andromeda. Enfin, nous t'expliquerons tout plus tard. En tous cas, la maison d'Oncle Orion et de Tante Walburga est maintenant reliée à la nôtre et nous sommes sous fidelitas, donc tu pourrais passer avec Jonas et ton époux, un jour, lorsque tu seras prête, mais il te faudra faire un rituel avec Sergej afin de lier ton esprit si jamais quelque chose arrivait et que quelqu'un tentait de s'accaparer tes souvenirs. Serais-tu d'accord ?

- Bien sûr, répondit sérieusement Narcissa. Je me rends compte que certaines valeurs sont erronées, en fin de compte, et j'ai bien retenu ce que les Meliov m'ont dit, sur la pureté du sang et je dois avouer que je n'avais jamais réfléchis au véritable sens que tout cela avait.

- Est-ce qu'ils t'ont dévoilé la véritable devise des Black ?

- Non, ils ont dit que tu me la transmettras…

- Oui, nous l'avons découvert grâce à la Doréa et Anastasia.

- Anastasia ?

- La petite-fille de Lucretia, tu la rencontreras certainement un jour, elle a le même âge que… Jonas. Enfin, la devise, dans son entièreté, je vais te l'écrire :

« Toujours purs, ton âme sera. Aimant les créatures, ton cœur au monde s'ouvrira. Haïssant la guerre, ton prochain comme toi-même tu aimeras. Durant ton ère, ton élégance se montrera. »

- Oh, punaise, fit Narcissa en mettant ses mains devant sa bouche. Oh, Merlin… Si Père avait lu cela, il aurait cru à un canular.

- Assurément, répliqua Andromeda en riant doucement. Mais c'est bien la véritable devise. Elle a été découverte dans un des Manoirs familiaux ainsi que sur de vieux documents que plus personne n'avait relu depuis des centaines d'années et simplement légués de génération en génération par pure tradition. Ce sont les enfants de Doréa qui ont tout bien trié et remis au goût du jour. Ca a été un choc pour tout le monde, je pense. La devise n'a pas encore été donnée en public, nous attendons un peu, tout comme ma reconnaissance en tant que née Black n'est pas encore connue. Il y a… des affaires en cours dont je ne peux pas te parler, mais… quand tout sera réglé, ou lorsque tu auras fait le rituel des Meliov, tu comprendras mieux.

- Oh, ne t'inquiète pas. J'ai assez de choses à penser en ce moment et je préfère me concentrer sur la famille ici… désolée.

- C'est normal, petite sœur, et j'en suis heureuse. Je n'aime pas te cacher autant de choses, il y a aussi une bonne partie que mon entourage me cache, mais… j'aimerais que l'on rattrape le temps perdu, avant… si… si tu veux bien de nous dans ta vie, bien entendu.

- Bien sûr, j'en serais heureuse, grande sœur.

Les deux femmes se prirent dans les bras, et furent seulement interrompues lorsque Jonas et Jörn revinrent de la ville. Jonas se présenta timidement à Andromeda et ils discutèrent un moment, avant que Nikolaï ne revienne chercher Andromeda.

Les retrouvailles s'étaient bien passées, finalement, et Andromeda en était ressortie bien plus souriante et sereine qu'elle ne l'aurait jamais pensé. Elle retrouvait enfin une partie de sa famille… et c'était un beau cadeau.

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Poudlard, jeudi 22 novembre 1990

Le professeur Snape venait de terminer le dernier cours de sa dure journée, ou du moins, ceux pour Poudlard. Epuisé et pensif, il rentra chez lui les sourcils froncés. Le temps passait un peu trop rapidement à son goût et il n'avait pas eu le temps de se préparer pour le cours du soir même, en Irlande. Heureusement, il ne commençait qu'à 20h30 mais ces rituels à base de plantes et potions épuisaient définitivement ses forces journalières.

Il soupira en allumant le feu de cheminée. Il avait su par Andromeda que Narcissa avait une serre et s'en servait afin de cultiver des plantes spécifiques au climat norvégien. Il en avait parlé avec Hardwin, qui avait immédiatement accepté l'offre de la jeune mère. Ils avaient donc rédigé un courrier officiel, aux noms de Lord Potter et Lord Prince, acceptant d'acheter un certain nombre de plantes et de fruits et de la rémunérer selon la qualité du produit. D'après Andromeda, cela aiderait sa petite sœur qui aurait ainsi l'impression de se rendre utile. Et elle ne savait pas encore à quel point elle allait être utile dans le monde des potions… Il sourit à l'idée de nouvelles créations qui s'offraient devant eux, de part les particularités des différentes plantes norvégiennes, d'autant plus qu'elle essayait, apparemment, de cultiver certaines plantes suédoises et que cela semblait plutôt bien parti.

Ils avaient déjà commandé dix kilos de cônes sanguins – les fruits de conifères norvégiens nommés Tulosøn, connus du côté sorciers –, deux kilos de draba artica rouges – fleurs dont le cœur, combiné à d'autres ingrédients, pouvait devenir un anesthésiant puissant –, et de la poudre de cardamine nymanii blanc – dont les pétales blancs seraient hypothétiquement utiles dans les potions contre les rhumatismes – et ils attendaient des échantillons de Cassiope tetragona roses qui pourraient compléter les bienfaits de certains baumes ainsi que quelques échantillons d'eriophorum dont on pouvait fabriquer du coton et de la soie selon les graines.

Quant aux jumeaux Weasley, ils avaient dorénavant déterminé l'ensemble des ingrédients nécessaires à la confection des potions et pâtes de leurs création. Bien que, logiquement en tant que professeur, Severus ne devait pas les encourager dans cette voie – dixit Dumbledore – le professeur de Potion leur permettait, discrètement, de créer ces farces durant certaines retenues.

Ils avaient ainsi créé des muffins qui faisait changer la couleur des yeux en rose fluo et colorait momentanément la peau – durant au minimum deux heures et allant jusqu'à 48 heures d'effet selon le dosage –, du jus d'orange qui faisait faire des renvois à la victime durant une demi-heure par verre bu, les boîtes-à-flemmes qui réunissaient cinq bonbons avec leurs antidotes – un pour déclencher des vomissements (deux heures d'effets), un afin de déclencher une éruption cutanée sur tout le corps dont beaucoup de furoncles (indolores) qui disparaissaient après douze heures, un déclenchant un teint verdâtre et des tremblements incessants durant une heure, un quatrième faisant sortir de la vapeur orange et nauséabonde par les oreilles et la bouche toutes les dix secondes et un cinquième qui faisait pousser des plumes multicolores sur la peau.

Ils avaient encore beaucoup de projet de farces et, bien sûr, les tests se faisaient à Poudlard sur les autres élèves.

Puis il y avait la préparation du Procès avec un grand P. Il n'avait pas eu de nouvelles de Sirius depuis quelques semaines, mais il savait que Lord Black lui transmettait régulièrement des affaires et de quoi se nourrir au moins un minimum.

Azkaban était horrible. Terrible. Ce n'était pas une sanction sans intérêt, alors pour une personne innocente…, cela devait être l'enfer, dans tous les cas.

En réfléchissant bien, il avait pu approuver la décision de Lord Black : Sirius n'avait certainement pas délivré ses amis à Lord Voldemort. A cette époque, le Seigneur des Ténèbres disait bien avoir un espion autre que Severus dans l'Ordre du Phénix… mais qui ? Du quatuor des maraudeurs cela ne pouvait être que Lupin ou Pettigrow. Il secoua la tête alors que l'horloge sonna dix-neuf heures. Il aurait dû se rendre dans la Grande Salle, mais l'envie n'y était pas. Il alla donc concocter quelques potions pour l'infirmerie puis se doucha, avant de disparaître pour l'Irlande où un long cours l'attendait.

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Albus Dumbledore rageait. Il n'avait toujours pas eu de déblocage des comptes Potter. L'inventaire ne pouvait pas durer aussi longtemps, si ? Et cette histoire d'héritage de Lucius, où étaient passés les Tonks, sérieusement ? Il avait tout essayé. En passant par un rituel de détection d'un fidelitas au pistage de la famille mais rien. Absolument rien. Il n'avait pas non plus réussi à croiser Andromeda ou encore son mari où que ce soit, alors qu'il connaissait leurs endroits favoris sur le bout des doigts. Devait-il faire une annonce de disparition ? Oui… oui, c'est ce qu'il devait faire.

Il quitta alors le château, en cette sombre soirée du mois de novembre, afin de se rendre au Ministère.

- Que faites-vous ici, Lord Dumbledore ? l'interpella Mrs Bagnold, la Ministre de la Magie.

Millicent Bagnold souhaitait justement quitter le Ministère, en cette heure tardive, afin de rejoindre sa propre famille. Mais trouver cet homme dans le Hall l'avait légèrement déconcertée.

- Oh, chère Millicent, enchanté de vous voir en cette soirée !

- Je me nomme Lady Bagnold pour vous, mon cher, fit la Ministre avec un faux sourire collé sur le visage. Que nous vaut l'honneur de cette visite ? Il n'y a pourtant aucune réunion du Magenmagot, ce soir.

- Oh mais rien, très chère amie, simplement une légère inquiétude dû à l'absence de nouvelles d'une famille qui est chère à mes yeux.

- Les services des Aurors sont fermés, à cette heure, et votre statut ne change en rien le règlement, Lord Dumbledore, fit Mrs. Bagnold sur un ton faussement amical.

- Ne vous inquiétez donc pas, je vais retrouver mon ami de ce pas.

- Votre ami ? répéta la Ministre en haussant un sourcil.

- Alastor Maugrey, Mrs.

- Les disparitions ne dépendent guères de son département juridique, et je vous recommande vivement de quitter les lieux et de revenir demain à la première heure.

- Cela ne peut pas attendre, Mrs..

Un bruit de bâton frappant le sol se fit entendre.

- Que se passe-t-il, ici ? grogna l'auror.

- Ah, Alastor ! Justement, je voulais te parler.

- Que se passe-t-il ? répéta l'homme apparemment de mauvaise humeur.

- Les Tonks ont disparus, et…

Mais sa phrase fut interrompue par le rire puissant des deux personnes qu'il avait devant lui.

- Disparu depuis une heure ou deux ? se moqua Bagnold. Cher Lord Dumbledore, je vous prie de quitter les lieux maintenant. Cette discussion n'a pas lieu d'être.

- Mais…

- Lord Tonks vient de quitter le Ministère et Mrs. Tonks est partie avec sa fille il y a deux ou trois heures, expliqua Maugrey, et ils étaient en pleine santé. Maintenant, si vous voulez bien, j'aimerais rentrer chez moi.

Maugrey quitta alors les lieux, en plantant Dumbledore au milieu du grand Hall face à la Ministre de la Magie. Sans aucun mot, la Ministre l'intima de suivre le mouvement et le suivit jusqu'à la sortie, avant de disparaître à un coin de rue, laissant Dumbledore seul, en plein Londres, se demandant ce qu'il se passait réellement autour de lui.

Dubitatif, il retourna sur les lieux de l'ancienne bâtisse des Tonks. Il n'y senti aucune magie, aucun bouclier protecteur et ne voyait absolument rien à part la maison habituelle, cachant celle des Tonks. Où étaient-ils ? Ils n'avaient pas pu déménager, car il l'aurait su, grâce à ses sortilèges. Il ne comprenait rien. Absolument rien.

Et surtout… pour quelle raison seraient-ils parti ? Et pourquoi ne voulaient-ils pas lui donner l'héritage d'une famille maudite et noire jusqu'au plus petit pore de la peau ?

Il appela alors son phénix afin de rentrer au château et prit son hydromel favori afin de réfléchir plus sereinement. La nuit portait conseil, disait-on.

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Mardi 27 novembre 1990, Poudlard, bureau directorial

La nuit avait été glaciale. Albus avait dû participer au tour de garde à Privet Drive, bien malgré lui. La personne devant le faire étant malade, il avait dû se résigner à se rendre là-bas. Il n'y était pas retourné depuis le mois d'octobre de l'année 1981 à vrai dire, et cela ne lui avait pas manqué.

Le quartier était toujours aussi « normal » et ennuyeux. La neige avait recouvert les rues et les trottoirs, les rideaux et volets des diverses maisons avaient été tirés.

Il avait pu apercevoir deux garçons s'amuser dans la maison du n° 4 et avait sourit. Harry avait décidément une merveilleuse enfance et il avait fait le bon choix. Heureusement, d'ailleurs, qu'il avait pensé à brider la magie qu'il y avait dans ce petit corps sinon les moldus auraient plus mal réagit …

Il sourit devant les ombres qui bougeaient et qu'il apercevait tant bien que mal au travers des rideaux.

Rien d'anormal n'avait eu lieu et il avait pu rentrer sereinement. Aucune trace de magie noire, aucune trace de Tom dans les parages. C'était une bonne nouvelle.

Il n'avait cependant pas eu de réponses concernant les Tonks. Il avait continué à se rendre au Ministère régulièrement, tentant en vain de les croiser dans les couloirs, il en avait même délaissé Poudlard, et Minerva le lui avait fait remarquer.

Il aurait pu employer la manière forte et manipuler un ou deux Gobelins afin d'accéder aux coffres des Malefoy, mais cela aurait été bien trop simple. Et il y avait aussi le fait que la banque de Londres lui avait, plus d'une fois, interdit l'accès aux synthèses de comptes de ses employés et il n'en comprenait pas la raison. Les précédents employés, partis en retraite, avaient toujours été d'accord avec lui et lui avaient laissé l'accès libres aux synthèses sous prétexte qu'il valait mieux prévenir que guérir. Bien entendu, il ne pouvait pas voir les ordres ou les lieux de dépenses, mais il pouvait voir combien d'argent possédait ses employés et c'était tout à son honneur de prendre soin de ses employés aussi indirectement soit-il, pensait l'homme.

Il soupira.

Trop de questions demeuraient sans réponses, et cela le perturbait. L'an prochain, le petit Harry Potter entrera à Poudlard, et il se devait d'avoir toutes les cordes en main pour approcher cet enfant et faire de lui ce que le monde entier attendait : le Sauveur du peuple sorcier face à Lord Voldemort.

Son regard s'attarda sur le perchoir vide de Fumseck. Pourquoi disparaissait-il aussi souvent, depuis son retour ? Pourquoi n'avait-il pas répondu à ses appels alors qu'il était enfermé aux Etats-Unis ? L'oiseau partait bien souvent en vadrouille, le laissant vagabonder seul dans les couloirs de son école.

La nuit avait été longue, et il était fatigué mais toutes les questions qu'il se posait l'empêchait de dormir, sans compter les soucis et l'organisation de la fin d'année qui commençaient à poindre le bout de leur nez.

Un hibou aux plumes trempées frappa violemment de son bec sur une des vitres puis entra avant de laisser tomber une lourde lettre sur le bureau directorial et de repartir aussitôt.

Dumbledore prit alors la missive puis la décacheta. Que pouvait bien lui vouloir le Ministère?

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« Lord Dumbledore,

En qualité de Maître et président du Magenmagot, je me dois de vous écrire cette missive dans le cadre de mon futur départ du Ministère de la Magie, pour une retraite bien méritée me semble-t-il.

Vous connaissez nos lois, nos priorités, notre volonté de faire régner l'ordre et de protéger notre peuple. Vous avez participé aux dernières réunions avec entrain, concentration et aviez des questions et remarques pertinentes, et ce, à tous les niveaux.

De par votre expérience et vos qualités, je me vois donc vous proposer, pour l'année suivante, le poste de président du Magenmagot.

Vous êtes au nombre de deux candidats probables pour ce poste, et j'aimerais, si cela n'est point trop vous demander, une réponse de votre part en date du 15 décembre prochain.

Je suis conscient que l'on vous a également proposé le poste de Ministre de la Magie, lorsque Lady Bagnold viendra à terme de son mandat. Dans le cas où vous viendriez à accepter le poste de Ministre, sachez que vous ne pourrez pas occuper de poste supplémentaire au sein de notre Ministère.

Dans l'espoir d'une réponse positive et amicale de votre part, veuillez accepter mes meilleures salutations,

Lord Maître Dr. Pr. William Wellbeloved

Président du Magenmagot depuis 1957

Docteur en Droit Pénal

Docteur en Langues Étrangères »

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Un léger sourire se forma sur le visage fin et long du Directeur. Il avait refusé le poste de Ministre, préférant travailler dans l'ombre pour le Bien. Puis il y avait Poudlard, qui était sa maison, en quelque sorte. Le poste qui se présentait dorénavant à lui, lui plaisait bien à vrai dire.

Oui, il pensait sincèrement accepter le poste.

Ce sera du travail supplémentaire, mais après tout, cela lui servira dans le futur. Alors oui, la décision était prise. Il accepterait le poste tout en sachant qu'il serait meilleur responsable que le second candidat peu importe son identité.

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