Chapitre 86 : I Want You

Ils profitèrent du dimanche pour se reposer, troquant la fougue et la passion contre la tendresse et la paresse, se délectant de ne rien faire à condition de le faire ensemble.

Se réveiller aux premières lueurs du jour sous les caresses aussi légères que le vent de leur amant en guise de bonjour.

Cuisiner en binôme.

Discuter de tout, mais surtout de rien.

Se promener.

Se prélasser.

Se dépenser… Du moins, concernant Derek qui avait décidé de faire un peu de musculation au plus grand bonheur de l'adolescent qui ne s'était pas gêné pour profiter du spectacle.

S'aimer, enfin, sans limites.

La journée s'était terminée bien trop vite à leur goût, si bien que la nuit tomba sans qu'ils ne le réalisent vraiment. Le croissant de lune avait illuminé une énième étreinte passionnée avant qu'ils ne se laissent aller à rêvasser dans les draps défaits.

Stiles était entièrement nu entre les bras de son amant, apaisé et calme comme rarement il ne l'avait été. Distraitement, il faisait danser ses doigts sur le torse du loup, l'esprit ailleurs, tandis que celui-ci faisait de même sur son flanc, s'amusant à relier ses grains de beauté pour en inventer les constellations.

Il n'avait tous deux que trop conscience que leur aparté coupé du monde touchait à sa fin. Ils avaient décidé de partir tout de suite après le déjeuner, le lendemain, afin de profiter de l'après-midi et de la soirée avec Noah qui avait promis de ne pas travailler à l'occasion de Memorial Day.

— Stiles ?

— Hm ?

Les intonations de Derek résonnèrent dans le silence de la pièce, à la fois vulnérables et déterminées.

Sous sa paume, il sentit les muscles de son compagnon se tendre de nervosité et son pouls s'affoler. Les doigts qui jouaient paresseusement avec ses mèches s'étaient figés. Il n'en fallut pas plus à l'humain pour revenir à l'instant présent.

L'inquiétude prit toute la place.

Il releva la tête de l'épaule de son homme pour croiser son regard. Ce dernier lui offrit un timide sourire avant de lui embrasser le bout du nez. Enfin, une expiration lourde s'évada de ses lèvres lorsqu'il rompit le contact visuel.

— OK ! Tu me rends nerveux !

Rien ne pouvait justifier le brusque changement d'attitude du lycan. Envahi d'angoisse, l'adolescent se tourna complètement sur le ventre. Derek écarta le bras pour le laisser manœuvrer avant de reposer sa paume sur sa peau, dans la cambrure de ses reins.

Le lycéen fit courir sur le visage sérieux de son amant un regard concerné, caressant chaque courbe, essayant de le déchiffrer sans y parvenir. Sa main effleura la barbe rugueuse et le bêta ferma les yeux sous la douceur de ce geste pourtant simple.

Il ressentait le besoin de réconforter son compagnon sans savoir comment s'y prendre. Il se connaissait, s'il ouvrait la bouche, l'appréhension lui ferait dire tout et n'importe quoi, mais il n'avait aucune envie de déverser un flot de paroles dénué de sens. Il embrassa amoureusement chaque courbe, chaque trait, chaque arête du visage de l'ancien alpha, les redessinant de la pulpe des doigts jusqu'à les détendre un à un. Avec un sourire pacha, l'architecte se laissa faire, savourant avec plaisir la délicatesse de son humain.

Lorsqu'il rouvrit les paupières, il était plus déterminé que jamais.

Il l'embrassa à son tour, plus profondément, presque suavement avant de planter ses iris dans ceux de son amant. Sa paume se referma en coupe sur une des joues pâles du garçon qui baissa les cils de plaisir, un sourire aux lèvres.

Dans cette ambiance douce et câline, le loup laissa son désir prendre corps et résonner autour d'eux, provoquant un raté à son propre rythme cardiaque.

— J'ai envie de toi !

Un soupir au milieu de la nuit. Un souffle tremblant d'intensité. Un aveu vibrant de promesse.

Un rire échappa à Stiles, rasséréné malgré lui. Il l'embrassa sans attendre, le goûtant du bout de la langue, se repaissant de sa saveur unique, mordillant ses lèvres avant de le libérer.

— Tu m'as fait peur. Tu sais bien que je suis toujours partant.

— Non ! Tu ne comprends pas…

Il soupira… pourquoi était-ce si dur ?

J'ai envie de toi ! Vraiment ! répéta-t-il avec plus d'assurance.

— Oh !

L'hyperactif sentit ses joues chauffer tandis qu'il rougissait violemment. L'intensité dans le regard du lycan ne laissait aucune place à l'interprétation.

— T'es sûr ? Je veux dire… merde, j'en ai grave envie aussi, mais je pensais que toi… enfin que ce n'était pas ton truc, ce que j'ai fini par accepter, tu sais ! Je ne voudrais pas que tu te forces ou que tu te sentes obligé parce que…

Derek mit fin à son discours en le bâillonnant de ses lèvres, étouffant le soupir d'aise qui échappa à son partenaire tandis qu'il enroulait ses paumes à sa nuque.

— C'est toi qui me rends nerveux, maintenant !

— Pardon.

Son sourire était perceptible dans sa voix.

Avec passion, il les entraîna dans un nouveau baiser. Il se redressa sur ses avant-bras et emmêla leurs langues avec fougue avant de mordiller la lèvre inférieure de son loup dont le gémissement résonna contre son palais.

Stiles était affamé. Il ne voulait rien d'autre qu'offrir à son amant un moment inoubliable, mais pas à ses dépens.

Pour l'heure, il ne souhaitait que lui communiquer toute la force de son amour, sans concession.

Ses mains se faisaient déjà impatientes, parcourant sans retenue le visage de son compagnon, emprisonnant ses joues en coupe entre ses paumes, avant de les laisser s'égarer sur le corps à sa disposition.

En quelques secondes à peine, la température dans la pièce augmenta de plusieurs degrés.

L'adolescent s'installa à califourchon sur ses hanches, faisant se heurter délicieusement leurs érections. Il échappa à son tour une complainte de plaisir sans cesser de l'embrasser.

Son empressement propagea l'incendie qui couvait en lui, embrasant le sang du loup qui se joignit sans attendre à sa danse fiévreuse et sensuelle. Timidement d'abord, puis, oubliant ses craintes, la retenue l'abandonna. Il refusait de se laisser contrôler par l'appréhension. Il avait une confiance aveugle en son partenaire. Il ne lui en fallut pas plus pour lâcher prise définitivement.

Le monde s'effaça autour d'eux jusqu'à ce qu'il n'existe plus rien si ce n'est leur étreinte, de leurs mains s'explorant encore et encore avec impatience à leur baiser qui semblait s'étirer à l'infini.

Stiles ne se permit aucun dérapage. Seul le désir de Derek lui importait, s'oubliant presque dans l'équation. Il n'avait jamais été bon en math, mais pour faire croître la passion de façon exponentielle, là, il était doué.

Ils créèrent un univers à leur image, avec pour unique horizon les étoiles de leurs regards et le velours de leurs peaux en guise de planète. Il ne pouvait en être autrement, ils étaient trop irrémédiablement attirés l'un par l'autre, bouleversant les lois de la gravité et de la physique.

Ils avaient trouvé l'équilibre dans le chaos et, si leurs cœurs battaient de façon désordonnée, ils le faisaient à l'unisson, parfaitement accordés pour jouer la même symphonie. Une ode à l'amour.

Finalement, au bout de plusieurs longues minutes, le lycéen s'éloigna légèrement, restant à portée de baiser, leurs nez s'effleurant tout autant que leurs regards rendus flous et fous de désir.

Leurs souffles courts se mélangèrent et leurs lèvres dansèrent ensemble sans se toucher, n'aspirant qu'à se dévorer à nouveau. Ils étaient tremblants et frissonnants, leurs virilités impatientes se caressant dans les mouvements réflexes et enivrants de leurs bassins tandis qu'ils luttaient pour ne pas succomber définitivement.

— Sûr ?

Un murmure. Un mot. Un rien. Un trésor.

La plus belle preuve d'amour.

Dans un sourire conquis, Derek lui offrit son consentement silencieux que le lycéen récompensa d'un bisou tendre aussi léger qu'une plume.

Il ne le fit pas languir davantage, parsemant sa peau d'une myriade de baisers papillon, il traça son chemin sur son corps d'éphèbe. De la commissure des lèvres, il s'égara sur l'angle de sa mâchoire rugueuse avant de se perdre dans le creux de son cou qu'il honora du bout de la langue, se délectant du frisson qui s'y logea.

Il continua sa course vers la crête saillante de ses clavicules sensibles, puis s'attarda sur les aréoles plus sombres couronnant le centre des pectoraux puissants qu'il effleura de la pulpe des doigts pour mieux en apprécier la fermeté. Expirant son souffle brûlant sur la fraîcheur de la traînée humide qu'il avait laissée sur son épiderme, il partit à la découverte du ventre plat et musclé pour en redessiner les abdominaux bien visibles pour finalement suivre la ligne sombre descendant de son nombril, comme une flèche le guidant vers l'apogée de sa virilité.

Il ne put que saliver d'envie quand son regard se posa sur l'érection imposante de son amant. Il se lécha les lèvres avant d'en encercler le membre à la fois si dur et si doux. Un paradoxe au masculin.

Il dut contenir son partenaire en bloquant ses hanches sous ses paumes tandis qu'il le malmenait somptueusement de sa langue et de sa bouche. Il aurait pu s'en délecter pendant des heures. C'était véritablement quelque chose qu'il prenait énormément de plaisir à faire, pourtant, une fois n'est pas coutume, il la délaissa rapidement pour glisser vers des contrées plus sauvages en vue d'un voyage inédit.

Ses phalanges s'y enroulèrent pour continuer de l'honorer tandis que sa langue se perdait sans plus d'hésitation à la porte du paradis.

Totalement offert, le bêta écarta un peu plus les cuisses pour lui laisser le champ libre, l'invitant de la plus érotique des façons à ne surtout pas arrêter sa douce torture, tout en l'encourageant de ses gémissements affolants.

Il appuya sa main inoccupée sur sa propre érection douloureuse et sensible d'être ainsi ignorée. Se refusant de la contenter s'il voulait ne pas succomber avant l'heure.

Conscient d'avoir l'autorisation totale de son amant, il fit glisser un premier doigt lubrifié de salive dans son intimité, attentif à la réponse de son corps face à l'intrusion, jouant de sa patience pour ne pas le brusquer. Il le malmena quelques instants de mouvements doux jusqu'à ce que la tension l'enserrant disparaisse. Satisfait, il ajouta son majeur à son index pour tout recommencer. Il se sentait peu à peu perdre pied à l'entente des halètements désordonnés et appréciateurs de son loup qui grognait un peu plus fort lorsqu'il s'égarait à stimuler plus longuement le petit renflement qu'il savait si sensible.

Il se redressa légèrement sans le libérer de sa présence, engloutissant le sexe tressautant du bêta en guise de récompense tandis qu'il abandonnait sa propre érection pour attraper le tube de lubrifiant qu'ils avaient oublié sur le chevet.

Il en enduisit son annulaire sans cesser ses mouvements. Enfin, il relâcha la virilité tendue pour mieux plonger son regard assombri de désir dans celui flou du loup.

— Si je te fais mal ou si tu changes d'avis…

Une expiration tremblante lui échappa, il était nerveux à présent que l'inconnu s'offrait à lui.

— J'ai pas ton don pour ressentir, alors… Dis-moi…

— Stiles ! Tais-toi et continue.

C'était un grognement animal, empli de luxure et d'impatience. Derek flottait sur un nuage de sensations presque trop intenses pour lui. Une main dans les cheveux, ses dents malmenant sa lèvre pour ne pas faire trop de bruit, au plus grand désespoir de son humain et un poing crispé sur les draps, il était beau, sensuel, affolant…

Stiles prit une inspiration profonde pour ne pas succomber à cette simple vision et recommença ses attentions douces et patientes.

Enfin quand il jugea qu'il était prêt, il enduisit son érection de gel avant d'essuyer sa main sur le boxer qui était à sa portée, au sol.

Il fit son possible pour ne pas sourire lorsque, abandonné de sa présence, le lycan grogna de désapprobation tandis qu'il remontait vers son visage, non sans parsemer sa peau de quelques nouveaux baisers légers. Il scella leurs lèvres en se positionnant contre l'antre de son partenaire.

— Toujours OK ?

Pour toute réponse, le loup agrippa ses fesses pour le faire coulisser en lui de sa propre initiative, les faisant gémir et rejeter la tête tous les deux sous la sensation totalement grisante.

Le bêta n'était pas un homme de mots, il ne l'avait jamais été. L'étreinte était inédite pour lui. Une première fois. Avec son humain. Se sentir possédé. Ne faire qu'un avec lui… différemment. C'était vertigineux. Divin. Il pourrait vite prendre goût à cette insanité, au lâcher-prise total.

— Oh putain !

La voix de l'adolescent le ramena à l'instant présent. Ce dernier plongea la tête dans son cou qu'il mordilla doucereusement.

Son cœur battait un peu trop fort et il tremblait contre lui.

— Ça va ?

Derek eut du mal à reconnaître ses propres intonations à la fois rauques et inquiètes.

— C'est moi qui devrais te demander ça, haleta le lycéen visiblement aux supplices.

Sans bouger le bassin, il l'affronta de ses iris assombris et embués de désir. À ce spectacle, le bêta ne résista pas à l'envie irrépressible de l'embrasser sauvagement, le faisant gémir lascivement entre ses lèvres.

Impatient de ressentir plus de sensations, il prit le contrôle en balançant ses hanches vers son amant, tout en empoignant ses fesses rondes pour le faire aller et venir entre ses reins.

Ils grognèrent tous les deux de plaisir en se détachant du baiser, restant à portée de souffle, ils plongèrent sans retenue dans les abîmes aquatiques de leurs prunelles respectives. S'offrant mutuellement sans pudeur à l'autre.

Plus vite. Plus fort. Plus profond. Plus et toujours plus.

Un feu liquide dévorait le ventre du bêta qui devenait fou de plaisir.

— Doucement, Der'. Doucement ! Je ne vais pas tenir à ce rythme.

Un à un, le garçon se saisit des poignets de son amant qu'il ramena sur le matelas, les bloquant là, de chaque côté de son visage qu'il embrassa amoureusement sans cesser ses oscillations hypnotiques.

— Laisse-moi… juste !

Stiles haletait sous l'effort et la concentration, toujours aussi tremblants et clairement impatients de succomber à la délivrance tant attendue.

Il ne voulait pourtant pas faire le voyage seul et si Derek prenait un plaisir insoupçonné, il était encore loin du point de non-retour.

Peut-être que si son adoré le laissait stimuler son érection tendue, il pourrait…

Cette pensée l'eut à peine effleuré que l'hyperactif libérait un de ses poignets pour se saisir d'un oreiller. Le loup accompagna son mouvement lorsqu'il tenta de soulever ses hanches pour les surélever de son ballot de plumes.

Il l'embrassa à nouveau, attrapant la main du lycan avant qu'elle n'atteigne sa virilité et lui offrit un sourire tout en secouant la tête négativement.

S'il avait voulu, le bêta aurait pu se libérer de l'entrave sans problème, mais il n'avait pas envie de lutter contre son amant. C'était même tout l'inverse.

— J'ai lu quelque part…

Sans terminer sa phrase, ce dernier reprit de lents et amples mouvements de bassin sans le quitter des yeux, le souffle court, ses paupières se fermant par intermittence sous les sensations. C'était une danse des plus lascive que Derek apprécia en gémissant doucement jusqu'à ce qu'il tressaute sous un éclair de plaisir brut.

Il rejeta la tête en arrière, offrant sa gorge à son amant qui ne se fit pas prier pour la dévorer fougueusement en accélérant ses balancements pour toujours venir percuter sa cible.

Cette fois, l'ancien alpha voyait des étoiles, donnant de sa voix de plus en plus fort à mesure que la boule orgasmique qui grossissait dans ses reins le rendait pantelant. Il se perdit dans la folie de son plaisir, dans un monde uniquement fait de sensations.

Un monde qui disparut dans un tsunami qui le balaya par vagues immenses, interminables et successives. Son univers bascula, comme si le nord et le sud s'inversaient. Le centre de sa gravité chavira. Il se noya dans la félicité. Un aller simple vers le paradis.

Il ne réalisa même pas que Stiles atteignait lui aussi le plaisir ultime.

À bout de souffle, le fils du shérif se laissa retomber entre les bras de son compagnon qu'il câlina et embrassa avec ferveur, le temps qu'il retrouve pied dans la réalité.

L'esprit encore cotonneux, Derek resserra son étreinte autour du corps de son jeune amant, les paupières lourdes de fatigue.

— Merci !

Le murmure étouffé contre sa peau le fit frissonner. Il éloigna le visage de l'adolescent de son torse où il s'était niché et l'observa avec interrogation.

— J'espère que c'était aussi dément pour toi que pour moi… Merci de… de m'avoir permis de vivre ça, Fluffy ! Je sais ce que ça représente pour toi…

Le cœur du bêta tressauta face à l'émotion dans la voix du jeune homme.

— Merci à toi. Tu as été parfait et… j'en avais envie. Tu ne me dois rien !

Le sourire de Stiles était communicatif.

— Je t'aime, Derek !

— Je t'aime plus encore, niño !

Ils s'endormirent à peine les mots prononcés. Leur parenthèse touchait à sa fin. Ils n'avaient pas hâte de retrouver la réalité dès le lendemain.