Yo !
En fait je peux encore faire du fluff sur eux.
J'avais envie. Avec tout ce qu'ils ont vécu, ça change d'ambiance, mais ils ont mérité des temps calmes, non ? Je crois bien que oui.
Merci à coeur de lune pour ses reviews !
Bonne lecture.
5 Sens : la vue, 8
Perdu de vue
C'était parti, et parfois ça revient.
Comme la lumière d'un phare qui d'un coup pénètre dans la pièce, un flash, et puis tout disparaît. Ça revient comme un flash, comme une angoisse, une décharge.
Katsuki se réveille et Deku n'est pas là.
Comme une terreur nocturne éveillée, comme un cauchemar, mais tout est trop précis, la lumière blanche du soleil qui inonde la pièce, le cendrier sur la table de chevet de Deku, les petites tâches de sang sur les draps qui reviennent toujours.
Tout est là. Tout est là, sauf Deku.
Il l'a vu. Il se souvient, il l'a vu sauter dans le vide. Il ne l'a pas vu toucher le sol – il a fermé les yeux ? Il n'aurait pas fermé les yeux. C'est un crime qu'il ne veut pas commettre jamais.
Il l'a vu sauter dans le vide, chuter à toute vitesse alors il se lève d'un bond et tout son corps lui fait mal et la lumière le désoriente. Deku s'est jeté par la fenêtre alors il se jette sur la fenêtre et regarde en bas.
Il fait beau, et le trottoir blanc l'éblouit. Pas de tâches, pas de traces, rien. Tout a disparu. Deku a disparu, il l'a perdu. Il a peut-être fermé les yeux, et Deku a décidé que ça ne valait pas le coup.
C'était quand ? Il y a une heure, deux ans ?
Tout ce qui a pu se passer est flou, entre Deku qui se jette dans le vide et maintenant. Le sang de Katsuki rugit dans ses veines, hurle au secours mais il ne peut que regarder le vide, le fixer comme si Deku allait en surgir.
Il sait faire ça. Disparaître dans le néant, et surgir du néant.
Un briquet qui roule, mais il n'entend pas. L'odeur du café, mais il ne sent rien. Une main sur son épaule, moins appuyée qu'une brise. Le goût de la cigarette mais ses lèvres sont fermées.
« Kacchan. Tu dors debout. »
Et du vert. Dans les cheveux, dans les yeux, même la peau est si pâle qu'elle est presque verte sous la chemise noire.
« T'es là. »
Détailler ses tâches de rousseur, les compter, ce n'est pas une illusion, essayer d'attraper son regard, en vain.
« Je t'ai vu sauter par la fenêtre.
— Et là, tu me vois ? Tu me regardes ? »
Le regard de Kacchan, Izuku le sent. C'est comme la lumière du matin qui tombe sur sa joue, chaud et précieux.
« Ouais.
— T'as eu peur ? »
Pas de réponse, et ça veut dire oui. Izuku se détend. Une main sur sa joue, un regard sur ses lèvres.
« Tu souris.
— Vraiment ? »
Il ne s'en était pas rendu compte. Son visage ne lui semble pas changé.
« Ouais. Tes yeux sourient. Y a que moi qui peut le voir. »
Il prend une bouffée de cigarette, et cette fois il sent que ses lèves sourient. Il place son visage face à celui de Kacchan, penche la tête.
« C'est pas trop bizarre ?
— Nan.
— Ton sourire me manque. »
Kacchan prend ses mains et sous ses doigts, les lèvres gercées, sèches comme elles le sont souvent au réveil. Elles bougent, s'étendent. Il rit.
« Tu souris ? »
Il sourit sous sa main, caché par ses doigts. Non, à part Izuku, personne ne peut le voir. Son sourire n'a qu'un destinataire.
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La la la, du fluff.
A la fin du chapitre 19, You don't own me (except you do) Izuku se jette pas la fenêtre et se téléporte avant de toucher le sol, sous les yeux de Katsuki. J'avais dans l'idée d'écrire après sur l'absence d'Izuku et Katsuki qui le revoit tomber en boucle et se sent coupable et finalement je l'ai jamais fait. Alors, voilà. Je le fais maintenant.
Tchuss !
