Chapitre 88 :

Étoiles roses

Quand Harry avait proposé d'aller assassiner Hitler avant que la Seconde Guerre Mondiale ne commence... il avait oublié un détail. Michael ne lui avait pas VRAIMENT dit qu'ils étaient en 1920, il l'avait juste déduit dans une ruelle sombre en écoutant une conversation très vague sans aucun contexte géopolitique. Ils se rendirent bien vite compte qu'il s'était gouré de quelques dizaines d'années.

Ils n'avaient pas atterri en 1920... mais en 1939, en plein milieu du Troisième Reich. Et ça, ça changeait tout : ils ne pouvaient pas circuler librement, la poudre de cheminette était proscrite et rejoindre l'Allemagne allait leur prendre un temps fou !

Heureusement pour eux, ils étaient jeunes, en bonne santé et blancs. Max abandonna rapidement ses cheveux bleus pour une chevelure blonde plus passe-partout mais elle conserva sa coupe courte et s'habilla comme un garçon pour ne pas être gênée pendant leurs déplacements.

"Hé mais c'est génial de pisser debout : ça change la vie !!!"

"Euh... Max... comment t'as fait pour... euh..." hésita poliment Michael. "T'as pas... euh..."

"Ark mais ton talent de métamorphomage doit pas servir à ça, c'est répugnant." s'écria Harry. "Maintenant je suis forcé de me demander de quelle taille... ark. T'es ma soeur, je veux pas penser... BORDEL."

Max finit par comprendre où ils voulaient en venir et elle éclata de rire :

"Mais non, j'ai utilisé un cornet de frites !"

"Ark mais c'est pas mieux : t'en a fichu PARTOUUUT."

Ils utilisèrent les nombreuses ruses qu'ils avaient appris dans les rues pour se faire rapidement de l'argent : ils devaient quitter l'Amérique au plus vite et ils commencèrent par troquer leurs robes d'école contre des habits plus normaux pour l'époque.

Après plusieurs semaines, ils s'arrangèrent pour être engagés sur un bateau : Max avait les muscles, Michael le cerveau et Harry, le feu.

"Au prochain port, tu dégage ! T'es un parasite !!!"

"Tout ça parce que j'ai voulu jouer au bowling..." grommela Harry.

"On t'interdis pas de jouer au bowling... mais qu'est-ce qui t'as pris d'utiliser nos vivres ???"

"Bah j'avais pas de quilles..."

"Demain, on te largue. Et estime-toi chanceux qu'on doive poser pied-à-terre pour se ravitailler... enfin... techniquement, ça c'est de TA faute mais... t'as compris, sinon on t'aurai juste balancé à la flotte."

Harry alluma un feu dans sa main, trois fusils se braquèrent sur lui et il les fit valser d'un geste du poignet.

"Quelle est cette sorcellerie ?!"

"Vous vous débrouillez bien à la nage ?" demanda Harry.

"Bof... pas trop." répondit un grand type maigre un peu stupide.

"Mon feu, vous et un bateau tout en bois..." résuma-t-il.

"Ça va, on te garde. T'auras qu'à aider le cuistot... avec ton feu bizarre, tu peux servir d'allume-gaz ou j'sais pas."

Harry leur mijota des petits plats si savoureux qu'ils l'engagèrent à plein temps et pleurèrent quand il leur annonça qu'il devait rejoindre l'Allemagne au plus vite.

"Comment on va faire pour parler français ?" demanda Michael.

"Je peux le faire." dit Max.

"Mouais... tu disais aussi que tu pourrais viser le tonneau." rappela Harry.

"Comment j'aurai pu savoir que c'était la migration des loutres marines et que leurs cris risqueraient d'attirer les orques ?"

Harry haussa les épaules mais songea qu'ils auraient quand même pu éviter une dizaine de catastrophes sur ce bateau si Max avait juste pissé droit, sans faire d'histoires.

"Je parle toutes les langues..." leur rappela-t-elle. "Bon, très mal, certes. Mais je peux au moins dire bonjour, s'il vous plaît et où sont les toilettes ? sur tout le globe."

"C'est vraiment très impressionnant Max... est-ce que tu sais dire pitié ne tirez pas, nous sommes que des enfants ?"

"Non pourq..."

Les gardes les mirent en joue et Max leur assura qu'elle pouvait touuut arranger. Quand elle lança son troisième couteau pour s'assurer qu'ils étaient bien morts, ils songèrent qu'ils ne s'étaient pas VRAIMENT attendu à ça et qu'ils n'auraient pas eu besoin de son aide.

"On prend leurs armes ?" demanda Harry.

"C'est des nazi... on pourrait utiliser notre tour préféré : on se déguise comme l'ennemi et on l'attaque par l'intérieur." proposa Michael.

"ÇA VA PAS ???" crièrent Harry et Max. "On a déjà enfilé des tenues de militaires moldus et de mangemorts... mais... des nazi ??? Non. Jamais."

"C'est juste des vêtements, Harry... y'en avait certains qui n'avaient pas le choix, ils sont pas tous..."

"J'ai dis non."

Michael enfila la tenue et la cacha sous un blouson. Max aussi car elle pouvait prendre le visage de n'importe qui et ils en auraient peut-être besoin. Ça ne tarda pas, ils se refirent arrêter et Max peina à expliquer à ses "collègues" qu'Harry était un juif homosexuel et handicapé qui devait être exterminé au plus vite. Ils ne pensèrent pas plus loin que ça... et Harry fut jeté dans un camion plein à ras bord.

"Putain de merde. Putain de merde." répétait-il. "Max, je te hais."

"Tu parles anglais ?"

Il releva la tête, étonné. Une famille d'anglais était embarqué avec lui, ils étaient couvert de terre et la fille pleurait.

"Hééé... ça va aller." dit le père. "On va travailler un peu loin mais... ça sera... bien."

"Mais moi je veux pas quitter Rebecca et Jeremy... je les aime bien et on devait jouer aux billes, demain."

Harry se demandait si tous les gens présents dans ce camion étaient morts à son époque... la petite devrait avoir... aurait dû avoir 70 ans.

"Il faut monter à l'arrière du train." dit Harry. "S'il déraille... on pourra partir."

"Le train ? Quel tr..."

Mais la femme s'arrêta, ils venaient de rejoindre les rails.

"Comment tu savais ça, toi ? D'où tu sors ? Pourquoi tu n'as pas d'étoile comme tout le monde ?"

"Bah ils hésitaient entre l'étoile jaune et le triangle rose..." expliqua Harry. "J'crois qu'ils vont lancer une production d'étoiles roses, rien que pour moi."

Leur camion s'arrêta brusquement, les portes s'ouvrirent et Harry n'eût que le temps de répéter "Mettez-vous au fond ! Mettez-vous au fond !!!" mais il n'avait pas prévu qu'ils soient séparés : les femmes et les enfants d'un côté, les hommes de l'autre.

Il ne monta pas dans le train. Personne ne monta dans ce train... enfin pas là, le tri prenait trop de temps et ils attendaient d'autres camions. Max et Michael était dans l'un d'eux ou peut-être un autre.

Piou - Piou - Piou - Piou - Piou - Piou

La plupart des soldats tombèrent exactement au même moment, endormis par magie et ceux qui restaient gisaient dans une marre de sang.

"On peut téléporter ce train loin d'ici." assura Max. "Faut qu'ils montent tous dedans... on va les téléporter !!!"

"Téléporter tout un train ??? T'as perdu la tête ?! Tu veux faire ça avec quelle énergie, au juste ?"

Max n'eût pas besoin d'expliquer... Ils avaient rameuté toute une équipe de sorciers résistants qui portaient l'insigne de Beaubâton surmonté d'une croix de Lorraine comme symbole de ralliement.

Tout se passa en une fraction de seconde... un peu plus mais leur monde semblait être accéléré : tous les déportés furent lévités dans le train et le train entier disparu dans un 'pop' sonore.

"On doit dégager en vitesse..." déclara l'un des sorciers qui s'appelait Samuel*. "Ils vont rappliquer d'une seconde à l'autre : autant de magie ne passe pas inaperçu."

Ils avaient presque tous déjà disparu et d'autres types avaient pris leur place... mais eux étaient venu pour tuer ceux qui restaient.

Harry se sentit téléporter dans un logement pitoyable mais c'était ce qu'ils avaient vu de plus luxueux depuis... les dinosaures.

"On doit repartir en vitesse, on... on..." paniquait-il.

Ils ne les comprenaient pas mais ils croisèrent un autre sorcier qui lui, était vêtu de l'uniforme de Poudlard et il les conduisit dans le coin des anglais. Y'avait deux Poufsouffles, un Serdaigle, un Serpentard et une douzaine de Gryffondors.

"D'où vous venez, vous trois ? On s'est jamais vu à l'école..."

"On étudie dans une école indépendante." répondit Michael, en un éclair.

"Y'a des écoles indépendantes ? Mmmh... Tu savais ça, toi, Weasley ?"

Le rouquin fit non avec sa tête et l'interrogatoire repris, tout le monde suspectait tout le monde, enfin... surtout les nouveaux, quoi.

"C'est quoi, le nom de votre école ?"

Harry et Max échangèrent un regard paniqué. Ils étaient bloqué là depuis une éternité et ne pouvaient plus compter sur une téléportation au bon moment comme avec le T-rex. Le piège était lent mais il se refermait sûrement autour de leurs...

"Moi j'étais à l'Umbrella, ces deux-là débarquent de la Sparrow." répondit Michael avec une franchise à faire peur.

"Et c'est quoi vos noms ?!"

"Je suis Fivel... mais j'ai un p'tit problème de calibrage, Père devrait être au courant. Eux n'ont pas le droit de révéler leur identité. Je sais que ça semble très pratique, on dirait une excuse mais quand tu parleras à Regi... il t'expliquera. Ok ?"

Il y eût un long silence, c'était comme s'ils jugeaient la crédibilité de leur mensonge.

"Regi... Regi qui ?"

"Ne lui dit surtout pas que je l'ai appelé comme ça !" paniqua Michael. "P'tits soucis familiaux, tu vois ?"

Il y eût plusieurs rires étouffés, ils avaient tous entre quinze et dix-sept ans alors ils voyaient très bien.

"Je te donne son nom complet en échange d'une téléportation, ok ?" négocia Michael. "On choisit la ville, tu nous confie à des collègues qui pourront nous rattraper si t'as besoin. Ça te va ?"

"Vous semblez pressés..."

"On va butter Hit'aïe mon pied. Dégage."

Les rires amicaux se transformèrent en moqueries.

"On aimerait bien vous filer un coup de main mais on sait que c'est impossible... surtout à dix ans."

"J'ai treize ans." répliqua sèchement Harry.

"On parlait à ton copain."

"J'suis pas petit, j'suis une fille." répondit Max.

Ça eût le mérite de les déconcerter, ils savaient pas trop quoi en penser. Peut-être qu'il y avait une bonne raison mais... ils se demandaient laquelle, y'avait des filles dans la Résistance.

"Bon... c'est d'accord. Tu me dis le nom et je vous téléporte : parole de Gryffondor."

"Ça tombe mal, on n'a aucune confiance dans les AÏEUUUH."

Michael serra la main du grand type, si jeune... et il marmona un 'Sir Reginald Hargreeves' entre ses dents serrées.

"On veut aller en Allemagne."

Harry, Max et Michael furent accompagnés dans l'une des bases allemande de la Résistance et ils n'eurent pas le droit d'en sortir, surveillés de prêt par René* le temps que leur récit soit vérifié.

"C'est qui Regi ?" demanda Max dans une bulle de silence.

Personne n'aurait pu se douter qu'ils discutaient dans une bulle de silence car ce sortilège n'existait pas encore et les gens qui fabriquaient leurs propres sortilèges étaient rares... et souvent morts dans une expérience foiré.

"Je l'ai dit, Max... c'est mon Père." répondit Michael.

"Et c'est quoi la Sparrow et l'Umbrella ? Qui est Fivel ? Et qu'est-ce que le..."

"Stop, Harry. J'aime pas trop parler de l'avant-Meute."

"Oui mais..."

"Il était comment ton placard ?" demanda Michael sur le même ton. "Tu te cognais souvent la tête sur les marches de l'escalier en te levant ? Tu tenais debout en entier ou t'avais pas la place de t'allonger ? C'est pour ça que t'es aussi petit, tu crois ou c'est juste parce que t'étais très mal nourri ? Et ton oncle, parfois, est-ce qu'il te filait des coups de..."

"Ouais, bon, ça va : j'ai compris. On n'en parle pas."

Il y eût un lourd silence. Michael répondit à une seule de leur question... mais ça en soulevait des milliers d'autres !

"Fivel est mon grand frère mais il devrait être un peu plus jeune que moi, depuis le temps..."

Harry fixait Max comme s'il cherchait des réponses directement dans son esprit à elle... et elle dressa un bouclier dans sa tête pour l'empêcher de regarder plus en détail tout ce qui concernait Michael.

"T'as violé une loi de la Meute, enfoiré." dit-elle. "Red sera furieuse quand je lui dirais..."

"Chacun est libre de révéler son passé quand et à qui il le sou..." répondit Michael avant de comprendre qu'elle parlait à Harry. "Vas te faire foutre, connard."

Il n'était pas dupe, il avait parfaitement compris ce qu'il s'était passé et lui arracha Ganondorf des mains. Depuis Toutou, Harry avait besoin de sa dose de câlin canin quotidienne... bah il risquait d'attendre longtemps pour la prochaine.

"C'est bon, vous êtes libres de partir vous trois."

Max et Michael ne parlèrent plus à Harry pendant des jours même quand il partagea sa nourriture avec eux et après qu'il se soit excusé un demi-milliard de fois.

"Pardon... Pardon... Pardon..." répétait-il alors qu'ils étaient sur le point de rencontrer Hitler, enfin. "Max, tu veux pas me frapper ? Ça défoule, tu verras..."

"Cet abruti va faire échouer la mission."

Ils se turent. La porte s'ouvrit lentement... tout était en place : leurs masques préservaient leur identité, leurs baguettes ne laisseraient aucun résidus magique et leur cible mourrait avant de les voir. Ils n'avaient plus qu'à tirer.

Ils n'avaient plus qu'à tirer.

Ils n'avaient plus qu'à tirer. Et tout tourna autour d'eux. Le Retourneur de Temps ??? À ce moment-là ?! Merde... Ils tirèrent mais c'était déjà trop tard, les couleurs du Troisième Reich s'effaçaient pour laisser place à un temps moins glauque.

Enfin... ça, c'était ce qu'ils avaient pensé. Et puis ils avaient ouverts les yeux. Masque de mangemort à droite... masque de mangemort à gauche : ils avaient atterri en plein milieu d'une réunion de mangemorts, Voldemort était là aussi.

"Vous savez quoi ? Après réflexion... j'crois qu'on aurait moins galéré si on avait choisi de buter Gellert."

"Non vraiment ?! Tu crois ???"

-Fin du 88ème chapitre-

...à suivre...


Note de l'auteur (profitez-en, c'est rare) :

Je tiens à signaler que je n'ai jamais visité les années 35-40... et que d'ailleurs, je tiens aussi à préciser que je ne possède pas encore de machine qui permette de manipuler l'espace-temps. Je n'ai, par conséquent, jamais vu le moindre dino... c'est pourquoi j'ai fait des recherches afin d'éviter d'écrire de grosses conneries mais pour ne pas abreuver mon récit de détails scientifiques ou historiques trop saoûlants, j'ai dû faire des ajustements qui rendent certains détails imprécis donc inexacts.

Je tiens aussi à préciser que ma grand-mère, elle, a vécu les années 35-40 en tant que juive... je le suis également, par héritage religieux (bien que je sois plutôt agnostique) et que cette époque avait une saveur un peu particulière dans les récits familiaux : y'avait une sorte de censure tacite mais on en parlait toujours pendant les gros repas de tradition. Par conséquent, ce texte a été écrit avec un respect émotionnel : j'ai voulut rendre ça à la fois explicite pour ne rien cacher mais suffisamment flou pour ne pas choquer et respecter les valeurs familiales.

* Samuel et René sont les prénoms de mes grands-oncles que j'ai placé au moment le plus judicieux dans cette fanfiction.

Ah et oui, aussi : ça a été officialisé dans le Livre 2 mais Michael vient bel et bien de l'Umbrella Academy. Vous n'êtes pas obligé de lire les BD ou regarder la série parce que tout sera réexpliqué puis surtout, c'est pas vraiiiment l'Umbrella Academy... plus un concept bizarre, encore un.