Chapitre 90 : Happy Holidays

Un rayon de soleil mutin lui faisait de l'œil. Dans un grognement de mécontentement, il se retourna dans son lit, encore empêtré dans le sommeil. Sa paume ne rencontra rien d'autre que les draps froids. Il gronda à nouveau, frustré de ne pas pouvoir se lover contre le corps chaud de son loup.

Il avait l'impression désagréable de passer son temps à dormir ces derniers temps. Pour sa défense, le week-end à la campagne ne l'avait pas aidé à se reposer.

L'ultime semaine de cours avait été des plus intensives, sans parler des entraînements tout aussi intensifs que le coach leur avait fait subir chaque soir.

Nul besoin de mentionner l'année scolaire épuisante qui venait de s'achever et à laquelle ils avaient tous survécu contre toute attente.

Le match de la veille n'avait fait qu'anéantir ses dernières forces.

L'équipe avait dû affronter deux heures de bus pour rejoindre New Heaven où la finale de lacrosse devait avoir lieu.

Finstock s'était montré survolté durant tout le trajet et, entre sarcasmes et encouragements, avait tenté de leur insuffler l'énergie nécessaire à la victoire. Rien ne comptait plus à ses yeux que gagner. Quoi qu'il en coûte. Comme à l'accoutumée, ils avaient d'ailleurs eu droit au célèbre discours d'Independance Day avant de rejoindre le terrain.

Son effervescence n'avait pourtant pas suffi. Le premier quart-temps avait été désastreux.

Avec la distance, très peu de supporters étaient venus les encourager si bien que les cris de liesse encensant les cobras avaient vite pris toute la place dans les gradins.

Heureusement, les joueurs de Beacon Hills avaient pu compter sur Allison et Lydia pour donner de la voix et leur offrir les vivats qu'ils méritaient. Leur professeur d'économie n'aurait pas à regretter de les avoir acceptées à bord du bus.

Malheureusement pour Stiles, Derek n'avait pas pu être du voyage. Par mesure de sécurité, la meute avait préféré qu'il reste en ville pour veiller sur Noah — qui était de garde toute la soirée — et Mélissa qui, elle, travaillait de nuit de ce vendredi jusqu'au lundi suivant.

L'absence de l'ancien alpha s'était fait durement ressentir sur les performances du fils du shérif qui avait dû céder sa place à Maxime. C'était la présence de son ancre qui lui avait permis de se concentrer et de donner le meilleur de lui-même lors du match précédent.

Il s'était donc résigné à couver le banc de touche jusqu'au coup de sifflet final. C'était sans compter sur la piètre performance de son remplaçant qui s'était montré encore plus dissipé que lui. Était-ce à cause de son retour chez lui ou ses tracas concernant l'arrestation de son père ? Le coach s'en était littéralement arraché les cheveux avant d'enjoindre à son numéro vingt-quatre de reprendre sa place sur la surface de jeu, en déclarant de façon tout sauf encourageante qu'ils étaient nuls tous les deux, mais Stiles un peu moins !

Lydia avait profité de la mi-temps pour venir sur le terrain qu'elle avait traversé avec détermination, Allison trottinant derrière elle comme pour tenter de la retenir, en vain. Les joueurs de l'équipe adverse s'étaient écartés sur son passage à l'instar des cyclones.

Pour finir, elle s'était plantée devant son petit-ami et avait emprisonné son visage en coupe entre ses mains menues afin de lui offrir un baiser des plus langoureux. Sitôt fait, elle avait tourné les talons, faisant voltiger sa chevelure de feu derrière elle et avait rejoint les tribunes sans aucune considération pour les yeux ronds de ses spectateurs.

La chasseuse avait haussé les épaules et avec un sourire amoureux avait imité son amie avant de la suivre en sautillant.

Quand le match avait repris, les deux loups, regonflés à bloc, avaient percé la défense des cobras et marqué le tout premier but en leur faveur. Il n'en avait pas fallu davantage pour communiquer leur entrain au reste de l'équipe qui avait, minute après minute, point après point, remonté au score.

Isaac avait offert la victoire aux cyclones grâce à un but incroyable qu'il avait marqué juste avant que le coup de sifflet final ne retentisse dans le stade.

L'heure était tardive lorsqu'ils avaient enfin regagné leur maison respective si bien que le fils du shérif ne s'était pas fait prier pour se lover dans les bras de son amant pour une bonne nuit de repos.

Stiles s'étira entre les draps et papillonna des paupières en perdant son regard encore ensommeillé par la fenêtre.

Il peinait à croire que les vacances d'été venaient officiellement de débuter. Juin les accueillait avec la promesse de magnifiques journées ensoleillées et paisibles… Seule ombre au tableau : la menace des Everfool.

Menace à laquelle il refusait de penser aujourd'hui.

Il se redressa vivement sur son lit dans une parfaite imitation d'un diable sortant de sa boîte, le cœur battant à tout rompre.

Le grand jour était arrivé, ou du moins, la grande nuit.

Raison de plus pour ne pas s'en faire quant aux omégas. Avec la nouvelle lune, ils seraient en deçà de leurs capacités.

Tous ses amis avaient prévu de se réunir au lac municipal où ils devaient passer l'après-midi. Ils devaient tous s'y retrouver pour le déjeuner autour d'un pique-nique. Après quoi, la meute s'éclipserait pour se rendre au salon de tatouage où Derek avait rendez-vous pour dix-huit heures. Une fois le motif tracé, ils se rejoindraient chez Scott afin de faire définitivement apparaître l'encre sur la peau de l'ancien alpha.

Il se jeta sur son téléphone désespérément silencieux — il était plus que temps qu'il casse sa tirelire pour s'en offrir un nouveau — et consulta l'heure pour constater qu'il était affreusement en retard.

— Merde !

À sa hâte, il trouva le moyen de s'empêtrer dans la couverture et de tomber tête la première sur le parquet. Il eut juste le temps de se protéger le visage de ses bras avant le choc et grommela un peu plus.

Pourquoi ce satané loup ne l'avait-il pas réveillé ?

Il ne perdit pas une seconde de plus pour se diriger vers la salle de bain sur le chemin de laquelle il perçut très clairement les voix de son père et de son petit-ami s'élever depuis le rez-de-chaussée.

Il n'en fallut pas plus pour faire disparaître sa morosité et c'est avec le sourire qu'il se glissa sous la douche. Les deux hommes de sa vie s'entendaient à merveille. Noah avait accueilli Derek dans leur famille à bras ouverts. Rien n'aurait pu le rendre plus heureux.

Lorsqu'il arriva finalement dans la cuisine, quelques minutes plus tard, son amant lui offrit un sourire étincelant avant de faire glisser vers lui un bol de céréales.

— Bien dormi ?

— T'aurais pu me réveiller.

Bien malgré lui, l'adolescent était stressé par l'importance qu'aurait cette journée pour leur couple. Il ne refusa pourtant pas la petite attention du lycanthrope et engloutit sans attendre la première cuillère de son petit-déjeuner.

Noah souffla un rire derrière sa tasse de café, recevant ainsi un regard noir de son fils.

— T'en es à combien de tasses ? Tu sais que ce n'est pas bon pour ton cœur.

Cette fois, le shérif perdit son sourire en reposant le mug encore fumant.

— Et toi, quand vas-tu comprendre que je n'ai pas de problèmes cardiaques, ni de diabète, ni de cholestérol, ni…

— Mais tu…

L'index levé du quadragénaire convainquit le jeune vacancier de ne pas insister. Il n'y pouvait rien s'il se souciait de la santé de son père. S'il ne le faisait pas, qui d'autre prendrait soin de lui ?

— Et voilà, Derek ! Je te présente Stiles quand il se lève du pied gauche. Rassure-toi, ce spécimen est assez rare.

Le bêta sembla amusé par la remarque. Il posa malgré tout sa main sur la cuisse du lycéen dans un geste réconfortant et possessif, sous couvert de la table à manger. Ce dernier, apaisé instantanément, décida néanmoins de rétablir la vérité.

— Techniquement, je me suis levé de la joue droite.

Il ne fallut pas d'autre prétexte pour que l'architecte pose rapidement ses lèvres sur la pommette incriminée.

Stiles faillit bougonner qu'il avait passé l'âge des bisous magiques, mais, à vrai dire, il ne disait jamais non aux baisers de son compagnon.

— Pourquoi ne m'as-tu pas réveillé ? marmotta-t-il plus penaud qu'énervé à présent.

— Tu étais épuisé et on a encore un peu de temps avant de rejoindre tout le monde.

Le shérif s'éclaircit la voix après une nouvelle gorgée de son breuvage caféiné.

Stiles n'eut pas besoin d'attendre qu'il ouvre la bouche pour deviner la teneur de ses propos. Depuis que Derek et lui s'étaient décidés à lui parler de la cérémonie, le quadragénaire avait tout fait pour dissuader son enfant d'y participer. Il n'avait rien contre leur union en tant que telle, mais l'aspect barbare de la morsure ne le réjouissait pas le moins du monde.

Difficile de le lui reprocher alors que son fils portait encore sur sa peau les stigmates de l'odieuse attaque qu'ils avaient subie ?

— Je sais que ce n'est pas ce que tu as envie d'entendre, mais cette histoire de revendication ne me plaît pas.

Le peu de bonne humeur qui avait habité l'adolescent depuis son réveil s'évapora instantanément.

Derek choisit ce moment pour s'excuser, prétextant devoir rassembler quelques affaires pour l'après-midi, et disparut à l'étage pour laisser aux deux Stilinski l'occasion de s'expliquer sans ingérence de sa part.

— Papa ! Je comprends ta réserve. Si ça peut te rassurer, je ne suis pas plus ravi que toi à l'idée de me faire mordre, mais c'est Derek… et j'ai confiance en lui. La question, c'est : est-ce que, toi, tu as confiance en moi ?

— Ce n'est pas du tout la question, évidemment que j'ai confiance en ton jugement, mais…

— Papa ! Je le ferais avec ou sans ton approbation, mais je serais plus heureux si tu me l'accordais. C'est ce que je veux plus que tout au monde. Ça représente énormément pour Derek et donc pour moi. Il ne me fera jamais de mal et je suis sûr que toi aussi, tu le sais.

Cette fois, le quadragénaire prit une profonde inspiration avant d'ancrer son regard à celui de son fils, y cherchant la réponse à ses craintes et à ses angoisses.

— Je ne m'opposerais jamais à ton bonheur, kiddo ! Tu as ma bénédiction.

L'émotion du shérif faisait briller ses iris et vibrer sa voix.

Pour ne pas être embarqué dans la valse des sentiments trop forts de son père, Stiles rompit le contact visuel en se mordant la lèvre inférieure. Il sentit les larmes lui monter aux yeux en songeant à sa mère. Approuvait-elle son choix de là-haut, elle aussi ?

Un sourire lumineux souleva le coin de sa bouche tandis qu'il affrontait de nouveau les prunelles bleues qui ne l'avaient pas quitté.

— Si tu es ému à ce point aujourd'hui, je n'imagine même pas ce que ce sera le jour de notre mariage.

Noah s'étouffa en avalant sa boisson chaude de travers, si bien que son fils se leva sans se défaire de son air malicieux avant de venir lui tapoter le dos.

— Tu vois, je t'avais dit que trop de café ce n'était pas bon pour toi.

Il reçut un regard noir en réponse et ne résista pas plus avant d'enlacer son père.

Ils terminèrent leur petit-déjeuner dans un calme bienvenu et furent prêts à partir lorsque le loup-garou réapparut devant eux.

Ils se rendirent au lieu du rendez-vous, Noah — qui était de repos tout le week-end — au volant de sa voiture de fonction tandis que le couple le suivait en jeep.

Ils repérèrent facilement les autres, installés un peu plus loin entre deux arbres, sur une grande nappe étendue à même la pelouse.

Les abords du lac avaient été aménagés à l'aide de plusieurs tables de pique-nique et d'une aire de jeux pour les tout petits. En ce premier jour de vacances, ils n'étaient pas les seuls à avoir eu l'idée de profiter du beau temps.

Mélissa était aussi de la partie, son planning de nuit lui permettant d'être présente. Elle était souriante et lumineuse comme toujours. Avait-elle définitivement oublié Paul ou, comme Stiles, était-elle douée pour cacher aux autres ses blessures et ses peines ?

Après avoir salué tout le monde, Stiles remarqua l'absence de deux personnes.

— Max et Danny ne sont pas là ?

— Ils sont à Los Angeles pour la journée, expliqua Allison qui était lovée contre Scott.

— J'espère que voir son père lui fera du bien. Il était clairement à côté de ses pompes hier soir.

L'hyperactif ne put que lever les yeux au ciel face à la délicatesse habituelle d'Isaac.

Il ne pouvait que s'inquiéter pour son ami. Lui aussi l'avait trouvé angoissé et même distant depuis l'appel de ce mystérieux Marc, le mardi précédent.

Derek termina d'ajouter les victuailles qu'ils avaient apportées à celles déjà présentes sur la nappe avant de se faire une place entre les jambes de son humain. Ce dernier n'hésita pas une seconde avant de l'entourer de ses bras.

Sentir la chaleur de son homme contre son torse était le plus doux des baumes au cœur. Il croisa le regard de son père sur eux, mais celui-ci ne s'y attarda pas et reprit sa conversation avec l'infirmière sans s'en préoccuper, au contraire du bouclé.

— Wow, Derek ! Ta virilité de mâle alpha en prend un coup, là !

Lydia, qui était assise avec une classe innée juste à côté du louveteau, lui offrit un coup de coude qu'il encaissa avec une grimace. Pour sa part, la banshee affichait un sourire attendri face à la position du couple.

Le concerné foudroya son protégé du regard et de ses mots.

— Je ne suis plus un alpha et même si j'en étais un, j'ai pas besoin de ton approbation, cabot !

Le surnom fit s'esclaffer l'hyperactif qui ne résista pas à l'envie de déposer un baiser sur la temps de son loup avant de se pencher de biais pour attraper un sandwich.

Un fourmillement dans la poitrine du lycéen se diffusa jusqu'à son ventre. Il était heureux. Vraiment heureux.

Le repas dura longtemps, animé par les conversations et les grignotages. Le soleil cognait fort au-dessus de leurs têtes et les deux adultes s'étaient réfugiés à l'ombre des arbres depuis un moment déjà.

Les adolescents, eux, ne résistèrent pas plus avant de sauter dans l'eau pour se rafraîchir. Ils se dépensèrent plusieurs heures durant. S'éclaboussant, se coulant, nageant, flirtant même parfois avant de sortir, épuisés, pour s'étendre sur des serviettes de plage afin de se prélasser et sécher au soleil tout en discutant paresseusement.

Scott s'était fait conduire par sa mère et devait repartir avec Allison chez laquelle il devait passer le week-end entier. Chris avait accepté de l'accueillir après que sa fille eut longuement insisté. Avec les horaires de travail de Mélissa, le jeune alpha avait préféré permettre à sa mère de se reposer et dormir dans une maison calme.

Isaac et Lydia avaient prévu un programme similaire puisque la banshee s'était décidée à présenter officiellement son petit-ami à sa mère qui, pour sa part, n'était toujours pas au courant que le bêta dormait chez elles depuis plus de deux semaines.

— Et vous alors ? Tu as loué une chambre d'hôtel, Derek ?

Face à la question de la chasseuse, Stiles réalisa qu'il ne s'était pas du tout inquiété d'où aurait lieu la cérémonie de revendication. Il ancra son regard à celui de son amant qui lui offrit un sourire rassurant.

— En parlant de ça, on ferait mieux d'y aller si on ne veut pas être en retard au salon.

Dix-huit heures approchaient. Aucun d'eux n'avait vu la journée passer.

Ils saluèrent Mélissa — qui ne devait pas traîner si elle voulait avoir le temps de manger avant de prendre son poste — et Noah qui, pour sa part, avait rendez-vous avec une bonne bière et un match de basket, d'après ses dires.

La meute se dirigea vers le centre-ville dans leur véhicule respectif avant de devoir se séparer pour se garer.

C'est en descendant de sa jeep qu'une bouffée d'angoisse s'empara de l'hyperactif. À croire que c'était lui qui allait passer sous l'aiguille.

Sans cesser de marcher, il resserra la pression de sa paume dans celle de Derek. Comme s'il avait suffi de ce geste pour communiquer son stress au loup, ce dernier caressa le dos de sa main de son pouce.

Rien à faire. Le rythme cardiaque de l'humain ne se calma pas. Leur arrivée devant le salon où le reste du groupe les attendait déjà n'aida pas à apaiser le jeune homme dont la respiration se faisait de plus en plus difficile.

— Nervosité et appréhension, annonça Isaac en fronçant les sourcils. On est loin de l'impatience et l'euphorie auxquelles je m'étais imaginé.

Son ancien alpha le rabroua du regard tandis que Scott lui demandait de quoi il parlait.

— Derek m'a appris à reconnaître les émotions. Je commence à bien gérer. C'est plus facile que d'écouter le cœur en même temps qu'une conversation.

— Écouter deux choses en même temps ne semble pourtant pas te gêner quand il s'agit d'espionner la conversation des autres, s'amusa sa petite-amie.

Il n'en fallut pas plus pour que les quatre adolescents ne s'engagent dans une joute verbale.

Profitant de la diversion qui leur était offerte, Derek isola quelque peu son compagnon et l'invita à s'adosser au mur avant de se fondre contre son corps. Il lui glissa quelques mots à l'oreille, provoquant de légers frissons de délice au lycéen au passage tandis que ce dernier savourait le réconfort et la chaleur de l'accolade.

— Ne te sens obligé de rien. Ton père à raison, rien ne presse. Si tu as changé d'avis, je ne t'en voudrais pas, mon niño.

Stiles sourit contre son épaule, silencieux pour une fois, il profita encore quelques secondes de la tendresse de son amant et des battements réguliers de son cœur qu'il sentait se répercuter dans son torse comme un tamtam apaisant sur lequel il tenta de se synchroniser.

— Tu peux ranger ton attirail de gros nounours protecteur, Fluffy. Je n'ai pas changé d'avis, c'est juste…

Un soupir souleva sa poitrine. Intrigué, le loup recula pour pouvoir plonger le regard dans ses prunelles miel.

— J'ai peur que tu trouves mon idée de motif ridicule !

Le baiser qui le bâillonna était aussi doux que profond, chaste et passionné à la fois. Tout et son contraire avec, pour seule unité commune, l'amour indéfectible qui les unissait.

— J'ai hâte de le découvrir.

— Tu me tues si je t'avoue avoir envoyé un mail au tatoueur pour que tu ne puisses rien savoir ?

Un nouveau baiser, amusé celui-ci, répondit à sa question, avant que le reste de la meute ne les hèle pour attirer leur attention. Il était temps d'entrer dans le salon.