Chapitre 91 : Imprints

Le ciel était dégagé, offrant à leur vue le plus magnifique des panoramas.

Les étoiles brillaient de mille feux sur leur toile sombre. L'absence de la lune n'en ternissait pas la beauté naturelle, au contraire, sans leur rivale toute puissante, les autres astres étincelaient tels d'innombrables joyaux précieux. Un trésor qu'ils pouvaient contempler depuis leur lit sans se lasser.

La soirée avait été tout bonnement parfaite.

Après être partie du salon, la meute s'était rendue chez les McCall où le plus dur les attendait.

Scott avait été surpris de trouver la maison vide. Il ne devait pas être beaucoup plus de dix-neuf heures et sa mère ne devait prendre son poste que deux heures plus tard ! Il était pourtant évident qu'elle était passée ici après leur après-midi au lac puisque le panier à provisions avait été abandonné sur la table de la cuisine. Peut-être avait-elle décidé de tenir compagnie au shérif pour le repas ou profité de son temps libre pour faire quelques courses. Peu importe. Son absence était bienvenue pour ce qu'ils avaient à faire. L'infirmière n'aurait sans doute pas apprécié voir un homme être brûlé au chalumeau.

L'impatience se faisait clairement ressentir. Le tatoueur n'avait permis qu'à Stiles de rester. Il avait besoin de calme pour encrer la peau de son client. Derek avait accepté de jouer le jeu et n'avait pas cherché un seul instant à découvrir le motif qui ornait à présent son corps. Ce dernier avait disparu peu de temps après qu'il eut enfilé son t-shirt.

L'ancien alpha n'avait même pas sourcillé tandis que l'aiguille égratignait son épiderme afin d'y laisser son empreinte. Durant tout le processus, il n'avait eu d'yeux que pour Stiles. Celui-ci avait fait de même, préférant se concentrer sur son amant plutôt que sur le dermographe par crainte de tomber à nouveau dans les pommes comme lorsqu'il avait accompagné Scott.

Assis sur une des chaises de la salle à manger, le loup de naissance n'avait pas laissé un seul son franchir ses lèvres scellées, mais l'ensemble de ses muscles contractés et la sueur perlant sur son front avait trahi la douleur qu'il subissait. Isaac et Stiles l'avaient maintenu immobile tandis que l'alpha maniait son outil de torture. Les filles, elles, s'étaient éclipsées dans la cuisine pour ne pas avoir à affronter ce spectacle peu réjouissant.

Enfin, le souffle court, le lycanthrope s'était levé pour faire face à un miroir. Du la pulpe des doigts, il avait effleuré l'ancre noire qui ornait son corps comme un bijou, entre l'arête de son épaule et sa clavicule gauche. Son regard avait ensuite dévié pour percuter celui de son humain par l'intermédiaire de la surface réfléchissante et sans un mot il avait souri, les yeux pétillants d'émotions.

L'angoisse qui avait étreint l'hyperactif toute la journée s'était volatilisée instantanément et il n'avait pu résister davantage avant de sauter au cou de son compagnon qui l'avait attrapé au vol, les mains sur les hanches. Ils s'étaient embrassés de la plus douce des façons dans un besoin ineffable qu'ils n'avaient pu réfréner.

Isaac avait fait un petit commentaire dont il avait le secret, mais aucun des deux hommes n'y avait prêté la moindre attention, bien trop perdu dans leur bonheur.

Ils s'étaient séparés après avoir trinqué tous ensemble à cette nuit prometteuse qui ne faisait que commencer.

L'ancien alpha avait réservé chez Hobrien's, ce qui avait fait sourire son compagnon. Aucun d'eux ne risquait d'oublier leur premier rendez-vous improvisé dans ce restaurant.

Nostalgique, Stiles avait demandé à être installé à la même table, provoquant un léger rire à son amant.

Cette fois, ils avaient pu profiter de leur repas jusqu'au dessert et le fils du shérif n'avait pas hésité quant au choix de celui-ci. Il n'avait d'ailleurs pas été déçu par sa coupe de glace surmontée d'une généreuse part de brownie.

Le soleil s'était depuis longtemps couché quand ils avaient enfin rejoint le petit nid douillet que le bêta avait préparé pour eux.

Initialement, la revendication devait avoir lieu au loft, mais avec les récents événements, Derek avait dû se rabattre sur un plan B.

L'hyperactif avait d'abord été dubitatif en apercevant l'ancien manoir de la famille Hale se dessiner devant les phares de sa voiture.

Il s'était cependant laissé guidé jusqu'au second étage où une chambre avait été plus ou moins épargné par les flammes. Le parquet abîmé par les intempéries était recouvert de tapis duveteux sur lesquels étaient disposées une multitude de bougies que l'ancien alpha se hâta d'allumer. Au centre de la pièce, un lit en bois massif arborait de magnifiques tissus sombres parsemés de pétales de rose.

L'homme n'avait pas menti, il était incroyablement romantique. Devant une telle attention, Stiles avait senti son cœur s'emballer avant de se morigéner d'être à ce point guimauve. Ce genre de simagrée n'était-il pas l'apanage des femmes ? Il avait secoué la tête pour se retirer ses propres préjugés de l'esprit.

Il ne leur avait pas fallu une minute avant de froisser les draps de leur passion, après quoi ils s'étaient perdus dans la contemplation du ciel nocturne à travers une légère ouverture dans le toit en ruine.

— À quoi tu penses ?

La question de son amant le ramena au lieu et à l'instant présent. De la musique s'élevait depuis le portable du loup qui aurait tôt fait de s'éteindre en l'absence de moyens de le recharger.

— À rien… à tout !

Le lycanthrope souffla un rire face à la réponse de son compagnon.

Ils étaient lovés l'un contre l'autre, apaisés et sereins, heureux et amoureux.

Paresseusement, Stiles faisait glisser ses doigts sur la marque déjà cicatrisée, se délectant des frissons que ses caresses provoquaient.

Ce n'était pas vraiment quelque chose le représentant comme Derek l'avait demandé, mais le motif s'était imposé à lui comme une évidence. Les stigmates de la revendication qui orneraient bientôt sa chair seraient le symbole du lien les unissant. Il en était de même pour le tatouage puisqu'ils étaient l'ancre l'un de l'autre.

— Tu ne m'as pas dit ce que tu en pensais.

L'ancien alpha jouait avec ses mèches de la plus exquise des façons et il devait faire un effort tout particulier pour ne pas ronronner de plaisir.

L'homme ne se lassait pas de parcourir le corps nu et alangui de son amant qu'il effleurait lascivement de sa main libre.

Il faisait encore bon — une vingtaine de degrés, au moins — et, même si les températures chuteraient légèrement durant la nuit, l'épaisse couverture qu'il avait prévue suffirait à les garder au chaud.

— Si je te dis que je l'adore, tu vas encore m'accuser d'être niais comme tout à l'heure ?

Stiles pouffa contre son torse. Comme souvent il avait oublié de réfléchir avant de parler et le terme lui avait échappé en découvrant la scène féérique qui s'était offerte à lui à leur arrivée.

— Tu n'es pas déçu ?

— J'aurais dû me douter que tu ne respecterais pas les consignes, mais… non, je ne suis pas déçu. Il est parfait, mon amour !

Le baiser qui caressa ses lèvres ne dura qu'une seconde.

— Mon amour ?

Le sourire de l'adolescent était à peine visible à la lueur vacillante des bougies et des astres nocturnes.

— Tu me donnes un milliard de surnoms tous plus ridicules les uns que les autres, mais dès que j'essaie d'innover un peu, tu me reprends.

Comme pour le punir, le loup se déplaça pour mieux le dominer de son corps avant de l'embrasser à nouveau avec plus de passion.

Le lycéen frissonna sous l'assaut et tenta de se défendre en dépit des halètements de plaisir qui lui échappaient.

— Ils ne sont pas ridicules.

Le concerné lui offrit une moue clairement dubitative avant d'honorer son torse de ses lèvres. Il n'était pas contre une autre virée au paradis.

— Fluffy ?

— Hm-hm ?

Le bêta ne semblait pas décidé à abandonner son exploration humide, se délectant des petits picots sensibles qu'il faisait naître sur la peau de son adorable victime.

— Dis-m'en plus. Tu m'as expliqué que tu pourrais ressentir quand je ne vais pas bien. Comment ça fonctionne ?

Le loup se figea. Il ne s'était pas attendu à avoir une conversation sérieuse avec son humain ce soir, mais il pouvait littéralement sentir l'anxiété de ce dernier et pouvait comprendre son besoin d'être rassuré.

Il se repositionna sur le matelas, la tête contre le torse du garçon. Le cœur de celui-ci s'était précipité trahissant l'appréhension de l'hyperactif. Il resta un instant silencieux, se laissant bercer par cette musique douce qu'il aimait tant, tout en réfléchissant à la meilleure réponse à donner.

— Comment peut-on être à la fois homme et loup ? Comment fonctionne l'ancrage ? Pourquoi une morsure d'alpha peut engendrer d'autre lycanthrope ?

Il laissa les questions sans réponses flotter autour d'eux quelques secondes avant de reprendre d'une voix calme et posée.

— Il y a une part inexpliquée de magie qui régit notre monde. La revendication en fait partie. C'est un lien que l'on crée avec l'unique personne qui nous correspond. Et tu es cette personne pour moi. Il n'y aura jamais que toi. Toi et personne d'autre. Pour toujours. Et je me fous que tu me trouves niais ou ridiculement romantique. Après ce soir, ce sera toi et moi pour l'éternité.

Il attrapa la main du garçon pour la plaquer contre son propre cœur afin que ce dernier puisse en percevoir le rythme erratique.

— Et cette simple perspective me rend dingue d'impatience. Tu n'as même pas idée de l'effort que je dois faire pour ne pas te sauter dessus là, maintenant pour te faire l'amour jusqu'à ce que tu me supplies de te mordre.

Les mots du loup-garou se logèrent directement dans l'entrejambe de son amant. Un incendie embrasa ses reins et son ventre, se propageant dans sa poitrine, électrisant sa peau, transformant son sang en lave, le rendant impatient du moindre contact et de la moindre caresse.

— Maintenant ?

Les tremblements concupiscents de sa voix ne passèrent pas inaperçus provoquant un léger rire au bêta qui raffermit son étreinte sur le corps frêle de son compagnon.

— Sauf si tu as d'autres questions.

Stiles hésita. Il avait hâte de s'unir à son loup et en même temps n'avait aucune envie de tout précipiter. La nuit était belle. Il était bien. Il aurait voulu que ce moment dure éternellement.

— Tu crois qu'on était destinés à s'aimer ? J'ai lu un truc au sujet des âmes-sœurs et comme tu m'as dit que les loups-garous n'aimaient qu'une seule fois…

Il sentit le sourire de l'homme se soulever contre son thorax avant que le souffle de sa voix ne le percute en une douce et délicieuse caresse qui lui fit fermer les paupières.

— Je ne crois pas au coup de foudre. Nous n'aimons qu'une fois parce qu'une fois que nous offrons notre cœur à quelqu'un, c'est pour l'éternité, mais l'amour n'a rien de magique.

Il se mordit la langue à la recherche des bons mots. Ce n'était vraiment pas le moment d'être maladroit.

— Je n'ai jamais été attiré par un autre homme avant toi. J'ai d'abord été séduit par ta joie de vivre, ton énergie, tes sourires et ta propension à parler à tort et à travers. Je suis tombé sous le charme de ta force de caractère, celle-là même qui te pousse à sourire même quand tu ne vas pas bien, de ta bonté qui t'amène à te soucier des autres avant toi-même. Avant que je l'accepte et que je le réalise, je ne pouvais déjà plus me passer de toi. C'était dérangeant pour moi, parce que justement tu étais un homme et que je ne comprenais pas cette énergie qui me poussait vers toi. L'attirance est arrivée après. C'est de toi en tant que personne que je suis tombé amoureux, niño.

Le doux parfum de l'émotion de l'humain voleta dans l'air en réponse tandis que son rythme cardiaque se précipitait.

— Eh bien, moi c'est tout l'inverse, avoua le lycéen. Tu m'as plu dès le premier regard. C'est après t'avoir rencontré que je me suis posé des questions sur mon orientation sexuelle. Je m'étais déjà aperçu que je trouvais autant les femmes que les hommes séduisants, mais j'ignorais si c'était normal ou non… et en fait, j'aime pas cette notion de normalité !

— J'avais remarqué.

L'amusement du bêta fit sourire Stiles.

— Tu sais… J'avais sept ans quand je suis tombé amoureux de Lydia.

Cette fois, un grognement lui répondit et il se mordit la lèvre avant de reprendre.

— J'étais un gosse, Fluffy, et ma notion de l'amour était très archaïque. Je crois qu'au fil des années, je me suis accroché à elle sans réaliser que ce que je ressentais n'était rien de plus qu'un béguin d'enfant. Il a fallu que je te rencontre pour le comprendre. Je t'ai aimé au premier regard et pourtant, moi non plus je ne crois pas au coup de foudre !

Ils s'embrassèrent au terme de leurs déclarations mutuelles avant de se caler à nouveau l'un contre l'autre dans un soupir bienheureux.

L'esprit de l'hyperactif se mit en branle et il souffla un rire, conscient que ses préoccupations d'ordre bien plus trivial mettraient un terme à l'ambiance romantique qui avait pris possession de l'atmosphère autour d'eux.

— Comment tu faisais pour recharger ton portable ici ?

Le rire du loup percuta sa peau. À croire qu'il avait tourné le visage exprès pour le faire frissonner sous son souffle. Il était clairement amusé par la question, mais n'en fit aucune remarque.

— Dans la voiture et, à défaut, j'allais au diner sur Old Oak Street. Ils ont des prises à chaque table et leurs pancakes sont les meilleurs de la ville.

— Et pour te laver ?

— Il y a un cours d'eau à moins d'un kilomètre. La petite cascade qui s'y trouve fait une douche merveilleuse.

Cette fois, Stiles repoussa légèrement son loup pour affronter son regard. Couchés sur le flanc, ils étaient si proches que leurs fronts se touchaient presque, à portée de baisers.

— Tu déconnes ?

Derek réajusta la couverture sur eux. Il n'avait pas froid, mais être enveloppé dans un écrin de chaleur était des plus agréable.

— Absolument pas. Elle n'est pas plus fraîche que le lac, cet après-midi. D'ailleurs, c'est là-bas qu'on ira se laver demain matin avant de rentrer chez toi.

— On peut aussi patienter dix minutes et prendre une vraie douche !

La perspective de s'immerger nu dans une eau qu'il devinait glaciale de bon matin était au-dessus de ses forces. Aucune chance que le lycanthrope parvienne à le convaincre.

— Tu sais… Avec notre odorat, se doucher après avoir partagé un moment intime, c'est une marque de respect. Imagine un peu. J'ai grandi dans une famille, entouré de trois couples d'adultes. Comment penses-tu qu'un enfant puisse s'épanouir normalement et préserver son innocence s'il repère ce genre d'odeur sur la peau de ses aînés ?

— Mais mon père n'est pas un loup-garou et il ne sentira rien du tout.

— Mais moi je le saurais… Stiles… S'il te plaît ! Je te promets que ce sera agréable.

Un léger silence s'installa entre eux, laissant l'air de The reason des Hoobastank envahir leurs oreilles. À croire que l'univers tentait de leur transmettre un message.

Derek sourit avant de se joindre au chanteur de sa voix de velours, le regard verrouillé à celui de son compagnon comme si les paroles lui étaient destinées. Le lycéen se laissa emporter sans résister par la mélodie que son cœur accompagna de son tempo précipité.

Lorsque la musique changea, il avait perdu le combat sans même s'en rendre compte.

— Je ne peux pas croire que tu aies fait trempette dans la rivière tout l'hiver !

Les lèvres du loup se posèrent rapidement sur son nez.

— Je ne ressens pas le froid aussi durement que toi, mais c'est vrai que je me suis parfois rabattu sur les douches du lycée. La sécurité de cette école laisse clairement à désirer, si tu veux mon avis !

Ce fut au tour de Stiles de rire doucement avant d'annihiler la distance les séparant l'un de l'autre.

— Quand tu travailleras pour Grey…

Sisi je travaille pour Grey. Rien n'est encore fait.

— Je suis sûr que ce sera une simple formalité lundi. Alors… Quand ce sera le cas, que vas-tu faire de la maison ?

S'il avait dû être entièrement honnête, Derek aurait admis y avoir longuement réfléchi depuis qu'il avait commencé à travailler sur les plans du manoir.

Devait-il la reconstruire afin d'offrir à cette demeure de nouveaux souvenirs ? Sûrement, mais pas pour lui. Ici ne resteraient jamais que son passé et la culpabilité qui ne le quitterait jamais totalement. S'il n'avait pas été si naïf…

Il inspira profondément pour chasser ses démons, toujours aussi prompts à venir le hanter à la moindre faiblesse.

S'il avait emmené Stiles ici pour la revendication, c'était dans ce but. Associé des moments heureux à cet endroit qui avait connu tant de détresse et de douleur. Mais pour y vivre ? Non… Stiles et lui méritaient de se créer un univers rien qu'à eux, loin de ses fantômes…

— J'ai encore le temps de me décider, je suppose. J'ai plusieurs idées, mais rien de précis pour l'instant. Parlons d'autre chose, d'accord ?

— D'accord !

Ce qu'il adorait avec Stiles c'est qu'il avait beau être curieux et irréfléchi quelquefois, il savait aussi parfaitement quand il ne fallait pas insister.

— Alors… ta couleur préférée ?

Ils se laissèrent porter par la simplicité de longues minutes emplissant la chambre de rires. Se chamaillant comme des gosses, s'attaquant de quelques chatouilles parfois, s'embrassant souvent.

À un moment donné, la musique se coupa, signe que le téléphone du loup venait de s'éteindre. Le silence apporta avec lui plus de solennité à l'instant, leurs cœurs s'emballèrent en réponse tandis qu'ils se dévoraient des yeux avant de faire de même à coup de baisers.

L'humain n'eut pas le temps de comprendre ce qui lui arrivait que ses deux poignets se retrouvèrent emprisonnés de chaque côté de sa tête tandis que le corps de son compagnon le dominait pleinement et entièrement.

Son souffle lui échappa, plus d'excitation que de peur et il se perdit plusieurs longues secondes dans le regard bleu surnaturel de son amant.

— J'adore tes yeux ! avoua-t-il dans un murmure avant de relâcher l'ensemble de ses muscles qui s'était contracté par réflexe sous la surprise.

Il n'en fallut pas davantage à l'ancien alpha pour plonger dans son cou pour le mordiller et l'embrasser.

Ils se laissèrent consumer par le brasier de leur désir et l'air s'emplit du parfum de leur amour et de la musique de leur passion, fait de gémissements, de souffles saccadés et d'expirations impatientes.

Ils dansèrent l'un avec l'autre, s'effleurant, se caressant, s'aimant. Et enfin, dans un feu d'artifice qui n'avait rien à envier à la beauté céleste, ils s'unirent de la plus charnelle des façons. C'était doux et dur à la fois. Lent et impatient. Sensuel et sauvage.

Le firmament leur tendait les bras. Rien n'existait plus, qu'eux.

N'y tenant plus, l'humain offrit sa gorge sans plus attendre. Quémandant l'absolution du bout des lèvres.

Derek ne se fit pas prier pour y plonger, savourant sa peau, l'égratignant du bout des dents, jouant avec les nerfs et le plaisir de son amant sans jamais sombrer.

— Mords-moi !

Une supplique. Un vœu. Une offrande. Il voulait lui appartenir entièrement.

Frissonnant contre son corps, le bêta accéléra ses coups de reins, atteignant systématiquement sa cible pour transporter le lycéen au milieu des étoiles qui envahissait déjà sa vue.

Il se laissa emporter sans lutter par le raz-de-marée qui le dévasta, le faisant hurler de félicité. Les canines plongèrent dans son cou au même instant, mêlant la douleur au plaisir, lui faisant perdre toute pensée rationnelle tandis qu'il se noyait sous une avalanche de sensations vives et puissantes. Transporté dans un autre monde par le charivari de sa jouissance, il referma les bras autour de son amant pour tenter de se raccrocher à la réalité par son intermédiaire.

Il retomba tout doucement de son orgasme sous les caresses de son amour qui l'observait avec une ferveur et une attention encore plus intense qu'à l'accoutumée.

— Comment te sens-tu ? chuchota-t-il au milieu du silence de la nuit.

Stiles ne put que sourire, engourdi de la plus agréable des façons. Ses doigts effleurèrent son cou, surpris par l'absence de douleur lorsqu'il toucha les quatre petites perforations légèrement gonflées ornant sa chair. Un liquide chaud perlait des plaies sans s'en écouler à flots.

Il n'avait pas mal, au contraire, il ne s'était jamais senti aussi bien. C'était comme s'il avait trouvé sa place dans l'immensité de l'univers, qu'il était exactement là où il était censé être.

— Parfaitement bien.

Derek inspira profondément, rassuré par l'aveu qu'il savait honnête et se laissa retomber sur le corps de son partenaire, se blottissant entre ses bras, la tête contre son cœur. C'était son nouvel endroit préféré.

Tout était calme. Aucun danger ne semblait capable de les atteindre dans leur bulle… et pourtant, quelques heures plus tôt, leur ville avait été le théâtre de sombres événements.