Bonjour !

Voilà donc le fin mot de tout ce mystère. Il ne reste plus que cinq chapitres et je suis déjà émue de voir le dénouement arriver si vite.
Merci à Whimsikal qui se démène, chaque fois, pour m'apporter son aide et son précieux travail. Je voudrais qu'on se joigne pour lui souhaite ensemble un bon rétablissement.

J'ai bien reçu toutes vos reviews et je suis soulagée que le site fonctionne à nouveau correctement. Si, par malheur, le problème se reproduisait, je vous invite à vous diriger vers mon compte floweronabox sur AO3 où l'histoire est postée au même rythme et où les chapitres sont disponibles tout le temps.

Bonne lecture !


L'amertume d'un lit d'hôpital

7 avril 2017

En trente-six ans d'existence, Drago Malfoy avait connu bien des choses. Les repas de famille sans émotion, l'isolement, les querelles de clocher, celles de scolarité. Au-delà de toutes ces choses, la guerre avait très certainement été la pire des expériences. Le temps avait estompé les horreurs et les nombreuses années passées avaient rendu les souvenirs moins terribles. Mais jusqu'à ce soir-là, Drago Malfoy pensait que c'était le pire de tout ce qu'il pouvait vivre. À tort.

Il avait attendu qu'Hermione rentre du travail pour aller chez elle. La seconde où il avait transplané dans son appartement, il avait compris que pire que la guerre, il y avait bel et bien. Le salon vide de l'appartement était plongé dans un silence assourdissant. Une large tache de sang encore luisant se trouvait près du canapé au pied duquel la veste et le sac d'Hermione gisaient. Si les organes internes du blond n'avaient pas été aussi bien accrochés, ils auraient certainement rejoint le tapis.

Figé sur place, Drago était désemparé. En plus d'être incapable de bouger, il n'avait aucune idée de quoi faire. Au bout de quelques instants, il se mit à appeler frénétiquement la brune à travers tout l'appartement. Il passa en revue chaque pièce en criant son nom, mais aucune réponse ne vint. Que faire maintenant ? Potter. Il fallait contacter Harry. Drago transplana avec hâte dans le bureau du brun au Ministère, mais il était cruellement vide tout comme le reste du Département. Le sorcier se souvint qu'il avait son adresse quelque part chez lui où il fouilla avec précipitation. Il transplana au plus proche et courut jusqu'au petit portail. Il tambourina à la porte. Où était Potter quand on avait besoin de lui ?

La maison vide ne lui apporta pas plus de réponses. Drago sortit sa baguette et quelques secondes plus tard, son Patronus s'éleva. « Il est arrivé quelque chose à Hermione. ». Le cygne s'évapora avec ce message d'urgence et le jeune homme transplana dans son appartement dans la nuit noire et terrifiante. Et il attendit. Un temps qui lui sembla interminable, mais qui en réalité était peu de choses comparé à la nuit qui s'annonçait. Le ventre noué, il se leva d'un bond quand, enfin, un cerf apparut en un flash dans son salon.

« Hermione va bien. Elle te contactera. ». L'annonce du Patronus rapportant la voix d'Harry résonna dans le silence. Que faire maintenant ? Où était Hermione et que s'était-il passé ? Drago tourna en rond de longues minutes avant de se résigner. Il voulait la voir, savoir comment elle allait. Il envisagea un instant de lui envoyer un Patronus, un hibou ou une beuglante pour la peur terrible qu'elle lui avait causé, mais aucune des alternatives ne sembla une bonne idée. Harry lui avait dit qu'elle allait bien, il n'avait plus qu'à attendre qu'elle vienne vers lui. Alors c'est ce qu'il fit. Durant toute la nuit, il somnola dans l'angoisse et il attendit.

.

Quand Hermione avait posé les pieds dans son salon, elle avait senti son cœur exploser en même temps que son estomac tombait au sol. Sur sa moquette, le corps apparemment inerte de Ron gisait dans une flaque de sang. Elle avait hurlé son nom avant de tomber à ses côtés, explosant en larmes.

« M… Mione, avait gémi le rouquin.

– Oh Merlin, oh Merlin, avait-elle sangloté. Que s'est-il passé ?

– Désar… tibulé, avait répondu Ron après un râle de douleur. »

Il était ensuite tombé dans les vapes et Hermione avait bien cru le perdre définitivement.

Quand les médicomages arrivèrent, la brune leur expliqua ce qu'elle savait et les soins qu'elle avait prodigués et ils avaient évacué son appartement en direction de Sainte-Mangouste. Et maintenant, elle attendait. Dans le couloir immaculé de l'hôpital, ses genoux tremblotants ne la portaient plus. Harry arriva la seconde où elle lui envoya un Patronus et elle éclata en sanglots dans ses bras.

« Je ne sais pas ce qu'il s'est passé, s'étrangla-t-elle. Je rentrais seulement du Ministère et j'ai trouvé Ron…

Elle hoqueta et renifla bruyamment.

– Qu'ont dit les médicomages ? demanda le brun.

– Il a perdu beaucoup de sang par plusieurs endroits du corps, je n'en sais pas plus.

Le visage de Harry se ferma alors qu'il resserrait son emprise autour du corps frêle de sa meilleure amie.

– Merlin ! s'exclama-t-elle en se reculant brusquement. Rose et Hugo sont tous seuls et…

– Ginny est au Terrier, la coupa Harry. Elle m'a dit que les enfants y ont passé la journée. Elle reste avec eux et les nôtres en attente de nouvelles.

Hermione soupira de soulagement et de fatigue. Elle avait l'impression d'être vidée de toute son énergie.

– Je vais aller là-bas pour récupérer de quoi manger et passer la nuit, informa le brun. Je reviens tout de suite. »

La Ministre hocha la tête et le regarda s'éloigner. Des dizaines de pensées se bousculaient dans son esprit. Et si elle était arrivée trop tard ? Si Ron ne s'en remettait pas ? Si elle avait décidé de rester au Ministère encore un peu pour travailler, elle l'aurait certainement retrouvé mort dans son salon. À cette idée, elle fondit à nouveau en larmes. Heureusement, Harry fut de retour rapidement. Il hésita un instant à lui dire que Drago lui avait envoyé un Patronus, mais il n'en fit rien. Ils restèrent sur le banc un très long moment, murés dans un silence inquiet.

« Madame la Ministre, apostropha une vieille infirmière.

Hermione se leva vivement en l'interrogeant du regard.

– Si vous souhaitez rester sur place, je peux vous proposer une chambre libre pour que vous puissiez être mieux installés, informa l'infirmière.

– Oui… Oui, je vais rester, répondit la brune. Vous savez comment il va ?

– L'opération est toujours en cours, je n'ai pas d'autres informations, déclara la vieille dame. »

Hermione hocha la tête distraitement alors qu'elle et Harry suivaient l'infirmière à travers les couloirs. Ils rentrèrent dans une chambre inoccupée où un lit blanc comblait le vide.

« Si tu veux rentrer au Terrier, proposa la jeune femme, je te dirai dès que j'ai des nouvelles.

Harry parlementa quelques minutes, mais finit par céder devant sa très faible envie de passer la nuit sur un fauteuil inconfortable.

– Ça va aller, Mione, murmura-t-il alors qu'il la serrait dans ses bras. On se voit vite et n'hésite pas à envoyer un Patronus, même au milieu de la nuit. »

Il lui embrassa le front et quitta le bâtiment. Seule, Hermione inspira un grand coup. Harry avait laissé un sac avec un peu de nourriture, mais son estomac noué ne lui permit pas d'avaler quoi que ce fut. Elle posa ses yeux sur l'horloge ; le temps était passé si vite. La nuit noire dehors faisait naître les pires pensées. Elle attendit encore longtemps, valsant entre la position allongée sur le lit et les cent pas dans la pièce. La sorcière était incapable de fermer l'œil ou de s'apaiser.

Alors que la nuit était déjà bien avancée, la vieille infirmière vint toquer à la porte de la chambre. Dans un demi sommeil, Hermione lui ouvrit, le ventre tordu d'inquiétude.

« L'opération est terminée, annonça la dame. Monsieur Weasley est toujours inconscient, mais son état devrait rester stable. Le médicomage en chef souhaite s'entretenir avec vous demain matin.

– Est-ce que… je peux le voir ? demanda fébrilement la jeune femme.

– Je regrette, mais vous devez attendre que le médicomage en chef ait autorisé les visites. La santé de Monsieur Weasley est toujours très faible.

– Je comprends, fit Hermione. Merci.

– Vous pouvez rester là jusqu'à demain, dit l'infirmière. Nous sommes désolés de ne pas pouvoir vous offrir une plus grande chambre.

– C'est très bien, sourit poliment la Ministre. »

Lorsque l'infirmière sortit de la pièce, Hermione considéra l'idée de rentrer dormir chez elle. La vision de la flaque de sang à côté de son canapé l'en dissuada. Elle finirait sa nuit à Sainte-Mangouste et s'arrangerait pour voir ce fameux médicomage le plus rapidement possible. Les maigres heures de sommeil qu'elle put avoir furent tourmentées et Hermione se réveilla plus fatiguée encore alors que le soleil perçait à peine à travers les rideaux.

« Tu as réussi à dormir ? demanda Harry qui la rejoignit dans le couloir.

– Non, pas vraiment, soupira la brune en se frottant les yeux.

– Nous non plus.

– Les enfants vont bien ? demanda Hermione avec souci.

– Oui, ils ne sont au courant de rien et ils dormaient encore quand je suis parti. »

La Ministre fut reconnaissante aux Weasley et à Harry de ne rien avoir laissé transparaître auprès de Rose et Hugo. Elle ne voulait pas qu'ils apprennent que leur père était à l'hôpital alors qu'elle était loin d'eux et ne pouvait pas les réconforter. D'autant plus qu'ils n'avaient, jusque là, que très peu d'informations sur l'état de Ron.

Une porte s'ouvrit à quelques mètres d'eux et un homme d'une cinquantaine d'années en sortit. Il était vêtu d'une longue blouse verte où étaient brodés l'emblème de l'hôpital et son nom.

« Bonjour, fit-il, je suis le médicomage en chef Conti qui s'est occupé de Monsieur Weasley hier soir.

– Bonjour, répondirent simultanément Hermione et Harry en lui serrant la main.

– Je vous en prie, entrez.

Les deux sorciers suivirent Conti dans son bureau, une pièce vaste et sobre où de nombreux diplômes de médicomagie étaient exposés sur les murs. Une fois tous assis, l'homme parcourut du regard le rapport qu'il avait rédigé la nuit même avant de poser les yeux sur Hermione.

– Vous êtes son ex-femme ? demanda-t-il de but en blanc.

– Oui.

– Comment sont les rapports que vous entretenez avec Monsieur Weasley ?

– Je ne vois pas bien où vous voulez en venir. Peut-on le voir ? demanda Hermione d'une voix où pointait l'impatience.

– Je vous demande cela parce que nous avons trouvé un taux d'alcool particulièrement élevé dans le sang de Monsieur Weasley. C'est sans doute son état d'ébriété avancé qui l'a empêché de transplaner correctement.

– Nos rapports sont cordiaux, expliqua la brune pour répondre à la question précédente. J'avais parfois l'impression que Ron avait du mal à passer à autre chose après toutes ces histoires autour du divorce. Maintenant, cela semble plus évident, conclut-elle tristement.

– Nous ne savons pas exactement ce qu'il s'est passé, enchaîna le médicomage, et seul Monsieur Weasley pourra nous le dire.

– Peut-on le voir ? interrogea Harry qui était resté silencieux jusque-là. Comment est son état ?

– Il est toujours inconscient pour le moment. Il a besoin de beaucoup de repos pour récupérer. Je pense qu'il devrait se réveiller dans la matinée et si son état est stable, les visites seront possibles.

Le silence suivit le temps d'un instant.

– Les problèmes psychologiques sont à traiter le plus tôt possible et il est important de comprendre les antécédents, surtout s'ils entraînent de l'alcoolisme, ajouta le médicomage d'une voix grave.

– Monsieur Conti, Ron est un bon sorcier et c'était un excellent Auror, répliqua Hermione avec fermeté. Il n'a jamais abusé de l'alcool et… c'est un père bienveillant, finit-elle, la gorge serrée.

– Je n'en doute pas, assura Conti avec un sourire plus sympathique. Mais je vous conseille d'avoir une discussion avec lui concernant votre situation familiale car il me semble que c'est là que réside le problème. Les psychomages sont à votre disposition. »

Harry et Hermione remercièrent l'homme en blouse avant de sortir de son bureau. La jeune femme bailla bruyamment.

« Tu devrais rentrer chez toi pour te reposer un peu, conseilla le brun. On peut se retrouver ici en début d'après-midi.

– D'accord. Mais si tu as des nouvelles d'ici-là, tu me préviens. »

Harry hocha la tête avec un sourire et regarda sa meilleure amie s'en aller.

Hermione apparut dans son appartement et resta immobile près du canapé. Le sang avait séché et pris une couleur marron déplaisante. Finalement, après quelques moulinets avec sa baguette, la tache avait disparu. La jeune femme ramassa son sac et son manteau toujours étalés au sol et une fois ses affaires rangées, elle se laissa tomber sur son lit toute habillée. En quelques secondes, elle avait sombré dans un sommeil profond.

La sorcière fut réveillée par son estomac cruellement vide qui appelait à être rempli. Elle n'avait pas mangé depuis vingt-quatre heures et piocha dans son frigo de quoi se faire un sandwich. Il était un peu plus de midi et elle décida de retourner à Sainte-Mangouste. Hermione fila sous la douche avant de se changer. Elle attrapa un sac dans lequel elle fourra quelques affaires de toilette, d'autres vêtements propres, des livres et des dossiers sur lesquels elle travaillait.

La jeune femme s'affairait dans son appartement quand le son caractéristique du transplanage résonna.

« Hermione ? entendit-elle depuis la chambre.

« Drago ! » songea-t-elle avec stupeur. Elle ne lui avait rien dit ; elle n'avait même pas pensé à lui depuis la veille. Elle rejoignit le salon et en quelques instants, le blond la serrait contre lui avec force.

– J'ai eu tellement peur, murmura-t-il en embrassant son épaule.

Hermione ferma les yeux et entoura le torse de Drago de ses bras. Comme cela faisait du bien d'être avec lui. Elle se demandait comment elle avait réussi à ne pas penser à lui pendant si longtemps. Comment elle avait fait pour dormir sans sa présence à côté d'elle.

– Je suis désolée, murmura-t-elle une fois qu'ils se furent séparés. J'aurais dû te prévenir.

– Je suis venu hier soir et j'ai vu tout ce sang, expliqua le blond. J'ai cru qu'il t'était arrivé quelque chose. Harry m'a dit que tu allais bien et que tu me contacterais plus tard, mais je n'en pouvais plus d'attendre alors je suis venu.

Hermione fronça les sourcils.

– Je ne savais pas que tu avais parlé à Harry, avoua-t-elle.

Drago haussa les épaules. Il était avec elle maintenant et elle allait bien. C'était tout ce qui importait.

– Que s'est-il passé ? demanda-t-il finalement alors que la brune reprenait ses préparatifs.

– Quand je suis rentrée du Ministère, j'ai trouvé Ron désartibulé dans le salon, expliqua-t-elle difficilement. J'ai appelé des médicomages et on est partis à Sainte-Mangouste où j'ai passé la nuit.

– Et…, hésita Drago, comment va Weasley ?

– Je n'ai pas pu le voir encore, dit Hermione. Mais les médicomages disent que son état est stable.

– Je suis soulagé que tu ailles bien, soupira le blond en se passant une main dans ses cheveux.

Il s'apprêtait à s'asseoir sur un fauteuil quand la jeune femme referma d'un geste vif la fermeture éclair de son sac.

– Qu'est-ce que tu fais ? demanda Drago.

– Je me prépare pour retourner à Sainte-Mangouste, répondit la brune en attrapant le reste de son sandwich.

– Je pensais qu'on allait pouvoir passer un peu de temps ensemble, lâcha le sorcier avec une moue un peu contrariée.

– Je suis désolée, mais je dois aller voir Ron pour m'assurer qu'il va bien.

– Mais il est à l'hôpital, objecta Drago. Il y a déjà plein de gens qui veillent sur lui.

– Quoi qu'il en soit, je dois retrouver Rose et Hugo pour leur expliquer ce qu'il se passe. Où est Scorpius, d'ailleurs ?

– Chez sa mère, claqua le blond un peu plus sèchement qu'il ne l'aurait voulu. Quand est-ce que tu penses rentrer ?

– Je ne sais pas, Drago, avoua Hermione dans un soupir fatigué. Vraiment, je suis désolée de ne pas pouvoir profiter de ce week-end avec toi.

Elle s'approcha de lui pour poser un baiser aérien sur ses lèvres.

– Je te donne des nouvelles dès que les choses sont plus simples, assura-t-elle. »

Et elle transplana. Drago se passa une main sur le visage. Il n'avait aucune raison de rester là si Hermione n'était pas dans son appartement. La première idée qui lui vint en tête fut celle d'aller chez Blaise. Autour d'un bon whisky-pur-feu, il se lâcha. « Cet abruti de Weasmoche ne manque pas une occasion de la ramener. ». Et il vida son sac rempli de colère et d'amertume en tournant en rond dans le grand salon sous les yeux du métis qui désespérait de voir un jour ses deux amis ensemble et en paix.

Hermione rejoignit Harry et Ginny dans le couloir de l'hôpital. Après une courte attente, une infirmière leur signala qu'ils pouvaient entrer dans la chambre de Ron. Le couple y alla d'abord, laissant la jeune femme réfléchir sur son banc. Le médicomage Conti et ses paroles hantaient son esprit. Ron n'était pas alcoolique. Pourquoi s'était-il mis dans cet état-là alors ? Aller jusqu'à mettre sa vie en danger. La réponse semblait plutôt évidente et Conti avait certainement raison. Mais Hermione avait du mal à accepter que ce soit la faute de leur séparation chaotique et de leur divorce. En réalité, elle ne voulait pas l'admettre parce que cela la rendait malheureuse.

Elle avait espéré que ses relations avec Ron se seraient stabilisées avec le temps, persuadée que le divorce était la seule porte de sortie viable pour eux. Pour elle en tous cas. Elle ne se doutait pas que le rouquin vivait aussi mal les choses depuis le temps. La jeune femme tourna des dizaines de phrases dans tous les sens, cherchant le meilleur moyen d'aborder le sujet. Quand Harry et Ginny sortirent plusieurs minutes plus tard en lui assurant que Ron allait bien, Hermione inspira un grand coup. Elle poussa la porte et entra dans la chambre, faisant face au lit blanc et aux yeux tristes de son ex-mari.