Chapitre 94 : Screams
Noah avait eu un sourire ce matin-là en passant devant la chambre de son fils. La porte était entrouverte en respect de ses règles et il n'avait pu que se sentir heureux en apercevant les deux corps endormis, lovés amoureusement l'un contre l'autre.
La veille, il avait été rassuré de constater que son unique enfant n'avait eu aucune séquelle de l'obscure cérémonie qui l'avait uni à son petit-ami. Une sorte de mariage pour les loups-garous. Il n'y avait pas compris grand-chose à dire vrai, mais ne s'y était pas opposé. Il s'était lui-même marié très vite avec Claudia. Quand le grand amour frappe à notre porte, il n'y avait aucune raison d'hésiter et il était heureux que son fils vive lui aussi ce fabuleux moment. Derek était un mec bien en dépit de son passé sombre et de son « petit problème de fourrure » comme aimait le qualifier Stiles qui avait, de toute évidence, un peu trop lu la saga Harry Potter.
Le cœur gonflé à bloc, il rejoignit le poste d'une humeur radieuse en dépit du merdier qui l'y attendait. Avec l'épidémie de grippe qui avait frappé la ville, il avait le EIS* et le FBI sur le dos, sans parler de son enquête parallèle sur les Everfool. Il avait la sensation d'être sur une piste, même s'il n'avait aucune idée d'où celle-ci le conduirait. Une longue journée de coup de fils et de mails en tous genres l'attendait.
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— Arrête de t'inquiéter et file avant d'être vraiment en retard.
Derek n'aimait pas ça. Pas ça du tout.
Avec l'émotion et la fatigue de la veille, ils avaient oublié de brancher leur cellulaire. Ce qui n'aurait pas été dramatique s'ils s'étaient réveillés d'eux même avant treize heures.
Il devait se dépêcher s'il voulait être à l'heure pour son entretien.
— Prends ton chargeur et ton téléphone et envoie-moi un SMS dès que tu seras arrivé.
Normalement, c'est lui qui aurait dû déposer Stiles, mais ce dernier était toujours en pyjama devant son petit-déjeuner tardif et l'ancien alpha n'avait plus le temps de faire le détour.
— T'es pire que mon père. Tout va bien se passer, Fluffy. Détends-toi. Je vais laminer Scott aux jeux vidéo toute l'après-midi et on se rejoint ce soir devant le resto.
L'architecte aurait bien aimé ressentir autant de confiance que l'adolescent qui avait fait une réservation pour célébrer comme il se doit son embauche.
Avec un sourire, le garçon se leva pour l'embrasser avant de le pousser doucement vers la sortie pour l'encourager à partir.
À contrecœur, l'ancien alpha s'installa dans sa camaro et brancha son propre portable sur l'allume-cigare. Il savait pourtant que le trajet était trop court pour permettre de recharger l'appareil.
Il expira longuement pour essayer d'exorciser son angoisse et jeta un dernier regard en direction de la maison du shérif. Il fallait qu'il se détende. Il n'y avait aucune raison que les Everfool attaquent avant la pleine lune. Il aurait aimé s'en convaincre tandis qu'il s'élançait, dépité vers le quartier des affaires.
Sa voiture disparaissait tout juste au bout de la rue que Luna se redressait déjà sur son siège pour envoyer un message à son père.
Elle avait à peine bougé depuis près de trente-six heures. Ne s'accordant que quelques pauses n'excédant pas quinze minutes par besoin biologique. Elle n'avait ni mangé ni dormi, mais ce n'était pas ce qui l'agaçait.
Elle aurait aimé que la meute contrecarre leur plan. Malheureusement, ces crétins souffraient d'un excès de confiance et n'apprenaient visiblement pas de leurs erreurs.
La mort dans l'âme, elle attendit le moment opportun pour passer à l'action.
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Après un dernier baiser langoureux de sa petite-amie, Scott regagna sa maison, le cœur enjolivé de magnifiques souvenirs.
Le week-end chez les Argent s'était terminé bien trop vite à son goût, aussi avait-il hâte de retrouver Allison dès le lendemain.
Il se faufila chez lui sans se défaire de son sourire niais et déposa son trousseau sur la console de l'entrée, avant de se délester de son sac à dos au pied de celle-ci.
— Maman, je suis rentré.
Stiles ne devrait plus tarder à arriver et il savait que sa mère détestait avoir à croiser son meilleur ami avant qu'elle ne soit douchée.
La maison était calme et seul le silence lui répondit. Il souffla un rire, amusé à l'avance d'aller sortir l'infirmière du lit. Pour une fois que les rôles étaient inversés.
Il ne perdit pas de temps avant de gravir les marches et entra dans la chambre, prêt à sauter sur le matelas pour un réveil certes brutal, mais rempli d'amour.
Son euphorie retomba à l'image de son sourire en découvrant que la pièce était vide.
Son rythme cardiaque s'emballa à mesure que la panique prenait possession de lui. Les draps n'étaient même pas froissés et, maintenant qu'il y prêtait attention, l'odeur de sa mère était trop légère dans l'air. Elle n'avait de toute évidence pas remis les pieds ici depuis plusieurs jours.
Comme si on l'avait frappé, l'alpha sortit de sa torpeur et se précipita au rez-de-chaussée.
Il refusait de croire qu'un malheur ait pu lui arriver. Il ne le supporterait pas. Il devait forcément y avoir une explication. Un carambolage qui aurait nécessité une garde exceptionnelle à l'hôpital souffrant d'un manque de personnel, par exemple... Ce ne serait pas la première fois.
Il essaya d'abord de joindre sa mère sur son portable et, même si elle ne décrocha pas, il fut soulagé de ne pas tomber aussitôt sur le répondeur.
Son téléphone n'était pas déchargé, c'est que tout allait bien. Elle était juste trop occupée pour prendre son appel. Il tenta de s'en convaincre avant de joindre le standard de la clinique. Son hypothèse sembla se confirmer lorsque son interlocutrice refusa de lui donner la moindre information, prétextant avoir un milliard de choses plus importantes à faire que de répondre.
Pourtant, il devait en avoir le cœur net. Il tapa un rapide message à son meilleur ami pour le prévenir de son contre temps avant d'attraper son casque et ses clés et de filer en direction du centre de soin.
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Après le départ de son amant, Stiles s'étira en miaulant presque de bien-être. Leur grâce matinée improvisée lui avait fait un bien fou. Il déposa son bol dans l'évier avant de monter sans attendre pour se préparer. Il ne lui fallut pas vingt minutes pour se doucher et s'habiller.
Il attrapa son chargeur et ses clés et fourra son téléphone éteint dans sa poche avant de claquer la porte de la maison derrière lui et la verrouiller.
Il avait déjà un quart d'heure de retard, sans parler des dix minutes de trajet pour rejoindre la demeure des McCall. Sans moyen de prévenir son ami, il ne restait qu'à espérer que celui-ci ne s'inquiète pas inutilement.
— Stiles !
L'hyperactif avait la main sur la poignée de sa voiture lorsque la voix de Luna lui fit redresser la tête avec étonnement.
Il fronça les sourcils de surprise en l'apercevant depuis l'autre côté de la rue et esquissa quelques pas dans sa direction par réflexe.
— Luna ? Que fais-tu ici ? J'ignorais que tu connaissais mon adresse.
Une sonnette d'alarme s'alluma dans l'esprit de l'adolescent qui se stoppa dans son élan.
— C'est Max. Il a disparu...
Elle semblait tellement affolée que le fils du shérif oublia son mauvais pressentiment pour la rejoindre.
— Quoi ? Attends ! Depuis quand ? Tu as prévenu la police ?
— Je ne sais pas, il ne donne plus de nouvelles depuis ce week-end. Stiles... Je crois qu'il a été kidnappé.
C'était à son tour de paniquer.
— OK. Calme-toi ! Ce n'est peut-être rien... Il est peut-être avec Danny. Ils étaient à Los Angeles ensemble samedi. Tu as essayé de l'appeler ?
— Je n'ai pas le numéro de Danny, c'est pour ça que je suis venue te voir. Attends... Il faut que je te montre le dernier message que Maxime m'a envoyé.
Sans vérifier qu'il la suivait, elle s'avança vers un coupé cabriolet qui semblait familier au fils du shérif. La voiture de Paul. Son attention fut détournée par ce détail.
— T'as un problème avec ta mustang ?
Tous ses sens étaient en alerte, sans qu'il ne parvienne à comprendre la raison de son trouble.
Luna ne se préoccupa pas de sa question, trop occupée à se pencher dans l'habitacle pour récupérer son cellulaire.
Elle se redressa, l'appareil en main sur lequel elle pianota quelques secondes avant de le brandir sous son nez.
Il cessa de la fixer pour regarder l'écran qui disparut presque aussitôt derrière un voile noir.
— Je suis désolée.
Ce fut la dernière chose qu'il entendit.
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Comme prédit par son compagnon, l'entretien n'avait été qu'une simple formalité.
Était-ce pour ses compétences ou en souvenir de son père, mais Grey le voulait à tout prix dans son équipe. Il lui avait même proposé de lui céder des parts de son entreprise, ce que l'ancien alpha avait tout de suite refusé.
Il ne souhaitait aucun traitement de faveur et n'avait qu'une envie, celle de faire ses preuves.
Grey et lui avaient discuté de longues heures de leurs attentes respectives, du passé et de l'avenir.
Ainsi mis en confiance, Derek avait osé poser une dernière condition à son bienfaiteur. Avec le problème Everfool, il ne pouvait pas se permettre de prendre son poste avant début août. Il prétexta devoir liquider deux ou trois impératifs entre temps. Le sexagénaire avait accepté sa requête sans hésiter et avait même profité de l'occasion pour l'inviter à célébrer son embauche autour d'un verre.
Il était dix-sept heures passées quand Derek se gara enfin devant la maison de son compagnon. Il avait hâte de pouvoir recharger son téléphone pour prévenir celui-ci de son retour. Le trajet s'était avéré définitivement trop court pour, ne serait-ce que, mettre l'appareil récalcitrant sous tension.
Il fronça les sourcils en avisant la voiture toujours dans l'allée et hâta le pas vers la maison. Stiles était pourtant sorti. Il pouvait encore percevoir son odeur dans l'air. Scott avait dû venir le récupérer.
Ils avaient fait tellement de kilomètres au volant de la jeep qu'il n'aurait pas été étonnant que celle-ci tombe à nouveau en panne.
Il ne se questionna pas davantage avant d'entrer dans la maison grâce au jeu de clés que le shérif lui avait remis le premier jour.
Il brancha son téléphone et décida de prendre une douche rapide le temps que l'appareil ne soit suffisamment chargé. Noah, Stiles et lui s'étaient donné rendez-vous à dix-huit heures pour le dîner.
Après avoir enfilé des vêtements moins guindés, il s'empara de son cellulaire et le démarra tout en pianotant distraitement sur le plan de travail.
Il ne lui fallut pas plus d'une seconde pour constater l'absence de message. Il avait pourtant demandé à son amant de le prévenir dès qu'il serait avec son meilleur ami. Évidemment, l'hyperactif était tout à fait capable d'avoir oublié et... Scott l'aurait averti s'il y avait eu un problème. Non ?
Alors pourquoi n'arrivait-il pas à contrôler la peur qui venait de le prendre au ventre ? Il secoua la tête, bien décidé à parler à son petit-ami. Il n'y avait pas trente-six façons de se rassurer et tant pis si l'humain se moquait de lui pour s'être inquiété pour rien.
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Ian ne broncha pas lorsque l'agent accrocha ses menottes à la table d'interrogatoire. Il pensait avoir tout dit depuis longtemps, mais de toute évidence, les fédéraux ne semblaient pas de son avis.
Peu lui importait. Il se foutait bien d'être enfermé pour un crime qu'il n'avait pas commis et puis il savait qu'il avait sa part de responsabilité pour avoir cédé à la menace de son frère et accepté de le mettre en relation avec l'agent de sécurité du laboratoire.
Il aurait dû se douter que la soif de sang de Paul se ferait une fois de plus ressentir. Il n'avait jamais aimé les témoins gênants.
Il méritait d'être derrière les barreaux pour tout ce qu'il avait fait pour protéger son fils de la folie d'Eléa.
Pourtant, sa condition de prisonnier ne le satisfaisait plus depuis quelques jours. Il était prévu que Max rejoigne Marc à Yuma dans la nuit de samedi à dimanche, mais il s'était attendu à ce qu'il soit revenu depuis. Or il n'avait plus de nouvelles depuis la nouvelle lune.
Il fallait qu'il sorte d'ici pour en avoir le cœur net. Quelque chose avait dû mal tourner et son fils était peut-être en danger.
Dans son dos, la porte à fermeture électronique émit un bruit caractéristique et il observa le nouveau venu pénétrer dans la pièce depuis le miroir placé devant lui et qu'il savait sans teint.
Il reconnut sans difficulté l'homme qui s'installa face à lui. Il faisait partie de ceux qui s'étaient introduits chez lui le jour de son arrestation. Grimm ? Grant ? Non. Graham !
Chaque fois qu'il l'interrogeait, Graham s'avérait implacable, dur et froid sans que Ian ne parvienne à deviner si l'homme se comportait systématiquement de la sorte avec ses suspects ou s'il avait un grief personnel à son égard.
L'entrevue débuta comme les précédentes par une bataille de regard glacial, mais l'oméga n'était pas d'humeur à tenir tête à l'inspecteur ce soir-là.
— Carter ! Je vais finir par croire que vous appréciez ma compagnie. Toujours pas d'aveu à me faire ?
Ian se retint de justesse de lever les yeux au ciel avant de répondre avec ironie.
— Je ne peux plus me passer de vos sourires !
Si tant est que ce type soit capable d'en faire ! Une expiration lasse lui échappa. Il ne pouvait rien dire, même s'il le voulait. Tant qu'il ne serait pas certain que Maxime soit en sécurité loin de Paul, il ne pourrait pas se le permettre. Et même dans ce cas... Il ne ferait que mettre la vie de ces hommes en danger, car il y avait fort à parier que son frère ne se rendrait pas sans se défendre.
La détermination de son fils lui avait ouvert les yeux. Il ne devait plus laisser son cadet lui dicter sa conduite. Il était de sa responsabilité de l'empêcher de nuire.
— Vous avez tort de me prendre pour un idiot. Je sais qui vous êtes et je dois vous avouer que vous n'êtes pas le premier à qui j'ai affaire. J'ai une mauvaise nouvelle pour vous. Malgré vos capacités hors du commun, vous n'êtes et ne serez jamais au-dessus des lois. C'est la raison qui m'a fait choisir ce métier.
Ian releva le visage pour aviser son interlocuteur avec une surprise évidente.
Avait-il bien compris le sous-entendu ?
Comme pour lui répondre, la lumière se coupa et la pièce ne fut plus éclairée que par la faible lueur du néon blanc et vert indiquant la sortie de secours.
Pas du tout étonné ni perturbé par la panne, l'agent fédéral reprit d'une voix calme.
— Pourquoi avoir répandu ce virus au lycée ?
— Je n'y suis pour rien.
Un léger silence lui répondit tandis que l'homme s'installait plus confortablement contre le dossier de sa chaise.
— Vous dites la vérité.
Il énonçait ce qui ressemblait à une certitude.
— Vous êtes un loup ! comprit Ian.
Graham lui offrit un sourire avant de faire étinceler ses iris de rouge.
C'était une invitation à laquelle Ian accepta de se soumettre. Son regard bleu se para d'un halo surnaturel.
Le silence qui suivit la révélation ne dura pas.
— Il nous reste deux minutes avant que le système ne se relance. Je veux vos aveux dès que les caméras se remettront en route. C'est ma dernière sommation. Je déteste rendre justice moi même, mais ce que je ne peux faire dans le cadre de la loi, je n'hésite pas à le faire de mes mains.
La menace était claire et il ne faisait aucun doute que l'issue du combat ne serait pas en la faveur de l'oméga.
Qu'avait-il à perdre après tout ?
— J'accepte de coopérer à une unique condition. Débrouillez-vous pour me faire sortir ! Aujourd'hui !
La climatisation se remit en route et les lumières clignotèrent. Graham ne le lâcha pas de son regard insondable.
— Une minute avant que les ordinateurs ne se rallument.
De toute évidence, sa requête valait office de refus pour l'agent fédéral.
— Mon fils est en danger. Vous avez raison sur une chose, je connais le responsable. Laissez-moi sortir et je vous le livre. Je veux juste sauver mon enfant. Vous pourrez bien me jeter derrière les barreaux après ça, je ne m'y opposerais pas, mais avant, je dois m'assurer que Max est en sécurité. Ma propre vie m'importe peu... S'il vous plaît.
Cette fois, le policier se caressa la barbe avec une expression d'intense réflexion. La lumière était définitivement revenue. Le bruit du verrou électronique annonça l'arrivée d'un nouvel homme dans leur salle.
— Un donateur anonyme va se charger de votre caution. Une voiture vous attendra devant le bâtiment. La clé sera dans les affaires qu'on vous remettra à votre sortie. Je vous laisse vingt-quatre heures pour résoudre ce bordel. Passé ce délai, je vous retrouverais, vous ou votre fils humain et je ne serais pas aussi clément.
Il se leva de sa chaise lorsque son collègue pénétra dans la pièce et sortit sans un mot de plus.
Ian ferma les yeux, le cœur battant à tout rompre. Il n'était pas étonné des informations que l'alpha détenait sur lui et Max, il était venu chez eux et n'avait dû avoir aucun mal à repérer leurs odeurs. C'était le seul endroit où l'oméga était incapable de la réfréner, mais il ne pouvait en aucun cas le regretter puisque c'était grâce à elle qu'il avait une chance de sauver son fils et de mettre fin à la folie de son frère. Quoiqu'il en coûte. Même au prix de sa vie.
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Le shérif frotta sa nuque en grognant. Rester assis derrière un bureau toute la journée n'était vraiment plus de son âge et son corps le lui faisait payer. Son poste touchait à sa fin et il était prêt à partir. Pourtant, lorsqu'un bip caractéristique l'avertit de la réception d'un nouveau mail, il l'ouvrit sans hésiter.
Près d'une semaine qu'il attendait une réponse du doyen de l'université de Phœnix.
Esther Everfool y avait commencé des études de médecine avant de disparaître définitivement des radars. Entre l'épidémie de grippe et l'utilisation d'une seringue pour provoquer la bradycardie du chasseur, Noah avait l'intuition qu'elle y avait rencontré des alliés. D'après la meute, sa meilleure amie avait certainement dû succomber à une morsure d'alpha. Mais d'autres y avaient peut-être survécu.
Il passa une main lasse dans ses cheveux courts tout en faisant défiler la liste des élèves ayant partagé les bancs de l'école de la défunte alpha. Il lui faudrait évidemment enquêter sur chaque personne avant de trouver une piste digne solide, mais la curiosité le poussait à parcourir chaque nom du regard.
La probabilité que l'un d'eux lui soit familier était infime et c'était sans doute la raison pour laquelle son cœur fit un tel bond dans sa poitrine lorsque son intuition — et celle de son fils — fut confirmée.
Sur son écran, en lettre capitale, l'identité d'un de leur assaillant semblait le narguer.
PAUL CARTER
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Derek tomba directement sur la boîte vocale provoquant un raté à son cœur. Ce n'était pas normal.
Une fois de plus, il tenta de se rassurer. Si Stiles était en danger, il le sentirait à travers leur lien.
Il avait le souffle court tant son rythme cardiaque était rapide. L'adrénaline affluait dans ses veines comme pour le préparer à courir ou à se battre.
— Réponds, Scott ! Réponds !
Une tonalité. Deux tonalités.
— Allez, Scott.
— Derek !
La voix paniquée de l'alpha provoqua un vertige au loup de naissance qui ferma les yeux en se retenant d'une main sur le mur.
Il n'eut pas le temps de parler qu'une douleur indicible lui traversa la colonne vertébrale comme s'il venait de se faire foudroyer. Il hurla sa détresse sans pouvoir se contenir.
Stiles était au supplice. Stiles avait peur. Stiles était en danger... et c'était sa faute !
Comme un écho, un cri strident se mêla au sien. Il s'y raccrocha pour ne pas sombrer dans la folie provoquée par la souffrance qui irradiait à présent dans chacun de ses muscles.
Lydia.
Des larmes s'évadèrent de son regard et il se laissa glisser au sol.
Quelqu'un allait mourir. La banshee l'avait senti.
Son cœur se contracta avec tant de violence qu'il crut un instant qu'il allait cesser de battre purement et simplement jusqu'à ce que la voix de Scott ne lui fasse reprendre pied dans la réalité. Il mit du temps avant de comprendre les mots loin d'être rassurants de l'alpha.
— Derek ! Derek, tu m'entends ? Derek... Ma mère a disparu. J'ai besoin de toi !
Il haleta au bord de l'évanouissement quelques secondes et fit son possible pour rester lucide. Son compagnon avait besoin de lui. Ce n'était pas le moment de flancher. Il fit appel à toute sa volonté pour prononcer les quelques mots qui ne faisaient que rendre la situation bien plus réelle encore.
— Stiles est en danger.
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*EIS : Je l'ai déjà évoqué lors de la descente chez Ian, mais comme le terme n'est pas très connu, je vous le remet. EIS (Epidemic Intelligence Service), c'est un peu la police de la santé. Dès qu'il faut enquêter sur une épidémie, un acte terroriste biologique etc. C'est eux qui interviennent.
