Chapitre 95 : Captives
Maxime fit lentement tourner sa tête pour tenter de décontracter ses muscles douloureux. C'était un foutu enfer.
Il était enfermé depuis deux jours dans ce satané sous-sol. D'ailleurs, sans la présence de Mélissa, il serait sans doute devenu complètement dingue entre l'odeur de moisi et l'absence de lumière.
Paul venait les chercher aux premières et dernières lueurs du jour pour leur octroyer un rapide passage aux toilettes et leur donner un semblant de nourriture. C'était de cette seule façon qu'ils pouvaient estimer le temps écoulé.
Leur cellule improvisée était minuscule. En tout cas, l'espace disponible l'était. Le premier jour, ils avaient eu la chance de dénicher une lampe torche, mais ne s'en servaient que rarement afin d'en économiser les piles au maximum. L'interrupteur actionnant le plafonnier se trouvait à l'extérieur et leur geôlier n'avait pas jugé nécessaire de laisser l'éclairage allumé.
À part culpabiliser, Maxime n'était capable de rien. Il n'avait pas simplement échoué, il avait aussi aggravé la situation.
Il n'avait plus aucun moyen de contacter ses amis pour les avertir du danger désormais. On lui avait pourtant rabâché toute sa vie qu'il n'était qu'un bon à rien, un poids. À quel moment avait-il pu croire être en mesure de résoudre le problème à lui seul ?
Incapable de rester assis une minute de plus sur le vieux canapé défoncé qu'ils devaient se partager pour dormir, l'adolescent se leva et commença à faire les cent pas à l'aveugle.
Évidemment, il se cogna contre un objet indéterminé et fut aussitôt ébloui par la lumière crue de la lampe que tenait l'infirmière.
— Arrête de tourner en rond comme un lion en cage. Tu me rends nerveuse.
Malgré ses mots, la mère de famille paraissait sereine et son sourire maternel provoqua une vague de tristesse à son compagnon de cellule.
S'il avait été honnête avec Stiles au risque de perdre son amitié, s'il avait placé la vie de ses camarades avant la sensibilité de sa sœur, il n'en serait pas là.
Ses yeux se posèrent sur le tableau recouvrant une grande partie du mur et son cœur se serra un peu plus.
Ils avaient pu dénicher des craies et s'en étaient servis pour communiquer, faire connaissance et partager les récents événements à l'abri des oreilles indiscrètes.
Par écrit, il avait tout avoué à l'infirmière et pourtant, à aucun moment celle-ci n'avait semblé lui en vouloir. Elle était restée douce, gentille et bienveillante.
Était-ce ainsi qu'agissait une vraie mère ?
Il soupira de dépit et balaya du regard le foutoir encombrant la pièce.
D'après Mélissa, ils étaient retenus dans la scierie abandonnée à la limite de Beacon Hills, perdue au milieu des bois.
Un réfrigérateur hors d'usage laissait supposer qu'ils se trouvaient dans l'ancienne salle de pause des employés.
Les années et les squattes successifs avaient transformé l'endroit en véritable dépotoir, si bien que toute une partie de leur geôle était envahie par un enchevêtrement d'immondices et de meubles cassés qui restreignait l'espace aux deux mètres carrés desservant le sofa, le tableau, le lavabo et la porte.
Ils avaient bien tenté de se frayer un chemin, espérant trouver une porte dérobée derrière le foutoir, mais celui-ci avait manqué de s'effondrer sur eux et ils avaient préféré abandonner.
Ils étaient piégés et ne pouvaient rien faire pour se sortir de là.
Personne ne savait où ils étaient retenus si ce n'est Luna, mais celle-ci ne pourrait pas défoncer la porte sans que Paul ne le remarque. En d'autres termes, elle ne pouvait rien pour les aider.
— Comment va ta tête ?
Par réflexe, il toucha la plaie sur son front, toujours douloureuse, et grimaça en retirant sa main. Une croûte s'était formée et surmontait une jolie bosse colorée de violet sombre.
D'après l'infirmière, sa perte de connaissance avait été de courte de durée. Puisqu'il n'avait pas eu d'autres symptômes, il n'y avait plus lieu de s'inquiéter d'un quelconque traumatisme crânien. Au moins un point positif.
Il la rassura d'un sourire avant de se remettre à marcher de long en large pour essayer d'endiguer son angoisse.
Il devait forcément y avoir un moyen de contacter de l'aide.
Le tableau noir vide le narguait. Ils devaient prendre garde de l'effacer systématiquement pour ne pas risquer que leurs conversations silencieuses soient découvertes.
Il s'empara d'une craie, plus pour s'occuper que par réel espoir de trouver une solution. Quitte à gaspiller de la lumière…
— Il faut à tout prix que nous sortions d'ici.
Mélissa se leva en secouant la tête de dépit avant d'attraper un autre bâtonnet blanc.
— Comment? Nous avons fait le tour des possibilités.
— Peut-être pas. Je peux faire diversion pendant que vous fuyez.
Il savait bien qu'il ne pourrait octroyer que quelques malheureuses secondes d'avance à l'infirmière, mais il était désespéré et était prêt à se sacrifier pour leur laisser une ultime chance, aussi infime soit-elle.
De toute façon, il ne pourrait pas vivre avec des morts sur la conscience.
— Il y a forcément une autre s…
Une plainte d'agonie déchira le silence, empêchant la femme de terminer sa phrase. Ils levèrent les yeux vers le plafond d'un même mouvement, comme s'ils pouvaient voir à travers celui-ci.
Le cœur serré de douleur et les larmes au bord des cils, leurs regards se heurtèrent avec détresse. Ils avaient tous les deux deviné l'identité du supplicié.
— Stiles !
oOo
Stiles se réveilla dans un sursaut violent et désagréable. Il toussa pour expulser l'eau qui s'était insinuée dans sa trachée.
Déboussolé, il eut du mal à fixer son attention sur quoi que ce soit pendant plusieurs secondes, puis, une à une, des bribes d'informations se frayèrent un chemin jusqu'à son esprit.
Il était trempé.
Ses poignets étaient maintenus au-dessus de sa tête par des entraves dont l'acier lui mordait durement la chair, mais ses pieds touchaient toujours terre, heureusement.
Il faisait sombre dans l'espèce d'entrepôt où il se trouvait. Ce devait être la fin de journée et les vieux carreaux sales et jaunis par les années filtraient la faible luminosité du soleil.
Paul lui faisait face, un sourire rayonnant aux lèvres et un seau vide à la main qu'il jeta au sol sans plus de considération. Derrière lui, en retrait et tête basse, Luna arborait un visage triste, mais résigné tout en évitant soigneusement de regarder dans sa direction.
Avant qu'il n'ait pu réfléchir calmement à la situation, Paul s'avança vers lui, d'un pas lent et mesuré sans se défaire de son sourire carnassier. L'adolescent ne put réprimer son instinct de préservation plus longtemps et commença à se débattre face au danger que représentait l'homme. Son intuition l'avait toujours mis en garde contre son kinésithérapeute aussi, se trouver ainsi vulnérable devant lui ne pouvait que lui déplaire.
Il ne put malheureusement rien contre le poing qui se referma sur ses cheveux pour le forcer à tourner la tête, exhibant, de ce fait, le côté gauche de sa gorge.
Sa respiration se fit plus difficile et il serra la mâchoire pour ne pas grogner sous la poigne malmenant ses mèches.
— Je suis franchement déçu. On ne voit rien du tout. Je m'attendais vraiment à quelque chose de plus grandiose. La mienne est bien plus… artistique !
Cette fois, le soignant inclina son visage dans le sens opposé pour effleurer, du bout des doigts, les quelques perforations pas totalement cicatrisées ornant la jointure de son épaule.
Stiles frissonna de dégoût sous la caresse avant d'en être libéré lorsque son tortionnaire recula de quelques pas comme pour mieux le toiser.
Comme à l'accoutumée, son esprit se mit en branle, associant les nouveaux éléments aux informations déjà en sa possession, rassemblant le puzzle à une vitesse folle. La seule conclusion qu'il put en tirer le fit tressaillir.
Paul était un loup. Luna aussi d'ailleurs… mais alors, le troisième ? Maxime ? Non, il avait passé le test de l'aconit là où Derek avait perdu les pédales… Ian !
L'appartement du soignant n'était qu'une couverture. Mais Luna ? Scott lui avait pourtant dit qu'elle avait contracté la grippe, mais peut-être qu'elle avait trouvé le moyen de feindre la maladie pour se créer un alibi… des plus efficaces d'ailleurs, puisqu'il avait dépunaisé la photo de la louve de son tableau d'enquête le soir même.
Une autre conclusion le frappa. Max lui avait dit que sa mère était morte quelques mois plus tôt. Il ne fallait pas être un génie pour comprendre que c'était elle l'alpha des Everfool. Leur théorie était donc juste, ses proches s'étaient fait bannir après une mutinerie qui avait coûté la vie à l'ultime survivante de la tuerie de Spring Falls.
Son ami était né humain dans une famille de loups méprisant ces derniers s'il devait en croire la carte de visite trouvée au loft. Tout semblait plus clair à présent. La haine et la maltraitance qu'il avait subies toutes ces années sans plus de raison valable que celle d'être né, comme un cracmol dans une fratrie de sang-pur !
L'aîné des Carter avait-il su qu'il faisait partie d'une meute et que sa famille honnie en avait après eux ? Sûrement à en juger par la peur que lui inspirait Derek. Mais, à en croire les confidences qu'il lui avait faites, il n'aurait jamais aidé Paul et Luna.
Il n'avait qu'une unique certitude. Maxime ne s'était pas servi de lui, leur amitié était sincère.
Il releva le visage et croisa les iris de son geôlier avant de dévier son regard vers la fille de celui-ci.
C'était elle qui avait défendu Isaac contre son père quand il avait voulu lui porter le coup fatal. Elle qui s'était excusée avant de l'assommer et de le conduire ici. Elle qui semblait ne souhaiter rien d'autre que disparaître à ce moment précis.
— Tu n'es pas obligé de faire ça, Luna ! Scott s'en veut d'avoir réagi excessivement, tu sais ! Si tu as besoin d'une meute, il…
Il se mordit la langue pour se condamner au silence.
Les Carter s'imaginaient que Derek était l'alpha et son père avait insisté sur le fait que cette erreur de jugement, aussi infime soit-elle, était un atout en leur faveur. Il ne fallait pas qu'il se trahisse bêtement.
Il n'eut cependant pas le temps de se rattraper que Paul le devançait en s'adressant à son tour à sa fille.
— Va te reposer, Luna ! Il faudra que tu sois en forme pour ce qui nous attend demain matin.
« Demain matin » ?
Le cœur de Stiles s'emballa sous la panique. Qu'arriverait-il au terme de cette échéance ?
— Non ! Luna ! Écoute ! Notre meute t'accueillera à bras ouvert, ne suis pas ton psychopathe de père.
En moins d'une seconde, ledit psychopathe avait annihilé la distance les séparant pour mieux le faire taire d'une gifle retentissante.
— Luna !
Le grognement animal qui déforma la voix de l'oméga était clairement menaçant à l'instar de ses iris étincelants d'un bleu surnaturel. En réponse, ceux de la jeune fille vacillèrent d'un jaune fauve avant qu'elle ne baisse la tête en signe de soumission.
Il avait eu tort de croire qu'en l'absence d'alpha, il n'y avait aucune hiérarchie entre les loups. L'adolescente était sans l'ombre d'un doute sous l'autorité de son père.
Avec un dernier regard rempli de larmes, elle partit en courant après avoir secoué la tête à son attention en signe d'excuse, le laissant seul avec un tueur en puissance.
— Tu pensais vraiment que ton argument la convaincrait alors que la vie de son frère est en jeu ?
Les yeux de chiot qu'il lui offrit étaient totalement narquois et Stiles ne put que tressaillir.
— Qu'est-ce que vous lui avez fait ?
— Rien pour l'instant, même si cette petite vermine aurait bien mérité une bonne correction pour avoir essayé de m'empoisonner.
L'hyperactif ne put réfréner son sourire face à cette nouvelle. Malheureusement, sa joie fut de courte durée, vite remplacée par l'inquiétude et la peur.
Tout comme lui, Maxime était aux mains de ce taré et donc en danger. Il ferma les yeux pour tenter de calmer la terreur qui commençait à dévorer ses entrailles.
Il devait garder la tête froide s'il voulait espérer s'en sortir. Le souffle court, il s'obligea à affronter le regard de l'oméga.
— À nous deux, Stiles ! Tu n'imagines pas à quel point je suis ravi de te revoir.
— J'aimerais en dire autant, mais il me semble que vous pouvez entendre quand je mens !
Paul ricana.
— Tu as toujours la langue bien pendue. Il va falloir que j'y remédie rapidement. L'avantage avec la revendication, c'est que je vais faire d'une pierre deux coups.
Depuis la cérémonie, Derek pouvait ressentir sa détresse et sa douleur. Pas besoin d'être un génie pour comprendre qu'il souhaitait l'atteindre à travers lui.
— Si vous espérez devenir alpha en vous en prenant à moi c'est que vous êtes encore plus taré que je ne le pensais. Maintenant que vous me séquestrez, c'est la meute tout entière que vous allez avoir sur le dos.
Il tenta un sourire goguenard et provocateur, mais il savait pertinemment que ni Derek ni le reste de ses amis n'étaient en mesure de le localiser. Il avait appris par l'intermédiaire du loup de naissance que certains lycan étaient capables de suivre une trace olfactive en dépit du moyen de transport utilisé. Malheureusement pour eux, aucun des trois lycanthropes de leur meute n'avait ce talent, sans quoi, ils auraient débusqué les Everfool dès le premier jour.
Un rire glacial et terrifiant le sortit de ses sombres pensées.
— Tu te crois plus malin que tout le monde, mais tu sautes une fois de plus aux mauvaises conclusions.
Il marqua une pause, ravi de l'odeur de peur qu'il pouvait déjà percevoir dans l'air. Son sourire n'atteignait pas ses yeux, ce qui lui donnait un aspect plus terrifiant encore. Il était calme. Affreusement calme. Pourtant, l'humain devinait que sa colère contenue n'en était que plus dangereuse. La gifle qu'il lui avait offerte un peu plus tôt en était une preuve concrète. L'oméga était imprévisible à l'instar d'un orage d'été qui éclate sans crier gare.
— Je ne veux pas du pouvoir pour moi. C'est Luna qui deviendra l'alpha. C'était la volonté d'Eléa et je la respecterais jusqu'à mon dernier souffle.
Si seulement il pouvait l'expirer là tout de suite ! songea Stiles.
— Quant à ta meute… Ils ne me feront rien pour la simple et bonne raison que, grâce à toi, ou plutôt, à cause de toi, Derek va se livrer de lui-même pour te sauver la vie. Tu vois, Stiles, on fait tous des sacrifices par amour…
Stiles sentit son cœur s'emballer et regretta aussitôt de ne pas être en mesure de contrôler les réactions de son corps qui trahissaient ses émotions au loup.
— C'est l'heure du monologue du méchant ? Je me serais bien installé confortablement pour m'extasier devant votre plan de génie, mais…
Avant de conclure, il leva la tête vers les chaînes pour ponctuer sa phrase et fit son possible pour ne pas prêter attention au sang qui maculait déjà ses avant-bras.
— Faites court !
À nouveau, l'oméga souffla un rire tout en caressant sa barbe de quelques jours et commença à décrire des cercles autour de lui tel le prédateur qu'il était.
— Je dois avouer que je suis admiratif face à ton courage… ou ta bêtise, je ne sais pas comment qualifier ton comportement à vrai dire. Mais comme Derek et toi êtes tombés dans mon piège et vous êtes revendiqués, je penche davantage pour l'idiotie.
Stiles fit claquer ses chaînes de colère. Qu'on s'en prenne à lui était une chose, mais il ne pouvait pas rester stoïque en entendant quiconque insulter son homme et encore moins leur amour.
« Les loups n'aiment qu'une fois. »
Il se souvenait de la confidence de l'ancien alpha à ce sujet.
Beaucoup de loups ne survivaient pas à la perte de leur conjoint. Si la mort ne les délivrait pas de leur souffrance, c'était la folie qui s'en chargeait. La revendication renforçait la tendance.
La compagne de Paul lui avait été arrachée avec violence et il était encore en vie... certes légèrement cinglé sur les bords, mais — à en croire Maxime — il l'avait toujours un peu été.
L'oméga avait par ailleurs été surpris que sa marque soit presque invisible. Il semblait également ignorer qu'un alpha ne pouvait pratiquer la cérémonie avec un humain que lors d'une nuit d'éclipse lunaire et pas simplement à la nouvelle lune.
— Elle ne vous a jamais revendiqué.
Le regard noir qu'il lui offrit provoqua un sourire à l'adolescent qui s'engouffra dans la brèche.
— Vous deviez pourtant faire un couple parfaitement assorti. Aussi tarés l'un que l'autre.
Une seconde gifle fit danser des étoiles dans son champ de vision. Pris de vertiges, il eut toutes les peines du monde à fixer son attention sur le regard bleuté de fureur de son interlocuteur, réalisant avec un temps de retard que le poing de celui-ci s'était refermé sur le col de son t-shirt trempé.
— Ne. L'insulte. Plus. Jamais !
Le loup le repoussa brusquement, faisant s'enfoncer ses entraves encore plus durement dans la chair de ses poignets. Un goût de sang avait envahi ses papilles, signe qu'il avait dû se mordre sous la violence du coup. Il frappait fort, l'enfoiré !
— Je comprends mieux pourquoi elle voulait que ce soit Luna l'alpha. Un tocard comme vous…
Provoquer un tueur éprouvé n'était certainement pas la meilleure idée de sa vie.
Cette fois, le loup sourit et l'observa de biais tout en s'éraflant les lèvres de ses crocs proéminents. Dans un jeu d'acteur parfait, il leva les yeux au ciel pour mieux souder de nouveau ses iris à ceux de sa victime tandis qu'il enfonçait ses griffes dans son flanc.
Stiles tenta de contenir un hurlement, en vain.
— Tu sens ça, Stiles ?
Ce salopard remuait un de ses doigts dans sa chair pour en gratter l'os.
Sa peau se recouvrit d'un voile de transpiration. C'était un supplice. Il peinait à respirer. Sa conscience se faisait la malle pour le laisser seul avec la souffrance.
— Me saisir de cette côte pour te l'arracher serait un jeu d'enfant pour moi, Stiles ! Tu crois que tu as mal ? Tu n'as encore rien vu.
Un murmure. Malgré les hurlements d'agonie du lycéen, il n'avait pas besoin d'élever plus la voix pour que ce dernier n'en comprenne la teneur. C'était la seule chose concrète à laquelle il pouvait s'accrocher pour ne pas sombrer dans le chaos.
Au bout de longues et interminables secondes qui parurent des heures à sa victime, l'oméga s'éloigna de lui en essuyant sa main couverte de sang sur son jean.
Le fils du shérif, toujours au martyr, essaya tant bien que mal de recouvrer un souffle régulier et calmer les battements désordonnés de son cœur.
— Eléa considérait la revendication comme une faiblesse. Elle avait raison. Je ne serais plus là pour notre fille si elle avait cédé à la tentation. Derek se livrera de son plein gré pour te sauver parce que si tu meurs, il mourra de toute façon ! Un loup qui se laisse dépérir par amour après la perte de son compagnon, ce n'est vraiment pas beau à voir, tu sais ?
— De quoi regretter qu'elle n'ait pas pratiqué la cérémonie, alors !
L'hyperactif eut du mal à reconnaître sa propre voix tant elle était faible et éraillée.
Paul renifla un rire sans joie avant de prendre une profonde inspiration. Il n'avait pas besoin de parler pour que l'humain perçoive sa détermination.
— Trêve de bavardage. Tu vas m'aider à convaincre ton petit-ami maintenant. Tu n'as pas oublié nos séances, Stiles… Dis-moi quand ça fait mal.
Seul son hurlement lui répondit.
