Cette histoire est dédiée à Julie et Nathanaël.


~Chapitre 35 : ~

Rencontres aux Maisons de Guérisons.

Allongée sur le ventre, la tête enfouie dans un oreiller, ses cheveux formant une auréole sur ces épaules et la couverture lui arrivant au niveau du bassin, Gabrielle dormait à point fermé. Haldir l'avait laissé car une petite réunion des effectifs avait lieu. Ce fut pour lui le moyen de s'informer des derniers évènements qui s'étaient déroulés à la citadelle et dans ses environs. Il avait donc laissé Gabrielle seule et cette dernière émergea enfin du sommeil dans lequel elle était plongée depuis la veille.

S'étirant, elle se redressa, bailla, se frotta le visage et repoussa ses cheveux de devant son visage. Elle entreprit de se lever et constata qu'elle se sentait en meilleur forme que la veille, pour preuve, le monde ne semblait plus vouloir vacillé au moindre de ces pas quand elle fut debout.

Gabrielle prit tout son temps, elle passa de nouveau dans la salle de bain, y prit un bain et s'enveloppa dans un peignoir avant de rejoindre la chambre. Fouillant dans ces affaires, elle y trouva la robe qu'elle cherchait. Elle s'en vêtit, cette dernière était de couleur parme, les manches retombait droite sur ces poignets et elle se laçait sur le devant par de petits boutons qui était à l'effigie de petites feuilles de mallorne. Le col remontait en « V » le long de son coup et elle ajouta au tout une ceinture bordeaux qu'elle attacha sur son côté. Elle décida de laisser ses cheveux longs, sans aucuns artifices, et ainsi habillée, elle sortit de la chambre d'un pas tout de même encore un peu mal assuré.

Regardant autour d'elle une fois arrivée dans le couloir, elle prit le chemin sur sa gauche découvrant les décors de pierres, elle descendit tout de même avec difficultés les quelques marches soudainement épuisé de l'effort qu'elle venait de fournir. Elle se rattrapa alors à un mur et ferma les yeux. Sentant soudain qu'on lui prenait le bras, elle les rouvrit brutalement et croisa le regard azur d'un homme qu'elle ne connaissait nullement. Elle se raidit et demanda d'une voix froide :

« Je vous pris de bien vouloir me lâcher le bras ! »

Ce dernier fut surpris et ôta rapidement son bras de celui de Gabrielle en s'inclinant.

« Je vous pris de m'excuser si je vous ai blessé Demoiselle, mais j'ai vu votre détresse et je ne voulais que vous apportez un peu d'aide. »

Sa voix était dépourvue d'animosité, elle put sentir chez cet homme une grande détresse morale mêlée à une fierté non dissimulée. Gabrielle se sentit soudain confuse, ces vieux démons avaient repris le dessus rapidement et en aucun cas elle ne voulait qu'ils reprennent le contrôle sur sa vie. Elle baissa alors la tête et s'excusa dans un murmure :

« Je suis désolée, je suis très méfiante pardonnez moi. »

L'homme eut un sourire et répondit :

« Etre méfiante quand on ne connaît pas une personne est tout à fait normal. Laissez-moi alors me présenter : je me nomme Faramir, je suis le second fils de Denethor qui fut intendant de cette cité. »

Gabrielle nota la pointe attristée de la voix de Faramir à l'évocation de son père. Elle l'observa alors et remarqua son bras en écharpe, le visage du second fils de Denethor s'était assombris et pour le faire sortir de cette torpeur, Gabrielle osa demander :

« Et bien, Seigneur Faramir, puis je vous demandez de conduire une elfine répondant au prénom de Gabrielle, dans un petit endroit au calme où elle pourrait s'asseoir un instant ? Je crois qu'elle a un peu présumé de ces forces et n'y parviendra pas seule.»

Faramir sortit de ses pensées et son regard croisa celui émeraude de Gabrielle, et c'est avec un sourire qu'il lui offrit son bras valide, qu'il la mena à un petit jardin couvert et qu'il l'installa sur un des bancs.

Ils restèrent un petit moment là, parlants de choses et d'autres, faisant connaissance. C'est ainsi que Gabrielle appris les évènements qui s'étaient passés à Minas Tirith, la bataille mais aussi cette ombre noire qui avait planée sur la citadelle pendant un moment. La phrase qu'elle dit à Faramir à la fin de son récit étonna le jeune capitaine :

« Ainsi la volonté de Sauron à même franchie ces portes ? »

A cette évocation, il la sentit se crisper et put la voir fermer les yeux.

« Demoiselle Gabrielle ? Tout va bien ? »

Il put voir son visage pâlir et s'en effraya, il se redressa et s'agenouilla face à elle en lui prenant ses deux mains qu'il serra. Il réitéra son appel mais elle ne l'entendait déjà plus…

*« Je suis partout.

Je vois tout.

Je sais tout.

Il te sera difficile de m'échapper. »*

Dans ces mains Faramir sentit celle de Gabrielle ce serrer aux siennes.

« Demoiselle ? » Sa voix était paniqué, il regarda autour de lui et aperçut un garde qui passait par là. « S'il vous plait, interpella t-il, aller me chercher un des guérisseurs ! Vite ! »

Le garde hocha la tête et partit rapidement en direction des Maisons de Guérissons alors que Gabrielle perdit l'immobilité qui la tenait assise et se laissa tomber de dessus le banc. Par réflexe et malgré son bras blessé ainsi que son côté, il la saisit et se laissa glisser au sol avec elle.

*Un arbre qui brûlait dans une cour pavé, des cris d'hommes et de femmes. Des orques tuant et égorgeant des innocents et cette odeur de chaire brûlés.

« Si tu as pu revenir, je ferai en sorte de te rendre folle ! On ne refuse pas sans conséquences de me suivre ! »

De nouveau le corps d'Haldir mais cette fois il était sur une table de torture et ces membres étaient écartelés.

« Que comptes-tu faire ? Tu ne te débarrasseras jamais de moi car je fais partie de toi ! »

Mais tout son être refusait de voir ceci, comme si elle avait trouvé en elle la force de le combattre…*

Inconsciemment elle serra plus fort la main de Faramir comme si elle s'y raccrochait.

*« Je ne te laisserai pas me détruire ! »

Elle essaya de ce concentrer sur autre chose et c'est alors qu'elle vit ces images qu'elle reconnut comme celle qui lui était envoyée par les Valars : Gandalf soulevant une couronne et la posant sur la tête d'Aragorn si somptueusement vêtu, Arwen dans les bras de son bien aimé et Eowyn au bras de celui qu'elle reconnut comme Faramir. Mais ce tableau fut rapidement remplacé par un autre qui détruisit ses faibles défenses : les corps de ses parents mutilés et gisant dans une marre de sang, les regards de ces hommes qui la plaquèrent au sol, leurs mains sur elle, leurs souffle sur sa peau, la douleur ressentie, la honte, l'envie de mourir.

« Je ne te lâcherai jamais. Tu seras à moi, tu sombreras car tu es aussi faible que tes aïeux. Contre moi vous ne pouvez rien ! »*

Dans les bras de Faramir, Gabrielle se mit à trembler. Le capitaine se sentit paniquer alors qu'il se demandait ce que faisaient le gardien et le guérisseur. Ces derniers arrivèrent rapidement, quand le capitaine les vit, il reconnut le guérisseur.

« Ah ! Vous voilà enfin Estebal ! »

Ce dernier se précipita vers eux et s'agenouilla. Il reconnut Gabrielle pour l'avoir vu quand Linolen s'occupait d'elle.

« Estar ! »

Le garde se rapprocha :

« Oui Seigneur ? »

Estebal reprit :

« Aller immédiatement à la salle du trône, prévenez le Seigneur Linolen que sa protégée vient d'avoir un malaise et mener le ici ! Faites vite ! »

Le garde s'inclina et partit rapidement, Faramir interrogea du regard Estebal :

« Savez-vous ce qu'elle a ? »

Ce dernier releva les yeux sur le capitaine et répondit :

« Aucun d'entre nous ne l'avons soigné, c'est le guérisseur elfe qui s'en est occupé. Elle est visiblement très estimée et très importante aux yeux de beaucoup de personnes. J'ignore ce qu'elle a mais cela ressemble étrangement à … »

Mais il ne put terminer car Gabrielle parvint à s'extirper de sa vision et ouvrit péniblement les yeux.

Quand elle vit un nouveau visage penché au dessus d'elle ainsi que celui de Faramir qu'elle ne reconnut pas de suite, elle se redressa vivement et avant que les deux hommes n'aient pu faire un seul geste, elle se réfugia dans un coin sombre du jardin se recroquevillant sur elle même, la peur au ventre. Cette réaction déstabilisa Faramir qui voulut la rejoindre mais Estebal l'en empêcha :

« Non Monseigneur, dans l'état actuel des choses vous ne feriez que la braquer encore plus.»

Faramir le regarda incrédule :

« Mais voyons ! Nous ne pouvons la laisser ainsi ! »

Mais le guérisseur hocha négativement la tête :

« Monseigneur, j'ignore ce que cette demoiselle à vécut mais à en voir sa réaction cela ne doit pas être des plus plaisant. Ne faisons rien qui puisse la brusquer d'avantage et attendons son guérisseur. »

Quelques instant plus tard, le garde réapparut avec à sa suite Linolen en compagnie d'Haldir, d'Aragorn, et de Gandalf.

Quand il vit la scène, Linolen se rapprocha d'Estebal et de Faramir en compagnie d'Aragorn et du mage blanc. Haldir lui avait sentit la présence de Gabrielle et se dirigea doucement vers elle tout en l'appelant doucement:

« Gabrielle ? »

Il s'avança encore et put apercevoir dans la pénombre où elle s'était réfugiée, le corps tremblant de l'elfine :

« Gabrielle c'est moi, je vais m'approcher de toi, tu ne crains rien d'accord ? »

Aucune réponse ne lui fut donnée alors il s'approcha encore un peu. De son côté, Linolen avait eu les explications d'Estebal et de Faramir, il se retourna vers Haldir et l'observa.

« Gabrielle ? »

Haldir arriva à son niveau. Elle était assise au sol et sa tête reposait sur ces genoux qui étaient encerclés par ses bras. Il s'agenouilla en face d'elle et lui pris avec douceur une de ces mains. Elle tressaillit et releva la tête, croisant les prunelles grises et inquiète de son gardien, elle se détendit un peu et lui offrit une sorte de sourire sans grande conviction.

Linolen ne bougea pas le laissant faire. Il ne sut pas ce qu'il lui dit mais il put voir Gabrielle se laisser prendre dans les bras. Puis Haldir la souleva alors qu'elle enfouissait sa tête dans son cou se serrant contre lui de toutes ses forces. Il passa devant Linolen qui lui fit un signe de la tête. Aragorn sembla un peu rassuré de la savoir avec son gardien et invita Faramir à retourner lui aussi se reposer.

Haldir la mena de nouveau dans la chambre où il l'étendit, avec douceur il se glissa à ces côtés et l'entoura de ces bras. Gabrielle n'avait pas fermé les yeux, bien au contraire, à présent elle avait totalement retrouvé ses esprits et ce sentait à la fois confuse et gênée. Quand elle sentit les bras d'Haldir autour de sa taille elle soupira. Prenant une grand inspiration, elle ferma les yeux et d'une voix basse commença :

« On rejoignait la Lórien, je ne sais pas pourquoi, mais mon père désirait revoir son frère et puis il en avait assez de parcourir la Terre du Milieu. Je me souviens que ma mère m'avait un jour dit, qu'il souhaitait juste une vie plus calme afin que je m'épanouisse enfin en tant que femme-elfe. »

Haldir écoutait silencieusement, il ne voyait d'elle que ces cheveux, il raffermit la pression qu'il maintenait sur sa taille.

« Nous étions partis depuis 6 jours d'Imladris, nous étions dans une des petites forêts qui longeait le parcours, le campement de la veille s'était bien passé, mais mon père était étrange, aujourd'hui je me rends compte avec le recul qu'il était tendu et qu'il dormait peu. Ma mère quand a elle essayait de me distraire, je n'étais guère ravie d'avoir quittée Imladris où je me sentais si bien. »

Le Gardien sentait bien que Gabrielle était en train de passer un cap, il se devait de lui montrer qu'il était là, de plus raconter cette histoire, son histoire n'était sans doute pas si simple.

« Le matin était frais et nos capes nous protégeaient tout juste de cette brise qui soufflait. En avant mon père ouvrait le chemin, il était à l'affut depuis notre départ du camp. Quand il arrêta sa monture afin de regarder autour de lui, je vis sur le visage de mon père une expression encore jamais vue. Et puis tout c'est passé si vite… Avant même qu'il ait eu le temps de réagir, ils étaient là, nous encerclant. Ils étaient une trentaine, peut être plus. Mon père descendit de sa monture et nous donna l'ordre de nous éloigner mais en vain, ma mère et moi furent déstabilisés par dix d'entre eux alors que mon père était aux prises avec les autres. Ma mère et moi nous nous sommes défendues, n'ignorant pas la maitrise de l'épée. Mais ce ne fut pas suffisant… Alors qu'elle tentait de me protéger d'un coup de lame d'un de nos ennemis, elle fut blessée par l'une d'entre elle. Je vis son regard se muer d'incompréhension alors qu'impuissante puisque aux prises avec d'autres, je la vit s'effondrer transpercer par une autre lame noire… Je me souviendrai toujours du cri de mon père, il abattit à la suite nombres d'entre eux avant de courir vers elle. Mais son regard s'était éteint et je venais de voir ma mère mourir sous mes yeux…Je sentis une lame me blesser mais je répondis à cette attaque et c'est alors qu'en me retournant je vis mon père tomber, derrière lui un orque au sourire carnacier qui replongea en mon père sa lame… Nos yeux se rencontrèrent une dernière fois, je vis ces lèvres murmurer mon prénom et il s'effondra. A mon tour je me mis à hurler et soudain ces orques disparurent assez précipitamment. Je ne compris pas sur le coup et ignorant ma blessure je me précipitais vers eux et ne put que constater… »

Haldir la sentit frissonner, un silence se fit dans la chambre, si bien que le gardien crut qu'elle s'était endormie. Mais c'est une voix tremblante qui continua et cette fragilité non dissimulée bouleversèrent Haldir qui se rapprocha encore et posa sa tête sur une des épaules de Gabrielle.

« J'ai crié à l'aide mais le vide me répondit… Ils étaient là, les yeux ouverts, le visage figé… Puis j'ai entendu des bruits, je me suis redressé et là… »

Il put entendre un sanglot, il voulut l'arrêter mais elle le devança :

« Une quinzaine d'Homme, d'un aspect barbare, je compris rapidement que c'est eux qui avait fait fuir les orques. Je leur demandai de l'aide, je me suis pas méfier, j'avais mal et était fatiguée… J'aurai dû…Parce qu'ils… Ils… »

Sa voix se brisa et elle se défit de l'étreinte d'Haldir en se relevant brusquement. Ce dernier se redressa à son tour et la vit se planter la tête baissée devant la fenêtre, ses épaules tremblaient, il en déduit qu'elle devait pleurer. Assit sur le rebord du lit, il ne savait quoi faire, devait il aller près d'elle et la prendre dans ses bras où la laisser un moment seule à ce reprendre ? Cependant il ne se posa pas trop la question, son amour pour elle le força rapidement à la rejoindre, refusant qu'elle se retrouve seule et s'enfonce ainsi dans ses sombres souvenirs. Il se plaça à ses côtés, la prit par les épaules et la serra contre lui. D'abord un peu réticente, elle se laissa faire par la suite et se raccrocha à lui libérant encore plus ces larmes.

« Je me suis pas méfiée, je voulais juste qu'ils m'aident. J'étais perdue, j'avais mal et… Tout c'est passé rapidement, je me suis retrouvée au sol plaquée, ils ont fait de moi ce qu'ils voulaient, je ne sentais plus que la douleur… Ils n'ont fait qu'assouvir un besoin primaire qu'ils avaient… A quatre reprises… J'ai essayé de me débattre mais l'un d'entre eux m'a assommée et quand j'ai repris conscience, il était sur moi… J'avais froid, j'avais mal et quand j'ai compris d'où venait cette douleur… »

Elle s'accrocha plus fortement à lui, de son côté Haldir la serrait, il la sentait contre lui trembler et pleurer mais il n'arrivait toujours pas à lui parler.

« Quand ils m'ont laissés, après m'avoir marquée, je ne voulais qu'une chose : mourir. Que les Valars m'accordent au moins ça. Mais il en fut tout autre… Pendant deux jours je suis restée dans un état de semi-conscience, les corps de mes parents en face de moi et le mien me faisant si mal. Puis mon esprit se tourna vers les Havres-Gris. J'aurai pu partir pour Imladris où même la Lórien dont on n'était pas loin mais à ce moment là c'est le visage de Cirdan qui se dessina en moi. Avec difficulté j'ai tressé deux grossiers brancards où je déposai les corps de mes parents. Nos chevaux étaient partis, enfin les leurs, le mien était revenu. J'accrochai ces brancards et ramassa les épées et les affaires éparpillées. Puis je montai sur ma monture en lui demandant de m'amener aux Havres-Gris. »

Un soupir s'échappa des lèvres de Gabrielle qui était toujours contre Haldir.

« Je ne sais pas au bout de combien de temps j'y arrivai, ce qui s'est passé ces jours qui ont suivit est flou. A mon arrivée aux Havres, je fus pris en charge par Cirdan et Linolen mais je n'arrivai pas à expliquer, a parler… Je ne le voulais pas. Ils ont été patient, Linolen à fait beaucoup plus que me soigner, mais le mal avait été fait, je n'étais plus la même. J'étais devenu un fantôme. J'ai mis longtemps à accepter la mort de mes parents, je n'ai plus versé de larmes jusqu'au jour où on les a mit en Terre. Et après, je me suis renfermé sur moi, ne vivant que dans un seul but : attendre de partir vers l'ouest. Je n'ai jamais parlé, et même si je sais qu'ils ont devinés, ils attendaient une chose que j'étais incapable de faire… »

Haldir fit courir ces mains sur son dos pour la rassurée, elle continua d'une voix lasse :

« C'était il y a 500 ans… Mais j'ai l'impression que c'était hier. »

Elle se tut se sentant épuisée. Contre Haldir, elle le sentit se détacher d'elle et l'observer. Baissant la tête elle souffla :

« Je me demande comment tu peux m'aimer… »

Cette phrase prononcée si basse toucha au plus profond le capitaine. Ce dernier prit le visage de Gabrielle dans ces mains et le releva. Il planta ses iris grises dans les siennes et parvint enfin à dire :

« Sois certaine Gabrielle que je t'aime. Comment je le peux ? Tout simplement parce que tu es une personne formidable, aimante et attachante, pleine de vie malgré ce mal qui ta rongée durant toutes ces années. Ne te pose plus cette question, je t'aime ma Gabrielle, et en me parlant de ceci tu m'as aujourd'hui prouvée que tu me fais confiance et ça… »

Il caressa ses joues :

« … C'est le plus beau présent que tu es puis me faire. »

Elle allait répondre mais il l'en empêcha en posant un de ses doigts sur ces lèvres.

« Ecoute moi, j'ignore ce qui ta poussée à te confier. Probablement les événements que tu as traversés depuis ces derniers jours. Tu avais déjà fait un immense pas en acceptant que notre relation évolue comme elle a évolué, en acceptant que l'on dépasse ce stade et cela est aussi une des plus belles preuves de confiances dont tu m'es honoré. »

Il vit ces yeux se remplirent de larmes et avec douceur il remplaça son doigt par ces lèvres.

« Tu as fait de moi une autre personne, je me suis ouvert à toi mais aussi aux autres. Je suis plus à l'écoute des autres et sans doute moins froid et distant, j'ai fait le choix de te suivre et de laisser ma cité et mon devoir au profit de ma vie. Je t'aime et serrait toujours près de toi, quoi que tu choisisses, quoi que tu fasses, mes pas s'accorderont désormais aux tiens ma douce… »

Il essuya du pouce une larme qui se mit a couler le long de la joue de Gabrielle. Puis, il la replaça contre lui et la serra de toutes ses forces. Ils restèrent ainsi durant de longues minutes et quand elle se détacha, ils échangèrent un long baiser qu'elle ponctua par ces mots :

« Je t'aime Haldir… »

Il lui offrit un magnifique sourire, puis elle reprit :

« Je n'ai pas envie de rester ici, on ressort un peu ? De plus j'ai grandement envie de revoir le Seigneur Faramir afin de m'excuser.

- Bien sur mais avant… »

Il reprit de nouveau ses lèvres et cette fois laissa les siennes s'aventurer sur son visage et su son coup, elle frissonna mais se laissa faire en passant ses doigts dans sa chevelure blonde. S'en suivit un échange de caresse et de mot doux qui les conduisirent sur le lit où là les vêtements se retrouvèrent bientôt de trop. C'est avec douceur et lenteur qu'ils s'unirent profitant de chaque moment, se délectant de chaque soupir. Il lu prouva par la plus tendre des façons à quel point il l'aimait.

oO§Oo

Ils se retrouvèrent quelques heures plus tard dans une petite cour fermée. Là Aragorn était en pleine discussion avec Faramir. Ils se retournèrent à l'entente d'un rire qui était familier à Aragorn mais pas à Faramir. Quand ce dernier vit l'elfine sont visage prit une autre expression. Cette dernière quand elle vit le rôdeur lâcha la main d'Haldir et courut vers lui qui la reçut dans ses bras en souriant.

« Et bien ! »Fit-il en souriant. « Tu as l'air en meilleure forme et ça fait bien plaisir ! »

Il la fit tourner dans ses bras et la reposa en déposant un baiser sur son front.

« Je suis contente de vous revoir Estel. »

Le rôdeur lui fit un clin d'œil et alors qu'Haldir se rapprochait d'eux, elle alla se caler contre lui. Faramir les regarda et quand son regard croisa celui de Gabrielle, cette dernière ne baissa pas les yeux mais planta ses iris dans les siennes sans ciller.

« Seigneur Faramir, mon comportement de tout à l'heure peut vous paraître étrange et si vous avez des questions, je tâcherai d'y répondre du mieux que je pourrai. »

Le jeune capitaine s'inclina et répondit :

« J'en ai qu'une : Allez vous mieux ? »

Gabrielle fut surprise, Aragorn eut un sourire quand à Haldir il serra la taille de Gabrielle.

« Oui, je me sens mieux, grâce à une personne je reprend pied… »

Elle leva sur lui son regard émeraude et Faramir put voir qu'entre les deux elfes un lien solide était tissé. Il fit alors :

« Bien, je vais aller voir comment se porte les blessés, je vous laisse. »

Il s'inclina devant eux et s'éclipsa. Ce fut Aragorn qui rompit le silence :

« Gabrielle ? J'ai quelque chose à te dire. »

Cette dernière au ton pris par Aragorn releva ses yeux sur lui.

« Votre voix ne me dit rien de bon… Que ce passe t-il Estel ? »

Haldir sentit Gabrielle se crisper, il prit une de ces mains dans la sienne et la serra :

« Eowyn est ici, elle a été gravement blessé. Merry lui aussi à été victime d'une blessure. »

Quand Aragorn prononça le prénom d'Eowyn, Gabrielle ouvrit des yeux ronds. Elle lâcha la main d'Haldir et avant que les deux hommes n'ait pu réagir, elle ce précipita vers les Maisons de Guérissons. En chemin elle bouscula Linolen et Glorfindel, Haldir la suivit ainsi qu'Aragorn.

Elle y arriva, et quand elle aperçut la silhouette d'Eomer, elle se dirigea vers lui. Ce dernier veillait sa sœur, elle arriva à ces côtés et posa une main sur son épaule. Il tourna son visage vers elle alors qu'elle s'agenouillait au chevet de la Blanche Dame du Rohan. A leurs tours arrivèrent Haldir et Aragorn suivit par Linolen et Glorfindel.

« Elle ne cesse de dormir… Son visage est si pâle… »

Eomer soupira alors que Gabrielle prenait la main de son amie et la serrait dans la sienne.

« Mais Demoiselle je suis content de vous voir. »

Elle lui sourit et passa une de ces mains sur le visage pâle de la princesse. Aragorn fit doucement :

« Elle revient ne vous inquiétez pas, le plus dur est derrière elle. »

Gabrielle se releva, lui embrassa le front et répondit :

« Non Aragorn et vous le savez. Pour elle le plus dur reste à venir car il va lui falloir vivre. »

Et après une autre pression sur l'épaule d'Eomer, elle prit la main d'Haldir et ensemble s'éloignèrent. Linolen se plaça au chevet d'Eowyn et entreprit de changer le bandage de la jeune femme.

Cette scène avait eu un spectateur. Tapis dans l'ombre, Faramir avait vu cette jeune femme allongée et si fragile, elle ne devait plus dorénavant sortir de ces pensées.

Dehors, accrochée au bras d'Haldir, Gabrielle semblait perdue dans ces pensées. Ils se retrouvèrent sur le parvis du palais, devant les grandes portes. Levant les yeux, elle vit l'Arbre Blanc du Gondor. Son regard s'attarda sur une des branches et elle fit doucement :

« Est ce un signe ? »

Haldir suivit son regard et découvrit sur une branche un bourgeon qui était en train d'éclore.

« Peut être… »

Un peu plus loin, assis sur un banc, Elinë était dans les bras de Legolas. Ce dernier releva la tête, lui murmura quelque chose et aussitôt elle fut debout regardant dans la direction que lui avait indiqué Legolas, elle vit Gabrielle et Haldir contemplant l'Arbre.

« Gabrielle ! »

En entendant son prénom crié, cette dernière chercha d'où venait cette voix et quand elle aperçut son amie, elle lâcha le bras d'Haldir et se précipita vers elle. Toute deux se tombèrent dans les bras.

« Je suis là et maintenant plus rien ne me fera repartir, enfin j'espère… »

Elinë se détacha de son amie et lui caressa le visage. De son côté, Legolas avait rejoint Haldir et tout deux regardaient les deux femmes qu'ils aimaient. La voix de l'elfe sylvain tira le gardien de ces pensées :

« Viens… Laissons-les… »

Et tout deux les laissèrent seules, et ces bras dessus, bras dessous que les deux femmes se mirent à marcher le long des murs de la citadelle.