Merci de continuer à vous accrocher après 35 chapitres, ça me fait vraiment très plaisir. J'espère que vous allez continuer à me lire, j'ai encore beaucoup d'idées pour développer cette fanfiction.

Derek se réveilla avec un puissant mal de tête. Il regarda autour de lui, l'esprit brumeux. Rapidement, les lieux lui parurent familiers. Il était dans la caravane. Et avec lui dans le lit, Meredith.

Le docteur Shepherd gémit de douleur et s'assit. Avec un frisson, il remarqua une pile de vêtements au pied du lit. Évidemment, aucun souvenir de la soirée ne lui revint, qu'avaient-ils fait ?

Il soupira et se laissa tomber sur le lit, ses yeux glissant inévitablement vers Meredith. Elle était profondément endormie, les cheveux en bataille, de légères traces de maquillage sous les yeux et le corps recroquevillé sous la couverture. Il se le demanda encore une fois, qu'avaient-ils fait ?

Derek espérait qu'ils n'avaient pas couché ensemble ou fait une autre erreur du genre, ça ruinerait totalement les efforts qu'ils faisaient pour tenter de rattraper les dégâts faits à leur relation. Elle remua et ouvrit les yeux.

« Salut, » il murmura.

Elle grogna et observa les alentours avant d'écarquiller les yeux.

« Oh non. Est-ce qu'on a… »

« Je ne sais pas. Je n'ai aucun souvenir alors… »

Mer souleva la couverture et regarda en-dessous.

« Je porte toujours ma culotte. »

À l'unisson, ils soupirèrent de soulagement et finirent par éclater de rire.

« J'ai tellement mal à la tête. »

« Tu sais ce qu'on fait dans ma caravane ? »

« Aucune idée. Dans mes souvenirs, on avait parlé de rentrer chez moi mais… »

« Apparemment, on a changé d'avis. »

Tous deux couchés dans le lit, ils se regardèrent.

« Mer ? »

« Oui ? »

« Tu sais, je pense qu'on s'est aussi dit autre chose. »

« On s'en fiche des mauvaises idées. »

Il se rapprocha doucement.

« Tu as l'air d'avoir plus de souvenirs que moi. »

Meredith eut un petit sourire.

« À force, j'ai fini par maitriser les gueules de bois. »

Derek rit et lui caressa la joue.

« Mer… »

« Je sais. »

« On ne devrait pas. On commence à peine à arranger les choses. »

« Ça va tout gâcher. »

« Je veux que tu saches. J'ai… Je vais avoir besoin de temps. »

« Pour me pardonner. »

« Oui. »

« Je comprends. »

« Mais ça ne veut pas dire que je ne veux pas continue à passer du temps avec toi. »

« Tu es sûr ? »

« J'aime être avec toi. »

Elle sourit.

« Moi aussi. Mais je ne veux pas que ça t'embrouille les idées. »

« De toute façon, même si je voulais m'éloigner, je n'y arriverais pas. »

Il passa délicatement la main dans ses longs cheveux blonds.

« Je ne veux pas te faire plus de mal, Derek. »

« Et toi, je te fais du mal ? »

« C'est moi qui t'ai menti, c'est… »

« Je t'ai abandonnée, Mer. Et tu as dû faire seule le deuil de nos enfants. Alors tu as le droit de dire que je t'ai fait du mal. »

« Derek… »

« Meredith, c'est fini, les mensonges entre nous. On se dit la vérité, d'accord ? »

Son visage se détendit, soulagé, et elle se frotta les yeux. Sa voix s'enroua.

« Derek Shepherd, je te jure que tu m'as démolie. »

Elle s'efforça de sourire avant d'essuyer ses yeux desquels perlaient des larmes de douleur. Le neurochirurgien se rapprocha d'elle et la prit dans ses bras.

« Je suis tellement désolé. Je m'en suis voulu chaque jour depuis que tu as quitté la caravane cette nuit-là. »

Grey s'accrocha à lui comme à une bouée de sauvetage.

« Je m'en voudrai toujours d'avoir tout gâché entre nous. »

La jeune femme rit, blottie contre lui.

« Arrête de parler de toi ! »

Derek sourit et l'embrassa sur le front.

« Désolé. »

Couchés dans le lit, l'un dans les bras de l'autre, presque nus, larmoyants dans cette minuscule caravane, Derek et Meredith s'étaient retrouvés. Propulsés 3 ans en avant, quand aucune ombre n'était présente sur le tableau. Que tout allait bien.

« Derek ? » elle murmura.

« Oui ? »

« Je n'avais prévu ce scénario. J'en avais imaginé des dizaines. Celui où je fais demi-tour et que je retourne à Baltimore, celui où je me cache dans le service de gynéco, celui où je t'évite, celui où je ne peux pas m'empêcher de retourner vers toi. J'ai même pensé à celui où je ne parlais jamais de ce qu'il s'était passé, je revenais comme si de rien n'était sans donner d'explication et je finissais par mourir dans des décennies en emportant mes secrets dans la tombe. »

« J'aime l'imprévu. »

Ils se turent. Mer respira profondément l'odeur de Derek, sentit ses boucles noires sur le bout de ses doigts.

« Je t'ai… »

Le réveil du téléphone portable de Mer se déclencha et résonna dans toute la caravane.

« Il faut que j'aille à l'hôpital. »

« Moi aussi. »

Alors que Mer quittait l'étreinte du chirurgien puis le lit, il se frotta les yeux. La gueule de bois était toujours présente, certes mais ce n'était pas ce qui le perturbait. Au mariage des Avery, il avait dit à Mer qu'il l'aimait et elle l'avait aussi dit. Pourquoi était-ce différent maintenant ? Derek ne serait pas capable de lui redire en ce moment, et il avait senti la même chose de son côté. Peut-être que c'était devenu si difficile à cause de ce que ça représentait, depuis qu'ils avaient vraiment parlé.

« La douche ne fonctionne plus, » il lui signala.

« Merde. J'en prendrai une à l'hôpital. »

Son téléphone sonna. Il l'attrapa et le lui tendit alors qu'elle commençait à s'habiller.

« Docteure Grey.

Bonjour, docteure Paulson.

Eh bien, disons que je ne suis pas dans le centre. Je peux être là dans une demi-heure.

Je sais, je suis désolée, c'était imprévu.

D'accord, j'arrive bientôt.

Vous êtes vraiment curieuse.

À tout de suite, docteure Paulson. »

« Ta cheffe t'appelle à cinq heures trente du matin ? »

« Elle dit qu'elle a un super cas pour moi. »

Moins d'une minute plus tard, le tas de vêtements au pied du lit avait disparu.

« Café ? »

« Non merci, il faut que j'aille vite à l'hôpital. »

« Ok, » il attrapa ses clés de voiture et tous deux se retrouvèrent dehors.

« On n'est pas rentrés en taxi ? »

Il regarda avec surprise sa voiture, qui les attendait sagement dehors, puis les clés dans sa main.

« Euh. Je ne sais pas trop. »

« Peu importe. »

Elle grimpa du côté passager et le conducteur s'engagea sur la route en lacets bordée d'arbres.

« Bonjour, docteure Paulson. »

« Bonjour, Grey. »

Les deux jeunes femmes continuèrent à traverser le couloir à grandes enjambées. Dix minutes plus tôt, Mer sautait hors de la voiture de Derek et courait au vestiaire des résidents. Alors qu'elle enfilait son uniforme, le regard de Cristina pesait dans son dos.

« Pressée ? »

« Ouais, Paulson a apparemment un super truc pour moi. »

« Génial. »

« Génial. »

« Mer, tu sais, je ne voulais pas te blesser. Je veux juste que tu ailles bien. »

« Cristina, je… écoute, je suis désolée mais j'ai vraiment pas le temps, j'ai une super gueule de bois et il faut que je me dépêche. »

« On se voit ce soir ? »

« Ok, si tu veux, tu peux venir à la maison, Alex va essayer de faire des pâtes. »

Yang avait ri.

« Je ne suis pas sûre de vouloir goûter ce qu'il aura cuisiné. »

Meredith lui avait jeté un regard en coin.

« Mais ça va être super, je serai là. »

Et elle avait quitté le vestiaire.

Tandis qu'elle avait traversé l'hôpital pour trouver sa titulaire, Mer ne pouvait se sortir de la tête l'odeur de Derek, la peau de Derek contre la sienne, le rire et la voix de Derek, ses yeux, ses mots.

« Tu as une sale tête, Grey. »

« Nuit difficile. »

« Je sais reconnaître une gueule de bois. »

« Alors, ce super cas ? »

« En ce moment, je suis pleine de curiosité. »

« J'ai remarqué, ça, » marmonna-t-elle.

« Dis-moi ce qu'il se passe avec Shepherd. »

Meredith repensa à ce matin.

« Rien. »

« Je sais aussi reconnaître les mensonges. Tu le veux, ce super cas inédit ? »

La résidente laissa échapper un rire.

« Vous êtes sérieuse ? Des infos sur ma vie en échange d'une chirurgie ? »

« Très sérieuse. Je veux en savoir plus sur toi. »

« Lisez mon dossier. »

« Je te l'ai déjà dit, il n'y a rien d'intéressant. »

« Rien d'intéressant ? »

La noyade, la bombe, la fusillade, où étaient passées toutes ces parties de sa vie si ce n'était dans son dossier ?

« Non. Juste ce transfert sans aucune raison valable. »

« Ah. Vous avez lu mon dossier de résidente. »

« Oui, c'est ce que j'ai dit. Oh, attends ! Mais bien sûr, c'est ton dossier médical que j'aurais dû lire si je voulais vraiment apprendre des trucs croustillants sur toi. »

« Ne faites pas ça. Surtout pas. »

« Alors tu vas devoir me parler. »

« D'accord mais si je vous le dis, vous me laissez tranquille. »

« Ah, enfin, tu parles. »

Meredith baissa la voix.

« On a eu un truc. »

Margot leva un sourcil.

« Un truc ? »

« Le docteur Shepherd et moi avons été ensemble. »

Elle ouvrit grand les yeux et fit un sourire étonné.

« Quoi ?! Tu es donc du genre à avoir des aventures avec tes supérieurs, je ne l'aurais pas cru, Grey. »

« Ce n'était pas une aventure ! Et je ne savais pas qu'il travaillait ici quand on s'est rencontrés. »

« Et maintenant ? J'ai besoin d'en savoir plus ! »

Le docteure Paulson était survoltée.

« Écoutez, docteure Paulson, je n'ai vraiment pas du tout envie de parler de ça en ce moment. »

« En fait, je peux comprendre. Ce n'est pas toujours facile d'être l'interne qui se tape son titulaire. »

« Je ne me tape pas mon titulaire ! Et je ne suis même plus interne. »

« Tu verras, je suis patiente. Je finirai par tout savoir à ton propos. »

« Dites-moi quelque chose sur vous, maintenant. »

« Pourquoi ferais-je une telle chose ? »

« Parce que vous m'adorez. »

La brune rit.

« Je vous aime bien, Grey. »

« Alors ? J'attends. »

« Je me suis cassé le bras quand j'avais douze ans. »

« Vous vous fichez de moi ? »

« C'est comme ça que tu parles à ta cheffe ? »

« Vous m'avez fait parler de ma vie privée, je ne vais pas me contenter d'un stupide bras cassé. »

« Tu as raison. Alors, voyons. Tu sais déjà que j'aime les femmes. Ah, je sais, je parle quatre langues. »

« Vraiment ? »

« Eh oui. »

« Lesquelles ? »

« Le français, évidemment, l'anglais, l'espagnol, le russe et l'allemand. On peut même dire cinq, logiquement. »

« Je suis impressionnée. »

« Je sais, j'ai souvent cet effet sur les gens. »

« Les gens croient que les chirurgiens sont vaniteux, je ne comprends vraiment pas pourquoi. »

« Si tu ne l'es pas, Grey, tu ne feras pas une bonne chirurgienne. Les chirurgiens doivent savoir ce qu'ils valent. Enfin bref. Avant que je te montre ton nouveau cas, allons faire un crochet par la chambre de madame Osborne, je veux vérifier ses constantes. »

« Mon nouveau cas ? Il est entièrement pour moi ? »

Margot haussa les épaules.

« Bien sûr. Quel serait l'intérêt, sinon ? »

« Moi aussi je vous aime bien, docteure Paulson. »

« Contente pour toi, Grey. »