Histoire : Une Touche de Couleur dans le Gris

Livre 1 : Nuancer le noir.

Date : 5 décembre 2020

Bêta : Elda

Fandom: D Gray Man

Avertissement : Non, je ne possède pas D Gray Man et je ne fais aucun profit avec cette histoire.

Résumé : Franchement, si vous ne vous en souvenez pas, ne venez pas lire l'épilogue :p


Un truc qui est bien avec l'épilogue, c'est qu'on a pas besoin de se creuser la tête en dernière minute pour trouver un titre…

Et oui, j'avais dis que l'épilogue ferait deux paragraphes (ça aurait dû juste être le moment du téléphone) mais... benh c'est difficile d'arrêter sa fic X') Et vous savez comme je ne résiste jamais à décrire en long, en large et en travers les sentiments d'Eve XD
Donc, ouais... on va dire que c'est juste un long paragraphe ? X')

Bonne lecture :D


"Chut Devit !" Résonna une voix au loin. C'était une voix de garçon, un jeune homme… Jasdero ? Tibo ? Andrew ? J'essayais de deviner, la tête remplit de coton. Mes paupières étaient si lourdes que je n'avais même pas envie d'essayer de les ouvrir. Mon corps rebondissait doucement alors que des grincements et chuchotements inquiets retentissaient tout autour de moi. J'étais… dans un fiacre ? Une voiture ? Une calèche ? Terriblement confuse, je tentais à nouveau d'ouvrir les yeux. La douleur débilitante ayant fait place à un battement sourd à l'arrière de mon crâne, j'eus assez de force cette fois pour entrouvrir mes paupières et tomber directement sur deux orbes dorées au-dessus de ma tête.

Mon cœur eut aussitôt un sursaut alors que la familiarité, la confusion et la terreur jouaient au ping-pong avec lui. Je connaissais cette personne, c'était la fille de Tricia… un personnage de D-Gray Man… le démon de cette nuit là… "Road ?" Le mot s'échappa de mes lèvres dans un murmure incrédule, la petite fille me semblait si familière et étrangère à la fois.

"Ça va ?" Demanda la fillette et j'acquiesçai lentement me rendant compte que j'étais allongée sur la banquette, la tête sur ses genoux. Faisant mine de me relever, Road fronça les sourcils mais enleva ses bras, me laissant faire.

"Qu'est-ce que…?" Je marmonnais en enfonçant aussitôt une main contre mon front. Comme si le volume avait été poussé à fond, mes souvenirs revinrent de plein fouet, m'agressant. J'étais au cirque… à l'hôpital… dans la forêt… et j'avais croisé un homme… le médecin… Randolphe… et il avait appelé mon nom… mon nom ?

Oh

'Eve' fut le premier mot à me venir en tête mais il fut très rapidement suivi par 'Ennael' et puis 'Eleanore' et ensuite une multitude d'autres, se pressant à l'intérieur de ma tête et me confondant plus qu'autre chose.

Sifflant de douleur, ayant l'impression que mon cerveau allait exploser sous ce trop plein d'information, une petite main vint se presser sur mon front et je me sentis tout de suite… vide. Comme si je regardais mes propres souvenirs à travers une vitre, toujours visible mais hors d'atteinte. Trop rassurée de pouvoir à nouveau former une pensée consciente sans douleur, je repoussais loin de moi le malaise agrippant mon cœur et jetais un coup d'œil à Road alors qu'elle retirait sa main, impassible.

"Eve ?" Appela Jasdero et je sursautais, prenant enfin conscience de mon environnement. J'étais bien dans un fiacre à côté de Road. Mahulda et Eliott n'étaient nulle part en vue, ce qui était étrange si nous revenions au manoir. Jean devait être en train de conduire le fiacre et sur la banquette d'en face, Jasdero, Devit et Ty…

Tyki Mikk.

Comme si voir son visage avait suffi à briser ce que m'avait fait Road, Eve s'effaça alors que la panique d'Ennael et la terreur d'Eléanore prenaient le contrôle. Il n'eut même pas le temps d'esquisser un sourire que j'ouvrais la porte du fiacre en marche pour éviter de lui vomir dessus. Encore, si je peux ajouter. Ce fut à peine si je remarquais le fiacre s'arrêter avec un cri surpris de Jean alors que je déballais l'entièreté de mon estomac sur le chemin de terre, les mains agrippées à l'encadrement de porte comme si ma vie en dépendait. Si pas ma vie, au moins mon lambeau de dignité restante vu que c'était effectivement la seule chose qui me retenait de tomber tête la première dans les restes de mes repas du jour. En tout cas, jusqu'à ce que de larges mains attrapent mes épaules, retenant mes cheveux de se faire teinter de vert au passage. Reconnaissant Tyki, je me figeais aussitôt avant de prendre d'une main tremblante le mouchoir que Jasdevi me tendait. Secouée, je m'essuyais la bouche et essayais d'utiliser ce temps pour me remettre d'aplomb.

"Je suis désolée, ça m'apprendra à manger autant de gâteaux chez Arthur." J'essayais de blaguer mais ma voix sortit faible et tremblotante. Ne croisant le regard de personne, je me rassoyais à côté de Road, sentant le poids du regard des quatre Noah sur moi. Je n'avais jamais eu de problème avec les petits espaces, au contraire, j'avais tendance à me sentir à l'aise dans les endroits étroits mais à cet instant, c'était comme si les murs se resserraient sur moi. La claustrophobie n'aidant pas mon cerveau en vrac, il me fallut quelques secondes pour répondre lorsque Jasdero me demanda timidement si j'allais bien. "J'ai juste besoin d'un peu de repos" Je lui assurais. Et surtout d'un moment seule pour trier mes pensées. Actuellement, rien que de voir les mains de Tyki sur la banquette d'en face me rappelait en boucle ces mêmes mains arracher le bébé du ventre de… non ! Pas maintenant, pas toute suite… J'étais Lady Evelyne Harmonie Campbell, héritière du duché Campbell pas Eleanore, pas Ennael mais Eve, juste Eve…

"On est presque arrivés au manoir, tu pourras aller te reposer de suite." M'assura Road en prenant ma main et je dus me forcer pour ne pas arracher la mienne de ses doigts. Ne faisant plus confiance à ma voix, j'hochais la tête, toujours sans les regarder et patientais, le cœur battant à toute allure. Ils pouvaient l'entendre, ho Merlin ils pouvaient entendre mon coeur qui battait trop vite… et ils avaient vu Johan et ma réaction dramatique à notre rencontre… et ils savaient pour ma mémoire confuse… Même s'ils ne se souvenaient pas de cette nuit-là, que je les avais déjà rencontrés et qu'ils avaient tué ma… ma... il était évident que quelque chose clochait avec moi, que je me souvenais de quelque chose. Road n'allait jamais laisser passer ça. Il y a quelques mois, peut-être, mais maintenant, elle aimait toujours savoir ce qui me bouleversait… si ce n'était pas elle-même la cause.

Heureusement pour moi, on était réellement proche du manoir et à peine quelques minutes de plus dans ce silence pesant et nous en passions les grilles. Les regardant être refermé derrière nous par le gardien, je ne pus m'empêcher de me sentir emprisonnée. C'était stupide, les Noahs n'avaient pas besoin d'une grille pour me retenir. Mais il n'empêche, pour la première fois depuis que j'étais arrivée, la vue du manoir me mit très mal à l'aise.

"Mère !" Cria Road en sautant en dehors de la calèche et en sprintant vers Tricia qui descendait doucement les marches au bras d'Adam pour nous accueillir avec un doux sourire. Les jumeaux sautèrent à sa suite et je m'apprêtais à faire de même lorsque Tyki passa devant moi et me tendit sa main pour m'aider à descendre. Il l'avait déjà fait des centaines de fois, les robes d'extérieures n'étaient pas très pratiques et c'était bien utile d'avoir un bras sur lequel s'appuyer lorsqu'on tâtonnait maladroitement pour trouver le marchepied. Mais à cet instant, rien que de toucher sa main me donnait envie d'éclater en sanglots et c'est sans même un regard que je frôlais son bras avant de descendre et le lâcher aussitôt.

"Vous êtes-vous bien amusés au cirque ?" Demandait Tricia à Road et aux jumeaux avec un sourire heureux. Il s'effaça un peu, cependant, lorsqu'ils n'affichèrent pas l'excitation qu'elle avait escompté. Fronçant les sourcils, elle releva la tête et nous vit enfin, Tyki et moi. "Eve, tu es toute pâle ! Tout va bien ?" Merlin comme la matinée paraissait lointaine maintenant… j'avais l'impression que cela faisait des lustres que je l'avais supplié de nous laisser sortir voir Arthur.

"Ce n'est rien." J'essayais de sourire mais avec Tyki juste derrière moi, j'étais tendue comme un arc. "Je suis juste un peu fatiguée, je pense que je vais aller me reposer maintenant." Je m'excusais un peu trop rapidement avant de monter les marches sans attendre, frissonnant lorsque je croisais le regard confus d'Adam.

"Quelque chose s'est mal passé chez ?" J'entendis Adam demander à Tyki derrière moi mais j'étais déjà en train de passer la porte d'entrée et je n'entendis pas la réponse, préférant courir aussi vite que possible jusqu'à l'étage maintenant qu'il n'y avait plus personne pour me voir. Montant les marches quatre à quatre, je me stoppais net lorsque j'arrivais dans le couloir menant aux chambres de la famille.

Que faire ? Il était hors de question d'aller dans notre chambre partagée avec Tyki… la mienne ? La salle de musique ? La bibliothèque ? Mais c'était les premiers endroits où viendraient me chercher… hé bien… n'importe qui, vraiment. D'un autre côté, avec leurs sens surhumain, ils pouvaient me trouver n'importe où dans ce manoir, même si je me planquais sur le balcon de Road et retenais mon souffle. Et si Tricia venait me chercher et ne me trouvait pas dans ma chambre, elle allait s'inquiéter… Priant pour qu'ils me laissent tranquille assez longtemps pour que je puisse organiser mes pensées, j'entrais dans ma petite chambre et me roulais en boule sous la couette. Laissant enfin la pression retomber, je me mis bientôt à trembler de tous mes membres, les yeux brûlants de larmes.

Mes cheveux trop clairs, trop raides, trop courts… Mes ongles trop longs, mes oreilles soudainement percées et mes yeux plus gris que bleu… Mon point de beauté près de ma bouche plutôt que de l'oreille, ma poitrine plus petite, mes dons inhumains en piano… Combien de fois m'étais-je fait ces remarques sans pourtant comprendre leur fondement ?

Eleanore ne ressemblait même pas tant que ça à Ennaël.

Comment avais-je pu passer si longtemps à côté de… de ça ? Mais peut-être... c'était parce que j'étais Eleanore autant que j'étais Ennaël. Même si mon esprit avait fait de son mieux pour effacer ces souvenirs, ils étaient toujours là. Pendant dix-huit longues années, Eleanore s'était regardée dans le miroir et avait vu ses cheveux pâles et ses yeux gris. C'était normal pour elle, naturel. Autant que l'était pour Ennael de voir se refléter ses cheveux bruns et ses yeux bleus. Alors, lorsqu'Eve, un étrange mélange des deux, s'était regardée dans la glace, la confusion d'Ennael avait été aussitôt apaisée par l'habitude d'Eléanore.

Mais… même cela n'était pas tout à fait juste. Je le savais. Évidement que je le savais. Il y avait une raison pourquoi j'avais toujours évité de penser à la robe à moitié brûlée que je portais lorsque je m'étais réveillée deux ans et demi auparavant chez Eglantine. Ce n'était certainement pas une robe du XXIème siècle et le manque de portable, d'écouteurs ou de pantalon avec moi annonçait la couleur également : ce n'était pas mon corps. Ou plutôt, pas le corps d'Ennaël. Et si ce n'était pas le corps d'Ennaël alors… alors il me fallait abandonner tout espoir de pouvoir un jour revenir dans mon… dans son monde. Même si j'avais cru avoir accepté ce fait il y a plus d'un an, la vérité était que, n'ayant pas de souvenir pour confirmer comment j'étais arrivée dans ce monde et affirmer l'impossibilité d'y revenir, il y avait toujours un espoir, aussi mince soit-il.

Mais maintenant…

Maintenant je me souvenais.

Tournant la tête pour étouffer mes sanglots dans mon oreiller, je laissais couler dans mes larmes toute ma peine. Je pleurais la famille d'Eleanore, de sa sœur dont elle n'avait pas pu faire le deuil. Je pleurais les conséquences de ce meurtre qui mettaient en péril l'amitié si chère d'Eve avec Tyki. Et je pleurais la mort d'Ennaël, pourtant nécessaire pour qu'Eleanore, Eve et une multitude d'autres vies pour l'instant silencieuses, puissent vivre à leur tour.

Trois êtres, trois tourments, trop de tristesse.

Mais il n'y avait qu'un corps, qu'une marionnette pour les trois filles et c'est d'une même voix qu'elles… que nous… que je criais ma douleur. Je n'étais plus Eleanore, je ne pouvais plus être Ennaël et je ne savais pas si je pouvais continuer à être Eve non plus. Comment faire lorsque la réalité avait rattrapé la fiction ? Mentalement, j'avais toujours su que Tyki… Road… les jumeaux et tous les autres étaient des Noahs, des tueurs de sang froid qui se délectaient de la douleur des hommes. Mais… je les avais toujours vu autrement. Road était la petite fille qui aimait jouer aux poupées avec moi, Tyki était ce copain qui fanboyait sur les nouveaux romans d'aventure, les jumeaux étaient ces adolescents idiots qui faisaient exploser leur chambre en essayant de piéger Sheryl…

Évidemment, c'était toujours différent lorsque cela nous touchait de prêt…


Un craquement retentit. Avec un grincement léger, la porte de ma chambre s'ouvrit. "Evelyne ?" Murmura quelqu'un mais je ne réagis pas, je ne voulais pas réagir. Mes membres se sentaient lourds… mes paupières encore plus... j'avais dû m'endormir. Et je ne voulais pas me réveiller. Une seconde paire de pas, des murmures à peine audibles... "...rien faire, Road ?"

"...tout ce que je… se casse… dangereux… plus fort… Wisely aurait… dommage." Répondit une seconde voix mais il était difficile de comprendre ce qu'elle disait. Une main caressa mon front et je me sentis tout à coup incroyablement paisible. Avec un soupire calme, je retombais profondément dans le sommeil...


Ce fut un coup à la porte qui me réveilla. Je me sentais étrangement calme. Trop calme. C'était comme tout à l'heure, comme si j'étais coupée de mes émotions. Secouant les lambeaux de sommeils qui s'accrochaient à mes yeux, (un rêve étrange à propos d'Adam, de Road et de… Wisely ?) je trébuchais jusqu'à la porte et l'entrouvais, encore confuse avant de m'arrêter net, la porte entrebâillée.

Mon calme explosa aussitôt en milles morceaux.

C'était Tyki.

"Hey Eve, tu n'es pas descendue dîner, est-ce que tu… Oh, je t'ai réveillé ?" Demanda-t-il nonchalamment. Il paraissait incroyablement normal et cette vision s'affrontait affreusement avec les souvenirs d'Eleanore qui passaient et repassaient devant mes yeux. "Eve ?" Répéta-il lorsque je mettais un peu de temps à répondre.

Sursautant, je baissais les yeux. Éviter son regard doré était une bonne idée, cela me permettait de réfléchir correctement. Je pouvais le faire, c'était Tyki, le gars qui se plaignait de la paperasse, se cachait de son frère pour boire et passait à travers les choses lorsqu'il était surpris. Le gars qui m'écoutait me plaindre du manque de droits des femmes et des inégalités sociales, qui jouait volontiers avec moi aux jeux les plus stupides auxquels je pouvais penser et qui m'aidait à m'occuper des enfants. Le gars qui jouait toutes mes retranscriptions de partitions sans se lasser, qui me faisait un câlin lorsque j'en avais besoin et qui respectait mes choix alors même que nous étions officiellement mariés et que rien ne pouvait l'arrêter s'il en décidait autrement. C'était mon meilleur ami, il ne pouvait pas me faire de mal…

...Ou le pouvait-il ?

"Ça va, je n'ai pas très faim, c'est tout." Je murmurais mais même à mes oreilles ça sonnait faux.

"Ne dis pas ça, tu trembles." Répondit-il en levant la main comme pour me toucher l'épaule avant de se figer net lorsque j'eus un mouvement de recul involontaire. Il y eut un grand silence et puis, comme si ma réaction l'avait décidé, son ton nonchalant s'effaça au profit d'un plus sérieux. "Cet homme au cirque… Il t'a appelé Eleanore…" Dit-il en baissant doucement sa main. Je ne pouvais pas voir ses yeux, ayant la tête toujours baissée, mais je les sentais fixés sur moi me tétanisant sur place. Il devait sûrement attendre que je lui réponde mais les mots étaient bloqués dans ma gorge et ce fut finalement lui qui continua. "Et tu l'as appelé Johan. Est-ce que tu t'es souvenue de quelque chose sur ton passé ?" Dit-il mais son ton n'impliquait pas une question. Il le savait déjà.

"Un peu…" Je répondis, hésitante. Johan. J'avais complètement oublié le… mon frère. D'une certaine façon, j'étais bien plus préoccupée par les gens d'ici que par mon aîné. Mais je suppose, même Eleanore ne s'était jamais sentie proche de lui alors que chacune de mes trois vies étaient liées aux Noahs d'une façon ou d'une autre. Quoi qu'il en soit, c'était une excuse convaincante... Quelle était l'histoire la plus facile à avaler de toute façon ? Croiser son frère aîné et se souvenir tout à coup que sa famille avait été décimée dans un incendie ? Ou se remémorer ses vies passées et se rappeler que son mari avait éventré sa sœur devant ses yeux et lui aurait fait la même chose si le Duc ne l'avait pas attaqué dans un excès de folie ? Peut-être… je pouvais simplement lui parler de l'incendie et laisser tout le 'vous avez tué (presque) tous les gens de mon ancienne vie' de côté… Je pensais mais Tyki ne me laissa pas continuer, enchaînant lorsque je ne faisais pas mine de reprendre.

"Si tu t'es souvenue de ton frère aîné… tu te souviens de ta…?" Commença-t-il mais je levai aussitôt la tête, croisant son regard avec de grands yeux surpris. Je n'avais dit à personne que Johan était mon frère. Comment pouvait-il…? Je commençais à penser jusqu'à ce qu'une soudaine réalisation me tombe dessus comme une douche froide, me glaçant le sang.

"Tu savais ?" Je l'interrompis incrédule. "Tu savais qui j'étais ? d'où je venais ? que mon frère avait survécu ?" La part d'Eleanore cria en moi alors qu'Ennael et Eve s'inquiétaient de plus belle. Si les Noahs savaient que j'étais la seule rescapée de leur destruction, pourquoi m'avaient-ils gardé auprès d'eux au lieu d'en finir une bonne fois pour toute ? Eleanore était une fille naïve et ne savait pas grand chose, j'avais beau me creuser la cervelle, je ne voyais pas ce que je pouvais leur apporter.

A mon accusation, Tyki hésita avant de détourner le regard, ce qui était une réponse claire en soi. "Pourquoi tu ne me l'as pas dit ?" Je demandais durement, la colère d'Eleanore réussissant à dépasser la peur des deux autres lorsqu'il me regarda d'un air vide, comme si l'idée de m'informer de mon passé ne lui était même pas venu à l'esprit.

Pour la première fois depuis… je ne pouvais même pas me souvenir quand : je vis rouge. Me retenant par pure volonté de lui enfoncer mon poing dans la figure, une action qui aurait sûrement fait plus de mal à ma main qu'à son nez, je me retournais vivement pour rentrer à nouveau dans ma chambre, me préparant à lui claquer la porte au visage.

Symboliquement, au moins.

Merde ses pouvoirs.

Mais il ne me laissa même pas ce petit acte de rébellion, m'attrapant par le bras avant même de pouvoir faire deux pas loin de lui. "Lâche. Moi." Je sifflais à travers mes dents serrées sans même le regarder.

"Tu te souviens, n'est-ce pas ?" Demanda-t-il avec une voix serrée qui, en tout autre circonstance, aurait provoqué mon inquiétude immédiate pour lui. Dans l'état, il ignorait tout ce que je lui avais dit, ajoutant encore plus à ma fureur.

"De QUOI ?!" Je criais finalement en faisant volte face, enfonçant mes yeux dans les siens, le sang battant dans mes oreilles.

"Ta soeur." Révéla Tyki.

Avec juste ces deux mots, toute ma fureur disparut, aussitôt remplacée par une terreur sourde alors que ses yeux dorés m'épinglaient sur place. J'étais dans la neige... Rosalie était au-dessus de moi... l'homme avait sa main à travers son dos… le bébé… le bébé était…

"Est-ce que tu as peur de moi, Eve ?" Murmura Tiky et nous étions tout à coup autre part, à l'exposition des colonies de Paris plus de deux ans auparavant, le moment qui avait cimenté notre amitié…

Mais...

Mais cette fois, je ne pouvais pas lui donner la réponse qu'il espérait.

"Tyki, Eve ? Tout va bien ? J'ai entendu des cris..." Appela tout à coup Tricia d'un peu plus loin dans le couloir. Sans un autre mot, Tyki détourna le regard et lâcha mon bras avant de se retourner et de rentrer dans sa chambre. Restée figée sur place, regardant fixement la porte le cœur lourd, il fallut que Tricia me prenne le visage en coupe pour que je redevienne un peu consciente de mon environnement. "Eve, chérie, qu'est-ce qui ne va pas ?" Demanda à nouveau Tricia et le terme d'affection me fit sursauter. C'était quelque chose qu'elle réservait plus généralement à Road et Sheryl, pourquoi est-ce qu'elle… Oh, je pleurais. Levant la main pour essuyer mes larmes, Tricia empêcha le mouvement lorsqu'elle me prit dans ses bras. Comme désossée, je laissais ma tête reposer sur son épaule alors que de lourds sanglots secouaient de plus en plus mon corps. Les yeux flous, ce fut à peine si je remarquais la porte de la chambre des jumeaux s'entrebailler alors que les deux garçons jetaient un coup d'œil dans le couloir.

La porte de Tyki resta close.


Tricia me tira doucement vers sa propre chambre et je me laissais faire sans discuter, soulagée lorsque je m'écroulais à côté d'elle sur le lit. Je n'avais jamais eu autant besoin d'un câlin qu'à ce moment-là et Tricia était heureuse de le prodiguer. Mais même si elle attendait seulement que je me confie à elle, je n'avais pas la moindre idée de comment parler de tout ça et je fermais les yeux, ne pipant plus mot. Sans surprise, Tricia s'endormit peu après. Je ne pouvais pas dire exactement quelle heure il était mais comme il faisait déjà nuit noire dehors et que nous étions en plein été, cela ne m'étonnait pas. J'essayais de m'endormir aussi mais mon cerveau faisait des ronds à l'intérieur de ma tête et je ne pouvais pas fermer les yeux sans voir le regard blessé de Tyki lorsque je n'avais pas pu répondre… superposé à son sourire trop joyeux lorsqu'il avait arraché le bébé de...

Frissonnant, je me levais finalement lorsque la lumière du couloir, visible à travers la rainure de porte, s'éteignit. Sheryl avait dû aller se coucher dans la seconde chambre, c'était toujours lui qui éteignait les lumières, étant le dernier à se coucher. Je me sentis un peu coupable de le forcer à dormir ailleurs alors je m'extirpais doucement de la prise de Tricia pour rejoindre ma petite chambre par la porte adjacente. Fermant la porte derrière moi, je m'asseyais sur le lit avant de mettre ma tête dans mes mains.

Je ne pouvais pas le faire.

J'avais cru que… mais il avait seulement fallu que je croise ses yeux dorés pour que je me transforme en un désordre terrifié et sanglotant. Au moins, je n'avais pas vomi à la simple vue de son visage cette fois, hein ? C'était à peine une consolation… ma tête était un désastre, les sentiments d'amitié d'Eve s'affrontaient avec la colère d'Eleanore et la peur d'Ennael. Comment pouvais-je vivre ici lorsque je ne pouvais même pas regarder la moitié des habitants sans avoir un flash-back ou une dissociation ?

Je ne le pouvais pas, je réalisais tout à coup en regardant mes mains qui tremblaient encore même des heures après. J'étais traumatisée et voir tous les jours la source n'allait pas m'aider à m'en remettre. Mais quitter le manoir ? Pour aller où ? Toute ma vie était ici désormais… Ennael n'avait aucun attachement dans ce monde et Eleanore… Je pourrais aller voir Johan ? Mais rien que de penser me mettre sous la coupe d'un homme qui n'était pas aussi compréhensif que Ty… enfin… ça me donnait envie de vomir… Il était hors de question que je m'impose chez Arthur et Touie également. Road et Tyki les connaissaient, je n'arriverais jamais à m'en remettre s'il leur arrivait quelque chose à cause de moi. Il y avait toujours mon premier plan B d'aller enseigner en campagne mais je n'avais aucun papier d'identités autre que ceux de l'héritière du Duché Campbell Evelyne Campbell et si je cherchais à me cacher d'eux, ce n'était pas la meilleure idée. Restait alors…

"Allen." Je murmurais alors que mes yeux se posaient sur le double cadre photo sur ma table de nuit.

Je n'avais pas voulu y penser avant mais Allen était à l'ordre depuis déjà quelques semaines. La chronologie de D-Gray Man avait toujours été ouverte au débat mais… Reverse Town se passait en novembre. Si tout arrivait exactement comme dans le canon, Allen allait bientôt rencontrer Road et tout continuerait à partir de là. Alors… que je lui demande de l'aide ou non, je ne pouvais pas le mettre davantage en danger qu'il ne l'était déjà… n'est-ce pas ? J'avais beau y réfléchir, je ne savais pas quoi faire d'autre. Alors, d'une main tremblante, je prenais le cadre et le retournais pour l'ouvrir. A l'intérieur, je pris le morceau de papier où était inscrit le numéro qu'Allen m'avait donné avant d'hésiter. Il y avait deux téléphones dans la maison, un dans le couloir des employés pour qu'ils puissent réceptionner les appels lorsque Sheryl n'était pas là et un dans le bureau du maître de maison. Je serais à coup sûr entendue si j'essayais de faire un appel en utilisant la ligne des employés mais m'infiltrer dans le bureau de Sheryl…

Mais rien que de penser devoir affronter Tyki le lendemain renforça ma résolution.

Priant pour que les Noahs soient endormis ou alors qu'ils décident tout du moins de ne pas s'enquérir des bruits étranges, je descendis pieds nus jusqu'à l'autre aile. Je détestais marcher dans le manoir la nuit, il prenait tout de suite l'allure d'une maison hantée… Pire encore lorsque je faisais quelque chose de répréhensif. Inspirant profondément sur le pas de la porte du bureau, ne pensant soigneusement pas au salon non loin où j'avais passé ma convalescence quelques mois plus tôt, j'entrais dans le bureau. Je n'y étais pas entrée sans Sheryl depuis le jour où j'avais été nommée dame de compagnie… mais peu de choses avaient changé depuis. Quoi que… La photo qui m'avait mis la puce à l'oreille sur le fait que j'étais dans D-Gray Man était toujours là, oui, mais plusieurs autres se pressaient maintenant à côté d'elle sur le bureau. Ce fut les yeux ronds que je vis notre photo de mariage avec Tyki et celle de noël où nous avions enroulé l'écharpe stupidement longue d'Adam autour de nos cinq têtes. Secouant la tête, j'arrachais les yeux des cadres pour attraper le combiné et taper le numéro.

Et s' il ne répondait pas ? Et s'il était en mission ? Allen avait dit que c'était uniquement pour les urgences… Est-ce que cela comptait pour une urgence ? Je me sentais simplement mal, je n'étais pas en danger de mort à l'instant… je crois… Et s'il pensait….?

"Eve ?" Chuchota tout à coup une voix étouffée et je pleurais presque aussitôt de soulagement. Mais j'avais déjà trop pleuré aujourd'hui alors je ravalais mes larmes et avec une grande inspiration, je lui demandais de l'aide d'une voix tremblante.

"Allen, je suis désolée de t'appeler, tu as dis que c'était pour les urgences alors… enfin je veux dire… Tyki il… J'ai besoin de partir du manoir. Maintenant. Mais je ne sais pas quoi faire, j'ai pensé que tu… mais sinon je peux…"

"Eve, respire." Me coupa-t-il et je pris une grande inspiration. "D'accord, d'accord… Laisse-moi une seconde." Dit-il, sa voix s'abaissant comme s'il réfléchissait sérieusement au problème. "Si tu peux m'appeler, je suppose que tu n'es pas en danger immédiat ? Est-ce que tu peux sortir du manoir seule ?" Me demanda-t-il et je lui répondis d'une voix hésitante que je pensais que je le pouvais. "Ecoute, tu te souviens d'où j'étais resté la première fois qu'on s'est rencontré ? Oui ? Très bien, je veux que tu ailles là-bas dès ce soir. Je vais la prévenir, elle devrait t'attendre. Si tu n'y es pas dans… disons cinq heures, je viendrais au manoir." M'assura-t-il et je fus une seconde horrifiée d'imaginer Allen au manoir des Noahs avant que mon instinct de survie se réveille et que j'accepte sa proposition mal à l'aise. J'étais tellement égoïste… "Je suis en mission mais je vais venir le plus vite possible, d'accord ? Une fois arrivée, ne sors pas de chez elle jusqu'à ce que je sois là. Et prends tes couteaux."

Essayant de ne pas trop penser à ses derniers mots, je remontais quatre à quatre les escaliers du hall, soulagée d'être sortie du bureau de Sheryl. Merlin, qu'aurais-je fait s'il n'avait pas répondu ? M'engouffrant à nouveau dans ma chambre, j'ouvrais la grosse armoire et commença à fouiller dedans à la recherche de ce dont je pourrais avoir besoin. Évitant soigneusement du regard ce qui n'était pas à moi (une grosse moitié, tout de même.) je prenais mon grand sac en bandoulière (mon premier achat !) et le remplis de mes deux jupes et chemisiers les moins onéreux, des sous-vêtements, d'autres affaires de première nécessités et mon portefeuille. Je l'ouvrais une seconde pour jeter un coup d'œil aux photos y étant soigneusement placé avant de le refermer et de l'enfoncer au fond du sac. Je n'avais pas le courage de partir sans elles... Ensuite, j'allais à mon bureau et pris tout l'argent que j'avais épargné ces deux dernières années avant mon mariage. Étant logée et nourrie gratuitement j'avais accumulé un beau pactole malgré mon maigre salaire. Lorsqu'il fallut choisir parmi mes possessions moins utiles, ce fut cependant plus difficile. Sur les conseils d'Allen, je mettais mes couteaux de lancé de côté pour les emmener avec moi, essayant de ne pas penser à qui me les avait offerts. L'écharpe d'Allen, les lunettes et la gavroche que j'avais acheté et le héné furent les prochains à rejoindre le sac. J'hésitais de longues minutes à prendre les notes de Victor Hugo avant de finalement décider de les laisser ici. Je ne savais pas ce qui allait m'arriver et s'ils ne les avaient réellement pas découvertes jusqu'à présent, autant les laisser ici. S'ils le savaient déjà, ça ne servait à rien de toute façon… Par contre, je prenais mon carnet de notes du manga et celui de magie. Ils étaient incompréhensibles pour quiconque d'autre que moi et je sentais que j'allais en avoir besoin… Ma robe plissée par les nombreuses siestes impromptues de la journée échangées pour un pantalon et une veste robuste, j'enroulais ma ceinture de couteaux autour de ma taille et tendais la main pour attraper mon sac. Ce fut alors qu'un éclat de lumière attira mon regard et que je remarquai la bague à mon doigt.

Je n'avais pas enlevé l'alliance depuis le mariage.

Le regard fixé sur elle, il me fallut quelques secondes avant de bouger à nouveau. Caressant les fils d'or entrelacés, je soupirais avant de la glisser hors de mon annulaire. A peine avait-elle quitté ma main qu'elle se défit sous la pression de mes doigts, ne laissant que quatre cercles entremêlés qu'il était impossible de remettre en forme sans un bon tuto youtube et beaucoup de patience. Un sourire amer aux lèvres, je m'approchais de mon bureau et tirais un petit tiroir pour la mettre à l'intérieur. Je ne devais pas l'utiliser souvent parce qu'à ma grande surprise, alors que je déposais soigneusement la bague au-dessus d'un bloc de papier à lettres poussiéreux, une chose que je pensais avoir perdu attira mon attention. Incrédule, je la tenais devant mes yeux avant de rire doucement. C'était le stylo plume que m'avait prêté Sheryl il y a si longtemps… Je l'avais complètement oublié… il semblerait que même après avoir finalement acheté mes propres crayons, je ne lui ai jamais rendu. Hé bien, je suppose qu'il devra attendre un peu plus longtemps... je pensais avant d'écrire une rapide note pour Tricia et d'empocher le stylo.

La main sur la poignée, je me retournais vers ce qui avait été mon sanctuaire pendant les deux dernières années. Mr fluffy faisait la tête sur mon lit, Les Misérables et le manuscrit d'Une étude en rouge étaient soigneusement placés devant mes photos sur la table de nuit. De l'autre côté de la pièce, à mon grand bureau, les lettres d'Allen et d'Arthur étaient cachés dans la belles boîtes en bois de Tricia et sur l'étagère, les nombreux livres de contes, jeux, recueils de dessins et partitions que j'avais retranscrit dans mon temps libres se pressaient entre deux bibelots hideux que m'avaient sculpté les jumeaux. De l'armoire d'à côté, un bout de l'immense écharpe d'Adam dépassait des portes fermées où se pressaient mes fournitures d'arts, mes robes trop coûteuses et la multitude de choses qu'y avaient cachés les autres adolescents au cours des mois. J'espérais au moins qu'ils récupéreraient tout ça avant que Tricia ne le voit…

Avec un dernier regard conflictuel, me demandant si je retrouverais tout cela un jour, j'ouvrais la porte pour me faufiler dans le couloir…

Et tombais littéralement sur Road.

Trébuchant sur ses jambes, je me rattrapais inextremis au mur avec une injure murmurée. "Road ?" je demandais surprise à la petite fille, à peine visible, assise au sol à côté de ma porte. "Qu'est-ce que tu fais là ?"

"J'ai entendu du bruit." marmonna-t-elle en serrant l'ourson en peluche sur ses genoux. "Tu t'en vas ?" Dit-elle et elle n'avait pas du tout l'air étonné. Ses yeux n'avaient aucune once d'esprit enfantin en eux.

N'ayant aucune idée de quoi dire, je sursautais presque lorsqu'un doux 'oui' sortit de mes lèvres sans que je m'en rende compte.

"Et tu vas revenir ?" Demanda-t-elle, ses yeux plongés dans les miens.

"... Je ne sais pas Road. J'ai besoin d'un peu de temps loin de… de tout ça."

"Loin de nous." Confirma-t-elle et je ne la contredis pas. "Mère et Adam vont être tristes… Tyki aussi"

Inspirant difficilement, j'ignorais le commentaire sur Tyki. "Pas toi ?"

A mes mots, un sourire amusé s'étala sur ses lèvres. Se levant, elle passa ses mains autour de ma taille et me serra fort. "Si bien sûr, mais tu en as besoin alors ça va. Tu as toujours préféré la retraite stratégique." Me taquina-t-elle et je dus me retenir de rire hystériquement. "A bientôt, Tante Evy"

"...A bientôt Road." Je murmurais en retour en la regardant disparaître dans sa chambre. Laissée seule dans le couloir, une horloge tiquant au loin, je pris une grande respiration avant de marcher à nouveau, nerveuse de me faire arrêter par quelqu'un de moins… compréhensif. Bientôt, j'étais à l'étable pour prendre le vélo que Tyki n'avait pas touché depuis cette fois-là dans la forêt. L'enjambant, je poussais sur la pédale et je m'engageais dans l'allée vers la grande grille, le manoir devenant de plus en plus petit derrière moi alors que j'évitais de penser à tout ceux que je laissais derrière. Tricia, les jumeaux, Road… même Sheryl ! Et puis Lulubelle aussi, et Adam et Berthe, Louise, Jean, Clarisse, Enfer, même Mahulda et Eliott… que je n'avais pas vu depuis le cirque, étrangement… et puis aussi Alphonse et Marie et… Mettant pied à terre, je me retournais tout à coup, sentant le regard de quelqu'un sur moi. Je ne pouvais pas bien voir dans la nuit noire, et je commençais à être assez loin du manoir mais j'aurais pu jurer que j'avais vu les rideaux de la chambre d'Adam bouger. Ressentant un affreux frémissement remonter ma colonne et une peur sourde s'emparer tout à coup de mes tripes, je me remettais en scelle promptement et pédalais à toute allure jusqu'à ce que je passe la grille.

Dans la nuit noire, je ne distinguais plus aucunes couleurs. Perdue et désœuvrée, ce fut un rayon de lumière perçant les arbres qui me fit lever la tête. Au-dessus de moi, les nuages s'éclipsèrent révélant une grande lune blanche dont la douce lumière nuança le chemin devant mes yeux.

Comme disait Allen, il fallait continuer de marcher.

...

Ou tout du moins pédaler, mais franchement, ça revenait au même... non?


Ici Elda, la bêta ! Woah… C'est fini… Après 5 ans, j'ai pas les mots. Ça va me faire bizarre le mois prochain de ne pas avoir de chapitre à corriger je pense, haha ! En tout cas, merci à vous d'avoir suivi ce projet pendant si longtemps. Il s'en est passé des choses en 5 ans, et dire que j'étais au collège… et que je suis à la fac maintenant ! J'espère que vous avez aimé cette histoire autant que moi ! A une prochaine fois :)

Et voilà, c'est terminé ! C'était de longues années mais, waw ! je suis contente d'avoir terminé ce projet :) Enfin, terminé... j'aimerais repassé un coup sur les chapitres histoires de corriger les fautes et peut être ajouté quelques paragraphes par-ci, par-là... comment ça il y a déjà bien trop d'intrigue annexe inutile ? Chuuuut, je fais ce que je veux, c'est mon histoire totalement auto-indulgente X)

Bref, pensez aux reviews et à la revo... hé bien non en fait :) C'est un franc au revoir cette fois ! à part si une autre de mes fics vous intéresse ? Dans ce cas, je peux le dire : à la revoyure !