Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas.
Cette peur, de se retrouver piégé n'était pas agréable, Yuuri se demanda même si c'était aussi le cas de Greta. En tout cas, lui comme elle, il était suspendus aux événements. Spectateurs de ce moment de leurs vies respectives. La suite des choses seraient sûrement à l'image du reste de sa vie depuis qu'il était ici. Beaucoup d'événements qui semblaient ne pas s'imbriquer. Pourtant, chacun d'entre eux avait des conséquences et certaines revenaient. Que cet homme qu'il avait aidé revienne dans sa vie n'en était qu'un exemple. Il ignorait toute la grandeur ou non de ce monde. Il avait bien vu des cartes avec Gunter. Mais rien ne permettait de savoir la réelle superficie de ce monde. Un peu comme la terre, tout semblait si grand en réalité alors que le carte était plutôt petite.
Hysclyff avait toujours ce regard sérieux. Il ne brillait plus. Les mots qui allaient suivre seraient importants pour la suite.
« J'aimerais que vous changez votre manière de faire votre travail et celui de vos collaborateurs.
- Pourquoi ça ? Vous semblez plutôt pour normalement.
- Dans ce cas, je vais exposer ce qui me dérange tant. Que vous jouer de l'argent ne me dérange pas en soit. Ce qui est moins acceptable pour ma part, c'est qu'elle mets en jeu des vies, qu'elles soient humaines ou animales. Ce qui va à l'encontre de pas mal de lois. Certaines ont lieu ici même. Cette moralité douteuse va vous créer des ennuis à ne plus savoir qu'en faire. Bien entendu, vous serez tenté de ne pas croire que les problèmes arrivent. Ce qui je n'en doute pas, est difficile à croire avec ma simple parole. Mais j'ai parlé un peu à vos clients avant de vous demander une entrevue. Il est clair et net que ces personnes savent que vous mettez en jeu des animaux, mais aussi des prostitués. Des femmes et des hommes qui sont là pour assouvir les besoins sexuels de ces gens. Ces derniers ne sont pas tous à leur premier essai. C'est ça monsieur Biron qui me dérange. Ce trafic, mais aussi toutes les rumeurs qui viennent teinter d'une couleur horrible votre vie que je pensais bien plus vive et jolie à voir. C'est pour ça que je demande une seule chose. Cessez tout de suite cette façon de faire de l'argent. »
Il laissa un moment ces mots s'imprimer dans l'esprit de monsieur Biron. Mais Yuuri sentait que c'était loin d'être fini. Il avait plus d'un atout dans sa manche. Bien qu'il ne sache pas trop jouer au poker. Le maoh comprenait cette expression. Elle n'avait pas de meilleurs exemples que la situation actuelle.
« Je serai bien obligé d'en référer à la monarchie de Hildyard pour votre façon de faire. Car c'est mon devoir en tant que soldat et homme de confiance. Et il n'est pas le seul monarque contre vos actions.
- Bien dit, Hyscliff est un soldat reconnu... »
Mais c'est à ce moment que l'homme reprit la parole, coupant ainsi Yuuri dans son élan. Il gardait secret qu'il était un de ces souverains à qui l'homme était précieux. Il formait ces hommes dénués de pouvoirs magiques, mais pas de volonté. C'était un allié précieux comme on en faisait plus. Le souverain l'avait bien compris lors de leur rencontre.
« Vous êtes complètement stupide… C'est faire votre propre commerce ? Je suis à la tête d'une grande famille ici. Sans cet argent que je reçois par mon commerce, c'est utile et redistribué à mes employés et ma famille. Je ne vois pas pourquoi vous êtes ici et en plus accompagnée. Si ce n'est pour appuyer vos propos un peu faiblards. Puisque je suis une personne occupée et plutôt bienveillante…
- Bienveillante ? La production de pierre amplificatrice de magie a été stoppée. Comment vous pouvez dire que vous êtes un homme occupé ? Occupé à chasser des jeunes personnes prêtes à tout pour sauver leurs vies misérables. Toutes ces personnes venant de Sverella…
- Pourquoi parler de ça ? C'est complètement pon. »
Là, Yuuri se demandait si c'était un mot intraduisible pour sa tête. Car il l'avait entendu comme ça. Il savait que certaines choses étaient intraduisibles. Cette langue qu'utilisaient les gens de ce monde avait donc ce genre de choses aussi. Comme il n'avait aucune expression qui lui expliquait ce mot. Ou Adjectif. Il écoutait la suite. Mais il était perdu. Complètement perdu.
« J'ai des contrats avec les gardiens. Ils ne m'ont jamais déçu. Pourquoi je serai en manque de ces pierres. »
Les gardiens, ils avaient fui devant la manifestation de sa magie. Il y avait vachement mieux, comme gardiens. Mais il n'avait pas eu les conséquences de son acte. Ou ils étaient revenus dans les mines pour ramasser les pierres. Ce qui l'étonnerait fort. En tout cas, son expression faisait très méchant de série à la noix qui pouvait passer à la télévision sur Terre. C'était loin d'être fini. Il pouvait comprendre que c'était important pour cet homme de tout dire. Mais il ne savait pas comment tout ça allait finir.
« Il est évident que n'avez pas lu le contrat que vous avez signé. Ou vous avez délibérément zappé le fait qu'il faisait travailler jusqu'à épuisement des hommes et des femmes pour seul plaisir personnels.
- J'ai aucun souci avec le gouvernement..
- Pour le moment, mais ça risque de changer. Je sais que vous êtes mobile et changer d'endroit selon vos envies. La vie de cirque, c'est ça aussi. Mais j'ai plus l'impression que vous fuyez les ennuis quand ceux-ci viennent vous embêter. Vous n'avez aucune envie de changer votre manière de faire. Je peux le deviner. Comment me direz-vous ? Parce que je suis moi-même un commerçant.
- Vous avez un plan pour relâcher ces personnes ? Parce que je ne pense pas avoir assez d'argent pour rendre la liberté à ces personnes.
- C'est vrai que sur le papier, je n'ai pas l'argent. Mais... »
Yuuri savait que la suite serait intéressante pour le futur. Il est vrai qu'il avait vu dans ce pays une imitation un peu bancale de Las Vegas. Mais c'était plus une ville concentrée sur le bien-être. Il y en avait quelques-unes au Japon.
« Cette ville échange beaucoup de choses avec les villes voisines. Le district nord en fait partie. Certaines de ces bains m'appartiennent d'ailleurs.
- Quoi ? C'est à vous ces bains ?
- ce sont des endroits populaires envers les hommes et les femmes. Qui plus est, on ne veut que le bien-être de nos clients... »
Des bruits de pas se rapprochaient à vitesse folle de lui. Yuuri espérait que ce n'était pas un soldat qui venait le tuer. Il ne pourrait pas se défendre sans mettre en danger Greta. Il tenait à cette jeune fille. Mais dans l'ouverture se tenait Wolfram et Conrad. Les deux hommes avaient dû courir et paniqué, car on pouvait voir dans les yeux du soldat semi-mazoku, du soulagement.
« Wolfram, Conrad, je suis si heureux de vous revoir, vous arrivez juste à … »
Il n'avait pas le temps de finir sa phrase que la poigne de Wolfram attrapait son col pour le rapprocher de lui. La colère bien visible de ses yeux verts. Il allait encore passer un sale moment avec cet homme jaloux. Il savait très bien qu'il allait encore supporter les cris de ce garçon.
« Yuuri, espèce de crétin. Tu allais jouer avec la lumière rouge du district sans moi. J'ai dû être avec Conrad à cause de ton absence. Tout ça pourquoi ? Pour te retrouver ici. Tu allais trouver une femelle ?
- Ce que veux dire mon cher frère, c'est qu'il s'est inquiété pour vous. Surtout qu'il savait que vous étiez avec la jeune fille. Il n'arrêtait pas de dire que vous pourriez mourir sans qu'il puisse vous défendre. »
Yuuri lâcha un soupir. C'était bien le genre de Wolfram ce genre de comportement. Encore une preuve que cet homme était un sacré tsundere.
« Oh seigneur, tu as perdu ta veste. Je la remets tout de suite Yuuri. Quand la nuit tombera, il fera bien plus frais et sortir sans veste est dangereux.
- Dans ce cas, il faudra une pour Greta. Et je pourrais savoir pourquoi vous êtes là.
- Conaissant votre chance, on s'est dit Wolfram et moi que vous aviez fini par tomber sur un marchant qui voyait en vous un potentiel. Savoir que vous seriez vendu. Ça rendu encore plus Wolfram qui a fait toutes les maisons de la ville qu'il trouvait suspectes. Et nous voici à présent, ici. Il pensait qu'il te retrouverait en train de faire quelque chose avec la personne qui t'aurait. D'ordre sexuel.
- Moi pourquoi, pourquoi je donnerai mon corps comme ça. Il le sait très bien en plus que je ne suis pas comme ça... »
L'homme qui était avec eux était perdu, et monsieur Biron, ce n'était pas mieux. Ils étaient bien obligés de faire en sorte que cet homme comprenne un peu.
« Professeur, qui sont ces Yuuri et Conrad ?
- Ah, désolé, c'est de ma faute. Mitsu d'Echigo, c'est moi aussi. Je suis aussi Yuuri. Désolé de vous avoir menti. »
Immédiatement, il sentit la prise sur lui se resserrer. La jalousie dévorante de Wolfram n'avait pas mieux à faire que s'exprimer.
« Tu as d'autres noms, boulet ?
- Non, c'est plus complexe que ça. Je devais passer inaperçu une fois sur un bateau…
- Ces fichues choses venant de l'enfer... »
Yuuri trouvait ça comique que Wolfram parle des bateaux comme ça. C'était lui, le descendant lointain d'un démon. Il parlait de l'enfer comme si c'était quelque chose de mauvais. Les mazokus sont des êtres bien étranges.
« Je suis heureux que vous soyez en bonne santé, mais je me demande. Greta vous a protégé.
- Non pas vraiment, disons qu'elle m'a défendu. Depuis nous sommes assez proches. »
Ils n'eurent pas le temps de parler plus qu'un des gardes présent dans la pièce se mit à vouloir les tuer de sa lame. Il ressemblait à un de ses samouraïs qui cachait leur identité sous un casque de bambou tressé. Impossible de savoir qui était là-dessous, mais en tout cas. Il voulait leur mort, à lui et ceux qui l'accompagnaient. Ce qui comptait Hycliff dans le lot. Bien entendu, il fallait pas bien longtemps pour que Conrad et Wolfram tiennent tête à cet homme. Voulant protéger sa future fille. Yuuri s'était reculé pour éviter les coups d'épée. Si seulement, il avait Morgif sur lui. Il était rapidement tiré en arrière par Wolfram. L'inquiétude dansant dans ses pupilles vertes.
« Tu n'as rien ?
- Non.
- Génial. »
Le souverain pouvait voir que seul Conrad faisait face à ce garde. Son épée dégainée. Les lames s'entrechoquant dans un bruit de métal qui se frappe à grande force. Il se savait visé par d'autres personne, mais le voir le choquait toujours autant. Pourquoi une personne aussi ordinaire que lui était une cible. Il était un roi. Donc, au fond, il savait pourquoi. Il avait encore beaucoup de mal à s'y faire. Ça faisait peur. Si peur… Pourquoi le combat entre ces deux hommes semblait si violent. En tout cas le soldat le défendait avec beaucoup de conviction.
« Yuuri, c'est ta chance pour sortir d'ici. Je te protégerai. Tu pourras ainsi sortir et récupérer ton arme.
- Ma canne ?
- Tu penses que c'est juste un simple appui, mais tu oublies un peu vite que c'est une invention d'une mazoku complètement folle. Elle est plus dangereuse qu'elle en a l'air. Tords-là et tu verras tout ce qu'elle peut faire. Elle est parfois surnommée la canne du vent, ce n'est pas pour rien. »
Anissina avait donc donné à Yuuri une arme. Pourquoi ça ne l'étonnait même pas ? Il se doutait bien que cet objet était plus que ce qu'il semblait être. Alors qu'il se résignait, il vit les autres gardes bouger à leur tour. Il sortit sa canne, en fait, elle était accrochée à sa taille depuis un moment. Les épées s'entrechoquant avaient cessé de résonner. Seul le bruit d'un corps tombant était perceptible. À leurs pieds, se tenait un homme aux longs cheveux sombres. Le sang couvrant une bonne partie de son visage. Inquiet, Yuuri s'approcha du garde.
« Il est mort ?
- Je ne pense pas, mais par contre. Si j'en juge son état, il a été torturé et conditionné pour se battre.
- Mais c'est horrible... »
Greta le lâcha et alla vers l'homme. La panique clairement visible sur son visage.
« Hube ! »
C'était le fameux Hube. Le mari de Nicola. Mais pourquoi cette jeune fille semblait connaître cet homme ? Peut-être que comme elle, il avait dû passer par le château pour être conditionné à tuer. Tuer ses semblables. Il ne savait pas quelle magie était responsable. Mais il la trouvait pour le moment, bien laide. Greta secoua le corps.
« Il va mourir. Ne mourrez pas… S'il vous plaît...
- Greta fait attention !
- Mais c'est Hube. »
C'était aussi un cousin de Gwendal. Mais quels liens partageait-il avec cette jeune demoiselle ? Il l'ignorait. Mais son inquiétude indiquait à Yuuri que son sort était aussi important pour elle.
« S'il vous plaît, soyez vivant. Je suis revenue, Hube. Comme promis Hube. Alors s'il vous plaît ne mourrez pas. Pas sans voir que j'ai enfin trouvé une famille. »
Elle avait glissé dans les mains de l'homme un objet ovale. Ce dernier ressemblait à un poudrier. On ne remercie pas son frère pour lui avoir mis dans la tête le nom de ce genre d'objet.
« Greta, ce n'est peut-être pas lui, tu sais, on ne peut être sûr à cent pourcent qu'il s'agit de cet homme. »
La jeune fille ne l'écoutait pas. Elle était encore trop occupée à vouloir que l'homme se réveille. Il était vachement amoché, et ce n'était pas l'épée de Conrad qui lui avait mis dans cet état. Il sentit une main se poser sur son épaule, c'était Conrad. Il fixait l'homme.
« C'est bien lui, Hube, voilà des années que je ne l'ai pas vu. Mais certaines choses ne trompent pas. C'est bien lui. Je ne sais pas ce qu'il a vécu pour devenir un soldat. Mais nous devons le soigner et s'occuper de lui.
- Mais c'est possible de conditionner comme ça les mazokus ?
- Tu vois bien que c'est possible. »
Voilà qui était inquiétant pour la suite. Il devait faire gaffe. Quand même ses pouvoirs magiques étaient forts. Il n'était pas à l'abri d'un mage puissant qui ferait de lui sa marionnette. Rien que d'y penser, c'était effrayant. Greta et Hube avaient été manipulés. Si la façon de faire était différente, le résultat était le même. Il rendrait son mari à Nicola. Il se l'était promis. Oui, il avait fait des bêtises, mais si à ce moment, il était déjà sous influence ? Pourquoi Nicola n'avait rien vu ? Pourquoi ?
