Chapitre 101 : Not Alone
Stiles s'extirpa de sa jeep avec une grimace difficilement contenue. Il n'en fallut pas plus pour que Derek soit près de lui, inquiet. Depuis qu'il l'avait rejoint à l'hôpital, l'ancien alpha s'était montré plus protecteur et attentionné qu'une mère louve.
— Je vais bien, Sourwolf !
Il avait fini par perdre le compte du nombre de fois où il avait dû répéter ces mots. Pourtant, pour rassurer son compagnon, il était prêt à les rabâcher encore et encore. Il accepta donc son soutien et avança vers la porte d'entrée de sa maison, le bras de son homme autour de sa taille.
Les dernières heures ne lui avaient laissé que peu de répit.
Après s'être rapidement fait ausculter et suturer par les urgentistes, il avait eu la primeur d'un interrogatoire en règle par Rafaël. Le père de Scott n'avait pas caché son scepticisme concernant l'affaire, peu convaincu que Noah ait pu résoudre l'enquête là où lui-même avait échoué. Mélissa était venue à sa rescousse et avait rabroué son ex-mari. L'agent fédéral avait alors consenti à ce que Maxime et lui partent pour la clinique pour un check-up complet, mais leurs dépositions étaient vivement attendues dès la première heure le lendemain.
La matinée avait été rythmée par les soins, les radiographies et les scanners. Puis Mélissa les avait rejoints à son tour et avait expliqué à ses collègues l'état dans lequel il s'était trouvé pendant la nuit, amenant le médecin à pratiquer une nouvelle série de vérifications avant de décider de le garder sous monitoring durant quelques heures.
Enfin, le verdict était tombé. Il allait bien.
Pourquoi personne ne l'écoutait jamais ? Il se tuait à le dire !
Paul avait voulu faire durer le plaisir et, dans sa folie sadique, avait épargné son intégrité physique. Les plaies et les contusions guériraient rapidement, mais un suivi psychologique lui avait été chaudement recommandé. Il avait évidemment refusé en bloc, n'ayant aucune envie de parler de ce qu'il avait vécu et ne souhaitant pour rien au monde s'en souvenir, mais Mélissa avait insisté et avait proposé d'être son interlocutrice, en dépit de son absence de qualification pour ce rôle. Face au sourire maternel de l'infirmière, il n'avait pu qu'abdiquer. D'après elle, son amnésie traumatique ne durerait pas et il lui faudrait être entouré lorsque les souvenirs se rappelleraient durement à lui. Même d'outre-tombe, son kiné continuait de lui pourrir l'existence. Génial !
Maxime était sorti depuis longtemps quand lui-même fut enfin autorisé à quitter la clinique en début d'après-midi. Ils se reverraient le soir venu, puisque la meute, éprouvée, avait prévu de se retrouver. Ils avaient tous besoin d'être apaisés après les récents événements.
Revenant à l'instant présent, il passa le seuil de sa maison avec un soulagement indescriptible.
Les bras de son compagnon l'entourèrent précautionneusement et il se laissa aller contre son torse en fermant les yeux. Un soupir d'aise lui échappa tandis que son homme les berçait.
— Tu as mal.
Ce n'était même pas une question, la paume du loup, posée sur sa hanche, sous le t-shirt propre qu'il lui avait apporté à l'hôpital, était un baromètre infaillible.
— Je vais b…
— Je sais que tu le penses vraiment, mais je refuse que tu le répètes une fois de plus ! Non, tu ne vas pas bien. Tu t'es fait torturer par un fou furieux. Tu aurais pu mourir. Et tu souffres…
Stiles se retourna dans son étreinte pour mieux se blottir contre lui. Dans cette position, il ne manqua pas le regard de son compagnon étincelant de colère, ce qui, paradoxalement, l'apaisa. Il passa une main douce sur la joue de son amant, sans le quitter des yeux, le sentant vibrer sous sa paume.
— C'est vrai. J'ai un peu mal malgré les antidouleurs qu'ils m'ont donnés, mais je suis avec toi, alors je vais… bien ?
Une mimique penaude et incertaine ponctua la fin de sa phrase, arrachant un rire léger au lycan. Ce dernier ne put se contenir plus longtemps pour le serrer avec force contre lui, faisant grogner l'humain d'inconfort dans la manœuvre, juste avant qu'un soupir d'aise ne s'échappe de ses lèvres quand la douleur reflua.
Le fils du shérif n'avait aucun besoin de regarder les mains de son amant pour en deviner les veines noircies.
— Je t'ai déjà dit de ne pas utiliser ton pouvoir avec moi…
Le ton n'était pas au reproche, au contraire, sa voix était calme, posée, basse… Il se sentait trop bien pour lutter contre son attention, ne souhaitant que se laisser porter par son amour et sa tendresse. Enveloppé dans sa chaleur et son odeur.
— Notre accord ne valait que si la cause n'était pas surnaturelle… et Paul était clairement surnaturel !
Stiles frissonna contre lui. Il ne voulait pas se souvenir de son bourreau et encore moins de la forme démoniaque que sa folie avait engendrée. Il n'oublierait jamais cette patte griffue levée au-dessus de la gorge de son compagnon. La culpabilité se rappela durement à lui lorsque la pente glissante de ses pensées le ramena à ce qu'il avait dû faire pour l'arrêter. Les larmes de Luna et la peine dans le regard de Ian le hanteraient pour le restant de ses jours. Même si officiellement c'était son père qui l'avait abattu pour le protéger lui, il en porterait à jamais la responsabilité.
— Je l'ai tué !
— Tu m'as sauvé. Ne vois pas ton acte sous le mauvais angle, niño ! Ton kiné était déjà mort, bien avant que tu tires !
Il hocha la tête plus par réflexe que par réelle conviction.
— Viens. Tu as besoin de repos.
Le jeune homme ne lutta pas et se laissa entraîner jusqu'à la salle de bain où son amant entreprit de l'effeuiller non sans faire glisser son regard douloureux sur son corps meurtri. Stiles se sentit rougir sous l'inspection. La honte l'envahit sans qu'il ne comprenne réellement pourquoi, mais Derek refusa de le quitter et s'engouffra avec lui sous le jet malgré ses protestations.
L'eau chaude emporta son embarras dans le siphon à l'instar du sang séché qui maculait encore sa peau. Ses muscles se décontractèrent agréablement sous le massage aquatique et sous les mains savonneuses de son loup qui le firent frémir de la plus délicieuse des façons.
Sans pouvoir se contenir davantage, il enroula ses paumes à sa nuque pour lier leurs lèvres dans un baiser de satin. Leurs corps s'épousèrent, peau contre peau, presque cœur à cœur. La passion et l'urgence prirent possession de l'hyperactif. Il ne souhaitait rien d'autre que de disparaître dans cette étreinte. De renaître dans cet amour. De guérir contre cet être qu'il désirait tant.
— Stiles ! Ce n'est pas une bonne idée…
Son cœur dégringola dans sa poitrine face à ce rejet évident. Ses joues rougirent et ses yeux se voilèrent tandis qu'il s'écartait à regret, tête basse.
Une main ferme et autoritaire le força à relever le visage, l'obligeant à affronter le regard forêt de son compagnon qui l'observait avec une tendresse mêlée de chagrin. Il ne prononça pourtant pas un mot de plus avant de poser à nouveau ses lèvres sur celles de l'humain.
Il les guida ensuite hors de la cabine et s'affaira à sécher l'adolescent avec une douceur indicible.
— Stiles… Je ne te repousse pas. Tu es éprouvé. Fatigué. Blessé. Tu as besoin de repos. Je t'aime et c'est pour cette raison que je ne peux pas me laisser aller. Je ne veux pas te faire mal.
La bouche de l'adolescent s'ouvrit et se ferma à plusieurs reprises sans qu'aucun son n'en sorte. Son odeur avait dû le trahir une fois de plus. Il soupira en secouant la tête, le cœur lourd malgré lui d'être si transparent pour l'ancien alpha. Pourtant, garder ses émotions secrètes ne lui avait rien apporté jusque-là. Peut-être était-il temps pour lui de baisser les armes, de faire tomber son armure et de lui offrir ses blessures et sa fragilité sans retenue.
La bouche de son amant rejoignit la sienne, le faisant sursauter sous le velours délicieux de son amour. Leurs langues se goûtèrent, timidement d'abord puis avec bien plus de gourmandise, étouffant leurs gémissements au creux de leur palais. C'était doux, délicat, suave. Comme un chocolat qui fond sur les papilles. Une couverture chaude au coin du feu un jour de pluie. Apaisant, tendre et réconfortant.
Derek tremblait dans son contrôle. Son désir et sa raison se bataillant la suprématie de son esprit. Tout un programme. Une tentation que Stiles ne se gêna pas de venir attiser tandis qu'il laissait ses mains se perdre sur la peau nue de ce corps qu'il ne rêvait plus qu'honorer à sa façon.
— J'ai besoin de ça… J'ai besoin de toi, de te sentir, de te retrouver. S'il te plait, Fluffy ! Fais-moi me sentir vivant…
Son souffle lascif se logea directement dans l'érection de son amant appuyée contre son bas ventre. Le bêta l'embrassa avec plus de ferveur, faisant naître et crépiter un brasier dans la poitrine de son compagnon. Ils atteignirent le lit en deux temps, trois mouvements, emplissant la chambre de gémissements impatients et désordonnés.
— Ton père…
— Au poste pour plusieurs heures encore… Tais-toi et embrasse-moi !
L'ancien alpha ne se fit pas prier. Stiles avait raison. Lui aussi en avait besoin.
Ils s'unirent avec douceur et volupté, heureux de s'envoler à nouveau vers des contrées qu'ils ne se lasseraient jamais d'explorer.
Épuisé de corps et d'esprit, l'humain avait glissé dans le sommeil peu de temps après que l'orgasme ne l'eut fauché en plein vol. Derek s'était lové contre lui et avait veillé sur son repos en caressant distraitement ses mèches désordonnées sans jamais cesser de le couver du regard, absorbant sa souffrance en continu jusqu'à ne plus être capable de le soulager davantage.
Il serrait les dents pour ne pas grogner de douleur quand quelques coups timides furent frappés à la porte de la maison. Tendant l'oreille, il reconnut sans mal ses visiteurs.
— C'est ouvert !
Un simple murmure qui serait parfaitement audible pour les loups de la meute. De fait, il entendit les adolescents investirent le salon et se força à s'extirper le plus délicatement possible du lit.
Il s'habilla prestement avant de se saisir d'une tenue pour son humain endormi. Quelque chose d'ample et de confortable à l'instar des vêtements qu'il lui avait choisis après leur étreinte passionnée dans la forêt qui avait conduit le garçon aux portes de l'hypothermie.
Il s'offrit un rapide passage dans la salle de bain pour récupérer les analgésiques de son compagnon et déposa le tout, accompagné d'un vers d'eau, sur le chevet de ce dernier.
À contrecœur, il caressa la joue de son amant pour le réveiller en douceur. Un sourire souleva ses lèvres lorsque son cher et tendre se mit à gigoter tout en papillonnant des paupières de la plus adorable des façons.
— Nous avons de la visite, mon amour !
L'adolescent s'étira avec une légère grimace avant de lui offrir une moue attendrie.
— Je ne me fais toujours pas à ce surnom.
— Il faudra bien que tu t'y habitues parce que je compte bien l'employer tous les jours.
Ils échangèrent un sourire et un baiser, seul dans leur bulle hors du monde.
— La meute est arrivée. J'ai préparé ta tenue. N'oublie pas ton comprimé. Et si tu es trop fatigué pour nous rejoindre, personne ne t'en voudra. Prends ton temps. Toi d'abord ! D'accord ?
Le rire cristallin de l'hyperactif lui répondit avant qu'un nouveau baiser ne se pose sur sa joue.
— Arrête de me couver comme ça ! Je vais… Enfin, je veux dire ! Je ne suis pas en sucre. Voir tout le monde me fait plaisir ! Allez, file mon loup. J'arrive dans deux minutes.
Le lycanthrope n'avait aucune envie d'abandonner l'humain ne serait-ce qu'une minute, pourtant il se résigna à lui offrir quelques secondes de solitude en le précédant au rez-de-chaussée.
Dans le salon, de petits groupes s'étaient créés. Maxime, Luna et même Danny. Il ne manquait personne.
Les conversations allaient bon train autour de la table de la salle à manger envahie de cartons de pizza.
Son estomac se rappela bruyamment à lui et il ne se fit pas prier pour voler une part. L'inquiétude lui avait coupé l'appétit si bien qu'il n'avait rien pu avaler durant les dernières vingt-quatre heures. Il aurait pu gémir de bonheur lorsque la nourriture entra en contact avec ses papilles.
— Comment va-t-il ?
— Si tu lui demandes, il te répondra qu'il va bien.
La remarque fit sourire le meilleur ami de l'humain.
— Plus sérieusement, il a échappé au pire. Carter s'est contenté de jouer avec lui comme un chat avec une souris, mais aucune blessure sévère n'est à déplorer. D'après ta mère, c'est surtout le contrecoup psychologique qu'il faudra surveiller.
Cette fois, l'alpha arbora une mine grave et douloureuse avant que son corps tout entier ne se redresse et ne se tende tel un papillon attiré par une flamme. Suivant la direction de son regard, son bêta croisa celui de son amant.
Stiles était là, un sourire lumineux aux lèvres comme si rien ne lui était arrivé. Son visage et ses bras meurtris comme seuls stigmates de sa mésaventure.
— J'ignorais qu'il y avait une petite fête… Oh merde !
Derek se crispa face à l'expression horrifiée de son compagnon qui fonçait droit sur lui.
— Ton entretien ? Comment ça s'est passé ? Tu as le job ?
Un soupir de soulagement échappa au loup de naissance. Passer du coq à l'âne… c'était tout Stiles !
— Je prends officiellement le poste début août.
Des félicitations fusèrent autour d'eux, preuve que le couple s'était retrouvé sans le vouloir au centre de l'attention. Gêné, mais surtout amusé, l'hyperactif s'esclaffa, avant de grogner en portant la main à ses côtes.
— Eh ! Viens t'assoir.
— C'est bon. T'en fais pas, mon Fluffy. Il faut juste que j'évite de rire, ça tire sur mes points, mais… je vais bien ! Tu te souviens ?
Derek se mordit la joue pour ne pas exprimer davantage sa perplexité et son inquiétude. Comme pour le récompenser, le lycéen se hissa sur la pointe des pieds pour déposer un rapide baiser sur ses lèvres, les siennes étant parées d'un sourire des plus désarmants.
Il discuta quelques minutes avec Scott, acceptant son embrassade amicale avec un plaisir évident avant de s'avancer plus timidement en direction des deux Carter, installés un peu plus loin. Danny s'éloigna en l'apercevant, préférant rejoindre Isaac, Lydia et Allison pour leur laisser un semblant d'intimité.
L'hyperactif se gratta la joue nerveusement avant de se lancer.
— Luna, écoute. Pour ton père…
L'étreinte légère de la jeune femme le prit clairement au dépourvu et il la serra en retour avec un temps de retard.
— Je t'interdis de t'excuser, Stiles ! Si quelqu'un doit le faire, c'est moi ! Je suis désolée de t'avoir livré à lui. De l'avoir laissé te torturer sans l'en empêcher ! J'aurais dû comprendre qu'il était perdu depuis longtemps, lui tenir tête. Faire ce qui était juste.
— Tu voulais le sauver. Nous sauver. Lui et moi. Tu n'es pas comme eux. C'est l'amour qui a guidé chacun de tes actes, Luna !
Stiles hocha la tête pour donner plus de poids aux mots de Maxime. Ce dernier semblait soucieux de rassurer sa sœur. Elle leur offrit un timide sourire qui n'atteignit pas ses grands yeux bleus assombris par la tristesse et la culpabilité.
— Quoi qu'il en soit, tu n'es pas responsable, Stiles ! Mon père a été dévoré par son loup depuis des années. J'aurais aimé m'en rendre compte bien avant. Mais je ne suis pas seule. J'ai Maxou… et Ian quand il sera libéré !
— Vous avez des nouvelles ?
— Ton père a tout fait pour lui donner des circonstances atténuantes et Graham a plaidé en sa faveur, mais il sera inculpé pour entrave à l'enquête.
Le fils du shérif fronça des sourcils face aux explications de son ami. Il avait beau fouiller dans sa mémoire, le nom qu'il venait d'entendre ne lui évoquait rien.
— Graham ?
— Un alpha fédéral.
Il sursauta lorsque la voix forte et claire de son père s'éleva juste derrière lui.
— Je viens de le quitter, il m'aide à constituer un dossier solide et inattaquable. Rafaël n'est pas ravi de se faire évincer, d'ailleurs ! Comment tu te sens, kiddo ?
Il attrapa son garnement par les épaules pour le scruter méticuleusement, cherchant le mensonge au fond de ses prunelles d'ambre. Depuis qu'il l'avait secouru à la scierie, il n'avait pas eu l'occasion de s'assurer de sa bonne santé.
— Je crois que je vais devenir dingue si on me pose la question une fois de plus. Je vais bien ! Vraiment !
L'hyperactif défia le regard de son père et de son amant qui s'approchait d'eux, une bière à la main. Noah ne put que sourire face à l'insolence de son enfant et remercia le petit-ami de celui-ci lorsqu'il lui tendit la boisson fraîche. Enfin, attiré par la délicieuse odeur de la nourriture, le shérif s'éloigna non sans garder un œil sur son fils.
Derek plaça une part de pizza devant les lèvres de l'humain, tout en dardant sur lui de grands yeux sévères ne souffrant aucune réplique. L'adolescent abdiqua sans lutter, ouvrant la bouche pour le laisser lui donner la becquée. Il grignota d'abord sans réel appétit avant que celui-ci ne se réveille et qu'il n'enfourne sa pitance sans demander son reste.
Il réalisa qu'il se donnait en spectacle en croisant le regard amusé de son ami et de sa sœur. Il haussa les épaules sans s'en préoccuper quand une autre question s'empara de son esprit.
— Comment ça va se passer pour vous, sans adulte pour s'occuper de vous ?
— Ton père a intercédé en leur faveur, tout comme il l'avait fait pour Laura et moi à l'époque.
Stiles jeta un coup d'œil étonné vers son compagnon qui se sentit obligé de préciser son explication.
— C'est moi qui lui ai soufflé l'idée.
— Merci, Derek ! Tu seras heureux d'apprendre que je ne tournerai plus autour de ton mec ! Quand mon père sera relâché — très vite, j'espère — nous partirons en Arizona.
Stiles faillit s'étouffer avec sa nourriture, réveillant la douleur dans sa cage thoracique. Il geignit en se tenant les flanc sous les regards soucieux de ses proches. Le loup de naissance caressa doucement son dos tout en absorbant sa douleur avant de répondre à la provocation de Maxime.
— Je sais que ce qu'il y a eu entre Stiles et toi est de l'histoire ancienne. Si c'est pour ça que tu pars, je…
— Attendez ! Quoi ? Stiles et Maxou ? C'est quoi l'histoire ?
Max offrit une grimace comique à sa sœur. Il préféra se dérober à son regard inquisiteur pour répondre à son ancien rival.
— Rien à voir avec Stiles, mais Luna étant une alpha maintenant, nous avons pensé que ce serait mieux pour tout le monde que nous rentrions chez nous. Scott ne va pas apprécier longtemps que nous restions sur son territoire. D'ailleurs… Nous étions tous persuadés que c'était toi l'alpha !
Derek souffla un rire face à l'aveu. Attiré par son prénom, le fils de Mélissa les rejoignit en compagnie d'Allison.
Stiles observait la conversation sans vraiment y participer contrairement à son habitude. Les médicaments avaient enveloppé son esprit dans un brouillard chaud qui l'empêchait de réfléchir normalement. Pourtant il était bien là, entouré par tous ses amis. Sa famille. Sa meute…
Son regard dévia sur ses amis installés un peu plus loin. Isaac semblait en pleine conversation avec Danny tandis que Lydia se laissait aller aux caresses du louveteau dans ses cheveux, assise sur ses genoux, la tête posée contre son torse. La réserve qu'elle s'imposait en public était définitivement de l'histoire ancienne. Leurs yeux se croisèrent et ils échangèrent un sourire avant que l'humain ne se concentre à nouveau sur la discussion qui s'était poursuivie autour de lui.
— Je te dirais bien que tu es la bienvenue dans ma meute, mais… tu as déjà la tienne.
Avec un air complice, Scott tapota l'épaule de Maxime qui s'insurgea.
— Tu délires, McCall ! Au cas où tu l'aurais oublié, je suis humain !
— Et alors ? s'amusa le jeune alpha. Stiles a été le premier à faire partie de ma meute. Allison est humaine aussi malgré ses prouesses à l'arc. Et Lydia… n'est pas une louve non plus !
Les préjugés inculqués par leurs parents avaient laissé des traces sur les deux Carter. Être épaulé et aiguillé par d'autres loups, mais également par Deaton ne serait pas un luxe. Au terme d'un long échange, ils acceptèrent de rester à Beacon Hills, au soulagement de tous.
Rassuré quant aux projets de son ami et de sa sœur, Stiles s'échappa discrètement en direction de la table. C'était sans compter sur son bien-aimé qui lui emboîta aussitôt le pas. Il se blottit contre son torse tout en attrapant une autre part de pizza et sourit en y découvrant de petits morceaux d'ananas… Si Isaac voyait ça, il aurait droit à un sermon en règle. Il souffla un rire avant d'y croquer à pleines dents.
