Chapitre 102 : Not Just a Dream

Un hurlement troubla le silence de la nuit, sortant Stiles en sursaut de son sommeil. Il se redressa violemment en position assise dans son lit, le souffle court et le corps recouvert d'une fine pellicule de transpiration. Haletant, hagard, il mit quelques secondes avant de réaliser que c'était son propre cri qui l'avait réveillé. Il ferma les yeux tandis que sa lampe de chevet s'allumait et que deux bras puissants ne l'enferment dans un cocon réconfortant. Il se laissa bercer et aller aux caresses de son amant, s'apaisant au rythme de sa voix calme lui susurrant des mots doux. Il se cala sur les battements réguliers de son cœur et s'enveloppa dans sa chaleur et son odeur.

Comme prédit par Mélissa, les souvenirs n'avaient pas tardé à se rappeler durement à lui, le submergeant, le noyant. Les réminiscences se superposaient à sa réalité, l'embourbant dans son cauchemar jour comme nuit, le paralysant de peur et de douleur. Heureusement, l'infirmière avait tenu sa promesse et s'était montrée présente pour lui. Une oreille attentive à laquelle il s'était confié sans filtre ni barrière, exorcisant son démon par la parole, s'obligeant à s'approprier son ressenti, ses émotions, ses regrets et ses craintes.

Il n'était pas seul. Jamais. Entouré de ses amis, sa famille, son compagnon. Il s'était résolu à affronter sans se laisser abattre, se confrontant à son traumatisme comme il aurait dû le faire après le décès de sa mère. Rapidement, les mauvais rêves et les hallucinations s'étaient espacés et les crises devenaient au fil des jours moins longues et moins violentes.

Parler lui faisait réellement du bien. Il n'avait plus été si brutalement arraché des bras de Morphée depuis trois nuits et décida d'y voir une victoire plutôt qu'un échec.

— C'est passé ?

Il hocha la tête en réponse. Derek s'était montré incroyablement doux, tendre et patient. Jamais il ne s'était plaint de ses réveils nocturnes, l'entourant de son amour pour l'aider à se calmer.

Le bêta les entraîna à nouveau sur le matelas, obligeant son compagnon à se rallonger contre lui, mais ce dernier n'aurait de toute manière rien fait pour se dérober à son autorité, se lovant au contraire plus étroitement contre son torse, s'enroulant à lui, s'accrochant à ses bras comme s'ils étaient une ancre l'empêchant de sombrer. Expirant un soupir de contentement, l'adolescent posa son oreille contre le cœur de son adoré avant de redessiner son tatouage distraitement de la pulpe de l'index.

— Essaie de dormir, niño !

— J'essaie.

En réponse, les doigts de Derek se faufilèrent entre ses mèches avec lesquelles il joua paresseusement, faisant presque ronronner de plaisir le fils du shérif. Les brumes du sommeil l'enveloppèrent rapidement si bien qu'il s'endormit sans même s'en rendre compte.

Malgré sa porte close — une des améliorations notables des dernières semaines, son père ayant enfin pleinement accepté sa relation avec Derek — il perçut très nettement les pas de l'homme résonner dans l'escalier. Il papillonna des paupières en se blottissant un peu plus contre le corps de son compagnon toujours assoupi. Il observa d'un œil absent les rayons du soleil de juin s'infiltrer par sa fenêtre et savoura simplement le bonheur indicible d'être dans les bras accueillants et musclés de son amant.

Le couple avait décidé de reprendre le rythme qui avait marqué les précédentes vacances, aussi organisaient-ils leurs nuits entre le loft et la maison du shérif afin de ne léser ni le quadragénaire ni Isaac. L'appartement de l'ancien alpha s'était révélé totalement dépourvu de micro, caméra ou autres installations d'autant plus dangereuses. Luna le leur avait assuré. Ils avaient abandonné leur tanière pour rien, mais comment le regretter ? Le simulacre de vie commune, qu'ils avaient partagé durant les dernières semaines, les avait rapprochés plus que jamais.

— Petit-déjeuner ?

La voix du loup l'extirpa de sa contemplation du vide. Il souda son regard à celui du bêta avant de faire de même avec leurs lèvres qui s'épousèrent dans un baiser doux et paisible.

— Je t'ai réveillé ?

— J'adore quand tu gigotes, mais oui… ça a tendance à me sortir du sommeil. Tu as envoyé un message à Mélissa ?

Il pouvait compter sur Derek pour l'épauler. De fait, il avait complètement oublié et se hâta d'attraper son tout nouveau téléphone pour la contacter.

Ils s'embrassèrent un long moment, communiquant leur amour dans un langage silencieux avant de se décider à se lever pour rejoindre directement le shérif à la table du petit-déjeuner. La douche attendrait.

Lorsqu'ils pénétrèrent dans la cuisine, Noah, qui lisait jusque là le journal devant son café, sursauta violemment, comme pris en faute. Dans sa précipitation, il renversa sa boisson et se redressa promptement de son siège pour ne pas salir son uniforme, abandonnant la cause de son dérapage sur le plan de travail.

La raison de son trouble, Stiles la connaissait. Les premiers jours, la panique le paralysait dès qu'il avait croisé les gros titres de la presse. Cette fois n'y fit pas exception.

Il sentit ses muscles se tétaniser et son souffle le fuir et se força à se concentrer sur la présence, la chaleur et l'odeur de Derek qui l'avait étreint au premier signe d'angoisse. En moins d'une minute, il avait retrouvé sa sérénité et, même si sa respiration désordonnée trahissait la bataille qu'il venait de mener, il était plus que fier de la rapidité avec laquelle il avait repris le contrôle.

Un sourire sur ses lèvres, il embrassa son compagnon pour le rassurer avant de s'asseoir à sa place. Derek l'imita après avoir versé du café dans deux mugs dépareillés et rempli le bol de son amant de ses céréales préférées.

Il s'estimait capable de faire face, d'affronter à bras le corps son problème. Paul n'aurait plus jamais d'emprise sur lui. Même dans l'au-delà, il refusait de lui donner cette satisfaction.

Il esquissa un geste pour se saisir du quotidien avant que son père ne le dérobe à lui avec une œillade sévère. Comme pour lui prêter main-forte, le bêta se sentit obligé d'intervenir.

— Je ne pense pas que ce soit une bonne idée, niño. Tu dois te ménager et…

— Mélissa a dit que je devais le faire quand je serai prêt… et je le suis, Derek !

Un léger silence lui répondit durant lequel les deux hommes échangèrent un regard empli de doute qui provoqua un soupir las à l'adolescent.

— Écoutez ! Je comprends que vous soyez frileux et je vous remercie vraiment de tout faire pour que je me remette, d'être là et de m'aider ! Mais il va aussi falloir que vous appreniez à me faire confiance. Je ne suis pas en sucre et je ne vais pas supporter d'être traité comme un enfant incapable de prendre ses propres décisions très longtemps. Je le ferai avec ou sans votre approbation même si je dois me cacher pour lire ce foutu journal, mais je pense que vous préférez être près de moi au cas où je n'arrive pas à gérer et… moi aussi, je serais rassuré de vous savoir à proximité. Alors maintenant, à vous de choisir. Soit de me materner — d'ailleurs, ce terme est totalement sexiste, paterner serait bien plus adéquat dans le cas présent — soit vous faites équipe avec moi.

Son laïus sembla porter ses fruits puisque, quelques secondes plus tard, il tenait le canard entre ses doigts légèrement tremblants. Derek posa ensuite sa main large et chaude sur sa cuisse pour lui communiquer son soutien avant de se lancer dans une conversation quelconque avec le quadragénaire.

Après une grande inspiration pour se donner du courage, le lycéen se plongea dans sa lecture.

BEACON HILLS DAILY NEWS

PRISE D'OTAGE À LA SCIERIE

Trois semaines après, que faut-il retenir ?

Lorsque notre équipe d'investigation a été alertée des événements survenus dans l'ancienne scierie de Beacon Hills, nous nous attendions ni plus ni moins à un remake sanglant de « massacre à la tronçonneuse* ». C'est pourtant une fin heureuse qui aura conclu cette étrange histoire dont les prémices ont vu le jour près de 20 ans plus tôt !

Tout commence à l'université de Phoenix, Arizona. Alors élève de première année, Paul Carter est décrit par ses camarades de promotion comme quelqu'un de calme, souriant et sympathique. Personne n'aurait pu soupçonner le trouble mental qui habitait déjà l'étudiant en psychologie.

La croyance populaire disant que les psys sont souvent plus fous que leur patient prend tout son sens avec cet homme insaisissable qui aura réussi à se jouer des forces de l'ordre pendant deux décennies. À l'origine de sa démence meurtrière, une femme : Esther Everfool.

L'amour peut faire faire des folies. Mais aucune d'elle n'égalera jamais celle de Paul Carter. Non content que sa proie lui résiste, il se serait, d'après nos sources, vengé, le jour de son anniversaire, en assassinant toute sa famille.

À Spring Falls, où nous nous sommes rendus, personne n'a oublié le drame qui a défrayé la petite ville lors d'une nuit de nouvelle lune. Le bain de sang, surnommé « le massacre de Neverfull » par nos confrères de l'époque, est encore bien présent dans les esprits et demeure à ce jour la tuerie la plus sinistre et mystérieuse ayant secoué l'état du Grand Canyon.

Nous méconnaissons les détails macabres qui ont marqué les années suivantes. Esther Everfool sera restée sous le joug de son bourreau. Par quels moyens de pression ? Nous l'ignorons, mais une seule certitude nous glace d'effroi, elle aura donné à son ravisseur deux descendants avant de trouver à son tour la mort dans des circonstances encore troubles. Paul Carter aura emporté dans la tombe le secret de l'emplacement où son corps a été enfoui.

Maxime et Luna Carter — qui refusent malheureusement de répondre à nos questions — ont sans doute aucun, eu une enfance des plus sombres et des plus sinistres.

Le frère aîné de Paul — Ian — aurait profité de l'agitation succédant le décès d'Esther pour fuir la folie de son cadet, avec le fils de ce dernier qu'il aurait, d'après nos sources, élevé toute sa vie comme s'il était le sien.

Après plusieurs mois d'errance, très certainement pour brouiller sa trace, Ian atterrit à Beacon Hills, attirant par ce fait le tueur multirécidiviste dans cette petite ville jusque là paisible.

Paul Carter se fait alors embaucher à l'hôpital du comté en tant que kinésithérapeute, cursus qu'il aurait suivi après avoir décroché son diplôme de psychiatrie.

Là encore, ses collègues sont unanimes. Aucun de ses confrères n'aurait pu soupçonner les secrets obscurs et inavouables de cet homme souriant et charismatique.

C'est dans la clinique que le psychopathe rencontre sa nouvelle victime : une infirmière dont nous ignorons le nom. Les détails de leur relation nous sont entièrement nébuleux. Ce que nous pouvons deviner, néanmoins, c'est qu'une fois encore, Paul Carter aura usé de son don de persuasions pour contrôler sa proie, allant même jusqu'à répandre une épidémie dans l'enceinte du lycée, heureusement sans gravité.

Par chance, le flair du shérif Stilinski est particulièrement affûté. Il remonte la piste de son suspect d'une main de maître en collaboration avec un confrère du FBI et avec l'aide inespéré de Ian Carter. Acculé, Paul Carter, kidnappe le fils de son rival, son aîné ainsi que la mystérieuse soignante qui aura attiré sur elle son attention malsaine.

L'aventure rocambolesque se termine dans la scierie désaffectée de la petite ville où Paul Carter avait trouvé refuge où il se fait abattre par le digne représentant de la loi et de la justice. Aucune victime n'est à déplorer si ce n'est les complices de ce personnage aux deux visages : l'agent de sécurité du laboratoire de Hill Valley et deux hommes de main, dont un faussaire réputé.

Ne manquez pas notre dossier spécial sur l'effraction du Laboratoire de Hill Valley et l'épidémie de grippe du lycée de Beacon Hills page 3

Pour plus d'information sur « le massacre de Neverfull », rendez-vous page 7

Retrouvez l'interview exclusive de l'agent McCall page 9

Stiles resta quelques secondes à attendre que quelque chose se produise, mais rien ! Pas de crise de panique. Pas de flash. Pas de perte de contrôle.

Il souffla de soulagement avant de repenser à sa lecture.

Graham et son père avaient fait du bon boulot. Ils avaient réussi le tour de force de remanier les faits au détriment de Paul qui devait porter la responsabilité de crimes qu'il n'avait pas commis. Trois affaires résolues en une seule.

Pour les enfants Carter, rien n'était simple. La presse qui s'acharnait sur eux, les regards pesants des passants, l'incarcération de Ian. Luna avait payé la caution de son oncle, mais il était assigné à domicile en attente de son procès tant et si bien que le frère et la sœur avaient renoncé à quitter la ville le temps que les esprits se calment.

Il reposa la gazette puis referma sa main sur celle de son compagnon toujours de sa cuisse avant d'enfourner sa première cuillère de céréale.

Une double vibration dans sa poche le coupa dans son repas matinal.

— C'est Mélissa. Elle est de poste d'après-midi, mais me donne rendez-vous chez elle vers onze heures. Scott en profite pour nous proposer une session jeux vidéo avec Isaac, Danny et Max pendant que les filles s'offrent une virée shopping.

Noah afficha un sourire goguenard auquel son futur gendre répondit par un soupir résigné. Quelques jours plus tôt, il s'était confié au quadragénaire sur ses piètres performances avec une manette entre les mains, mais pour faire plaisir à Stiles, il l'accompagnerait. Il trouverait bien un moment pour s'éclipser et faire un peu de musculation.

Le petit-déjeuner se poursuivit dans une ambiance plus légère jusqu'à ce que le shérif se lève, les salue et les quitte pour se rendre au bureau. Sa voiture s'éloignait à peine dans l'allée que Stiles déposait son bol vide dans l'évier. Il aimanta ses iris à ceux de son amant avant de décréter qu'il avait besoin d'une bonne douche.

Le message était on ne peut plus clair. Le bêta n'aurait refusé l'invitation pour rien au monde. Il ne se fit donc pas prier pour le rejoindre sous le jet d'eau chaude.

De tous les endroits où ils avaient eu l'occasion de s'aimer, celui-ci était sans conteste leur préféré. Enveloppés par les brumes vaporeuses, dans la tiédeur aquatique, les baisers se transformèrent en brasier. Leurs corps nus s'imbriquant l'un à l'autre sans entrave ni barrière, se caressant, ondulant dans l'onde.

Tout n'était que passion et volupté. Leurs gémissements se mêlaient au clapotis de la cascade massant leurs épidermes.

Les contusions les plus légères avaient déjà disparu de la peau de l'humain. De la torture que Paul lui avait fait subir ne restait que quelques vestiges discrets que Derek se donna pour mission d'embrasser un à un. C'était un pansement sur ses blessures qu'il recouvrait de son amour comme s'il avait souhaité les effacer du bout de ses lèvres.

Il traça un chemin de baisers enflammés jusqu'à atteindre l'objet de tous ses désirs qu'il n'hésita pas à dévorer sans plus de sommation. C'était l'étincelle qu'il manquait pour mettre le feu aux poudres, prémices d'un feu d'artifice des plus grandioses.

Stiles se cambra de surprise et de plaisir, s'agrippant aux cheveux de son homme pour ne pas sombrer dans l'extase. La tête rejetée en arrière, les yeux à demi clos, il était une ode à la luxure. Déjà, l'orgasme grondait au creux de ses reins comme un volcan prêt à entrer en éruption, rendant sa voix plus éraillée, plus profonde.

— Merde ! C'est trop bon ! Derek…

Ses intonations lascives finirent d'électriser les sens du bêta qui s'en délecta comme de la plus douce des friandises.

Ses mains se joignirent à la danse, l'une d'elles agaçant les bourses sensibles du garçon tandis que la deuxième s'égarait entre ses fesses pour venir en titiller l'antre aux merveilles.

L'hyperactif n'était plus que gémissement tandis que, seconde après seconde, il perdait un peu plus pied. Au bord du gouffre, il rassembla son souffle court pour stopper son compagnon. Consumé par le désir, il n'aurait pour rien au monde souhaité s'envoler seul vers le firmament.

— Prends-moi, Derek ! J'ai envie de toi. Maintenant…

Après une dernière taquinerie sur l'érection de son humain, l'ancien alpha se hissa sur ses jambes pour l'embrasser avec urgence et déraison. Leurs langues se caressèrent un long moment tandis que leurs bassins se mouvaient dans une danse emportée et impatiente.

— Derek !

C'était un grondement, un avertissement, un ordre implicite et en même temps des plus explicites. Le bêta secoua la tête.

— Si tu veux quelque chose, viens le chercher, niño !

Son souffle rauque échauffa le sang du lycéen, recouvrant sa peau d'un frisson incroyable.

Depuis leur week-end à la maison bleue, ils n'avaient plus retenté l'expérience. Tremblant d'envie, l'hyperactif ne se fit pas prier et se laissa tomber à genou pour, à son tour, s'occuper de son amant.

Totalement dévoué, simple serviteur de son désir, il s'évertua à faire perdre la raison au loup, le faire chavirer, le cajoler, l'aimer…

Il ne se lassait pas de sentir Derek s'enfouir au plus profond de lui, y prenant chaque fois un plaisir indicible, mais se faufiler dans sa chaleur était d'autant plus délicieux.

Il ne se lassait pas de le sentir frémir sous ses coups de bassin, être celui qui faisait rendre les armes à cette incarnation de virilité et de puissance.

Son membre se gorgea un peu plus de sang à cette simple perspective et il grimaça en plaquant la paume sur son érection. Les grognements luxurieux que le loup laissait échapper ne l'aidaient en rien. Il fallait qu'il se calme s'il ne voulait pas que la fête s'achève avant d'avoir commencé.

Vraisemblablement dans le même état que lui, l'architecte tira sur ses mèches pour s'approprier sa bouche, la profanant sans scrupule pour mêler leur souffle et leurs plaintes d'extase.

Puis, sans permettre à Stiles de reprendre ses esprits, il se retourna pour mieux s'appuyer à la faïence, tendant ses fesses fermes et musclées dans sa direction comme une offrande.

Cette vision était tellement bandante que l'adolescent dut fermer les yeux quelques secondes pour ne pas jouir sur-le-champ. Les mains tremblantes, il obtempéra pourtant à l'ordre silencieux. Une paume sur la hanche de son partenaire, l'autre guidant son membre, il glissa dans la chaleur envoûtante de son adoré en ronronnant voluptueusement.

Le bêta hoqueta sous l'intrusion, le souffle court et le cœur en cavale, ensorcelé par la sensation d'être comblé littéralement comme métaphoriquement. Il aimait se sentir ainsi entier. Stiles était un fragment de son âme qui retrouvait enfin sa place lorsqu'il le revendiquait charnellement. Il ne s'en lasserait jamais. Ce qui ne l'empêcha pas de grogner son mécontentement quand l'hyperactif s'immobilisa. Celui-ci expira un rire avant de lui mordre l'épaule.

— Accorde-moi juste deux secondes, mon loup !

L'ancien alpha n'était pas de cet avis. Il glissa un de ses bras derrière lui pour attraper la nuque de son amant et tourna la tête pour unir leurs lèvres puis balança ses hanches d'avant en arrière, s'empalant lui même sur le désir du jeune homme qui crut défaillir instantanément.

L'air crépita autour d'eux tandis que leurs mouvements se faisaient plus précipités, plus désordonnés, les entraînant aux portes du paradis. Ils firent tout leur possible pour retarder le moment de les franchir, retenant l'orgasme qui enflait dans leurs corps échauffés.

Fort de ses recherches, Stiles incita son compagnon à modifier la cambrure de son dos afin de mieux atteindre sa cible. L'ancien alpha ne put contenir plus longtemps ses plaintes d'extase, des étoiles plein les yeux et l'âme. Il quémanda toujours plus, plus vite, plus fort, encore et encore. Le lycéen ne se fit pas prier pour accéder à sa requête, frappant sans pitié cette zone particulièrement érogène qui faisait décoller son aimé.

La jouissance le faucha sans qu'il ne puisse la retenir si bien qu'il se déversa dans la moiteur de son compagnon. Son sang n'était plus que lave en fusion, pourtant il se força à reprendre ses coups de reins pour satisfaire son partenaire à son tour emprisonnant sa hampe dans son poing pour le branler au rythme de sa danse hypnotique. Il passa son pouce sur le gland sensible du lycanthrope qui ne put contenir l'ouragan davantage, se laissant emporter vers un firmament grandiose et décadent. Ses muscles se resserrèrent autour du membre de son amant tandis que son extase jaillissait en longs jets chauds qui éclaboussèrent la faïence avant d'être balayés par l'eau qui cascadait toujours sur eux.

Chose improbable, mais pourtant bien réelle, la vision de son loup en plein orgasme raviva l'érection de l'adolescent qui n'avait pas eu le temps de retomber. Il était plus que partant pour un nouveau voyage dans les étoiles.

Il était dix heures passées quand ils sortirent enfin la salle de bain, plus comblés que jamais.

Stiles s'habilla sans quitter l'homme de sa vie des yeux. Il était heureux et peinait encore à croire que ce qu'il vivait avec lui n'était pas simplement un rêve.

Son regard bifurqua jusqu'à sa bibliothèque, faisant s'agrandir son sourire. Avant de se débarrasser de son vieux téléphone, il avait fait le tri dans ses photos et était retombé sur une d'eux les immortalisant lors de leur virée à Los Angeles. Il n'avait pas résisté à l'envie de l'imprimer et ne le regrettait pas. Elle était sublime. À ses côtés, un autre cliché de ses parents et lui. Un des ultimes moments joyeux qui avait précédé la folie de sa mère.

Une douce chaleur l'envahit en songeant à sa maman disparue. Il avait trouvé la paix la concernant. Il n'était plus un petit garçon égaré. Elle l'avait aimé de toutes ses forces jusqu'à son dernier souffle, aucune maladie de lui arracherait ça.

— Stiles ? Une balade avant d'aller chez Scott, ça te tente ?

Au ton inquiet de son loup, il lui fut évident qu'il s'était encore perdu dans ses pensées et dans son monde pendant quelques secondes. Il acquiesça avec un sourire. Son cœur s'emballa. Il planta ses iris miel dans ceux couleur forêt.

— Derek… Tu accepterais de… de m'appeler par mon prénom ? Ou… ou juste Mieczy si tu préfères. Je…

L'homme le fit taire d'un rapide baiser avant de rétablir le contact visuel, une main sur son menton, front contre front.

— Tu aimerais ?

Cette fois, une bulle de chaleur éclata dans la poitrine de l'humain. Il n'avait jamais autant été sûr de sa décision. Il hocha vivement la tête, incapable du moindre mot, provoquant un sourire étincelant à son compagnon.

— Tout ce que tu voudras, Mieczyslaw, mais sache que pour moi, tu seras à jamais mon niño !

— Alors, embrasse-moi, Fluffy et aime-moi…

Il l'entraîna vers le lit en le tirant pas le bras, reportant tacitement la balade.

— Encore ?

— Toujours ! s'amusa l'adolescent avant de fondre sur ses lèvres.

oOo

*Massacre à la tronçonneuse :Film de Tobe Hooper (1973) maintes fois repris.