Bonsoir à tous! Chapitre légèrement en retard, mais on tient le rythme!
Bonne lecture! :)
Chapitre 52 : Mise à jour.
Hijikata s'étira de toute sa hauteur, avant de soudainement le regretter à cause de la douleur lui provoquant une sensation de déchirement sur les côtés. Il serra les dents, avant de se reprendre.
Il n'avait pas dormi de la nuit, et le temps où il avait été inconscient la veille lui semblait déjà bien loin.
Les membres des deux polices spéciales avaient travaillé toute la nuit, passant au crible chaque endroit mentionné sur la carte qui avait été fournie par les Yorozuya, et qui eux-mêmes l'avaient eue par le complice de Kemono. Et au fur et a mesure que la nuit passait, ils avaient dû bien se rendre à l'évidence que cette dernière avait déjà bien fait le ménage. Sur tous les emplacements mentionnés, seulement deux ou trois avaient encore en leur sein un des terribles engins. La brigade spéciale des démineurs avait alors été appelée, pour désamorcer chaque bombe, tout en prenant en compte la possibilité qu'une cartouche de poison pouvait s'y trouver.
Malgré quelques protestations au départ, le Mimawarigumi avait fourni autant d'efforts que le Shinsengumi, et les (demi-)frères Sasaki avaient même pu se revoir quelques précieuses minutes, même si peu de mots avaient été échangés sur l'instant. En vérité, le Commandant du Mimawarigumi s'était contenté d'envoyer un seul email à son demi-frère, bien que celui-ci ne se tienne qu'à quelques mètres de lui.
«Je n'ai que faire des situations compliquées, et ce n'est clairement pas le moment pour s'épancher sur des problèmes familiaux. Travaille bien. Sabu-chan ».
Le représentant de l'élite avait gardé un visage impassible tout du long, et une attitude toujours hautaine et distante. Mais ne recevoir qu'un email, même court et évasif, était déjà un progrès en soi entre les deux individus. Ils s'étaient ensuite quittés dans le même silence qui les avait réunis ce bref instant, sous le regard calme d'Hijikata.
Ce dernier avait observé de loin, sans intervenir, car se doutant de la délicatesse de la situation au sein de la fratrie. Situation qui lui était étrangère, mais qui était également enviable aux yeux du Vice-Commandant. Il repensa un court instant à son propre demi-frère avec lequel il n'avait jamais eu pareille occasion, et fronça un peu les sourcils.
Il valait mieux faire certaines choses sans attendre, avant qu'il ne soit trop tard. Tout ce qu'il fallait, n'était parfois pas plus compliqué que de faire le premier pas vers l'autre, en essayant de le comprendre.
Sortant son portable de la poche intérieure de sa veste, il vit qu'il était presque sept heures du matin, et dû à nouveau réprimer un bâillement. Il allait devoir rapidement faire le plein de caféine et de nicotine, s'il voulait enchaîner sur une nouvelle journée sans se reposer.
Il croisa plusieurs employés de la station de télé qui se préparaient déjà à filmer les infos du matin, et s'amusa même à scruter les différents présentateurs et reporters sur son chemin, essayant de se rappeler lesquels il avait déjà pu voir sur la télé du réfectoire de la base. Étant un organe de la hiérarchie officielle, ils recevaient toujours des informations de première main de la part des services de renseignement. Aussi, ce n'était que très rarement qu'Hijikata ou même Kondo regardaient les informations à la télé.
Ils avaient enfin désamorcé le dernier engin piégé, qui avait été dissimulé au sein de la station de télévision et l'espace d'un instant, le Vice-Commandant s'était senti soulagé, débarrassé d'une lame invisible pendant au-dessus de sa tête, et de celle de tous les habitants d'Edo. Plus de raison qu'une catastrophe d'une ampleur sans pareil arrive. Du moins dans l'immédiat.
Il profita de ces instants de répit pour envoyer un email à Sougo.
« Hé, Sougo, on a pu sécuriser la ville. Plus un seul appareil piégé. Tu comptes ramener tes fesses et celles de Kemono quand ? »
Il dû attendre une bonne demi heure avant qu'une réponse ne lui parvienne de la part du principal intéressé.
« Ah Hijibaka, toujours sur mon dos même à distance. C'est rassurant de savoir que même avec votre incompétence, la ville est quand même sûre. »
Hijikata prit la mouche, mais continua tout de même de lire.
« On pensait partir en voyage avec Kemono, du genre congés payés, et vous êtes pas invité ».
Il pouvait sentir le foutage de gueule de l'autre sadique comme s'il était littéralement sous ses yeux.
Aussitôt, il composa le numéro de téléphone de son insupportable subordonné, histoire de lui donner un bout de ses pensées. Et à peine Sougo avait décroché, que la gueulante ne se fit pas attendre.
-Hé ! Enfoiré de glandeur ! Rentrez tout de suite à la base ! Cria Hijikata. Tous les deux !
-Waouh, Hijibaka, vous vous êtes levé du pied gauche ou quoi ?
-SI SEULEMENT ! Ramenez vos fesses, et en vitesse !
Il y eut un silence, visiblement car Sougo et Kemono étaient en train de se concerter, puis Sougo reprit :
-Est-ce que les gamins des Yorozuya sont avec vous ?
La question prit un peu au dépourvu Hijikata.
-Non, du moins pas pour l'instant. Ils doivent nous retrouver au QG d'ici 2 heures. Pourquoi ça ?
Encore un silence. Puis une sorte de léger bruit, comme des vêtements froissés et le signe que le téléphone changeait de mains.
-Hijikata-san, Kemono à l'appareil. Je ne peux pas vous l'expliquer pour l'instant, mais les deux Yorozuya ne doivent absolument pas me voir.
-ça pour expliquer… Va falloir tout nous expliquer, oui ! Répliqua Hijikata.
-J'y viendrai, mais seulement si …
-Si les deux gamins sont pas là, compris. Vous pouvez venir rapidement, avant qu'ils n'arrivent ?
La jeune femme répondit par la positive, et le téléphone changea à nouveau de mains.
Hijikata ne savait pas trop pourquoi l'imposteur et les deux Yorozuya ne devaient pas se croiser, et il trouva cela d'autant plus louche.
-Hijibaka, on va se retrouver en dehors du QG, histoire de pas se croiser par mégarde. Vous pouvez ramener Kondo-san ?
-Euh, oui… Parvint à répondre Hijikata.
Il n'était pas très sûr de là où voulait en venir Sougo avec ces conditions, mais quelque chose lui disait qu'il allait bientôt le découvrir. Et il n'eut pas le temps d'en penser plus, que le téléphone avait déjà été raccroché par l'autre interlocuteur, ne laissant que le silence et un big électronique signifier que la communication était terminée. Il y eut un autre signal, visiblement une autre notification. Il avait reçu un email contenant une adresse.
Il fixa du regard un instant le portable dans sa main, avant de lui aussi ranger l'appareil dans sa poche. Décidément, cette journée allait être très, très longue.
oOoOoOoOo
Il fallut une petite demi-heure à Hijikata et Kondo, pour enfin trouver l'endroit que Sougo avait indiqué via email. Un petit restaurant de quartier où on servait plusieurs plats, de l'entrée au dessert.
Sougo et Kemono étaient déjà attablés, plusieurs coupes en verre vides posées devant eux. Kemono s'attaquait à une énorme coupe de crème glacée avec plusieurs boules de glace de plusieurs parfums et couleurs différentes, surmontées d'une houppette de crème chantilly.
Sougo, lui, était vraisemblablement parti pour quelque chose de plus sobre, une crêpe au sirop d'érable et un café liégeois. Il ne daigna même pas se lever en voyant ses deux supérieurs hiérarchiques et amis arriver, continuant à enfourner morceau après morceau du délicieux dessert.
-SOUGO ! TU VAS BIEN ? S'enquit Kondo au bord des larmes.
Décidément c'était une mauvaise habitude. Hijikata pria son supérieur de baisser le ton, au fur et à mesure qu'ils attiraient les regards des autres clients autour d'eux. Les deux gradés prirent ensuite place à la même table, en face des deux goinfres, et déposèrent leurs sabres respectifs à leurs côtés, appuyés contre la banquette.
Au même moment, une serveuse passa et posa deux tasses de café devant Kondo et Hijikata. L'odeur de la boisson pleine de caféine vint chatouiller les narines du Vice Commandant, mais ce dernier se retint s'esquisser le moindre geste avant d'avoir eu un semblant d'explication.
-Bon, vous pouvez nous expliquer ce qu'on fait là ? Pressa Hijikata tout en fronçant les sourcils.
Kondo était déjà en train d'essayer de boire son café, à moitié en se brûlant les lèvres, et à moitié en soufflant dessus pour le refroidir.
-Surtout avec une Yato qui a fait du chantage au vieux Matsudaira pour qu'il lui donne un alibiet ainsi entrer au sein du Shinsengumi… Continua Hijikata. Et un subordonné qui a limite fait défection à son organisation…
Le Vice Commandant soutint le regard du Capitaine de la première division du Shinsengumi, qui finissait de boire le fond de son café liégeois. Cela ne semblait nullement déranger Sougo.
-On va y venir Hijibaka, commença Sougo. On a pas beaucoup de temps, et beaucoup trop de choses à dire, donc on va abréger.
-Abréger comment ? Demanda Hijikata, un regard suspicieux braqué sur les deux en face de lui.
-Du genre « Hijibaka va pas arrêter de nous interrompre donc autant tout balancer pour qu'il se la ferme », répondit innocemment Sougo.
Une veine apparut sur le front d'Hijikata, et il eut la soudaine envie de sortir son sabre. Mais face au rire désarmant de Kondo et au regard interrogatif de Kemono, il se ravisa et décida qu'il était grand temps de boire ce café.
-Et Donc ? Insista Hijikata avec un regard incisif. Qu'est-ce qui est si important que tu as carrément déserté ?
Il porta sa tasse à ses lèvres pour commencer à boire le liquide brûlant, son corps se détendant au fur et à mesure que la douce chaleur se propageait dans son corps. Visiblement, la sensation était bienvenue, au vu des dernières quarante-huit heures qu'il avait passées presque sans dormir.
-Kemono viens du futur, c'est donc comme ça qu'elle sait tout ce qui va se passer on a sauvé le Shogun et on prévoit d'attaquer le vaisseau du Tendoshuu qui arrive ainsi que les Harusame. Dit Sougo sans même reprendre son souffle, et avec un calme irréel.
Hijikata en recracha violemment son café, postillonnant la boisson en travers de la table. Il fut en même temps pris d'une violente quinte de toux qui raviva ses douleurs aux côtes.
-QUOI ?! S'exclama-t-il entre deux toussotements. Tu peux répéter ?!
-De quoi tu veux parler, Sougo ? Renchérit Kondo. Ça m'a l'air bien fantaisiste, tout ça !
-Je suis sérieux, répliqua Sougo, impassible. Sur tout ce que je viens de dire.
Hijikata se frotta les tempes tout en grognant. Bonjour les prises de tête et les migraines carabinées.
Il avait vraiment pas besoin de ça en ce moment. Mais s'il voulait avoir le fin mot de l'histoire, il faudrait faire avec. Il jeta un regard aux deux idiots en face de lui, et ne vit aucun signe de malice, ni même de mensonge, que ce soit dans leur attitude ou dans leur apparence. Il soupira longuement, sentant que la discussion allait être laborieuse.
-Attends… Reprends ça plus lentement, t'as sauté trop de passages dans ton histoire là, supplia Hijikata tout en se massant les tempes à nouveau.
Kemono continuait de manger sa coupe glacée, imperturbable. Kondo en profita pour alpaguer une autre serveuse qui passait à proximité de leur table et commander une crêpe pour lui aussi. Quelques minutes plus tard, la serveuse en question revint avec une crêpe garnie de divers fruits et de chantilly, qu'elle posa devant le Commandant du Shinsengumi… Qui à cet instant ressemblait plus à un grand gamin que ses parents auraient emmené avec eux qu'à un gradé responsable de plus d'une centaine d'hommes rompus à l'art du combat à l'épée.
-On se doutait déjà que c'était vous deux qui aviez enlevé le Shogun, pour le mettre à l'abri, déclara Kondo tout en se léchant les babines. Mais si tu pouvais en effet nous raconter tout le reste, ce serait bien…
Hijikata se mentirait à lui-même s'il niait que l'odeur sucrée et parfumée provenant des desserts disposés sur la table avait empiré ses crampes d'estomac. Mais son cerveau était trop occupé à déchiffrer le comportement de Sougo et ses propos qu'il ne put s'attarder sur sa sensation de faim.
-Bon, ça élimine déjà ça à expliquer, releva Sougo. Le Shogun et sa sœur sont en sécurité.
-Et… A propos de ces conneries… Sur le fait de venir du futur ? Se risqua Hijikata.
-C'est la vérité, et je me porte garant pour elle, dit Sougo en désignant Kemono du doigt.
Cette dernière était presque arrivée au fond de sa coupe, et commençait à avoir des restes de glace et de chantilly sur les joues et le nez.
-Tu te rends compte que c'est vraiment improbable et même impossible, comme histoire, non ? Répliqua Hijikata. C'est pas vraiment le genre de trucs qu'on croirait comme ça, sans preuves.
Sougo dirigea alors sa main vers les deux sabres qui avaient été posés contre la tranche de la table entre lui et Kemono, et posa sa main sur le manche du sabre de couleur noire. Hijikata le reconnut comme l'étrange sabre que Kemono avait toujours avec elle, et comme pour lui donner raison, cette dernière lâcha sa coupe de glace pour empoigner la main de Sougo. Comme pour le mettre au défi de dérober l'arme en question.
Sougo désigna alors d'un signe de tête Hijikata, et la Yato sembla enfin comprendre qu'il n'allait pas juste prendre son arme et déguerpir avec.
Il résuma donc son geste, et souleva le sabre, qui jusqu'à présent était à la verticale, afin de le placer à l'horizontale sur la table. Il le poussa ensuite vers Hijikata et Kondo, en prenant soin d'éviter de renverser au passage la vaisselle disposée ça et là sur le chemin.
-Si vous êtes aussi intelligent que vous le dites, vous devriez vite comprendre ce que c'est dit Sougo. N'est-ce pas, Hijikata-san ?
Le morveux lui lançait un défi, visiblement. Ce qui l'énerva un peu plus et donc, le motiva encore plus. Si Sougo voulait le mettre à l'épreuve, il allait s'en mordre les doigts. Foi d'Hijikata, il allait lui faire regretter de le prendre de haut.
Il observa le sabre en face de lui. C'était le même sabre qu'il avait sous-pesé lorsqu'il avait été retrouvé au parc, après l'affrontement entre Kemono et les autres Yato. Un sabre plus lourd que la normale à cause son manche, mais qui sans cela, lui paraissait familier. Ça, et le fait que Sougo venait d'apporter l'information farfelue selon laquelle Kemono était une Yato venant du futur. Il y croyait très difficilement, lui qui était un très grand sceptique se rattachant plutôt à la logique et aux faits.
Mais si Sougo disait la vérité (et à priori, son attitude comme le ton de sa voix le laissait présager), il devait partir du fait que Kemono venait bien du futur. Et si elle venait bien du futur, elle en avait ramené ce sabre. Ce sabre si familier à ses yeux venait donc du futur, et si Sougo le lui avait montré, c'est parce qu'il pouvait bel et bien le reconnaître. Et s'il pouvait le reconnaître, même en étant toujours dans son fourreau, cela voulait dire…
Hijikata eut un sourire carnassier, affichant le blanc de ses dents aux yeux des trois autres occupants de la table.
Il se saisit alors de son propre sabre, et le souleva pour le poser à son tour sur la table, juste à côté du sabre de Kemono. Il sentit comme de l'électricité statique lui chatouiller le bout des doigts.
Kemono et Sougo restèrent impassibles, tandis que Kondo souleva un sourcil interrogateur. Toutefois, c'est également à cet instant que la Yato finit enfin de manger, et qu'elle s'essuya les joues avec sa serviette, avant de finalement se mettre à parler :
-Je savais que vous comprendriez rapidement, Hijikata-san, dit-elle. Vous devez donc également réaliser les raisons qui m'ont poussé à convaincre Katakuriko Matsudaira de se porter garant pour moi, et de vous mentir de la sorte.
-Hein ? Quoi ? Quelqu'un peut m'expliquer ? Supplia Kondo, complètement laissé de côté.
Hijikata soupira. Au moins elle s'adressait toujours à lui de la même façon, même après tout cela. Mais c'était aussi normal que Kondo soit un peu perdu sur ce qui se passait.
-Kondo-san, cette femme viens du futur. Elle a amené ce sabre avec elle. Et ce sabre, c'est mon sabre. Enfin, dans le futur. La preuve en est que j'ai toujours mon propre sabre, et qu'il existe donc deux sabres quasi-identiques, prouvant par-là même qu'elle vient bien du futur…
-Ah, je vois… Fit Kondo, avec hésitation.
Hijikata n'était pas vraiment convaincu que son supérieur ait bien tout compris, mais ce n'était pas le plus important dans cette situation. Du moins, pour le moment. Mais le Commandant du Shinsengumi se tourna alors vers Kemono.
-Donc… C'est vrai alors ? S'enquit Kondo. Genre, t'es quelqu'un qui vient du futur ? Et est-ce que tu es quelqu'un qu'on connaît, par hasard ? Ou qu'on va connaître ?
Sougo laissa transparaître quelques signes nerveux, que seul Hijikata décela.
-Je ne peux répondre à cette question, dit simplement la Yato.
Hijikata était prêt à parier que Sougo, lui, savait parfaitement qui elle était.
Lui, en revanche, n'en avait pas la moindre idée. Mais vu l'attitude de son subordonné, il se disait que finalement, ce n'était pas si mal. C'était peut-être le genre d'information qui pouvait faire péter les plombs à une personne. Comme par exemple, la faire disparaître plusieurs jours sans donner de nouvelles. Sougo avait dû apprendre cela, et bien d'autres informations, pour lui faire changer à ce point de comportement avec la Vice-Commandante qu'il détestait jusqu'à présent.
-Mais vous mettre au courant de cette situation était le mieux à faire, pour obtenir votre entière coopération, continua Kemono, avec une trace de glace au chocolat sur le nez.
-Notre coopération ? On a déjà pris en charge une bonne partie de l'affaire, jeune fille ! Répondit Kondo.
Il était visiblement déjà remis du choc d'avoir en face de lui quelqu'un venu du futur. Ce qui n'était pas du tout le cas pour Hijikata, qui évaluait en permanence la situation et tout ce que cela pouvait impliquer pour la suite.
-C'est bien ce que vous dites, une « partie » est réglée. Répliqua Kemono.
-On doit empêcher le vaisseau du Tendoshuu et celui de la septième flotte des Harusame de se foutre sur la gueule. Ou du moins, sur Terre, compléta Sougo. C'est parce que les Yato à bord veulent se faire les officiels, qu'ils avaient piégé la ville. Mais même avec leur plan incomplet, ils ont quand même réussi à attirer des représentants dans le système solaire.
-On sait aussi que le Bakufu ne peut pas aller contre le Tendoshuu. Ce serait comme signifier un coup d'état et donc une intervention armée aussi meurtrière que la Guerre du Joui il y a de cela une vingtaine d'années, ajouta Kemono.
Hijikata se mordit les lèvres. Ils avaient raison, tous les deux. Même s'ils pouvaient intervenir et contrer éventuellement les Harusame, le Tendoshuu et ses représentants étaient définitivement hors d'atteinte. Ils en avaient déjà fait l'expérience par le passé, et à chaque fois, cela s'était soldé par une expérience désagréable au plus haut point. Et Hijikata était prêt à parier que Sougo avait toujours une rancune tenace face à ces individus.
-Concrètement, vous ne pouvez que rester assis sur vos culs… Enfin, « nous » , le Shinsengumi, souligna Sougo. C'est pour ça qu'on a un plan de rechange. Enfin, Kemono en a un.
-Et il consiste en quoi ? Demanda Kondo. Si vous venez nous voir, c'est qu'on devra quand même y prendre part à un moment ou à un autre, non ?
Le Commandant n'avait pas tort sur ce point. Hijikata se disait bien aussi que ce serait vraiment superflu de leur raconter tout cela, si ce n'était que pour les mettre au courant de leurs projets. Ce serait même plus une perte de temps qu'autre chose.
-Nous avons déjà envoyé des alliés pour essayer de contrer, ou du moins de ralentir, le vaisseau de la septième division. Ils sont déjà partis, et leur mission est de trouver et saboter le vaisseau en question. Expliqua Kemono. Nous avons aussi trouvé un vaisseau, ainsi que des alliés pour nous aider à repousser la délégation du Tendoshuu qui arrivera sous peu. Vous devez vous aussi vous douter qu'ils ne sont pas venus les mains vides, et que leur cargaison pourrait être une menace tout aussi importante que celle que les Yato avaient placée au sein d'Edo.
Hijikata fronça les sourcils. Sougo désigna d'un geste son propre nez pour indiquer à Kemono qu'elle devait essuyer le sien, ce qu'elle fit. Kondo se racla la gorge, avant de parler :
-On se doute en effet que cette visite inopinée n'augure rien de bon, et on a eu aucun moyen de vérifier ce que le navire pouvait transporter. Ils ont visiblement fait en sorte qu'aucune information ne fuite à ce sujet. Ça me fait mal de le dire, mais ils sont comme chez eux sur Terre…
-Sans parler du fait que nous suivons déjà une piste de notre côté dit Hijikata. Donc notre marge d'action est vraiment limite…
-Nous nous en doutions déjà, mais si nous vous avons fait venir aujourd'hui, ce n'est pas non plus pour vous imposer notre propre agenda, dit Kemono. Je vais encore garder Sougo avec moi un certain temps, ceci dit.
-C'est pas comme si j'avais le choix, en même temps, grogna le sadique. Si j'étais pas là pour surveiller ses arrières, qui sait les conneries qu'elle provoquerait…
La Yato ne releva pas le ton irrité du jeune homme, et continua son explication :
-Je ne pense pas me tromper, en disant que vous êtes sur la piste des complices des Harusame sur Terre. Mais il faudra rester vigilants, et aussi passer plusieurs messages au vieux Matsudaira.
-Des messages ? Demanda Kondo.
-Nous avons obtenu à un certain prix la coopération du Kaientai, mais même avec cela, leurs vaisseaux n'arriveront peut-être pas à temps dit-elle. Donc dans le pire des cas, il nous faudra l'appui de la flotte du Bakufu.
-Hé, pas si vite Contra Hijikata. Si c'est pour aller contre le Tendoshuu, on pourra rien faire. Vous l'avez dit vous-mêmes. Alors qu'est-ce que le vieux peut bien faire dans ce genre de situation ?
-Ce ne sera pas pour contrer le Tendoshuu, mais pour stopper les Harusame, si notre plan échoue. Clarifia Sougo.
-Vous dites ça, mais même si Matsudaira commande l'armada du Shogun, il n'a pas le droit de prendre une décision seul. Expliqua Kondo. Il faudra réunir le conseil de défense du Bakufu afin qu'une décision soit prise…
-Je vois… Se résigna Kemono. Au moins on aura essayé.
Il restait encore plusieurs inconnues dans l'affaire, mais Hijikata avait également besoin de savoir quelque chose en priorité, surtout si Sougo ne rejoignait pas leurs rangs pour l'instant.
-Et donc, vous allez faire quoi de votre côté ? Interrogea-t-il.
-Nous allons partir dès aujourd'hui avec le vaisseau que nous avons pu nous procurer, dit la jeune Yato. Le but est avant tout de faire de la reconnaissance et de découvrir ce qui se cache dans les soutes du navire du Tendoshuu.
-De l'infiltration, donc ? S'étonna Hijikata.
Il ne voyait pas vraiment un sadique très démonstratif et une Yato bourrin sur les bords passer inaperçus, mais bon…
Les deux personnes dans ses pensées se levèrent justement de table, reprenant leurs armes respectives. Ils étaient visiblement déjà sur le départ.
-Vous partez déjà ? Demanda Kondo, qui avait à peine fini sa crêpe.
Sougo hocha positivement de la tête, tout en glissant un « on a des horaires stricts à respecter » entre deux enjambées pour se sortir de l'espace entre la table et la banquette.
-Restez quand même en contact alors, surtout toi, Sougo. Pointa Hijikata.
-Vous êtes pas ma mère, Hijibaka. Mais soit, je laisserai mon téléphone allumé.
Le petit groupe paya rapidement l'addition… Enfin, Kondo paya l'addition de tout le monde, plutôt. Puis les quatre individus se retrouvèrent près de l'entrée du restaurant, formant un groupe compact où Sougo était visiblement mécontent d'être le plus petit.
Kemono sortit la première, en lançant une dernière réplique :
-Je vous souhaite bonne chance à tous, Hijikata-san. En espérant que nous ne nous reverrons pas.
-Euh… Oui, vous aussi, répondit maladroitement le Vice Commandant.
La deuxième partie de la déclaration de la Yato sonnait très bizarre, et il ne sut quoi en faire. À vrai dire, toute cette discussion avait été bizarre, du début à la fin. Et comme si les choses ne pouvaient pas encore empirer, Sougo dégaina enfin un de ses sourires sadiques dont il avait le secret.
-Au fait Hijikata, Ajouta Sougo, sur le pas de la porte. Il va falloir rédiger un contrat gouvernemental pour le Kaientai.
-Hein, comment ça ? Demanda Hijikata, plein de doute et d'appréhension.
Il sentait les emmerdes venir à des kilomètres, et son instinct n'allait pas le tromper, loin de là.
Sougo prit alors une pose grotesque, tirant la langue et plaçant une de ses mains sur sa tête.
-Il se pourrait qu'on leur ait promis des prix réduits sur le carburant, pour avoir leur aide…
-Vous avez fait QUOI ?! Hurla Hijikata.
A Suivre…
Et voilà pour cette semaine ! Faiut vraiment que j'arrête de martyriser Hijikata XD
À jeudi prochain !:)
