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— Si tu me rattrapes, tu pourras abuser de moi autant que tu le désires.
La voix sensuelle résonnait encore et encore dans son esprit, lui permettant de tenir bon malgré son souffle haché et ses jambes douloureuses. Il avait toujours détesté le sport, ce qui était réciproque de toute évidence.
Son regard se porta sur l'ombre trottinant à quelques mètres devant lui. Si près et pourtant hors de portée. C'était comme si Derek n'éprouvait pas la fatigue, pire encore, il évitait les obstacles sous ses chaussures avec grâce, sans avoir à y prêter la moindre attention. Stiles, lui, ne comptait même plus le nombre de fois où il avait manqué de peu de se rompre le cou ou se fouler la cheville sur une racine.
— Tricheur de lycan !
Il entendit le rire de Derek rebondir sur l'écorce des arbres, et força sur ses jambes un peu plus. Son point de côté lui faisait un mal de chien, mais il ne pouvait pas se permettre la moindre pause sans quoi, sa proie improvisée allait se carapater.
Quelle idée avait-il eue aussi ? Devenir pompier ? De qui se moquait-on à la fin ?! Paul lui avait volé beaucoup de choses avant de disparaître. De nombreuses nuits de sommeil. Une partie de son innocence. Mais surtout, son rêve de rejoindre un jour les forces de l'ordre aux côtés de son père. Il avait des sueurs froides à la simple idée de toucher une arme à feu. Comment son père faisait-il pour vivre avec ça ?
Il n'avait pas abattu un innocent. Loin de là, d'ailleurs en vue des confidences de Luna sur son enfance. Alors pourquoi ne pouvait-il pas juste vivre avec ça ? Pourquoi, à chaque bruit fracassant, revoyait-il la cervelle du loup-démon exploser autour de sa tête ?
Totalement embourbé dans ses pensées, il ne remarqua pas qu'il s'était approché de son amant tant et si bien que ses chaussures s'emmêlèrent dans celles du loup-garou, les précipitant tous les deux violemment au sol dans un bruit mat de corps et de respirations coupées.
— Putain ! Stiles !
Le grognement de Derek était aussi douloureux que pouvait l'être son propre corps.
— Pourquoi tu t'es arrêté ? gronda le fils du shérif en réponse.
— Tu vas bien ?
Après les reproches, l'inquiétude. Derek ne pouvait s'en empêcher. Le visage inquiet du bêta entra dans son champ de vision, déclenchant son sourire.
— Est-ce que ça signifie que j'ai gagné ?
Derek rit à nouveau avant de hocher la tête en guise d'assentiment. Il aida ensuite son petit ami à se relever, non sans que ce dernier ne gronde entre ses dents. Il allait encore avoir des bleus partout !
— Une promesse est une promesse, Mieczy !
Et pour cause, le clin d'œil que le loup-garou lui offrit était plus que prometteur. Stiles avait beau être épuisé, il avait toujours de l'énergie pour profiter du corps de Derek.
— OK ! Rentrons ! Tout de suite !
— J'ai d'abord quelque chose à te montrer… Viens.
La grande main de son compagnon se referma sur la sienne, et leurs doigts s'entremêlèrent. Le cœur de Stiles s'emballa. Il était quasiment certain de ne jamais s'habituer à cette douce sensation.
— Je te suis où tu veux, sauf si tu m'emmènes encore dans ce foutu lac.
Il ne se souvenait que trop bien de l'eau glaciale dans laquelle ils s'étaient lavés au lendemain de la cérémonie de revendication.
À ce simple souvenir, sa main libre se porta naturellement à son cou, et un sourire s'étira sur ses lèvres. La cicatrice ne se voyait pas, seul un léger relief sous ses doigts trahissait la marque que Derek lui avait laissée. Ça, et l'odeur particulière qui semblait hurler à tous les loups du coin qu'il appartenait déjà à l'un d'entre eux !
Il ne leur fallut que quelques minutes avant de déboucher sur une zone dégagée de la forêt. À bien y regarder, la percée ressemblait à un sentier juste assez large pour être emprunté par une voiture en dépit de son entretien tout relatif.
Stiles ne se souvenait pas avoir jamais mis les pieds dans cette partie de Beacon Hills. Il devenait certain qu'ils n'étaient pas à proximité du manoir Hale et donc du petit point d'eau évoqué un peu plus tôt.
Finalement, un petit portail se dessina au milieu de nulle part. Ils étaient dans une impasse.
Derek n'avait pas émis un mot de toute leur marche. Certaines choses ne changeaient pas, et le loup de naissance n'était pas devenu subitement bavard au cours de l'année écoulée.
— OK ! Alors, pour commencer, rien n'est signé, donc ne panique pas pour rien, d'accord ?
Stiles fronça les sourcils, subitement inquiet. Rien de tel pour paniquer que quelqu'un demandant de ne pas le faire. C'était un peu comme dire à quelqu'un souffrant de vertige de ne surtout pas regarder en bas !
Il n'eut cependant pas l'occasion de se poser trop de questions, puisque Derek poussa le portail qui grinça légèrement sur ces gonds.
— Il faudra quelques travaux pour la remettre en état. Elle n'a plus été habitée depuis des années, mais je me suis dit qu'elle te plairait.
Devant les yeux ébahis de Stiles, perdu dans un écrin de verdure aux mille nuances de verts, une petite maison émergea.
Le cœur du jeune homme manqua un battement, et il entrouvrit les lèvres pour laisser s'échapper son souffle rendu court.
Elle était magnifique.
La main de son amant qui ne l'avait pas quitté l'invita à avancer jusqu'à la porte d'entrée qu'il déverrouilla à l'aide d'une clé extirpée de sa poche. Il y avait de toute évidence anguille sous roche !
— Derek… Qu'est-ce qu'on fait là ? C'est quoi cette maison ?
— Tu te souviens de ce petit week-end que nous avons fait il y a un peu plus d'un an ?
— La maison du lac. Celle des Argents ! Évidemment que je m'en souviens.
Ces souvenirs faisaient même partie des meilleurs de sa vie, mais quel était le lien avec leur présence ici ? Il se stoppa en plein milieu de la cuisine lorsque son esprit de déduction se mit en branle !
— Pourquoi tu as les clés, Fluffy ?
Il s'en doutait à présent, mais il avait besoin de l'entendre de la bouche de son petit-ami. Son cœur semblait vouloir sortir de sa cage thoracique tant il battait avec force dans sa poitrine.
— Niño… la seule question qui compte, c'est : est-ce que cette maison te plaît ? J'en ai déjà parlé avec ton père, et ça fait un moment que j'y pense…
— Tu veux dire que mon père est au courant et moi non ?
Derek souffla un rire léger face à la réaction excessive de son humain. Il avait toujours eu ce petit côté drama queen ! Par chance, il savait exactement quoi faire pour calmer les ardeurs de son compagnon… ou du moins s'en servir à son avantage.
— Stiles ! Accepterais-tu de vivre avec moi, ici, dans cette maison ?
Un sourire lui répondit, vite suivi par un baiser empli de passion.
— Je ne peux pas me décider sans avoir visité la chambre !
À vrai dire, Derek s'était attendu à cette condition. Il avait fait en sorte de la remettre en ordre et de pourvoir le lit qui s'y trouvait de draps propres. Sans un mot de plus, il entraîna le garçon dans son sillage. Il lui avait après tout promis qu'il pourrait abuser de son corps s'il le rattrapait.
— J'ai très envie de toi !
L'aveu de son compagnon se logea directement dans son bas ventre. Lui aussi mourrait d'envie de se lier à nouveau au seul homme de sa vie.
— Je suis tout à toi !
Les secondes qui suivirent ne furent ponctuées que par leurs baisers à la fois tendres et passionnés, et par l'effeuillage de leurs vêtements respectifs.
Enfin nus, ils se laissèrent tomber sur le matelas.
Après plus d'un an de relation, ils avaient appris à se connaître par cœur, ce qui ne les empêchait pas de continuer à se découvrir chaque fois un peu plus.
Derek avait finis par pleinement accepter cette nouvelle sexualité qui l'avait d'abord pris au dépourvu. À l'apprivoiser totalement, et à l'aimer. Plus encore, il avait appris l'incroyable pouvoir du lâcher-prise. Sans parler du plaisir démesuré que Stiles savait lui procurer lorsqu'il se soumettait à ses lubies. En matière de sexe, le fils de shérif ne manquait pas d'imagination. Cette fois ne dérogea pas à la règle. Il ne fallut pas longtemps au jeune humain pour guider le corps du lycan à plat ventre sur l'édredon, les fesses relevées de manière totalement suggestive.
Stiles n'aurait su dire à quel point cette vision l'étourdissait. Il avait toujours trouvé son Sourwolf totalement bandant, il n'imaginait pas qu'il puisse l'être bien plus encore.
— Sexywolf !
Un grognement se fit entendre au surnom, arrachant un léger rire à Stiles avant que ce dernier ne décide d'attiser les braises du désir de son amant. Ses lèvres trouvèrent rapidement le triskèle ornant le centre de son dos, qu'il entreprit d'embrasser lentement, redessinant le motif du bout de sa langue avant de souffler dessus. Il répéta l'opération encore et encore, ne trouvant satisfaction que lorsque l'épiderme de son partenaire se hérissa de délicieux frissons. Ses mains, loin d'être en reste, ne cessèrent de caresser la douceur de la peau parfaite de l'homme. Pas une cicatrice ne venait corrompre ce tableau magnifique.
Il remonta ensuite jusqu'à la nuque offerte qu'il mordilla plus ou moins fort afin d'y laisser quelques marques, en dépit du fait que ces dernières disparaissaient tout aussi rapidement, au plus grand dam de l'humain. Mais la zone était sensible. Pas autant que chez lui, certes, mais suffisamment pour que Derek ne commence à se trémousser d'impatience sous son corps nu.
Il laissa sa virilité glisser entre les deux lobes de ses fesses pour le simple plaisir de le provoquer un peu plus, se délectant de la sensation purement extatique au passage.
Les petites attentions, les caresses, les massages… Ne pas se précipiter, laisser le désir monter lentement, inexorablement… Ne pas négliger les zones jugées anodines telles que le dos… Ce n'était pas sans lui rappeler comment tout ça avait commencé. Comment il avait connu sa première expérience sexuelle, son premier orgasme dans les bras d'un autre homme. Comment Derek et lui en étaient venus à devenir intimes. Amants.
Ils avaient eu leur lot d'épreuves personnelles comme surnaturelles par la suite, mais Stiles était prêt à tout affronter de nouveau si c'était nécessaire. Tout pour l'amour de sa vie.
Un grondement plus impatient lui donna le signal qu'il attendait. Assez joué. Derek était mûr à souhait, n'attendant que le moment d'être cueilli et dégusté.
Il empoigna le tube de lubrifiant, ravi que Derek ait une fois de plus pensé à tout. Et en versa une dose généreuse sur ses doigts, faisant son possible pour que chaque bruit soit bien audible afin que son amant puisse comprendre ce qu'il faisait sans le voir. Une autre façon de faire monter la pression. Lui permettre d'anticiper. Chaque bruit devenant explicite. Une façon simple d'érotiser l'instant.
Il reprit ses baisers doux, dévalant la colonne vertébrale du loup avec passion, laissant au gel le temps de se réchauffer au contact de sa peau. La chute des reins passée, il mordilla sans plus de cérémonie une des fesses rebondies, arrachant un gémissement à son compagnon, ne lui laissant pas plus de répit avant de venir cajoler son intimité de caresses appuyées qui provoquèrent une nouvelle vague de frissons affriolants.
Il n'y avait rien de plus excitant pour Stiles que de prendre soin d'un Derek totalement offert. Le premier doigt ne rencontra aucune résistance, comme si son corps le reconnaissait, l'acceptait. Mais l'humain savait pourtant qu'il ne devait pas céder à son impatience.
Sa virilité commençait doucement à le faire souffrir d'être ignorée, mais il refusa de se satisfaire. Plus la frustration serait grande, plus le plaisir le serait également.
Il massa son amant de longues minutes, ajoutant un doigt après l'autre, tout en stimulant volontairement la prostate du loup, lui arrachant ainsi un premier orgasme. Derek était résistant et endurant. Bien plus que lui d'ailleurs. Sa nature loup-garouesque lui permettant de se remettre très vite. Stiles avait vite remarqué qu'il pouvait lui offrir de multiples orgasmes au cours d'un seul rapport. Pourtant, chaque cri d'extase de Derek le rendait un peu plus fou de désir. Qu'importe. L'homme était plus que prêt à présent.
Le fils du shérif lubrifia généreusement son membre au supplice avant de se glisser avec une lenteur calculée dans les profondeurs de son petit ami. D'une main autoritaire sur la tête de son partenaire, il l'astreignit à l'immobilisme dans un geste de domination pure, totalement illusoire puisque la force de Derek surpassait, et de loin, celle de l'humain, mais ils en étaient tous les deux excités.
Il prit le temps de s'enfoncer jusqu'à la garde avant de reculer et de percuter les fesses du loup d'un coup de hanche puissant. Derek gronda de plaisir ne s'arrêtant plus d'exprimer son extase au rythme ardent que lui dictait Stiles. Il ne se rebella pas plus lorsque la main, initialement à l'arrière de son crâne, s'enroula à sa bouche pour le condamner au silence sans que jamais l'ardeur du jeune homme ne se tarisse. Il ne fallut pas longtemps pour que l'ancien alpha ne se tende dans un second orgasme destructeur qui entraîna dans son sillage celui de l'humain.
Leurs deux corps se laissèrent mollement retomber sur l'édredon, imbriqués, lovés l'un à l'autre, le souffle court, mais le pouls rapide. Ils échangèrent un long et doux baiser en parfait contraste avec la sauvagerie de leur étreinte passionnée, apaisés d'avoir pu communier l'un avec l'autre une fois de plus, partageant leur amour de la plus primitive et satisfaisante des façons.
— Je crois que j'aime bien cette maison !
Derek souffla un rire épuisé, amusé par la déclaration de son adoré qu'il étreignit plus fortement contre son torse.
Heureux comme jamais. Les deux amoureux venaient de trouver leur petit nid douillet.
