Chapitre 37
Natsu
- J'aime pas ça, Gray. Je suis sérieux, je commence à avoir mal aux jambes. Je t'avais dit que je n'étais pas souple.
Gray éclate de rire et les vibrations résonnent dans tous mon corps, nu, puisqu'on est en pleine partie de jambe en l'air. Et, oui, je viens de lui dire que je n'aime pas ce qu'il fait. Il a raison, en fait. J'ai le chic pour casser l'ambiance.
Cependant, je m'en fiche. Je mets mon veto sur cette position. Il rit encore en se penchant en avant pour m'embrasser avant de me déposer sur le lit. Mes muscles hurlent de plaisir maintenant qu'ils ne sont plus sous tension et je soupire de bien-être.
Gray n'attend pas plus longtemps pour reprendre nos activités et il me pénètre à nouveau. Je gémis immédiatement et croise les jambes derrière son dos pour l'encourager à aller plus vite.
- C'est mieux ? demande-t-il d'une voix suave et sexy.
- Mon Dieu, oui. Refais ça.
- Je ne sais pas ce que je viens de faire.
- Tu as tapé là... aaaah... oui, juste là !
Je me contracte autour de son érection alors qu'il vient toucher un point incroyable à l'intérieur de moi qui me fait voir des étoiles. Je réalise à ce moment à quel point je suis totalement accro à ce mec, à ses baisers, à son goût, à la sensation de ses cheveux dans ma main, à son dos musclé dans lequel j'aime planter mes ongles.
Sa respiration accélère et ses coups de bassins sont plus forts et plus profonds. Ma vue se brouille davantage. Il passe une main entre nous et vient toucher mon membre. Cela suffit à me faire partir immédiatement. Gray jouit à ma suite se mordant la lèvre pour ne pas crier alors que ses colocataires sont dans la maison.
Quelques minutes plus tard, il roule sur le dos tremblant et je m'étends sur lui pour couvrir son visage et son cou de baisers.
- Pourquoi tu as toujours plus d'énergie après le sexe ? marmonne Gray.
- Je ne sais pas et je m'en fiche.
Je continue à l'embrasser frénétiquement jusqu'à ce qu'il éclate de rire. Je sais qu'il aime que je lui accorde autant d'attention, et ça tombe bien, parce je ne peux pas m'en empêcher.
La vie est de nouveau bêtement merveilleuse. Une semaine est passée depuis que l'on est allés chez son père, et tout se passe bien entre nous. En revanche, nous sommes tous les deux surbookés. C'est la fin du semestre et nous devons rendre des dissertations dans toutes les matières, y compris en philo, la matière dans laquelle j'ai aidé Gray. Son emploi du temps est plus chargé que jamais, comme le mien puisque le spectacle d'hiver approche à grand pas. Au moins, j'ai repris goût aux répétitions.
Jae et moi avons trouvé un arrangement que j'adore et je suis certain que ma performance sera plus que bonne. En revanche, je n'ai toujours pas pardonné à Minerva et Wendy pour ce qu'elles m'ont fait. Wendy m'a écrit plusieurs fois pour me demander si l'on pouvait discuter, mais je l'ai ignorée. Par ailleurs, comme Fiona m'a obtenu ma propre salle de répétition, je ne les ai pas croisées depuis qu'elles m'ont largué.
La cerise sur le gâteau, c'est que mon père m'a appelé pour me dire qu'ils me retrouvaient chez ma tante, à Noël. J'ai déjà acheté mon billet d'avion et j'ai vraiment hâte de les voir, même si je suis déçu que Gray ne vienne pas avec moi. Je l'ai invité, mais les dates ne concordaient pas parce qu'il a un match le lendemain de mon départ et un autre deux jours avant mon retour. Il va passer les fêtes chez Luxus, qui vient d'une ville à vingt minutes de Hastings, apparemment.
Quelqu'un tambourine à la porte de Gray, m'arrachant à mes joyeuses pensées.
- Désolé de vous interrompre, les enfants, mais faut y aller, G !
Gray se lève pour partir à la recherche de ses vêtements dans toute la pièce.
- Tu viens voir le match après la répèt' ?
- Ouais, mais je ne pense pas arriver avant la seconde période. D'ailleurs, le temps que j'arrive, je suppose qu'il n'y aura plus de places assises.
- Je demanderai à quelqu'un de t'en garder une.
- Merci.
Je file me rafraîchir dans la salle de bain, et lorsque je ressors, Gray est assis sur le lit en train d'enfiler des chaussettes. Mon cœur bat plus fort en voyant ses cheveux de jais en bataille, ses biceps contractés, les marques rouges là où j'ai mordillé son cou.
Cinq minutes plus tard, nous sortons de chez lui et chacun part de son côté. J'ai la voiture de Tracy et c'est le cœur léger que je retourne au campus pour répéter. Maintenant que je ne me coltine plus Minerva, je n'y vais plus avec une boule au ventre.
Mon violoncelliste et moi peaufinons la fin de la chanson, et deux heures plus tard, je suis en route pour la patinoire de Crocus. J'ai proposé à Erza de m'accompagner, mais elle passe la soirée avec Jellal, et mes autres amis croulent sous une pile de devoirs. C'est dans ces moments-là que je me félicite d'avoir pris de l'avance sur les miens.
J'arrive à la patinoire plus tard que prévu. La troisième période vient de commencer et je suis choqué de voir qu'il y a un point partout. Crocus joue contre Buffalo, qui est en deuxième division, et Gray était persuadé que c'était gagné d'avance. Apparemment, il s'est trompé.
Je repère le siège vide qui m'est réservé derrière le banc de Crocus, à côté d'une dernière année qui s'appelle Natalie. Gray m'a déjà parlé d'elle, mais je ne l'ai jamais rencontrée. Apparemment, elle sort avec Birdie depuis la première année, ce qui est sacrément impressionnant, c'est rare qu'un couple tienne aussi longtemps, à la fac.
Natalie est une fille drôle et douce, et nous passons un bon moment à regarder le match. Lorsque que Bickslow reçoit une énorme charge qui l'envoie valser face contre glace, nous poussons tous les deux un cri.
- Merde, s'exclame Natalie. Est-ce qu'il est blessé ?
Heureusement, il semble aller bien. Il secoue la tête et se relève, puis il part sur le banc pour se faire remplacer. Lorsque Gray déboule sur la glace, mon pouls accélère. Cet homme est vraiment une force de la nature. Il est rapide, habile et puissant. Il fait la passe à Birdie et ils partent tous les deux à l'assaut du but adverse, mais Buffalo les attend et tous jouent des coudes pour récupérer le palet. Gray sort vainqueur de l'altercation, fait le tour de la cage et tire, mais le goal arrête son but sans problème. Cependant, le palet rebondit entre les patins de Birdie qui tente à son tour de marquer, et cette fois-ci le goal a une fraction de seconde de retard.
Natalie se lève et hurle de joie alors que le tableau de score clignote. Nous nous prenons dans les bras puis nous retenons notre souffle. Il ne reste plus que trois minutes de jeu. L'adversaire crapahute dans tous les sens pour récupérer le palet, mais un joueur de première année de Crocus remporte la prochaine échauffourée et nous dominons le reste du match, qui se termine sur 2-1 pour Crocus.
Natalie et moi sommes bousculés de tous les côtés tandis que nous longeons la rangée de sièges jusqu'aux escaliers.
- Je suis tellement contente que tu sois avec Gray, dit-elle en souriant.
Son commentaire me fait sourire parce que nous ne nous connaissons que depuis vingt minutes.
- Moi aussi !
- Non mais vraiment, Gray est un mec super, mais il est trop intense avec le hockey. Il boit à peine, il n'a jamais eu de relations sérieuses... Ce n'est pas bon d'être fixé sur une seule chose, tu vois ce que je veux dire ?
Nous sommes sortis de la patinoire mais nous ne nous dirigeons pas vers la sortie du gymnase. Nous nous faufilons à travers la foule pour emprunter le couloir qui mène aux vestiaires.
- C'est pour ça que tu lui fais du bien, continue-t-elle. Il a l'air tellement heureux et détendu depuis que vous êtes ensemble !
Je me crispe lorsque j'aperçois le père de Gray dans la foule. Il est à dix mètres devant nous et il marche dans la même direction. Sa casquette est enfoncée sur son front, mais ça ne l'empêche pas d'être reconnu, un groupe d'étudiants vêtus de maillots de Crocus lui demande un autographe. Il signe leurs maillots, puis une des photos que l'un d'eux lui tend. Je ne vois pas l'image, mais je suppose que c'est une photo de lui sur la glace durant ses jours de gloire, comme toutes celles qui sont encadrées chez lui. Silver Fullbuster, la légende du hockey.
Qui vit désormais à travers son fils.
Je suis tellement aveuglé par ma haine contre le père de Gray que je ne regarde pas où je vais, et je pousse un petit cri lorsque je me cogne contre quelqu'un.
- Je suis désolé. Je ne regardais pas où je...
Mes excuses meurent sur mes lèvres lorsque je vois qui j'ai bousculé. Rob Delaney a l'air aussi choqué que moi. Nos regards se croisent et je me fige, paniqué. Des frissons me parcourent tout entier et mes pieds sont cloués sur place. Je suis tétanisé. Je n'ai pas revu Rob depuis le jour où il a témoigné contre moi au tribunal, à la demande de mon violeur. Je ne sais pas quoi dire, ni quoi faire, ni quoi penser.
- Dragneel ! crie quelqu'un.
Je tourne la tête en direction de la voix, et lorsque je reviens à lui, Rob n'est plus là. Il s'échappe à toute vitesse.
Je n'arrive plus à respirer.
Gray est à côté de moi, je le sais parce que je reconnais la caresse de sa main sur ma joue, mais yeux sont rivés sur le dos de Rob. Il porte un blouson de l'université de Buffalo. Est-ce que c'est là qu'il étudie ? Je n'ai jamais cherché à savoir ce qu'étaient devenus les amis de Aaron. Le dernier contact que j'ai eu avec Rob Delaney était indirect, le jour où mon père a agressé le sien dans le magasin de Ransom.
- Natsu, regarde-moi.
Je ne peux pas arracher mes yeux de Rob, qui n'a pas encore atteint la sortie. Ses amis se sont arrêtés pour parler à des gens, et il ne cesse de regarder par-dessus son épaule. Il pâlit lorsqu'il comprend que je ne l'ai pas quitté des yeux.
- Natsu, bon sang. Tu es pâle comme un linge. Qu'est-ce qui t'arrive ?
Apparemment, je suis aussi pâle que Rob. Ce n'est pas surprenant après tout, nous venons tous les deux de voir un fantôme.
Soudain, Gray m'oblige à tourner la tête et à le regarder dans les yeux.
- Qu'est-ce qui se passe ? C'est qui, ce type ? demande-t-il.
- Personne, je réponds dans un murmure.
- Natsu.
- C'est personne, Gray, dis-je en tournant le dos à la sortie pour ne plus être tenté de regarder Rob.
Gray étudie mon visage et fouille mon regard. Brusquement, il retient sa respiration.
- Putain, est-ce que c'est... ?
- Non, c'est pas lui, je te le promets. C'est juste un mec.
- Quel mec ? Comment il s'appelle ?
Une nausée terrible me retourne l'estomac.
- Rob. Rob Delaney.
Gray regarde derrière moi, m'indiquant que Rob est toujours là. Bon sang, pourquoi est-ce qu'il ne part pas ?
- C'est qui, Natsu ?
J'ai beau faire de mon mieux, je n'ai pas la force de feindre que tout va bien. Je suis à deux doigts de m'écrouler.
- C'est le meilleur ami de Aaron. C'est un des gars qui a témoigné contre moi au...
Gray est déjà parti.
