Je dédie cette histoire à Julie et Nathanaël.
~Chapitre 36: ~
La Naissance d'une étoile.
Le jour baignait de ses rayons la petite chambre, assise à un petit bureau, Gabrielle se retourna et contempla Haldir qui dormait. Elle eut un sourire aimant et se replongea bientôt dans son écriture.
Je ne sais pas où tout cela nous mènera… J'ignore moi-même si je serai à la hauteur. Pourtant je devrai me sentir forte, je ne suis pas seule. Enfin, c'est ce qu'ils disent, je sais pertinemment que face à lui je le suis.
Je ne suis pas à l'abri de le revoir et là aurai je une nouvelle fois la force de lui dire non ? J'ai été si proche de sombrer.
Les visions que je reçois sont de plus en plus claire mais en plus du cahot total, il y a ces images de paix et de tranquillité, j'arrive à les percevoir, à entrevoir qu'un futur est possible pour moi mais aussi pour mes compagnons.
L'affrontement arrive, je le sais, je le sens, bientôt nous saurons mais tout est encore incertain. Je ne sais pas si je vais les suivre. Ma place est elle près d'eux ou ici ? Tant de questions et encore si peu de réponse…
Et Frodon ? Où est-il ? Où en est-il ? Il est clair que si l'Anneau était de nouveau en son pouvoir, nous le saurions depuis, mais avec sa perfidie il serait capable de ce réservé.
Il est des choses contre lesquels nous ne pouvons lutter, je suis ce que je suis, il faut juste apprendre à composer avec…
Ce que je sais ? Je ne suis pas lui et ne le serai jamais.
Je suis moi : Gabrielle, fille d'Aradan et de Laurelin, héritière d'un pouvoir que je n'ai pas demandé, gardienne d'une force qui ne demande qu'à être exploité…
Elle s'arrêta un instant et leva son regard vers la fenêtre, posant sa plume, elle se leva et alla contempler au travers de celle-ci. Elle pensa à sa discussion avec son amie la veille sur les murs de la cité. Elinë ne lui avait pas caché sa volonté de suivre Legolas où qu'il aille ce qui avait fait sourire Gabrielle, cependant, elle lui avait aussi dit que si elle le désirait, elle pouvait lui apprendre à bloquer son esprit. A ce moment Gabrielle avait pris une décision et en fit part à son amie. Elle devait faire face seule, ne pas emmener avec elle plus de gens que nécessaire. Elinë lui avait alors expliqué que ces aïeuls avant elle avait déjà aidé ceux de Gabrielle, que leurs familles étaient liées depuis les évènements qui avait conduis à cette situation. Contrairement à ce qu'elle avait pensé, Gabrielle ne réagis pas violemment, au contraire, elle prit cette révélation avec un sourire et répondit :
« Mes aïeuls ont échoués. Je refuse que ce soit aussi mon cas, même si je ne sais pas encore quoi faire, je ne le laisserai pas me manipuler, du moins je ne le laisserai plus le faire. Je serai là où il ne m'attend pas… Je n'échouerai pas, parce que j'ai un futur à construire. »
Elinë avait été surprise par ses paroles. Elle avait observé sa jeune amie et pu voir dans son regard, une nouvelle flamme. Souriant, elle l'avait pris dans ses bras et serrée sur son cœur. Les deux elfes s'étaient séparées et l'une et l'autre avaient rejoins sa moitié.
Puis la soirée s'était passée, les visages semblaient grave, Gabrielle l'avait sentie, tout comme elle avait senti le combat que se livrait Aragorn.
Se tournant vers le lit où dormait encore Haldir, elle se dirigea vers lui et se baissa pour déposer sur son épaule un tendre baiser :
« Je t'aime amour … »
Puis elle sortit de la chambre, le laissant à un repos bien mérité. Elle parcourut les couloirs au hasard et se retrouva bientôt dans la cours pavé de l'Arbre Blanc. Elle eut un sourire en voyant encore un nouveau bourgeon puis son regard vit une silhouette qui se tenait au bout de la cour, à son extrémité. Elle reconnut sans mal Aragorn, sans hésiter elle se dirigea vers lui. Arrivée à son niveau, elle vit que le regard du rôdeur se perdait au-delà des Montagnes Noires. Sans un mot, elle passa un de ses bras autour de sa taille et posa sa tête sur son épaule.
« Il ne faut pas le craindre… C'est avec cette crainte qu'il manipule. »
Aragorn tourna légèrement sa tête vers elle et vit qu'à son tour elle perdait son regard dans la même direction.
« Qui suis-je réellement Gabrielle ? Interrogea t-il doucement.
- C'est à moi que vous posez ce genre de question ? Avouez qu'il y a de quoi rire non ? Lui répondit-elle dans un murmure.
- Tant de choses sont encore volées…
- Mais d'autres sont claires Estel. Vous savez au plus profond de vous ce que vous devez faire et ce depuis le début… Tous les sentiers que vous avez foulé vous ont conduis ici. »
Elle détourna son regard des montagnes et le reporta sur le rôdeur :
« Elessar, prend ton destin en main… Prend ton envol tel un aigle royal dans les hautes cimes. Devient pour elle celui que tu aurais dû être. »
Leurs regards se rencontrèrent, Aragorn put lire dans celui de Gabrielle de la confiance et un immense respect.
« Tout est si sombre… Je sais ce que je dois faire mais serai-je à la hauteur ? Moi qui n'est fait que fuir, est ce pour moi tout ceci ? »
Il rompit le contact visuel et se détourna d'elle. Il s'éloigna quand la voix de Gabrielle le fit s'arrêter :
« Abandonner maintenant c'est renoncer Aragorn ! Tu ne dois pas renoncer ! Tu n'as pas le droit ! Pense à Arwen, elle a confiance en toi, elle croit en ce futur, elle a de l'espoir. »
Gabrielle s'avança de nouveau vers lui et le força à se retourner. Prenant son visage dans ses mains elle reprit :
« Elle n'a pas renoncé, je n'ai pas renoncé… Je t'en prie Elessar, ne te laisse pas envahir par le doute et la peur… C'est ainsi qu'il domine. »
Pour toute réponse, un soupir s'échappa des lèvres d'Aragorn, il se détacha de l'emprise de Gabrielle et à son tour prit son visage dans ses mains et lui embrassa le front avant de se détourner et de la laisser là, face au vide et aux Montagnes Sombres.
L'elfine le regarda disparaître avant de se retourner et de scruter l'horizon. Là, en face d'elle, le ciel était zébré d'éclairs et le ciel était rouge feu. On pouvait entendre une sorte d'orage gronder et le ciel était si sombre. Sa vision se flouta légèrement et elle put entrapercevoir cette silhouette qu'elle craignait tant ainsi qu'un murmure :
*« Tu n'y arriveras jamais ! »*
Cependant elle reprit rapidement le contrôle et secoua la tête, puis à son tour elle se retourna et pris la direction du palais. Mais, alors qu'elle se situait au niveau de l'Arbre Blanc, un vertige la saisit. Elle vacilla et ne dû le fait de ne pas s'effondrer qu'à Eomer qui venait de l'apercevoir et se dirigeait vers elle. Il la retint par la taille et la fit immédiatement s'asseoir sur le banc le plus proche.
« Tout va bien Demoiselle ? » Interrogea le nouveau Roi du Rohan.
Reprenant contenance assez rapidement, Gabrielle rouvrit les yeux et hocha doucement la tête.
« Ce n'est rien… J'ai dû marcher un peu trop vite. »
Cette réponse surpris Eomer mais il n'osa pas répliquer, cependant il demanda :
« Voulez-vous que je fasse quérir votre guérisseur ? »
Mais un hochement négatif de la tête de l'elfine lui signifia que cela n'était pas la peine.
« Inutile. Linolen a déjà beaucoup à faire. Mais, Seigneur, comment va votre sœur ? »
A cette évocation, elle put voir le visage du Rohirrim se détendre.
« Elle s'est éveillée et semble sur la voie de la guérison, mais je pressens que le chemin risque d'être difficile dans les jours prochains et je ne peux rester près d'elle. »
Eomer soupira et baissa la tête. Gabrielle répondit doucement :
« Elle ne sera pas seule, je serai près d'elle et de nombreuses autres personnes aussi. Mais votre sœur devra se rendre compte de certaines choses par elle-même. Et pour cela il faut qu'elle en ait la volonté. »
Le jeune roi se leva et fit quelques pas en avant :
« Je le sais bien, mais l'aura t-elle cette volonté ? J'aurai tant voulu lui épargner tout ceci. »
A son tour Gabrielle se leva et rejoignit Eomer. Elle passa son bras dessous le sien et tous deux se mirent à marcher.
« Trop longtemps elle est restée dans l'ombre, veillant, espérant, se maudissant de n'être qu'une simple femme. En aucun cas vous devez vous sentir responsable, Seigneur. Seuls nos ennemis sont à blâmés ici… »
Ils firent quelques pas en silence avant que Gabrielle demande :
« Seigneur Eomer… parlez-moi de ce qui s'est passé depuis mon départ de Dunharrow. Dites-moi comment il est tombé… »
Ils s'arrêtèrent net et Eomer tourna sur Gabrielle un regard qui s'était soudain voilé. Puis, ils reprirent leur marche et il commença le récit de ces derniers jours.
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Appuyé à un rebord de pierre, Linolen observait cette scène avec un léger sourire. Il fut rejoint par Gandalf qui fit :
« Elle s'est remis assez rapidement. »
Le guérisseur hocha la tête et répondit :
« Ma place n'est plus ici pour le moment, je vais devoir la laisser mais elle n'est pas seule et en cela je suis rassuré. »
Le magicien blanc leva son regard azur sur les Montagnes Sombres et soupira :
« L'heure approche, il est trop tard pour reculer. »
Linolen laissa à son tour son regard s'échapper vers cette terre maudite.
« J'ai confiance en elle… Si elle a réussi en deux jours là où ces aïeuls et même son père ont toujours échoué, je la pense alors capable de beaucoup plus que ce qu'elle pense.
- Mais comment savoir ? Interrogea Gandalf en tournant ses yeux vers le guérisseur.
- Ni vous ni moi ne le pouvons. La route de Gabrielle n'a jamais été celui de la Communauté. Elle le sait pertinemment tout comme vous, laissez la faire ses propres choix, à présent, c'est à elle de déployer cette force qui l'habite.
- Mais tout est si incertain… Frodon est hors de ma vision, j'ignore si l'Anneau est encore en sa possession, Minas Tirith est faible et… »
Mais Gandalf fut arrêté par Linolen :
« Mithrandir, si l'Anneau était en possession de Sauron, nous le saurions et Minas Tirith n'est pas faible… Elle a de nouveau un Roi en qui croire et en qui avoir confiance. Même s'il a des doutes Aragorn sait ce qu'il doit faire et ne se dérobera pas. Il ne l'a jamais fait jusqu'à présent… L'épée qui fut brisée est de retour en ce lieu et nous nous devons d'avoir de l'espoir car les Ténèbres n'ont pas encore envahi ces mûrs ni cette Terre. »
Gandalf ne répliqua rien, Linolen posa alors une main sur le bras du magicien et reprit :
« Ce n'est pas le moment de douter, Gandalf, vous aussi savez ce que vous devez faire… »
Prononçant ces dernières paroles, le guérisseur se retourna et laissa seul le magicien qui s'était perdu de nouveau dans ses pensées.
Linolen regagna les Maisons de Guérissons où il alla une dernière fois voir Eowyn. Il aperçut alors que non loin d'elle se tenait Faramir qui visiblement n'osait venir à sa rencontre. Sa sagesse elfique lui fit comprendre que ces deux là étaient faits l'un pour l'autre et c'est après un salut au nouvel intendant qu'il se dirigea vers la Princesse.
Une fois terminé, il chercha Rumil et Orophin qu'il trouva non loin de là en train de dévisser avec Elladan et Elrohir. Ils échangèrent quelques mots et l'entretien fut ponctué par cette simple phrase de Linolen :
« Pas de folie jeunes gens… Je tiens à vous revoir tout les quatre en vie ! »
Ils s'inclinèrent devant lui et le guérisseur reprit son chemin. Il croisa Legolas en compagnie de Gimli, ils échangèrent quelques mots à leurs tours et il les laissa. Puis ce fut au tour d'Elinë qui était assise sur le rebord d'un petit muret, ces cheveux ébène au vent et son regard perdu dans le lointain. Il s'assit à ces côtés et lentement elle tourna ses iris vers lui.
« Je repars aux Havres, je risque d'être plus utile là-bas à présent. »
Elle hocha la tête.
« Elle est plus sûr d'elle, même si elle l'ignore encore… Murmura l'elfe.
- Je le sais, reprit le guérisseur, il émane d'elle une nouvelle force qu'elle n'a pas encore très bien comprise. Mais elle a fait preuve ces derniers jours d'une certaine volonté si j'en crois son comportement.
- Elle a refusé mon aide pour bloquer ses pensées et son esprit. Elle ne veut pas me mêler à ce qu'elle pense être son combat. De la même façon qu'elle ne veut pas échouer là où ses aïeuls l'ont. Est-elle différente d'eux ? »
Linolen se releva et offrit son bras à Elinë qui l'accepta et ensemble ils descendirent les marches qui les séparaient de la cour.
« Oui… Elle est différente car a su composer et vivre avec ces visions, même si ce fut pour elle un véritable calvaire voir une véritable torture mentale. Elle est différente car elle ne s'est pas laisser mourir alors qu'elle aurait pu et cela à deux reprises et enfin, elle a réussi là où ils ont échoué en ce construisant un futur dont aujourd'hui elle ignore encore le devenir. »
Ils arrivèrent en bas, Elinë s'était tu et Linolen reprit d'un ton amusé :
« Mais ce n'est pas la seule à s'être bâtie quelque chose… Il semblerait que toi aussi. Je ne me trompe pas en affirmant que bientôt Mirkwood aura une charmante princesse digne de ce nom… »
Les paroles de Linolen eurent pour effet de faire rougir Elinë au point qu'elle baissa la tête.
« Mais ce futur n'est pas encore là… » Répondit elle dans un murmure.
Il se tourna vers elle et lui releva le menton :
« Il est à notre porte… Ne refuse pas toi non plus un bonheur qui pourrait t'apporter cette stabilité que tu as tant recherchée au cours de ces années. »
Elinë sourie franchement et malgré sa gêne répondit :
« Je n'en ai pas l'intention.
- Alors tant mieux… »
Il lui embrassa le front et tous deux prirent le chemin des écuries où la monture de Linolen attendait son heure.
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De son côté, Eomer et Gabrielle se tenaient à présent dans une salle où avait été déposée la dépouille de Théoden ainsi que celle d'autres grands noms de la Maison du Rohan. Respectueusement ils s'inclinèrent et alors que Gabrielle se dirigeait vers le corps inerte, Eomer fut lui soudain appelé par l'un des gardes. Ce dernier lui murmura quelque chose et en retour il hocha la tête, il s'avança alors vers Gabrielle qui était à présent agenouillée devant le corps du défunt roi les yeux clos. Il murmura :
« Mon amie, je dois vous laisser on me demande. Je serai ravi de vous revoir dans quelques heures. »
Pour toute réponse elle hocha la tête et après un dernier salut à son oncle, il la laissa seule. Elle rouvrit les yeux et les fit se poser sur le visage de cet homme à qui elle prit la main.
« Je regrette de n'avoir été là… Eomer ma dit que vous aviez semblé inquiet de ne pas nous voir au lieu de rendez-vous. Je dois vous avouer que c'est de ma faute… »
Elle serra cette main froide dans la sienne et reprit :
« J'ai sombré, vous le savez sans doute puisque l'on s'est vu. Ce n'est pas très glorieux n'est ce pas ? Mais je n'ai pas pu, à ce moment là je ne voyais pas d'autre issue… »
Elle soupira et machinalement se mit à jouer avec une des mèches de cheveux du défunt souverain :
« Vous êtes beau ainsi, si paisible, enfin en paix avec vous même. Je vous promets à vous ainsi qu'à toutes les personnes que je connais et qui sont parties trop tôt de tout faire pour le vaincre à ma façon. Je sais à présent où aller, ma place est pas sur un champ de bataille, pour moi c'est un autre genre de combat qui va s'amorcer et c'est probablement le plus difficile. Je dois le combattre sur son propre terrain et pour cela il va me falloir puiser au plus profond de mon être, là où je n'aurai probablement jamais eu l'idée de chercher… Mais je le ferai, pour vous, pour moi, pour eux. Je vous promets que je n'échouerai pas… »
Elle reposa la mèche de cheveux ainsi que la main sur le torse du défunt puis elle se leva, se pencha sur lui et déposa un tendre baiser sur son front :
« Je veillerai sur elle n'ayez crainte. Reposez en paix, Roi Théoden. »
Puis elle s'inclina une dernière fois et sortie de la pièce. Elle dévala les escaliers et à son tour se dirigea vers les écuries. Là elle vit Linolen qui préparait sa monture. S'approchant, elle l'aida sans un mot à mettre la scelle et à l'accrocher.
« Tu le salueras pour moi ? » Interrogea t-elle soudain.
Linolen eut un petit sourire.
« Quelque chose de précis à lui dire ?
- Oui… Que je compte bien moi aussi le revoir sur les rivages des Havres, qu'il se couvre et qu'il n'en fasse pas trop. Qu'il s'inquiète pas qu'à présent je vais bien. »
Le guérisseur haussa un sourcil à cet afflux de recommandation.
« Mais encore ? Reprit-il finalement amusé.
- Rien d'autre, je crois que c'est tout ! »
A l'air pris par Gabrielle, Linolen ne put s'empêcher de rire, bientôt suivi par l'elfine. Il ouvrit ses bras et d'instinct elle vint se blottir contre lui.
« Je suis fier de toi Gabrielle. Murmura t-il le menton reposant sur sa tête.
- Ne parle pas trop vite. Rien est encore fait ni d'un côté, ni de l'autre… »
D'un mouvement, il se détacha et lui prit son visage dans les mains
« Mais je suis tout de même fier, fier de ce chemin parcouru, tu en verras bientôt la fin… »
Il l'embrassa sur les deux joues avant de monte en scelle.
« Dis à Aragorn que j'ai dû partir, nos chemins se recroiseront bien assez vite. Prend garde à toi, ta vie est précieuse et pour bien des gens. Ne doute plus et avance, sois simplement toi même. Namarie Gabrielle ! »
Elle vit le cheval s'ébrouer puis partir aussi vite qu'il lui était permis. Elle songea à lui courir après mais elle se retint et murmura :
« Namarie Linolen… »
Elle attendit quelques instants puis sortit des écuries. Une vague de fatigue la submergea et elle jugea préférable d'aller s'étendre un moment. En chemin elle ne croisa personne, le palais semblait endormit, elle pénétra dans sa chambre et vit que le lit était vide. Elle eut une pensée envers Haldir, s'inquiéta d'où il pouvait être avant de voir une feuille blanche posé sur un des oreillers. Elle la prit et la lu avidement :
Ma tendre Gabrielle,
Je suis partie à une réunion, là des décisions doivent être prises. Rejoins-nous si tu le désire sinon je reviendrai ici dès la fin de cette dernière.
Avec tout mon amour
Haldir
Rassurée, elle posa la missive sur la table de nuit et s'allongea sur le dos. Elle observa un moment le plafond pensive avant de fermer les yeux et de se laisser bercer par sa fatigue.
*Une forêt, claire et lumineuse. Cette clairière elle la reconnut aisément, c'était la sienne et celle d'Haldir, là où ils aimaient se retrouver lors de leurs instant à eux. Puis un rire lui parvint aux oreilles, il résonna en elle comme une douce mélodie. S'avançant, elle vit alors un spectacle qui la surpris : là, au sol, elle pouvait voir Haldir à quatre pattes faisant de drôles de grimaces et prononçant des paroles étranges qu'elle ne reconnut pas comme étant ni de l'elfique ni du langage courant. Les expressions qu'il prenait étaient plus que surprenante si bien qu'elle en fut passablement retournée. Elle essaya de s'approché mais peine perdue, et cela continuait de plus belle…*
Gabrielle se redressa vivement sur le lit au moment où Haldir pénétrait dans la pièce. Il la vit le regard éberlué et en prit légèrement peur. Il se précipita à ces côtés et la prit par les épaules.
« Gabrielle ? »
Elle tressaillit en entendant sa voix.
« Ce n'est que moi… Tout va bien ? »
Fermant un instant les yeux, elle se laissa aller contre lui alors qu'il passait les bras autour de sa taille.
« Calme, s'est finit… Cauchemar ? »
Il put la sentir hocher la tête.
« Tu veux en parler ? »
Repensant aux images assez saugrenues, elle répondit enfin :
« Non, cela ira… Ce n'est rien. »
Il ne rajouta rien, elle fut un instant perdue dans ses pensées. Parler de ce rêve ? Elle réalisa que cela pouvait paraître si stupide comparer à ces précédentes mages qui avait hanté ces nuits, elle secoua de nouveau la tête. Haldir la sentit se détendre et enfin se décoller d'elle. Se calant au creux des oreillers en position assise, elle conserva une de ces mains dans la sienne.
« Alors ? Cette réunion ? »
Haldir porta sa main à ses lèvres et l'embrassa :
« Nous partons dans l'après midi. Il a été décidé que nous marcherons sur la Porte Noire. Une sorte de distraction afin d'attirer l'œil de Sauron sur nous plutôt que sur ces propres Terres. »
Gabrielle ferma un instant les yeux.
« De qui est cette idée ? Questionna t-elle.
- Aragorn… »
A cette réponse, elle les rouvrit et un sourire passa sur son visage.
« Il a choisit alors… »
Haldir hocha la tête :
« Les Hommes du Gondor ont de nouveau un Roi, même si pour le moment rien est officiel. »
Gabrielle eut un autre sourire. Pour elle aussi à présent tout était clair. Elle planta alors son regard dans celui de cet elfe qu'elle aimait plus que tout.
« Haldir… Je ne vous suivrai pas, ma place n'est pas sur un champ de bataille mais ailleurs. »
Haldir fronça les sourcils :
« Tu pars ? Mais où ? Je te préviens Gabrielle, tu n'iras nulle part sans moi ! Je t'en ai fait la promesse ! »
Ce soudain accès de colère surpris Gabrielle. Rapidement elle se rapprocha de lui et prit dans ses mains son visage :
« Je n'ai jamais dis que je partais Haldir ! Calme-toi ! »
- Mais qu'as tu voulu dire par ma place n'est pas sur un champ de bataille mais ailleurs ? »
D'un geste elle prit les mains du gardien et les posa sur ses tempes.
« Ma bataille elle est là. Je ne pars pas avec vous, je reste ici. Je sais à présent où est mon chemin, il n'est pas avec vous… »
Surpris, Haldir mit un moment avant de comprendre de quoi Gabrielle parlait. Il réalisa alors quand il lut sur son visage sa détermination.
« Ton esprit ? »
Elle hocha la tête.
« Je dois le combattre sur son propre terrain et l'affaiblir au mieux que je pourrai.
- Mais comment ? » Interrogea t-il
Les iris émeraude de Gabrielle se plantèrent dans celle azur d'Haldir :
« Je sais pas encore, mais au moment venu cela ne fera aucun doute pour moi… »
Haldir fut traversé d'un sentiment contradictoire que devait-il faire ? Suivre les Hommes et combattre avec eux où bien rester comme sa promesse le disait près d'elle et la soutenir. Il fit descendre ses mains des tempes de Gabrielle à ses épaules, puis à sa taille. Elle cru comprendre le combat qu'il se livrait et fit doucement :
« Je ne considérerai pas comme un abandon de ta part le fait d'aller combattre. J'ai confiance en toi, je sais que tu me reviendras et ta place est parmi eux. Tu ne tiendras pas ici, tu seras comme un animal pris au piège. Je ne t'en voudrais nullement de suivre ta route qui est celle des armes et de la défense des libertés de cette Terre. »
Elle fit glisser à son tour ses mains sur sa taille et colla son front au sien :
« Tu es un capitaine Haldir… Conduit notre petite troupe elfique là-bas et veille sur eux. »
A ces mots, il su ce qu'il devait faire et la prit contre lui. Ils restèrent enlacés un long moment avant qu'il reprenne :
« Et toi ?
- Moi ? Tu me retrouveras ici à ton retour.
- Mais dans quel état ?
- Cela mon gardien, je ne puis le prévoir. »
Il se détacha d'elle, prit son visage en coupole et en observa tout les traits. Il put y voir aucune peur ni aucune incertitude. Il s'approcha alors d'elle et déposa un baiser sur ces lèvres, de doux au départ il devint passionné et avec sa douceur coutumière, il la fit basculer sur le lit. Il se délecta de chaque parcelle de sa peau la faisant gémir de plaisir, il lui renouvela de la plus aimante des façons combien il l'aimait et il fut récompensé par les soupirs qu'elle poussa.
oO§Oo
Ils restèrent ensemble jusqu'au moment du départ. Quand cet instant arriva, elle l'aida à revêtir son armure, attacha ses cheveux en tresses elfiques. Ils s'enlacèrent encore une fois puis quittèrent la chambre, Gabrielle ayant ris au préalable son épée avec elle, geste que ne compris pas Haldir. C'est main dans la main qu'ils arrivèrent dans la cour où ils virent des chevaux prêts. Elinë se tenait aux côtés de Legolas qui avait sur sa monture avec lui Gimli, non loin se tenait Gandalf sur Gripoil, Eomer tenait quand a lui Pippin sur la même scelle. Elle reconnut également Glorfindel ainsi que Rumil, Orophin, Elladan et Elrohir elle leur adressa à tous un sourire. Puis elle vit de nombreux Seigneurs de haut rang, des étendards du Rohan se mêlaient à celles du Gondor et enfin elle le vit, descendant les marches, royal qu'il était dans son armure étincelante. Chacun fut un moment surpris, il émanait de lui tant de prestance et de royauté qu'à ce moment plus aucun doute ne fut permis. Il était bien là, le Roi du Gondor, héritier de Numénor. Elle se dirigea vers lui et offrit un doux sourire.
« Elessar… » Souffla t-elle
Il hocha la tête et répondit :
« Pas encore.
- Mais bientôt.» Reprit-elle.
Il eut un faible sourire, elle ouvrit les bras et ils s'enlacèrent. Ils restèrent ainsi quelques minutes.
« Tu ne nous suis pas en fin de compte. »
Elle hocha négativement la tête.
« Non, mon chemin n'est pas avec vous, mais vous me retrouverez à votre retour sois en certain, pour rien au monde je ne raterai ton entrée triomphale dans ta cité.
- J'envie ton pessimisme.
- J'ai envie d'y croire, et toi même tu y crois sinon tu ne serais pas là vêtu ainsi. »
Il hocha la tête et l'embrassa sur les joues avant de rejoindre sa monture. Gabrielle soupira avant de se retourner et de se diriger vers Haldir, le seul encore au sol. Elle le prit dans ses bras et l'embrassa.
« Interdiction de revenir autrement que sur cette monture. Murmura t-elle.
- Je ferai tout mon possible. »
Ils se séparèrent, là elle tendit enfin son épée à Haldir.
« Tiens, prend là, combat avec, tu la connais cette lame, aussi bien que moi. Je souhaite qu'elle combatte avec toi ainsi ce sera comme si j'étais moi aussi en train de me battre. »
Il fut un instant déstabilisé, il prit religieusement le fourreau dans ses mains et fit :
« Elle te reviendra.
- Je le sais. »
Leur regard s'accrochèrent une nouvelle fois, puis enfin il se détourna et monta en scelle. Devant lui Aragorn, à ces côtés, la petite troupe elfique. Gabrielle eut un regard vers Elinë et lui offrit un sourire :
« Prenez garde à vous, veillez les uns sur les autres et je vous signale que vous devez tous revenir tel que vous partez ! Elinë, ne fait rien d'irréfléchie je t'en pris.
- Ceci est valable aussi pour toi ma petite elfe… »
Gabrielle eut un faible sourire, son cœur commençait à se serrer dans sa poitrine et les larmes lui montait aux yeux. Elle eut un regard vers Aragorn qui comprit. Il éperonna sa monture et bientôt fut suivit par les autres. Le dernier à partir fut Haldir qui regarda une dernière fois cette femme qu'il aimait qui se tenait droite là au milieu de cette cour qui venait de se vider.
« Je t'aime Gabrielle…
- Va, et reviens-moi en un seul et unique morceau… »
A son tour il éperonna son monture et suivit le groupe… Gabrielle se sentit soudain terriblement seule. Les larmes glissèrent sur sa joue sans retenue cette fois. Elle entendit le pas des chevaux décroître et fit soudain volte face. Elle courut rapidement vers l'aiguille de la cour, l'endroit le plus avancé au-dessus des Champs du Pelennor et attendit, au bout de plusieurs minutes, le cortège avec à sa tête Aragorn apparut enfin, derrière lui se tenait bien sur ceux qu'elle avait vu partir mais aussi ceux qui étaient valides et qui avaient rejoins le cortège au fur et à mesure de sa descente. Elle reconnut sans mal les chevelures longues et blondes des elfes et en vit un se retourner.
Il la voyait, là haut, droite et fière, les cheveux volant avec le vent et sa robe porté par ces mêmes bourrasques. Il la vit serrer quelque chose contre elle et ressentit soudain une chaleur lui emplir le cœur.
« Allez avec la protection des Valars… Je t'aime Haldir de Lórien. »
D'instinct il porta la main à son coup et serra le pendentif alors que là haut, Gabrielle tenait serré contre elle, le doigt qui portait la bague offerte.
Au-dessus d'elle, un couple regardait ce même cortège avancé au travers les Champs du Pelennor. Faramir tenait dans sa main celle délicate et frêle d'Eowyn.
Elle ne sut combien de temps elle resta là à voir ce cortège disparaître de sa vision. Quand elle cessa son observation, le jour déclinait et elle releva son regard sur les Montagnes Sombres. Son regard se durcit :
« Quoi que tu me réserves, tu ne me fais plus peur à présent… » Murmura t-elle à l'encontre de cette direction.
Mais une chose lui vint alors à l'esprit : depuis quelques jours, elle n'avait plus de visions cauchemardesques. Mis à part celle eut quelques heures auparavant, enfin pouvait elle appelée cela une vision, et la voix entendue en début de journée, elle réalisa que depuis son éveil, elle n'avait rien vu. Fourberie où développement d'une force qui protégeait son esprit ? Elle ne sut quoi répondre… Se retournant, elle prit la direction du palais et en relevant la tête, elle vit que non loin de l'Arbre Blanc, ce tenait Faramir et Eowyn qui visiblement l'attendais. Elle pressa le pas et les rejoignit rapidement :
« Désolée si c'est moi que vous attendiez. »
Faramir s'inclina.
« Effectivement, c'est l'heure du repas, nous vous attendions. »
Gabrielle eut un sourire et tourna son regard vers Eowyn. Elle prit simplement la main de la jeune femme qu'elle serra dans la sienne. Aucunes paroles ne furent échangées mais leurs regards en disaient long.
Tout les trois rejoignirent une petite salle où le repas leur fut servi, Gabrielle dévora au grand étonnement des deux personnes qui étaient attablés avec elle. Ce fut Eowyn qui glissa à Faramir :
« Les elfes ne sont t-ils pas censés ne pas raffoler de la nourriture typiquement humaine ? »
Le nouvel intendant haussa les épaules en signe d'incompréhension. La fin du repas arriva et après une balade sur les mûrs de la citadelle, à parler de tout et de rien, ils se séparèrent sur le seuil de la chambre de Gabrielle.
Elle y entra après les avoir salués. Là elle commença à s'occuper d'elle quand un haut le cœur la prit. Elle eut juste le temps de courir vers la salle de bain avant de rejeter l'ensemble de son dîner. S'asseyant au sol, elle chercha un peu de fraîcheur. Elle se releva quelques minutes plus tard, se passa de l'eau sur la figures et sur la nuque, se rinça la bouche et retourna dans la chambre où elle passa son vêtement de nuit, une fois fait, elle s'allongea sur le lit et grogna :
« Satanée nourriture humaine. Pourtant cela semblait si appétissant, cela m'apprendra à être aussi gourmande ! »
Elle eut une pensée pour Haldir, adressa une prière aux Valars et ferma les yeux soudain épuisée.
Depuis son campement, Haldir sentit de nouveau cette chaleur l'envahir. Son regard tomba sur le fourreau et à son tour il ferma les yeux en adressant une prière muette aux Valars.
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Aux Havres-Gris, Cirdan regardait l'horizon avec un sourire non feint. Galdwine s'approcha de lui et s'assit à ces côtés sur le ponton où était accostés deux bateaux.
« A voir votre sourire, je dirai que pour le moment tout semble aller bien. »
Le charpentier tourna son regard vers l'elfe et la prit par les épaules.
« Pour le moment oui. Mais je crois que nous pouvons espérer si ce que j'ai vu est réel, il y a de quoi espérer. »
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A Imladris, Arwen plus faible que jamais s'éveilla en sursaut. Elrond fut rapidement à ces côtés et la prit doucement par les épaules.
« Ada, j'ai sentie la vie. »
Elrond hocha doucement la tête et rallongea sa fille qui referma aussitôt les yeux. Se relevant, il alla sur son balcon et malgré la situation, se prit à sourire.
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En Lórien, la situation n'était guère des meilleures, les frontières étaient attaquées de toute part et les souverains même étaient montés à la bataille. Galadriel se tenait debout, droite et fière, elle regardait ses troupes renforcées par celles de Mirkwood, ils étaient en chemin pour Dol-Guldur après avoir essuyé de nombreuses pertes. Ils s'étaient arrêtés pour la nuit et là elle observait les étoiles. Deux mains vinrent s'enrouler autour de sa taille et elle fit doucement, en pointant le ciel de sa main blanche :
« Regarde Celeborn, une nouvelle étoile vient d'apparaître. »
