J'ai déjà dit que j'aimais la science fiction ? Déjà que je me régale à chaque fois qu'il y a un arc de Gintama en rapport avec l'espace, là j'me suis fait plaisir pour ce chapitre ! Bonne lecture !


Chapitre 54 : Ils sont dans les conduits d'aération !


Plusieurs explosions retentirent dans tout le vaisseau, avant que Kamui n'arrive finalement près de l'endroit où les intrus avaient été aperçus pour la dernière fois. Suivi de près par Jihou, il était tombé sur un attroupement, devant une porte blindée fermée.

-Il se passe quoi ici ? Pourquoi vous avez pas encore défoncé cette porte ? Demanda Kamui, impatient.

-Capitaine ! S'exclama un des Yato aux longs cheveux noirs. Les alarmes se sont déclenchées et toutes les parois étanches de la zone se sont abaissées !

Kamui se craqua les doigts, non satisfait de cette réponse. Ce n'était pas son propre vaisseau ni son propre équipage qui allaient l'empêcher de retrouver le samourai aux cheveux argentés.

Il s'approcha de la porte, et avec force, commença à tenter de la soulever pour libérer un passage au sol. Mais étrangement, la porte ne bougeait pas, même en y mettant toute sa force. Comme si elle était tenue en place par une pression invisible.

Et si lui n'y arrivait pas, personne à bord ne le pourrait.

-Capitaine ! Interpella alors Jihou. Nous avons réussi à piloter les caméras du couloir derrière cette porte !

-Et alors ? Demanda le rouquin qui perdait visiblement patience.

-Y'a… Y'a plus de couloir…

Sur ces mots, Kamui rejoint et dissipa rapidement le petit groupe qui s'était massé devant un petit écran carré à tube cathodique, qui tout en grésillant, montrait la raison pour laquelle la porte refusait obstinément de bouger. Le vaisseau avait été éventré par une explosion, laissant au vide intersidéral toute une partie des installations.

Il n'y avait en effet plus de couloir, et donc plus de moyen de rejoindre directement la salle des réacteurs, qui serait sûrement la prochaine cible des saboteurs qui s'étaient faufilés à bord. Il pouvait toutefois compter sur le fait qu'une partie de l'équipage se trouvait forcément dans la partie arrière du vaisseau, et donc de l'autre côté du gouffre béant. Mais son sang bouillait rien qu'au fait de pouvoir se mesurer à nouveau à cet homme, et il ne tenait déjà plus en place.

-Hé, Daisy, trouve un moyen pour qu'on passe de l'autre côté. Maintenant.

-Capitaine ? Interrogea Jihou. Je sais pas si vous avez vu… Mais y'a un gros trou dans le vaisseau…

-Le vaisseau est pas coupé en deux, non ? Sourit le rouquin. Donc ça veut dire qu'il y a moyen de passer d'un côté à l'autre.

-Je… Je suppose…

-Alors… Qu'est-ce que t'attends ? Et préviens l'équipage de l'autre côté de commencer à chasser les intrus, en resserrant la sécurité autour de la porte du réacteur.

-ça… ça va pas être possible capitaine… Il semble que les communications aient été coupées par l'explosion. Les câbles de l'antenne ont été sectionnés, expliqua Jihou.

Le regard acéré du Yato s'était posé sur son subordonné, clairement menaçant.

-Mais je… Nous allons faire notre possible ! Rattrapa le jeune peureux.

Jihou devait faire vite, s'il le voulait pas finir jeté dans l'espace. Il avait déjà entendu des rumeurs sur des éléments indésirables s'étant fait éjecter dans le vide, ou sabordés à bord de containers de tri, juste parce qu'ils avaient mis en rogne le capitaine. S'il pouvait éviter ce triste sort, il allait tout faire pour.

Aidé d'un des techniciens, il étudia les plans du vaisseau. Les cloisons étanches s'étaient toutes abattues de part et d'autre du trou au centre du vaisseau, condamnant même les couloirs qui étaient encore pressurisés. Il fallait donc soit réussir à déverrouiller les parois blindées, soit à passer outre… Et pour passer outre, il avait déjà une solution… Restait à savoir si ça allait plaire au Capitaine Kamui…

-Capitaine, on a peut-être trouvé une solution, interpella Jihou.

Kamui, qui jusqu'à présent était appuyé le dos contre une paroi, les bras croisés, se décolla d'un bond de la structure du vaisseau et se rapprocha du petit groupe qui était toujours massé devant le petit écran, qui affichait à présent un plan auquel le capitaine ne comprenait rien.

-C'est quoi ça ? Demanda-t-il en pointant des lignes rouges mises en évidence dans tout un schéma compliqué.

-On ne peut pas passer par les couloirs, même s'ils sont encore pressurisés, car le système nous empêche pour des raisons de sécurité de déverrouiller les portes les condamnant expliqua un des techniciens. Et les déverrouiller manuellement une à une prendrait trop de temps, surtout si les intrus comptent encore faire des dégâts.

-Donc, on va passer par là, expliqua Jihou, en pointant l'étrange réseau rouge. Les tuyaux de ventilation. Ce sera plus rapide, même si on sera un peu à l'étroit.

-Y'a pas un moyen plus rapide ? Demanda Kamui. Du genre…

Le rouquin pointa du doigt la coque du vaisseau, d'un côté de l'explosion, puis de l'autre.

-Prendre un raccourci ? Par l'extérieur ? Termina le capitaine.

Le technicien et Jihou se regardèrent, pesant le pour et le contre. Il y avait bien un moyen… Mais… Restait à savoir qui se dévouerait pour l'expliquer, au vu de ce que cela impliquait. Et vu que le technicien semblait le supplier du regard, Jihou se désigna lui-même pour se porter volontaire.

-Il y a bien une autre solution, mais c'est risqué, et il faudra qu'une personne connaissant l'électronique vienne… Commença le jeune Yato aux cheveux argentés.

Il tapa quelque chose sur un clavier suspendu par un câble à la paroi du mur, et le plan fit alors un zoom sur le côté droit du vaisseau, et plus particulièrement la paroi externe.

-Il y a un sas d'accès pour la maintenance à une centaine de mètres de cette porte de chargement. Si on le déverrouille, on pourra entrer dans le vaisseau au-delà de la zone condamnée.

-Mais on a pas assez de combinaisons pour tout l'équipage, donc…

Kamui s'approcha un peu plus, et tout en faisant un petit sourire, passa son bras autour des épaules de Jihou.

-Mais y'en assez pour qu'on y aille tous les deux, pas vrai, Daisy ?

Il était définitivement foutu. C'était sûr. Ce type allait profiter de cette « sortie » pour se débarrasser de lui, une fois le sas déverrouillé. Et il était déjà trop tard pour protester, car quelques minutes après, les trois ingénieurs disponibles de ce côté du vaisseau s'affairaient déjà à faire enfiler à Kamui et à lui une épaisse combinaison spatiale. Il pouvait ajouter la claustrophobie à sa liste de peurs, au vu du malaise qu'il éprouvait à être coincé dans le matériel censé le maintenir en vie dans le vide spatial.

Clic.

Le technicien aux cheveux longs qui lui faisait face venait de visser et de verrouiller le casque sur la tête de Jihou, l'enfermant pour de bon dans l'habit étanche. Il jeta un regard sur sa droite, et vit que Kamui aussi était enfin équipé. Ce dernier appuya de ses gros doigts gantés sur un bouton du clavier placé sur son avant bras, et des lumières s'allumèrent à l'intérieur et à l'extérieur du casque, pour éclairer leurs futurs gestes. Il imita son supérieur, et failli aveugler les Yato qui s'affairaient encore une dernière fois à vérifier que l'ensemble était bien étanche.

Il sentit également un soudain flux d'air frais arriver, et se rendit compte que la réserve d'oxygène avait été activée pour être distribuée dans toute la combinaison. Ce la le rassura un peu, mais le mit de nouveau devant le fait accompli : deux Yato allaient sortir dans l'espace, sûrement pour la toute première fois, que ce soit sur ce vaisseau ou ailleurs. Et inutile de dire que le vide n'était clairement pas leur milieu naturel.

Le capitaine ordonna à ses subordonnés de déjà commencer à investir les tuyaux d'aération pour gagner du temps, pendant que lui et Jihou finissaient d'être apprêtés. Et rapidement, une dizaine de Yato se faufilaient par des grilles d'aération, afin de rallier le plus vite possible l'autre côté du vaisseau.

Encore quelques minutes, et Kamui et lui étaient à présent dans une petite pièce, la porte d'accès étant refermée derrière eux, et une partie de l'équipage jetant des regards anxieux par la petite fenêtre de la cloison. Comme il s'agissait d'une porte pour le chargement, elle n'était pas supposée être ouverte directement sur le vide, donc pas de sas de décompression, et donc pas de moyen de sortir en douceur. Il avait rapidement expliqué le problème à son supérieur, qui étant trop enthousiaste pour s'inquiéter, avait réglé le problème en nouant une corde à sa taille et à celle de Jihou. Corde elle-même attachée par plusieurs nœuds grossiers à une des poutrelles métalliques au plafond de la pièce.

-Vous plaisantez, j'espère ? Une corde ? S'était offusqué Jihou.

-Tu vois une autre solution ? Pesta Kamui, qui n'aimait pas être contredit.

-Peut être que nos combinaisons ont déjà ce qu'il faut. Laissez-moi vérifier.

Il chercha dans le menu des fonctions de sa propre combinaison, balayant plusieurs pages sur le petit écran incurvé positionné sur son avant bras, avant de tomber sur un icône ressemblant à une chaussure.

-Ah, je crois que j'ai trouvé.

Le jeune Yato avait alors pris soin d'activer leurs semelles magnétiques, et le rouquin s'était immédiatement amusé à marcher sur les murs et le plafond, le temps que les protocoles de sécurité soient contournés afin d'ouvrir la porte sur le vide de l'espace.

Une fois cela fait, Jihou prévint Kamui de s'accrocher tout de même à ce qu'il pouvait, la fuite d'air pouvant être très violente. Le capitaine vanta alors son idée concernant la corde les attachant, ce qui fit grimacer son subordonné. Jihou n'aimait pas vraiment les choses improvisées.

La panique ne se fit pas attendre. La porte s'ouvrit sur le vide avant d'être arrachée au loin, l'air de la pièce aspiré avec force a l'extérieur. Les semelles magnétiques tinrent bon, et tout revint aussi rapidement à la normale, ou presque. Il n'y avait plus de gravité, et les deux Yato sentaient que sans leurs bottes les clouant à la paroi du vaisseau, ils étaient aussi entraînés ça et là comme des manches à air dans le vent. Être en étant d'apesanteur était vraiment étrange, et ce qui l'était encore plus était de constater que les mouvements les plus violents étaient ralentis considérablement.

Kamui se rendit compte qu'il n'aurait sans doute pas pu fracasser à mains nues l'entrée du sas, au vu des conditions dans lesquelles il se trouvait.

Marchant sur le mur de la pièce, sous les regards amusés et ébahis des Yato encore plus nombreux derrière la petite vitre de la porte encore fermée, Jihou et Kamui se dirigèrent vers l'extérieur, posant les pieds sur la carlingue du vaisseau.

Ils étaient à présent à l'horizontale totale, comparée aux membres de l'équipage qui observaient encore la scène, ce qui leur donna à tous les deux le tournis. Kamui se rappela des paroles que son chauve de père avait eues une fois, en revenant d'une mission.

« L'espace, y'a pas de sens. Ça a pas de sens, et tu sais plus ni où est le haut, ni où est le bas. » Avait dit Umibouzu.

«Un peu comme ta perruque le vieux, ça a pas de sens non plus de continuer à la porter vu que de toute façon t'as presque plus de cheveux ! »Avait répliqué Kamui, qui n'était alors qu'un gamin.

Umibouzu s'était alors énervé, le commentaire désobligeant portant sur le sujet sensible de sa gloire capillaire passée.

« Répète encore ça et la prochaine fois j'te balance dans l'espace le mioche ! »

«Essaie si tu l'ose le vioque ! »

Kamui avait alors commencé à tirer sur les derniers cheveux naturels de son pauvre père, ce dernier tentant d'écarter le plus possible le rouquin enragé de lui.

«C'est décidé ! La prochaine fois, je te largue en orbite autour d'une planète ! »

« Pas si c'est MOI qui t'y balance avant sale chauve ! »

« Au moins je t'entendrais plus brailler comme un poulet ! Morveux ! » (1)

Kamui se sourit à lui-même, et au souvenir d'avoir arraché quelques mèches noires au crâne de son père. Que de bons souvenirs…

Le duo avança rapidement, comblant l'écart entre leur point de départ et leur objectif final. Devoir avancer un pas après l'autre, de façon exagérée et ralentie, n'était pas le plus idéal. Mais ils n'avaient pas vraiment le choix. Ils parcoururent le flanc droit du vaisseau, observant au passage les dégâts que l'explosion d'origine inconnue avait provoqués. Des poutrelles métalliques et des tuyaux s'échappaient dans le vide par les parties éventrées de la coque, tordus dans tous les sens comme du papier. Quelques caisses encore fermées flottaient également à proximité, signe qu'au moins un des entrepôts de stockage avait été touché. Au final, une très petite portion du vaisseau avait été sujette à l'explosion. Mais la vétusté des installations n'avait pas joué en leur faveur, au vu du verrouillage en règle que le vaisseau avait mis en place juste après. Abuto allait s'arracher les cheveux en voyant le budget pour les futures réparations, s'il revenait un jour parmi eux.

Tout était si incertain à présent. Dans son rapport de la veille, le vieil Amanto avait dit avoir trouvé un allié pouvant les aider. Mais sans savoir exactement de qui il s'agissait, Kamui ne savait dire quelle différence cela pouvait apporter. Tout ce qu'il savait pour l'instant, c'est qu'ils devaient détruire le vaisseau qui allait les rejoindre sous peu, afin de libérer Rakuyou. Même si leur plan n'avait pas fait autant de dégâts que prévu, il avait tout de même eu l'effet escompté en faisant sortir de son trou l'Oncle Shingen. Il prit une expression grave.

Il ne savait pas où était passée sa petite sœur.

Ça faisait des jours que deux de ses hommes essayaient de la localiser pour la ramener à bord, sans succès. Elle avait totalement changé ses habitudes, et était devenue imprévisible. Pourtant, Kamui le savait. Elle n'était plus en sécurité sur Terre. Pas avec ce qu'il avait découvert. C'était pour son bien qu'il avait monté ce plan, après tout. Pour la mettre en sécurité, même contre son gré.

Certes, certaines méthodes avaient été imposées par l'autre parti, et lui avaient déplus, mais seule le résultat final importait. Il se fichait bien de ce qui pouvait arriver aux habitants de la Terre, du moment que sa sœur et le reste des Yato étaient en sécurité.

Mais avec l'impossibilité pour le moment de la ramener à bord, sans parler de l'incursion ennemie à bord, il était en pleine proie au doute.

Il fut sorti de son intense réflexion par Jihou, qui venait de lui tapoter l'épaule.

Ils étaient enfin arrivés au niveau du sas, et un nouveau problème se posait…

-Je peux pas m'accroupir avec la combinaison… Désespéra Jihou.

-Dans ce cas désactive tes bottes et flotte devant, non ? Proposa Kamui.

Il n'avait pas tort. Se pencher ou même juste plier les genoux était quasiment impossible dans les combinaisons semi-rigides. Mais s'il flottait devant, cela éliminait ce problème. Du moment que l'un d'entre eux restait magnétisé à la coque du vaisseau, il n'y avait pas de risque de dériver dans le vide.

Jihou s'exécuta, et se mit à flotter, quelques centimètres au dessus de la paroi en acier.

-Oh, s'exclama Kamui. Tu flotte vraiment !

-Bien sûr. Plus rien ne me retient après tout. Ni gravité, ni…

Mais déjà, Kamui s'amusait à faire tourner sur place son malheureux subordonné, le transformant en toupie Amanto.

-C-Capitaine arrêtez ! Je vais vomir !

-Roh allez, encore un peu ! C'est super amusant ! C'est pas comme si je pouvais faire pareil, pas vrai ?

Vrai. Il fallait bien que quelqu'un reste collé au vaisseau… Quitte à ce que Jihou en paie le prix. Mais il avait aussi une idée.

Entre deux rotations forcées, il demanda à la volée :

-D'ailleurs Capitaine… Vous semblez connaître le type… Qui s'est introduit sur le vaisseau… Non ?

La question eut l'effet escompté, Kamui l'immobilisant presque immédiatement sur place.

-Oh, j'ai presque failli oublier…

«Parce que vous vous amusiez trop à mes dépends ? » pensa Jihou, l'estomac encore noué.

-ça va pas le faire. Je veux vite l'attraper pour à nouveau me battre contre lui. Continua Kamui.

Il fit alors flotter son malheureux subordonné jusque devant le panneau de maintenance électrique se situation sur la gauche de la trappe du sas. Subordonné qui lui lança un regard incertain, auquel Kamui répondit en lui faisant signe avec la main de se mettre au travail. A priori, Jihou était épargné pour le moment. Mais qui sait quand le capitaine aurait à nouveau envie de s'amuser…

Pendant plusieurs minutes, qui purent sembler une éternité, Jihou s'affaira à l'intérieur du panneau plein de câbles et de composants que Kamui ne reconnaissait pas. Il déplaçait certains blocs, en pivotait d'autres, et arrachait même des câbles pour les utiliser et court-circuiter certains systèmes.

Le Yato peureux semblait étonnamment dans son élément avec l'électronique, et Kamui se demanda même comment un talent pareil avait pu passer inaperçu au sein de sa propre flotte. Mais il voyait également le regard concentré, et le front plissé de son subordonné, dévoilant la difficulté de la tâche en cours de réalisation.

Une LED changea alors de couleur, passant du rouge en verre, et même s'ils ne pouvaient rien entendre dans l'espace, les deux Yato virent des pinces de fixation se retirer de chaque côté de la trappe en métal.

-Et voilà, c'est déverrouillé, dit enfin Jihou dans sa radio, le front en sueur.

Les combinaisons commençaient sérieusement à les faire rôtir sur place, malgré le froid absolu du vide de l'espace dans lequel ils évoluaient. Et chaque mouvement devenait d'autant plus lourd à faire qu'il devait être précis. Ce qui n'empêcha pas Kamui de tirer avec force sur la trappe, sans succès.

-ça devait pas être ouvert ? S'offusqua Kamui.

Visiblement lui aussi frustré par cette mauvaise surprise, Jihou brancha un câble de données télescopique logé dans la console portable de l'avant bras de la combinaison, dans une sorte de prise présente dans le panneau déjà plein de câbles.

Aussitôt, plusieurs lignes de texte s'affichèrent sur le petit écran de la combinaison, et il les lut avec une grande attention. Puis soupira.

-Le sas est électroniquement déverrouillé … Il est maintenu en place par le mécanisme en lui-même… ça va être impossible de rentrer si je ne peux pas débrancher le circuit hydraulique…

Jihou expliquait en même temps qu'il cherchait déjà une solution à ce nouvel obstacle entre eux et l'intérieur rassurant du vaisseau spatial.

-On peut pas rentrer, alors ? Demanda Kamui. Après avoir fait tout ça ?

-Non… Difficile, ça prends quelques secondes Impossible, quelques minutes.. (2)

Kamui n'aimait pas vraiment être laissé dans l'incertitude, et le fit immédiatement savoir.

-Daisy, as-tu été élevé dans le but de m'énerver ? (3)

-Non Capitaine, répondit Jihou. Mais si vous pouviez me laisser finir mon travail…

-Tu veux mourir ? Menaça Kamui, non content d'avoir été contredit.

-C'est pas ce que je voulais dire.. enfin si ! Si vous continuez à me menacer je vais pas pouvoir me concentrer !

Kamui sembla plongé en pleine réflexion, avant finalement de se décider à laisser son souffre douleur travailler en paix.

Jihou poussa un soupir de soulagement. Au moins il n'allait pas être balancé dans l'espace. Du moins pas tout de suite.

Être à bord du vaisseau de la septième flotte des Harusame, même en étant un Yato, était sacrément dangereux. Et s'il s'en sortait, il allait en toucher deux mots à Sayu. Enfin, s'il le revoyait un jour.

Bon. Il fallait évacuer le liquide en dehors du circuit hydraulique, afin que la porte puisse enfin être ouverte. Il contempla les modifications qu'il avait déjà faites pour désactiver le verrouillage automatique, et après quelques minutes, comprit enfin ce qui bloquait.

-C'est bon, j'ai réussi ! S'exclama Jihou.

Et pour démontrer sa prouesse, il ouvrit enfin la trappe extérieure du sas, dévoilant l'intérieur invitant du vaisseau. Vaisseau qui allait devoir subir beaucoup, beaucoup de réparations à leur prochaine escale.

Kamui allait le féliciter d'une bonne grosse tape dans le dos, lorsqu'une énorme secousse suivie de vibrations intenses surprirent les deux Amantos. Le vaisseau tout entier semblait prendre vie, comme une créature immense.

-C'était quoi ça ? Demanda Jihou, affolé.

Il n'eut pas le temps d'en savoir plus, qu'une secousse encore plus forte suivi d'une sensation d'écrasement fit grimacer les deux individus. Ils se rendirent compte en tournant la tête vers l'arrière du vaisseau que les moteurs de ce dernier avaient été allumés, et que le vaisseau avançait lentement, mais assez vite pour exercer une pression importante sur leurs corps.

-Ils ont allumé les moteurs ! Ces enfoirés essaient de détourner mon vaisseau ! Hurla de rage Kamui.

La lueur émise par les moteurs augmenta soudainement, et le capitaine eut à peine le temps de hurler un « accroche toi ! » avant que le vaisseau ne fasse un violente et courte accélération. Immédiatement après, les moteurs s'éteignirent à nouveau. L'utilisation inhabituelle de la propulsion avait dû faire court-circuiter les commandes.

Nul doute que ça devait être la panique à l'intérieur même, au vu de la force donnée par les moteurs, même aussi brièvement. Et même en étant à l'extérieur, Kamui avait senti l'impact de la poussée dans tout son corps. Il sentit encore une pression exercée à sa taille, et se rendit compte que la corde qu'il avait nouée autour était totalement tendue.

Suivant du regard la corde, il vit au bout Jihou, qui flottait dans le vide, inerte. L'impressionnante accélération avait dû non seulement le projeter loin de la paroi du vaisseau, mais aussi très probablement le faire s'évanouir. Et le pauvre Yato en question n'avait pas la moindre idée que a vulgaire corde qu'il avait raillée un peu plus tôt lui avait sauvé la vie.

Avec aisance, Kamui ramena son nouveau fardeau vers lui, comme lors d'une de ces jeux de tir à la corde. Mais il n'avait pas fini d'être frustré par la situation.

-Qu'est-ce que ces abrutis sont en train de faire… Se dit-il à lui même en serrant les dents.

A l'extérieur du vaisseau et sans moyen de communication, il ne pouvait que spéculer sur ce qui pouvait bien se passer dans la partie arrière du vaisseau. Mais vue la nature de son équipage, composé à 100 % de Yato, il se doutait que la violence était la réponse préférée pour n'importe quelle situation. Il ne nierait pas que s'il n'était pas à l'endroit où il se trouvait actuellement, il aurait absolument fait pareil. Mais être dans une situation dangereuse au point que la moindre connerie de votre équipage pouvait vous tuer, ça faisait réfléchir. Un petit peu.

Pester n'allait servir à rien, dans cette situation. Il allait devoir se rendre sur place pour pouvoir lui-même sévir face aux intrus et à son propre équipage. Mais chaque chose en son temps.

Il entra dans le sas, tirant derrière lui Jihou qui était devenu une sorte de cerf volant improvisé, et referma la trappe extérieure.

Presque aussitôt, une lumière bleue s'alluma dans le petit espace, et de l'air fut injecté, en même temps que la gravité artificielle prenait le dessus. Le beau cerf volant de Kamui se ramassa sur le sol, inerte. Au moins ils étaient tous les deux sains et saufs, c'était déjà ça…


A Suivre…


Notes de compréhension :

(1) « Au moins je t'entendrais plus brailler comme un poulet ! » : référence à la fameuse phrase « dans l'espace, personne ne vous entends crier », citation issue du film Alien Le huitième passager. Plus sérieusement, les ondes sonores ont besoin d'air pour se propager. Et sachant qu'il n'y a pas d'air dans le vide de l'espace, tout ce que vous entendrez, c'est le silence. Le titre de ce chapitre est également une référence directe à une scène du film.

(2) « Difficile, ça prends quelques secondes Impossible, quelques minutes » : Réplique du scientifique Rodney McKay dans la série Stargate Atlantis.

(3) « Daisy, as-tu été élevé dans le but de m'énerver ? » : Référence au film Le Trou Noir, produit par Disney. La réplique originale est « Vincent, as-tu été programmé pour m'énerver ? », ce à quoi le robot nommé Vincent réponds « Non monsieur, pour vous instruire ».


On a bien fait le plein de SF avec ce chapitre, c'était un régal à écrire, et un peu plus palpitant que les deux précédents chapitres, qui faisaient plus transition !:)

A la semaine prochaine !