Chapitre 37

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Les premières minutes dans la jeep furent étranges.

Stiles, qui conduisait, avait au moins l'excuse d'être concentré sur la route et de ne pas pouvoir se mettre à parler… Bien que faire les deux à la fois n'aurait jamais été un souci pour lui.

Mais c'était ce qui était en train de se passer : alors que le garçon conduisait sans porter une réelle attention à la direction qu'il avait prise, Derek regardait par la fenêtre et fronçait de temps en temps les sourcils, mais sans donner la moindre explication.

Et tout ça dans le silence le plus absolu.

Ce fut ça jusqu'à ce que, quelques quinze minutes plus tard, Derek soit le premier à parler.

Et cela aurait déjà été une surprise en soi, si ce n'est pour ce qu'il dit :

« Tu veux monter ? » Demanda-t-il, pointant du pouce la fenêtre.

Stiles, arrêté à un feu rouge, tourna la tête pour voir à quoi il faisait référence, et seulement alors il fut conscient qu'ils avaient fini juste à côté du bâtiment où se trouvait le loft de Derek.

Le garçon regarda avec horreur l'édifice, et ensuite le doigt que Derek avait toujours en l'air, pour s'assurer que non, que ce n'était pas une hallucination ; et qu'ils avaient fini au dernier endroit où il voulait atterrir, parce que c'était précisément la dernière impression qu'il voulait donner à Derek.

Mais, d'un autre côté, Derek était celui qui avait demandé.

Et en prenant en compte que c'était la première chose qu'il disait depuis qu'ils étaient seuls… Peut-être qu'il voulait réellement qu'il monte.

« Sûr ? » Demanda Stiles, parce qu'il voulait être super sûr qu'il était en train de faire correctement, et surtout faire comprendre que c'était Derek qui était maître du tempo entre eux.

Le Bêta haussa un sourcil, surpris, et regarda Stiles fixement… Très, très fixement.

Alors Stiles n'eut pas d'autres choix que se garer et sortir presque en courant de la voiture, même si ce fut seulement pour prendre un peu l'air, parce qu'il commençait à faire un peu chaud dans la jeep.

Derek suivit en silence l'adolescent, et ils restèrent ainsi durant le trajet dans l'ascenseur. Chacun dans son propre monde, Stiles regardant ses chaussures et Derek les yeux perdus dans le vide.

La tension était plus que palpable, et quand Derek ouvrit la porte coulissante du loft, Stiles fut tenté de chercher n'importe quelle excuse pour partir d'ici. S'il n'avait que moyennement aimé voir Derek mal à l'aise dans la maison Stilinski, ce serait encore pire le voir ainsi dans son propre appartement. L'unique endroit au monde où il devrait toujours se sentir sûr de lui, protégé et à l'aise.

Mais avant que Stiles ne puisse dire quoi que ce soit, Derek ferma la porte d'un mouvement brusque, et posa une main sur le torse de Stiles pour qu'il s'appuie contre ladite porte qu'il venait de fermer, juste face à lui…

Et alors que Stiles ne savait toujours pas ce qu'il était en train de se passer, Derek l'embrassa.

Il le fit sans hésitation, levant ses deux mains à la rencontre des joues du garçon, soutenant son visage. Peut-être pour s'assurer qu'il ne cherche pas à lui échapper.

Mais Stiles n'avait pas la moindre intention de le faire.

A peine sentit-il les lèvres de Derek sur les siennes que toutes ses préoccupations précédentes disparurent.

Il leva les deux mains jusqu'au visage de Derek, imitant sa position, et quand le baiser se fit un peu plus intense, il dut les monter jusqu'à ses cheveux et enrouler ses doigts dans ses mèches. C'était quelque chose qu'il avait voulu faire depuis leur premier baiser, parce que c'était pile comme ça qu'il s'imaginait embrasser Derek, et comme il le faisait toujours dans ses rêves ; avec beaucoup de passion et un peu d'agressivité.

Derek mordit sa lèvre inférieure et Stiles lâcha un gémissement duquel il ne ressentit pas la moindre honte.

Et encore moins quand ce gémissement, si c'était possible, augmenta un peu plus le désir de Derek, et ses lèvres se firent encore un peu plus agressives contre les siennes.

Stiles essaya de garder le rythme, même s'il ne savait pas ce qu'il était en train de faire… Ou plutôt, il ne savait pas sur quoi se centrer. Les lèvres de Derek ; ses cheveux si doux qu'il pourrait passer sa vie à les caresser ; ou l'humidité de sa langue à chaque fois qu'il osait pousser un peu la sienne dans la bouche de Derek, et où dans la seconde celle du loup venait à sa rencontre – et il avait l'impression que ça créait des étincelles.

Tout était parfait. C'était bien mieux que tout ce qu'il aurait pu imaginer. Il sentait Derek tout autour de lui. Tant le goût dans sa bouche que l'arôme unique que dégageait sa peau et la chaleur qui émanait de ce corps stupéfiant.

Depuis leur rencontre et le début de ses fantasmes, il savait que l'embrasser serait comme goûter à un autre monde… Mais ça s'avérait être encore mieux.

Surtout au moment où, alors qu'il ne s'était pas encore totalement fait à l'idée qu'il embrassait Derek Hale comme s'il n'y avait pas de lendemain, il nota les mains du Bêta descendant le long de son dos pour le serrer contre lui. Laissant que leur corps s'épousent entièrement, et qu'il puisse sentir parfaitement toute son anatomie.

Stiles était saoul de plaisir… Bon. En réalité il était aussi ivre à cause du vin, mais il se sentait comme dans un nuage, espérant que cette sensation ne finisse jamais.

Mais rapidement, toujours sur son nuage, il remarqua qu'une main de Derek abandonnait son dos et allait directement à sa ceinture, pour commencer à déboutonner son pantalon.

Le simple son de la fermeture éclair réussit presque à faire jouir Stiles, encore plus quand Derek gémit dans sa bouche avant d'ensuite laisser une petite morsure à sa lèvre inférieure.

Stiles laissa Derek mener la danse comme il le voulait. Il était clair qu'il aimait avoir le contrôle, et ce n'était pas lui qui allait l'en empêcher… Encore moins quand à peine cinq minutes auparavant, il n'aurait jamais cru qu'ils puissent faire quelque chose comme ça, vu comme tout avait été gênant depuis le début de la soirée.

Et alors il comprit que quelque chose n'allait pas.

Comment c'était possible que Derek lui-même, qui avait été silencieux et mal à l'aise toute la soirée, se comportait soudainement comme un ado excité ? Comme si ce qu'il s'était passé avant n'avait pas d'importance, tant qu'ils finissaient là, à tirer leur coup contre la porte de ce loft.

Ça n'avait pas le moindre sens…

Sauf que, d'une certaine manière, ça l'avait.

Après tout, c'était ce à quoi Derek était habitué : coucher avec ses partenaires alors qu'ils n'avaient toujours pas vécu tout ce qui devait normalement se passer avant. Se connaître peu à peu en rendez-vous gênants et promenades romantiques absurdes sous la lune.

Et c'était encore plus logique qu'il réagisse comme ça, alors que c'était Stiles lui-même qui les avait conduits chez lui. Lui donnant l'impression que c'était ce que lui avait envie de faire. La seule chose qu'il voulait faire avec Derek.

Stiles sentit un petit vertige quand il en arriva à cette conclusion, et il essaya de se concentrer.

Pas aux lèvres de Derek, qui l'embrassait toujours, mais plutôt à tout le reste : le langage corporel du loup-garou et à tous ces détails qui l'avaient toujours aidé à le décrypter, sans avoir besoin de parler.

Il dut ouvrir les yeux pour le faire, se rendant compte à ce moment-là que lui aussi le regardait, mais regardait vers le bas pour pouvoir finir d'ouvrir son pantalon.

Et alors il comprit : rien de tout ça n'était bien.

Avant même de penser à la possibilité qu'ils finissent un jour ensemble, Stiles avait toujours imaginé Derek d'une manière très concrète quand il se le représentait avec ses partenaires dans ce genre de situation… Au moins, les partenaires qu'il aurait eu le temps de connaître calmement, comme il s'était assurément passé avec Paige.

Et il avait toujours pensé qu'il était le type de personne qui, dans l'intimité, se montrait particulièrement attentive, laissant de côté toute l'arrogance et l'autoritarisme qu'on s'attendait à voir de la part d'un ancien Alpha. Il était convaincu que tout cela disparaissait alors que la force brute perdait son importance, mais qu'il s'agissait plutôt de prouver à l'autre personne qu'elle était aimée.

Mais Stiles ne voyait rien de tout ça en ce moment.

Putain. Il n'avait même pas dit un mot depuis qu'ils étaient entrés dans le loft. Il avait directement été à la partie "l'embrasser", même si ça ressemblait plus à une attaque.

Avec un effort surhumain, il essaya d'oublier les lèvres, l'odeur et la chaleur de Derek, et poussa de toutes ses forces le torse du Bêta, essayant de s'éloigner de lui. Même s'il ne bougea pas d'un millimètre.

« Derek. » Il essaya de l'appeler, malgré le fait que celui-ci n'avait pas cessé de l'embrasser.

Au contraire, ses baisers se firent plus féroces, portant sa main à la ceinture du pantalon de Stiles une fois qu'il eut fini de baisser sa propre fermeture éclair.

« Derek. Arrête. » Il baissa une main jusqu'à la poser sur la sienne et l'empêcher de continuer.

Mais Derek ne baissa pas les bras pour autant. Au contraire, il oublia ses mains et son pantalon, et commença à embrasser le cou de Stiles.

Le garçon gémit à ce contact, sentant sa peau se hérisser.

C'était génial…

Mais ce n'était toujours pas la chose à faire.

« Derek. » Demanda-t-il avec un peu plus de force, maintenant que la bouche de Derek n'emprisonnait plus la sienne. « S'il-te-plait, tu dois arrêter.

_ Non. » Grogna le loup-garou en léchant la gorge du garçon. « Je sais que c'est ce que tu veux.

_ Mais pas comme ça. » Protesta-t-il essoufflé. Même s'il essayait d'être le plus rationnel possible, c'était assez compliqué en ayant l'homme de ses rêves juste là, alors qu'ils faisaient exactement ce qu'ils faisaient dans ceux-ci.

« J'ai envie de toi. » Continua Derek, qui l'embrassa à nouveau. C'est comme s'il ne se lassait pas de lui et qu'il n'était pas capable de choisir quelle partie de son visage ou de son corps embrasser. « S'il-te-plait Stiles… » Murmura-t-il sans s'arrêter, et sans l'avoir regardé en face ni une seule fois.

Et Stiles avait besoin de voir ses yeux.

C'était la seule manière de s'assurer qu'il allait réellement bien. Ou, dans ce cas, d'avoir la confirmation que ce n'était ni le moment ni l'endroit de faire ce qu'ils faisaient.

« Je veux seulement que tu te sentes bien… » Murmura-t-il d'une voix cassée, regardant le plafond pour essayer de ne plus porter attention aux lèvres de Derek. « Et actuellement tu ne l'es pas… »

Ce furent les mots magiques, parce qu'alors Derek se stoppa.

Il sépara ses lèvres des siennes, lâcha le dos qu'il tenait et le regarda comme si c'était la première fois qu'il le voyait.

Peut-être que c'était le cas.

L'expression de Derek, comme Stiles l'avait craint, n'était pas celle que quelqu'un arborait quand il embrassait le garçon qu'il aimait, quand tout devait être joie et bonheur. Au contraire, ses yeux clairs ne brillaient pas comme ça avait été le cas les autres fois où il l'avait embrassé, et ses lèvres ne souriaient pas, montrant plutôt une ligne fine de préoccupation presque apeurée.

« Tu ne veux pas le faire ? » Répliqua-t-il sérieusement. Pas fâché, sinon déçu.

« Bien sûr que si… Putain, Derek, évidemment que je veux. Comment je pourrais ne pas vouloir. » Il leva une main jusqu'à sa joue, parce qu'il avait besoin de le toucher, même si ce n'était que par ce contact si simple. « Mais pas comme ça. Pas si c'est la seule chose que nous allons faire. » Il pointa l'espace entre eux, d'à peine une dizaine de centimètres. Stiles était toujours plaqué contre la porte, mais heureusement Derek n'était plus sur lui. « Ce n'est pas comme ça que ça fonctionne, Derek. Et ça… » Il embrassa sa bouche, à peine un effleurement. « Ça c'est précisément ce qui me différencie d'elle, ok ? Penser à toi avant de penser à moi… » Il se mordit la lèvre, essayant de freiner un sanglot qui demandait à sortir à grands cris. « S'il-te-plaît, tu dois le comprendre. »

Derek recula presque d'un mètre, rompant tout contact avec lui, et il remonta sa fermeture éclair rapidement.

« Qu'est-ce que tu veux que je comprenne. » Murmura-t-il. « Hier tout allait bien, et au final tu m'as dit qu'on mangerait ensemble aujourd'hui… Mais brusquement tu as dit que Peter, Cora et ton père viendraient aussi… Comme si tu ne voulais pas qu'on soit seuls.

_ Ce n'était pas ça… Et je comprends que tu l'ais pensé mais… » Il haussa les épaules, sans savoir comment s'expliquer. « Je voulais seulement te donner quelque chose de différent… Ou quelque chose que tout le monde a déjà vécu sauf toi… »

Le Bêta lâcha un grognement de protestation.

« Pourquoi tu dois toujours tout compliquer.

_ Parce que nous sommes à Beacon Hills. C'est toujours compliqué… » Stiles secoua la tête, fatigué. L'alcool avait enfin cessé de faire effet, mais il était toujours stupéfait par la façon dont tout avait changé en quelques secondes… Moins d'une minute auparavant il était en train d'embrasser Derek et maintenant ils se disputaient. Et il ne voulait pas se disputer avec lui. Leurs vies étaient déjà suffisamment compliquées avec tous ces êtres surnaturels et ces multiples vengeances au milieu pour y rajouter des problèmes plus insignifiants comme des disputes absurdes de couple. « C'est trop tôt. »

Derek secoua la tête, les épaules un peu basses.

« Tu es toujours convaincu que je vais penser à elle.

_ Je… Je ne sais pas. » Il passa ses doigts sur ses joues pour retirer les quelques larmes qui lui avaient échappées sans son consentement. « Mais je sais que ça, c'est la seule chose qu'elle t'a donné. Du sexe rapide et rien d'autre. Et je ne veux pas être comme elle… Je ne peux pas être comme elle… C'est pour ça que j'ai eu l'idée du dîner. » Il fit un sourire triste. « Je voulais te donner quelque chose que tu n'as jamais eu avant et… Et quoi de mieux qu'un dîner de famille gênant avec le père du… Du garçon que… » Il haussa les épaules, sans savoir comment finir sa phrase.

« Du garçon dont je suis amoureux ? »

Stiles écarquilla les yeux, notant très bien son cœur s'accélérer. Au final il put seulement assentir.

Ce matin, quand il s'était levé, il l'avait fait en pensant qu'aujourd'hui non plus il n'entendrait pas un "je t'aime" de Derek… Mais ça, sans être exactement la même chose, en avait les mêmes intentions.

Et ouais. Ça sonnait incroyablement bien.

C'est peut-être pour cette raison qu'il ne trouve rien à lui répondre. Même si ce n'était que par une simple syllabe.

Heureusement, Derek tira profit du silence de Stiles pour l'embrasser à nouveau.

Cette fois, il le fit sans se presser et avec une tendresse incroyable. En traitant ses lèvres comme si elles étaient la chose la plus délicate du monde, et en laissant ce simple geste lui faire comprendre combien il était important pour lui.

Stiles dut s'accrocher à la chemise de Derek, l'attrapant des deux mains, parce que ses jambes commencèrent à trembler. Ce baiser était plus innocent que le précédent, où tout avait été passion et presque rage, mais celui-ci l'affectait bien plus.

Finalement, presque cinq minutes plus tard, Stiles rompit le baiser et appuya à nouveau son front sur le torse de Derek.

De son petit-ami ?

Oui. Définitivement son petit-ami.

Et quand celui-ci commença à caresser son dos, provoquant une petite démangeaison sur les blessures laissées par Kate qui n'avaient toujours pas totalement fini de guérir, il soupira de soulagement.

« Alors, qu'est-ce que tu proposes ? » Murmura Derek après quelques minutes d'un silence agréable.

« Moi ? » Demanda-t-il en levant la tête. Derek le regarda fixement, laissant clair le fait qu'il n'allait pas répondre à une question aussi évidente – stupide. « Je ne sais pas…

_ Quand on était enfermé, tu as dit que tu m'emmènerais manger… Ca tu l'as fait. » Il haussa un sourcil. « Pas comme j'avais en tête, mais tu l'as fait… Tu avais pensé à autre chose ?

_ Et bien… » Il se frotta la nuque, indécis. « On peut toujours aller au cinéma, mais je n'ai pas beaucoup d'argent et…

_ J'ai une télé maintenant.

_ Sérieux ? » Et de nouveau, la réponse à cette question fut un haussement de sourcil si expressif qu'il ne put se retenir de faire un énorme sourire. « Très bien, grognon. Qu'est-ce que tu veux regarder ? »

Ils finirent par regarder la dernière saison de Supernatural, que Derek avait téléchargé, et il répéta un million de fois que c'était uniquement pour repêcher des informations. Mais à chaque fois qu'il le faisait, Stiles se contentait de lâcher un ricanement vif, lui assurant que ce n'était pas si grave s'il était un autre fan de Dean Winchester… Et quand Derek le regarda avec cette tête qu'il faisait quand il était sur le point d'attaquer, Stiles planta un baiser sonore sur sa joue en lui disant de ne pas s'en faire. Que tant qu'il restait une Deangirl sa virilité restait plus qu'assurée, puisque Dean Winchester était l'Alpha des Alphas.

Commentaire auquel, évidemment, suivit un débat intéressant – entretenu seulement par Stiles – sur qui gagnerait dans une hypothétique lutte entre Derek et le chasseur ; ou quels chasseurs étaient les meilleurs, les Winchester ou les Argent… Parce que la question de choisir entre les loups-garous de la série ou les réels ne se posait même pas, puisqu'il n'y avait pas de comparaison possible.

Derek arrêta d'essayer de convaincre Stiles qu'il pourrait mettre une raclée à ces beaux gosses Winchester les yeux fermés ; puisque plus il essayait, plus cela semblait amuser le garçon, et son égo commençait à en pâtir.

Ils restèrent les deux heures suivantes à regarder les chapitres en silence, jusqu'à ce que Derek se rende compte que Stiles ne s'était pas tu parce qu'il regardait la télé en silence, mais parce qu'il s'était endormi.

Il aurait dû s'en douter, pensa Derek alors qu'il éteignait la télé.

Et juste alors, il se retrouva face à un dilemme.

Stiles était plaqué contre lui, utilisant son épaule comme d'un oreiller, alors il pouvait à peine bouger s'il ne voulait pas le réveiller… Mais d'un autre côté, il était déjà assez tard et Stiles devrait rentrer chez lui.

Sauf qu'il ne voulait pas qu'il le fasse.

Il voulait qu'il reste là, avec lui, le plus de temps possible. Toute la nuit si c'était nécessaire, pour profiter du temps perdu quand ils avaient été séparés de force.

Mais s'il voulait le faire, il devait premièrement s'assurer que le Sheriff sache que son fils allait bien…

Il attrapa le mobile qui s'était calé entre les coussins du canapé, essayant de ne pas trop bouger pour ne pas réveiller Stiles, et chercha le nom du Sheriff dans son agenda.

Et quand il le vit, il resta paralysé.

Il resta quelques secondes comme ça, regardant par intermittence l'écran du téléphone et le garçon qui avait le même nom de famille que celui affiché ; jusqu'à ce qu'il s'oblige à se secouer et appuie sur le bouton pour appeler.

S'il avait été capable de faire face à une jaguar-garou, il pouvait bien appeler le Sheriff et lui demander si son fils pouvait rester dormir.

« Dieu. Qu'est-ce que je suis en train de faire. » Murmura-t-il quand il entendit la tonalité commencer à sonner.

« Derek. » Il entendit la voix du Sheriff à la deuxième sonnerie. « Salut, j'allais justement appeler Stiles à l'instant.

_ Oh… Il est ici, avec moi. » Il montra le garçon endormi, avant de se rappeler que le Sheriff ne les voyait pas. « Il s'est endormi.

_ Ça ne me surprend pas. » Rit-il. « Le pauvre s'est levé très tôt pour préparer à manger.

_ Oh… » Dit-il, très expressif, souriant en coin au garçon. « Ce n'était pas nécessaire.

_ Oui. Dis-le à un adolescent hyperactif. » Rit-il à nouveau. « Je suppose que tu appelles pour me dire qu'il reste dormir avec toi.

_ Eh… » Ses joues rougirent immédiatement. « Il peut ? »

Et depuis quand il était devenu un gamin qui devait demander la permission ?

Il était censé être un prédateur et un ancien Alpha bon Dieu !

L'éclat de rire du Sheriff, à l'autre bout du téléphone, ne l'aida pas spécialement à retrouver sa virilité perdue.

« Bien sûr qu'il peut, fils… Je peux t'assurer que je ne vais pas être celui qui lui dira de rentrer, alors que la seule personne avec qui il veut être c'est toi.

_ Oh… » Putain Derek, dit quelque chose à part "oh". « Merci. » Murmura-t-il avant de secouer la tête et se frapper le front.

« Non. Merci à toi. » Répondit-il, plus sérieux. « Stiles était très préoccupé… Je suis heureux de voir que vous êtes en train de surpasser ça.

« Oui. » Admit-il rapidement, plus à l'aise que ce qu'il avait imaginé en ayant cette conversation si intime, d'autant plus par téléphone. « J'avais seulement besoin de laisser derrière moi les fantômes du passé… Et Stiles m'aide à le faire.

_ J'en suis heureux. » Murmura le Sheriff, et Derek pu parfaitement se l'imaginer avec ce sourire en coin que Stiles affichait de temps en temps. « C'est un bon garçon.

_ C'est le meilleur. » Dit-il d'un ton grave. Comme s'il s'agissait d'une vérité absolue, et qu'il attaquerait quiconque qui oserait le nier. Même s'il s'agissait du propre père du garçon.

« Je sais. » Murmura Stilinski. « Et je suis heureux de voir qu'il est entre de bonnes mains.

_ Je… Je ne…

_ Calme. » Il lâcha un petit rire. « Tu n'as pas à me dire quoi que ce soit… Je serais satisfait de savoir que tu te charges de changer ses bandages, et qu'il sera de retour demain soir au plus tard. Il a déjà raté trop de cours.

_ Evidemment. Je vais prendre soin de lui.

_ Je n'en attendais pas moins. Bonne soirée Derek.

_ Bonne soirée. »

Derek raccrocha et éteignit le téléphone.

Il le fit seulement parce qu'il avait le pressentiment que Peter allait s'amuser à l'appeler en plein milieu de la nuit seulement pour l'emmerder, pensant qu'ils faisaient il ne savait quoi. Jusqu'à maintenant il avait eu de la chance puisqu'il lui avait donné de l'espace – il avait même réussi à faire en sorte que Cora reste avec lui et Malia, pour avoir le loft pour eux deux – mais il ne pouvait pas leur faire confiance pour rester discret aussi longtemps… Il s'agissait toujours de Peter après tout.

Une fois le téléphone éteint, il passa un bras par-dessus l'estomac de Stiles pour le plaquer contre lui et ainsi, très lentement, il se rallongea dans le canapé, ramenant Stiles contre lui.

A un moment donné, Stiles remua un peu, comme s'il allait se réveiller, mais finalement il ne fit que se tourner de moitié. Toujours endormi, il chercha une position plus confortable, et finit complètement avachi sur le canapé, utilisant le torse de Derek comme oreiller.

Derek le laissa bouger à son goût, s'assurant seulement qu'il ne tombe pas du canapé. Et quand enfin il parut trouver une position confortable, il eut seulement à poser ses deux mains sur son dos, inspirer profondément, et dans la seconde suivante il s'endormit.


Stiles se réveilla avec une vue aux premières loges du torse de Derek, sentant les bras du loup autour de son dos. Sans le serrer suffisamment pour que ses plaies le fassent souffrir, mais juste assez pour qu'il les sente sur son corps, comme s'il le protégeait.

Il ne se rappelait pas s'être endormi, encore moins comme ça, mais il n'allait pas nier que c'était agréable de se réveiller de cette manière.

Prudemment, il releva la tête juste ce qu'il fallait pour voir un Derek qui dormait toujours paisiblement. Il le contempla en silence durant quelques minutes, apprenant chaque détail du visage qu'il avait déjà gravé dans sa mémoire, mais qu'il voyait pour la première fois d'aussi près, seul avec lui. Et si détendu.

Jusqu'à peu, il n'avait jamais eu la chance de le voir dormir et, comme il le supposait depuis longtemps, c'était le seul moment de la journée où Derek n'avait pas les sourcils froncés ou les lèvres si serrées.

Même si ce ne fut plus aussi vrai en l'espace de quelques minutes. Quand les paupières de Derek commencèrent à bouger avec rapidité, signe qu'il rêvait. Et presque dans le même temps il commença à bouger ses lèvres, comme s'il essayait de parler, mais sans y parvenir.

Stiles connaissait très bien cette sensation, et il savait à quel point c'était désagréable d'essayer de sortir d'un cauchemar duquel ils étaient prisonniers.

Avec précaution pour ne pas le faire sursauter, il posa une main sur le bras de Derek, le caressant très doucement.

« Derek ? » Murmura-t-il. « Derek. C'est juste un rêve. »

Derek ne se réveilla pas comme il s'y attendait, sachant qu'il s'agissait d'un cauchemar.

Si ça avait été Stiles, il se serait réveillé en hurlant.

Mais le loup-garou ne cria pas. Il écarquilla les yeux en grand, prenant une petite inspiration, et planta son regard dans les yeux marrons de Stiles, restant très calme.

Et très concentré.

C'était la première fois qu'il le voyait faire quelque chose comme ça, mais Stiles se rassurait en sachant que Derek utilisait ses sens de loup-garou pour finir de se convaincre qu'il ne rêvait plus.

Il admettait que c'était un bon truc, et il aurait lui-même donné n'importe quoi pour pouvoir le faire par le passé. Mais ça le rendait aussi un peu énervé de devoir rester si immobile, attendant que Derek lui-même finisse de reprendre pied dans la réalité.

Il avait toujours détesté devoir attendre, sans pouvoir rien faire d'autre pour aider.

Finalement, Derek expira l'air qu'il contenait depuis un moment. Et presque au même moment, ses yeux s'humidifièrent.

Et Stiles ne put rester plus longtemps silencieux.

« Tu vas bien ? » Demanda-t-il très bas, luttant contre lui-même pour ne pas le toucher. Il savait que c'était encore trop tôt pour quelque chose comme ça.

Derek acquiesça en silence. Il inspira profondément, reconnaissant l'odeur de sa propre maison, pour enfin s'assurer que c'était bien réel.

Que tout ceci n'était pas un rêve, et que dans quelques secondes il ne se réveillerait pas à côté de Kate et loin de chez lui.

C'était un rêve récurrent qu'il avait depuis qu'ils étaient revenus à Beacon Hills, et c'était chaque fois pire que le précédent.

Stiles, de son côté, n'avait pas la moindre idée de ce qu'il pouvait faire de plus.

Malgré l'assentiment qu'il lui avait donné, ses yeux étaient toujours humides, signe qu'il était sur le point de se mettre à pleurer.

Mais par chance, cette fois il ne fut pas celui qui fit le pas suivant.

Derek prit la main de Stiles et la leva jusqu'à son propre visage. Il commença à la bouger sur sa joue alors qu'il fermait les yeux.

Stiles dut déglutir plusieurs fois pour ne pas se mettre à pleurer à ce moment précis.

« Elle est morte. » Lui rappela le garçon d'une voix cassée. « Pour de vrai cette fois. »

Derek ouvrit les yeux en entendant la voix du garçon se briser, et ce fut suffisant pour que la première larme glisse sur sa joue.

La première qu'il se permettait depuis qu'il était revenu.

« Chaque fois que je me réveille je pense que je suis là-bas. » Souffla-t-il. « J'ai encore son contact gravé dans ma peau. Son odeur… »

Stiles acquiesça sans cesser de caresser sa joue, rugueuse à cause de sa barbe, et rapidement il posa sa main libre sur son torse. Juste sur son cœur.

« Alors regarde moi… » Murmura-t-il, enlevant ses jambes du canapé pour que Derek soit plus à l'aise. « Je suis juste là. »

Derek hocha de nouveau la tête, laissant s'échapper une nouvelle larme que Stiles essuya immédiatement du pouce.

« Tu peux te faire une idée d'à quel point je t'aime à présent ? » Susurra Stiles, réussissant à faire sourire Derek avec timidité.

« Bien sûr. » Derek posa une main sur sa nuque pour le rapprocher de lui et l'embrasser. « Bien sûr que oui. »

Durant quelques secondes ils échangèrent seulement quelques courts baisers, laissant que le contact de leurs lèvres et leurs mains expriment tout ce qu'ils ressentaient.

Jusqu'à ce que Stiles ait besoin de dire les millions de choses qu'il mourrait d'envie de dire.

Même s'il était clair pour Derek qu'au-delà du besoin de le dire à voix haute, il le devait.

C'est seulement ainsi qu'il pourrait sentir qu'ils avançaient.

« J'adore être avec toi… » Il se lécha les lèvres, essayant de se donner du courage. « Je rêve de ce moment presque depuis le premier jour où je t'ai vu. »

Il sourit timidement, sans croire qu'il allait lui dire ça. Mais les yeux de Derek, si brillants et emplis d'espoir, lui donnèrent le dernier coup de pouce dont il eut besoin. Et parce qu'il ne pouvait pas parler comme ça et avoir les mains tranquilles, il leva sa paume de nouveau contre la joue de Derek pour reprendre les petites caresses, tandis que l'autre fut jusqu'à l'une des mains du Bêta pour entremêler leurs doigts.

« Même au début, quand tu étais si dur avec moi, j'ai cru que j'étais fou parce que ça n'avait aucun sens d'être piqué par un gars aussi grognon que toi. » Il lâcha un petit rire nerveux et Derek rit aussi, mêlé à ses larmes. « Mais c'est clair que je me suis jamais intéressé à ce qui était facile. C'est pourquoi c'est normal que je me sois senti attiré par le gars à la veste de cuir qui ne souriait jamais… Et qu'à chaque fois qu'il m'encastrait contre des volants de voiture ou contre le mur de ma chambre, la seule chose à laquelle je pouvais penser c'était de l'embrasser jusqu'à ne plus pouvoir respirer.

_ Elle ne l'a jamais fait. » L'interrompit Derek, la voix plus douce. « Je ne l'ai pas embrassé… » Il monta une main cette fois pour caresser la joue de Stiles. « Pas cette fois...

_ Oh mon coeur… » Le garçon murmura, surpris, mais brusquement il plaqua ses deux mains à sa bouche, horrifié d'avoir utilisé ce mot précisément. « Putain… Je… Je suis désolé… Je suis tellement désolé…

_ Ca va. » Il poussa les mains de Stiles toujours sur sa bouche, et l'embrassa immédiatement en libérant ses lèvres. « C'est pas grave. »

Mais si c'était grave.

« Je n'aurais pas pu dire un autre putain de mot. » Dit-il avec rage, sentant son poul s'accélérer de seulement penser qu'il avait à nouveau tout fait foirer.

« Ce n'est pas pareil. » Répondit doucement Derek, l'embrassant une nouvelle fois. « C'est différent quand c'est toi.

_ Non… » Il secoua la tête pour donner plus de poids à ses mots. « Chaque fois que-

_ Ca sonne différemment avec toi… » L'interrompit-il avec douceur. « C'est… » Il fit un petit sourire qui se refléta dans ses yeux. « C'est beaucoup mieux.

_ Derek… »

Derek passa ses bras autour de Stiles et le tira vers lui, l'obligeant à s'allonger complètement sur lui. Quand il l'eut où il le voulait, l'obligeant même à remonter les jambes sur le canapé pour être plus à l'aise, Derek l'embrassa avec envie, les baisers cette fois plus longs et plus profonds.

Stiles dut se reculer presque une minute après, luttant pour respirer, mais il ne fit pas le moindre geste pour sortir du canapé. Il inspira profondément, éloignant les restes de tension accumulée, et continua d'utiliser Derek comme oreiller, toujours étalé sur lui.

« J'aime ce lit.* » Murmura-t-il au bout de presque une minute, jouant avec le t-shirt de Derek.

« Ne le dis pas à Isaac. » Sourit le Bêta. « Tu ne sais pas à quel point il m'a harcelé pour que j'achète un vrai lit quand on a déménagé.

_ Ne t'inquiète pas. » Il sourit malicieusement. « Ce sera notre secret… Et celui-ci je suis le seul à pouvoir l'utiliser… »

Derek haussa un sourcil, mais dans un mouvement joueur.

« Je ne savais pas que tu étais si possessif.

_ Je ne le suis pas.

_ Tu viens de dire que je ne peux être comme ça avec personne d'autre.

_ Pff. » Il leva les yeux au ciel. « Comme si quelqu'un d'autre était capable de te supporter. »

Le sourcil de Derek se leva un peu plus.

« Je suppose que je peux dire la même chose de toi. » Brusquement une sonnerie retentit, et Stiles sortit son téléphone de la poche arrière de son pantalon. « Qu'est-ce que c'est ?

_ Rien. » Il éteignit l'alarme. « Juste un rappel que je dois changer mes bandages. » Commenta-t-il en s'asseyant correctement sur le canapé, s'étirant pour finir de se réveiller. « Ce qui me rappelle que mon père va me tuer pour ne pas lui avoir dit que je ne rentrais pas dormir à la maison.

_ J'ai parlé avec ton père hier soir. » Derek resta couché dans le canapé, passant ses bras sous sa tête pour se mettre plus à l'aise. « Il savait que tu ne rentrais pas.

_ Sérieux ? » Il écarquilla les yeux. « Et il ne t'a rien dit ?

_ Nop. » Il secoua légèrement la tête devant le visage de Stiles, très semblable à une dorade. « Seulement que je n'oublie pas de te changer les bandages. »

Stiles se frotta les cheveux, pensif, mais rapidement il fit un sourire en coin.

« Je suis heureux de voir que tu suis mes conseils. » Il tapota doucement le ventre de Derek. « C'est toujours bien de se mettre le beau-père dans la poche.

_ Et qui t'a dit que je l'ai fait ? » Demanda le Bêta, son visage se faisant sérieux. « Peut-être qu'il est juste heureux que quelqu'un s'occupe de son fils, qui que ce soit. »

Stiles resta silencieux quelques secondes, faisant mine de rien… Ou ce qui était pour lui l'équivalent d'un visage neutre, qui ne serait jamais aussi poussée que celle du loup-garou.

« Tu mens horriblement mal, tu le sais ? » Derek arqua à nouveau son sourcil, l'avertissant de ne pas continuer, mais il ne se découragea pas. « Tu as de la chance d'avoir ton côté loup-garou, parce que si tu devais compter seulement sur ton esprit… » Il finit sa phrase en secouant la tête, qui de l'opinion de Stiles laissait plus que clair ce qu'il voulait dire.

Après quelques secondes à jouer pour savoir qui soutenait le regard de l'autre sans rien dire, Derek se fatigua et se leva.

« Allez. » Il lui tendit une main pour l'aider à se lever. « Il faut changer tes pansements.

_ Et bien et bien, Mr Hale… N'importe qui dirait que tu veux me voir torse nu. »

Le plus âgé resta alors immobile, les bras croisés, et brusquement il retira son t-shirt. Et quand la réponse de Stiles fut de rester une nouvelle fois la bouche ouverte, il haussa juste un sourcil.

« C'est équitable. » Murmura-t-il alors qu'il se dirigeait vers l'armoire où il rangeait sa trousse de premiers soins. Celle qu'il n'avait jamais eu besoin d'utiliser jusqu'à ce que sa maison se convertisse en quartier général et lieu de rassemblement d'une poignée d'adolescents, plutôt très enclins à se mettre dans les problèmes.

Pendant que Derek posait les bandes et le désinfectant sur la table principale du loft, juste à côté de la fenêtre pour mieux voir ; Stiles retira son haut et lui montra son dos, pour qu'il ait plus facilement accès aux blessures.

Derek se retrouva alors au premier plan du dos du garçon, pratiquement entièrement recouverte de bandages et sparadrap. Mais heureusement il n'y avait plus trace de sang, signe que la blessure ne s'était pas remise à suppurer, et qu'elle cicatrisait bien.

Avec prudence il commença à décoller le sparadrap, laissant à découvert les marques laissées par les griffes de Kate. Elles n'étaient plus aussi profondes que la dernière fois qu'il les avait vues, juste après qu'elle les ait faites, et la peau autour reprenait peu à peu ses couleurs d'origine. Même si elle restait plus claire que le reste.

Une fois l'ancien bandage retiré, et sans que Stiles n'ait dit un seul mot, il mouilla une gaze de désinfectant pour nettoyer la plaie. Quand il posa la gaze au centre d'une des griffures, parfaitement visible, Stiles siffla.

« Tu as très mal ? » Demanda-t-il très bas, stoppé dans son geste.

« Non… Ca pique juste un peu. » Stiles attendit que Derek reprenne. Mais quand les secondes passèrent et qu'il pouvait seulement sentir la main de Derek sur son épaule, immobile, il regarda derrière lui. « Qu'est-ce qui se passe ? » Demanda-t-il, juste avant de montrer une moue de mécontentement. « Allez, ne fait pas cette tête. » Protesta-t-il, tournant un peu sur lui-même pour l'avoir face à lui.

« Quelle tête ?

_ La tête que tu fais juste avant de dire que c'est ta faute. » Il posa un doigt sur ses lèvres quand Derek alla pour parler. « Que ça te vienne même pas en tête de le dire. » Il attendit que l'autre acquiesce pour retirer son doigt.

« Mais c'est le cas. » Murmura-t-il.

Stiles entrouvrit les lèvres, hésitant entre se mettre à rire, sortir une méchanceté ou directement lui donner une tape sur la tête.

« C'est de la triche. » Protesta-t-il, comme un enfant, mais juste après il lui fit un sourire narquois. « En plus… Tu ne vas pas nier qu'une cicatrice a toujours un côté plus sexy. »

_ Je ne sais pas. » Répliqua sérieusement Derek. « Je n'en ai aucune.

_ Rabat-joie. » Protesta-t-il à nouveau, mais juste après il lui fit un baiser. « J'ai une blessure de guerre et je suis très fier de l'avoir. Fin de la discussion. »

Derek n'eut d'autres choix qu'acquiescer, parce qu'il savait que Stiles n'allait pas arrêter de le regarder avec ce regard de chiot battu jusqu'à ce qu'il le fasse. Et quand le garçon obtint ce qu'il voulait, il fit immédiatement demi-tour pour qu'il continue… Pour qu'il commence à le soigner.

Mais avant de commencer, le Bêta caressa avec précaution le dos meurtri, avant de lui donner un léger baiser sur l'épaule. Stiles remua un peu, lui disant que sa barbe le chatouillait, et Derek sourit sans s'en rendre compte, avant de lui en faire un autre et, cette fois-ci, commencer à nettoyer la plaie.

Fort heureusement, les cicatrices qu'il allait garder n'allaient pas sauter aux yeux. On ne les noterait qu'à cause de la différence de couleur, merci aux premiers soins que lui avait prodigué Deaton.

Même si elles seraient toujours sur son dos. Et à chaque fois qu'il les verrait, il s'émerveillerait de voir à quel point le garçon qui les portait était incroyable, et d'à quel point il était chanceux de l'avoir à ses côtés.

Au début Stiles essaya de maintenir une conversation, puisqu'il était incapable de rester aussi longtemps silencieux, encore moins alors qu'il ne pouvait pas non plus bouger. Mais à la troisième fois où Derek se contenta de lui répondre par un "hum hum", il laissa tomber. Il était évident que quand il était concentré, il n'était pas capable de faire deux choses en même temps, alors il n'avait pas d'autres choix qu'attendre qu'il finisse.

Quand il finit enfin, Derek lui proposa de prendre l'un de ses t-shirts, puisque le sien était sale de l'avoir porté toute la journée et toute la nuit ; le lui proposant alors qu'il allait jeter les bandages usés.

Une fois fait, il alla dans la cuisine pour préparer quelque chose pour le petit-déjeuner, même s'il doutait fortement d'avoir quelque chose dans le frigo, et mit au moins en marche la cafetière.

Le café commençait à peine à se faire quand il sentit les bras de Stiles entourer sa taille, suivi d'un baiser sur l'épaule, très similaire à celui qu'il lui avait fait juste avant.

Il caressa alors son dos, juste à l'endroit de son tatouage, et il commença tout de suite à dessiner de son index les trois spirales qui s'assemblaient au centre de ses omoplates.

« J'ai toujours voulu faire ça. » Murmura le garçon, parcourant le tatouage encore et encore, incroyablement lentement. « Depuis la première fois que je l'ai vu.

_ Je pensais que les tatouages ne te plaisaient pas. » Dit Derek, penchant un peu la tête pour que Stiles continue de le toucher.

« Et ils ne me plaisent pas… Sur moi. » Il laissa un baiser là où se rejoignaient les spirales, et Derek sentit un frisson le long de son échine. « C'est autre chose que ce soit toi qui les porte. »

Ils restèrent quelques minutes ainsi pendant que le café finissait de se faire, et sans qu'aucun d'entre eux n'ait d'autres plans pour la matinée.

« Tu continues de penser que c'est mieux qu'on attende un peu pour passer la prochaine étape ? » Demanda alors le Bêta, de manière assez sérieuse. Stiles resta immobile, sans savoir très bien quoi répondre, et Derek le regarda par-dessus son épaule, attendant une réponse.

« Hum… Oui. Pourquoi ? » Demanda-t-il nerveusement en voyant l'expression sérieuse et les sourcils levés de Derek. « Ça ne te parait pas bien ?

_ Si. » Il regarda du coin de l'œil les doigts de Stiles, qui caressaient toujours son tatouage. « Mais alors je te conseille d'arrêter de faire ça… »

Stiles suivit le regard de Derek, sans comprendre très bien ce qu'il voulait dire, et découvrit ses propres doigts, qui passaient sinueusement le long du dos nu...

« Oh… » Dit-il de manière très éloquente, alors qu'il retirait ses doigts. « Bien sûr. Oui, désolé. »

Derek secoua la tête pour lui-même, souriant.

Mais maintenant qu'il ne sentait plus les doigts de Stiles sur son dos, ni son souffle contre son cou ; il put retrouver suffisamment de coordination pour se tourner vers lui et lui tendre la tasse du café qui était fait depuis déjà un bon moment.

Stiles avait les joues roses, plus que conscient de ce qu'il avait été sur le point de provoquer. Mais quand Derek se contenta d'hausser un sourcil joueur avant d'aller jusqu'au canapé où ils avaient passé la nuit, sa nervosité disparut.

Peut-être que le reste du monde le prendrait pour un idiot d'être seul avec Derek Hale et d'être celui qui refusait de coucher avec lui… Bordel ! S'il revenait un an en arrière et que lui-même le disait au Stiles du passé, le même Stiles aux cheveux courts lui aurait ri au nez. Parce que quelque chose comme ça n'avait pas le moindre sens.

Mais à la différence du reste du monde, et surtout à la différence des deux dernières femmes avec lesquelles Derek avait été ; Stiles savait que ce qu'il était en train de partager avec Derek… Ca c'était réellement unique. Quelque chose que personne ne lui avait donné jusqu'ici : une journée tranquille sans la moindre préoccupation et sans attendre de lui ce que tout le monde aurait attendu.

Stiles était plus que satisfait d'être cette personne.


* Il parle de Derek ici, j'ai eu un peu de mal à comprendre au début, mais il parle bien de son torse.