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Chapitre n°35 :
Rongé par la culpabilité
« Vous ne pouvez pas sauver les gens, vous pouvez seulement les aimer. »
- Anaïs Nin
- Odin, nous avons déjà un fils du même âge ! protesta Frigga, après que son mari eut terminé de lui expliquer son idée.
- Ils se sentiront d'autant plus comme des frères, continua-t-il d'argumenter.
- Tu m'as avoué toi-même, pas plus tard que la nuit dernière, que l'idée d'élever Thor te terrifiait. Et maintenant, tu me proposes un second enfant ?
- Je le dois à Hela de prendre soin de l'autre victime innocente de mes erreurs..., fit Odin d'une voix soudain brisée par l'émotion.
- Tu ne devrais pas considérer un choix qui t'est dicté uniquement par ta culpabilité. Si tu échoues, ce bébé en souffrira, alors même qu'il n'a jamais demandé à naître, et encore moins dans ces ignobles conditions. Il serait bien plus sûr, pour son avenir, de le confier à une toute nouvelle famille.
- Frigga... Je ne peux pas l'abandonner...
- Ce ne serait pas un abandon, Odin. Ce serait au contraire un acte d'espoir.
- De plus, il s'agit aussi du fils de Laufey, poursuivit-il sans sembler entendre les derniers arguments de son épouse. D'un point de vue politique...
- Il n'est pas un jouet politique...
- Nous pourrons peut-être pacifier définitivement Asgard et Jotünheim grâce à lui...
- Je suis prête à parier que Laufey lui-même avait déjà une idée semblable en tête...
- Il l'aurait utilisé pour réclamer le gouvernement de notre Royaume ! s'écria Odin. Et encore, pouvons-nous être sûrs qu'il ne l'aurait pas laissé mourir ?!
Le souverain passa une main lasse sur son visage. Il n'aurait jamais pensé affronter un jour un problème aussi douloureux...
- Odin, tu n'es pas dans le meilleur état d'esprit pour que nous discutions posément, et encore moins pour que nous parvenions à une décision rationnelle, affirma Frigga en caressant doucement le bras de son mari. Nous devrions nous arrêter là, et reprendre plus tard.
- Ce que tu ne sembles pas comprendre, reprit Odin, c'est que je me dois de prendre mes responsabilités dans cette histoire...
- Je l'ai mieux compris que tu ne le crois. Ce que je te demande de comprendre, maintenant, c'est que cette adoption, si elle avait lieu, nous engagerait définitivement à ne pas commettre d'erreurs, auprès d'aucun de nos deux fils. Je ne suis pas opposée à élever un autre enfant comme s'il était le mien. Ce qui me pose problème, c'est ton état d'esprit.
