Bonne année 2021 à vous tous ! J'espère que ce chapitre vous plaira, je me suis bien amusée à l'écrire. N'hésitez pas à laisser votre avis, la bise et à la prochaine ! :)
Chapitre 38 : Allo ? Ici la Conquête !
Charlotte marchait tranquillement dans les couloirs des cachots, elle était seule et se rendait à la bibliothèque pour rendre un grimoire de métamorphose. Perdue dans ses pensées, elle n'entendit pas la voix masculine qui l'appelait au détour d'un couloir, elle réalisa qu'on l'interpellait quand une main lui agrippa le bras avec force. Son cœur se serra dans sa poitrine, ses yeux s'écarquillèrent sous la terreur et un long hurlement lui monta à la gorge. Son cri de terreur ne quitta pas sa gorge, il resta bloqué alors qu'elle croisait deux orbes chaleureux. Josh. Elle posa une main sur son cœur, tentant de ralentir son souffle saccadé.
- Désolé, je ne voulais pas te faire peur, s'excusa Josh d'une voix précipitée.
Josh grimaça, mal à l'aise, et il passa une main tremblante dans ses cheveux les décoiffant. Charlotte se fit la remarque qu'elle ne l'avait jamais vu avec les cheveux qui partaient dans tous les sens, et surtout, elle ne l'avait jamais vu si angoissé. Elle recula légèrement en arrière afin de mettre le plus de distance possible entre elle et lui. Elle voulait s'en aller, elle ne voulait pas lui parler, la brûlure cuisante de la honte lui brûlait les joues alors qu'elle se remémorait la dernière fois qu'ils s'étaient retrouvés tous les deux. Pourtant, elle fut incapable de faire un pas de plus, et elle resta planté face à lui, les yeux plongés vers le sol à attendre qu'il prenne la parole et qu'il brise ce silence pesant. Un raclement de gorge la fit tressaillir, il s'apprêtait à lui parler.
- Je voulais te parler de la dernière fois, commença le Gryffondor en inspirant profondément. Alors s'il-te-plaît ne t'enfuis pas, parce que je n'ai aucune envie de courir dans tout le château à ta poursuite, même si je le ferais, ça nous éviterait du temps perdu.
Charlotte releva un regard sombre sur son camarade, elle voulait lui dire de ne pas prendre la peine de mettre un terme à leur semblant de relation, qu'il pouvait aller se faire voir, mais elle était incapable de parler.
Josh de son côté tentait de démêler ses pensées qui tourbillonnaient avec panique dans son cerveau. Il compta lentement jusqu'à trois dans sa tête et se lança sans réfléchir davantage.
- Je suis désolé de ne pas être venu te voir plus tôt. Honnêtement, je ne savais pas comment réagir. Je ne vais pas te mentir, j'ai été déçu par ce que tu as fait. Mais je n'ai pas le droit de ressentir ça, de t'en vouloir, ou de perdre confiance. C'est-c'est complétement stupide. Je ne te connaissais pas à cette époque, tu ne me connaissais pas, tu n'avais aucun compte à me rendre et pourtant tu as été honnête. Je ne veux pas que tu t'imagines que je ne veux plus te voir, parce que c'est faux, je veux continuer à te parler, à apprendre à te connaître. Tu me plais Charlotte, et ce qu'importe les erreurs que tu as faites dans le passé, ça ne changera pas. Je...je pense que nous deux, notre relation, est différente de nos relations passées, et j'espère que pour toi je suis différent.
Dire qu'elle était surprise était un euphémisme. Elle ne s'attendait pas à une déclaration pareille. Ses yeux ronds fixaient Josh avec intensité, elle ouvrit plusieurs fois la bouche pour lui répondre. Elle voulait lui dire qu'il lui plaisait aussi, qu'effectivement leur relation était différente de toutes celles qu'elle avait pu avoir dans le passé. Elle n'arrivait pas à prononcer un seul mot, aucun son ne sortait de sa gorge. Alors elle fit ce qui lui paraissait le plus logique sur le moment, et ce dont elle avait terriblement envie depuis le bal. Elle l'embrassa. Elle venait littéralement de lui sauter dessus, enroulant ses bras autour de sa nuque et plaquant ses lèvres contre les siennes avec force.
Josh resta quelques secondes figé, les yeux ouverts, cherchant à comprendre ce qu'il lui arrivait, avant de rendre son étreinte à Charlotte. Il posa ses mains sur la taille de la jeune fille pour la rapprocher de lui et voulut approfondir le baiser quand elle s'éloigna brusquement, son visage exprimant la panique.
- Mais, et la petite blonde ? Celle que tu enlaçais dans les couloirs ? balbutia-t-elle d'un air coupable.
Josh fronça les sourcils, perdu par la déclaration incongrue de la Serpentard.
- Tu veux parler de Kat ? demanda Josh dans un rire après quelques secondes de surprise. C'est mon amie, et c'est d'ailleurs elle qui m'a poussé à arrêter de réfléchir et à venir te parler directement.
- Je devrais la remercier alors, se détendit Charlotte en laissant de nouveau un énorme sourire étirer ses lèvres.
Josh sentit les mains de Charlotte parcourir sa nuque et il sourit d'un air joyeux en se rapprochant de la blonde.
- Pas tout de suite, murmura le Gryffondor avant d'embrasser une nouvelle fois Charlotte.
-o-o-
Evan soupira d'agacement pour la énième fois en cinq minutes sous le regard perdu de Cynthia.
- Je ne comprends pas, répéta Cynthia d'une voix lente en fronçant les sourcils.
Evan ravala une réplique acerbe. S'il commençait à l'insulter, elle n'allait pas l'aider, il devait rester poli, diplomate même, comme Severus le lui avait imposé, redoutant une de ses sautes d'humeur. Il l'avait coaché pendant plus d'une demi-heure, les pires trente minutes de la vie d'Evan où il avait entendu le Serpentard jacasser et se plaindre de son soi-disant sale caractère. Encore une fois c'était l'hippogriffe qui se foutait du sorcier.
- Ce n'est pas compliqué enfin ! s'agaça-t-il. Je te demande d'aller parler à Aubrey, tu lui glisse quelques phrases sur le Quidditch, tu le taquine sur le prochain match à venir, tu insinue que Rogue s'est vanté auprès de moi, comme d'habitude, sur comment il allait écraser les Serdaigle, et qu'il a relevé l'incompétence de McKinnon comme capitaine. Ce n'est pas la mer à boire, merde !
Pour la politesse et la diplomatie c'était foutu. Pour se rattraper Evan adressa un sourire aimable à son amie qui ressemblait davantage à une grimace étrange.
- Je ne suis pas stupide, merci, j'ai très bien compris ce que tu me demandes de faire, ce que je ne comprends pas c'est pourquoi ?
Evan roula des yeux. Pourquoi Cynthia devait-elle toujours chercher à tout comprendre ? Elle ne pouvait pas exécuter ses ordres simplement, il aurait dû demander à Agatha, celle-ci l'aurait fait sans sourciller. Mais pour cela il aurait dû lui adresser la parole en dehors des entraînements de Quidditch et ça ne l'enchantait pas des masses. Il avait déjà envoyé tous les membres de son équipe parler aux Serdaigle, pas uniquement aux joueurs de l'équipe mais à des proches et des fanas de Quidditch, il ne lui restait plus que Cynthia, Agatha n'étant pas une option envisageable.
- Attends ! s'exclama la brune en lui faisant les gros yeux. Ne me dit pas que c'est encore ton histoire stupide avec Rogue ?
Evan secoua négativement de la tête.
- Non, bien-sûr que non. Je ne le vois plus, c'est fini, mentit-il avec aplomb.
Cynthia haussa un sourcil peu convaincu. Il se décida donc à jouer sa dernière carte, comme disait sa mère : aux grands maux les grands remèdes.
- Si tu ne fais pas ce que je te dis, tu vas souffrir aux prochains entraînements. J'ai tout un programme de cardio et de muscu tout frais pour toi.
Cynthia le fusilla du regard. Il aborda un sourire joyeux et sincère cette fois-ci, il avait encore gagné.
- C'est vraiment bas ce que tu fais, grinça-t-elle avant de se lever et de partir en direction de la sortie de la salle commune, non sans lui avoir adressé un geste vulgaire de la main et quelques petites insultes au passage.
Evan eut un large sourire. Le plan était en marche.
-o-o-
Severus donna un léger coup de coude à Evan au détour d'un couloir alors que les regards des deux capitaines étaient portés sur un joueur de l'équipe de Serdaigle et un joueur de l'équipe des Gryffondors qui discutaient accoudés contre un mur. Ils échangèrent un regard victorieux qui dura un millième de seconde, et chacun se re concentra à nouveau sur son groupe d'amis.
Ils n'avaient plus qu'à attendre la phase finale de la première manche.
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- Allo ? Ici la Conquête, tu me reçois la Loose ? chuchota Severus dans son poing.
Sa phrase fut accueillie par un long silence et il tourna le visage vers la droite où il croisa le regard blasé de Evan.
- Tu es naturellement con ou c'est encore un énième plan tordu pour me faire péter un plomb ? demanda sèchement Evan.
Le Gryffondor n'attendit pas de réponse et continua à ramper sous les gradins. Ils étaient de retour sous les fameux gradins du stade de Quidditch, le nez dans la poussière rampant tel des limaces sous leur plus beau jour.
- Tu n'as vraiment aucun humour, c'est consternant, râla Severus en avançant doucement.
- Ta connerie n'a aucune limite, c'est ça qui est consternant, répliqua Evan avec morgue.
Ils arrivèrent rapidement à la bordure de la tenture du stade et d'un léger coup de baguette ils la soulevèrent doucement pour observer l'équipe de Serdaigle en plein entraînement. Le match contre Serpentard approchait à grand pas et ils s'entraînaient plusieurs fois par semaine à présent. Evan et Severus, à grand renforts d'intimidation sur leurs camarades les plus jeunes avaient obtenus tous les horaires des entraînements de l'équipe de Serdaigle, et après de longues heures d'observations et d'autres petites interventions mesquines ils s'étaient décidés à enfin passer à l'attaque.
- Et c'est parti, chantonna Severus avant de murmurer, confundo.
Le Serpentard avait sa baguette pointée en direction de la capitaine des aigles qui était en plein dans ses explications. De là où ils étaient, ils ne pouvaient pas entendre ce qu'il se disait sur le terrain mais ils pouvaient voir le visage de Marlène McKinnon. Les effets du sort furent immédiats, en quelques secondes ils virent les sourcils de la brune se froncer, et son discours semblait de plus en plus décousu au vu des regards qu'échangeaient les membres de l'équipe.
Après quelques minutes laborieuses où la jeune fille se perdait dans ses mots, elle fut interrompue par un membre de l'équipe. Bertram Aubrey, de septième année, un batteur. Avec joie Evan et Severus virent le visage de la capitaine se décomposer sous les mots du batteur.
Ils échangèrent un clin d'œil alors que l'équipe de Serdaigle commençait à se disputer sur le terrain, certains se plaçant derrière McKinnon, d'autres derrière Aubrey. Severus avait eu raison, Aubrey était jaloux que le poste de capitaine soit revenu à la sixième année, et il attendait effectivement la moindre erreur de cette dernière pour la décrédibiliser auprès de ses coéquipiers.
Ils firent demi-tour et sortirent des gradins en riant. Ils souriaient encore, victorieux, en arrivant devant le château.
-o-o-
Dorcas entendit le bruissement familier à l'entrée du passage secret lui indiquer que quelqu'un allait entrer dans la salle. Elle savait que la seconde suivante Sirius serait devant elle, et que son regard gris pétillerait en l'apercevant assise en tailleur sur le canapé. Elle se décala légèrement quand elle sentit le canapé s'affaisser à sa droite, elle ne répondit pas à la salutation enjouée de son petit-ami et fit mine d'être absorbée par le livre qu'elle lisait.
- Dorcas ? reprit la voix grave de Sirius, où perlait une lueur d'inquiétude.
Elle ravala un sourire, parce que c'était mignon quand quelqu'un d'aussi peu expressif que Sirius montrait de l'attention à votre égard. Mais elle ne pouvait pas, elle était censée lui en vouloir. Enfin, elle n'était pas réellement fâchée contre lui, seulement légèrement vexée. Il ne la rejoignait plus le soir, il lui donnait toujours des excuses stupides pour justifier le fait qu'il ne pouvait pas la voir. Sérieusement, est-ce que Sirius Black avait une tête à réviser un vendredi soir ? C'était trop gros pour être vrai. Elle savait qu'il ne la trompait pas, Sirius n'était absolument pas le genre de type à enchaîner les filles, mais il lui cachait clairement quelque chose et elle voulait savoir.
Sirius tenta de poser sa main sur la joue pâle de Dorcas mais elle s'éloigna dans un mouvement raide. Il s'apprêtait à lui demander ce qu'il lui arrivait quand elle tourna le visage et posa un regard furieux sur lui.
- Tu as quelque chose à me dire peut-être ? siffla Dorcas d'une voix froide.
Sirius se raidit, et fronça des sourcils sous l'incompréhension.
- Euh… je devrais ? répondit-il perdu.
- Où est-ce que tu te caches tous les soirs ? Qu'est-ce que tu as de si important à faire au lieu de venir me voir au moins une fois dans la semaine ?
Dorcas n'était pas le genre de fille qui avait besoin de voir son petit-ami tout le temps, mais entre tout le temps et jamais il y avait un juste milieu.
Sirius se raidit, une immense gêne lui traversa le corps et il resta muet. Il n'était pas du genre à aimer le conflit, et clairement Dorcas lui en voulait. Mais elle ne pouvait pas comprendre pourquoi il lui accordait moins de temps, il se devait d'être là pour James et l'aider à changer son comportement -qui était, soyons honnête, terriblement pathétique- envers Evans.
- Je vois mes amis, répondit-il un peu sèchement.
Il était mal à l'aise, le regard accusateur de sa petite-amie renforçait cette gêne, et dans ces cas-là il se refermait sur lui-même.
- Tes amis ? Ceux avec qui tu passes tes journées ? Donc tu préfères voir tes amis plutôt que de m'accorder au moins une heure une ou deux par semaine, alors que je suis ta petite-amie ? s'énerva Dorcas, son visage rougissant sous l'effet de la colère.
- Non, ce n'est pas ça, c'est juste qu'un de mes amis à des problèmes disons… d'ordre sentimental, et je l'aide.
La réponse de Sirius fut accueillie par un grand silence, pendant quelques secondes Dorcas resta stupéfaite, à fixer son petit-ami les yeux grands ouverts.
- Tu te moques de moi ? Toi ? Donner des conseils pour pécho à un de tes amis ?
- Tu peux parler, je te signale que tu es la moins bien placée pour parler de ce genre de sujet madame je prends la fuite, s'énerva à son tour Sirius, vexé.
- Je ne vois pas le rapport, rétorqua la Gryffondor d'un air buté.
- Je ne vois pas ce qu'il y a de si étonnant à ce que je conseille mes amis en matière de sentiments, je n'ai pas un cœur de pierre je te signale, reprit Sirius toujours vexé.
- Pourquoi tu ne me le dis pas alors que tu aides un de tes amis ? Plutôt que de m'ignorer ou de me sortir des excuses à la con pour ne pas me voir ?
- Enfin, Dorcas, la vie de mes amis ne te regarde pas. Ce que tu peux être intrusive quand tu t'y mets.
Dorcas referma sèchement le livre qu'elle tenait toujours dans ses mains, elle l'enfourna dans son sac de cours d'un geste brusque tout en se levant du canapé. Elle commença à s'éloigner en direction de la sortie, avant de faire volte-face et de pointer un doigt accusateur sur Sirius qui abordait une mine énervée, toujours assis sur le canapé.
- Je tiens juste à signaler que je voulais que tu sois honnête avec moi, plutôt que de m'ignorer pendant des jours et des jours et te pointer comme une fleur après. Je m'en bats les steaks de la vie de tes amis, je ne cherche pas à tout savoir, seulement à ce que tu m'expliques clairement pourquoi tu ne peux pas me voir. Je ne te demande pas la lune à ce que je sache. Ne cherche pas à m'adresser la parole à moins d'avoir de bonnes excuses en stock.
Dorcas quitta la pièce en furie, la rage au ventre en se demandant pourquoi elle s'était énervée autant alors qu'elle s'était promis de rester calme. Puis elle se rappela que son petit-ami était un crétin fini et elle trouva sa colère légitime.
-o-o-
Sirius entra dans les cuisines d'un pas raide, la mine sombre. Il se laissa tomber sur le banc à côté de Peter, face à Remus et James, ce dernier abordait une mine sombre lui aussi. Il posa son regard gris sur le Serdaigle et parla d'une voix menaçante.
- Saint Potter j'espère que tu n'as pas tout foiré avec Evans parce que je viens de me disputer avec Dorcas pour ton compte.
Il reçut quelques regards interrogateurs de la part de ses amis, parce qu'il considérait à présent ces trois idiots comme des amis après toutes les soirées passées en cuisine en leur compagnie.
- Comment ça tu t'es disputé avec Dorcas ?
- T'as encore tout fait foirer avec Lily pas vrai ?
Demandèrent Peter et Remus en même temps en regardant chacun leur voisin de banc. Sirius marmonna à Peter qu'il leur expliquerait tout plus tard et se concentra sur James qui venait de laisser tomber son visage contre la table en bois dans un bruit sourd.
- Elle me perturbe, j'ai encore agi comme un crétin, soupira le Serdaigle en relevant son visage dans un air dépité. Mais je vous jure que si ça s'est mal passé cette fois ce n'est pas entièrement de ma faute, ajouta-t-il devant les visages excédés de ses amis.
Une heure plus tôt...
James inspira profondément en fixant la porte en bois qui lui faisait face, 1...2...3…, il posa la main sur la poignée mais ne l'actionna pas. Il resta planté là, à fixer la porte menant à la salle de réunion des préfets, tout en sachant que derrière celle-ci se trouvait Lily qui rédigeait son rapport de ronde. Remus lui avait indiqué où la trouver.
- Allez James, tu peux le faire. Tu es intelligent, presque courageux, partiellement drôle, et pas trop moche, marmonna-t-il en se remémorant le discours d'encouragement de Peter.
Il resta bloqué, la main sur la poignée pendant de longues minutes, ses jointures étaient devenues blanches tellement il serrait fort la poignée, et alors qu'il s'apprêtait enfin à ouvrir la porte celle-ci s'ouvrit en grand dans l'autre sens. Il suivit le mouvement de la porte, sa main toujours accrochée à la poignée et il trébucha lamentablement en tombant vers l'avant.
Il entendit un hurlement aigu et se retrouva quasiment au sol. Le mot quasiment était un élément clé dans sa situation actuelle. Le seul rempart entre le sol et lui était Lily. Il s'était littéralement écrasé sur Lily.
Il était actuellement étalé sur la femme de ses rêves, l'écrasant de tout son poids. La situation ne pouvait pas être pire. Il ne remarqua pas une seule seconde la proximité entre lui et la rouquine, seul l'horreur de la situation le touchait.
CLAC.
Il grogna de douleur alors que la main de Lily venait de rencontrer sa joue. Il tourna le visage vers elle, et croisa le regard furieux de la rouquine.
- Désolé, grinça-t-elle, mais si ne te bouges pas tout de suite je t'en remets une autre.
James se releva précipitamment, en baragouinant des excuses. Il tendit la main vers Lily pour l'aider à se relever mais l'ignora d'un nouveau regard noir en se redressant. James resta planté, les bras ballant dans l'ouverture de la porte alors qu'elle ramassait ses affaires tomber au sol. Il croisa de nouveau le regard émeraude de Lily, et sentit son estomac se retourner alors qu'elle restait plantée devant lui à le fixer. Peut-être voulait-elle lui parler à lui aussi ? pensa-t-il avec espoir.
- Tu bloques la sortie, grogna Lily.
Le mince espoir qu'il avait fut balayé par la tornade du nom de Lily Evans, la reine des vents. Il s'excusa de nouveau et commença à se décaler avant de se raviser, le visage décidé de Peter lui ordonnant de ne pas abandonner s'imposant dans son esprit.
- Non, en fait je vais rester encore un peu ici, fit-il d'un air qu'il tenta de rendre dégagé.
- Devant la porte ? demanda Lily avec agacement. Grand bien t'en fasse, mais laisse-moi sortir d'abord.
- Non, répliqua-t-il immédiatement, je voudrais te parler.
- Me parler ? De quoi voudrais-tu me parler ? répondit Lily en jouant l'idiote.
Elle savait de quoi voulait parler James, mais elle tenait à oublier cet incident. Elle voulait rayer de sa vie le moment où James Potter avait tenté de l'embrasser. Elle redressa le menton, d'un air décidé, prête à le pousser de toutes ses forces pour sortir de la salle s'il le fallait, mais elle sentit sa détermination fondre comme neige au soleil en croisant le regard triste de son camarade. Les yeux habituellement pétillants de James semblaient éteints. Il avait l'air réellement peiné par la situation. Elle vit les yeux de James se détacher de ses yeux et parcourir son visage avec une lueur qui lui tortilla le cœur. Elle sentit l'angoisse lui parcourir les veines. James la regardait avec la même intensité que la regardait Remus avant, voir même plus.
Non, ce n'était pas possible, pensa-t-elle avec panique. Il ne pouvait pas être amoureux d'elle. Il n'en avait pas le droit. Il ne pouvait pas lui faire ça. Elle eut l'impression de prendre une douche froide, elle sentit tout son sang quitter son visage, alors qu'elle blêmissait au fil des secondes sous le regard brûlant de James. Avant aujourd'hui, elle n'avait jamais remarqué à quel point il avait un regard aussi puissant… Elle cligna rapidement des yeux, alors que son estomac se tordait. Elle ne devait pas penser comme ça, elle ne le voulait pas.
- Je voulais m'excuser pour la dernière fois. J'ai agi de manière immature et je le regrette. Je voulais te demander si…
- Ce n'est pas grave. On oublie tout, le coupa précipitamment Lily en prenant une horrible voix aiguë qui lui agressa les oreilles. Tu es mon ami, un très bon ami même, je ne vais pas t'en vouloir pour une erreur stupide et sans intérêt. Je ne veux pas gâcher notre amitié.
Elle prit le plus grand soin à bien mettre l'accent sur les termes ami et amitié. Il était primordial que James comprenne le message, il ne devait pas tenter de continuer cette discussion sous peine d'une immense gêne. Elle avait planté son regard décidé dans celui de James, le regard du garçon semblant se voiler pendant un millième de seconde et il reprit d'une voix mal assurée.
- Euh… d'accord. Lily, je voulais te dire que…
- Oh bordel James, arrête ! s'exclama brusquement Lily. Je suis pressée, alors si tu veux bien m'excuser.
Lily bouscula légèrement James, qui la laissa passer sans opposer de résistance, et elle s'enfuit rapidement dans les couloirs sans un regard en arrière, la boule au ventre. Elle se détestait pour ce qu'elle venait de faire, elle savait qu'elle venait de briser un peu plus le cœur de James, mais elle ne pouvait pas faire face aux sentiments du garçon, pas maintenant. Elle ne s'en sentait pas capable.
Retour au moment présent...
- Très bien. On a plus le choix, on passe sur le plan suivant, annonça Sirius en échangeant des regards entendus avec Peter et Remus.
James fronça des sourcils.
- Comment ça sur le plan suivant ? Qu'est-ce que vous avez encore manigancé dans mon dos ?
- Rien de grave, enfin pour le moment on n'a encore rien fait, fit Remus d'une voix douce. Dis-toi, que hormis le moment où tu l'écrases, ce n'est pas ta faute si la conversation ne s'est pas passé comme prévu. Lily peut être borné quand elle s'y met.
- J'ai cru le comprendre… marmonna James.
Il se redressa légèrement, en tentant de garder un visage décidé. Il se sentait parcouru par une adrénaline étrange. Certes Lily venait de l'envoyer bouler comme un malpropre, mais il ne pouvait pas abandonner sans avoir tout miser. S'il le fallait, il ferait carte sur table, et il lui avouerait tout, que les sentiments de la rouquine soit réciproque ou non, il voulait que cette situation infernale cesse enfin.
- C'est quoi votre plan au juste ? demanda James en regardant suspicieusement chacun de ses camarades.
- On va avoir besoin de renfort, annonça joyeusement Peter.
James sentit le semblant de sourire qui étirait ses lèvres s'affaisser.
- Hors de question !
- Vous voyez, je savais qu'il allait réagir comme ça, un vrai rabat-joie… soupira Sirius en levant les yeux au ciel.
- Vous êtes déjà beaucoup trop à être au courant, je ne veux pas rameuter tout le château dans mes affaires.
- On ne va pas impliquer tout le château dans tes histoires, seulement deux nouvelles personnes, expliqua Peter en tentant de cacher son agacement.
- Vous réalisez ce que ça implique pour nous ? reprit James en se décidant à changer de tactique pour les dissuader de mettre en place leur plan stupide. Tout le monde va savoir pour nous, ça va devenir officiel !
- Arrête, tu es aussi dramatique que la Princesse, se moqua Peter. Tout le monde s'en fiche de notre amitié. On pourrait entrer à poil dans la grande salle que ça ne changerait rien à leur vie d'adolescents boutonneux.
- Je ne veux tout simplement pas que deux nouveaux crétins s'ajoutent à mon mélodrame amoureux, s'insurgea James.
Peter et Sirius ricanèrent alors que Remus secouait de la tête d'un air désabusé.
- Vous êtes irrécupérables, grogna James.
- Cherche pas Saint Potter, tu as perdu d'avance, s'amusa Remus en lui tapotant l'épaule.
James laissa à nouveau tomber son visage contre la table en bois en gémissant. Ces crétins allaient finir par le tuer.
