Je dédie cette histoire à Julie et Nathanaël.


~Chapitre 37 : ~

Face à toi je me soulève.

Une légère tape sur une de ces joues, des voix qui l'appelaient, Gabrielle était dans une sorte de brouillard cotonneux où elle n'arrivait guère à voir grand chose. De la fraîcheur, comme si on bassinait ses tempes avec de l'eau, ce contact la fit frissonner et de ce fait elle rouvrit faiblement les yeux. Là elle aperçut les regards de Faramir et d'Eowyn tout deux penchés au dessus d'elle.

« Demoiselle Gabrielle ? » Fit la voix masculine du deuxième fils de Denethor.

Elle remua légèrement la tête ce sentant nauséeuse. Essayant de bouger, elle fut retenue par Eowyn qui reprit :

« Ne bougez pas, vous venez de vous sentir mal. Un guérisseur a été appelé cette fois vous n'y échapperez pas… »

Gabrielle émit un semblant de grognement et demanda d'une petite voix :

« Que c'est il passé ?

- Nous parlions tranquillement et soudain vous vous êtes trouvée mal, comme hier.»

La voix de Faramir n'était guère rassurée et quand Estebal arriva, il fit un récit détaillé au guérisseur de ce qui s'était passé en oubliant pas de préciser que cela s'était déjà produit la veille.

Gabrielle se sentait mal, elle n'aurait su dire d'où cela venait, une sorte de malaise général et à ce moment précis, elle ne voulait qu'une chose se rendormir, replonger dans ce brouillard. Refermant les yeux, elle n'entendit pas Eowyn s'exclamer:

« Elle s'est de nouveau trouvée mal ! »

En effet, alors que le guérisseur se penchait sur elle, Gabrielle replongeait dans l'inconscience.

Elle fut transportée aux Maisons de Guérissons, là on l'installa dans un lit et Estebal l'examina. Ce dernier ne remarqua rien de spécial hormis une faiblesse générale qui semblait avoir gagné l'elfine. Il reposa sur le lit son bras et la laissa se reposer pour rejoindre Faramir et Eowyn.

Ces derniers attendaient dans un petit jardin, la princesse était assise et le nouvel intendant lui debout, les mains croisés dans le dos.

« Croyez vous que ce soit grave ? » Interrogea doucement Eowyn.

Faramir haussa les épaules.

« Je la connais si peu, mais elle m'a parut très fragile, fatiguée même. »

La princesse se releva et sous le regard de Faramir, se dirigea vers un des balcons. Là elle se mit à scruter l'horizon.

« Il est vrai que je l'ai connu plus vive, plus souriante. »

Eowyn se plongea quelques secondes dans ses propres souvenirs. Ce fut la voix de Faramir qui vint à ces côtés qui la refit prendre pied avec la réalité.

« Vous la connaissez depuis longtemps ? »

La princesse hocha négativement la tête.

« Elle est arrivée à Meduseld un beau matin, les membres de la communauté la connaissait et elle a su par elle-même s'attirer le respect de mon oncle. Je la respecte beaucoup car son passé n'est pas simple et elle a su composer avec, avancer et vivre, même si pour elle rien n'est facile. Elle est forte, plus que ce que l'on peut penser au premier abord mais je vous avoue que de la voir aussi fragile m'inquiète, ce n'est pas elle… »

Faramir secoua la tête et alors qu'il allait poser une question, Estebal vint à leur rencontre. De ce fait, l'intendant n'eut le temps de ne rien dire.

« Vous voici, je vous cherchais. »

Eowyn se retourna alors que Faramir interrogea :

« Alors ? Elle va bien ? »

Le guérisseur acquiesça :

« Mise à part cette fatigue, je n'ai rien vu d'autre, il faut que je vous prévienne que je ne suis pas meilleur juge de la condition de santé de la gente elfique. Ils peuvent facilement cacher à nos yeux leurs symptômes. Je vais lui donner quelque chose pour la remettre sur pied et aussi la surveiller, je ne tiens pas à avoir de problème lorsque les troupes seront de retour. »

Le couple hocha la tête et Estebal après les avoir salués, repartit en direction des Maisons de Guérissons. Faramir prenant le bras d'Eowyn l'entraîna dans une courte balade.

oO§Oo

Allonger sur le lit, Gabrielle se retourna une puis deux fois, son front se couvrit de sueur, une des femmes soignante qui s'occupait d'elle le remarqua et s'empressa de prévenir Estebal qui se précipita à son chevet.

Il posa une main sur son front qu'il trouva brûlant, prenant un linge dans une bassine au préalable remplit d'eau fraîche, il le passa sur le front de l'elfine puis sur son visage alors qu'un léger gémissement s'échappait de ses lèvres.

*Une porte… Noire. Cette dernière s'ouvrit, Gabrielle se tenait droite face à elle se dessina cette ombre tant craint.

« Regarde… Ton futur ! »

La voix était tranchante, froide, dure. La silhouette disparue et Gabrielle fût emporté dans une sorte de tourbillon. Ce dernier cessa et elle se figea à la vue qui s'offrait à elle : Aragorn, fouetté et contraint au travail forcé, à ces côtés le corps de Gimli au sol rampant, mais le pire était à venir… Elle vit Gandalf enfermé et torturé, Legolas et Elinë tout deux battus et Haldir gisant au sol le corps couvert de blessures…

« Tu l'as voulu, c'est de ta faute si cela arrive… »

De nouveau un tourbillon et cette fois elle fut comme spectatrice. Les Terres étaient brûlés, les habitants soumis au joug des orques, Minas Tirith mais aussi Meduseld en proie aux flammes. Les cris des gens, la douleur qu'elle pouvait ressentir jusqu'au plus profond de son être.

« Vois à quoi tu vas les forcer… »

Puis cette fois ce fut les images d'Imladris et de la Lórien, le corps d'Elrond roué de coup mais aussi celui d'Arwen brutalisé. Et enfin, la vision de Galadriel soumise à Sauron, à genoux devant cette ombre.

Mais Gabrielle sentit en elle une sorte de force jamais ressentie jusque là. Une onde de bien être et de sérénité l'envahie soudainement alors qu'elle ferma les yeux. Elle vit Haldir tenant dans ses bras une petite forme, il la maintenait en hauteur et le faisait tourbillonner. Les rires se faisaient entendre, puis derrière Haldir se tenait une femme, elle semblait regarder tout cela avec amour. Gabrielle sentit de nouveau cette chaleur l'envahir alors qu'une nouvelle scène ce dessinait devant ces yeux : Haldir arpentant de long en large une pièce, elle y vit Rumil et Orophin tout deux amusés alors que leur frère lançait des regards inquiet vers cette porte qui était close.

Aussi rapidement que la visionlui était apparue, elle s'effaça et de nouveau cette silhouette tant craint qui rigola avec hystérie :

« Tu ne peux rien ! Regarde-toi ! Tu n'es rien et ils mourront tous ! »

Alors qu'il prononçait ces paroles, Gabrielle s'approcha de lui, sans peur, sans crainte, animé de cette force qu'elle ressentait toujours en elle. Tendant vers lui une main elle fit d'une voix qui la surprit elle-même :

« Tu ne me fais pas peur ! Je te déteste ! Tu ne me manipuleras plus parce que je n'ai plus peur de toi ! Je te combattrai et ce jour là, tu regretteras mais il sera trop tard ! »

Elle put le voir un instant déstabilisé mais il se reprit rapidement, et c'est avec un sourire moqueur qu'il disparut.*

Et c'est couverte de sueur que Gabrielle fit un bon dans le lit qu'elle occupait jusque là. A ces côtés Estebal tressaillit à ce brusque réveil. Elle regarda autour d'elle un peu paniqué avant de ce laissé retomber sur les oreillers mettant une main sur sa poitrine qui se soulevait avec rapidité.

Le guérisseur ne dit rien dans un premier temps et passa de nouveau le linge sur sa figure. Mais alors qu'elle semblait se calmer, Gabrielle pâlit et se redressa, de sa poitrine sa main passa à sa bouche et un haut le cœur la prit, devinant sans peine, Estebal l'aida à se lever et la mena dans un cabinet de toilette où il la laissa quelques instant.

Quand il entra de nouveau dans le cabinet, il vit Gabrielle assise au sol contre un mur plus pâle que jamais essayant de reprendre le contrôle sur sa respiration haletante. Il se dirigea vers elle et s'agenouilla à ces côtés.

« Dois-je m'inquiéter Demoiselle ? »

Il lui prit une de ces mains qu'il serra. Gabrielle parvint enfin sa reprendre sa respiration.

« Disons que c'est la première fois que cela me rend malade. » Murmura t-elle d'une voix fatiguée.

Il l'aida à se relever et la ramena à son lit où il la rallongea. Là, il repassa le linge humide sur son visage et lui fit prendre une décoction qui lui sembla amère.

« Cela fera passer la nausée. »

Gabrielle eut un petit sourire, elle se redressa, la nausée lui étant passé elle se sentait un peu mieux.

« Je pense que ma fatigue est dû à des évènements qui ce sont déroulés il y a quelques jours déjà, contrairement à ce que je pensais, mon corps semble avoir besoin de plus de repos. »

Estebal se contenta d'hocher la tête :

« Vous garderez le lit aujourd'hui, je ne tiens pas qu'à son retour, votre fiancé si cela s'appelle comme cela dans votre langage, retrouve la femme de ces pensées dans un état lamentable. Je vous garde aussi à l'œil et au moindre problème venez me voir. »

Après un hochement de la tête de Gabrielle, Estebal se releva, s'inclina et sortit. Une femme le remplaça, elle vint s'occuper d'elle et pour une fois, Gabrielle se laissa faire sans crainte. On lui fit prendre un bon bain dans lequel elle resta un long moment à se détendre, puis les femmes s'occupèrent de ses cheveux qu'elles nattèrent de sorte qu'elle retombe sur son côté droit et enfin elle fut vêtue d'une légère chemise de nuit avant d'être reconduite en son lit où elle prit un léger repas constituer d'un bouillon. A la suite de cela, Gabrielle resta seule un moment. Ne pouvant rester assise aussi simplement dans le lit, elle se risqua à se lever et se dirigea vers une des fenêtres de la pièce.

Là, dans les jardins, elle put voir Eowyn et Faramir, ils parlaient et Gabrielle remarqua que la princesse l'écoutait avec attention, elle les vit cependant à un moment tout deux tournés leur regard vers l'Est et se tenir là, silencieux. A son tour Gabrielle regarda en cette direction, elle pensa à ces compagnons et amis mais surtout à Haldir. Elle sentit une larme perler à ces yeux alors que son âme adressait une prière aux Valars pour qu'ils les maintiennent tous en vie, qu'ils le maintiennent en vie.

oO§Oo

La vie repris son court si l'on pouvait dire cela, une crainte était perceptible mais jamais elle n'était évoquée. Cela faisait à présent six jours que les troupes étaient parties, Gabrielle était sans arrêt observée et par Estebal mais aussi par le couple Faramir/Eowyn qui redoublait d'attention à son égard. Elle n'avait plus fait de malaise mais ses traits étaient tirés, comme si elle ne dormait pas. Le guérisseur lui faisait avaler des décoctions pour la calmer avant la nuit mais rien n'arrêtait ses visions et ses cauchemars.

oO§Oo

Le soir tombait sur la cité Blanche, Faramir arpentait un des couloirs et s'arrêta soudain devant une des portes. Il hésita un instant puis frappa doucement, personne ne répondit, il se risqua alors à ouvrir la porte et passa sa tête dans l'entrebâillure. Là, la vision qui s'offrit à lui le fit sourire.

Ouvrant un peu plus la porte, il pénétra dans la pièce et vit Gabrielle endormie en travers du lit, la tête posée sur un de ces bras, les cheveux épart autour d'elle. S'approchant, c'est avec douceur qu'il la repositionna correctement puis il mit sur elle un des plaids et à pas de loups ressortit de la pièce. Il gagna la pièce où ils déjeunaient tous rejoint à présent par Merry. Avec un sourire il annonça que Gabrielle dormait donc qu'elle ne serait pas des leurs ce soir.

Dans sa chambre, Gabrielle semblait sereine mais ce n'était pas le cas de son esprit.

*Elle se retrouva porté dans une pièce, elle était lumineuse et elle vit Haldir affublé d'un drôle de chapeau sur la tête et qui chantait à tue tête une chanson qu'elle ne reconnut pas. Il semblait si heureux et si paisible.

Rapidement elle se retrouva de nouveau ailleurs, une clairière encore, là elle entendit des voix, elles ne lui parurent pas adultes, s'approchant de la source, elle put voir de nouveau Haldir en train de chatouiller quelqu'un mais dès qu'elle essayait de voir qui, sa vision changeait.

Puis une autre image, une silhouette au ventre rebondis, elle ne put la voir distinctement mais elle vit Haldir agenouillé devant elle, les mains posées sur le ventre collant son oreille dessus.*

A nouveau elle se réveilla en sursaut. A quoi rimaient ces rêves ? Elle ne comprenait en rien leur signification… Pire encore, ils étaient si étranges et elle voyait Haldir dans des situations si grotesques qu'elle commençait à se demander si sa santé mentale n'était pas en train de s'altérer… Elle s'assit sur le rebord du lit et fut soudain prise d'une étrange sensation. Elle n'aurait su décrire ce qu'elle ressentait à cette seconde précisément mais ce n'était pas un malaise non, c'était autre chose.

Se levant, elle alla à la salle de bain et se passe de l'eau sur la figure avant de retourner s'allonger, sa tête lui tournant légèrement. Elle se rendormit rapidement mais ce ne fut pas d'un sommeil bénéfique.

La nuit passa, le jour pointa ses rayons mais Gabrielle ne se réveilla pas.

Alors que la Cité s'activait déjà, Faramir et Eowyn était déjà à leurs postes d'observation, tout deux ne parlait plus et observaient. La matinée passa, ce qu'il ne savait pas c'est ce qu'il se déroulait sur les flancs de la Montagne du Destin, ni ce qui se passait devant les Portes Noires du sombre Pays de Mordor.

oO§Oo

Gabrielle savait…

Son rêve l'avait transporté prêt de Frodon qu'elle avait vu mais c'est autre chose qui attira son attention.

L'Oeil.

Cet œil qui se dressait en haut de cette tour.

Elle vit Frodon disparaître, elle ignorait ce qu'il se passait mais soudain elle sentit les fondations tremblées pour s'affaisser.

Elle vit l'œil s'éteindre et enfin elle sut, son combat allait commencer maintenant, fermant les yeux, elle se laissa transporter là où son âme voulait qu'elle aille pour enfin mener ce combat pour lequel elle venait de le comprendre, elle était destiné. Pour la première fois elle sentit son âme s'échapper de son corps, elle se sentit transporter et qu'elle ne fut pas sa surprise de se retrouver là, dans cet endroit qu'elle connaissait. Tout y était sombre et mort, elle sentait aucune âme, aucune vie, elle murmura alors :

« Le Néant. »

oO§Oo

A Imladris, Elrond serrait les mains de sa fille unique, les yeux clos, ses lèvres bougeaient et adressaient une prière muette aux Valars :

« Epargnez les toutes les deux… »

oO§Oo

Aux Havres-Gris, Cirdan s'arrêta net de toute activité, son regard se perdit vers l'ouest et d'un murmure il souffla :

« Epargnez là… »

oO§Oo

Aux frontières de la Lórien, en compagnie de Thranduil, Galadriel et Celeborn unirent leurs mains et ensemble ils adressèrent la même supplique à ceux qui étaient leurs maîtres.

« Puissiez-vous permettre à cette étoile de continuer de briller… » Souffla Galadriel.

oO§Oo

A Minas Tirith, un évènement étrange se produisit, alors qu'ils étaient encore là à observer, Faramir et Eowyn furent tirés de leur contemplation par un garde qui arrivait en criant :

« SEIGNEUR ! SEIGNEUR ! VENEZ VITE ! »

Faramir se retourna précipitamment et devant l'air paniqué du garde, il le suivit avec derrière lui Eowyn inquiète. Ils arrivèrent sur le parvis de la cour principale, là où trônait l'Arbre Blanc. Là, ils virent Estebal mais aussi quelques dames soigneuses.

Leurs regards convergeaient dans la même direction. Alors que Faramir s'interrogeait, Eowyn lui prit soudainement le bras et le serra. Il rabaissa son regard sur elle, il la vit pâle observant avec des yeux ronds dans une direction qu'il suivit rapidement et là… Il resta figé.

Face à lui, face à eux se tenait Gabrielle, elle était vêtue de noire, ses cheveux semblaient plus longs que d'habitude et ses bras étaient ouverts comme si elle prenait quelque chose. Mais le plus stupéfiant c'était cette aura de lumière blanche qui l'entourait tel un halo. Faramir se reprit, se détacha de l'emprise d'Eowyn qu'il confia à Estebal, il entreprit de s'approcher. Avec précaution il avança et se trouva bientôt en face d'elle. Les cheveux de Gabrielle s'étaient mis à voler autour d'elle et quand Faramir essaya de distinguer ses yeux, il ne vit que deux orbites blanches.

oO§Oo

Elle ne s'était pas mise à marcher, à quoi cela lui aurait il servit ? Elle savait qu'il allait arriver. Elle n'eut pas tord, la voix froide et cruelle de Sauron se fit entendre :

« Ils n'ont pas totalement réussis.»

Gabrielle expira un bon coup et se retourna, elle lui fit face et eut un mauvais sourire :

« Ils t'ont divertis et toi tu as marché. Ils ont réussis puisque tu es ici ! »

Sauron s'approcha d'elle, cependant il s'arrêta à quelques mètres du corps de la jeune femme :

« Le Néant, qui l'eut cru que je finirai par hanter ce lieu qui n'est plus rien. »

Elle le regarda et répondit :

« Qui te dit que tu hanteras ce lieu ? »

A ce moment de nouveau Sauron vacilla, ici il n'était plus sûr de pouvoir user des mêmes artifices. Gabrielle le sentit et à son tour s'avança, elle le contourna et lui fit face mais lui était de dos à présent.

« Vois tu j'ai enfin compris. Au-delà de tout j'ai compris que c'était à moi de terminer ceci. »

Brutalement il se retourna et la fixa d'un œil mauvais.

« Qui comptes-tu impressionner Gabrielle ! Je te rappelle que je suis à l'origine de ta présence sur Terre ! Sans moi tu ne vivrais pas ! »

Il sentit alors que toute sa magie ne s'était pas totalement éteinte en lui, il leva la main droite et envoya à Gabrielle les terribles images de son passé.

« Regarde … Regarde ce que tu essaies de protéger avec tant de foi ! Un monde qui ta volée une moitié de vie, un monde des Hommes qui ta détruite ! »

Gabrielle vacilla sous l'intensité des images, bientôt, s'en fut d'autres qui apparurent, les images d'un couple qui semblait heureux, la femme était visiblement enceinte.

« Ils mon tout volés ! Ma femme et mon enfant ! Ils les ont montés contre moi ! Elle en est morte, et lui ils l'ont pervertis ! Regarde ce que fut mon passé j'aurai pu tout dominer et les détruire ! »

Trop d'images se succédaient dans l'esprit de Gabrielle, Sauron lui transmettait son passé, ses images d'un pseudo bonheur détruit. Elle porta ses mains à ses tempes et tomba au sol à genoux.

« Tu es mon héritière ! Mon sang coule en toi que tu le veuille où non ! Tu ne parviendras pas à me détruire ! Ils ont tous échoués avant toi alors pourquoi y parviendrais-tu-toi ? Je resterai ici, je me reconstituerai et tu verras, je reviendrai et je ne ferai plus les mêmes erreurs ! »

Elle le sentit s'approché d'elle, d'un mouvement elle se retrouva debout, faiblement elle ouvrit les yeux et sentit une douleur à son coup. Face à elle il avait la paume tendue et il resserra les doigts, au fur et à mesure de ce geste, la respiration de Gabrielle se faisait plus difficile, plus erratique.

« Les uns après les autres je les aient détruits ! Ils n'ont pas supportés et ont succombés alors pourquoi toi tu y arriverais ! Tu n'es rien tu m'entends ! RIEN ! »

Elle ferma les yeux, elle n'arrivait presque plus à respirer.

Mais une nouvelle fois, cette chaleur en elle se fit.

Elle se sentit aider par une force inconnue et à son tour, difficilement tendue la main face à elle et en serra la paume. Il ne fallut pas longtemps à Sauron pour la lâcher. Elle retomba au sol et se massa la gorge en toussant. Elle avait baissé son bras, rapidement elle se releva même si ce fut difficile et lança un regard meurtrier à l'encontre d'un Sauron éberlué.

« Je n'ai jamais été seule contrairement à ce que tu crois ! »

Sa voix était cassée mais elle reprit :

« Regarde bien ! Regarde bien pourquoi moi face à toi je me soulève ! »

Elle ferma les yeux et ce concentra, elle lui envoya alors toutes ces images à elle, son enfance heureuse, les jeux, les histoires, les rires, les moments de tendresse. Puis malgré la douleur, l'amitié, le soutient sans faille de personne comme Cirdan où Linolen, l'affection d'Elrond, l'amour filial de Galadriel et Celeborn. La renaissance, l'envie de vivre malgré toutes les horreurs. L'acceptation d'un destin, le choix d'un chemin, l'amour d'une vie en la personne d'Haldir.

Quand elle rouvrit les yeux, elle vit le visage décomposer de Sauron.

« Depuis longtemps j'ai accepté la fatalité ! Depuis peu j'ai accepté ce que je suis. Pourquoi ? Tu demandes pourquoi ? Parce qu'ils ont réussis à te cacher mon existence ! Trop aveuglé par ton Anneau tu n'as pas vu que j'étais là, que je grandissais ! Tu t'en ais rendu compte trop tard et tu as voulu rattraper ton erreur en m'envoyant ces images et ces visions qui m'affaiblissaient tant. Mais tu vois, je suis là, je n'ai pas sombré moi et je réussirai là où ils ont échoués parce qu'ils sont tous avec moi ! Ils vivent en moi ! »

Sauron voulut faire un geste mais il le tint en suspens, il regarda soudain Gabrielle avec crainte.

« Tu dis que je suis ton héritière ? Je te réponds que non ! Je suis l'héritière d'Aradan et de Laurelin, je suis héritière de la Lórien, pas du Mordor ! Je suis aussi l'héritière d'un pouvoir que je ne pouvais comprendre jusqu'alors, mais maintenant je sais ! Regarde ! Regarde toutes les horreurs que tu as engendrées depuis ton apparition ! »

Gabrielle ouvrit de nouveau les bras, elle ferma les yeux et puisa en elle afin d'envoyer ces images. Autour d'elle se dessinèrent des ombres, d'abord celle d'Aradan, puis celle d'un autre homme aux cheveux poivres et sel, un autre aux traits semblable à ceux de Gabrielle et puis un dernier au regard sombre puis enfin cette femme au long cheveux ébène.

Aucun d'entre eux ne regarda en direction de Sauron qui les vit. Il sentit son cœur, du moins si il en avait un, se briser et lorsque les images de sa folie lui parvinrent, il tomba au sol en se tenant la tête. La perversion d'Ar-Pharazon, la destruction de Numénor, l'exil.

Mais aussi la duperie à l'encontre des elfes, la création de l'unique.

L'attaque du Gondor, la prise de Minas Ithil, la mort d'Isildur, la bataille, les morts la destruction.

La perte de sa femme apeurée il le voyait de sa folie contre les elfes, l'enlèvement de son propre fils alors qu'il venait de le doter d'un pouvoir de vison encore plus puissant que celui des elfes. Sa destruction a lui enfin.

« Arrête ! ARRETE ! »

Il était là au sol haletant, il leva un regard suppliant sur Gabrielle qui avait toujours près d'elle ses ombres qui semblait lui insufflés cette force qui l'habitait.

« Ils l'ont cherchés ! C'est de leur faute ! Les elfes ! Les elfes ! Cria t-il.

- Les elfes comme tu dis on su NOUS apportés une stabilité, de la tendresse une famille ! Les elfes comme tu dis NOUS ont appris à maîtriser du mieux que l'on pouvait ce don ! Imagine simplement ce que c'est sachant que moi et mon père principalement avons hérités en plus de la vision caractéristique au peuple elfique ! »

Il parvint à se relever et tout deux ce faisait à présent face, Sauron avait retrouvé ce regard froid et haineux :

« Ils m'ont tout volés ! »

Cette fois Gabrielle hurla :

« TU AS TOUT GACHÉ! Tu nous as détruits ! Manipulés ! Rendu fou ! Mais regarde aujourd'hui, on est là ! Et au nom des miens je vais en finir avec tout ceci ! Regarde où ta haine ta menée… Tu n'es plus rien et même si je dois aujourd'hui accomplir la dernière action de toute ma vie alors tant pis, je partirai heureuse de l'avoir fait ! »

Mais Sauron leva les mains, dans le sombre langage il invoqua un de ces pouvoirs et une aura rouge l'enveloppa. Il se concentra sur Gabrielle qui avait à présent autour d'elle cette aura blanche :

« Je ne partirai alors pas seul ! »

Il lança sur elle cet éclat de lumière rouge, mais il n'avait pas prévu que l'aura blanche fonde sur lui… Elle essaya de maintenir cette lumière jusqu'à la disparition totale de cet être en face d'elle. Elle le vit se consumer face à ces yeux mais n'eut le temps de rien voir d'autre car l'éclat rouge la happa de toute sa puissance…

oO§Oo

Aragorn et Gandalf ne comprirent pas ce qui venait de se produire. Ce fut comme si le temps avait été suspendus l'espace de ce qui leur avait paru quelques secondes. Un nouveau souffle retentit suivit bientôt de ces deux lumières blanche et rouge. Puis un murmure qui fit se redresser Haldir qui le reconnut, une sensation étrange envahit les compagnons, alors que face à eux, les dernières fondations du Barad-Dur explosaient et que les Portes Noires étaient englouties. Chacun eut cette sensation de fin, de soulagement, mais Haldir l'épée en main et le visage couvert de saleté lui ce concentrait sur une chose qu'il ne sentait plus…

Elle l'avait accompagné depuis son départ, il la sentait en lui avec lui et là, Gabrielle semblait l'avoir abandonné. Il fut prit d'une inquiétude immense qu'il dû pourtant taire afin de s'occuper des blesser.

Gandalf monta alors sur Gwaihir et trouva les corps de Sam et de Frodon qui furent transportés en un autre lieu…

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Linolen rejoignit Cirdan qui était assis sur un de ces fauteuils de son bureau. Le charpentier murmura :

« Elle est loin, je ne la sens plus… »

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A Imladris Elrond voyait le visage de sa fille reprendre des couleurs alors qu'elle ouvrait les yeux. Il lui offrit un tendre sourire avant qu'elle ne se jette dans ces bras et qu'il lui murmura :

« Tu seras une grande Reine ma fille… »

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Aux frontières de la Lórien, le couple de souverain avait été rejoint par Ealron qui présenta une sorte de sphère brisée en deux. Galadriel eut un soupir puis un faible sourire :

« Le destin est accomplit… Elle peut désormais enfin vivre… »

Celeborn prit sa femme contre lui et la serra dans ses bras.

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A Minas Tirith, Faramir et Eowyn avait assisté impuissant aux changements intervenus sur l'enveloppe corporelle de Gabrielle, puis soudainement, ils la virent s'effondrer au sol, le halot autour d'elle disparut et ces yeux redevinrent normaux. Stupéfait aucunes des personnes présentes n'osa bouger, le corps de Gabrielle était au sol, les yeux grands ouverts sans aucun mouvement. Ce fut Eowyn qui se précipita alors que Faramir sortant de sa torpeur s'agenouilla, il lui prit une de ces mains qui était glacée, Estebal fut rapidement à son chevet, il tâta son pouls et le sentit, faible, très faible. Alors qu'il la soulevait lui-même ayant repris ses esprits, il la mena sans plus attendre aux Maisons de Guérissons. Le jeune couple resta là, stupéfait, perdu alors que le soleil n'était plus présent dans le ciel. Ils entendirent alors soudain :

Chantez maintenant, ô vous, gens de la Tour d'Anor,

Car le Royaume de Sauron est fini à jamais,

Et la Tour Sombre est jetée à bas.

Chantez et réjouissez-vous, ô vous, gens de la Tour de Garde,

Car votre guet n'a pas été vain,

Et la Porte Noire est brisée

Votre Roi l'a franchie,

Et il est victorieux.

Chantez et soyez heureux, ô vous, enfants de l'Ouest,

Car votre Roi reviendra,

Et il résidera parmi vous,

Tous les jours de votre vie.

Et l'Arbre qui fut desséché sera renouvelé,

Et il le plantera dans les hauts lieux,

Et le Cité sera bienheureuse.

Chantez, ô vous tous !

Des voix se firent entendre dans toute la cité. Faramir eut un pincement au cœur à cette nouvelle, Eowyn se blottit contre lui et murmura :

« A quel prix ? »

Etendue sur un lit, Estebal avait clos les yeux de Gabrielle. Il ne sentait aucune vie dans ce corps, si ce n'est que le très faible battement de cœur dans la poitrine de l'elfine. Il ne savait quoi faire… Il se pencha alors sur elle et murmura :

« Vous devez revenir pour ce petit être Demoiselle. Vous ne le savez pas encore mais il est là en vous… »

D'un mouvement il effleura la joue cadavérique de Gabrielle avant de s'asseoir sur une chaise et de faire la seule chose qu'il pouvait : attendre. Il ne pouvait pus rien faire à présent, la décision ne lui appartenait pas. Elle devait seule revenir…