Bonsoir à tous, et désolée pour le retard sur le chapitre de ce soir, qui devait paraître à 20h. Des détails ne me semblaient toujours pas corrects dans ce chapitre, donc j'ai pris la liberté de repousser la sortie de ce chapitre à 21h45 pour des raisons d'édition de dernière minute. Je vous prie encore de m'excuser pour ce délai, et vous souhaite une bonne lecture !


Chapitre 55 : Mutinerie


Quand il rouvrit enfin les yeux quelques minutes plus tard, Jihou put voir qu'il était à nouveau à l'intérieur du vaisseau, et que son casque lui avait été retiré. Kamui était déjà en train de donner des instructions aux membres d'équipages les ayant rejoint. Ils n'étaient qu'une petite dizaine, aussi Jihou en déduit, entre deux envies de vomir, que les Yato qu'ils avaient quittés dans la partie avant du vaisseau étaient toujours en train de ramper dans les conduits de ventilation.

Il se demanda comment il avait pu arriver jusque là, alors que son dernier souvenir était une sensation semblable au fait de heurter un mur à pleine vitesse.

Les Yato jusqu'alors en groupe compact autour de leur capitaine se dispersèrent aux quatre vents, prêts à chercher les intrus dont ils ignoraient encore la localisation.

-Ah, Daisy ! T'as fini de faire la sieste ? S'exclama Kamui.

-Capitaine… Il s'est passé quoi ?

-T'es tombé dans les pommes à cause de l'accélération du vaisseau ! Ricana Kamui.

Visiblement, cela avait l'air de beaucoup amuser son supérieur. Aussi Jihou lui renvoya un regard désespéré.

-Me dites pas que c'est vous qui m'avez sauvé ?

Kamui, qui jusqu'à présent avait les yeux presque fermés, les ouvrit en grand, et de son regard à la fois innocent et pétillant, fixa son subordonné qui se relevait avec peine.

-Tu sembles avoir une piètre opinion de moi, dit Kamui.

-N-Non Capitaine ! Se défendit Jihou.

Il mentirait en disant qu'il pensait être un jour sauvé par le Yato le plus violent du lot. Et pourtant, c'est ce qui s'était produit.

-Je… Merci, en tout cas…

Kamui referma légèrement les yeux, signe qu'il acceptait le remerciement, si sommaire soit-il.

-Bon c'est pas tout, mais j'ai du Samouraï à chasser ! Tu peux rester ici Daisy !

Et il était déjà parti, marchant d'un pas décidé vers un des couloirs de service. Jihou soupira, laissant enfin un peu de tension s'échapper de son corps. C'était beaucoup trop d'émotions pour la journée. Et comme pour couronner le tout, une nouvelle vague de nausée lui revint.

OooOoOo

Quelques minutes auparavant, à un tout autre endroit du vaisseau, un certain samouraï aux cheveux permanentés avait éternué bruyamment.

-Ils ont pas de chauffage sur ce rafiot ou quoi ? Pesta Gintoki. C'est vraiment la crise chez les pirates…

-C'est pas vous qui payez jamais votre loyer en temps et en heure ? Souleva Jigen.

-Comment tu sais ça, toi ? S'offusqua Gintoki.

-Katsura-san nous en a parlé plusieurs fois lors des cours de finance et d'économie sociale, répondit l'as de la gâchette.

Le Patron des Yorozuya avait alors affiché un regard dégoûté qui aurait pu se traduire par « mais quelles conneries il vous raconte celui-là », et pensait déjà quelle punition infliger à son ami quand il serait de retour sur Terre. Oh, ce qu'il allait lui faire payer, de raconter des trucs sur son dos.

-Une fois cette mission terminée, je vais vraiment lui faire bouffer sa propagande, à l'autre…

Mais ces petits soucis sur sa vie privée avaient été totalement balayés de son esprit, un problème bien plus sérieux ayant émergé. Ils venaient de rejoindre la salle des moteurs, située à l'arrière du vaisseau, quand tout à coup…

-Qu'est-ce qui vous as pris d'embarquer des explosifs ?!

Gintoki avait éclaté de rage, lorsqu'une énorme explosion s'était déclenchée, à environ une centaine de mètres de là. Il avait pris par le col de son kimono l'un des hommes de Katsura, qui ne semblait pas comprendre ce qu'il avait fait de mal.

-Qu'est-ce que vous avez pas compris par « mission d'infiltration » ?!

Un des hommes de Katsura, qu'il avait surnommé « Ace No Dia » s'était alors interposé entre le Yorozuya furieux et le combattant Jouishishi.

-Katsura-san nous as donné l'ordre de rendre ce vaisseau inopérant par tous les moyens. Nous avons pensé que faire exploser le conduit principal d'alimentation était suffisant.

-Et manquer de nous faire sauter avec, c'était aussi dans le plan ? Grogna Gintoki.

Soudainement, les hommes de Katsura évitèrent le regard acéré du samouraï. Quelque chose clochait. Et le Patron des Yorozuya n'aimait pas du tout ça. Il sentait une dizaine de paires d'yeux le scruter, et il lui semblait que plus une brise d'air ne circulait entre eux. Il fit un pas en arrière, en même temps que les hommes de Katsura firent tous un pas vers lui.

-Hé…. C'était quoi ce plan foireux ? Qu'est-ce qu'on vous a dit de faire exactement?

Il sentit clairement grandir une intention hostile à son égard. Des intentions hostiles, même. Pas besoin d'être un génie pour comprendre ce qui était en train de se passer. Instinctivement, il observa rapidement les alentours immédiats. Il fallait trouver une issue, proche et facile à atteindre, en ayant le moins d'individus à abattre au passage.

-Question plus importante encore… QUI vous as donné vos ordre ? Demanda-t-il d'une voix menaçante.

La question si justement posée sembla amuser certains des hommes lui faisant face.

S'il savait quelque chose de son vieil ami le jeune noble de la fureur, c'est que ce dernier n'avait plus tué personne depuis la grande guerre du Joui. Et qu'il se refusait à mettre en danger des innocents. Du moins pas volontairement… Ce qui ne pouvait s'expliquer que par une chose. Car des méthodes pareilles ne pouvaient être employées que par un seul homme à sa connaissance.

-Takasugi… Dit Gintoki entre ses dents.

Le dos à une des consoles de commande, il posa sa main droite sur cette dernière.

Il fallait qu'il sache, au son de leurs pas, où se plaçaient les individus qu'il ne pouvait pas voir directement, sur ses flancs. Il avait au moins l'avantage d'avoir, en face de lui, celui qu'il avait surnommé Jigen, et qui était le plus dangereux de la bande, avec un pistolet comme arme. Ça allait être sa priorité.

Il entendit également le son de plusieurs lames en acier glisser hors de leurs fourreaux, et sut qu'il était encerclé.

Au même moment, le vaisseau entier se mit à trembler d'un seul tenant.

-Ce sera bien plus facile, si vous savez déjà tout, Sakata Gintoki, dit « Ace no Dia ». J'avoue que je ne pensais pas que nous serions découverts aussi tôt…

Gintoki eut la présente d'esprit d'écarter légèrement ses pieds tout en se penchant vers l'avant, augmentant ainsi son appui et sa stabilité sur le sol, et descendant son centre de gravité vers le bas. Il en profita pour décocher un sourire féroce aux hommes lui faisant face.

Un reflet sur un montant métallique l'informa d'un espace entre deux hommes, positionnés à sa toute gauche, et qui avaient déjà sorti leurs sabres. Il avait trouvé son issue. Restait à…

- Désolé, Sakata-san, mais vous n'êtes pas prévu dans la suite des événements.

Gintoki baissa légèrement la tête, avant de la relever et d'afficher une expression amusée et grotesque.

-Non, je pense que c'est plutôt le contraire !

Sa main droite, toujours positionnée derrière lui sur la console, saisit un des leviers, et passa de zéro à cent en un geste rapide. Au même moment, un grondement sourd retentit, et les vibrations dans toute la structure augmentèrent soudainement, provoquant une vague d'incompréhension et de regards surpris parmi les ennemis.

Et comme si ça ne pouvait pas être pire, la scène suivante fut le chaos personnifié.

Le vaisseau venait de faire une accélération brusque et brutale, envoyant valdinguer passagers et marchandises. Plusieurs hommes tombèrent à terre, d'autres se retrouvèrent violemment projetés contre les murs.

La position plus stable de Gintoki ne l'empêcha pas de subir une grande partie du choc, mais il put encaisser le plus gros et éviter une chute, grâce à la position de ses jambes et à sa main tenant toujours le levier commandant la poussée des moteurs.

Repassant la commande au niveau zéro, il put s'échapper en courant, passant entre les hommes en train de se relever, et sortir de la pièce. Il fallait qu'il trouve à présent un moyen d'échapper à la fois à ses anciens complices, et aux Yato dont l'humeur allait être massacrante, vu les dégâts que leur vaisseau avait subi ces dernières minutes.

Toutefois, il pouvait déjà entendre des poursuivants se lancer à ses trousses dans les coursives du vaisseau. Il ne savait pas très bien où il allait, n'ayant pas la moindre idée de la structure et de la disposition des couloirs et des pièces.

Il passa plusieurs intersections les minutes qui suivirent, avant de finalement s'arrêter à un croisement entre cinq couloirs, auquel du milieu se trouvait un espace dégagé. Les hommes de Takasugi avaient dû prendre un raccourci et contourner sa position, car quatre hommes barraient déjà le passage au permanenté. Impossible donc d'aller tout droit. Et le claquement de chaussures au pas de course sur l'acier des couloirs provenait également de la droite.

Et bientôt, il fut complètement encerclé, toutes les issues possibles occupées par un ou plusieurs combattants.

-Vous nous aurez vraiment fait perdre du temps, Sakata Gintoki, finit par dire Jigen.

-C'est notre spécialité dans Gintama, souffle Gintoki. Que ce soit un arrière plan fixe ou un arc scénaristique qui finit par nous raccompagner à notre point de départ, on a toujours l'occasion de perdre du temps.

A présent, le Yorozuya respirait bruyamment, encore fatigué de la course sans queue ni tête qu'il avait menée au sein du vaisseau pirate. Ses épaules se levaient et s'abaissaient en rythme, accompagnant un rythme cardiaque tambourinant dans sa poitrine. Mais il pouvait également observer que ses poursuivants étaient dans le même état que lui : visiblement essoufflés.

-Sauf qu'on est pas dans un arc comique, là. Malheureusement, vous avez déjà déclenché trop de Shibou Flag (1) , continua Jigen.

-Mais les spectateurs savent que je bénéficie de la plot armor (2), donc je ne mourrai pas ici, rétorqua Gintoki.

-Allons allons, tout le monde sait qu'il peut se passer absolument tout et n'importe quoi dans ce genre d'histoire qui sort du matériel source…

Il… N'avait pas tort. Et comme pour appuyer son propos, les hommes de Takasugi brandirent tous leurs sabres, prêts à passer à l'attaque. Jigen, lui, se contenta de diriger le canon de son arme vers le samourai qui étant complètement encerclé. Il n'y avait aucune issue possible à cette situation, et même s'il pouvait se battre contre plusieurs individus, ça allait s'avérer être une bataille difficile.

Gintoki lança alors un regard suppliant vers le plafond, certainement adressé au narrateur… Euh… A moi ?

-Mmmh ! Fit le permanenté.

Non. Le narrateur n'avait lui aussi aucun pouvoir. Il était après tout un instrument au service de l'auteur.

-Mmmmmh ! Supplia le permanenté, les larmes aux yeux.

Ah non… Ne faites pas les yeux de chien battu… Je ne peux rien faire pour vous.

-MMMMMMMMH ! Supplia à nouveau le permanenté.

Cette fois, il avait ajouté une petite larme au coin de l'œil, et un air encore plus misérable sur son visage. Ah, ça faisait vraiment pitié à voir.

Je… Je ne peux pas résister… Je ne suis pas un monstre, hein ! Mais juste pour cette fois, hein ?

Un coup de feu retentit, forçant Gintoki à fermer les yeux face au bruit assourdissant qui avait résonné dans toute la structure, rompant le silence ambiant.

Il les rouvrit lentement, avec prudence, et commença à palper son propre corps. Il pensait avoir été touché, mais après quelques secondes, il se rendit compte qu'il n'avait rien.

Au lieu de ressentir une douleur lui-même, un des hommes juste en face de lui s'écroula au sol, visiblement touché. Mais d'où venait donc le coup de feu ? Jigen n'avait pas bougé d'un pouce…

Si ce n'était pas lui… Alors…

Du fond du couloir, derrière les trois hommes encore debout, se tenaient plusieurs Yato. L'un d'eux, canon encore fumant de son ombrelle dirigé vers les intrus, avait un regard féroce.

-CAPTUREZ LES INTRUS ! Hurla le Yato.

Aussitôt, la dizaine de Yato commença à courir pour couvrir la centaine de mètres les séparant des passagers clandestins s'étant infiltrés à bord. Leurs chaussures frappaient violemment le sol,preuve qu'ils avançaient à leur allure maximale, et pas avec des intentions amicales.

Gintoki put constater que des bruits de pas lourds s'approchaient également de leur position par les côtés, signifiant que les Yato à bord accouraient vers eux par les autres couloirs. D'un instant à l'autre, leur position allait être débordée. Toutefois, c'était peut-être la distraction qu'attendait le Patron des Yorozuya.

Gintoki serra les dents. Ça allait passer ou casser.

Au moment où deux Yato émergèrent d'un des couloirs sur sa gauche, il sut que c'était le moment ou jamais pour filer. Les trois guerriers devant lui se retournèrent pour contrer l'escadre Amanto arrivés dans leur dos, y compris l'homme possédant un revolver.

Mais grâce à l'arrivée plus rapide de certains des Yato par les côtés, la panique s'installa sur l'intersection.

Sous le coup de la surprise, les trois hommes derrière Gintoki relâchèrent brièvement leur vigilance vis-à-vis du Yorozuya, ce qui permit enfin le mouvement qu'attendait le permanenté.

En un geste fluide et rapide, Gintoki sortit le sabre que lui avait confié Katsura de son fourreau, et infligea un coup à la main de l'homme le plus à l'écart. Ce dernier en fit tomber son propre sabre, et se recroquevilla sur lui-même en se tenant le poignet. Du sang coulait en abondance du dos de sa main, une longue entaille rouge y ayant été tracée.

Mais ses deux collègues n'allaient pas se laisser faire aussi facilement, une fois l'effet de surprise disparu. Presque aussitôt, deux lames venaient à la rencontre de celle de Gintoki, repoussant légèrement en arrière le samouraï. Il pouvait également entendre dans son dos des bruits de combat assez violents, d'autres Yato étant arrivés sur les lieux entre temps. Et à en juger par les cris de plus en plus hargneux de ses anciens alliés, ils étaient aussi en train de perdre du terrain.

Gintoki repoussa en avant son sabre avec difficulté pour écarter de lui les deux assaillants. Il voulait éviter d'attaquer pour tuer, mais à ce train-là, il n'aurait bientôt plus le choix.

Il se décida pour une feinte. Relâchant soudainement la pression qu'il mettait de tout son poids sur la lame de son sabre, il fit un rapide pas en arrière tout en se dégageant sur le côté.

Avec ce mouvement en arrière inattendu, et plus rien pour poser leurs propres lames dessus, les deux hommes qui faisaient face à Gintoki trébuchèrent maladroitement dans sa direction.

Redirigeant sa lame vers l'avant, Le Patron des Yorozuya la planta comme une lance dans l'épaule d'un de ses deux adversaires situé sur sa propre gauche, qui sous la douleur intense en lâcha son arme.

Dans le même intervalle de temps, le second homme brandit son sabre pour atteindre les bras du permanenté, qui avait exposé son flanc droit à l'ennemi. Le sabre de Gintoki encore coincé dans l'épaule d'un de ses ennemis, il était impossible de riposter immédiatement. La seule solution fut donc de minimiser les dégâts, à défaut de totalement les éliminer.

Devant choisir de protéger ses deux bras, Gintoki s'avança plus en avant, recevant une violente taillade dans l'épaule droite. Il serra les dents suite à la chaleur qu'il ressentit à cet endroit, du sang commençant à s'écouler en quantités importantes de la grande entaille qui lui avait été infligée. Il avait connu pire, mais également mieux.

Toujours son sabre planté dans son premier adversaire, il usa de toute la force qu'il avait pour s'en servir comme d'une batte en bois. Dans un grand arc, il projeta l'homme embroché sur son complice. Ce dernier, n'ayant pas vu le mouvement avant qu'il ne soit trop tard, se prit de plein fouet tout le poids du premier homme, et s'affala sur le sol.

La voie pour s'échapper était enfin libre, et dégageant enfin sa lame, Gintoki courut vers le couloir qu'il cherchait désespérément à rejoindre. Mais il n'était visiblement pas le seul à avoir eu cette idée. Trois des anciens hommes de Katsura s'échappèrent par d'autres couloirs adjacents, afin d'échapper aux Yato qui arrivaient de plus en plus nombreux.

Il commença à courir pour s'éloigner de la mêlée enragée, se tenant son épaule ensanglantée. Il avait presque atteint le bout du couloir, quand soudainement, une grille d'aération tomba avec force du plafond. Comme si on l'avait dégagée à grand coup de pied.

Et comme pour confirmer son hypothèse, un individu sauta par la trappe pour atterrir juste en dessous dans le couloir, bloquant le passage à Gintoki.

-Yo, Samourai argenté, ça faisait un baille ! Sourit le rouquin.

Super… Comme si tomber sur Kamui n'était pas le dernier de ses soucis.


A Suivre.


Notes de compréhension :

(1) Shibou flag : drapeau de mort ou de destruction : se dit d'une action ou de paroles qui précèdent et prédestinent la mort d'un personnage. Comme par exemple, un père qui parle de sa famille, et qui meurt peu après. Le shibou flag de Gintoki dans ce court arc peut être la fois où il a dit qu'il allait dire à Katsura ce qu'il avait sur le cœur en rentrant (« une fois cette mission terminée ».

(2) plot armor : littéralement : armure du scénario, ou armure du personnage principal. Principe littéraire selon lequel un personnage principal, ou secondaire bénéficiant de la « plot armor », ne peut pas mourir dans sa propre histoire.


Ouch, enfin une attaque au quatrième mur de cette histoire. Ça faisait un moment !

Le quatrième mur ? La ou nous allons, on a pas besoin de quatrième mur.

J'espère que le chapitre vous as plu en tout cas! Bonne soirée et à la semaine prochaine !