Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas.
Note : Recueil d'OS écrits pendant les nuits HPF (une heure pour un texte sur un thème donné), d'où les formats et les ratings variables.
Univers : Post-saison 3.
Rating : K+
L'origami
Ce fut l'absence de présence à ses côtés qui réveilla Will. Il ne parvenait jamais à se rendormir lorsqu'il constatait qu'Hannibal n'était plus dans leur lit et il partait bien souvent à sa recherche pour se rassurer sur sa survie. Leur chute après le combat contre le grand Dragon Rouge avait laissé des traces dans son esprit et le faisait régulièrement paniquer dès qu'il se retrouvait seul car il craignait alors avoir rêvé tout ce qui avait suivi cet instant douloureux. L'empathe avait décidé de lâcher prise en comprenant qu'il bridait sa véritable nature, il avait ouvert les bras à tous ces sentiments tempétueux qui cognaient à l'intérieur de son cerveau et lui hurlaient de céder enfin. Il avait ainsi accepté l'amour qu'il portait à son psychiatre et, tous les deux, ils avaient fui loin de Crawford, des forces de police et de tout ce qui les séparait. Depuis lors, l'ancien consultant du FBI profitait de la chaleur des étreintes de son amant et s'accrochait à lui comme à une bouée de sauvetage.
« Hannibal ? souffla Will en s'aventurant dans la cuisine. »
La pièce était sans nul doute celle qui appartenait le plus au cannibale. Non pas que le plus jeune n'y mettait jamais les pieds mais il reconnaissait aisément les talents de l'autre homme aux fourneaux. Seul le silence lui répondit, accompagné par la vision d'une table vide. Will se rendit ensuite dans le bureau du docteur où il le découvrit, occupé à plier une feuille de papier pour en faire une figure familière. Un sourire étira les traits de l'empathe lorsqu'il reconnut un cœur anatomique qui ressemblait à s'y méprendre à l'un des cadavres que Lecter lui avait laissé comme pardon dans une chapelle italienne. Cette forme n'était pas à prendre à la légère, il ne faisait aucun doute qu'Hannibal avait une idée bien précise en tête pour lui rappeler ainsi un souvenir de leur passé.
« Je t'ai réveillé ? s'enquit le psychiatre sans relever les yeux de son œuvre.
— Pas vraiment, murmura Will en se rapprochant. Tu as une envie soudaine d'origami ?
— Sais-tu quel jour nous sommes ? »
Le plus jeune réfléchit un court moment, le temps pour lui de se resituer mentalement dans le calendrier. Il comprit l'allusion de son amant et se pencha vers lui pour lui voler un baiser. Deux ans plus tôt, jour pour jour, ils avaient filé hors de l'Amérique pour s'établir dans un ailleurs qui leur convenait à merveille. Will n'avait pas prêté d'attention aux dates des derniers jours et il se reprocha de ne rien avoir à offrir à son compagnon. Peut-être aurait-il dû franchir la porte du marchand d'antiquité qu'il avait découvert la semaine précédente. Ou peut-être pourrait-il se rattraper d'une manière plus physique et nettement moins subtile. Son regard parla pour lui car Hannibal mit de côté son pliage afin de l'attirer contre lui.
« Je t'aime, déclara l'empathe en posant son front contre celui de son amant. »
Leurs lèvres se retrouvèrent aussi vite et se fondirent dans un baiser peu innocent. Assis sur les genoux du psychiatre, le plus jeune sentit ses mains se glisser sous son haut de pyjama, caressant le bas de son dos avec délicatesse. Il sourit contre la bouche d'Hannibal et effleura sa nuque, retenant un gémissement lorsque les doigts du plus vieux vinrent se crisper sur ses fesses. Will eut un hoquet de surprise lorsque le cannibale finit par le pousser sur le bureau avant de lui retirer son pantalon et de s'installer entre ses cuisses. Rapidement, l'ancien consultant fut pris par le plaisir violent que lui procurait son amant.
