Bonjour à vous ! J'ai eu énormément de mal à écrire ce chapitre alors j'espère sincèrement qu'il vous plaira N'hésitez pas à me dire !
Les maraudeurs s'étaient évités pendant presque deux semaines. Remus continuait à discuter avec tout le monde. Officiellement, il ne savait rien de ce qu'il s'était passé et tout le monde faisait comme si c'était vrai et ce, alors même que tous savaient très bien que Sirius lui avait dit la vérité. Ce dernier, par ailleurs, passait tout son temps avec son petit-ami qui tentait chaque jour de le convaincre de donner sa version de l'histoire, en vain. James, lui, passait de plus en plus de temps avec Lily. Au départ, il était surtout question que son infirmière personnelle le soigne et refasse les bandages, au besoin. Par la suite, il avait surtout évité de retourner avec les garçons. Ses notes n'avaient jamais été aussi bonnes.
Contre toute attente, celui qui gérait le mieux cette situation était Peter. Tout le monde pensait sincèrement qu'il serait le plus attristé et le premier à craquer mais rien n'y faisait. Il était tantôt avec Remus et Sirius, tantôt avec James et Lily. Un jour, pourtant, où la salle commune était plus vide que d'habitude, ce qui faisait ressortir l'ambiance électrique du groupe, Peter s'arrêta entre les deux duos.
- Si vous ne vous reparlez pas, je brûle la Carte.
Les réactions ne furent pas très élaborées alors Peter tenta autre chose.
- Très bien, dans ce cas-là, je vais aussi pouvoir aller dire aux Serpentard ce qu'il s'est réellement passé ce soir-là.
Lily demanda à James de se lever, ce qu'il fit en pensant sûrement qu'elle allait lui proposer de partir. A la place, elle arrangea d'un coup de baguette l'aménagement de la salle pour qu'ils puissent s'asseoir tous ensemble. Cela ne changea cependant rien au calme ambiant de la pièce.
- James, reprit Peter, je te jure que si tu ne fais pas d'efforts, je dis à Sirius ce qu'il s'est passé la fois où tu as remplacé Remus pendant sa ronde.
- Comme si tu le savais.
Pour simple réponse, Peter demanda à James s'il était sûr de vouloir faire le test. La discussion put donc enfin commencer et Lily en profita rapidement pour repartir.
En tant qu'amie, Lily préférait sincèrement quand les maraudeurs n'étaient pas en froid. En tant que préfète et Gryffondor, par contre, l'histoire était toute autre. Il semblait que pour resserrer leurs liens, les garçons décidèrent de faire un concours de celui qui aurait le plus grand nombre d'heures de colle et de points en moins. La semaine suivant leur réconciliation fut éprouvante pour tous, à tel point que McGonagall en devint malade. Pour la première et dernière fois de sa carrière, elle ne put pas assurer l'un de ses cours. Il fallait dire qu'entre changer la couleurs des cravates des élèves, les coller à leurs sièges dans la Grande Salle, rendre confus les hiboux pour qu'ils se trompent de destinataire, scier les tables et les chaises, échanger les plumes normales contre des plumes à papote et autres idées, ils n'avaient pas manqué d'imagination, à tel point qu'Albus Dumbledore dû intervenir.
Les autres maisons regardaient ce spectacle de loin. Moins de points pour Gryffondor signifiait plus de chances de gagner la Coupe pour eux. Par ailleurs, en ce qui concernait celle de Quidditch, le temps de couronner l'équipe gagnante était arrivé. Ridiculisés par l'équipe de Poufsouffle, les Serpentard avait fait le choix d'attraper le vif d'or pour mettre fin au match, même si cela voulait dire qu'ils ne le gagneraient pas. En bref, il ne manquait plus que trois cent soixante-dix points et Gryffondor pourrait ajouter cette coupe à leur palmarès. James n'avait plus que ça en tête, à tel point que la plupart de ses joueurs menacèrent de refuser de jouer s'il continuait à se malmener, et à les malmener, ainsi.
Le jour-J arriva dans un mélange d'attente, d'anticipation et de peur. Le dernier match de Quidditch de l'année serait d'une importance capitale. L'équipe de Serpentard semblait toute désignée pour être la gagnante mais ni Gryffondor ni Serdaigle avaient abandonné la course. Ces deux maisons espéraient pouvoir créer la surprise en battant l'autre à plates coutures. Quoi qu'il arrive, aucune ne voulait attraper le Vif d'Or avant d'être assuré de repartir gagnant.
Sur le terrain, Serdaigle marqua le premier but. Leur approche était préparée et leur but, taper fort dès le départ pour casser l'habituel départ explosif des Gryffondor, fonctionna. James dû se battre avec force pour essayer de faire revenir son équipe à la normale. Lorsqu'il réussit enfin, Serdaigle menait le jeu trente points à zéro.
- Tu ne m'as jamais dit ce qu'il s'était passé pendant cette ronde, chuchota doucement Remus a sa voisine.
- Pourquoi tout le monde veut autant savoir ? C'était il y a des mois ! Je ne te le dirai pas.
James venait de marquer son premier but du match, lançant enfin réellement l'équipe de Gryffondor sur le chemin qu'il espérait gagnant. Lily ne s'entendit même pas crier le nom du capitaine rouge et or.
- Parions sur le match, proposa-t-il. S'ils gagnent…
- Ils vont gagner.
Pour une raison ou pour une autre, Lily était totalement sûre d'elle-même. Gryffondor remontait tranquillement au score. Le match devenait serré.
- S'ils perdent, tu me le dis.
- Et s'ils gagnent ?
- Je te paye une glace chez Fortarôme cet été.
Remus tendit sa main, qu'elle serra rapidement. Potter avait plus qu'intérêt à gagner, désormais.
Gryffondor peinait à se démarquer. Dès qu'une équipe marquait, l'autre imitait. Toutes deux atteignirent les cent points à seulement quelques minutes de différence. Même Pandora, la commentatrice officielle, faisait preuve d'une concentration à toute épreuve. Jamais ses commentaires n'avaient été aussi bons que ce jour-là. Les professeurs aussi étaient étranges. Du point de vue de leurs élèves, du moins, il n'était pas normal de les voir autant pris par un simple jeu, de les voir supporter leurs équipes autant que le faisaient les plus jeunes.
James marqua un nouveau but, ramenant le score à cent vingt contre cent. C'était la première fois, dans ce match, que Gryffondor menait.
- Tu penses vraiment que James va perdre ? demanda Sirius à Remus.
- Tout peut arriver.
Sirius n'y croyait pas trop mais, après tout, pourquoi pas. Si Gryffondor gagnait, il se passerait peut-être quelque chose entre James et Lily. Après tout, les fêtes post-victoire, et d'autant plus celles post-coupe, rapprochaient les gens et créaient toujours un couple ou deux. Si Gryffondor perdait, alors Lily consolerait James. Quoi qu'il arrive, James Potter gagnerait quelque chose.
- Tu crois que Lily est amoureuse ? demanda Sirius en la voyant hurler plus fort qu'il ne l'avait jamais entendue hurler alors que James venait une nouvelle fois de marquer. Elle n'aime pas autant le Quidditch, d'habitude.
- Cinq gallions qu'ils finissent ensemble avant l'été.
Les deux garçons se retournèrent pour faire face à Alice. Celle-ci s'était installée juste derrière eux et à côté de Frank.
- Dix gallions qu'ils se mettent ensemble cet été, paria Sirius.
Remus lui demanda comment James et Lily allaient bien pouvoir passer ce pas sans se voir pendant deux mois et Sirius, trop fier, argumenta qu'il pouvait se passer beaucoup de choses en deux mois.
- Soit. Vingt gallions qu'ils se mettent ensemble après la rentrée.
Le score dépassa les deux cents points pour les deux équipes. Lily continuait à hurler à pleins poumons. Sirius, Remus et Alice se mirent d'accord sur ce fameux pari. Ils convinrent de ne pas en parler aux intéressés afin de ne pas fausser les résultats qu'ils pourraient obtenir.
De chaque côté, les attrapeurs commencèrent à se mettre au travail. Depuis le début, ils avaient surtout effectués quelques tours de repérage et s'étaient amusés à se mettre sur la route des poursuiveurs adverses. Leur rôle restait donc jusque-là limité sauf que, désormais, l'équipe qui attrapait le vif d'or gagnait la coupe et ça, personne ne l'oubliait.
Serdaigle menait deux cent soixante-dix points contre deux cent cinquante lorsque Xenophilius Lovegood attrapa le vif d'or au nez et à la barbe de l'attrapeur adverse. Ni Lily ni aucun des autres maraudeurs ne virent James aussi détruit que ce jour-là, lorsqu'il descendit de son balai pour féliciter l'équipe adverse avant de repartir se changer.
James Potter était de ceux qui vivaient tout. James Potter riait avec force, s'énervait sans retenue et pleurait sans se cacher. Il n'avait pourtant même pas esquissé un seul sourire, ni montré sa tristesse.
Lily suivit son instinct et toqua à la porte du vestiaire après s'être assurée qu'il ne restait plus qu'une seule personne à l'intérieur.
- Hey.
- Hey, répondit James, les yeux vides.
Que pouvait-elle bien dire ? "C'était un beau match" ? Non. Si ç'avait été un beau match, ils auraient gagné.
- On a perdu, chuchota-t-il.
- Je sais.
Lily se rapprocha de lui, assez pour se trouver debout devant un James assis, la tête dans les mains.
- J'aurais tellement voulu gagner.
- Je sais.
Les mains de Lily bougèrent d'elles-même pour l'enlacer tandis que lui laissa sa tête se poser sur le ventre de celle venue le consoler.
- J'ai parié avec Remus. Je vais devoir lui dire que l'on s'est embrassés.
James eut un petit rire.
- J'aurais aimé que l'on garde ça pour nous, continua-t-elle.
- Alors on a qu'à recommencer.
Elle lui fit signe qu'elle ne comprenait pas.
- Ils peuvent savoir que l'on s'est embrassés une fois pour du beurre. Si on recommence, ils ne le sauront pas. Ce sera notre truc.
A ce moment-là, cette idée ne sembla pas particulièrement mauvaise et Lily se demanda même pourquoi elle n'y avait pas pensé.
Sirius aurait pourtant pensé que James resterait triste, pour ne pas dire détruit, pendant un bon bout de temps. A la place, il souriait comme un idiot fini. Apparemment, l'amertume de la défaite avait été effacée par quelque chose d'autre.
- Qu'est-ce qu'il t'arrive ? lui demanda Sirius.
- Je suis amoureux !
Alors ça, c'était pas une nouvelle des plus innatendue.
Remus rigola lorsque Lily lui expliqua, toute rougissante, cette fameuse ronde sur laquelle il attendait d'en savoir plus depuis un bon moment.
- Tu l'aimes ?
- Je l'apprécie.
Comme prévu, personne ne sut rien que ce "petit bisou de rien du tout" avait été renouvelé. Personne ne sut rien qu'ils ne pensaient tous les deux qu'à une seule chose : recommencer.
