Les événements décrits ne se passent pas tous dans la série, certains sont modifiés et la temporalité est différente, certains événements se produisent à un autre moment que dans la série.
Je ne suis pas médecin, je ne connais absolument rien aux procédures de réanimation, de chirurgie ou de quoi que ce soit d'autre. Je m'inspire de ce que j'ai vu dans Grey's Anatomy pour écrire les scènes qui contiennent des détails médicaux, je sais donc que ce que j'écris n'est pas nécessairement réaliste ou correct !
Les personnages et Grey's Anatomy en général ne m'appartiennent pas et je ne gagne pas d'argent en écrivant cette fanfiction.
Cette fanfiction est la mienne, merci de ne pas la copier sans ma permission. Si vous souhaitez la traduire, demandez-le-moi. Soyons respectueux les uns des autres.
« J'ai une vue dégagée sur la tumeur. Docteure Bailey, plus d'aspiration s'il vous plait. »
Le docteure Grey leva les yeux vers l'observatoire. Une immense fierté l'envahit. En haut, tous les sièges étaient occupés. Les internes la regardaient avec admiration, les résidents avec jalousie. Tout l'hôpital avait apparemment eu vent de ce formidable adénome logé dans l'abdomen d'Augie.
« Maintenant que la tumeur est entièrement exposée, je vais commencer à sectionner ses ramifications une à une pour réduire l'apport sanguin avant de la retirer totalement. Bistouri électrique. »
« Docteure Grey, pourquoi ne pas avoir approché la tumeur avec des rayons et de la chimiothérapie pour faciliter la chirurgie ? » demanda un spectateur.
« C'est ce que le docteure Paulson a fait durant un mois. Mais ce traitement n'a montré aucun résultat et si nous attendions plus longtemps avant d'opérer, l'ablation de la tumeur aurait été impossible. »
« Moi j'ai une question, pourquoi le docteure Paulson a-t-elle laissé une résidente pratiquer cette intervention ? »
Mer regarda Alex avec un sourire en coin. Il puait la jalousie, lui aussi.
« Elle sait que j'en suis totalement capable. Clamp et fil de suture de 3.0. »
Après avoir suturé une dizaine de vaisseaux en un tour de main, la chirurgienne jeta rapidement un autre coup d'œil à l'observatoire, incapable de s'en empêcher.
Derek la regardait. Il était fier d'elle, il souriait en la regardant opérer. Elle se reconcentra sur sa chirurgie. L'état d'Augie était stable depuis le début, aucune complication à signaler pour le moment. Tout se déroulait à la perfection, au plus grand soulagement de Meredith.
Une autre voix lui parvint de la galerie.
« Tu es sûre qu'il n'y a pas besoin d'un chirurgien en cardio ? »
« Le cœur de monsieur Lynch est très solide, docteure Yang, contentez-vous d'observer. »
Malgré leur conversation de ce matin, Meredith avait encore en travers de la gorge les commentaires de son amie. Tout avait été si difficile durant des années et maintenant qu'elle trouvait un peu de réconfort avec celui qu'elle aime, cela ne convenait pas à Cristina. Peut-être n'avait-elle pas tout à fait tort, certes, mais ce n'est pas ce que le docteure Grey avait besoin d'entendre en ce moment. Elle voulait être soutenue et entourée, pas réprimandée.
« Un problème entre les siamoises ? » demanda Bailey de l'autre côté de la table.
« Rien de grave. Clampez ici, s'il vous plait. »
« Je vois un saignement ici, docteure Grey. Fil de suture, s'il vous plait. »
« Non. Ne suturez pas. »
« Pardon ? » s'étonna le docteure Bailey.
« Je vous ai dit de ne pas suturer. »
« Et pourquoi ferais-je une telle chose ? »
« Je dirige cette intervention et je vous dis de ne pas suturer. Je sais ce que je fais. »
« Vous voulez risquer une hémorragie ?! »
« J'aurai besoin de ce vaisseau, le saignement va se résorber de lui-même, il est mineur. »
« Je refuse de prendre le risque de laisser cet homme se vider de son sang. »
« Ça n'arrivera pas. »
« C'est un risque totalement inconsidéré, et ce vaisseau peut être remplacé par un autre ! »
« Docteure Bailey, combien de fois avez-vous retiré un adénome abdominal au cours de votre carrière ? »
« Suffisamment pour savoir que ce vaisseau doit être suturé ! Ce n'est pas le moment de jouer avec le feu, Grey. Il y a un patient sur la table ! »
Meredith resta de marbre et sectionna d'autres des vaisseaux qui alimentaient la tumeur.
« Combien ? Combien d'adénomes avez-vous retiré ? »
« Une vingtaine. Si tu ne me laisses pas faire mon travail d'ici une seconde, je prends la tête de cette procédure. »
« J'ai assisté le docteure Chamberlain sur plus d'une centaine d'opérations comme celle-ci. Aujourd'hui, c'est le quarantième adénome de grade 4 que je retire. Je sais ce que je fais. »
Bailey resta bouche bée, elle détestait perdre la face.
De son côté, la résidente sentait des regards peser sur elle, depuis la galerie et même dans le bloc.
« Docteure Bailey, qu'est-il advenu du saignement, à présent ? »
« Il s'est résorbé. »
Personne n'en croyait ses yeux. Ce genre de saignement était incontrôlable et provoquait presque tout le temps d'importantes hémorragies.
« Bien. »
« Comment as-tu su ? »
Mer haussa les épaules.
« Plus d'aspiration. »
Sous son masque, elle sourit. Aujourd'hui, elle était devenue une super star.
« J'utilise une suture en zig-zag pour relier les deux lambeaux musculaires. Docteure Bailey, rapprochez les pans s'il vous plait. »
« Bien sûr, docteure Grey, c'est vous qui dirigez, je vous obéis. »
« J'ai fini de suturer. »
Elle se tourna vers la résidente qui les avait rejointes entre temps.
« Keaten, referme. Docteure Bailey, suivez-moi. »
Sous les applaudissements admiratifs de son public, Meredith Grey quitta la salle d'opération à grandes enjambées.
Une fois seules dans le couloir, elle retira son masque.
« Je devrais être en train de refermer mon patient, de répondre à des questions et de rendre chaque chirurgien de cet hôpital vert de jalousie mais je suis là. Je ne sais pas ce que vous avez contre moi aujourd'hui mais ç'a intérêt à être aussi gratifiant que les applaudissements qui m'attendent de l'autre côté de la porte. »
« Tu n'es qu'une résidente, je suis titulaire. Tu dois m'écouter et me respecter, encore plus dans le bloc. »
« Sauf votre respect, c'est à moi que cette intervention a été confiée. Pas à vous. Je dirigeais, vous m'assistiez. C'était à vous de m'écouter. »
« Tu n'en faisais qu'à ta tête ! Tu crois que j'allais te laisser prendre des risques totalement inutiles ? »
« J'ai maitrisé la situation de la seconde où j'ai incisé jusqu'à ce que je sorte du bloc. Je n'ai pris aucun risque. »
« Tu n'es qu'une résidente ! Ce n'est pas ta faute, tu as encore beaucoup à apprendre, c'est pour ça que tu es là. Pour apprendre de tes supérieurs ! Pas pour faire ce qu'il te chante ! »
« Ai-je fait la moindre erreur ? »
« Tu… »
« Je n'en ai fait aucune. Parce que je sais exactement comment retirer un adénome abdominal de stade 4. Je pourrais faire cette procédure dans mon sommeil tant je l'ai observée et pratiquée. Je sais quel vaisseau suturer, quelle artère clamper, quel fil de suture utiliser. Peut-être que c'est difficile pour vous de l'admettre mais je ne suis plus une interne, je suis une résidente de dernière année qui est à la tête du programme ! Savez-vous combien d'hôpitaux m'ont envoyé des corbeilles de fruits, des lettres, des bouteilles de champagne pour que j'aille faire ma spécialisation chez eux ? Est-ce que c'est assez pour vous prouver que vous n'aviez pas à remettre en question mon savoir faire dans cette salle d'opération aujourd'hui ?! »
« Je veillerai à informer le docteure Paulson de votre insouciance au bloc. Vous avez changé, docteure Grey. Je ne vous avais jamais vue aussi arrogante. »
« Grey ! C'était mortel. »
Margot les rejoignit en souriant.
« Je suis fière de toi, tu as été parfaite. »
Mer sourit avec peu de conviction. Elle tenait à Miranda Bailey. Depuis le premier jour de son internat, elle avait eu peur de la décevoir. Et son talent avait fini par provoquer ce moment, celui où « L'élève dépasse le maitre ». Une expression stupide pour une situation tellement décevante, pensa Meredith.
« Merci, docteure Paulson. Le docteure Bailey était justement en train de chanter mes louanges. Excusez-moi, il faut que j'aille superviser les infirmières pour les soins post-op de monsieur Lynch. »
La résidente s'éloigna rapidement, laissant Miranda coi.
« Vous savez, Bailey, vous ne devriez même pas songer à douter d'elle. Cette fille est dans les étoiles, elle est inatteignable, c'est une super star. Je l'adore ! »
Elle repartit à son tour, un sourire euphorique sur le visage.
Le docteure Bailey resta seule avec ses pensées, se demandant à quel moment elle était devenue jalouse d'une de ses élèves, se demandant à quel moment elle était devenue ce genre de personne.
