Et hop ! On reprends les chapitres d'EOD tous les jeudis soirs à 20h! J'étais en pause pour la nouvelle année, et pour avancer les traductions + révisions sur Trapped et Le frigo des Bermudes ! Mais l'attente valait le coup, vu ce que je vous prépare !:)


Chapitre 56 : Palpitations.


Le patron des Yorozuya dévisageait le jeune Yato rouquin lui barrant le passage.

« Du divertissement en direct à bord, faudra que je remercie Abuto pour ça », sourit Kamui.

« J'ai pas non plus demandé à être là », répondit Gintoki. « Mais un certain idiot a besoin qu'on lui mette les points sur les i, apparemment ».

Kamui fit craquer les articulations de ses doigts et de ses poignets, prêt à en découdre.

« Dis moi donc, Samouraï argenté, ce que tu tentes de faire ici ? Dans mon vaisseau ? A tenter de nous saborder en plein espace ? »

Gintoki ne mordit pas à la provocation. C'est tout ce qu'il fallait pour que le jeune Yato s'emporte, et le mieux qu'il pouvait faire, était de retarder au maximum tout combat inutile.

« Déjà, on a tous les deux été trahis, si ça peut te consoler ». Répondit Gintoki. « Ensuite, pourquoi je m'amuserai à démolir ton vaisseau alors que je m'y trouve encore ? Je suis pas du genre à noblement mourir pour quelque chose d'aussi léger. »

A la notion de trahison, Kamui fit la moue. Il n'avait pas en effet aimé se faire doubler par une Yato, sachant qu'ils étaient de la même espèce. Mais de là à appeler ça une trahison… Il aurait tôt fait de la retrouver et de se mesurer à elle. Il en avait vraiment hâte, surtout si elle maniait le sabre plutôt que de se battre à mains nues. Abuto en avait après tout dressé un portrait très élogieux.

« Dois-je en conclure que les intrus que mon équipage sont en train de neutraliser ne sont pas avec toi ? » Souffla le rouquin. « Il n'empêche que vous êtes montés à bord en même temps. »

Le jeune Yato continua de se montrer menaçant, bien qu'il ne bougeait pas de l'endroit où il se trouvait. Mais nul doute qu'un seul geste ou qu'une seule parole de travers pouvait suffire à déclencher un déferlement de violence. Gintoki déglutit.

« Je suis pas venu pour me battre. » Plaida Gintoki. « Juste pour vous empêcher de bouger. »

« Oh ? Et pourquoi ça ? Qu'est-ce qu'un singe pourrait avoir comme rapport avec une de nos missions ? »

« C'est vous qui avez commencé, à vouloir semer la mort et la destruction sur notre planète », répliqua Gintoki. « Mais c'est trop tard, on a déjoué votre plan . »

Kamui ne sembla pas apprécier l'affirmation du permanenté. Pas du tout. Il cliqua sa langue, en même temps que ses deux yeux prirent la forme de deux fentes fines et acérées.

« Je savais que de la vermine pouvait nous empêcher de mener à bien notre plan. Mais il vous aurait été impossible de tout découvrir seuls ! »

« Oh, crois moi. On a trouvé tous vous engins de malheur, et on les as neutralisés. Sinon je ne serais pas là… »

Kamui grimaça légèrement, son regard perçant braqué sur le patron des Yorozuya.

Mais Gintoki n'en avait pas terminé.

« Et inutile d'aller chercher ta petite sœur. C'est elle qui m'envoie… »

Enfin, sa petite sœur devenue plus grande et plus âgée que lui, mais Gintoki préféra taire ce détail. Sa déclaration eut l'effet escompté, ou presque, car Kamui ouvrit cette fois en grand ses yeux, tout en serrant les dents.

« Elle… T'envoie ? »

« Ah, j'ai piqué ta curiosité de siscon (1) ? »

Une tôle arrachée au mur du couloir vint soudainement virevolter dans sa direction, et il eut juste le temps de s'écarte sur le côté pour éviter de se la prendre en pleine poire.

Mais Gintoki ne se laissa pas impressionner. Il allait dire ce qu'il avait à dire, que ça plaise ou non au rouquin survolté lui faisant face.

« Ta sœur m'a envoyé pour t'arrêter une bonne fois pour toutes. » Reprit le permanenté. « Elle veut que t'arrête tes conneries. »

« Elle ne peut pas comprendre la situation dans laquelle elle se trouve, alors qu'est-ce qui m'empêche de te réduire en bouillie ? »

« Elle sait parfaitement ce qui se passe, au contraire. Elle veut que son abruti de grand frère arrête de ne voir que ce qui l'arrange. »

« Que ce qui… M'arrange ? » Bouillonna Kamui.

Gintoki déglutit à nouveau. Juste avant il crevait de froid, mais à l'instant présent, il avait la sensation de marcher sur un brasier ardent. Se remémorant la discussion qu'il avait eue avec la Kagura venue du futur, il continua :

« Elle sait pour Rakuyo. Elle sait pourquoi tu fais ça, mais elle ne peut pas accepter tes méthodes. Elle sait ce que tu as tenté de faire, y compris la concernant, et elle te prie poliment de ne plus jamais faire ça. Elle m'a dit aussi de te dire que c'est pas interdit de demander de l'aide dans ce genre de situation. »

Kamui choisit de clore ses yeux un instant, probablement pour réunir ses pensées. Puis, chose surprenante, il émit un long soupir tout en fermant à nouveau ses yeux.

« Comment je peux me considérer Capitaine, si ma propre petite sœur tente de me faire la leçon… »

La tension était toujours là, entre les deux hommes. Mais étrangement, le caractère de Kamui avait changé. Il était véritablement surpris des paroles du permanenté, rapportant les paroles de sa propre petite sœur. Mais aussi sûr que cela l'avait agréablement surpris (sa petite sœur cherchant à le raisonner), il avait aussi d'autant plus besoin de mener à bien ce plan à son terme. Il rouvrit des yeux cette fois brillants, un reflet agressif parcourant la surface de ses pupilles.

« Toutefois, Samouraï, il y a parfois des situations où on ne peut pas faire autrement. Où il est nécessaire d'agir, sans personne, et dans l'intérêt de certains, même si les méthodes ne sont pas correctes… »

Sur ces mots, Kamui prit une posture de combat, pliant légèrement les jambes.

« Sauf que ce que j'essaie de te dire morveux, c'est que même dans cette situation où tu veux pas d'aide, on va t'aider. Que tu le veuilles ou non, c'est la façon de faire des Yorozuya, que de se mêler constamment des affaires des autres ».Expliqua Gintoki. « En ce moment même, on est en train d'intercepter le navire du Tendoshuu, et aussi de foutre la misère à Takasugi. »

« Dans ce cas, que fais-tu encore là, Samouraï, si tout se déroule si bien ? »

« Ma mission », reprit Gintoki, « c'est justement de m'assurer que tu fasse pas de conneries. Je vais t'arrêter ici, même si je dois te foutre une raclée comme à un gosse de quatre ans ! »

Sur ces mots, le permanenté détacha les attaches en tissu de son sabre, et la lame toujours dans son fourreau, brandit son arme en avant. Prêt à parer de façon non létale mais très certainement douloureuse toute attaque de la part du jeune Yato.

Cette attitude fit enfin sourire le Capitaine de la septième division, dont le sang était en pleine ébullition. Et sans aucun délai, il s'élança à pleine vitesse vers Gintoki, un sourire carnassier sur les lèvres.

« Montre-moi donc comment tu comptes m'arrêter, SAMOURAI ! »


oOoOoOoOo


Quelques heures plus tôt, à plusieurs milliers de kilomètres de là, voire peut-être même plus, deux jeunes Yorozuya rendaient la vie impossible à des officiels du gouvernement.

« Je m'ennuie… » Pesta Kagura.

Avachie à moitié sur le bureau d'Hijikata, la jeune Yato s'amusait à souffler sur des feuilles de papier posées en pile régulière sur le plateau en bois, cherchant à en faire tomber en les faisant bouger sans même y toucher.

« Je m'ennuie… » Répéta Kagura.

Shinpachi, le jeune homme à lunettes, s'était assis contre le mur de la pièce, écoutant avec son lecteur CD un des disques d'Otsu. Il n'entendait absolument rien de ce qui se passait autour, à son grand soulagement. Car si quelqu'un pouvait être ennuyant à souhait, c'était la jeune Yato.

« Je m'ennuie… » Réitéra Kagura encore une fois.

Une veine apparut sur le front d'Hijikata, qui malgré la nuisance de ces dernières minutes, essayait tout de même de compléter un rapport, travaillant sur le même bureau que Kagura envahissait de sa présence. Il n'avait rien d'autre à faire, étant donné que les patrouilles étaient toutes de sorties, et que Saitou Shimaru et Yamazaki Sagaru étaient de sortie pour tenter de débusquer la planque de Kin'iemon Oda, et grâce à cela, remonter la piste vers Takasugi Shinsuke. Mais en attendant une très prochaine mission, Hijikata était coincé avec la paperasse que ni Sougo ni Kondo ne prenaient la peine de compléter. Ainsi qu'avec deux Yorozuya, qui même sans leur irrécupérable boss aux alentours, étaient toujours aussi insupportables. Enfin, surtout la jeune fille. Shinpachi, lui au moins, remplissait à la perfection son rôle de personnage principal pouvant être aussi oubliable qu'un personnage secondaire, tellement il était discret. Mais Hijikata se gardait bien d'en faire la remarque à voix haute, sans quoi il risquait de déclencher un conflit semblable à celui qui s'était produit lors du classement de popularité.

Le gros chien des Yorozuya avait également trouvé sa place dans la pièce, endormi en boule dans un coin. Hijikata se frappa mentalement et se demanda à quel moment exactement il était devenu la nounou de toute cette bande. Et ce n'est pas comme si il avait des choses à faire en extérieur. Il était littéralement coincé avec les Yorozuya, moins leur insupportable patron.

Alors pour l'instant, il se concentrait sur le rapport d'investigation qu'il relisait. Ou du moins, il essayait.

« Je m'ennuie… » Fit encore la jeune fille.

Il n'avait pas le choix, de toute façon. Tous ces rapports portaient sur les différentes activités de Kin'iemon, et sur ses planques trouvées jusqu'à présent. Il faut dire que les deux espions du Shinsengumi, Yamazaki Sagaru et Saito Shimaru, avaient fait des merveilles pour récolter autant d'informations en si peu de temps. Et ils étaient encore en train de filer des mercenaires pour tenter de remonter la piste jusqu'au Kihetai. Tout ce qu'il pouvait faire était donc-

« Je m'ennuie », l'interrompit à nouveau Kagura.

Tout ce qu'il pouvait faire était donc de relire avec attention ces rapports, et essayer de relier les points entre eux. Il pouvait déjà recouper des informations entre plusieurs rapports, et avait déjà éliminé plusieurs endroits où Takasugi ne pouvait pas se trouver. En procédant par élimination, il pouvait-

Kagura souffla un peu trop fort et trois feuilles sur le haut de la pile tombèrent au sol.

Il fallait vraiment qu'il prenne son mal en patience. Sinon il allait exploser.

En procédant par élimination, il pouvait très certainement lui aussi remonter la piste, grâce à des indices qui pris seuls, ne signifiaient pas grand-chose, mais vus en un seul ensemble, pouvaient tracer une piste. Il avait déjà découvert, entre les rapports de Saitou et de Yamazaki, que plusieurs mouvements de matériel étaient suspects, sans pour autant savoir où exactement ledit matériel était acheminé. Il était clairement observable-

Kagura s'amusait à présent à faire rouler un des stylos sur le bureau, en avant et en arrière.

Il était clairement observable que du matériel de maintenance pour vaisseau entrait et sortait de plusieurs planques de Kin'iemon, mais que le déplacement en lui-même n'avait pas été observé. Ce n'était pas non plus du petit matériel. Il y avait certes de l'électronique, mais aussi des poutrelles en acier. Le genre de chose qui ne passait pas inaperçu. Il était prêt à parier que Takasugi était en train de réparer un vaisseau spatial. Mais pour faire quoi…

Il s'attarda sur un autre rapport rédigé par Yamazaki pour essayer d'en savoir plus.

===Journal d'observation du xx/xx/xxxx à 15h00. La cible est à présent sortie en direction du centre ville. J'en ai profité pour faire le plein de provisions pendant qu'elle était occupée à acheter du matériel. J'ai acheté plusieurs Anpans pour pouvoir tenir toute la journée. La cible est ressortie de la supérette et je l'ai suivie pendant un moment jusqu'aux berges du canal. Il semble que la cible aime s'y balader. La cible s'est ensuite Anpan pour s'assurer qu'elle n'était pas suivie.===

Hijikata plissa des yeux. Est-ce qu'il avait bien lu, ou est-ce qu'il commençait à avoir des hallucinations à cause de la fatigue accumulée ? Il relit la dernière phrase, mais rien n'y fit. Le mot « Anpan » était toujours là, remplaçant un mot. Il se frotta l'arrête du nez et reprit sa lecture, tandis que Kagura commençait à faire des cocottes en papier avec les pages qu'il avait déjà lues et classées par ordre chronologique sur le côté de son bureau. Elle était en train de bousiller tout son rangement, là.

===La cible a alors continué vers le nord ouest pour finalement arriver devant le palais du Anpan.===

Eh ?

Hijikata cligna des yeux, se concentrant sur la phrase en question. C'était la deuxième fois que le mot apparaissait.

Kagura en profita pour faire un avion en papier et un des rapports de mission termina sa course dans le petit bassin dans le jardin.

===La cible a ensuite Anpan la marchandise à un Anpan. L'Anpan a ensuite donné à l'Anpan un Anpan pour Anpan l'échange. L'Anpan a- ===

Une veine commença à pulser violemment sur le front d'Hijikata. Cet abruti commençait à faire de moins en moins sens dans ses propos.

Pris d'un terrible doute, il feuilleta rapidement le rapport d'une centaines de pages jusqu'à la dernière.

Son sang se glaça, et son corps fut pris de violents tremblements. Et immédiatement par pur instinct de conservation, il referma d'un coup sec le rapport, frappant avec son bureau et attirant l'attention de la jeune Yato par la même occasion.

Blanc comme un linge, et la respiration saccadée faisant soulever et abaisser grandement son torse, il remercia ses réflexes surhumains.

« ça va pas Toshi ? » Demanda innocemment Kagura, un autre rapport transformé en avion de papier dans la main.

Il ne répondit pas à la question, si ce n'est par un hochement de tête. Dans son esprit tournait encore l'image d'une page noircie entièrement par une écriture déformée qui avait inscrit le mot « Anpan » dans le moindre recoin vierge de papier. Il était soulagé de ne pas avoir été contaminé par la folie et les ondes très négatives s'échappant de cette dernière page.

Mais cela voulait aussi dire qu'il ne pourrait plus rien tirer des écrits de Yamazaki.

Reprenant sa contenance, il s'attela à terminer de parcourir les rapports de Saito Shimaru. Dans le cas de ce dernier au moins, les propos étaient toujours compréhensibles, bien que ses phrases soient parsemées de « Z » qui n'avaient rien à y faire.

===Ma cible a disparu au coin de la rue, et une belle femme aux longs cheveux noirs m'a accosté, Z. Je n'ai pas su quoi lui dire sur le moment, et j'en ai eu très mal à l'estomac, Z.===

Les mains d'Hijikata se resserrèrent sur le papier, froissant légèrement les bordures de la feuille.

===La belle femme m'a demandé si je n'avais pas vu son ami qui s'était perdu dans le quartier, Z.===

'Hein ? Mais t'es en mission là, t'es pas censé aider le premier venu comme un policier normal', pensa Hijikata.

===Je n'ai encore pas su quoi lui dire, Z. Elle m'a alors entraîné dans un cabaret en me prenant par le bras, Z. Elle m'a proposé de boire un verre, et j'ai accepté, pensant que ça calmerait mon mal au ventre, Z.===

'Oi, qu'est-ce que tu fous pendant ton service…' Pensa Hijikata. Ses mains serrèrent un peu plus la feuille.

===La belle femme m'a alors raconté qu'elle s'appelait Zurako et était très triste de ne pas retrouver son amie, Z. Elle m'a servi un verre, et y a versé un peu de Koronamin X Drink (2) pour que je me sente mieux, Z. Quelle gentille femme, Z. J'en oublierai presque ma timidité tellement elle est douce avec moi, Z.===

'Hein ? Zurako ? Ça me dit quelque chose ce nom...' réfléchit Hijikata. 'Et une boisson énergisante dans une boisson alcoolisée ? T'es sûr que ça va, Saito ? Et il se passe quoi là ? J'ai l'impression de lire une histoire romantique et glamour là'.

Il n'allait pas s'en plaindre, hein. Il n'était pas du genre à détester ce genre d'histoires bien au contraire. Et pour le coup, ça devenait très intéressant, il avait envie de voir où allait l'histoire.

Avide de romance et les joues légèrement rosies, il continua de lire ce pastiche de roman à l'eau de rose.

===Zurako m'a alors pris la main, et mon cœur a raté un battement, Z. Ses mains tièdes sur les miennes, jusqu'alors froides, ont diffusé leur agréable chaleur sur ma peau, Z. Et par là-même réchauffé mon corps tout entier, Z. Je ne sentais plus mon mal d'estomac, ou plutôt, il avait été remplacé par une étrange sensation de flottement, Z. Comme si quelque chose voulait à tout prix s'en échapper, Z.

Des frissons me parcouraient également tout le corps, une décharge électrique me frappant à chaque fois qu'elle posait une de ses mains sur les miennes, Z. Le contact était bref, mais d'autant plus intense, Z. J'avais l'impression que nous étions connectés, Z. Comme si plus rien au monde n'existait, à part nous deux, Z.

Ses yeux marrons pétillants braqués sur moi, elle ramena une mèche de cheveux derrière une de ses oreilles d'une main distraite, Z. Bien qu'elle me regardait, j'étais bien trop nerveux pour lui retourner son regard, Z. Aussi, mes yeux s'attardèrent sur ses délicates lèvres roses, Z. Des lèvres qui prononçaient mot après mot, uniquement là pour moi seul, Z. ===

Hijikata était à présent silencieux comme une tombe, le regard intense braqué sur l'écriture de Saito. Son cœur battait très fort dans sa poitrine. Bien plus qu'il n'oserait l'avouer. Si le permanenté avait été là, il l'aurait sûrement comparé à une lycéenne vivant les palpitations de sa première histoire d'amour.

===Zurako m'a alors expliqué qu'elle s'était enfuie de chez elle, et qu'un type la suivait à la trace, Z. Ce type voulait absolument récupérer l'argent que son défunt mari lui avait emprunté, et était donc prêt à tout pour forcer Zurako à le payer, Z. Y compris avec son corps, Z. La sensation que je ressentait dans mon estomac devient désagréable d'un coup, Z. Comme si une multitude de sentiments contraires voulaient s'en échapper, en coulant partout, Z. ===

'Une minute… Oubliez le glamour là. L'ambiance deviens glauque, plutôt.' Frissonna mentalement Hijikata.

L'histoire prenait un tournant surprenant mais également très inquiétant. Et il n'arrivait pas non plus à sortir de son esprit la désagréable sensation que le nom « Zurako » lui disait vaguement quelque chose.

===Mais le temps avait beau passer, la sensation dans mon ventre devenait de plus en plus forte, Z. Mon émotivité s'était transformée en une douleur sourde, Z. Et je ressentit alors quelque chose poindre en moi, Z. Un atroce mauvais pressentiment me vient à l'esprit, Z.

Est-ce que cette femme si douce et délicate, Z… Avait mis quelque chose dans mon verre, Z ?

Zurako a alors baissé la tête, ses longues mèches de cheveux obscurcissant ses yeux et toute la partie haute de son visage avec, Z. Quelque chose d'étrange était en train de se produire, Z. Zurako s'est alors mise à rigoler, lentement, très lentement et très silencieusement, comme si quelque chose s'était brisé en elle, Z. Ses épaules étaient secouées par chaque rire émis, Z. Et il me sembla que l'air ambiant avait soudain refroidi, Z.

Pris d'un horrible doute, je lui ai alors demandé, Z…

« Zurako… Z…. Qu'est-ce que cela veut dire… Z ? »===

'Uwah, ça deviens flippant là...' Pensa Hijikata.

« Qu'est-ce qui deviens flippant, Toshi ? » Demanda alors Kagura, qui s'était déplacé juste à côté de lui sans un bruit. Ou alors il n'avait même pas remarqué, tellement il était concentré dans sa lecture. Toujours est-il que le résultat final fut le même.

Il sursauta de terreur face à la voix inattendue et beaucoup trop proche à son goût poussant un cri de peur.

« AH ! » Hurla-t-il, en même temps que tous les muscles de son corps se contractaient en même temps. Il bondit, se retrouvant debout au milieu de la pièce, et faisant voler des documents au passage dans les airs. Mais il tenait toujours fermement la cause de son effroi entre ses mains.

Il ne s'était même pas rendu compte qu'il avait dit tout haut ce qu'il avait pensé, titillant ainsi la curiosité de la jeune Yato. Et il en payait à présent le prix, son cœur battant si fort qu'il menaçait de sortir de sa cage thoracique. Il avait à présent le visage rouge de honte et respirait bruyamment.

« R-Rien ! » Parvint-il à dire, toujours au bord de la crise cardiaque.

« T'as quand même eu vachement peur, Toshi. Est-ce que tu lisais des trucs interdits aux moins de 18 ans pendant ton temps de travail ?» Demanda la jeune fille avec l'expression la plus détendue qui soit. Comme si elle s'en fichait, de parler de ces choses-là. « Si tu fais ça tu vas finir comme Gin-chan et plus savoir parler aux vraies femmes, hein ? »

« Je suis pas comme votre Patron ! »Rétorqua Hijikata, se sentant visiblement insulté par l'allusion.

Les propos de la jeune Yato avaient suffi pour lui remettre les idées en place. Être comparé à l'autre incapable idiot ? Et puis quoi encore ?

« Je dis juste que par moment, je sais pas qui est le plus mauvais des deux », dit la jeune Yato. « Quand il s'agit de tirer au flanc, vous êtes tous les deux super doués ».

Kagura haussa des épaules, comme si ce n'était absolument pas son problème, et reporta son attention sur les documents encore intacts sur le bureau du Vice-Commandant.

Hijikata n'était pas d'accord. Pas du tout d'accord. Lui, un tire au flanc ? Alors qu'il se tapait la paperasse de tout le monde ?!

Il bouillonnait intérieurement, très contrarié. Mais il se rappela mentalement que cette situation n'était que passagère. Il n'aurait pas à supporter longtemps les deux gamins, ni leurs remarques acerbes à son sujet.

S'asseyant à nouveau à son bureau, il reprit son calme, et entreprit de continuer le terrifiant récit qu'il avait entre les mains.

===Zurako a alors lentement relevé la tête...Z.===

Hijikata déglutit lentement. C'était toujours aussi angoissant, même après une courte pause dans la lecture…

===… Et elle dit alors…

« C'EST PAS ZURAKO, C'EST KATSURA !Z ! »===

Hijikata tomba à la renverse sur le sol, manquant de se cogner la tête sous l'effet de la surprise.

'C'ETAIT KATSURA DEPUIS LE DEBUT ?' Cria-t-il intérieurement.

Il n'avait plus besoin de chercher pourquoi le nom « zurako » lui disait quelque chose. C'était le rebelle du Jouishishi qui avait sévi sous ce nom. Il avait déjà utilisé ce pseudonyme avant, mais Hijikata n'avait jusqu'alors pas fait le lien entre la « ravissante jeune femme » et le terroriste à la chevelure soyeuse.

Mais qu'est-ce qui s'était passé pendant cette surveillance, à la fin?!

Tremblant, il se redressa, sous le regard interrogatif de Kagura, et avec grand mal, reprit sa lecture.

===Zurako était Katsura?Z ?

Elle, ou il, ajouta alors (Z) :

« Moi, Katsura Kotaro, ait enfin eu ma revanche sur Saito Shimaru !Z !MWHAHAHAHAHAHHAHAHAAH ! Que cela te serve de leçon, AFURO!ZZZZZ ! »

Je n'arrivais pas à en croire mes Anpan...Z... ===

'Un instant…' Pensa Hijikata. Il était bien sur le rapport de Saito, non ? Alors que venait faire ce mot passif-agressif ici ?

Il cligna des yeux. Mais le mot incongru était toujours là, à le narguer. Qu'est-ce qui se passait, à la fin ?

===Zurako… Z… Ou plutôt Katsura… Z… Avait bien mis quelque chose dans mon verre, Z ! Des laxatifs très puissants, Z !===

'DONC DEPUIS TOUT A L'HEURE T'AVAIS ENVIE DE CHIER ?! RIEN A VOIR AVEC L'AMBIANCE ROMANTIQUE ?!' S'offusqua mentalement Hijikata.

===Et J'ai bien peur que mes Anpans ne soient comptés, au moment où j'écris ces lignes, Z…

Faire Anpan était devenu beaucoup trop pressant, et j'avais même la sensation que je ne pourrais plus tenir, Z. Je me suis alors rué vers les toilettes du cabaret club et m'y suis enfermé pour Anpan, Z.===

Hijikata se fit violence et continua de lire le dernier paragraphe écrit. Peut-être…. Peut-être s'y trouvait-il tout de même une information importante sur le Kihetai...

===Au fait, Vice Commandant Hijikata, Z. Cela fait Anpan plus de quatre heures que je suis pris au piège où je me trouve, Z. Il est peu probable que je m'en sorte, vu la situation sordide et critique qui m'accable, Z. J'ai Anpan demandé à Yamazaki d'écrire ce rapport pour moi, Z. Je lui ai envoyé par Anpan avec mon téléphone, pour qu'Anpan vous le remette à ma place, Z. Signé, L'Anpan de la Division du Silence, Anpan Shimaru, Z.===

Le regard obscurci par sa mèche en V, le Vice-Commandant du Shinsengumi termina de froisser avec force les quelques pages qu'il avait en main, avant d'en faire une grosse boulette de papier, qu'il écrasa entre ses deux mains. Puis, Hijikata prit une très grande et lente inspiration. Et…

«AU FINAL AUCUN DE VOS RAPPORTS N'EST UTILE ! » Hurla le Vice-Commandant avec frustration et tapant du pieds sur le sol en tatamis. Il haleta bruyamment, exaspéré par l'attitude de ses deux subordonnés.

L'explosion de colère de l'accro à la Mayo fit enfin sortir Shinpachi de sa transe musicale. Il enleva son casque audio de ses oreilles, et jeta un regard réprobateur à Kagura.

« J'espère que tu n'as rien fait de mal, Kagura-chan », prévint-il.

« C'est pas moi sale bigleux!Toshi s'est énervé tout seul ! » Rétorqua Kagura en faisant la grimace et en se curant le nez.

'Toshi ' qui soufflait bruyamment comme un bœuf, encore énervé par ce qu'il venait de lire. Lorsque la porte de son bureau s'ouvrir sans prévenir, dévoilant un subordonné à bout de souffle.

« V-Vice-Commandant Hijikata ! On les as trouvés ! »

« TROUVÉ QUOI ?! » Cracha avec colère Hijikata.

« Les hommes du Kihetai ! On sait où ils se cachent ! » Répondit le jeune homme, à peine impressionné par l'attitude de son supérieur.

« !? »

C'était la bonne nouvelle qu'ils attendaient tous. Enfin, ils allaient pouvoir passer à l'action !

Hijikata reprit son calme, bien que son front soit toujours plissé par l'agacement.

Kagura sourit, confiante, ombrelle à la main.

« Alors, on va pouvoir enfin rétamer des idiots, hein ? »

Shinpachi, un regard déterminé, se tenait à ses côtés.

« Rendre la pareille à Gin-san. C'est maintenant ou jamais ! »

Sadaharu aboya.

Il semblait même que l'agitation de ces dernières minutes ait fini par réveiller l'Inugami, qui semblait attentif à tout ce qui se passait dans la pièce alerte.

Hijikata soupira. Décidément, il comprenait pourquoi le Patron des Yorozuya aimait tellement sa situation actuelle. Les gamins pouvaient être emmerdants à souhait, ils n'en restaient pas moins de formidables alliés. Alors pour le Yorozuya, qui les considérait comme de la famille, c'était sûrement encore plus profond comme sentiment.

Hijikata sentit qu'à cet instant, il pouvait tout laisser reposer sur les épaules des deux jeunes en face de lui. Et que peu importe les difficultés, ses arrières étaient couverts.

Il afficha alors un sourire carnassier, si bien connu de tous, et revêtit son attitude de Vice-Commandant Démoniaque.

« Bien… Allons régler leurs comptes à des rebelles ! »

Il était sûr, en sortant de la pièce, sabre à la main, qu'il était suivie de près – de très près – par trois individus tout aussi déterminés que lui.


A Suivre…


Notes de compréhension :

(1) siscon : sister complex : se dit d'un frère qui est (très) obsédé par sa sœur. Dans le cas de Kamui, il est hyper-protecteur vis-à-vis d'elle.

(2) Koronami X Drink : parodie d'Oronamin C drink, une boisson vitaminée énergisante vendue au Japon. Il y a un jeu de mot sur « Koro » (tuer), et « X », qui peut s'apparenter au symbole de tête de mort et d'os croisés qu'on trouve sur les bouteilles de produit toxique. Dans tous les cas, ne mélangez jamais alcool et boissons énergisantes/pour le sport, ça vous rends ivre beaucoup plus vite et beaucoup plus sérieusement !