Salut à tous et désolée pour le retard ce soir!

Le weekend dernier, j'ai traduit les sous-titres en français pour les épisodes Semi-Final de Gintama! Vous trouverez les liens sur instagram et sur reddit;)

Sinon, bonne lecture!


Chapitre 57 – (Votre) Erreur.


Dans la voiture de tête du convoi du Shinsengumi, se trouvaient les deux plus hauts gradés actuellement présents, en plus d'un des Yorozuya et de Yamazaki, qui conduisait le véhicule. Ce dernier jetait des coups d'œil nerveux dans le rétroviseur intérieur, tout en suivant les informations que les autres voitures communiquaient via le poste de radio.

Juste à côté de lui dans le siège passager se trouvait Kondo Isao. Le Commandant du Shinsengumi avait l'air inhabituellement grave les bras serrés et les sourcils froncés. Cela faisait déjà longtemps qu'ils étaient aux trousses des rebelles au Bakufu, et les trouver aussi rapidement après toutes ces années le mettait mal à l'aise. Il ne pouvait s'empêcher d'être anxieux, et de redouter l'affrontement qui allait avoir lieu. Ils n'avaient certes pas trouvé le Kihetai directement, mais ils espéraient que capturer Kin'iemon Oda et ses hommes suffirait à débusquer le reste de leurs ennemis.

Sur la banquette arrière, étaient assis Shimura Shinpachi (sur la droite) et Hijikata Toshiro (sur la gauche). Si le visage du jeune homme des Yorozuya ne laissait rien paraître de sa nervosité, c'est parce que ses mains étaient occupées à serrer son sabre en bois devant lui. Mains dont les articulations blanchies trahissaient bien une certaine tension.

Quant à Hijikata, il essayait le plus possible de se décoller de la portière, pour éviter les quelques secousses subies par le véhicule pendant le trajet. Il était loin d'être remis de ses blessures, et ça n'allait pas arranger les choses, bien au contraire. Il aurait sûrement à se battre tout en supportant son corps qui le lâchait, et en espérant que ses points de sutures pour les quelques coupures qu'il avait ne se rouvriraient pas.

Le silence dans la voiture, parfois interrompu par la radio, était plutôt étouffant.

Hijikata chercha à s'en éloigner, ne serait-ce que mentalement, en dirigeant un regard terne vers l'extérieur du véhicule observant par sa fenêtre la circulation. Il fut momentanément surpris de voir que, malgré les dizaines de minutes écoulées depuis leur départ du quartier général, le gros chien blanc des Yorozuya tenait toujours la cadence.

Sadaharu, avec sur son dos sa maîtresse, courait et bondissait à travers le trafic d'Edo à la même allure que la voiture de tête où se trouvaient Hijikata, Kondo, Shinpachi et Yamazaki. La jeune fille avait insisté pour l'emmener avec eux, quitte à rater une balade en voiture. Peut-être avait-elle senti qu'il fallait parer à toute éventualité. Ou peut-être se sentait-elle encore coupable des blessures infligées au policier, et refusait de monter à ses côtés dans le véhicule. Peut-être était-ce les deux en même temps.

Le regard couleur acier du policier resta braqué sur la jeune fille pendant presque tout le reste du trajet. Il était hypnotisé par l'agilité avec laquelle le grand canidé parvenait à slalomer entre les camions et les scooters, ou à sauter d'un toit de voiture à l'autre. Il ne faisait pas autant de dégâts que ça sur son passage, si ce n'est une ou deux antennes arrachées et quelques capots et coffres pliés.

Mais il ne regrettait pas non plus avoir choisi de s'asseoir dans la voiture. Déjà qu'il était tombé dans les pommes la dernière fois qu'il était monté sur le dos de l'animal… Bon d'accord, ce n'était pas vraiment la faute du chien, mais plutôt des blessures qu'il avait encaissées juste avant. Toutefois, au vu de son état actuel, mieux valait jouer la prudence.

La voiture prit un tournant serré sur la droite, et il dut utiliser ses mains pour s'appuyer sur la garniture de la portière et ainsi éviter que son corps ne percute le revêtement synthétique.

Puis, en même temps qu'il espérait bientôt arriver sur place, Yamazaki arrêta enfin le véhicule, le garant le long d'un trottoir imité par toutes les autres voitures qui se mirent à sa suite.

Les cent derniers mètres allaient devoir être faits à pieds pour éviter qu'ils ne se fassent repérer. Arriver sur les lieux tous en voiture n'était clairement pas la bonne tactique sur cette opération, surtout s'ils souhaitaient capturer ou neutraliser tout le monde. Et selon les rapports des deux espions, il y avant en permanence plus d'une cinquantaine d'hommes dans les locaux visés. Parfois jusqu'à 80 ou plus. Il fallait donc s'assurer que le hangar qu'ils allaient envahir sous peu était correctement encerclé. Personne ne devait leur filer entre les doigts.

Et si on en croyant toujours les rapports des deux espions du Shinsengumi, la majorité du matériel arrivant des multiples planques de Kin'iemon arrivait en ces lieux. Ils ne savaient pas en revanche où il pouvait être envoyé par la suite. Ni comment ils s'y prenaient pour bouger tout ça sans se faire repérer.

Toutes les divisions du Shinsengumi enfin regroupées autour de leurs Commandant et Vice-Commandant, il était temps de donner les consignes.

« Les Division iront avec nous par l'avant. Il va falloir courir tout le bâtiment et les bâtiments voisins, au cas où ils ont des complices à l'intérieur », commença Hijikata. « Les divisions 6 à 10 les prendront à revers et devront également couvrir les ruelles adjacentes ».

Les hommes vérifiaient en même temps que leurs radios étaient toutes sur le même canal, et tâtaient une dernière fois leurs ceintures et le matériel y étant accroché : menottes, matraque télescopique, bombe lacrymogène, et attaque de leur sabre.

« Le but de l'opération est d'être encore plus rapide que nos adversaires. L'effet de surprise sera notre principal atout, bien entendu », expliqua le Vice-Commandant démoniaque. « Toutefois, attendez-vous à ce que ce soit bref, et à rencontrer une très vive résistance. Ces types ont piégé la moitié d'Edo, alors restez sur vos gardes. On ne sait pas ce que ces lieux peuvent renfermer comme saletés ».

Les hommes acquiescèrent d'un signe de tête même Saito, qui lui somnolait encore très légèrement.

« Bien, c'est parti ! Tout le monde à sa position assignée ! » Ordonna Kondo.

Yamazaki et Kondo, ainsi qu'une dizaine d'hommes restèrent en arrière, radios à la main, pour superviser et coordonner l'assaut tout en donnant des directives. Sadaharu assis juste à côté d'une des voitures officielles, regardait sa maîtresse partir en même temps que le reste des hommes. Avec son gabarit, c'était plus un handicap de l'avoir au milieu, dans une bataille en intérieur.

Et rapidement, le groupe chargé du commandement de l'assaut se retrouva seul au milieu d'une rue barrée par des dizaines de voitures de police.

Quant à Hijikata, Shinpachi, Kagura et Saito, ils avaient déjà divisé leurs effectifs, malgré l'absence notable et problématique de Sougo.

Saito avait pris la tête avec le Capitaine de la seconde division du groupe chargé de l'arrière du bâtiment, tandis qu'Hijikata et les deux gamins des Yorozuya se chargeaient de l'avant.

L'approche finale sur les derniers mètres se fit dans le silence le plus total, seul e froissement des habits et le cliquetis des menottes se faisant entendre. Longer et raser de près les murs des bâtiments adjacents s'était révélé être une épreuve de force pour la turbulente Yato. Mais elle avait su s'y tenir, malgré l'appréhension de ses collègues d'un jour.

Oreillette vissée dans l'oreille, et reliée par un cordon en accordéon à une petite radio fixée à la taille, Hijikata attendait des rapports que seul lui pouvait entendre.

Toutefois, il ne fallut pas attendre longtemps pour le voir hocher très légèrement la tête. Comme s'il acquiesçait à ce que lui disait quelqu'un.

Et maintenant que Kagura y pensait, les Yorozuya n'avaient jamais vraiment participé à une opération sérieuse du Shinsengumi. Déjà que les deux camps ne se supportaient pas en temps normal…

Elle avait du mal à l'avouer (et ne le dirait sûrement jamais à voix haute), mais c'était dans ces moments qu'elle voyait comment l'argent des impôts qu'elle ne payait pas était mis à contribution. Si efficacement mis à disposition, qu'elle regretterait presque de les avoir traités en permanence de voleurs d'impôts. Ça, elle ne le ferait jamais. Elle était du côté de Gin-chan sur ce coup-là, contre vents et marées.

« Très bien, à mon signal, assaut coordonné », chuchota Hijikata dans sa radio.

Avant même qu'elle ne s'en rende compte, Kagura et le petit groupe s'étaient positionnés de chaque côté d'une grande porte coulissante pour l'instant fermée. Le Vice-Commandant se tourna rapidement vers le groupe, hocha de la tête comme pour leur demander si tout le monde était prêt.

Kagura et Shinpachi se surprirent à hocher de la tête en retour en même temps que les autres policiers.

« Assaut dans… 3…. 2… 1... » Prononça clairement, mais toujours en chuchotant, Hijikata.

Au moment même où le compte à rebours atteignait zéro dans leur tête, la porte vola en éclat, la marée noir et or s'engouffrant à l'intérieur comme les vagues dans le caleçons de bain trop grand d'un type gringalet à la plage.

« C'EST LE SHINSENGUMI ! VOUS ÊTES EN ÉTAT D'ARRESTATION ! » Hurla Hijikata, qui déjà, était sur deux hommes pris au dépourvu par la brusque irruption de la police.

Aussitôt, des cris de colère retentirent, et des sabres firent sortis de leurs fourreaux, s'entrechoquant violemment au gré des rencontres entre rebelles et policiers. Le grand hall où ils se trouvaient ressemblait tout à coup à une scène de guerre. Et comme Hijikata l'avait prédit, leur effet de surprise ne dura pas plus longtemps que quelques secondes. Mais c'était suffisant pour mettre les chances de leur côté.

Shinpachi assomma plusieurs hommes avec son bokuto (1), abattant le lourd morceau de bois sans distinction sur petits et grands, faiblards et gaillards.

Kagura, elle, donnait à la fois des coups de poings, des coups de pieds, et des coups d'ombrelle. Elle arrivait même à dégager un large espace autour d'elle, certains terroristes commençant à comprendre la nature Yato de la jeune fille.

Ils s'en sortent plutôt bien, comme attendu, pensa Hijikata.

Mais leur priorité, c'était leur chef, pour pouvoir remonter jusqu'à Takasugi lui-même, et enfin mettre un terme à tout ça. Et plus le combat s'éternisait, plus Kin'iemon Oda avait de chances de s'échapper sans laisser de traces.

Ils étaient tous aux prises, de près ou de loin, avec les mercenaires… Alors, la seule solution possible, c'était...

« Oi! Fille des Yorozuya ! » Hurla Hijikata depuis l'autre bout de la pièce.

Il était aux prises avec deux hommes qui tentaient de le trancher à tour de rôle. Et il avait déjà la sueur au front, les mouvements excessifs sollicitant trop ses blessures.

« Vas-y et choppe-nous leur tête ! Nous on les retient ici ! » Continua Hijikata, parant de justement un coup porté vers son torse.

« Compris TOSHI ! » Cria-t-elle en retour, avant de se frayer un chemin dans la bataille généralisée qui avait lieu.

Elle poussa au passage plusieurs rebelles, et ce, sans aucune forme de délicatesse ni de retenue. Ça passait ou ça se cassait, comme on dit chez les Yato. Enfin, plutôt « ça passait ou ça dégageait à grand coup de poings le passage ».

Arrivant vers une des issues de la grande pièce, elle jeta un dernier regard en arrière, et vit que Shinpachi était aussi en train de se battre avec férocité. S'il continuait comme ça, elle n'avait aucun soucis à se faire pour lui.

Passant à travers les pièces les unes après les autres, et esquivant au passage à la fois les policiers et les terroristes, elle parvint à s'éloigner de la cohue générale pour parvenir à son objectif. Si leur chef était toujours là, il ne pouvait que se trouver à un endroit aux murs renforcés.

Toujours à vive allure, elle observa la structure du bâtiment à mesure qu'elle progressait. Jusqu'à présent, il s'agissait principalement de cloisons en bois ou en papier, comme dans une maison traditionnelle d'Edo.

Mais alors qu'elle entrait dans un nouveau couloir, elle vit tout au bout ce qu'elle cherchait : une porte en acier, détonnant franchement avec le reste du bâtiment.

Bingo.

Prenant son élan, elle courut vers la porte, prête à y abattre sa fureur.

Elle n'aurait sûrement aucun mal à y entrer. Mais elle allait devoir faire confiance à ses réflexes surhumains, afin d'éviter ce qui pouvait l'y attendre à l'intérieur. Elle avançait à l'aveugle, après tout.

Déboulant dans la pièce après avoir défoncé avec fracas la lourde porte de bois d'un coup de pied bien placé, elle fut surprise de trouver non pas une, mais deux personnes en face d'elle.

Deux hommes. Un qu'elle ne connaissait pas, aux cheveux longs. Et l'autre, qu'elle aurait reconnu n'importe où, n'importe quand.

L'enfoiré borgne, Takasugi Shinsuke.

Et il ne semblait pas le moins du monde surpris de la voir ici.

Contrairement à la jeune Yato, qui dut prendre plusieurs secondes pour assimiler le fait que leur cible se trouvait bel et bien devant elle, contrairement à ce qu'ils avaient prévu. Elle n'en perdit pas moins son mordant.

« Hé le Chuunibyo (2) ! J'espère que t'es prêt à morfler, parce que même ton œil maudit te sauvera pas cette fois ! » Lança Kagura, pleine de hargne.

Takasugi ne fut pas le moins du monde déstabilisé. Il fixa de son œil mauvais la jeune fille, croisant les bras.

La jeune fille était un peu surprise de le trouver « seul », sans ses hommes de mains les plus dévoués à ses côtés. Mais au moins, elle n'aurait pas à se soucier de la blonde tarée aux revolvers.

Toutefois, l'homme inconnu éveilla ses soupçons. Ses vêtements n'étaient pas de style terrien. Un Amanto d'apparence humaine? Avec Takasugi ?

Quelque chose au fond d'elle lui dit d'être sur ses gardes. Ça sentait mauvais.

Ombrelle à la main, elle commença à avancer vers les deux hommes, quand un mouvement attira son attention, la faisant s'arrêter en plein milieu de la pièce. Le type qu'elle ne connaissait pas avait saisi quelque chose sur la table derrière lui. Et vu leur situation actuelle, ça ne pouvait être qu'un nombre limité de choses.

Un moyen de s'enfuir ? Une arme ? Quelque chose pour la neutraliser ? Quelque chose pour piéger le bâtiment tout entier ?

L'homme se tenant à côté de Takasugi Shinsuke pointa alors le canon d'une arme vers elle. Évidemment, une arme. Une arme qui ressemblait plus à un lance grenade qu'à un fusil, vu le grand diamètre de son ouverture.

Kagura resserra sa prise sur son ombrelle. Si ce type voulait jouer à ça, il allait perdre. Elle était imbattable pour renvoyer tout ce qu'on lui lançait.

Elle sentit un projectile grand comme une cannette de boisson lui heurter le ventre. L'impact, assez violent, n'était toutefois pas suffisant pour l'arrêter. Elle était une Yato, après tout, et regarda avec mépris la boîte tombée à ses pieds.

Mais le temps qu'elle relève les yeux, quelque chose d'inattendu s'était produit : les deux hommes portaient à présent chacun un masque à gaz sur le visage.

Attendez… C'était pas normal ça.

Elle s'apprêtait à s'élancer vers eux, quand elle sentit soudainement une démangeaison désagréable dans la gorge. Démangeaison qui se transforma en une douleur grandissante, qui la poussa à tousser.

Baissant les yeux, la jeune Yato vit alors que le projectile au sol devant elle commençait à dégager une fumée blanche épaisse. Comprenant que le problème venait de là, elle tapa du pieds la cannette pour a faire dégager en avant dans la pièce, vers les deux ennemis en face d'elle.

Et bien qu'elle voulait leur envoyer en pleine tronche, elle loupa son coup. Alors qu'elle n'était même pas à dix mètres d'eux. Et Kagura n'eut pas besoin de longtemps pour découvrir pourquoi. Sa vision commençait à devenir imprécise, et sa respiration irrégulière. Sa toux devenait de plus en plus violente, et prise à la fois de violentes convulsions et de frissons incontrôlables, elle toussa dans sa main qui ne tenait pas son ombrelle.

Regardant sa main blanche teintée par une tâche rouge écarlate, son sang se figea.

Elle comprit aussitôt de quoi il s'agissait. Pas besoin de lui faire un dessin. Cet enfoiré… Il avait osé !

Elle continua de cracher du sang et de tousser, le visage crispé.

Et comme si la situation ne pouvait pas plus empirer, Hijikata et Shinpachi, suivis d'une dizaine d'hommes, apparurent dans le couloir menant directement à la grande pièce où Kagura et cet homme se trouvaient.

Vite. Pense. Vite. Plus vite. Qu'est-ce que Gin-chan ferait ?

Il fallait les empêcher d'approcher. Par tous les moyens possibles.

L'urgence de la situation lui permit de réfléchir encore plus vite que d'habitude, et en ce qui ne parut que quelques secondes aux autres personnes présentes, trouva enfin ce qu'elle devait faire.

«N'APPROCHEZ PAS ! » Cracha Kagura.

Presque aussitôt, elle souleva son ombrelle, et visa brièvement et avec hésitation le petit groupe, avant de prendre pour cible le linteau de la porte qu'ils s'apprêtaient à franchir. Et à leur plus grande surprise, elle fit feu, mitraillant le béton et le bois. Le déchaînement de violence dura une dizaine de secondes, mais ce fut suffisant pour faire reculer d'un pas Hijikata et Shinpachi, ainsi que les hommes derrière eux, avant que le tout ne s'écroule, condamnant la pièce.

« Kagura-chan ! » Cria Shinpachi depuis l'autre côté des gravats.

La voix était étouffée suffisamment pour qu'elle estime avoir réussi. Mais ils étaient encore trop près, surtout avec leur inquiétude vis-à-vis de la jeune Yato. Et sa vision se détériorant rapidement était vraiment mauvais signe.

Elle chercha du regard la pièce, et notamment les murs et le plafond.

Il devait y en avoir. Il devait forcément y en avoir. Et s'il y en avait, tout ce qu'il fallait… C'était…

Son regard se figea sur ce qu'elle cherchait.

Une caisse de munitions laissée contre un mur.

C'était parfait. Pile ce qu'il lui fallait.

Prenant avantage du fait que l'autre homme se méfiait encore et n'osait pas l'approcher, même dans son état actuel, Kagura pointa le canon de son ombrelle sur la caisse en bois. Et tira.


XX


De l'autre côté de la porte à présent en miettes et obstruée par des débris, Shinpachi était pris de panique. Il frappait du poing sur les gravats se dressant entre lui et son amie. Comme si ça aurait pu y changer quelque chose, face à des blocs de béton.

« Faisons le tour ! Chacun de notre côté, on les prends en tenaille ! » Ordonna le Vice-Commandant.

Hijikata, avait déjà repris ses esprits face au choc initial, et après avoir ordonné à ses hommes de contourner la pièce pour trouver une autre entrée, il leur ordonna, le cas échéant, de créer un nouveau passage en défonçant une cloison.

Aussitôt, le petit groupe se scinda en deux, Hijikata, Shinpachi et 4 policiers partant sur la gauche, tandis que le reste des hommes partit sur la droite.

« Kagura-chan ! On arrive ! » Cria à nouveau Shinpachi.

Cri qui fut interrompu par un bruit de mitraillette, suivi d'une explosion qui secoua tout le bâtiment, figeant sur place toutes les personnes encore en vie à l'intérieur.

« !? »

Shinpachi et Hijikata, arrêtés dans leur élan, se regardèrent, et n'eurent pas le temps de se demander à voix haute ce qui pouvait bien se passer, qu'ils se retrouvèrent soudainement trempés de la tête aux pieds.

Les asperseurs anti-incendie situés au plafond venaient de se déclencher dans tout le bâtiment, rendant le sol glissant et l'air froid. Comme s'il pleuvait averse à l'intérieur.

Les deux hommes se lancèrent un regard, avant de partir tous les deux à la suite des autres agents du Shinsengumi qui ne s'étaient pas arrêtés et les avaient dépassés.

Quelque chose d'imprévu et de dangereux venait de se passer. Ils en étaient persuadés, même s'ils ne savaient pas exactement quoi. Et à présent, Kagura était seule avec ce type en face d'elle. Ils n'avaient pas de doute qu'elle puisse s'en tirer toute seule. Mais vu sa réaction soudaine et le besoin de les éloigner le plus possible, quelque chose n'allait vraiment pas. Quelque chose qui, peut-être, pouvait les mettre à un certain désavantage.

Et ils ne pouvaient pas non plus effacer de leur esprit la posture plus qu'inhabituelle de la jeune fille, en plus de son regard légèrement paniqué.

Une chose aussi, qu'Hijikata seul avait remarqué, était son imprécision à viser.

Leur aventure à la poursuite du terroriste en plein Edo et en chevauchant Sadaharu lui avait démontré que la jeune fille savait viser avec précision quand cela importait. Même sous la pression.

Alors pourquoi avait-elle eu du mal à prendre pour cible le linteau de la porte, malgré la distance relativement courte l'en séparant ?

Ce n'était définitivement pas normal.

« J'ai vraiment un mauvais pressentiment », lâcha-t-il entre ses dents serrées, alors qu'il continuait à courir côte-à-côte avec le jeune Yorozuya à lunettes.

Et comme à chaque fois qu'Hijikata analysait une situation, il avait raison. Ils ne se doutaient pas un seul instant de ce que la jeune fille venait de leur éviter.

Jeune fille qui était à présent en très mauvaise posture, à quelques mètres de là.

« En… Enfoiré…. » Parvint à dire Kagura entre des dents serrées.

Elle posa un genou à terre, sentant que sa conscience lui échappait petit à petit. Mais malgré cela, son regard était braqué sur les deux hommes, qui attendaient patiemment leur heure.

« Vous… Avez utilisé ce truc... » Dit-elle entre deux respirations.

Se maintenir éveillée était de plus en plus difficile. Mais elle voulait tenir tête à ses adversaires le plus longtemps possible. Jusqu'à la dernière minute. Tout pour gagner le plus de temps possible. Le temps qu'ils arrivent.

« Ne t'inquiète pas. Ce n'est pas mortel pour les Yato. En revanche, je ne garantis pas que ce soit sans douleur. C'est même tout le contraire », dit l'homme inconnu.

Les paumes de main pressées contre le sol pour se maintenir encore une dernière fois dressée, Kagura lança un regard noir à l'inconnu et à Takasugi, dont elle ne pouvait voir les expressions derrière leurs masques à gaz. Et même si les visières n'avaient pas été aussi opaques, elle n'aurait probablement pas pu y voir grand-chose, à cause de ses yeux.

Le regard creusé, elle toussa de plus belle, avant de finalement terminer de vaciller et de s'écrouler allongée sur le sol, la respiration saccadée et inconfortable. Elle ne pouvait plus faire un geste, ses muscles brûlants tétanisés.

Dans ses derniers instants de conscience, la douleur prenant le dessus sur toute autre sensation, elle entendit des bruits de pas s'approcher d'elle.

Puis, elle reconnut la voix de cet enfoiré de Takasugi.

« Vous avez réellement pensé pouvoir nous arrêter sans qu'il n'y ait aucun dégâts collatéraux de votre côté... »

Elle entendit les pas faire le tour de sa personne, puis...

« c'était là votre erreur, et elle va vous coûter cher », dit-il.

Elle le maudit encore une dernière fois, avant que l'obscurité ne l'emporte.


A Suivre…


Notes de compréhension :

(1) Bokuto : sabre de bois, généralement pour l'entraînement. C'est un bokuto que Gintoki a habituellement avec lui, et sur lequel est inscrit « souvenir du lac Toya ».

(2) Chuunibyo : littéralement « syndrome de 2ème année du collège», qui désigne les jeunes (collèges et lycées) qui souffrent de grandes désillusions et pensent par exemple avoir des pouvoirs surnaturels. Les clichés les plus répandus sont ceux de l'œil masqué ou du bras entouré de bandages.


Lentement mais sûrement, les événements progressent vers la partie finale de cette histoire. On y est pas encore, mais bientôt.