Disclaimer : les personnages ne m'appartiennent pas.
La demoiselle était arrivée, ces cheveux rouges retenus en partie par une queue-de-cheval haute. Elle portait le même genre de robe avec laquelle Yuuri l'avait rencontré. Si bien que le souverain se demandait combien de tenue quasi-identique pouvait avoir les mazokus. Et par quel procédé non-industriel il faisait ça. Sûrement, qu'il y avait de la magie en dessous. Mais vu comment les machines de cette jeune femme explosaient, il y avait de fortes chances que c'était des machines bien plus abouties et simplement des mazokus vraiment doué dans ce domaine.
« Que se passe t-il ici ?
- Content de vous voir aussi Anissina… Pourquoi êtes-vous ici ? Sans mon frère qui plus est.
- Je ne suis pas sa nounou, je suis son amie. Donc ce que je fais ici ne me regarde que moi. Mais attendez deux minutes. Je connais ce visage... »
Elle saisit le menton de Yuuri, ce dernier se mit à rougir. Être touché de cette façon par une demoiselle, ça le rendait un peu confus. Oui, il acceptait sa bisexualité, mais il était toujours sensible aux charmes féminins.
« C'est cheveux noirs, ses yeux si sombres ça ne peut être qu'un seule personne. Sa bien-aimée majesté. Ce fameux souverain qui n'a pas fini la cérémonie d'intronisation, mais que le peuple a fini par accepter. Votre look n'est pas toujours idéal. Mais ce costume vous va comme un gant.
- Je sens une sensation de dégoût envers moi-même à l'écoute de ces mots…
- Un dégoût de toi ? Ce n'est pas une émotion positive. Je sais que je peux être brute. Gwendal me le dit parfois. Mais ce n'est pas en s'apitoyant sur son sort que tu pourras avancer dans la vie. Un mazoku aussi puissant que toi ne devrait pas se sentir comme ça. Je peux comprendre que tu n'es pas habitué à la magie de ce monde. Mais tout de même.
- Anissina, ce n'est pas vraiment le moment…
- Ce monde a eu besoin de vous et de vos capacités. Sans ça cette ville seraient dans des ennuis encore plus grand. En ça, tu peux être fier de ce que tu as accompli. Les dégâts sont réparables. Ils sont plus dû au feu que ta magie. Sans oublier que tu as mis fin à un commerce qui rendait des femmes esclaves de leur client. Sans ça, elles seraient encore opprimés. Elles seraient enlevées à leur famille et moi Anissina Karbelnikoff. Je ne peux laisser passer ça. Les femmes ont un pouvoir que les hommes ignorent. »
Il faisait face à une féministe dans ce monde. Chez lui, elles étaient souvent mal vues. Mais au fond, il ne pouvait pas dire qu'elles avaient totalement tord. Il ne pouvait pas tout cautionner. Penser à l'égalité des sexes, c'était aussi faire en sorte que les hommes ne se retrouvent pas laissé. Sur terre, ils avaient moins de congés que les femmes pour s'occuper des enfants et certaines fonctions ne leur était jamais attribué. Mais il n'allait pas rentrer dans ce débat. Parce qu'il ne s'en sentait pas la force. Il avait juste besoin d'un peu de calme. Il avait déjà beaucoup à faire pour rendre l'idée d'esclavage un peu interdite. Alors faire face aux inégalités, il s'en sentait pas la force. Il laissait ce combat à cette femme.
« Je comprends votre combat Anissina. Vraiment.
- Pourquoi vous dites ça. Vous êtes un homme. Vous ne savez pas ce que vivent les femmes dans ce monde. Je suis une mazoku puissante. Mais je moins considérée que des mazokus mâles moins puissant magiquement.
- Je sais, sur terre, c'est un peu pareil. Mais je trouve que la société de ce monde est bien plus avancée que là-bas. Il suffit que le combat soit bien mené. Vous pourrez bien le mener. Je le sais. Je le vois. C'est des personnes puissantes ou qui ose se battre contre un système mis en place qu'on reconnaît les personnes qui feront le monde. Resteront dans l'histoire. Le peuple à une puissance que ce monde ignore.
- Il faut sauver ces personnes grâce à votre magie !
- Je voudrai bien, mais j'ai déjà du mal à rester debout... »
Il put sentir une main caresser ses cheveux. C'était sûrement Conrad ou Wolfram. Les deux le protégeaient beaucoup. Bien que le second était un sacré Tsundere. Mais il préférait savoir que quelqu'un prenne soin de lui. C'était rassurant.
La jeune femme lâcha un long soupir avant d'aller soigner les gens qui étaient blessés rassembler dans une espèce de tente. Il ignorait que sa magie puisse soigner. Apparemment, certains mazokus pouvait être scientifique et soigneur quand on leur demandait. Loin de ses inventions, cette femme pouvait se montrer douce. Même si elle s'occupait beaucoup plus des femmes que des hommes. Mais Yuuri ne pouvait pas totalement lui en vouloir. Elle était claire dans ses intentions.
Alors qu'il se reposait chouchouté par Wolfram et Conrad, Hyscliff fit son apparition avec un visage inquiet. Il se mit à la hauteur de son roi.
« Vous allez bien ?
- Je vais bien, ne vous en faites pas. Juste fatigué…
- Votre technique était élégante, même si je ne possède aucune magie. Je peux voir la beauté de la magie. J'ai pu voir mignonne fille. Vous êtes comme moi à présent, un père. Mais une question me vient à propos d'elle. Je sais que je vais peut-être paraître brusque, mais je veux savoir. En tant que propriétaire des bains, certains de mes clientes m'ont rapporter les tatouages qu'elle avait sur les bras. C'est une façon pour les gens… Comme ces hommes et ses femmes de se rappeler de leurs parents, même loin. Il n'y aucun doute, elle a été esclave. Désolé. Les noms de ses deux parents sont sur ses bras. Et votre nom n'est pas.
- Je sais…
- Mais ce qui me perturbe, c'est que le nom de son père est le nom d'un ancien héritier d'un royaume tombé dans l'oubli… C'est sûrement une des dernières survivantes du peuple de Zorashia… Votre fille est de noble lignée. Beaucoup de filles portent le nom de ce père, il a fait des enfants que de raison aux filles qui vendent leurs charmes…
- Je pense que ça ne change rien pour mon souhait. Je veux vraiment que Greta devienne vraiment ma fille. Qu'importe ce que les gens diront. Je sais qu'elle n'a pas eu une vie facile. Mais je veux lui donner cette chance. Je n'aime pas l'esclavage et je suis que tout aussi puissant et riche que je peux être. Je suis pas non plus dénué de failles. Je ne suis pas encore habitué à être entouré d'hommes sans que ça me gêne.
- Son père a voulu faire prospérer son royaume malgré l'avancée de Sverella. Il a fait une grosse erreur en faisant ce qu'il a fait. Mais je suis heureux que tous ces enfants ne finissent pas mal. Certains comme leurs mères ont fini par rejoindre le monde de la luxure. Garder cette petite loin de ça le plus possible.
- Voilà qui explique en partie pourquoi elle a été élevée dans ce pays dans le but de mettre le monde des mazokus face à un souci. Il est clair qu'elle possède de la magie. J'ai beau être un novice. Je peux le sentir.
- Cette fille va sûrement vouloir à un moment retourner sur ces terres natales.
- Dans ce cas, on ira tous ensemble voir ce pays en ruine quand elle se sentira prête. Je pense qu'actuellement, elle est plus en recherche d'une affection qu'elle n'a jamais eue.
- J'espère que vous pourrez la donner, et ce, malgré votre rencontre qui doit être sûrement particulière.
- Elle l'est. Mais qu'importe, je ferai tout pour qu'elle vive heureuse. Cet endroit a besoin de personnes bien. Et elle peut le devenir avec des gens bien. J'espère en être un à ses yeux.
- Vous agissez déjà comme un vrai père. C'est plutôt bien de votre part. C'est même parfait, mais elle sera jamais votre fille biologique. Juste magique à la fin du rituel.
- Vous savez comment il fonctionne ?
- Je l'ignore pour le moment, mais je pense que je serait là avec ma fille. Afin qu'on puisse faire partie un peu plus de votre cour. Même si ma fille sera jamais votre fiancée. J'espère qu'elles pourront être amies elle et Greta.
- On verra bien, cette fille a un eu un entraînement pour devenir un assassin, elle n'a jamais été une petite fille normale... »
C'est pile à ce moment, que Yuuri sentit sa manche être tirée. C'était Greta qui semblait préoccupée. Le souverain se mit à la hauteur de la jeune fille. Il frotta avec affection sa tête.
« Vous parlez de moi ?
- Je parlais de toi, jeune fille. Je parlais aussi de la relation que vous avez déjà entre vous... »
Yuuri suspendit son geste d'affection envers la jeune fille. Il savait qu'il était jeune, sûrement trop jeune pour s'occuper d'elle. Mais il avait proposé à cette fille de devenir son père. Peut-être qu'elle voudrait quelqu'un de plus expérimenté que lui. Il ne savait pas comment il allait faire pour s'occuper de cette jeune fille, alors qu'il était encore déchiré entre la Terre et ce monde-ci. Il ne voulait pas imposer ses absences à cette jeune fille.
« Greta… Tu voudrais partir avec monsieur Hyscliff ?
- Eh ?
- Hyscliff habite dans les terres qui entoure le château. Donc tu vivras au Shin Makoku. Tu pourrais devenir sa fille.
- Pourquoi ?
- Il a une fille, elle a été élevée avec soin pour devenir une noble. Elle, elle est très gentille. Tu voudrais…
- Non, je ne veux pas, je veux rester avec toi, Yuuri. Je ne veux pas partir. Qui va m'aider quand ma magie ira mal ? Puis tu as dit que je serai ta fille. Tu ne va pas revenir sur ta promesse.
- Je veux que tu sois heureuse, je ne pourrai pas être toujours là, tu sais… Je ne veux pas que tu sois malheureuse.
- Tu ne m'aimes pas ?
- Bien sûr que si. Je t'aime, je me suis beaucoup attaché à toi. Vraiment, je n'aurai jamais cru ça. Surtout qu'on est vraiment mal parti. J'ai plus l'âge d'être un grand frère plus âgé qu'un père…
- Tu ne veux plus de moi comme fille, tu as honte de moi ?
- Non… »
Il entendit un soupir derrière lui. C'était celui de Wolfram. Depuis un moment, on ne l'avait pas entendu. Il était resté bien silencieux face à ce qu'il se passait. Il tourna légèrement la tête pour voir le mazoku blond se gratter la nuque.
« Pour elle, c'est comme si tu ne voulais plus d'elle. Sérieux, tu as eu des comportements digne d'un père de famille, alors que tu es jeune. Bien plus jeune que moi ou Conrad. La raison pour que tu as été à Sverela était sûrement mauvaise. Celle de Yuuri n'est pas mieux. Tu es un boulet, vraiment. Elle n'a peut-être plus de mère. Mais je pense qu'elle ne sera pas seule avec nous. Il y a Anissina et ma mère, sans compter sur celles qui travaille au château. Tu veux qu'elle grandisse le mieux possible. Alors, ne l'éloigne pas de toi pour des prétextes fallacieux. Ce n'est pas dans son intérêt. C'est dans le tien. S'il te plaît, écoute-toi un peu. Tu es roi, pas n'importe qui.
- C'est vrai, tu as raison.
- Tu devrais m'écouter plus souvent, boulet ! »
Yurri roula des yeux. Il y avait bien que Wolfram pour lancer ce genre de pique l'air de rien. Il posa sa main sur la joue de la jeune fille. Elle avait pleuré. Ces mots l'avaient blessé. Wolfram avait raison, il l'avait blessé sans le vouloir. Il resta comme ça quelques instants. Il voulait profiter de ce genre de moment.
« Je pense qu'à ton bien. Tu dois savoir que je risque d'être absent, car je vis dans un autre monde parfois. Je ne veux que tu sois blessée par ces absences. Je ne veux que ton bien, vraiment. Je ne peux pas faire voyager quelqu'un avec moi quand je passe d'un monde à l'autre. Je semble en être le seul capable pour le moment.. »
Le visage de la jeune fille laissait exprimer ses inquiétudes intérieures. Il était idiot, mais il ne voulait pas la laisser dans l'ignorance. C'était vraiment important qu'elle sache à quoi s'attendre avec lui. Oui, il était maladroit. Mais il essayait d'être une bonne personne, non seulement pour cette jeune fille. Mais pour tout un monde qui avait besoin de passer un cap.
« Tout ça, ce n'est pas grave, je ne sais pas pourquoi, mais quand tu m'a dit que je ne serais plus que ta fille illigitime. J'étais heureuse, vraiment heureuse. Que tu me proposes à quelqu'un d'autre, je ne veux pas. Je suis sûr que ce monsieur est gentil. Mais c'est toi mon père. Même si on n'est pas lié par le sang. Même si à la base notre lien est basé sur le mensonge. Je veux être à tes côtés. Apprendre encore des choses sur les mazokus avec toi.
- On va être une famille, ne t'en fait pas, j'ai eu peur que tu sois jamais heureuse. Tu seras toujours mon enfant, même si je pars dans un autre monde.
- Je suis heureuse... »
Il serra contre lui la jeune fille qui était encore sous ses émotions. Il la serra contre lui. Ses petits bras commençant à l'entourer avec tendresse. Il était vraiment devenu père. Pas sûr que sa famille sur terre le croit sur parole.
« Tu vas devenir la fille de Yuuri Shibuya, de Shin Makoku. J'espère que tu seras là quand je reviendrai de mes voyages dimensionnel. Je prendrais une photo de la famille sur terre. Et j'en ferai de même à mon retour. »
Même si pour ça, il devait prendre une boite hermétique pour y glisser un téléphone portable ou un appareil photo. Il devait plus opter pour la housse imperméable bien fermée dans ses vêtements civils. Ou son uniforme. Ce moment de tendresse était fort. Non seulement, il était serré par la jeune fille, mais aussi par Wolfram. Cet homme avait vraiment accepté la jeune fille comme un membre de la famille. Le rituel ne pouvait que bien se passer.
Ils finirent par rester un moment ainsi pour enfin se lever. Ils revirent ainsi le vendeur de ramen. Ce qui fit rire Greta et Yuuri. Ce bol avait prédit qu'une fille ferait son apparition dans sa vie. C'était juste sa fille. Heureusement que son fiancé ne comprenait pas leur hilarité. L'homme servait ses clients en les saluant de sa main. Le duo lui répondit avec un sourire.
« Et si on profitait des bains ensemble pour de bon ?
- Oui, entre personne de la même famille. Yuuri, bientôt je devrai te nommer père.
- Prends le temps de t'y habituer. Je serai heureux le jour où ça sera naturel, ma fille... »
Ils sourirent, leur avenir était sûrement encore mouvementé, mais ils s'étaient trouvé une famille tous les deux. Et ça valait beaucoup pour eux deux.
