Quand la pureté reste dans l'âme

La noble et moderne famille Black

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Chapitre 39 :

Liberty

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Ecoute : N. BruhnsMein Herz ist Bereit / MozartRuhe Sanft

Lundi 8 avril 1991

Arthur Weasley était de retour dans son bureau, en ce beau lundi matin du mois d'avril.

La tête pleine de questionnements et de rage, il ne vit pas la personne qui faisait des signes de main devant ses yeux.

- Lord Weasley ? fit une voix douce qu'il avait déjà entendu quelque part.

En sursautant il fixa la jeune femme de bientôt 38 ans et s'excusa.

- Je ne vous avez pas vue, je vous prie de bien vouloir m'excuser, Madame le Ministre.

- Il n'y a pas de souci, Lord Weasley, vous me semblez bien préoccupé pour la première journée de la semaine.

Arthur, essayant de se détendre, s'excusa une seconde fois. Pourquoi la Ministre venait-elle lui parler ? Avait-il fait quelque chose de mal ?

- Et maintenant vous avez l'air inquiet, fit la grande femme en riant doucement. Venez donc avec moi, nous allons discuter dans mon bureau, fit-elle d'un ton catégorique mais toujours souriante.

Il la suivit alors, non sans se poser de plus en plus de questions. Heureusement, il était arrivé plus tôt et le Ministère était encore désert.

D'ailleurs, que faisait la Ministre à six heures du matin en ces lieux ? Il pensait que justement, en tant que Ministre, elle pouvait arriver plus tard au travail.

- Je suis plutôt matinale, fit Mrs. Bagnold en répondant à la question muette de son employé. Et je suis heureuse de pouvoir en profiter afin de discuter avec vous, rajouta-t-elle avant de l'inviter à entrer dans le bureau.

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Le bureau était carré et devait faire dans les quinze mètre carrés. Un grand bureau en bois sombre trônait en diagonale sur la gauche de la pièce. La Ministre l'invita à prendre place dans un des fauteuils blancs tout aussi sobres et confortables qu'ils le paraissaient. Il fixa un instant le lever de soleil au-dessus d'un magnifique paysage. La fenêtre magique reflétait une grande plaine avec quelques collines et une forêt.

Millicent Bagnold lui servit d'office une tasse de thé et lui proposa quelques pâtisseries françaises. Surpris par cette attention, il hésita.

- Je ne vais pas vous empoisonner, je vous le promet, fit alors la jeune femme en levant les yeux au plafond. Sergej Meliov me tuerait sur place si j'osais faire une telle chose à l'un de ses protégés.

- Mo… Meliov ? Vous connaissez Lord Meliov ?

- Bien sûr. C'est un des descendants et proches de la famille Royale Russe. J'ai pu le revoir il y a quelques mois, afin de demander quelques conseils sur… sur la marche à suivre concernant les élections. Vous n'êtes pas sans savoir que nous avons un peu réformé le système.

- Effectivement.

- Il y a une liste de cinq candidats tous aussi différents les uns que les autres, que nous soyons ou non en accord avec leurs idées. Mais cela ne plaît pas à tout le monde. Lord Dumbledore m'a déjà maintes et maintes fois fait part de son indignation concernant l'absence de Lord Fudge au sein des candidats.

Arthur acquiesça, compréhensif. Albus lui avait presque ordonné, dans une phrase pleine de sous-entendus, de voter pour Cornélius Fudge, un grand ami du Directeur. Il y avait aussi Barty Croupton mais Albus avait insisté sur ce fait à la dernière réunion de l'Ordre, samedi dernier : voter pour Fudge était la meilleure solution afin de combattre définitivement le Mage noir, puisque Fudge lui demandait régulièrement des conseils et avait sa pleine confiance. Et vice versa.

Mais Arthur n'était pas stupide. Il savait que les nouvelles réformes étaient actives au sein du Ministère : chaque vote avec un autre nom que les candidats officiels sera considéré comme vote nul. Peut-être que Dumbledore souhaitait contrecarrer les nouvelles règles ? De plus, une autre nouveauté était que le Magenmagot n'était plus en droit de déterminer l'auteur de tel ou tel vote. Non, chaque vote serait anonyme et personne – pas même les plus hauts placés – ne pourra en connaître l'auteur.

- Sincèrement, hésita Arthur – il n'avait jamais discuté avec elle et était légèrement craintif quant à cette entrevue – je trouve que les réformes sont parfaites. L'anonymat d'une part évitera d'éventuelles représailles ou remarques, et les candidats jugés aptes à devenir Ministre de part leurs études et connaissances du monde ont des idées diverses et variées rendant le choix vaste.

- Merci pour votre honnêteté, Lord Weasley. Vous semblez surpris que j'utilise votre titre, y-a-t'il un problème à cela ?

L'homme pâlit. Etait-ce aussi facile de lire en lui ?

- J'ai un certain don d'observation, ne vous inquiétez pas, je ne lis pas en vous comme dans un livre ouvert, sinon j'aurais déjà ma réponse et j'aurais également tous les employés sur mon dos, rit-elle alors.

- Je… je n'ai pas l'habitude de ce titre, répondit Arthur.

- Pourtant vous êtes un des derniers Lord reconnus de la famille Weasley et je trouve que c'est la moindre des politesses de vous appeler Lord.

- Albus Dumbledore a tendance à dire que cela appartient aux familles de sang-pur, répondit Arthur avant de se fustiger.

Y apportait-il autant d'importance ?

- Lord Dumbledore n'est pas un individu ayant la science infuse, si je puis me permettre, Lord Weasley.

- Je suis absolument de votre avis, Lady Bagnold. Malheureusement, il s'inclut un peu trop dans ma vie privée et je ne m'en suis rendu compte que bien trop tard.

- Bien qu'il soit puissant, cela je peux l'accorder, il n'est jamais trop tard. Mais ne nous attardons pas sur ce sujet, je sais que vous préparez un procès en bonne et due forme, puisque Lord Léto Prince m'a transmis une missive pour une demande de procès publique, avec le thème de celui-ci.

Paniqué, il observa les murs.

- Il n'y a aucun tableau ici, fit Mrs Bagnold en souriant. Et il n'y a aucun moyen d'espionnage. Vous êtes en sécurité en ces lieux, tout comme vos paroles ne sortiront pas d'ici. Cela m'attriste que vous deviez sans cesses être sur vos gardes.

Arthur se détendit imperceptiblement.

- Lord Dumbledore a essayé plusieurs fois d'influencer mes choix, et pas forcément d'une façon très… éthique dirons-nous. Enfin, la raison de cette entrevue est toute autre. Cela fait aujourd'hui, jour pour jour, 21 ans que vous êtes entrés au Ministère pour un stage dans le département de détournements de l'artisanat moldu. Pour cela, je tenais à vous remercier de votre travail assidu. Vous avez effectué deux stages de deux semaines au sein d'entreprises de Sans-Pouvoirs au cours des dix dernières années, ce que je trouve bien peu. Je vous offre donc, sous couvert d'un stage pratique et de divers sortilèges de confusion, un mois d'immersion dans le monde des Sans-Pouvoirs. Vous devriez apprendre beaucoup de choses et j'espère que vous prendrez le temps de tout transcrire sur papier. Chaque jour sera consacré à un thème différent et vous vous trouverez dans diverses situations où vous devrez participer. Un mois semble peut-être long, mais je trouve cela plutôt court. Vous pourrez venir, chaque samedi, me rendre visite et me poser toutes les questions qui vous passeront par la tête. Et si un thème se doit d'être approfondi nous organiserons un stage plus approfondi. Est-ce que cela vous convient ? Ce serait de l'ordre de sept heures par jour, avec une pause de 12 à 13 heures.

Bien entendu, que cela lui conviendrait. Mais pourquoi un tel geste ? Et sa famille, que dirait-elle ?

- Je vous laisse une semaine pour me donner votre réponse, Lord Weasley. Mais j'aimerais que vous acceptiez, car cela approfondirait vos connaissances sur le fonctionnement et la technique moldue. Peut-être y aurait-il même des choses et des idées que nous pourrions copier afin d'améliorer la vie de certains sorciers. De ceux qui ne savent pas transplaner par exemple. Ils pourraient prendre le vélo, la voiture ou l'avion. Pour les malades de Sainte Mangouste qui ne sortiront jamais de ces murs : n'y aurait-il pas des soins médicaux plus appropriés que de les laisser moisir comme des légumes au fond d'un lit ? Sur les thèmes scolaires aussi, la création d'écoles primaires, de garderies. Certains de nos candidats vont dans ce sens : l'éducation des plus jeunes, avant Poudlard. Cela éviterait aux enfants d'avoir des lacunes dans tel ou tel domaine. Faire découvrir le Monde des Sans-Pouvoirs, ses bienfaits et les points négatifs également, serait un grand avantage et permettrait au futur gouvernement de partir sur de nouvelles bases et aider à la mise en place de certaines idées ou structures.

- J'accepte, Lady Bagnold. J'accepte avec plaisir.

Le sourire de la Ministre devint plus grand.

- Très bien. Je vous enverrai la documentation nécessaire et des habits moldus corrects selon les situations.

- Merci, merci beaucoup. C'est une grande opportunité et j'aime beaucoup en découvrir toujours plus.

- Je le sais bien, fit la Ministre. Deuxième chose, Lord Weasley. Que cela reste confidentiel jusqu'à votre prochain procès ou non, cela sera à vous de décider. Si vous deviez garder cela secret, le département sera forcé magiquement de garder cette information pour lui, un peu comme les Langues-de-Plomb, en soit.

- Qu'y a-t-il, Madame la Ministre ? fit Arthur soudainement inquiet.

- De part votre travail exemplaire, votre loyauté, et votre volonté d'apprendre toujours plus et d'innover, vous êtes nommé nouveau chef du Département des Détournements de l'Artisanat Moldu dès aujourd'hui, à partir de neuf heures.

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Vendredi 19 avril 1991

Celtic'Muffin

Sirius observait le tableau d'information et un grand sourire se forma sur ses lèvres.

- Han ! s'écria Solène. On va en forêt ! Trop cool !

- Sérieux, Soso ? demanda Maxwell qui était assis sur un banc un peu plus loin.

- Oui ! cria presque Solène. C'est trop génial. Vous venez aussi, hein les gars ?

- Euh… fit Aodh.

- Si on est forcés à y aller, intervint Sirius, par cette chère et tendre femme, tu viendras avec nous aussi, Aodh !

- Okay ! fit Aodh en buvant son café brûlant d'une traite.

- T'es fou ! fit Ciara. Tu vas cramer ta gorge en buvant un truc aussi infecte et brûlant !

- T'inquiète, répliqua Aodh.

- C'est pas comme si il ne le faisait pas tous les matins, intervint Garett. C'est son problème pas le tiens, Ciara.

- Qui vient avec nous alors ? demanda Solène.

Ce fut April, une jeune fille de 16 ans rejetée par ses parents et retrouvée dans une forêt d'Irlande du nord, qui répondit.

- Alors, Max et Siri viennent, c'est même pas une question. Ensuite toi, Garett, Quint, Alina, Milla, Wandia, Aodh, Rayan, Lenny et Antoine.

Mrs Collins, une des médicomage du CMCR leur annonça l'heure de départ. Ils leur restaient dix petites minutes pour s'habiller convenablement. Chacun se vit attribuer un petit sac à dos avec de la nourriture et de quoi boire puis partit joyeusement vers la forêt derrière le Centre

Le chemin de « Muffin'street » de Ward's Cross était calme et des animaux se couraient gentiment les uns après les autres : des écureuils, des chatons et des furets.

Chacun inspira profondément l'air frais qui leur fit le plus grand bien. L'odeur de la nature et de la forêt semblait les appeler et ils sentaient que ce serait une merveilleuse sortie.

Les médecins et animateurs avaient prévu un petit circuit et des jeux en plein air, dont une chasse au trésor. Et ce fut à ce moment-là que Sirius sorti du circuit.

Une mélodie presque inaudible et indéniablement déchirante l'avait interpellé.

Il se laissa alors guider sur un petit sentier certainement créé par les sangliers et divers habitants de la forêt puis arriva dans une petite clairière.

Là, juste devant lui, en arc de cercle devant un tronc d'arbre se trouvait plusieurs petits animaux.

Une bonne dizaine de belettes, des écureuils, des marmottes, des chiens de prairie et des hérissons observaient quelque chose au pied de l'arbre. Des lucioles, des papillons et des libellules voletaient au-dessus d'eux en faisant des allers-retours.

Que se passait-il ici ? Il ne comprenait pas. Cela ne faisait certainement pas partie de leurs activités.

Un bruit de feuillage le fit sursauter. Elya James, une jeune femme amoureuse des animaux qui était une des psychomages du centre lui fit signe de rester silencieux. Elle aussi, avait entendu la plainte déchirante.

Elle lui fit signe de recommencer son observation et Sirius essaya de déterminer l'animal qui laissait échapper des sanglots et le chant plus triste que jamais. C'était comme si son âme était appelée à l'aide. La main qu'Elya James posa dans son dos l'invita à s'avancer, bien qu'elle restât en arrière, consciente du trouble de son patient.

Alors, les animaux se divisèrent en deux groupes, laissant un petit passage pour l'homme l'espace d'un instant puis se referma derrière lui.

Hésitant, Sirius observa les environs avant de s'accroupir devant le tas de plumes.

Le tas de plumes étaient en réalité deux grandes ailes argentées avec un contour doré qui brillait au soleil. Il apercevait, au travers des ailes, un petit corps vert qui tremblait violemment.

Sirius se mit à murmurer de douces paroles qui semblèrent calmer légèrement le petit être. Les yeux vairons, bleu et gris, finirent par passer craintivement sous les ailes et observer l'humain qui semblait s'attarder sur lui. De grosses larmes coulaient sur ses plumes et il n'avait qu'une envie : mourir. Mais la Magie ne le voulait pas.

Pourtant, qu'avait-il à faire sur cette terre ? Son Maître l'avait donné à un enfant de cinq ans parce qu'il le trouvait trop encombrant et bruyant. Il restait pourtant sagement dans sa cage et attendait sagement son eau et ses graines que son maître oubliait souvent, mais il ne s'était jamais plaint. Il avait tout fait pour lui plaire mais la magie de l'oiseau ne convenait pas à l'homme qui l'avait magiquement enfermé dans cette cage de verre.

Il aurait pu s'enfuir, c'est un fait, mais il était trop loyal et attaché à son âme sœur.

Malgré cela, l'homme avait brisé le contrat magique qui les reliait et l'avait donné à un enfant sans cœur qui lui arrachait ses plumes et le balançait comme on lance un ballon de foot. Il avait mal partout. Une de ses ailes l'empêchait de voler et il avait tout juste réussi à s'enfuir de cet enfer avant de se trouver en plein milieu d'une forêt qu'il ne connaissait ni d'Eve ni d'Adam.

Pourquoi vivre ?

Il n'avait plus de Maître, il n'avait plus à manger ni à boire. Son aile était cassée, ses yeux étaient si différents l'un de l'autre que cela révulsait toutes les personnes étroites d'esprit qu'il avait pu voir jusqu'ici.

Pourquoi respirer ?

Ses poumons le faisaient atrocement souffrir. Il avait un pincement dans la poitrine à chaque inspiration. Il avait mal… partout. Au cœur, aussi. Et au plus profond de son âme amère et sans espoir.

Pourquoi cet homme s'était-il accroupi et lui caressait maintenant les plumes qu'il n'arrivait pas à entretenir ?

Pourquoi se laissait-il faire ?

Une plainte déchirante sortit à nouveau de son bec et les sanglots le secouèrent une énième fois. Il n'avait plus d'espoir. Il n'avait plus de courage. Son monde s'était effondré.

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L'oiseau était grand, pensa Sirius, plus de 50 centimètres de hauteur et encore, il semblait penché en avant sous le poids d'un lourd fardeau invisible à ses yeux, mais visible dans son âme. Il caressait délicatement les ailes de l'oiseau alors que celui-ci se mit à nouveau à pleurer.

Ayant mal au cœur de voir une telle chose, Sirius pris le risque de se rapprocher encore plus de l'animal et de caresser le haut de la tête où se trouvaient une grosse touffe de poils rouges qui détonnaient incroyablement avec le reste du petit corps maigre.

- Chut, tout va bien, je suis là, s'entendit chuchoter Sirius.

Étrangement et à la façon d'un enfant, l'oiseau tremblant dégagea sa tête et posa son bec dans le cou de l'homme.

- Alios, murmura Sirius qui senti instantanément un frisson s'étendre au corps de l'animal.

C'était un phénix, il en était maintenant convaincu. Il le sentait. Son âme venait de le lier au petit être qui avait besoin d'attention. D'attention et d'affection qu'il n'avait apparemment jamais eu.

L'oiseau avait besoin de se sentir utile et aimé. Sirius se fit la promesse de veiller sur lui, tout le reste de sa vie.

Ils restèrent là un bon moment, au centre de l'attention d'une petite cinquantaine d'êtres de la forêt et sous les yeux attendris de Mrs. James. Sirius finit par soulever le corps qui semblait s'être endormi sous le poids de la fatigue.

Les animaux s'inclinèrent étrangement devant l'ancien prisonnier qui se dirigea lentement vers la psychomage.

- Les autres restent jusqu'au coucher du soleil en ces lieux, dit-elle. Mais je vais vous ramener au centre et prévenir mes collègues. Il nous faut soigner ce petit phénix.

- Je… vous vous y connaissez ?

- Un peu, et sinon nous appellerons une de mes amies vétérinaires. Elle saura nous conseiller. Gardez-le près de votre torse, nous rentrons, dit-elle alors en envoyant un patronus pour ses collègues.

Ils firent alors le chemin du retour et Mrs. James conduisit Sirius jusqu'à une des salles de soin du Centre. Il déposa l'oiseau délicatement sur la table et Mrs. James y mis une couverture épaisse et chaude. Sirius déplaça l'oiseau dessus et ils mirent en place des sortilèges de protection afin que l'animal ne tombe pas de son nid provisoire.

- Est-ce-que…

- Oui, Monsieur Black ?

- Est-ce-que je peux contacter une… une connaissance ? Elle a un élevage de chat et… je sais que ça n'a rien à voir mais elle pourrait peut-être me… me conseiller ?

- Comment s'appelle-t-elle ?

- Lady Rothesay-Potter.

- Elizabeth ? Vous connaissez Elizabeth ? fit alors la psychomage.

- Euh… oui ?

- Bien sûr, attendez, je vais l'appeler de suite. C'est une de mes meilleures amies ! Nous avons grandi dans le même village.

La jeune femme pris ce qui ressemblait à un téléphone et attendit un instant.

« Eliz' ! C'est Elya. Monsieur Black a trouvé un oiseau en détresse, certainement un phénix de la forêt d'Orthea. Il souhaitait te contacter, peux-tu venir ? »

Sirius secoua la tête. Décidément, le monde était petit. Elizabeth arriva par cheminée quelques minutes plus tard et enlaça son amie puis Sirius.

- Heureuse de te revoir, Sirius ! Tu as le bonjour de Harry. Alors, où est cet animal rescapé ?

Sirius ne put que sourire à Elizabeth et Elya pris soin de tout expliquer dans les détails.

- Il ne fait aucun doute, intervint Elizabeth, c'est bien un phénix irlandais. Tu as pu contacter un vétérinaire ?

- Oui, mais Lord Ferghall est en pleine opération, il ne pourra venir que dans deux heures environ.

- Et je voulais savoir ce que… ce que je pouvais faire pour le mettre à l'aise, demanda doucement Sirius soudainement intimidé. Alios a l'air déprimé et en manque d'affection, ses sentiments m'ont beaucoup troublés, je crois qu'il n'a plus goût à la vie. C'est débile mais…

- Ce n'est pas débile, Sirius, le coupa Elizabeth. Je crois que le phénix a touché ton âme et que la Magie t'a conduit à lui. Et cela signifie également qu'il t'a inconsciemment choisi comme nouveau Maître.

- Mais… Mais… mais je ne sais pas moi ! paniqua Sirius. Je ne sais pas m'occuper d'un animal, je n'ai jamais eu… je sais pas… je…

L'homme marmonna en se tirant les cheveux. Mrs James posa une main sur son épaule.

- Monsieur Black, asseyez-vous donc, fit-elle. Vous allez boire du thé et vous calmer un peu. Compris ?

Il acquiesça, tout en se perdant dans ses pensées.

- Et si les médecins sont d'accord, intervint Elizabeth, tu viendras avec moi en ville, nous irons dans une animalerie pour acheter le nécessaire pour Alios.

Mrs James donna silencieusement son accord et sortit quelques instants afin de demander à la Direction ce qu'ils en pensaient puis revint quelques minutes plus tard avec une autorisation de sortie. Cela ferait le plus grand bien à son patient, elle en était convaincue.

Lord Ferghall arriva plus tôt que prévu et ausculta l'oiseau. Le phénix avait des carences en vitamines et n'avait, jusqu'ici, jamais mangé à sa faim. Il était aussi épuisé et avait une aile cassée, l'intérieur du bec abimé dûe à une nourriture inappropriée et une patte abîmée sans compter un os qui s'était brisé et incrusté dans l'un de ses poumons. Il demanda une intervention d'urgence, dans une salle stérilisée, afin de soigner immédiatement l'oiseau aux frais des Potter qui n'avaient pas laissé le choix à Sirius. Durant l'opération, Sirius sortit alors avec Elizabeth du Centre et marcha dans les rues sorcières de la petite ville.

- Est ce-qu'il va survivre ? murmura douloureusement Sirius.

- Oui, tout va bien se passer, le rassura Elizabeth. Il est certain qu'il a beaucoup souffert et eu une vie difficile jusqu'ici. Je le vois à ses yeux… il a l'air tellement malheureux, c'est flagrant. Mais Lord Ferghall sait ce qu'il fait. Il a une très bonne réputation même si je n'ai pas accepté sa candidature pour notre chatterie.

- Pourquoi ? Enfin si je peux demander…

- Tu peux demander tout ce que tu veux, Sirius, fit la jeune femme en riant. Il s'y connaît surtout en lézard, serpents et volatiles. Pour ce qui est des félins, on peut oublier. Et puis… il avait tendance à me prendre pour une imbécile alors qu'il me sortait des stupidités sur les chats. Alors j'ai mis rapidement fin à l'entrevue et l'ait sympathiquement congédié.

Sirius rit alors. Ah, que ça lui faisait du bien de sortir en ville et de discuter de tout et de rien !

- Tiens, c'est par là. Tu es déjà allé dans une animalerie ?

- Sur le Chemin de Traverse.

- Oui donc pas une véritable animalerie digne de ce nom, fit Elizabeth en se moquant gentiment.

Elle le poussa à l'intérieur et il vit des dizaines de rayons. Il y avait de tout : des affaires et de la nourriture pour chaque type d'animaux. L'endroit était géant. Son amie le guida dans les divers rayons et ils s'arrêtèrent devant une cinquantaine – au moins – de coussins et de perchoirs pour oiseaux.

Et là, Sirius se frappa le front.

- Quoi encore, Siri ?

- Je n'ai pas d'argent, je…

- Si, ton père a récupéré ton coffre et y a versé une certaine somme tous les mois, le coupa Elizabeth.

- C… Comment ?

- Walburga me l'a dit il y a deux semaines. Elle souhaite que je t'amène en ville et te fasse acheter quelque chose qui te fasse plaisir. Pour cela, elle a rajouté une centaine de Gallions.

- Une centaine ? fit Sirius, effaré.

- Sans compter que ton coffre comprend environ deux mille Gallions d'après ta mère. Bien sûr, je ne suis pas censée le savoir mais elle voulait que je te rassure à ce sujet. C'est ton argent et tu l'utilise comme bon te semble. Elle m'a encore spécifié que c'est un compte pour financer tes loisirs et rien d'autres. Ce qui me laisse penser qu'ils ont déjà tout prévu pour ta sortie du Celtic'Muffin.

- J'ai pas trop envie de rentrer au Square… grimaça Sirius.

- Je peux comprendre, mais tu peux toujours te chercher un travail ici et gagner tes sous. Allez, viens, il faut que tu te décides. Quel genre de choses aimerais-tu pour ton nouvel amour ?

Il la foudroya du regard alors qu'elle explosait de rire.

Peut-être était-ce son côté Gryffondor mais il craqua définitivement sur un coussin moelleux d'un rouge foncé aux bordures dorées. Il pourrait bien entendu modifier la couleur mais le coussin avait l'air bien confortable. Il le toucha et vit à quel point il était épais et doux.

- Du velours ?

- Oui, et ça je te le paye ! Ce sera ton cadeau d'anniversaire.

- Mais… ça doit coûter une fortune !

- Arrête de faire ton coincé, on dirait Severus !

La bouche ouverte, Sirius pris cela comme une insulte. Elle osait le comparer à Servilus ? Puis il explosa de rires à son tour.

- Il te faut un perchoir aussi, rajouta son amie sans se départir de son sourire.

Il prit alors un perchoir argenté dont la hauteur était réglable, ainsi que quelques petits jouets pour oiseaux même s'il doutait que les oiseaux y touche. Etrangement, ses yeux accrochèrent un gros nounours en peluche.

- Prends-le, Siri. Ce n'est pas un enfant, c'est un phénix, mais s'il est en manque d'affection il prendra ça pour une marque d'amour de ta part.

- Tu es sûre ?

- Certaine. Les phénix sont différents, tu sais. Et il a besoin de se sentir bien.

Ils prirent ensuite un panel de vers, tous différents comme il ne connaissait pas les goûts de l'animal puis des graines toutes plus appétissantes les unes que les autres afin qu'il comble ses carences.

Il prit également des soins pour les plumes et les poils, ainsi que de quoi couper et soigner les griffes de l'oiseau.

Elizabeth acheta également de petites choses pour ses chats et hiboux et ils réglèrent leurs achats avant de sortir.

Elizabeth réduisit tous les sacs et entraîna le jeune homme dans divers magasins. Elle le fit acheter quatre couvertures polaires, dix serviettes de bains assorties et des petites serviettes pour s'essuyer les mains, du savon, du shampoing, de la mousse à raser et un rasoir qui rassemblait à la fois la technologie des Sans-Pouvoirs et des sorciers. Elle lui acheta quelques beaux torchons, lui disant que ce serait pour son futur lieux de vie.

Il n'avait pas réellement pensé à son éventuelle sortie. Le Celtic'Muffin lui plaisait et il appréciait la vie là-bas, mais il ne pourrait pas y rester éternellement.

- Rien ne t'empêche de te prendre un logement ici, tu sais. Il y a des maisons et manoirs un peu éloignés du centre et le paysage y est tout simplement magnifique. Puis on pourra relier une cheminée à notre réseau.

- Vous avez un réseau privé ?

- Oui, seulement utilisable par nos amis et notre famille. Il faut que tu donnes un code précis avant de pouvoir sortir de la cheminée.

- C'est génial ça, fit Sirius tout en réfléchissant.

Il suivit Elizabeth au travers des ruelles et alors qu'elle l'avait laissé choisir des vêtements dignes de ce nom, elle revint avec une brochure dans les mains.

- Tiens, viens on va payer. Après, je t'amène chez le coiffeur afin de faire revivre tes cheveux et tu pourras lire ceci.

- C'est quoi ?

- C'est une brochure répertoriant tous les appartements, manoirs ou toutes les maisons à vendre en Irlande et plus précisément à Ward's Cross, donc ici, Lough Meenish près de chez nous ou encore à Ros Comáin plus communément appelé Roscommon.

Elle l'emmena alors chez un coiffeur et Elizabeth demanda à ce qu'ils coupent ses longs cheveux.

Un peu réticent il écouta les arguments de la coiffeuse qui coupa ses cheveux. Elle les laissa longs d'environ neuf centimètres, arguant que comme ils étaient bouclés cela ferait plus joli. Et il dû avouer, après une longue vingtaine de minutes, que cette coupe le rajeunissait.

Lady Potter ramena ensuite Sirius au Centre où il regagna sa chambre et il déposa les savons et serviettes dans sa salle de bain.

Elizabeth disposa le coussin près du lit de Sirius ainsi que le perchoir près de la fenêtre. Ils redescendirent ensuite afin de revoir Alios qui se réveilla difficilement alors que Sirius caressait doucement son ventre.

Une nouvelle vie se profilait à l'horizon et Sirius commençait enfin à penser à son avenir. Et pour cela, il ne remercierait jamais assez les Potter, les Prince, les Meliov ainsi que sa famille.

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