Fate Stay Night : On The Hell's Path

Maison des Tohsaka.

Plongée dans ses bouquins, Rin enleva vivement ses lunettes de lecture tout en poussant un léger soupir, à cause de la situation actuelle. Trop de complications à son goût. La guerre du Saint-Graal dont son père lui avait parlé ne ressemblait absolument pas à ça. Après plusieurs longues secondes de flottement, la porte de sa chambre finit par s'ouvrir, laissant Shirô et Saber la rejoindre vivement.

« Ah, vous voilà enfin. Déclara la brune en se redressant.

– Tu voulais nous parler ? Demanda Emiya, au seuil de la porte.

– À Saber plus précisément. Détailla la concernée par la suite. »

Elle laissa ses invités à s'installer correctement avant qu'elle ne croise les bras, comme à son habitude. La Servant du trio resta plus attentive : après tout, elle était le sujet de la conversation.

« Au vu des circonstances actuelles, nous n'avons pas réellement le choix. Pour vaincre Berserker, il faudra que Saber, tu sortes ton atout.

– Mon … atout ? Tu veux parler de mon Hogû ? Souffla-t-elle, plutôt perplexe devant les paroles de son amie aux cheveux noirs.

– Non, enfin, pas exactement. Rectifia la concernée, les yeux clos. Je veux parler du fourreau de ton épée ! »

Un léger silence s'installa dans la salle. Saber cligna rapidement des yeux comme si les informations n'étaient pas bien passés dans sa tête. Son fourreau ? Celui d'Excalibur … ?

« Selon la légende, quand Merlin te posa la question entre ce qui est le plus important entre ton épée et ton fourreau, il t'a bien dit que c'était le fourreau, non ? Parce que c'est lui qui te protégerait de chaque danger. Confirma Rin, une main sur la hanche.

– C'est bien ça. Affirma son amie aux cheveux blonds.

– Donc ! Je me suis posée une question : où se trouve-t-il, maintenant ? D'après la légende, avec ce fourreau, tu étais bien quasiment immortelle. Avec une telle arme, même Berserker devrait être vaincu ! »

Le fourreau protégeait Saber de chaque danger ?

Emiya baissa légèrement les yeux à cette pensée. Un tel objet …

« Attends, Tohsaka. Intervint justement Shirô, la tête légèrement penchée sur le côté. Si Saber était réellement immortelle, elle ne serait pas morte, non ? »

Un instant de silence. Rin entrouvrit doucement la bouche avant de mettre sa main sur son visage, complètement dépitée.

« Ah oui … le fourreau avait été volé avant sa mort … Soupira bruyamment Tohsaka.

– Il y a méprise, tous les deux. Murmura Saber, les mains sur ses genoux, cette phrase faisant instantanément retourner les concernés. »

Pendant une fraction de seconde, Rin espérait une réponse positive à propos du fourreau d'Excalibur. À cette pensée, la Servant regrettait un petit peu d'avoir employé ces mots-là mais bon, elle dissipa immédiatement les doutes autour de sa phrase.

« Je ne suis morte que « d'un point de vue temporel ». C'est-à-dire, de nos jours. Articula lentement la blonde.

– Quoi ? Je crois que je n'ai pas tout saisi. Répondit Shirô, les sourcils froncés.

– En clair, à mon époque, je ne suis pas encore morte. Je suis devenue une Servant afin d'avoir le Saint-Graal comme récompense. Mais dès lors que j'obtiendrais cette dernière, le Roi Arthur mourra pour de bon.

– « Devenue » … ? Tu as dû passer un contrat pour devenir une Servant, c'est ça ? Demanda de son côté, Rin. Tu n'es pas encore un Esprit Héroïque alors …

– Exactement. Et le contrat m'oblige à obtenir le Graal en étant « vivante ». C'est pourquoi je suis invoquée à chaque conflit où potentiellement, le Saint-Graal pourrait être invoquée. Dès lors que je recevrais la calice, nous pourrons alors affirmer que le concept d'Esprit Héroïque sera acté. Pour simplifier les choses, chaque invocation pour moi équivaudrait à un « rêve » … »

Tohsaka cogita légèrement. Cela signifiait que ces « rêves » s'achèveraient lorsqu'elle récupérera le Saint-Graal. En y repensant, c'était un petit peu triste. Combien de temps devra-t-elle courir après son objectif ? En tout cas, cet état éclaircissait quelques détails comme sur le fait que Saber ne pouvait pas se dématérialiser comme Archer ou Rider. Parce qu'elle n'était pas encore morte. Mais une fois l'objet de sa convoitise dans sa possession, la femme nommée Artoria Pendragon disparaîtra définitivement. D'un coin d'œil, Rin jeta un petit regard à Emiya Shirô, ce dernier restant étrangement neutre devant les paroles de sa Servant.

« Je vois. Tes explications sont vraiment claires. Murmura la lycéenne, une main en-dessous de son menton.

– Malheureusement, on devra se débrouiller sans. Avec la présence d'Archer et de Saber, il est quand même possible de vaincre Berserker non ? Se rassura presque Emiya.

– C'est possible mais loin d'être sûr. »

Effectivement, cet ennemi paraissait tellement puissant que même toutes les précautions du monde ne suffiraient peut-être pas. Shirô hocha positivement la tête, tout en affirmant qu'ils devraient chercher à élaborer une tactique afin de gagner sans foncer dans le tas. Rin acquiesça vivement et laissa les deux partenaires prendre congés. Une fois seule, la jeune femme s'allongea sur son lit, fixant un point au plafond.

« Tu as une idée, pas vrai ? »

Apparaissant dans un halo bleuté, Archer avait les bras croisés. Tohsaka ne répondit pas dans l'immédiat et se redressa légèrement tout en posant son regard bleuté vers son Servant.

« Tu me connais mieux que je ne le pensais. Sourit lentement la brune.

– Ça répond pas tellement à ma question. Nota le concerné, les yeux fermés.

– On peut dire ça. Si on veut gagner contre Berserker … il faut que Saber soit en pleine possession de ses moyens … et je crois que j'ai une idée pour ça. »

Plus loin …

La pluie s'invita doucement dans le secteur.

Des pas lents résonnèrent.

Le visage un peu vide, Sakura Matô traînait un petit peu les pieds. Se trouvant dans les rues sombres de Fuyuki, cela faisait un petit moment qu'elle vagabondait de la sorte. Elle ne savait pas quoi faire, elle n'avait plus d'endroit où rentrer, tous ses repères disparaissaient. Depuis la disparition de Rider, plus rien n'allait dans sa tête. Pourquoi ? Pourquoi le monde détestait autant sa personne ? Elle ne savait pas. Sakura sentit le froid parcourir son corps, que devait-elle faire maintenant ?

Poursuivre la guerre ? À quoi bon ? Rider était morte.

Revenir vers les autres ? Comment ? Ses actions insensés demeuraient la source de leur désunion. Dans l'état actuel des choses, rien n'était possible.

Senpai continuait sûrement de la chercher, mais une fois qu'elle sera devant lui, que devra-t-elle faire ? Sakura n'en savait absolument rien. Tout ce que son cœur désirait, le monde lui enlevait. Peut-être que la seule solution contre ce monde … serait de le quitter par soi-même ? Que valait la vie dans ces conditions ? Pourquoi continuer à souffrir inlassablement, sans trouver le salut ? Pourquoi vivre dans la solitude ? La petite-fille de Zôken secoua négativement la tête, suite à des pensées un peu trop sombres à son goût. Renoncer maintenant ne ferait que rendre sa vie encore plus insensée qu'à l'accoutumé. Rider avait combattu de toutes forces, se suicider équivaudrait à insulter son ancienne Servant.

Après une dizaine de minutes, la Matô se reposa temporairement sur un banc mis-à-disposition afin de réfléchir quelques instants encore. Au fond, elle regrettait tellement de s'en être pris à Saber-san … d'un coup de tête, elle avait totalement détruit leur relation. Elle s'en voulait terriblement de s'être comportée comme une idiote, la jeune femme aurait dû comprendre et respecter le choix de Senpai. Pour qu'il soit heureux. Mais non, les actions de Sakura semblaient désormais irréparables.

La lycéenne reprit ensuite sa marche, déambulant dans les rues plutôt discrètement sans se faire repérer.

Sous une pluie silencieuse et annonciatrice de malheur, la Matô ne pouvait que retourner dans un seul endroit pour être sûre de se mettre à l'abri. Sakura poussa un léger soupir et vit un grand édifice juste en face de ses yeux : l'hôpital de Fuyuki, là où l'Ombre avait attaqué quelques jours plus tôt. Les autorités ayant déjà classés cette affaire, cet hôpital demeurait fermé pour le public. Mais au moins, elle espérait simplement de pouvoir se reposer ne serait-ce qu'un petit peu, la méfiance gagna tout de même son être. Discrètement, Sakura s'introduit à l'intérieur.

Elle constata avec un certain dégoût qu'il y avait encore des traces de sang tâchant les murs autour. Après quelques minutes, la jeune femme aux cheveux violets trouva une chambre libre afin de se reposer librement. Retirant ses chaussures, la Matô s'installa sur le lit d'hôpital et elle chercha le sommeil difficile à trouver. Surtout en repensant que quelques jours avant, il n'y avait que des cadavres qui jonchaient chaque parties de cet hôpital.

« Je suis … tellement fatiguée … »

Elle manquait aussi en mana. Même si son état paraissait plus que correct. Elle ressentait un besoin étrange, un besoin dont elle ne connaissait presque pas. Ou si d'ailleurs. Ses pensées se mélangèrent dans une cacophonie assez impressionnante. Doucement, ses paupières se fermèrent, laissant la jeune femme dormir pour de bon.

Les minutes défilèrent sans que Sakura ne sache combien de temps s'écoula. Mais lorsque ses yeux s'ouvrirent, la mage sentit quelque chose de différent au sein même de l'hôpital. Se relevant doucement, la Matô fronça les sourcils et jeta un petit regard dans la serrure afin de voir s'il y avait bien une présence ou non dans les couloirs sombres. À part le noir absolu, elle ne distinguait pas très bien les formes.

Se raclant doucement la gorge, les événements avec Assassin revinrent naturellement dans sa tête et elle espérait sincèrement que ce n'était pas quelque chose de similaire. Elle plissa légèrement son regard pourpre afin de veiller aucun détail qui aurait son importance puis elle finit par voir quelque chose. Entendre quelque chose serait le plus exact.

Des bourdonnements ? Sakura s'éloigna naturellement de la porte puisque des bruits de pas retentirent lentement en même temps qu'un son grave. Un objet résonnait bruyamment au sol et constamment. Qu'était-ce ? Non, elle se souvenait de ce bruit, la jeune femme finit par rencontrer le mur derrière sans dos et finalement, les bruits de pas s'arrêtèrent. Juste devant sa porte.

« Ha ha … on dirait que je t'ai retrouvé. »

L'issue finit par s'ouvrir, laissant une forme se dévoiler dans l'obscurité. Un sourire inquiétant se dessina progressivement sur son visage sous l'œil presque horrifié de Sakura qui plaça une main devant sa bouche, par instinct.

« Oh ? Pourquoi une telle réaction ? Aurais-tu peur … Sakura ? »

Son grand-père. Que venait-il faire ici ? Comment avait-il fait pour retrouver sa trace ? La Matô déglutit légèrement quand Zôken commença à faire quelques pas dans sa direction avec le même sourire greffé à son visage.

« Grand-père … Souffla difficilement la jeune femme, son cœur battant la chamade.

– Que se passe-t-il … ? Te voilà complètement seule. Remarqua le vieil homme.

– Comment … m'as-tu retrouvé … ?

– Je ne t'ai jamais perdu de vue. »

Cette phrase donna quelques sueurs froides à la mage qui secoua ensuite négativement la tête, quelque chose faisait battre son cœur bien plus rapidement qu'habituellement. La peur. Voici son ressenti du moment. Comment se faisait-il que son grand-père la surveillait toujours ? Pourquoi il n'agissait pas alors ? Toute une tonne de questions déferla dans la boîte crânienne de Sakura, celle-ci se raclant discrètement la gorge tout en ayant quelques gouttes de sueurs.

« Je vois que tu ne comprends toujours pas. Résonna la voix rauque de Zôken. Il est bientôt l'heure pour toi. L'heure de porter le rôle que je t'ai confié plusieurs années auparavant …

– De … de quoi parles-tu … ? Tremblota la concernée, les yeux légèrement élargis par la surprise.

– Oh ? Tu ne t'en souviendrais pas alors … c'est intéressant. Mais si tu veux partir … Sakura … tu peux.

– Hein ?

– Tu veux sortir non ? Sors donc et acceptes-en les conséquences … »

Zôken s'écarta légèrement afin de laisser une chance à sa petite-fille de quitter cet hôpital sans encombre. La Matô ne comprit rien à la situation actuelle. Mais à ce moment précis, difficile d'hésiter davantage : la peur qu'elle ressentait à l'égard de son grand-père obstruait totalement son jugement. D'un pas hésitant, la jeune femme prit quelques secondes avant de se précipiter plus rapidement sous l'air relativement neutre de l'aïeul qui esquissa un large sourire lorsqu'elle passa juste à côté lui.

« Toutes les conséquences … »

La sœur de Rin Tohsaka s'enfuit aussi rapidement qu'elle le put. Bien que la peur ressentie s'estompa légèrement, Sakura courut à toute allure, en espérant laisser le souvenir de son grand-père derrière elle. À quelques reprises, la jeune femme se surprit à sursauter sans réelle raison, pensant toujours que quelque chose l'attendait dans un croisement de couloir. Une fois en-dehors, la Matô laissa un petit regard à cet hôpital sombre et se concentra ensuite sur son nouvel objectif du moment : s'éloigner le plus loin possible de cet édifice.

Sous une pluie battante, la belle lycéenne courait à en perdre haleine. Ses chaussures faisant éclabousser l'eau présente sur le sol, Sakura tentait du mieux qu'elle pouvait de survivre dans cette ville hostile. Peu avant, Rider lui avait tout de même averti de ne pas partir à l'église parce que ce prêtre était étrange. Quand bien même la nature supposée neutre de ce dernier, valait mieux ne pas s'approcher.

Quelques dizaines de minute suffirent pour que la cadette de Shirô Emiya ne se repose dans endroit un peu sombre : le parc de la ville. Pas celui où Saber et Rider avait guerroyé mais bien les vestiges de la dernière guerre du Saint-Graal. C'était le seul endroit accessible et encore, cela ne la protégeait pas de la pluie qui tombait régulièrement. Son visage se releva doucement.

« Pfiou … »

La solitude gagna doucement son être. Peut-être qu'elle n'aurait jamais dû tenter d'échapper à la mort en y repensant …

Sakura secoua négativement la tête et chercha plutôt un banc où se reposer presque convenablement. Sa respiration se saccada légèrement, elle se sentait vraiment mal. Pourquoi … ? Ah … oui. Parce que le mana lui manquait clairement et la faim commençait réellement à devenir pesant.

Après quelques secondes de recherche, elle en trouva un, pas trop exposé à la pluie non plus. Elle voulut s'allonger dessus et prendre quelques minutes de repos au minimum mais de la lumière l'aveugla momentanément : une moto ? Une main devant son visage afin de se protéger du phare, elle élargit largement ses yeux quand …

« Fuji … mura-sensei … ?

– Sakura-chan ! S'inquiéta immédiatement la concernée. »

Descendant précipitamment de sa moto, la tutrice de Shirô Emiya arriva rapidement devant l'interpellée. Cette dernière demeurait bien pâle, les yeux un peu lourds. La professeure l'aida à se relever légèrement, le regard traduisant toute son inquiétude vis-à-vis de son élève, chancelante.

« Qu'est-ce qui ne va pas ?! S'écria-t-elle, presque de panique.

– Je suis … juste épuisée … murmura faiblement Sakura.

– Je te ramène à la maison tout de suite ! Shirô s'occupera de toi ! »

Rien que le nom de son Senpai fit presque sursauter la jeune femme aux cheveux violets qui reprit un peu plus de vitalité dans son regard. Elle secoua ensuite négativement la tête sous les yeux interloqués de Fujimura Taiga.

« Senpai … n'est pas à la maison … Souffla difficilement la Matô.

– Quoi ?! Mais qu'est-ce qu'il fait pendant que tu es comme ça ?!

– Est-ce que vous pouvez … me ramener chez … vous … ?

– Bien sûr ! Accroche-toi ! »

L'intéressée hocha positivement la tête. Taiga partit directement dans la direction de sa maison, le plus rapidement possible serait l'idéal. Elle espérait sincèrement que ce n'était qu'un coup de fatigue. Oui c'était sûrement ça ! Quelques minutes suffirent pour que Fujimura ne ramène Sakura devant chez elle. Elle fut ensuite présentée à ses parents qui acceptèrent immédiatement la proposition de leur fille : refuser la venue de cette jeune fille malade serait complètement criminelle ! Se justifiant la mère de Fujimura, une vieille femme ayant été bien affectée par le temps, tout comme son mari d'ailleurs. Tous deux bien habillés dans leurs kimonos immaculés, respectant sûrement les traditions locales.

« Voilà ta chambre, Sakura-chan. Désigna Taiga, les mains sur les hanches. Je vais appeler Shirô pour qu'il passe, ok ?

– N-Non ! Ce n'est pas la peine, n'en parlez pas s'il vous plaît ! Supplia presque la concernée. »

Cette requête avait de quoi légèrement perturber Fujimura qui arqua simplement les sourcils devant le comportement étrange de son élève. La tutrice d'Emiya lui conseilla vivement de se reposer et que le lendemain, elles iraient consulter un médecin si besoin. Sakura la remercia rapidement avec un sourire factice, une fois Taiga sortie, la Matô reprit sa mine habituelle depuis ces derniers jours.

Après une douche relaxante, la jeune femme vint, presque de force, dans la salle à manger puisque les parents de Fujimura obligèrent littéralement à la mage de partager leur repas. Difficile de refuser après un tel accueil, elle tenta d'être le plus polis possible tout en veillant à ne pas trop manger : elle avait quand même plutôt faim. Quand bien même, son moral frôlant le zéro absolu, Sakura devait manger pour récupérer ne serait-ce qu'un petit peu.

« Je t'en prie, Sakura-chan. Tu peux manger autant que tu veux ! S'écria la vieille femme, en ricanant de bon cœur.

– … Merci … ? Hésita un petit peu la principale concernée, un peu intimidée.

– Ce n'est peut-être pas du niveau de Shirô, mais elle cuisine encore très bien ! Embellit Taiga en prenant frénétiquement son bol de riz.

– Ha ha ! Voyons, Shirô-kun est bien meilleur que moi ! C'est même pour ça que tu manges tout le temps là-bas !

– Mais non ! Sinon, il serait tout seul si Sakura-chan n'est pas avec lui !

– Il paraît que tu cuisines bien aussi, Sakura-chan … intervint la voix du père en se rapprochant discrètement. Si ça ne te dérange pas, est-ce que tu peux nous donner un peu de conseil … parce qu'on commence à manger toujours les mêmes plats ici … déplora-t-il ensuite.

– Chéri ! Tu ne m'en a jamais parlé !

– Bah … tu m'écoutes jamais aussi … ! »

Pendant quelques instants, la Matô se surprit d'oublier la terrible situation dans laquelle, elle se trouvait actuellement. Quelle famille chaleureuse … Sakura se permit même de rigoler avec les membres de cette merveilleuse famille.

« Dis, est-ce que ça te dirait de passer le week-end ici ? Proposa la mère de Fujimura sous le regard intrigué de sa fille.

– C'est une bonne idée, comme ça, tu t'amélioras dans la cuisine mon amour ! Ajouta le vieil homme, provoquant le rire de sa femme.

– Oh arrête de dire n'importe quoi ! Tu vas lui donner des mauvaises idées ! Alors, qu'est-ce que tu en dis ?! »

Sakura sourit maladroitement, comment pouvait-elle rester ici tout en sachant pertinemment que Senpai allait arriver d'un moment ou un autre. Oui, valait mieux décliner cette offre qui aurait pu se montrer aguicheur aux premiers abords. Doucement, elle secoua négativement la tête.

« Je pense que je devrais repartir demain … déclara lentement la jeune femme.

– Oh, je vois. Si jamais, tu changes d'avis, n'hésite pas à nous le dire ! Sourit la mère de Taiga.

– Oui … »

Elle prit ensuite une petite portion de nourriture, et élargit très discrètement les yeux, sans qu'aucun membre ne remarque ce léger détail.

Il n'y avait pas de goût ? Bizarre …

Chapitre 46 : La Fleur Isolée