Dans ce chapitre sont présente deux chansons, tirés de la Comédie Musicale les Dix Commandements. Si vous ne les connaissez pas, je vous invite à aller faire un tour sur youtube où vous les trouverez sans problème.

L'inacceptable, tirée de la comédie musicale Les Dix Commandements

Il est celui que je voulais, tirée de la comédie musicale Les Dix Commandements

(Musique : Pascal Obispo. Paroles : Lionel Florence et Patrice Guirao)


Je dédie cette histoire à Julie et Nathanaël.


~Chapitre 38 : ~

Le début d'une nouvelle ère.

Deux jours étaient passés depuis que l'Ombre avait disparu. Minas Tirith baignait dans une sorte de plénitude qu'inondait les rayons de soleil. Faramir avait dû s'atteler à sa tâche d'intendant abandonnant de ce fait Eowyn et Gabrielle.

Gabrielle.

Depuis deux jours elle était inconsciente, son corps était toujours aussi froid et sa respiration très faible. Rien ne semblait laisser croire qu'elle vivait, hormis ces légers soulèvements irréguliers mais présents. Elle était sans arrêt veillée, tantôt par Eowyn qui s'était occupée d'elle en la coiffant, Estebal lui essayait de réchauffer ce corps avec l'aide de couverture où plus simplement en la prenant durant quelques heures contre lui. Mais rien, pas un signe de réveil.

oO§Oo

Sur les Champs de Cormallen, Haldir regardait sans cesse, depuis qu'ils s'étaient installés là, en direction de la Cité Blanche. Il n'arrivait pas à expliquer ce qu'il ressentait mais une sorte de voile c'était posé sur son cœur. Il aurait du ce réjouir de cette fin mais il n'y parvenait pas. Une main légère ce posa sur son épaule, tournant le regard, il vit à ces côtés Elinë.

Elle portait l'un de ces bras en écharpe et sa joue portait la trace d'une entaille, pas profonde mais suffisamment visible. Pas une parole ne fut échangée dans un premier temps mais quand elle tourna les yeux sur le visage d'Haldir, elle y lut une telle inquiétude qu'elle fit simplement :

« Que faites vous encore ici ? »

Surpris le capitaine lui lança un regard incertain.

« Mais… »

Il fut coupé par l'elfe :

« Elle est mal, très mal si ce n'est pire… Votre place n'est plus ici mais près d'elle. Vous vous devez d'être là bas, plus ici… Haldir, Gabrielle à besoin de votre présence à ces côtés. »

Leur regard s'accrochèrent et s'affrontèrent. Alors, très simplement, Haldir prit contre lui Elinë et la serra, en prenant garde de ne pas la blesser d'avantage. Quelques minutes plus tard, il était sur sa monture et après avoir chargé l'elfe d'expliquer son départ précipité il entraîna son cheval dans une course folle en direction de Minas Tirith. Elle le regarda partir, elle sentit ses yeux ce remplir de larmes et quand Legolas vint à ces côtés, elle se jeta dans ces bras en sanglotant :

« Je la sens presque plus… Elle s'éteint… Legolas, elle s'éteint ! »

L'elfe sylvain serra sa compagne dans ses bras, impuissant face à sa détresse. Que pouvait-il dire ? Tous étaient conscients de la situation, même si cette dernière était tue depuis ces deux derniers jours. Aragorn était sombre malgré la situation quand à Gandalf qui veillait les deux courageux hobbits il n'en pensait pas moins. Que s'était-il donc passer à la Cité Blanche ?

oO§Oo

Gabrielle ouvrit les yeux, elle ne connaissait pas l'endroit où elle était.

C'était différent de ces rêves, différents de ce qu'elle avait l'habitude de voir au travers ces visions. Elle se redressa et sentit une douleur au niveau de sa tête. Une migraine, encore.

Levant la main pour la porter à ces tempes, elle remarqua alors les manches blanches et évasées. Surprise, elle regarda le reste de son corps et découvrit qu'elle était totalement vêtue de blanc. Se relevant brusquement, oubliant de ce fait se migraine, elle put que constater : la robe était simple, pas serré à la taille par une quelconque ceinture comme elle en avait l'habitude. Relevant la tête elle regarda autour d'elle, l'endroit ressemblait à une clairière : des arbres, de l'herbe, un petit coin d'eau…

Faisant quelques pas, elle sentit sa tête lui tourner et c'est alors que deux bras l'enserrèrent par derrière.

« Doucement mon enfant… »

Surprise d'entendre cette voix, elle parvint à se défaire de cette emprise et se retourna. Là derrière elle se tenait quelques personnes, elles aussi de blanc vêtue. Les premières phrases qui sortirent de la bouche de Gabrielle furent :

« Je suis morte c'est cela ? »

Un rire raisonna alors dans la clairière alors qu'une autre personne qu'elle identifia sans mal s'avança :

« Oh que non, tu es entre deux mondes. Ta vie corporelle repose sur un petit évènement qu'aucuns d'entre nous n'avions prévu. »

Gabrielle resta un moment figée, alors que la personne s'approchait encore.

« Ma fille, laisse moi donc te présenter tes ancêtres… »

Il tendit une main vers elle, Gabrielle n'eut pas peur, bien au contraire. Elle attrapa cette main et fut présentée à son ascendance.

oO§Oo

Il fallut à Haldir deux autres jours pour rallier Minas Tirith, quand il y arriva, il vit que la cité se préparait au retour de son Roi. Il chevaucha sous les regards de la population, en direction du haut de la Cité. Quand il y parvint, il laissa son cheval au bon soin d'un des gardes et ce précipita vers ce qui avait été leur chambre à lui et Gabrielle. Il y entra précipitamment et là trouva la pièce vide. Un sentiment d'angoisse l'envahit alors qu'il cherchait dans la pièce une trace de vie. Il ne se rendit pas compte qu'on entra derrière lui et il se retourna brutalement quand une voix fit :

« Elle n'est plus ici depuis quelques temps. »

La silhouette de Faramir se dressa face à Haldir.

« Comment cela plus ici ? Où est-elle ? » La voix d'Haldir exprimait tout comme son visage une profonde angoisse. Le nouvel intendant soupira et répondit :

« Je vais vous menez à elle. La Demoiselle Gabrielle est aux Maisons de Guérisons depuis plus de quatre jours à présent.»

Les craintes d'Haldir se confirmaient. D'un geste, Faramir l'invita à le suivre ce qu'il fit avec empressement. Ils atteignirent le lieu où reposait Gabrielle assez rapidement. Là, Faramir fit entrer Haldir dans la chambre. Ce dernier resta figé quand il vit la pâleur mortelle du visage de son aimée. Eowyn se leva de sa chaise et Estebal qui était près de la fenêtre se retourna vivement. Le visage de l'elfe perdit toute expression, une larme coula le long de sa joue alors qu'il posait la question qui lui vrillait l'esprit :

« Suis-je arrivé trop tard ? »

Faramir qui s'était rapproché de la Princesse la prit contre lui, Estebal s'avança vers Haldir qui n'osait faire un pas de plus.

« Elle vit encore. Bien que son corps soit aussi pâle et aussi froid que si la vie l'avait quitté, son cœur bas encore faiblement, irrégulièrement… »

Haldir fit un pas vers le lit où reposait Gabrielle. Tout en marchant, il défit sa ceinture à laquelle pendait son épée, il la posa machinalement sur une chaise alors que lui prenait place sur le lit tout en saisissant délicatement une des mains froide de Gabrielle. Estebal se plaça en face et reprit dans un murmure :

« Seigneur, je suis désolé mais…

- Ne dites rien je vous prie… Souffla Haldir en portant à ces lèvres la main qu'il tenait dans la sienne.

- Seigneur je vous en pris…

- Non ! » Reprit Haldir alors que les larmes coulaient à présent librement sur ces joues.

Estebal leva les yeux sur Faramir en soupirant. Ce dernier comprit et la voix de l'intendant retentit alors dans la pièce :

« Seigneur Haldir, je ne peux pas vous dire que je comprend mais il faut que vous l'admettiez comme nous l'avons fait. Seigneur, il est fort probable que cette fois elle n'en revienne pas. »

Mais de nouveau ils durent faire face au refus net d'Haldir qui reprit d'une voix devenue froide et douloureuse :

« Non ! Jamais vous m'entendez ! Elle reviendra ! Elle est toujours revenue ! Toujours ! »

S'en fut trop pour Eowyn qui s'approcha alors, elle se plaça à genoux devant Haldir et posa ses mains sur ceux du capitaine :

« Elle était si fatiguée. Elle a fait face avec difficulté. Nous étions là, nous avons vu cette énergie, nous avons vu cette lumière la prendre. Seigneur Haldir, son corps est vidé, comme éteint. Sa flamme se consume et nous n'y pouvons rien. »

Haldir baissa les yeux sur elle, Eowyn eut mal de le voir ainsi, lui qui était si maître de ses émotions à l'ordinaire.

« Mais elle ne peut pas… Souffla t-il. Pas maintenant que tout est terminé, pas déjà alors que nous avons enfin la possibilité de vivre… »

Eowyn cligna des yeux, des larmes coulaient librement de ces joues.

« Préparez vous Seigneur… Préparez vous à lui faire vos adieux. »

La Princesse se releva, elle rejoignit les bras de Faramir qui sortit de la pièce sans un autre mot. Ils furent suivit par Estebal et ils laissèrent seul le Gardien et Gabrielle dont chacun redoutait le dernier souffle. Une fois seul, Haldir laissa libre court à ces larmes, il explosa littéralement en ce laissant tomber sur le corps de son aimée.

« Non Gabrielle ! Tu n'as pas le droit ! »

Il la souleva doucement et serra le frêle corps contre le sien.

« Gabrielle ! Pas déjà ! Pas maintenant alors qu'on a tout à construire ! Je t'en pris ! Fais un effort ! Fais un autre effort ! »

Mais ces appels restèrent vint, il le sentait bien. La respiration de Gabrielle était de plus en plus irrégulière

Le silence tomba sur la pièce juste entrecoupé par les sanglots d'Haldir qui tenait toujours contre lui le corps inerte de l'elfine, murmurant ces faibles paroles :

On peut se dire
Que l'irrémédiable
Avec le temps
Peut réunir l'oubli
Avec l'amour
Pour vous retenir

Juste laisser
Un peu d'espérance
A peine murmuré
Sous un silence

Mais il y a
L'inacceptable
Qui vient tout bousculer
Une erreur de là-haut
Qu'on a pas demandé
Mais il y a l'inacceptable
En plein vol, foudroyé
Et qui vient tout reprendre
Tout ce qu'on vous a donné
Et vous laisse
Comme une impression
Une impression d'inachevé

oO§Oo

Adossée à un arbre, Gabrielle regardait face à elle ses aïeux qui devisaient entre eux. Depuis qu'elle était là, elle avait appris à les connaître, apprenant ainsi au passage, l'histoire de sa famille et l'origine plus poussée de ces visions. Elle caressait rêveusement son ventre tout en les regardant.

« Tu sembles enfin sereine ma fille. » Fit Aradan en venant s'asseoir à ces côtés.

Gabrielle leva sur lui un regard enfin apaisé :

« Elles ne reviendront plus alors ? »

Son père hocha négativement la tête avec un sourire. Puis il vit le geste de sa fille :

« Habituée à cette idée ? »

A cette évocation, elle rougit et abaissa sur son ventre son regard.

« On a jamais parlé ensemble de fonder une famille…

- Et bien ma fille, il vous faut à présent assumer les conséquences de vos actes si je puis le dire ainsi. »

De nouveau il put voir son enfant prendre la teinte d'un joli coquelicot.

« Mais dit moi, tu t'en ai pas douté ? Il y a pourtant des symptômes qui ne passent pas inaperçu. »

Gabrielle leva ses yeux sur son père et vint se blottir dans ses bras.

« Disons que j'ai mis tout cela sur le compte de la fatigue lié aux derniers évènements. Pas une fois je me suis doutée que… Et puis tu sais, ce genre de choses, maman n'a guère eut le temps de m'en parler.»

Aradan passa une main dans les cheveux de sa fille alors qu'au loin des bruits de disputes s'élevèrent. Le père de Gabrielle soupira :

« C'n'est pas vrai… Voilà qu'ils remettent cela à présent ! Parfois je me demande comment l'un a pu engendrer l'autre ! »

Gabrielle eut un rire cristallin, celui qui le caractérisait tant quand elle était enfant.

« Papa ?

- Oui ma petite fleur ?

- Pourquoi maman n'est pas avec toi ? »

Aradan soupira :

« Ta mère n'est pas une héritière ma chérie, elle ne peut donc pas être là. Tu nous as invoqué nous, les héritiers, pas leurs époux où épouses.

- C'est donc à cause de moi que vous êtes ici ?

- Non, pas à cause ma belle, grâce plutôt… »

Gabrielle soupira, elle se sentit soudain lasse, très lasse, une vague de fatigue la submergea.

« Gabrielle ? »

Aradan avait sentit cette fatigue, il détacha sa fille de lui, son appel n'était pas passé inaperçu et les autres héritiers s'approchèrent. Ils n'eurent pas besoin d'explication, Gabrielle fut allongé, alors que son père lui tapota les joues.

« Gabrielle ! Gabrielle rouvre encore un peu les yeux… »

Elle bougea la tête et les rouvrit, ces prunelles émeraude rencontrèrent les iris de la même couleur de son père.

« Papa… Je suis si fatiguée… »

Aradan prit une des mains de sa fille alors qu'autour d'eux une sorte de cercle se fit :

« Oui. Ton enveloppe corporelle ne survit que grâce à l'énergie que t'insuffle la vie que tu portes. Gabrielle, il est temps que tu nous libères. »

Gabrielle gardait les yeux difficilement ouvert, elle réagit néanmoins :

« Que je vous libère ? »

Cette fois ce ne fut pas son père qui répondit mais une autre personne qui s'agenouilla :

« Gabrielle, c'est par ta volonté que nous nous sommes retrouvés près de toi, c'est par ta force que nous avons pu t'insufflé les images de notre passé. Il est temps à présent pour chacun d'entre nous de rejoindre nos mondes… Toi le tiens, et nous le notre. Tu nous emplis de fierté mais en restant ici, dans cet espace que ton esprit à crée, non seulement tu t'empêche de te réveillé, mais en plus tu nous retiens prisonnier. Hors, je suis persuadé que ce n'est pas ce que tu désires. »

Ils la virent fermé les yeux, pendant un bref instant, ils retinrent leur souffle. Quand elle les rouvrit, ils purent entendre :

« Mais je suis si bien ici, je suis si sereine, si… »

Elle ne put finir qu'un doigt, celui de son père vint se placer sur ces lèvres.

« Non Gabrielle, pour la Terre d Milieu, c'est une nouvelle ère qui s'annonce, pour toi c'est le début d'une nouvelle vie. Tu te dois de la vivre car tu n'es plus seule à présent. Tu as ta famille à construire, un bonheur à enfin vivre… Gaby… Plus les secondes passent et plus tu t'affaiblis ainsi que l'enfant que tu portes… Libère toi… Libère nous… »

Il se baissa et embrassa le front de sa fille avec toute la tendresse possible. Les yeux de Gabrielle étaient mi-clos et à la question muette qu'elle posa à son père il répondit :

« En le désirant tout simplement ma petite fleur. »

Elle les regarda une dernière fois. Tous lui sourirent. Elle put entendre :

« Tu es notre fierté Gabrielle, vit enfin pour toi. »

Elle ferma alors les yeux en désirant simplement qu'ils repartent de là où ils étaient venus. Elle les remercia de lui avoir permis tout cela, de lui avoir tout simplement donné la vie. Quand elle les rouvrit, ils n'étaient plus là, elle eut un pincement au cœur alors qu'une voix retentissait dans son esprit :

« Nous vivrons toujours en toi, nous faisons partit de toi. Je t'aime ma courageuse et téméraire petite fille. »

La voix de son père se tut. Gabrielle referma les yeux et là, elle désira simplement retourné près de celui qu'elle aimait.

oO§Oo

Haldir se tenait à présent à genoux au pied du lit de Gabrielle. Il avait allumé deux bougies qui se situaient des deux côtés du lit. Il tenait dans ses mains celle encore glacé de l'elfine et récitait des prières elfiques.

On peut se dire
Que l'inconcevable
Peut arriver
Un jour sans faire de bruit
Tout bouleverser
Sans vous prévenir

Même s'y attendre
Parce que quoi qu'on fasse
On sait le mur
Au bout de l'impasse

Mais il y a
L'inacceptable
Qui vient tout bousculer
Une erreur de là-haut
Qu'on a pas demandé
Mais il y a l'inacceptable
En plein vol, foudroyé
Et qui vient tout reprendre
Tout ce qu'on vous a donné
Et vous laisse
Comme un injustice
Une injustice inacceptable

Mais il y a l'inacceptable
En plein vol, foudroyé
Et qui vient tout reprendre
Tout ce qu'on vous a donné
Et vous laisse
Comme une impression
Une impression d'inachevé...

Il ne sentit pas la faible pression que la main de Gabrielle fit dans la sienne, perdu dans ces prières. Estebal entra dans la pièce, deux heures avaient passé depuis qu'ils avaient laissés seuls le gardien. Le guérisseur en s'approchant du lit, sentit rapidement qu'un changement était intervenu. Il se précipita de l'autre côté de la couche, alors qu'Haldir relevait la tête et les yeux sur lui. Il vit le guérisseur prendre l'autre main de Gabrielle.

« Par tous mes ancêtres! »

Haldir s'inquiéta vivement de ces paroles et se redressa.

« Quoi ? Que ce passe t-il ? »

Mais Estebal lui fit signe de ce taire. Il ausculta la jeune elfe, vérifia son pouls avant de relever les yeux et de dire :

« Vous n'avez pas sentit ?

- Quoi ? Sentir quoi ? S'emporta le gardien.

- La Chaleur Seigneur ! Son corps ce réchauffe ! Sa respiration est de nouveau normale ! »

Haldir ouvrit des yeux ronds avant de s'asseoir précipitamment sur le rebord du lit en prenant de nouveau la main de Gabrielle.

« Gabrielle ? Gabrielle tu m'entends ? »

Une faible pression dans sa main lui répondit, Estebal eut un sourire alors qu'il se précipitait au dehors afin de prévenir Eowyn et Faramir. De son côté, Haldir encourageait doucement son aimée à revenir.

« Tu m'entends enfin… Mais ouvre les yeux… Montre-moi tes beaux iris émeraude mon cœur. »

Il l'encouragea comme cela durant quelques minutes quand il vit enfin ces yeux papillonner, faiblement elle les entrouvrit et murmura d'une voix rauque :

« J'ai froid… »

A l'entente de cette voix tant aimé, Haldir perdit le peu de dignité qui lui restait et, la soulevant avec douceur, il la serra fortement contre lui.

Encore groggy, Gabrielle ne réagit pas immédiatement mais quand elle reconnut enfin l'odeur de celui qu'elle aimait, avec lenteur elle dégagea ses bras et à son tour avec ces maigres forces le serra de tout son cœur.

C'est ainsi que les trouva Estebal qui revenait en compagnie d'Eowyn et Faramir. Cette vision emplie de bonheur le couple qui s'étreignit à son tour. Estebal regarda ce tableau avec joie et doucement le couple laissa Haldir et Gabrielle, se promettant de revenir plus tard.

oO§Oo

Haldir regardait Gabrielle dormir. Estebal l'avait prévenu, elle risquerait de beaucoup sommeiller ces prochaines heures. Le guérisseur n'eut pas l'occasion d'ausculter Gabrielle plus que nécessaire, il remit alors au lendemain son rôle laissant le couple tranquille pour la soirée. Un repas fut apporté au Gardien, il sortait de la salle de bain quand il vit une des suivantes le déposer sur une des tables de chevet. Il la remercia en s'inclinant, elle ressortit rapidement. Il s'installa dans un des fauteuils et son regard se perdit dans la contemplation de son aimée. Il ne la laisserait plus jamais. A présent la guerre était terminée, ils allaient enfin pouvoir vivre heureux et bâtir une vie à deux. Une faible voix le sortit de ces pensées.

« Haldir ? »

Il se redressa et vit que Gabrielle était assise dans le lit, ses cheveux étaient un peu en bataille et son visage encore un peu pâle. Il vint se placer à ces côtés :

« Qui a-t-il mon cœur ? »

Gabrielle prit faiblement la main d'Haldir dans la sienne et murmura :

« J'ai faim… »

En entendant cette petite requête, il eut un sourire et répondit :

« Cela tombe bien, un repas vient d'être apporté. Attend, je vais te caler contre les oreillers tu serras mieux. »

Il retapa les oreillers et invita Gabrielle à s'y adosser, puis il prit le plateau qu'il posa sur une chaise qu'il avait approchée :

« Alors, nous avons là un peu de bouillon et des fruits en quantité suffisante, en prime, un pot de chantilly, je pense que cela doit aller avec les fraises. »

Gabrielle eut un petit sourire, elle essaya de prendre le bol que Haldir lui tendit mes ses mains tremblaient un peu. Alors, il prit une cuillère et entreprit de la faire manger.

« Tu nous as fait peur tu sais… »

Elle mangea avec appétit, soudain, elle le vit poser le bol et planter son regard dans le sien.

« Je t'avais demandé de ne plus jamais me faire cela… »

Il lui prit une des mains et la porta à ces lèvres.

« Ce n'était pas délibéré, je te le jure… » Fit elle d'une petite voix.

Elle ouvrit les bras et cette fois ce fut Haldir qui vint s'y blottir. Elle pue le sentir trembler contre elle et reprit doucement :

« Dois-je en déduire que mon cher Gardien tient à moi ? »

Elle se mit à caresser la chevelure blonde, il ne répondit pas immédiatement et la serra contre lui. Quand il se redressa, elle pue voir pour la première fois depuis qu'elle le connaissait, des larmes perler aux yeux d'Haldir. Une coula doucement le long de sa joue, Gabrielle leva la main et du pouce l'essuya.

« Gabrielle, je ne supporterai pas de te perdre tu m'entends ? J'ai vécu en l'espace de quatre jours les moments les plus horribles de toute mon existence. Je t'ai sentie partir, je t'ai vu allongée aussi pâle et froide que si tu étais morte. Gabrielle… »

Elle sentit toute la détresse et l'angoisse qu'il avait pu ressentir, elle rouvrit les bras et il s'y blottit de nouveau. Il posa contre son sein son visage et elle reprit :

« Je suis là maintenant, je ne partirai plus… Non… Il n'y a plus de raison à cela. Haldir… »

Elle redressa, prit son visage dans ses mains et le dévora des yeux. Ils restèrent ainsi un moment et ce fut elle qui s'approcha doucement et déposa sur ces lèvres les siennes. Le baiser fut doux, aimant et emplit de toute la tendresse possible. Il passa ses mains autour de sa taille et tout deux basculèrent sur les oreillers. Ils le rompirent quand ils furent à court d'oxygène. Ils se regardèrent et elle lui offrit le plus beau des sourires jamais faits.

« J'ai encore faim moi… » Murmura t'elle alors qu'il se redressait.

Elle le vit prendre les fraises et le petit bol de chantilly, il en trempa une à l'intérieur et la porta aux lèvres de Gabrielle, elle la croqua avec gourmandise. Puis se fut elle qui en prit une, la trempa et la porta aux lèvres d'Haldir. Ce petit manège continua jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de fraises mais encore de la chantilly. Elle fit alors quelque chose qui la surprit elle-même. Mettant un doigt dans la chantilly, elle le porta au nez d'Haldir et le barbouilla avec.

« Gabrielle ! » fit il amusé.

Mais elle ne répondit pas, s'approcha de lui et embrassa son nez afin de le débarrasser de la chantilly.

Il s'en suivit une véritable guerre de chantilly et de baiser.

oO§Oo

La nuit tomba, le calme régnait sur la Cité. Gabrielle ne dormait pas mais Haldir à ces côtés c'était laissé bercer par ces douces paroles. Elle se leva doucement en se détachant doucement de lui, un peu flageolant, elle passa un peignoir et se tenant aux murs, elle sortit de la pièce. Elle savait pertinemment où elle voulait aller, elle espérait juste pouvoir y parvenir sans finir par terre et que la personne qu'elle voulait voir était toujours éveillé. Elle arriva, après avoir eut un mal fou à monter les quelques marches, là elle frappa à la porte et attendit. Après quelques secondes, la porte s'ouvrit sur Estebal qui fut surpris de la voir là.

« Demoiselle Gabrielle ? Mais vous devriez être au repos ! »

Il la prit doucement par le bras et la fit entrer.

« Tout va bien ? Il y a un problème ? »

Elle se laissa asseoir sur un des fauteuils devant une cheminée. Estebal se plaça à ces côtés et attendit. Elle n'hésita pas un instant et fit :

« J'aimerai une confirmation, juste une confirmation… »

Le guérisseur ne fut pas trop surpris et l'observa :

« C'est avec plaisir que je le ferai Demoiselle. »

Il se leva, offrit son bras à Gabrielle et la mena dans une autre pièce. Ils y restèrent quelques minutes, quand ils en ressortirent, Estebal fit simplement :

« Je m'en suis douté. »

Gabrielle arriva derrière lui, serrant son peignoir contre elle, elle demanda :

« Et selon vous depuis combien de temps ? »

Estebal la fit s'asseoir et se plaça en face d'elle :

« Avec ce que vous m'avez dit, je dirai sept où huit semaines pas plus, mais Demoiselle… »

Elle releva les yeux sur lui, un regard vert, pétillant, heureux :

« Gabrielle, appelez moi simplement Gabrielle. »

Estebal sourit et reprit :

« Bien, Gabrielle, avec ce que vous venez de traverser, je veux que vous vous reposiez le plus souvent possible. Evitez le stress où tout évènement pouvant mettre votre santé où celle de ce petit être en danger. Je vous surveillerai si vous le désirez, jusqu'à ce qu'un de vos guérisseurs sans doute plus apte que moi ne vienne. »

Il pue la voir hocher la tête et sourire. Elle se leva et prit les mains d'Estebal.

« Vous êtes tout à fait apte, n'ayez aucune crainte pour cela. J'accepte que vous me suiviez, j'ai confiance en vous. »

Ce dernier s'inclina devant elle, et c'est sans un autre mot qu'elle quitta la pièce sous le regard amical du guérisseur. Elle rejoignit sa chambre, son pas était plus assuré, cependant elle n'avait aucune envie de dormir. Otant son peignoir, elle regarda Haldir profondément endormi, se plaçant en bout de lit, elle l'observa. Instinctivement sa main se porta sur son ventre, là où un petit être reposait, là où la vie grandissait. Cette vie qui l'avait protégé, cette vie qui l'avait ramené jusqu'à lui… Elle eut un soupir et alla s'asseoir dans un fauteuil, elle se mit alors à fredonner tout en regardant Haldir :

Il est celui que je voulais
Comme venu d'un long voyage
Il n'est vainqueur de personne
En tout cas, il a ce courage

De ne prétendre à rien
Que de me suivre où que j'aille
Avec mes peurs et mes failles
Quand je n'sais plus mon chemin

Il est celui que je voulais
Et dont je suivrai la trace
Il sait que ces bras me suffisent
Pour savoir où est ma place

Et trouver l'équilibre
Etre sereine quand il est là
A quoi sert d'être libre
Si ce n'est vivre que pour soi
A quoi sert d'être libre
Si ce n'est vivre que pour soi

Il est la force, il est le calme
Il est celui que j'attendais
Il est la main, il est l'épaule
Il est celui que je voulais
Que je voulais

Il est celui que je voulais
Comme tout au bout d'un long voyage
Après avoir tout traversé
Une île où l'on fait naufrage

Enfin se laisser aimer
Et faire un peu route ensemble
Sans qu'il demande en échange
Que je sois celle qu'il voulait

D'être la force, d'être le calme
ou d'être celle qu'il attendait
Il est la main, il est l'épaule
Il est celui que je voulais
Que je voulais
Que je voulais

Il est la force, il est le calme
Il est celui que j'attendais

Il est l'amour, il est la trace
Il est celui que je suivrai
Que je suivrai

Elle avait fermé les yeux, les images des moments passés à ces côtés lui revinrent en mémoire. Un sourire se dessina sur ces lèvres et elle les rouvrit :

« Je n'ai plus à le craindre… Je peux enfin vivre… Avec toi. »

Elle se releva et vint se recoucher. Là elle se plaça contre lui qui d'instinct la prit par la taille et la serra. Ils étaient face à face et alors qu'elle fermait les yeux, elle put entendre :

« Toi aussi, tu es celle que je voulais… »

Et tout deux se laissèrent aller au sommeil.

oO§Oo

Trois autres jours passèrent, Haldir et Gabrielle était tout le temps ensemble, elle avait quitté sa chambre très rapidement et reprenait des couleurs ainsi que des forces sous l'œil attendri d'Estebal mais aussi de Faramir et d'Eowyn. Pour le plus grand plaisir de Gabrielle, tout deux s'étaient déclarés et sur le visage de la princesse on pouvait enfin lire la sérénité et le bonheur qu'elle avait tant chercher.

Ce matin là, Gabrielle se tenait près de l'Arbre Blanc. Une sensation étrange la prit et alors que Faramir et Haldir descendaient les marches d'un escalier, ils la virent courir, ses cheveux aux vents et sa robe aux couleurs parme flotter autour d'elle. Ils n'eurent guère besoin d'en savoir plus, en effet, un des gardes de la cité vint près de Faramir en s'inclinant.

« Monseigneur… Le Cortège est là… »

L'intendant su alors ce qu'il devait faire, Haldir rejoignit Gabrielle, elle se situait sur l'un des murs et regardait en bas, il la prit par la taille alors qu'elle levait ses yeux d'un vert si éclatant sur lui :

« Regarde… Ils sont de retour. »

Il nota une note d'excitation dans sa voix, il la prit contre lui et elle refit :

« Le Roi est de retour ! »

Haldir eut à son tour un franc sourire. Derrière lui, on s'activait, en effet, Faramir sortait du sanctuaire où les anciens rois étaient enterrés. Il tenait en ces mains une casette. Il était suivit par Imrahil et d'autres personnes. Le cortège prit la direction de la cité.

« Veux tu que nous descendions les rejoindre ? »

Gabrielle secoua la tête et fit :

« Non… Attendons les ici… »

Ils restèrent là, au bout d'une bonne heure, ils purent entendre les exclamations monter de la ville. Gabrielle se tourna vers Haldir, ils échangèrent un regard emplit de signification, elle se détacha de lui et se mit à tourner sur elle-même sous le regard amusé d'Haldir :

« Le Gondor à son Roi et moi je suis libre ! Libre ! »

Elle s'arrêta et regarda Haldir en face d'elle :

« Et j'aime l'elfe le plus merveilleux qu'il existe sur cette Terre ! »

A cette déclaration, il se précipita vers elle, la prit dans ses bras et la fit tourner alors qu'un rire s'échappait de sa gorge :

« Je suis libre et j'aime l'elfe le plus merveilleux qu'il existe sur cette Terre ! »

Il la reposa au sol et l'embrassa avec amour et tendresse. Enlacés, ils regardèrent l'horizon, les bruits des chevaux s'accentuèrent ainsi que le bruit de la foule, bientôt, ils se retournèrent et virent le cortège que formaient les troupes. Ils virent la place se remplirent, les bruits augmenter.

Puis la foule se scinda, en premier, elle vit Legolas et Elinë, puis Gandalf en compagnie de Frodon et Sam, Gimli venait aussi et derrière lui Eomer et Pippin.

Les troupes des hommes étaient pour les valides fièrement dressé sur leurs montures. Les étendards du Gondor et du Rohan se mélangeaient. Et le silence se fit, Gabrielle et Haldir s'avancèrent se tenant par la main.

Personne n'avait encore vu le couple. Enfin elle le vit, fier et royal sur sa monture, à ses côté était Faramir portant le sceptre des intendants. Lui il portait la couronne des Rois.

Gabrielle lâcha la main d'Haldir et s'avança. La foule était muette, Aragorn descendit de sa monture et en se retournant il la vit. Son regard rencontra des yeux verts pétillant de bonheur et de vie, il fit un pas mais n'eut pas l'occasion d'en faire un autre car elle courut en sa direction. Ouvrant les bras, il la reçut et la fit tourner sur lui-même. Haldir s'était approché d'Elinë qui avait les larmes aux yeux.

« Vous l'avez ramené. Murmura t-elle.

- Non… Elle est revenue seule. »

Ils échangèrent un regard alors qu'Aragorn reposait Gabrielle. Il prit son visage dans ses mains et embrassa avec tendresse le front de l'elfine. Ils se regardèrent dans les yeux et elle fit :

« Alors toi aussi tu l'as accepté ? »

Il hocha la tête, elle se blottit contre lui et il répondit :

« Chacun son chemin… »

Elle se détacha de lui, lui offrit un doux sourire, le prit par la main et s'inclina :

« Roi Elessar. »

Il fut gêné surtout quand Haldir rejoignit Gabrielle à qui il prit la main et qu'à son tour il s'inclina.