CHAPITRE 58

OOC : Bonjour à tous. Voici un nouveau chapitre. Si vous voulez laisser un review, cela me fera toujours plaisir. Sinon, c'est comme vous voulez. Cela ne change rien pour moi.

Ce fut un coup à la porte de sa chambre qui le réveilla en pleine nuit. Allongé sur son lit, Kaon grimaça avant de se retourner en direction de la source du bruit.

« Qui est-ce ? »

Il n'obtint pas de réponse. Juste un autre coup frappé à la porte. Kaon soupira et réprima son irritation tandis qu'il se redressait pour se lever, donnant une légère caresse au turbofox alors qu'il se dirigeait à l'aveuglette pour ouvrir.

- Nickel ? s'étonna Kaon alors qu'il étouffait un baîllement à s'en décrocher la mâchoire.

- Il faut que je te parle, lui adressa la Minicon, le ton sérieux.

Kaon grogna.

- Cela ne peut pas attendre demain matin ? On est en pleine nuit. Et je suis lessivé à cause du nucléaire et de notre dernière traque.

- Non, ça ne peut pas attendre ! lui chuchota Nickel. C'est pour toutes les fois où vous m'avez réveillée au beau milieu de la nuit pour faire je ne sais quoi.

Et comme par hasard, c'était lui qui prenait.

Kaon croisa les bras sur son châssis, silencieux. De mauvaise grâce, il finit par lui demander :

- Bon. Qu'est-ce que tu veux savoir ?

- Le turbofox.

L'aveugle ne comprit pas.

- Quoi, le turbofox ?

- Tarn m'a dit qu'il ne s'agissait pas d'un véritable turbofox. Que son nom était Dominus Ambus et que ce n'était pas un animal, mais un Cybertronien comme vous.

L'atmosphère retomba.

Ah.

Donc, Nickel était au courant. Kaon n'aurait pas dû être surpris. C'était supposé arriver un jour tôt ou tard. Il était même surpris qu'elle ne l'ait pas appris plus tôt. Peut-être Tarn considérait-il que ce fût trop tôt, qu'elle n'était pas assez impliquée pour endurer de telles révélations.

- …Pourquoi tu ne le demandes pas à Tarn, justement ?

- C'est ton turbofox. Vos…enfin, le Vos actuel m'a dit que tu étais le seul qui se souciait de ce turbofox dans l'équipe. Que vous aviez un lien spécial.

C'était vrai.

- Tu es le mieux placé pour répondre à mes questions, compléta Nickel.

Oui.

L'argument était solide. Kaon s'accouda contre la porte.

Si elle voulait des réponses, qu'à cela ne tienne. Il ne faisait rien de mal, n'est-ce pas ?

- Dominus Ambus était—

- Ah non. Tu ne vas pas raconter ton récit dans l'entrebâillement d'une porte. Viens. On va ailleurs.

Si Kaon avait encore été en mesure de voir, et s'il avait encore conservé ses optiques, il les aurait levées au ciel.

- A vos ordres, chef. Viens, mon Sparkeater.

- Ouaf !

Le concerné se redressa et s'empressa de suivre son maître tandis que ce dernier fermait la porte et emboîta le pas de la Minicon jusqu'à la salle commune, tirant sur la laisse du turbofox qui le guidait.


Ils s'installèrent sur le canapé, avec chacun un cube d'energon à la main tandis que turbofox mâchouillait un tuyau aux pieds de l'aveugle.

Kaon se racla la gorge, cherchant ses mots pour commencer.

« Je suppose que…Tarn t'a dit que j'étais le second membre à avoir intégré la DJD ? Tarn en était le premier. »

Nickel but une gorgée avant de lui demander :

- C'est toi qui le connais depuis le plus longtemps ?

- Oui, acquiesça Kaon.

Il marqua un temps, avant de reprendre.

- Et avant d'intégrer la DJD, j'étais quelqu'un de curieux. J'adorais fouiller les lieux secrets. Un jour, je me suis malheureusement fait attraper et…cela m'a coûté ça, déclara Kaon en pointant les trous qu'il avait à la place des orbites.

Il sentit Nickel tressaillir.

- Tu voulais savoir comment c'était arrivé.

Après une hésitation, elle répondit :

- Je sais que…tu es un outlier. Ils t'ont arraché les optiques à cause de ta faculté, n'est-ce pas ?

- Plus ou moins. Disons que je m'étais aventuré dans un endroit que j'aurais dû quitter le plus rapidement possible. Mais ils m'ont capturé et je pense que…la haine qu'ils avaient à l'égard de personnes différentes était l'une des raisons de cette procédure. Heureusement, Tarn m'a secouru avant qu'ils ne m'achèvent définitivement.

Nickel reposa son cube d'energon.

- Mais…quel rapport avec Dominus Ambus ?

- Patience. Tu le sauras rapidement, ricana Kaon. Faut bien que je parle de moi aussi.

- Ok. Est-ce que tu vas faire comme cette série-là…je ne sais plus son nom. Celle où tu as un type qui raconte comment il a rencontré sa Conjunx et ça dure pendant dix saisons ? J'espère sincèrement que cela ne va pas durer autant.

- Tu veux des réponses ou pas ? grimaça Kaon.

Il devina qu'elle opina du chef.

- Bon. Alors, écoute. Parce que c'est important. Tout est important dans ce que je vais raconter.

- Cela a intérêt à être intéressant.

- Je pense que tu ne seras pas déçue.

Kaon toucha son cube du bout des doigts.

- Est-ce que tu connais déjà mon nom ? Mon véritable nom, je veux dire. Celui que j'étais avant de devenir Kaon ?

Nickel répondit par la négative.

- Alors, je vais te le révéler. Tu es membre de la DJD. Tu mérites de le savoir aussi.

- Trop d'honneur.

Kaon hésita.

Il confessa :

- Amp. Mon nom était autrefois Amp.

Le silence tomba. Il comprit qu'il avait toute l'attention de Nickel.

Lentement, distinctement, Kaon raconta.


Je sais que ma vie n'a pas commencé au moment où j'ai perdu mes optiques. Mais franchement, je peux te le dire. J'ai encore des images, des souvenirs qui sont enregistrés et gravés profondément dans mon processeur.

Mais je dois t'avouer…Je ne sais plus vraiment ce que cela fait, de voir. Quelle sensation on a. Ce que cela fait de percevoir des choses avec des optiques.

Donc…Je devrais commencer par le moment où Tarn m'a trouvé, la première fois.

A ce moment-là, j'avais un nom de code. Anarchus. Je préférais garder mon véritable nom secret pour éviter des représailles. Stupide. Mais bon. J'étais un outlier. La guerre commençait. J'étais déjà affilié aux Decepticons, mais sans plus. Sans porter la Cause sur les épaules.

« Anarchus…Comme Vos s'était fait appeler Cynicus ? » lui demanda Nickel.

Oui. On porte tous des noms différents à un moment donné dans notre existence mais…Tant qu'on n'oubliait pas notre nom d'origine, c'était l'essentiel.

Amp était devenu Anarchus. Et je m'étais fait capturer par ceux qui cachaient des secrets.

« Ton nom est Anarchus…mais ce n'est pas ton vrai nom, hein ? »

Je me souvenais avoir entendu des coups de feu, puis une porte qui s'ouvrait.

Enfin, la voix de Tarn.

Je me souviens des mots que je lui avais lancé :

- Vous avez échoué la torture et vous pensez sincèrement que feindre l'ignorance me fera baisser la garde ?

Oui, j'avais été agressif. Mais il faut se mettre à ma place. Je venais de subir des sévices assez importants.

Tarn avait été calme.

- Je ne suis pas de ceux qui t'ont amené ici.

Je me souviens avoir senti sa main sur ma joue. Sa manière de me rassurer, de me réconforter…

De me convaincre. De la manière dont il avait le secret et dont il a toujours le secret d'ailleurs.

- Je suis venu te faire sortir d'ici. Tu viendras avec moi ?

Je n'avais rien compris.

Je venais de me faire capturer et quelqu'un me sauvait presqu'immédiatement après. C'était trop beau pour être vrai.

Pourquoi devrais-je le croire ? Qui me dit que cet étrange inconnu allait me torturer plus que mes bourreaux ne l'avaient déjà fait ?

- L'endroit où tu étais retenu captif était une base secrète. Pas d'enregistrement. Tu t'es aventuré dans un endroit dangereux et tu as vu des choses que tu n'aurais pas dû voir. Des personnes malveillantes s'en sont donc prises à toi.

- Et tu penses que me libérer ne va pas attirer l'attention de « personnes malveillantes » ? avais-je craché tandis que les mechs sous son commandement me libéraient de mes chaînes.

Tarn n'avait pas cillé. Il n'avait pas levé ou abaissé la voix.

- Ce qu'ils t'ont fait subir est injuste. Mon…employeur et moi, on pense que la manière de combattre la corruption dans notre société est d'exposer les secrets que ceux au pouvoir gardent jalousement. On te voit comme celui qui pourra le faire.

Un silence était tombé entre eux.

Tarn avait attendu sa réponse. Je savais qu'il n'aurait pas apprécié un « non » comme réponse, quand bien même il venait tout juste de me sauver la vie.

Employeur…Corruption…

C'était secondaire pour moi. J'avais d'autres projets en tête. Surtout que maintenant, je ne voyais plus. J'étais en rage.

- Je ne m'arrêterais pas de fouiller, même si cela réflète une mauvaise image de toi, avais-je décidé avec une once de provocation.

- Je ne m'attendais pas moins de toi.

Puis, il m'avait tendu des armes.

- Tu auras besoin de ces objets si tu veux survivre la fois suivante.

Cela ne m'avait pas impressionné.

- L'information est mon arme de choix. Je m'en suis sorti durant la guerre de Lightbringer et le siège de Zabrek sans ces armes.

Lightbringer, Zabrek…Pour toi qui ne connais pas les détails de la guerre, Nickel, sache que ces épisodes n'étaient pas les plus importants. Zabrek avait été assiégée quand les Autobots étaient apparus et Lightbringer avait seulement duré une dizaine d'années.

J'étais arrogant. Mais je m'en sortirais très bien sans Tarn.

- Ce que tu verras par la suite risque de te faire changer d'avis, m'avait-il averti avant que nos chemins ne se séparent.

Ma position était ambigüe. Je n'avais pas accepté ni refusé sa proposition. Et lui ne m'avait pas demandé des explications.

Mais bon…A ce moment-là, mes intérêts personnels étaient prioritaires.


La raison pour laquelle je m'étais fait capturé avait été stupide. Tout cela pour mes notes sur une panne suite à une attaque à une ambassade à cause d'un détective privé ?

Qu'est-ce qui avait pu faire trembler le monde à ce point ?

Il était temps d'exposer mes geôliers. Encore plus depuis que le medic que je voyais m'avait prévenu que les dommages causés seraient irréparables.

Heureusement, j'avais tout enregistré.

J'étais prêt à les confronter.


Je les avais exposés.

Un par un.

Je leur posais les questions les plus sensibles. L'un d'eux m'avait menacé.

« Tu poses des questions que tu ne devrais pas poser ! »

Cette fois, je ne me laissais plus faire.

- Je me suis demandé combien de temps vous mettriez avant de sortir de l'ombre.

Le ton avait monté.

- Tu m'as attiré ici volontairement ? Même après qu'ils t'aient laissé partir après ta mystérieuse fuite ?

- J'ai appris tout ce que je pouvais d'eux par des questions innocentes. Là, c'est le prochain niveau.

Il avait serré les poings.

- Plus de question pour toi, reporter ! Toi en vie est devenu bien une nuisance pour mes employeurs. Vas-y. Transforme-toi en ton alt-mode. Je n'ai jamais tué une chaise avant !

Peut-être était-ce la raison pour laquelle Tarn m'avait choisi.

Pour mon mode…j'étais si fier.

- J'avais espéré te reconnaître afin que je puisse vraiment apprécier ce moment, avais-je lancé, mielleux. Mais après ce que j'ai appris sur tes employeurs…Je suis sûr que je vais avoir une certaine satisfaction à te tirer les réponses, quitte à faire mal.

Mais qu'à cela ne tienne.

Il souhaitait que je me transforme. Je me suis transformé.

A ce moment-là, mon mode était moins impressionnant que celui que j'ai actuellement. J'ai changé mes goûts au fur et à mesure de mes années à la DJD.

- Non. J'ai vu ta classification. Ton dossier. Ton mode est une chaise pour les interrogatoires ! Tu n'as aucun mode offensif !

J'avais ri.

Lui avait dégainé ses armes et avait pensé que cela serait suffisant.

- Seul un imbécile croirait les informations qu'ils ont obtenu de seconde main.

Je le savais. J'étais le spécialiste de l'information, pas cet imbécile qui se croyait meilleur parce qu'il m'avait torturé une fois.

- Cela ne te sauvera pas !

Il m'avait attaqué.

Je l'avais électrocuté avant même qu'il ne m'approche.

Puis, j'avais réussi à l'emprisonner dans la chaise « d'interrogatoire ».

Héhé. Une chaise d'interrogatoire bien électrifiée, très utile pour soutirer les informations. Il croirait vraiment que cela serait aussi simple ?

- Maintenant…et si on discutait un peu ?

Décharge après décharge, le type avait été si confiant au début…il avait fini par me supplier. Ils finissaient tous par me supplier, de toute façon.

- S'il te plaît…Arrête…

- Arrêter ? Exposer tes parties vitales était le début. Maintenant, tu connais ma réputation. Tu sais ce que je suis capable de faire.

Et j'avais enchaîné.

Les décharges étaient devenues plus intenses, plus meurtrières, visant les parties les plus douloureuses…

Il avait crié…Ses hurlements avaient été comme une musique à mes audios.

- S'il te plaît ! ARRETE ! JE DIRAIS TOUT CE QUE JE SAIS ?

Oh oui. Tu me diras tout.

Plus tard, quand j'avais rejoint le commandement de Tarn, j'avais fini par suivre son conseil.

- Je vais prendre ce fusil, maintenant.

Et Tarn ne m'avait pas dissuadé de faire autrement.

En effet, cela avait paru lui plaire que je choisisse de devenir plus meurtrier. Moins clément lorsque je cherchais à obtenir des informations.

Et j'y avais pris goût.

Car c'était la seule manière de survivre à l'époque.


Nickel demeura silencieuse.

Kaon comprit que cette première partie de l'histoire l'étonnait déjà.

« …Tu étais reporter ? »

Kaon ricana.

- Oui, je l'étais. Avant. Autrefois.

- Je ne t'imaginais pas comme tel.

- Oh, il y a plein de choses que tu ne sais pas de nous. Mais bon…On n'a pas tous commencé comme des militaires. Après tout, Megatron a rallié tout le monde. Peu importe leur classe, pour faire tomber le système, la corruption.

L'aveugle marqua une pause.

- Mais…tu vois maintenant pourquoi je suis en charge de la communication et de la maintenance de la Liste.

- Ouais…quoique la maintenance de la Liste…je ne vois pas le rapport.

- Puis-je continuer ?

Nickel lui donna son autorisation.

Trop aimable.


Mais au final, devenir plus brutal m'avait permis de pallier à la perte de mes optiques.

Je devais au moins cela à Tarn. C'était lui qui m'avait encouragé à l'être. Les ennemis me croyaient plus vulnérable car je ne les voyais plus.

Mais je les entendais.

Je pouvais les repérer…et je ne ratais jamais ma cible. J'arrivais toujours à les attacher sur ma chaise électrique et à entendre leurs hurlements.

Ce sont ces choses qui m'ont démarqué. Après, il y en avait d'autres, bien sûr. Mais ma ténacité à faire tomber les ennemis du Seigneur Megatron et à exposer leurs vices m'ont valu la place que je méritais. Quand la DJD a été créée pour la toute première et quand Megatron a nommé Tarn à la tête, ce dernier devait choisir quatre autres membres qui porteraient le nom des Cités qui sont tombées entre les mains des Decepticons. C'était lui qui choisissait et sa décision était validée par Megatron lui-même.

Donc…Telle fut ma surprise quand Tarn avait décidé que je porterais désormais le nom de « Kaon. »

Tarn…Kaon…Il fallait nous trouver un Helex, un Tesarus…

Et un Vos.

Les deux premiers avaient été choisis assez rapidement, environ quelques années après la création de la DJD. Mais le choix de Vos s'était fait attendre.

Ce n'est pas pour rien que Vos est le « titre maudit » de la DJD. Ce titre n'a apporté que des ennuis à celui qui le portait. Et je sais de quoi je parle. Tarn, Helex et Tesarus s'en étaient rendus compte eux-mêmes aussi.

C'était moi qui étais chargé d'évaluer les candidats au poste de « Vos ». Un peu un amalgame. Je me chargeais de la communication, donc j'étais chargé de la tâche de trier les CV et de faire passer les entretiens.

Ceux que j'avais rencontrés ne m'inspiraient pas vraiment une grande force. La perte d'un sens a fait redoubler les autres que je possède. Je savais quand un candidat se surestimait. Et quand je lui faisais passer l'épreuve qui aurait scellé ma décision de l'accepter ou non, ces derniers échouaient lamentablement à ce test.

Jusqu'au jour où je tombais sur le candidat idéal.

Son nom ? Dominus Ambus.

Je me souviens de l'entretien comme si c'était hier. Tarn était dans la même pièce. Je posais les questions. Tarn se contentait d'observer le candidat. Lui et Megatron auraient le dernier mot.

Un robot petit, de la taille du Vos actuel mais plutôt imposant pour ce qu'il était, sûr de lui, avec l'aura Decepticon que je sentais dès la première rencontre.

On s'était assis à la table, dans nos positions habituelles.

Et avant que je n'entame la première question, Dominus Ambus avait cité tout un paragraphe de « Vers la Paix ».

Sans aucune faute ou trou de mémoire.

Quand il eut fini, le silence était tombé. Je m'étais tourné vers Tarn, confus sur la conduite à adopter.

Inutile de dire que cela avait plu à notre leader, même s'il m'avait invité à poursuivre l'entretien.

- Impressionnant, avais-je sifflé. Vous êtes vraiment un fidèle…Vous avez lu « Vers la Paix » ?

- En entier, avait-il affirmé.

- Il n'y a que les vrais fidèles Decepticon qui le lisent. C'est une bonne chose.

J'avais un grand sourire.

Je savais déjà que cela serait lui, la future recrue.

- Vous savez que vous devriez renoncer à votre nom d'origine si vous devenez Vos ?

- Je sais. Mais je n'aime pas mon nom. Je ne l'ai jamais aimé.

- Ah oui ? Pourrais-je vous demander pourquoi ? lui avais-je susurré avec curiosité.

Dominus Ambus avait hésité.

Mais il en avait trop dit ou pas assez.

- J'ai un frère. Je souhaite m'en écarter.

- Hm. C'est une motivation valable. Mais…tuer, torturer des traîtres, vous serez en mesure d'accomplir ces missions ?

- Je peux en torturer un devant vous, si vous le souhaitez.

Je m'étais levé.

La suite de l'entretien serait composée de la partie la plus difficile.

L'épreuve.

- Nous allons voir cela.

J'avais reculé, ayant rassemblé mon électricité autour de moi.

- Si vous me surprenez, vous aurez réussi le test.

Tarn s'était contenté d'observer la scène.

Dominus Ambus s'était levé à son tour.

Cela avait signé le début du combat.

Je l'avais attaqué. Comme d'habitude, j'opérais la même méthode que pour exposer mes ennemis et les faire avouer. Ou bien…quand il s'agissait d'anéantir les traîtres.

Etrangement, Dominus Ambus avait esquivé mes jets. Il avait été sur le point d'utiliser le laser-gun qu'il avait gardé dans son châssis.

Je l'attendais avec plaisir…

Jusqu'à ce qu'il me surprenne. Qu'à la place d'utiliser son arme, il se transforma en un animal.

En turbofox.

Il me plaqua au sol et agrippa mes câbles à la gorge, prêt à les rompre.

Tarn avait seulement applaudi.

Il s'était avancé vers lui, fier et accueillant.

- « C'est à ce moment-là que je pourrais me défaire de mon fardeau, car j'en ai gagné le droit », avait cité Tarn.

Dominus Ambus et moi, nous nous étions relevés.

- Même si notre Sauveur aura le dernier mot…je pense que nous avons enfin trouvé le candidat digne de porter le nom de la dernière Cité Decepticon.

Il avait marqué une pause.

- Bienvenu dans l'équipe…Vos.


Oui…

Le Vos que j'avais connu serait à jamais le Vos de la DJD.

Dominus Ambus n'était plus. Dorénavant, Vos avait été introduit dans l'équipe.

Si cela n'avait pas été celui-là, je n'aurais vu aucun autre digne de porter le titre.

Donc…Cela m'avait ravi. Je l'admets. J'avais été ravi.

A la première traque qu'on avait partagé ensemble avec le nouveau membre, j'avais senti un certain…malaise de la part de mon nouveau camarade lorsque cela avait été à son tour de torturer le traître sur la Liste.

Je ne pouvais pas lui en vouloir. C'était comme ça, les premières fois. Je me souviens très bien de ma première torture. Je m'étais évanoui suite à une surcharge car j'avais trop usé ma faculté.

Autant réconforter un camarade en peine.

Et c'était une manière pour moi d'être aimable.

« C'est toujours comme ça, les premières fois. Tu vas t'habituer. »

Je l'avais senti distant…froid.

- Vraiment ? m'avait-il demandé. Ce n'est pas l'impression que j'ai.

- Tu as souhaité candidater à ce poste. Tu ferais mieux de t'y faire.

- C'était juste…

Vos avait secoué la tête.

- Rien. Oublie.

- Je trouve ça étonnant…que tu aies accepté aussi vite la proposition de Megatron de devenir membre de la DJD. Mais j'imagine que tu avais tes raisons.

Cela l'avait pris au dépourvu.

Peut-être qu'à l'époque, je croyais déjà que c'était trop beau pour être vrai.

Mais j'avais préféré ne pas y prêter attention. J'étais plus intéressé par notre nouveau collègue.

Je n'avais pas prêté attention aux signes.

Car tout avait eu l'odeur d'une répétition, d'un rôle qu'il jouait.

Mais…j'avais ignoré ces signes.

- Et ton Conjunx ?

- Mon Conjunx ?

- Tu n'avais pas mentionné avoir un Conjunx ? Où est-il ? Ou elle, selon ce que tu réponds.

« Il ».

Cela m'avait fait sourire malgré moi.

- Mais il est parti depuis longtemps.

Ce constat m'avait…réjoui.

- Cube d'energon ?

Vos avait accepté.


Contrairement à toi, Nickel, il n'avait pas mis longtemps à s'intégrer. Malgré son apparence austère et confiante et un peu trop professionnelle par moment…il s'était noué assez rapidement à moi et à mes camarades.

Ce fut tout aussi naturellement que j'avais proposé à Tarn de me porter volontaire pour le prendre sous mon aile.

Pour qu'on fasse équipe ensemble.

« Nous avons des capacités qui se complètent », avais-je argumenté. « Je pense qu'un travail en équipe ne serait que bénéfique. »

Surtout que c'était moi qui avais fait passer l'entretien.

Tarn avait acquiescé.

- Il est vrai qu'un travail en équipe est une bonne initiative.

- En effet.

- Mais Kaon…j'espère que ce n'est pas parce que tu as des vues sur lui.

J'avais protesté. J'étais outré par un tel procès d'intention.

- Pas du tout. Pourquoi ?

- Ton attitude, avait soupiré Tarn.

- C'est juste de la camaraderie.

- Je l'espère. Tu sais que les relations extra-professionnelles ne sont pas permises ici. Encore moins au sein de la même équipe. Vous l'avez tous accepté en signant.

Oui. Une des choses à laquelle on renonçait en entrant dans la DJD.

Mais pour moi, il n'y avait pas d'arrière-pensée. Je voulais seulement me trouver un ami en Vos.

Oui…il y avait Tarn, Helex et Tesarus…Mais Vos…il y avait toujours quelque chose qui m'avais fasciné.

De toute façon, Vos avait un Conjunx.

- Tu n'as rien à craindre, Tarn. C'est simplement de l'amitié, que je souhaite. Alors, c'est d'accord ?

Tarn avait simplement haussé les épaules.

- Si tel est ton choix, Kaon.


Notre travail d'équipe avait commencé plutôt vite.

Et comme je m'y attendais, nous étions plutôt performants ensemble. A mettre hors d'état de nuire les traîtres, à les faire tomber, à les assommer avant de les ranimer pour qu'ils soient pleinement conscients lors de leur exécution.

Et franchement…Vos faisait bien plus attention à ma vulnérabilité que mes autres camarades. C'était peut-être pour cela que cela a joué aussi.

« Arg ! »

Parfois, il m'arrivait d'oublier que je n'étais pas invincible. Notamment sur le champ de bataille. Tarn fermait les optiques à ce sujet, mais…les incidents arrivaient assez vite.

Vos m'aidait à me relever, à me conduire hors des zones dangereuses.

Comme cette fois-là, où le traître s'était placé en haut d'un bâtiment pour nous viser en sniper.

Un traître qui n'était pas assez important pour envoyer toute l'équipe, par contre.

- Franchement, tu n'as pas à me protéger ! avais-je craché à Vos. Je sais très bien m'en sortir. J'ai survécu à pire que ça.

Je détestais cette condescendance à cause d'un handicap.

Vos avait seulement haussé les épaules.

- Tu préférerais que je te laisse mourir ?

- Je suis là depuis bien plus longtemps que toi !

- Dis-toi que tu n'es plus comme un Cybertronien normal.

Je me souviens…cette phrase m'était restée en travers de la gorge.

Vos avait précisé.

- Tu n'es plus un Cybertronien normal. Tu es devenu quelqu'un dont on est terrifié parce que tu es membre de la DJD. Mais tu restes plus vulnérable que n'importe lequel d'entre nous.

- Je peux t'électrocuter pour te montrer que tu déblatères des stupidités, avais-je grogné.

Vos avait secoué la tête.

- Et que le traître s'échappe ?

- Mais pourquoi tu—

- Tarn encouragerait le travail en équipe. Il approuverait qu'on se soutienne mutuellement. Puisqu'on est en équipe, laisse-moi être tes optiques !

Et…cette phrase m'avait laissé sans voix.

Devenir mes optiques…

Je n'avais jamais envisagé les choses de cette façon.

Mais cette conversation n'avait pu être poursuivie.

Notre cible m'avait tiré dessus. Sans aucune hésitation, Vos m'avait empoigné pour me conduire hors d'atteinte du sniper.

- Laisse-moi ! La cible va s'échapper !

- On reviendra la traquer demain. Tu n'es pas en état.

Je m'étais débattu.

- Je n'ai jamais manqué une cible. Cela ne commencera pas maintenant. Tarn ne sera pas—

- Tarn n'est pas obligé de le savoir.

Je m'étais arrêté, méfiant.

- On reviendra demain. Il ne se cachera pas indéfiniment. Mais toi, si on perd celui qui porte le nom de Kaon, de quoi on aura l'air ?

Il avait un ton…

Un ton qui ne laissait place à aucune discussion.

Je me souviens. La première fois, cela m'avait procuré une sensation étrange. Je veux dire. La priorité avait toujours été de rayer les noms de la Liste.

Pas le bien-être d'un camarade.

Mais Vos…avait plus valorisé ma vie que la mission en elle-même.

Je me souviens…cela m'avait tellement sidéré que je n'avais plus aucun mot pour répondre. J'avais suivi Vos bêtement, hors du champ de bataille.


« Excellent travail d'équipe », nous avait congratulé Tarn dès notre rentrée de mission.

On avait rapporté la tête de ce traître et cela l'avait contenté. Mais il n'avait jamais su qu'on avait dû quitter le champ de bataille et revenir parce que j'avais été blessé.

Vos avait gardé le silence à ce sujet.

Cela avait été notre petit secret.

« Tu as une bonne plume », avait-il commenté une fois.

Cela m'avait surpris.

Il avait lu mes articles…mes anciens articles. Je les avais complètement effacés de ma mémoire depuis mon entrée dans la DJD.

J'avais presqu'oublié mon ancien métier en tant que reporter.

- Cela fait longtemps que je n'écris plus d'article.

- Tu devrais continuer, avait-il conseillé.

- De toute façon, mes articles étaient écrits pour dénoncer la corruption. Pas pour améliorer mon talent d'écriture.

Vos ne s'était pas démonté.

- Tu devrais persévérer. L'un n'empêche pas l'autre.

- Pff. C'est stupide. Je n'ai pas le temps pour ces stupidités.

- Tarn joue bien du violon. Tu peux très bien écrire pour passer le temps. Tarn ne nous l'a jamais interdit, n'est-ce pas ? D'avoir des hobbies ?

Non, en effet.

- Pff. Depuis le temps, j'ai sûrement dû oublier comment écrire un bon article.

- Cela ne s'oublie pas.

- Pff, si c'est pour te moquer de moi—

- Loin de moi cette idée.

- Bientôt, tu vas me conseiller d'écrire un roman.

Vos s'était contenté de me rendre le Pad contenant mon tout premier article en soupirant.

Quand je l'avais relu, je me suis dit combien j'avais eu honte de mes choix de mots à l'époque.

Une véritable horreur.

Mais peut-être que le commentaire de Vos m'avait donné des ailes.

Le soir même, un peu malgré moi, à l'abri des regards, j'écrivis sur un sujet bidon, juste histoire de vérifier que je n'avais pas perdu la main durant mon ancien travail.

Et au final…La preuve que non. Je n'avais pas perdu la main. C'était toujours comme autrefois.

Une sensation différente de celle des missions habituelles. Mais pas désagréable.


Au fur et à mesure du temps, le travail en équipe durant les missions était devenu une certaine routine.

Kaon et Vos. Tarn nous regroupait ensemble parce qu'il avait réalisé combien on était performants ensemble. Helex et Tesarus formaient l'autre groupe de travail.

Au final, avec du recul, ce n'est pas si différent d'aujourd'hui.

Enfin, à quelques exceptions près…Puisque le Vos actuel n'est pas le Vos que j'ai connu.

Vos…Le premier Vos avait tenu parole et était devenu mes optiques.

Il assurait mes arrières quand j'avais besoin de voir avec mes optiques.

« Arg ! »

Il se transformait en son mode turbofox pour plaquer nos ennemis à terre tandis que je les désarmais avec mon électricité.

Puis, la torture commençait. Chacun notre tour.

« Tu es un Sparkeater, Vos. Même si tu préfères mâchouiller le spark des traîtres. »

La routine.

« Avoue que tu as juste lu Vers la Paix pour pouvoir obtenir le poste. »

J'avais attendu qu'on soit seuls pour lui poser la question, taquin.

Vos avait haussé les épaules.

- Il faut le lire pour comprendre le courant Decepticon.

- Si cela peut te rassurer, l'avais-je rassuré, je l'ai lu une fois. Cela m'a suffi. C'est juste Tarn qui adore citer l'œuvre.

On avait ri ensemble.

- Cela reste entre nous.

- Dis donc. On partage de plus en plus de secrets.

Pas que cela me déplaisait…Au contraire.

- Tu serais libre, ce soir ? lui avais-je demandé, m'accoudant contre le mur pour lui faire face.

- Pour le karaoké d'Helex ? avait répondu Vos, pas franchement emballé par cette idée.

- Oh…Non. Quoique l'idée d'un duo de notre cru me tente. Non. Je parlais d'aller s'éclipser sur Cybertron. Tous les deux.

- Tu sais qu'on nous reconnaîtrait.

- On se déguise.

Vos avait hésité.

- Non…Je ne suis pas sûr.

- Oh, allez ! Rien de meilleur qu'une sortie clandestine pour former des liens de franche camaraderie.

Cela aurait dû lui mettre la puce à l'audio.

- Non…franchement, vraiment pas.

- Quoi ? Apeuré à l'idée que Tarn nous inflige des avertissements ? Je te protégerai.

Après multiples insistances, Vos avait fini par accepter. Mais à condition de se rendre dans un lieu qui ne soit pas trop connu du public.

J'avais cru au début que Vos n'avait pas souhaité se rendre à l'extérieur parce qu'on était membres de la DJD et qu'on se ferait repérer.

Mais en fait, la raison était toute autre.

En tout cas, le soir suivant, on était partis dans une décharge que Vos connaissait bien pour frapper et casser des choses diverses.

C'était un bon défouloir. A chaque objet qu'on cassait, on pensait à une personne en particulier.

- A cet enfoiré qui m'a retiré mes optiques ! Je ne sais plus son nom ! avais-je grondé en massacrant les verres d'energon vides.

- Désolé, avait déclaré Vos.

- Héhé ! Pas de mal. Cela fait longtemps que j'en ai fait le deuil. Si je ne m'étais pas fait capturé et torturé, je ne serais peut-être jamais devenu membre de la DJD.

Mais Vos n'avait jamais répondu.

Je m'étais redressé. Au début, j'ai cru qu'il avait quitté la décharge.

Mais non…Je sentais sa présence.

Mais en même temps…une autre présence, à l'opposé de la décharge, loin de nous.

Et j'avais senti une émotion étrange émaner de lui.

Un sentiment qui m'avait pris au dépourvu.

La terreur.

Mais la DJD…ne montrait jamais de peur. On instaurait la terreur. Mais l'inverse n'était pas vrai.

- Vos ?

Vos avait secoué la tête.

- On ferait mieux de rentrer.

- Tu es sûr ? On vient à peine de commencer à s'amuser.

- Si…Rentrons. S'il te plaît, Kaon.

J'avais cru qu'il avait vu quelqu'un qu'il connaissait.

J'aurais pu lui proposer de le descendre. Mais à la place, j'avais accepté et j'avais demandé une téléportation à Helex pour rentrer au Peaceful Tyranny.

Quand nous étions revenus à bord du vaisseau, Tarn nous avait fait la leçon pour être partis sans prévenir.

Moi…J'avais passé une bonne soirée. Mais cela n'avait peut-être pas été le cas pour Vos.

Non…Clairement pas. Cela m'avait déçu qu'il n'en profite pas comme moi, j'en avais profité.

Mais…encore une fois, je ne m'étais posé aucune question.


Cela avait duré quelques années, au moins.

Quelques années durant lesquelles j'avais fréquenté l'ancien Vos.

Au fur et à mesure, on s'était rapprochés. Et les sorties à deux le soir étaient devenues de plus en plus habituelles. On faisait le mur, complices comme des larrons, pour aller visiter les endroits reculés de Cybertron avant de revenir au vaisseau comme si de rien n'était.

Un soir, on était revenus d'un bar, un peu ivres par le haute-qualité qu'on avait ingéré.

« Héhé…tu vois. Personne ne nous a reconnus », avais-je gloussé en m'accrochant à lui.

J'avais entendu Vos rire.

- N'empêche, on ne te percevrait pas comme menaçant dans cet état.

- Oh, détrompe-toi ! Je suis tout ce qu'il y a de plus menaçant, avais-je hoqueté.

J'avais perdu l'équilibre. Encore une fois, Vos m'avait rattrapé.

Ce fut à ce moment-là que j'avais tenté ma chance.

Peut-être était-ce l'effet du haute-qualité…ou autre chose. Un sentiment qui était remonté à la surface et dont je n'avais pas conscience.

Un sentiment d'amitié profonde…

Oui.

C'était ce que je m'étais dit.

J'avais cherché son visage. J'avais cherché ses lèvres.

Vos m'avait repoussé.

- Héhé ! Qu'est-ce que tu me fais ? avais-je pouffé.

- Je ne peux pas, Kaon.

- Pourquoi ? Tu as encore peur de la réaction de Tarn ? Parce qu'il est contre les relations extraprofessionnelles ? Qui s'en moque ? On se cache quand on sort le soir.

Mais cela n'avait pas été la raison.

- Je ne peux pas. J'ai un Conjunx.

Cela ne m'avait pas arrêté.

- Il t'a laissé tomber. Il y a longtemps. Il ne reviendra pas. Passe à autre chose.

J'avais réessayé.

Vos m'avait encore repoussé.

- Mais quoi ? Je te prouve ma plus….sincère amitié ! avais-je presque crié, m'étant senti offensé par son rejet.

- J'aime déjà quelqu'un, Kaon.

Il avait marqué une pause.

- Et cela ne sera jamais toi.

J'étais vite revenu à la raison.

Autant te dire…que même un coup en plein visage m'aurait fait moins mal sur le moment.

Je m'étais séparé de lui.

- Kaon et Vos, avais-je grogné, vexé.

- Je suis désolé si tu as cru quelque chose…

- Kaon et Vos.

J'avais secoué la tête, sans trop y croire.

- Tu me déçois, Vos. Tu étais mes optiques. Franchement…tout ça pour un Conjunx qui t'a lâché…

J'avais toujours pensé que c'était de sa faute.

Il m'avait envoyé des signaux sans jamais les assumer.

A partir de là, mon duo avec lui était devenu strictement professionnel.

Plus de sortie, plus de confession autour d'un cube, plus d'attache émotionnelle…

Cela avait jeté un froid sur notre équipe. Sur le duo que nous formions dont j'étais si fier.

Même quand Vos répétait qu'il était mes optiques.

« Quelque chose s'est passé entre toi et Vos ? » m'avait demandé Tarn une fois.

J'avais répondu que non.

Je ne voyais pas l'intérêt de s'attarder sur quelqu'un qui ne le méritait pas…Même si c'était mon camarade et que je n'avais que souhaité prouver mon amitié, comme s'il s'agissait de quelque chose de normal.

Car pour moi, cela avait été normal.

Oui, j'étais fier.

Peut-être que…Je n'avais pas souhaité réaliser que ma fierté avait été blessée.


Nickel avait vidé son cube d'energon depuis longtemps.

Comme Kaon marqua une brève pause dans son récit, la Minicon en profita pour glisser un commentaire :

« Amitié, hein ? »

Kaon lui adressa une expression confuse.

- La manière dont tu m'en parles…J'ai l'impression qu'il n'y avait pas que de l'amitié entre vous deux. Enfin…pour toi.

- Si, c'était de l'amitié, insista l'aveugle.

- Tu te fiches de moi ? On n'embrasse pas ses amis. Moi, j'ai l'impression que tu t'étais entiché du précédent Vos.

L'aveugle inclina la tête sur le côté, pensif.

- Quelle est la différence ?

Nickel réprima un soupir. Elle jeta un coup d'œil au turbofox avant de poursuivre :

- Mais…qu'est-ce que cela a apporté ? Si ce turbofox est Dominus Ambus…S'il est le précédent Vos…pourquoi ne parle-t-il pas ? Pourquoi ne se transforme-t-il pas ?

- Quand je t'ai dit que c'était trop beau pour être vrai…Qu'il était le candidat un peu trop idéal. J'avais raison.

- Que s'est-il passé ?

Kaon posa son energon sur la table, croisant les jambes, les mains jointes.

- …On a découvert la vérité après.


Je revenais du domaine pour recueillir le nucléaire quand j'avais entendu des cris dans le couloir.

Au début, je croyais à une attaque. Je m'étais rendu à la source du bruit pour voir ce qu'il en était. J'y avais croisé Helex. Il paraissait furieux.

« Qu'est-ce qui se passe ? »

Helex m'avait adressé un long regard froid.

- Tu ne vas pas aimer cela.

- De quoi ?

- Ton chouchou…ton camarade, ton « ami »…Vos. Tu le chérissais tant.

- Et donc ? Abrège. Il lui est arrivé quelque chose ?

Malgré moi, j'avais ressenti une légère inquiétude.

- Au contraire…Figure-toi que ton camarade, tes « optiques »…on a découvert des puces de données dans ses quartiers, qui contenaient des renseignements sur nous. Sur tous les membres.

- Des renseignements ?

- Son nom de code. Agent 113. Tu as tout compris, Kaon.

Il avait marqué un temps.

- C'est un traître. Un espion qui s'est infiltré dans nos rangs.

J'avais ouvert la bouche.

Sur le coup, je n'avais pas les mots. Je ne savais pas quoi répondre à cela.

- Ah.

Quelque part, je n'aurais pas dû être surpris.

J'aurais dû le savoir. M'en douter.

La raison pour laquelle il n'avait pas souhaité sortir sur Cybertron…ses citations trop parfaites de « Vers la Paix »…

- Il est dans la salle de torture. On est en train de le faire avouer. On a besoin de toi.

- J'arrive.

Qu'aurais-je pu dire d'autre, de toute manière ?


Vos…Ou plutôt, Dominus Ambus, l'espion, l'agent infiltré dans nos rangs…avait déjà son pied broyé par le hachoir de Tesarus quand j'avais pénétré dans la salle de torture.

Je n'avais pas réagi en entendant ses cris de souffrance. Tarn s'était tourné vers moi.

« Helex t'a annoncé la nouvelle, je présume ? »

Au début, le ton de Tarn était calme mais froid. Mais je pense qu'il croyait au début, qu'en raison de notre travail en équipe, qu'en raison de notre lien fort, j'avais été au courant de ses plans.

Mais son doute avait rapidement été balayé. J'avais été aussi déconcerté que mes camarades.

Il avait reporté son attention sur Vos…enfin. L'espion.

« Encore une fois, je répète ma question : quelles informations as-tu fourni ? A qui les as-tu envoyées ? »

Son deuxième pied fut broyé.

Puis, Tarn m'avait ordonné de l'attacher à ma chaise.

Ce que je fis sans aucune hésitation.

Ses cris étaient devenus de plus en plus intenses au fur et à mesure des décharges que je lui infligeais. J'augmentais le nombre de volts, sa respiration devenait sifflante, ses membres tremblaient, convulsaient…

Pourtant, il n'avait jamais avoué.

« …Tarn. Je crois savoir comment il a pu avertir nos ennemis par le biais de ces puces de données. »

Quand ce fut au tour d'Helex de faire avouer Dominus Ambus, je m'étais approché pour examiner les puces en question.

Je me souvenais qu'outre sa transformation en turbofox, il utilisait un laser-gun spécial. En étudiant la puce puis le laser-gun, en la rangeant à l'intérieur, j'avais réalisé que les deux objets étaient compatibles.

Je l'avais pointé sur lui. Sur Dominus Ambus.

Pas pour lui tirer dessus pour le tuer.

Mais pour exposer ma théorie.

Je lui avais tiré dessus, sur l'insigne Decepticon qu'il portait. Plus ou moins fièrement.

Non…Cela devait être une disgrâce de le porter, pour lui.

J'avais compris.

« Il envoyait ses renseignements à nos ennemis de cette façon. Il profitait de batailles contre les Autobots pour leur fournir ces puces. »

Tarn avait ordonné à Helex de cesser la torture.

Helex l'avait relâché. Tarn avait posé les mains sur les hanches, dépité.

- Quand je pense qu'un espion s'est caché pendant si longtemps au sein de notre unité…au sein de la DJD. Et je n'ai pas été en mesure de m'en apercevoir.

- Qui sait ce qu'il a pu raconter à nos ennemis ? cracha Helex.

Tarn avait simplement soupiré.

- Enfermez-le ici. De toute façon, sans ses jambes, il n'ira pas loin.


Il nous fallait chercher une solution rapidement.

Il nous fallait trouver une punition à la hauteur d'un tel affront. Et Tarn avait décidé que la torture infligée aux traîtres était encore trop clémente et pas assez sévère.

Rappelle-toi, Nickel…Quand on avait voté pour décider du sort de ton amie…Borealis. Ce fut le même principe appliqué ici. Sans le vote.

Sans décider d'épargner Vos.

Parce que dans tous les cas, il y aurait une punition.

« On pourrait le traîner à travers les quartiers de Vos », avait plaisanté Tesarus. « On pourrait lui faire subir le châtiment de la Roue du traître en public. Ou user la Vierge de Fer qu'on a aux sous-sols. »

« Ou le clouer au mur la tête à l'envers », avait suggéré Helex à son tour. « On le scierait en deux. En longueur. Lentement.»

J'étais…resté silencieux.

- Hé bien, Kaon ? Qu'en penses-tu ?

Une part de moi était encore attachée à Vos.

Cela fut ma faiblesse. Mais je ne souhaitais pas le voir mort. Honnêtement, je le préférais vivant. Si ce n'était que pour mes bénéfices personnels…

- J'ai besoin de lui, avais-je déclaré.

Helex et Tesarus s'étaient emportés.

- Ne me dis pas que tu suggères de l'épargner ?

- Tu t'es amouraché d'un espion, Kaon ! Bon sang ! Même si tu es aveugle, ne le sois pas dans tous les sens du terme !

Tarn avait levé la main pour les calmer d'un geste.

- Justement…je suis aveugle. Et Vos est devenu mes optiques.

- Donc, tu suggères de lui arracher les optiques pour les utiliser ?

- Je te rappelle que je ne peux pas. C'est irréparable. Je resterai aveugle toute ma vie.

Notre leader avait été curieux.

- Que suggères-tu ?

Oui.

Je préférais que Vos soit vivant. Reste en vie.

Mais en même temps…je n'avais pas besoin de Vos dans son entièreté.

Un sourire sadique anima mes lèvres.

- Il deviendrait notre turbofox attitré. Autant garder son alt-mode pour terrifier nos ennemis.

- Tu conseilles la « domestication » ? avait compris Tarn, le ton enjoué.

- On raconterait à nos cibles qu'il s'agit d'un Sparkeater qu'on a partiellement modifié.

Etrangement, Tarn avait été emballé par l'idée.

Helex, beaucoup moins. Il aurait préféré voir le turbofox mourir. Tout comme Tesarus quoique dans une autre mesure.

- C'est une idée…

- C'est encore trop clément de le laisser en vie ! avait grogné Helex.

- Tu ne connais pas l'ironie, Helex.

Tarn avait croisé les bras, pensif.

- Autant qu'il soit utile. Personne ne quitte la DJD et…il peut rester ici. Et continuer à nous assister dans nos missions. Sans compter que Kaon a besoin d'un guide.

- On peut le faire, avait commenté Helex.

- Vous n'avez pas le lien qui unit un maître à son turbofox, Helex.

J'avais gagné.

Le ton de Tarn avait indiqué que je l'avais convaincu et qu'ils s'en tiendraient à mon idée.


Comme tu ne connais pas le principe de la domestication, Nickel…Permets-moi te la résumer.

Il s'agit en fait d'une torture médicale qui consiste à humilier un Transformer avec un mode animal. On lobotomise le sujet, on lui mutile sa boîte vocale et on endommage son T-cog afin qu'il ne puisse plus se retransformer en son mode habituel.

C'était plutôt poétique…

Un Transformer qui était mes optiques, devenir un chien d'aveugle.

Franchement…je doute que dans d'autres circonstances, on aurait laissé le traître s'en tirer aussi facilement. Il n'aurait même pas survécu sans ce mode.

Cela lui a sauvé la vie.

Et si cela me permettait de le garder en tant que partenaire…

Oui. Moi aussi, sa trahison m'avait fait sortir de mes gonds. Mais pas au point de le laisser être tué.

J'eus une dernière conversation avec Vos. Avant que la procédure ne soit effectuée. Bien sûr, il ignorait ce qui allait lui arriver.

Je m'étais rendu dans la salle de torture où Vos peinait à rester conscient suite aux sévices subis.

« Tarn a décidé d'être clément. Tu peux me remercier pour cela. »

Vos n'avait pas réagi.

J'avais souri. Demus, celui en charge de la procédure, arriverait le lendemain.

Cela serait une expérience très enrichissante à observer.

« Permets-moi juste de te poser une question…Vos. Enfin. Dominus Ambus. »

Vos avait grogné de dépit. Je m'étais abaissé à sa hauteur.

« Avoue que tu t'es attaché à nous. A moi, plutôt. Après de longues années…On est d'accord que toi et moi, nous avons formé un lien spécial. Une bonne équipe. »

Et cette équipe allait perdurer.

Vos m'avait craché à la figure, l'energon ayant couvert mon visage.

« Tout ce temps passé avec toi a été une torture suffisante en elle-même. Vous êtes des monstres sadiques qui me donnent envie de vomir. »

Cela ne m'avait pas fait mal.

« Et vous payerez…tous autant que vous êtes. »

Je m'étais relevé, hautain.

« Je ferais en sorte de retrouver ton Conjunx. Qui sait…Peut-être lui faire subir le même sort qu'on réserve pour toi. »

Vos avait tressailli.

Enfin une réaction. Pas celle que j'avais espéré…mais c'était mieux que rien.

« Tu me déçois, Vos. Mais cela ne fait rien. Je te pardonne. »

Après tout, Tarn les avait autorisés à rester ensemble.

« Tu sais que tu ne peux pas gagner. Que tu ne pourras jamais gagner. Personne n'a jamais réussi à nous faire tomber. »

J'avais marqué un temps avant de me diriger vers la salle de torture.

« …Mais même si on tombe un jour, tu ne seras plus là pour voir cela. »

Je n'avais besoin que d'un turbofox.

Pas de Vos en lui-même.

Non…juste un souvenir de lui.

J'avais quitté la salle de torture avec un sourire triomphant sur les lèvres.

Le lendemain, la procédure fut effectuée.

Personne n'était venu le sauver.

Je n'avais pas…ressenti grand-chose quand la domestication fut accomplie.


Etant donné que c'était moi qui avais eu l'idée, qui avais eu besoin de Dominus Ambus, Tarn m'avait confié la tâche de le domestiquer.

Et cela avait été une conséquence logique des choses.

Les premiers jours, le turbofox fut un peu difficile à apprivoiser. Les autres ne l'approchèrent pas. Mais moi…je venais lui apporter son energon tous les jours. Je le sortais tous les jours. Et il était autorisé à recharger dans ma chambre, aux pieds de mon lit.

Après tout, je ne lui désirais aucun mal particulier. Au contraire. Je n'avais que de l'affection pour ce turbofox.

Et il l'avait compris.

Ce fut tout naturellement que je devins son maître. Que je ne me séparais jamais de lui durant les batailles, durant les traques.

Surtout qu'il fut tout aussi performant, même plus.

Il ouvrait le châssis des traîtres pour mâchouiller leur spark, avec la plus grande férocité que Vos autrefois n'en aurait été capable.

« C'est bien, mon Sparkeater. »

A chaque fois, je le récompensais.

Oui…On l'appelait le « sparkeater », mais il préférait mâchouiller les sparks plutôt que de les manger. Mais cela n'aurait pas été aussi impressionnant.


Bien sûr…Au début, je crus bien gérer la situation.

Dominus Ambus était devenu le turbofox. Il n'obéissait qu'à moi. J'avais obtenu ce que j'avais désiré.

Vos était à moi…enfin, une partie de Vos était à moi.

Jusqu'à ce que la réalité me frappe.

Elle me frappa quand Tarn me présenta un jour le nouveau membre de la DJD.

« Voici Forestock. Tu te souviens de lui ? Varas. La prison où on a mené le raid, au début de la DJD. »

Le turbofox avait été à mes pieds, fixant la scène avec curiosité.

« …Je me suis permis de lui faire passer l'entretien moi-même. Ce sera lui qui portera le titre de Vos, dorénavant. »

J'avais observé le nouveau venu avec dédain.

Je ne comprenais pas mais…cela avait été comme un électrochoc, sans mauvais jeu de mot.

- Et comment savoir qu'il ne nous trahira pas aussi ?

- Kaon. Il s'agit du fusil-sniper que portait Megatron. Il a mené de nombreuses batailles avec Forestock à ses côtés. Aucune chance qu'il nous trahisse, m'avait rassuré Tarn.

Je m'en moquais.

- Enchanté, « Vos ». J'aimerais te souhaiter la bienvenue mais…je ne suis pas sûr que tu sois digne de mon temps.

Ce Vos n'avait pas réagi. Il avait gardé le silence, se laissant faire comme un faible.

L'ancien aurait répliqué.

- Il parle le Primal Vernacular, précisa Tarn, son ton devenant réprobateur.

- En plus, il est bête ? Il n'est pas capable d'apprendre le Néocybex ? On va devoir traduire tout ce qu'il dit ?

Tarn en avait eu assez et m'avait empoigné par le bras et m'avait tiré hors de la salle pour me prendre à part, le turbofox sur les talons.

- Qu'est-ce que c'est que cette attitude ?

- Je trouve que c'est un peu tôt d'envisager un remplaçant à un camarade qu'on a perdu.

Tarn avait secoué la tête.

- Ton turbofox est encore là. C'est toi qui l'as voulu. J'ai été indulgent, je te l'ai donné. Et franchement, le deuil pour le compte d'un espion ne vaut pas grand-chose à côté d'une Cause à mener.

- Ce nouveau Vos n'a pas le même gabarit que l'ancien.

- Peu importe. Le sujet est qu'il soit efficace. Et de quoi te plains-tu ? Tu as ton turbofox ! Alors, cesse immédiatement cette attitude.

Ce fut là que j'étais devenu hystérique.

- Ce n'est plus Vos ! Ce n'est qu'un turbofox ! Mon turbofox ! Donc, oui je considère qu'on devrait pleurer la perte d'un camarade. Espion ou pas, on l'a fréquenté tous les jours !

Je crois que ma déclaration avait surpris Tarn.

Moi aussi, je m'étais surpris moi-même.

J'avais couvert mon visage d'une main pour me calmer.

- Tu peux au moins m'accorder cela, avant de penser à le remplacer.

- Viens par-là, Kaon.

Comme à chaque fois que je perdais mes repères, Tarn m'enlaçait pour me réconforter et m'inviter à me calmer.

Je me laissais faire. J'en avais besoin.

- Je te laisse le temps de…pleurer ton camarade autant que tu le souhaiteras. Mais j'espère que cela ne sera pas excessif. On a besoin de toi pour la Cause. Et on a besoin d'un « Vos » à la tête de notre équipe. Laisse-lui au moins sa chance.

- Ce ne sera jamais Vos. Pas le mien, en tout cas.

- Tu l'appelleras comme tel.

Il s'était détaché de moi, m'ayant pris doucement le menton pour me forcer à lui porter toute mon attention.

- N'oublie jamais ce qui est vraiment en jeu. Et la compassion pour un espion ? Cela n'a pas sa place ici.

- Je sais, Tarn.

- Alors, reprends-toi, Kaon.

Tarn m'avait relâché. Avant de rejoindre notre nouveau camarade, il m'avait conseillé, le ton plus léger :

- Tu devrais réécrire…Cela te viderait la tête. Comme autrefois.

J'avais été tellement tétanisé que je n'avais pas su quoi répondre.


Kaon ne parlait plus.

La Minicon face à lui ne sut pas comment réagir face à ce récit. Mais elle comprit qu'il en avait terminé. Qu'il n'y avait plus rien à dire.

Le turbofox étouffa un bâillement et Kaon se baissa pour lui caresser la tête.

« …Trop violent pour toi ? » l'interrogea-t-il.

Nickel secoua la tête, après une brève hésitation.

- Non…Je n'aurais juste pas imaginé que le turbofox de l'équipe soit…un ancien espion qu'on a lobotomisé.

- Peut-être aurais-je dû laisser Tarn te raconter l'histoire.

- Non…Je veux dire. Je te comprends.

Elle haussa les épaules, apathique face à ce qu'elle venait d'entendre.

- Il était un espion qui aurait pu vous causer un important préjudice et tu lui as sauvé la vie grâce à votre lien. Vous auriez pu le tuer…mais c'était peut-être la meilleure façon de faire, surtout si tu avais besoin de quelqu'un qui servirait comme tes optiques.

Kaon sourit.

- Je suis ravi que tu le prennes comme ça.

- Mais…tu ne le considères plus du tout comme Vos ? Enfin…ton « Vos » ?

L'aveugle lui fit un geste d'ignorance.

- Disons que…pour moi, mon camarade est vraiment mort. Je me suis habitué au Vos actuel et ce turbofox…est juste un turbofox. Le mien. Et je préfère le voir comme tel dorénavant et croire au fait qu'il s'agit d'un Sparkeater qu'on a maîtrisé.

- Et…il souffre ?

- …S'il souffre, je le saurais.

Kaon se leva, sifflant son turbofox. Ce dernier se dépêcha de le conduire vers la porte pour quitter la salle commune.

- Tu n'as pas d'autres questions ?

- Non, admit Nickel, le ton sombre.

- Garde cette histoire pour toi. Officiellement, il reste un sparkeater. On préfère conserver la version comme telle.

Kaon se laissa porter par le turbofox.

- Kaon.

- Hm ?

- Franchement, la prochaine fois, évite de demander à quelqu'un de devenir ton ami et va à l'essentiel directement. Cela t'évitera ce genre de mésaventure.

- Mais je considérais mon Vos comme un ami.

- Si tu le dis. Bonne nuit, Kaon, lui souhaita Nickel.

- Bonne nuit, Nickel.

Même s'il n'avait plus envie de recharger, maintenant qu'il était bel et bien éveillé. Se ressasser ces souvenirs…

C'était une sensation qui lui paraissait vraiment lointaine.

Et il conservait encore les mêmes sentiments qu'à l'époque où il les avait expérimentés la première fois.

Alors qu'il se rendait à sa chambre, il croisa le Vos actuel dans le couloir.

Il lui souhaita bonsoir en Primal d'un ton nonchalant avant de continuer sa route. Kaon se retourna vers lui et demeura jusqu'à ce que Vos ait quitté le couloir.

Oui, ils s'entendaient mieux qu'avant mais…

Kaon soupira, amer avant d'ouvrir la porte pour rentrer dans sa chambre.

Le turbofox sauta sur son lit et se roula en boule, prêt à recharger. Kaon se contenta de s'asseoir à son bureau, pensif.

Il avait envie de le faire…Mais…

Est-ce que cela ne raviverait pas d'autres souvenirs qu'il préférait oublier ?

Après tout, il en avait été si fier…

Kaon finit par allumer un Pad.

Il ouvrit l'application.

Et, sans savoir où son processeur se dirigeait, il se mit à écrire comme autrefois.