Chapitre 58: Dos au mur.
La confusion régnait en maître dans le bâtiment où pas une seule personne ne restait en place. Les rebelles se faisaient courir après par les policiers et inversement les sabres s'entrechoquaient et le mobilier jeté ça et là pour blesser.
Et plus les secondes passaient, plus Hijikata sentait que la situation leur échappait : ils étaient tous bloqués à devoir se battre, et ne pouvaient pas progresser plus loin dans le bâtiment. Presque comme si…
Hijikata repoussa un nouvel assaillant, sabre contre sabre, et lui asséna un coup à l'épaule avant de le pousser au sol.
Ça n'en finissait pas. Depuis la minute où ils étaient entrés dans le bâtiment, les ennemis arrivaient en continu. Il voyait bien, dans sa vision périphérique, que ses subordonnés avaient également du mal à tenir leurs positions.
Il jeta un œil vers les autres portes de la grande salle donnant sur le reste du bâtiment.
Des hommes semblaient se tenir dans les encadrures pour empêcher tout passage de la police. Ce qui fit grimacer Hijikata. On tentait bien de les retenir ici, après tout.
Et si on les empêchait d'avancer, c'était forcément parce qu'il y avait quelque chose à protéger derrière.
Transpirant énormément, à cause de l'effort continu mais aussi de ses blessures qui faisaient toujours aussi mal, il scanna rapidement des yeux la pièce. Il cherchait quelqu'un qui soit assez proche ou assez fort pour se frayer un chemin hors de la grande salle. Mais tous les hommes du Shinsengumi étaient trop immergés dans leur propre combat pour s'occuper de ce qui se passait autour d'eux.
Une force de frappe… Il lui fallait quelqu'un de fort.
Puis, réalisant ce qu'il venait de penser, il chercha des yeux une Amanto connue pour avoir une force surhumaine. Et comme il le pensait, Kagura ne ménageait personne et distribuait de grands coups d'ombrelle à des hommes se retrouvant projetés en l'air.
« Oi! Fille des Yorozuya ! » Hurla Hijikata depuis l'autre bout de la pièce.
À peine avait-il crié que deux hommes s'étaient rués sur lui et tentaient de le trancher à tour de rôle. Les mouvements excessifs sollicitant trop ses blessures, la sueur sur son front augmentait. Mais il n'avait pas vraiment le choix ici. Il fallait que quelqu'un arrive à passer, coûte que coûte.
Au son de sa voix, la jeune fille avait envoyer valser un autre type balèze en l'encastrant contre un mur. Puis, elle avait tourné la tête vers lui, attendant de voir pourquoi le Vice-Commandant l'avait interpellée.
« Vas-y et choppe-nous leur tête ! Nous on les retient ici ! » Continua Hijikata, parant de justement un coup porté vers son torse.
La jeune fille sembla prendre une ou deux secondes pour enregistrer ce que l'homme lui avait dit, puis le regard s'illuminant, elle lui répondit.
« Compris TOSHI ! » Cria-t-elle en retour, avant de se frayer un chemin dans la bataille généralisée qui avait lieu, comme si de rien n'était.
Elle poussa au passage plusieurs rebelles, et ce, sans aucune forme de délicatesse ni de retenue.
Comme si elle courait entre les herbes hautes, hein ? Pensa Hijikata en réprimant un sourire.
Elle avançait aussi facilement que cela. Il avait fait le bon choix, et pour sûr, elle était déjà en dehors de la pièce en deux ou trois coups bien placés.
Il repoussa un nouvel assaillant qu'il trancha en plein torse d'une longue estafilade rouge.
Dirigeant son regard vers l'autre côté de la pièce, il vit que l'autre gamin des Yorozuya avait assommé plusieurs ennemis autour de lui et que ces derniers se retrouvaient menottés par d'autres agents de la police spéciale. Pas mal.
À croire que le permanenté les avait vraiment formés, et pas juste entraînés à semer le chaos comme il aimait tant le faire. Il réprima un frisson rien qu'à l'idée de devoir endurer les idioties que ces trois pouvaient créer en étant ensemble.
Il eut un léger sourire amer. Malgré lui, il espérait tout de même que ces trois-là allaient de nouveau pouvoir être ensemble. Même avec tous les soucis et la pagaille qu'ils pouvaient semer dans leur sillage. Les voir séparés ainsi avait été bien plus que déstabilisant. C'était si… Peu naturel… Pour ce qu'il en savait, leurs liens étaient aussi étroits que ceux l'unissant lui-même à Kondo-san, et à l'insupportable Sougo. C'était comme ça, et pas autrement.
Alors au fonds de lui-même, il espérait que toute cette histoire serait bientôt finie. Et qu'elle se finisse bien.
Il esquiva à nouveau une attaque, et serrant les dents pour encaisser la douleur qui s'amplifiait dans son corps, entailla le bras de l'infortuné terroriste lui faisant relâcher son sabre.
Quelques minutes passèrent le temps que l'agitation commence à retomber. Mais déjà quelques minutes de trop. La jeune fille des Yorozuya avait beau être balèze, ce n'était pas sûr de la laisser agir seule.
Jetant un regard en coin à Shinpachi, le Vice-Commandant démoniaque cria de sa voix grondante comme le tonnerre.
« Que la moitié des hommes me suivent ! Les autres, embarquez-moi ces vauriens ! »
Aussitôt, il se précipita dans un des couloirs, suivi de très près par Shinpachi, et juste encore un peu après, par une dizaine d'hommes en uniforme, sabre en main.
Il fallait trouver où la jeune fille avait bien pu aller, tout en faisant attention aux potentielles embuscades depuis les pièces de chaque côté. Et comme pour répondre à leur interrogation, un énorme fracas retentit. Comme si quelque chose en métal avait été démoli.
Et face à un bruit pareil, il n'y avait qu'une seule réponse possible : Kagura.
Tournant au niveau d'une cage d'escalier, le groupe toujours compact arriva au début d'un long couloir, pour voir tout au bout une pièce ouverte où se tenait la jeune fille rousse.
« En avant ! » Ordonna Hijikata pour motiver les troupes.
Il semblait que la jeune fille avait de la compagnie, mais Hijikata n'arrivait pas à voir depuis là où il se trouvait qui pouvait bien lui faire face. Mais la tête pensante du Shinsengumi avait également rapidement remarqué quelque chose d'étrange : la jeune fille était légèrement penchée en avant, comme si quelque chose l'affectait.
Tch.
C'était mauvais signe, s'il ne croyait la désagréable sensation dans ses tripes. Sensation qui lui disait d'accélérer la cadence.
«N'APPROCHEZ PAS ! » Retentit la voix de Kagura depuis l'autre bout du couloir.
Un ordre donné avec tellement de force que le petit groupe s'arrêta soudainement, sous la stupeur.
Pour voir quelques secondes après avec effroi, que la jeune fille semblait les viser de son ombrelle. Mais encore après, le canon de son ombrelle se souleva un peu plus, et le chambranle de la porte vola en éclats. Elle mitraillait littéralement le bâtiment, ce qui ne manqua pas de surprendre encore plus le petit groupe, qui fit quelques pas en arrière sous le coup de la surprise.
« Qu'est-ce que ?! » S'exclama Hijikata.
Il n'eut pas le temps d'en dire plus, que le bâtiment s'écroula, condamnant la pièce où se trouvait la jeune fille.
« Kagura-chan ! » Hurla Shinpachi, mort d'inquiétude.
Un cri lancé dans le vie, car personne ne lui répondit. Quant à Hijikata, ses neurones fonctionnaient à pleine vitesse, essayant d'analyser ce qui venait de se passer, ainsi qu'une façon de remédier à la situation dans laquelle ils se trouvaient.
Vite. Elle est visiblement affectée par quelque chose Mais elle a voulu nous empêcher d'avancer. Danger ? Danger pour nous ? Et c'était quoi cette hésitation ?
Il pensait très rapidement, revoyant aussi vite que possible dans sa tête ce qui venait de se passer. Son avertissement pour les empêcher d'approcher. Sa silhouette penchée en avant, comme si elle ressentait une douleur. Et son imprécision à viser.
Il le savait parfaitement. Il l'avait suffisamment observée, pour savoir que la jeune fille ne ratait que très rarement sa cible. Même sous la pression. Il savait aussi qu'elle n'était pas du genre à agir sans raison dans les situations graves.
Et il en vint à une seule conclusion : Ce qui se passait devant eux était très dangereux. Et la jeune fille était en danger. Peut-être même qu'elle était blessée.
Il n'y avait plus à hésiter, il fallait lui venir en aide le plus rapidement possible. Et pour ça, il fallait la rejoindre au plus vite.
« Faisons le tour ! Chacun de notre côté, on les prends en tenaille ! » Ordonna-t-il.
Aussitôt, le petit groupe se scinda en deux, Hijikata, Shinpachi et 4 policiers partant sur la gauche, tandis que le reste des hommes partit sur la droite.
« Kagura-chan ! On arrive ! » Cria à nouveau Shinpachi.
Cri qui fut interrompu par un bruit de mitraillette, suivi d'une explosion qui secoua tout le bâtiment, figeant sur place toutes les personnes encore en vie à l'intérieur.
« !? »
Shinpachi et Hijikata, arrêtés dans leur élan, se regardèrent, et n'eurent pas le temps de se demander à voix haute ce qui pouvait bien se passer, qu'ils se retrouvèrent soudainement trempés de la tête aux pieds.
Les asperseurs anti-incendie situés au plafond venaient de se déclencher dans tout le bâtiment, rendant le sol glissant et l'air froid. Comme s'il pleuvait averse à l'intérieur.
Les deux hommes se lancèrent un regard, avant de partir tous les deux à la suite des autres agents du Shinsengumi qui ne s'étaient pas arrêtés et les avaient dépassés.
Pourquoi est-ce qu'elle a fait ça ? Pensa Hijikata.
Son odorat lui disait qu'il n'y avait pas de feu. Ce n'était donc pas pour éteindre un incendie, et même si c'était le cas, elle n'aurait sûrement pas perdu inutilement du temps à faire ça, alors qu'elle avait visiblement des ennemis en face d'elle. Ce n'était pas donc uniquement une action soudaine, mais aussi une action nécessaire. C'était quelque chose qu'elle avait dû faire.
Elle était en danger, et les avait empêchés d'approcher pour qu'ils ne se mettent eux mêmes en danger. Il en était persuadé. Mais si elle avait eu besoin de déclencher une « pluie » à l'intérieur du bâtiment, il n'y avait qu'une solution possible : du gaz.
Il avait vraiment été idiot de penser que tout se passerait bien parce que les engins explosifs et piégés avaient été désamorcés partout en ville. Il aurait dû se douter que ces types auraient encore des réserves de produit. Ce qui voulait dire qu'ils avaient sûrement utilisé ce poison, dans cette pièce, avec la jeune Yorozuya.
Il se mordit violemment les lèvres. Quel piteux stratège il faisait.
« J'ai vraiment un mauvais pressentiment », lâcha-t-il entre ses dents serrées, alors qu'il continuait à courir côte-à-côte avec le jeune Yorozuya à lunettes.
Il était probablement le seul a avoir compris tout ce qui venait de se passer, et il n'avait pas le temps d'expliquer tout cela à voix haute. Alors tout ce qu'il pouvait faire, c'était s'assurer que le groupe restait bien compacte.
Et quelques secondes plus tard, ils avaient enfin fait le tour de la structure, rejoignant tous les deux le reste des policiers qui étaient déjà arrivés devant la porte. Des policiers qui restaient figés, et n'osaient pas approcher, malgré une porte grande ouverte, et la lumière provenant de la pièce éclairant leurs visages restés dans le couloir un peu plus sombre.
Il avait vraiment, vraiment un mauvais pressentiment.
Serrant Muramasha dans sa main, il s'avança pour se placer entre ses hommes et la porte, et voir enfin pourquoi ils n'osaient pas avancer. Shinpachi en fit de même. Et le visage du jeune homme pâlit d'effroi.
Hijikata, lui, se mordit la lèvre tellement fort qu'il saigna. Merde. Putain de merde.
En face d'eux, se tenait avec un pistolet à la main l'homme le plus recherché de toute la Terre, Takasugi Shinsuke ainsi qu'un autre homme inconnu. Il devait probablement s'agir de Kin'iemon Oda, vu l'aura que dégageait l'homme en question. Et à leurs pieds, allongée au sol et inerte… Kagura.
« K…. Kagura-chan ! » Cria Shinpachi, enfin sorti de son état de choc.
Takasugi ne répondit rien, son pistolet braqué vers la tête de la jeune fille.
« Oi… Qu'est-ce que vous lui avez fait ? » Parvint enfin à articuler Hijikata, dont le sang commençait à bouillonner.
« Ça se voit pas ? C'est notre otage ! » S'exclama alors avec un sourire mesquin Oda.
Il semblait fier de son accomplissement, mais se tut immédiatement après que Takasugi lui ait jeté un regard froid et sans émotion.
Cet homme était terrifiant, même pour ceux de son camp.
Et comme si ça ne suffisait pas, Hijikata entendit sur sa gauche le cliquetis métallique caractéristique de l'armement du chien d'un pistolet. Jetant un regard vers la source du bruit, il vit une femme blonde à la tenue extravagante le tenir en joue.
Il n'avait pas besoin de regarder sur sa droite, pour savoir qu'ils étaient cernés également de ce côté là. Une femme armée sur la gauche, un ou plusieurs hommes armés sur la droite, et un mur derrière eux. Il n'y avait aucune issue. Ils étaient coincés.
« Il semble que les chiens du gouvernement se soient ramollis ces derniers temps », dit alors Takasugi.
Prenant son mal en patience, Hijikata reporta son regard sur l'homme borgne. Il avait du mal à l'admettre, mais l'homme était tout aussi effrayant à ses yeux. Il avait envie de courir. S'enfuir, ou se ruer sur l'ennemi. Peu importe. Mais il ne voulait pas rester coincé au même endroit, fusillé du regard par ce type qui le mettait de plus en plus mal à l'aise.
Il s'apprêtait à lever son sabre quand il se rendit compte que ses mouvements étaient restreints par une force invisible. Enfin, pas si invisible que ça.
La lumière provenant de la pièce mit en évidence de fins fils provenant de la gauche. Confus, lui et ses hommes, comme Shinpachi, suivirent du regard les fils jusqu'à leur point d'origine.
Kawakami Bansai était apparu derrière Kijima Matako, ses fils tenant en place le Vice-Commandant.
« V-Vous ?! C'est impossible ! » S'exclama Shinpachi, encore choqué.
Ce type était censé être mort, vu ce que leur avait raconté Gintoki. Alors qu'est-ce qu'il pouvait bien faire là ?
« Il semble que ce jeune homme te connaisse, Bansai-san », dit alors Takechi Hanpeita, qui se tenait sur la droite du groupe de policiers.
Cela déstabilisa légèrement le musicien, mais pas assez pour qu'il ne relâche sa prise sur ses fils. Il semblait tout aussi confus que Shinpachi, et Hijikata ne savait pas quoi faire de toutes ces nouvelles informations. Qu'est-ce qui se passait ici, à la fin ?!
« Poser vos armes », interrompit alors Takasugi, tenant toujours en joue Kagura.
L'homme n'eut même pas besoin de préciser la suite de sa pensée, pour qu'Hijikata et que les autres hommes présents comprennent où il voulait en venir. Posez vous armes, si vous voulez que la jeune fille reste en vie. Sinon…
La jeune Yato n'avait pas bougé d'un pouce depuis tout à l'heure. Comme si elle était évanouie, ou pire. Non, oubliez le « pire », il fallait penser positif. Elle était sûrement évanouie. Mais quoi qu'il arrive, ils n'avaient qu'un seul choix, malgré les regards confus que lui lançaient ses subordonnés et le jeune Yorozuya à lunettes.
Il soupira très brièvement, et relâcha sa prise sur le manche de Muramasha.
Le sabre maudit tomba sur le plancher en bois avec un bruit métallique, aussitôt suivi par le bruit des sabres de tous les autres hommes du Shinsengumi ayant imité le geste de leur supérieur.
Quelle disgrâce.
Quelques minutes plus tard, ils étaient tous ligotés mains dans le dos et assis au sol les uns collés aux autres.
Les subordonnés directs de Takasugi semblaient s'occuper de réunir du matériel, lorsque Kin'iemon Oda souleva la jeune Yato inconsciente pour la jeter sur son épaule comme un sac de patate.
« Qu'est-ce que vous allez faire à Kagura-chan !? » S'exclama alors Shinpachi, la boule au ventre.
« À ton avis le binoclard ? » moqua Oda. « On va avoir besoin d'otages si on veut pouvoir partir sans être abattus à vue ! »
« Dans ce cas- » Commença Shinpachi.
Mais voyant où la discussion se dirigeait, Hijikata interrompit prestement le jeune homme.
« Dans ce cas prenez-moi à sa place ! » Plaida le Vice-Commandant.
Il eut droit à des regards surpris à la fois de la part de ses alliés et de ses ennemis. Et avant qu'Oda ne puisse répondre (sûrement par une moquerie), Takasugi émergea de la pièce, et fixa de son œil le policier.
Sans dire un mot, il désigna d'un signe de tête Hijikata.
Le Vice-Commandant chuchota alors entre ses dents, le plus silencieusement possible à l'attention de Shinpachi :
« Dis à Kondo-san d'appeler son père ».
Shinpachi eut un regard surpris, peu sûr de comprendre où le Vice-Commandant voulait en venir avec une requête pareille. Mais il n'eut pas le temps d'en apprendre davantage.
Kijima Matako se dirigea alors vers eux, et releva sans ménagement le policier tout en le tenant par ses poignets serrés de corde.
Est-ce que… Ça avait marché ?
« Deux otages valent mieux qu'un ! » Sourit Matako avec mesquinerie.
… Visiblement pas.
Il avait peut-être empiré la situation, allez savoir.
Mais au moins, il restait au cœur de l'action. Et quelques minutes plus tard, lui et la jeune fille étaient amenés plus bas dans le bâtiment. C'était vraiment bizarre d'ailleurs. Les terroristes, menés par Takasugi, descendaient vers les sous-sols, au lieu de fuir par la route.
Est-ce qu'ils avaient prévu une échappatoire par les égouts ?
Le groupe état arrivé en bas d'un grand escalier en fer, au moins deux étages en dessous du rez-de-chaussée, quand Hijikata commença à ressentir quelque chose de bizarre.
Une sorte de vibration remontait de ses pieds jusque dans le haut de son corps. Et plus il avançait, plus la vibration devenait forte.
Impossible.
Ce type n'avait tout de même pas... ?
Et comme pour confirmer ses soupçons, une grande porte fut ouverte par des hommes de main du Kihetai, dévoilant quelque chose d'improbable mais de pourtant bien réel : un vaisseau spatial, dans un hangar sous-terrain situé en dessous du bâtiment.
Shinpachi eut à peine le temps de se remettre de ses émotions.
Les policiers avaient réussi à défaire leurs liens, et avaient détaché le jeune homme, avant de commencer à courir dans tout le bâtiment pour rattraper les fuyards. Mais même en les rattrapant, que faire ensuite ? Leur supérieur, ainsi qu'une jeune fille (aussi terrifiante soit-elle) étaient retenus en otage.
Mais ils n'eurent même pas le temps de réfléchir plus loin dans leur plan de sauvetage.
Le bâtiment entier se mit soudainement à trembler. De plus en plus fort.
« Qu'est-ce qui se passe ?! » S'écria Shinpachi.
Un homme chauve du Shinsengumi l'attrapa alors par l'arrière de son col, et l'entraîna avec lui.
« Faut pas traîner ici ! » Fit ce dernier, sans même regarder en arrière.
Les meubles étaient tous tombés de travers, et des murs avaient commencé à se fissurer de partout, menaçant de s'écrouler à tout moment. Et tous les policiers restants se ruaient à présent vers l'extérieur du bâtiment. C'était la panique et la confusion la plus totale.
Des morceaux de plancher tombèrent d'un coup, comme happés par un vide invisible, et avalèrent même au passage quelques infortunés terroristes qui avaient été laissés ligotés sur place.
Shinpachi eut tout juste le temps de sortir, ou plutôt, d'être traîné au dehors, avant qu'un énorme grondement ne retentisse.
Le bâtiment où il s'était trouvé quelques minutes auparavant, venait de s'effondrer. Et dans un grand nuage de poussière, un vaisseau spatial s'éleva dans le ciel d'Edo.
A Suivre…
