Bonjour !

Voilà, c'est fini. Je vous offre un épilogue deux fois plus long que les autres chapitres, avec beaucoup de douceur, de l'amour aussi. Une fin heureuse, définitivement. Quand je pense à la fin que j'avais prévue en commençant à écrire, on est à des millions de kilomètres de ça… et tant mieux, je vous assure.
Merci à vous toutes et tous d'être arrivés jusqu'ici et d'avoir partagé mon plaisir d'écrire.

Merci plus particulièrement à :

Nedwige Stark, Lucielct, Elena, Elilisa Dame Roulia, The White Quill, Kriistal, Swangranger, Lovesmarvel, Audreyyy2, Lalouve, Lulu Jiwa, Betafrange, Lusyne, Cacallum, Jiwalumy, Ange Maxima, KNDYY, Lealouis, et tous les Guest !

La dernière scène se déroule sous les airs de « Dance me to the end of love » de Leonard Cohen. Je vous conseille de l'écouter avant, pendant, après la lecture du chapitre ; et jusqu'à la fin de votre vie. Elle est magnifique ; je la veux pour mon mariage.

Il faut ABSOLUMENT que vous alliez voir le compte de Whimsikal quand vous aurez fini cet épilogue. Elle a écrit un OS sur Blaise et Dorine. Ça s'appelle "L'asile et le phare" et c'est magnifique. Ensevelissez-la de gentillesse et de compliments, elle le mérite un milliard de fois.

On se retrouve en bas pour les infos concernant l'après !

Merci à Whimsikal
Bonne lecture !


Épilogue : Que reste-t-il des jours heureux ?

Deux ans plus tard

23 août 2019

La douce odeur du thé chaud s'éleva dans l'air et vint chatouiller les narines d'Hermione qui leva les yeux de son épais dossier. Un sourire reconnaissant fleurit sur son visage alors que Drago revenait dans le bureau. Il portait un plateau sur lequel se trouvait une magnifique théière japonaise émaillée et deux tasses assorties agrémentées d'une petite assiette de douceurs. Le blond les servit et après une gorgée de la boisson chaude, les deux sorciers se détendirent simultanément.

« Merci, soupira Hermione avec contentement.

– Cette affaire est un vrai casse-tête, énonça Drago avec un signe de menton vers les parchemins éparpillés sur le bureau. Après un bon thé, les idées seront plus claires. »

La brune sourit une nouvelle fois. Oui, c'était vraiment ce dont elle avait besoin. Quand Drago lui avait proposé un jour de l'aider sur les dossiers du Ministère qu'elle ramenait à la maison, elle avait d'abord été sceptique. Habituée à travailler seule, elle avait craint qu'une collaboration dans le cercle privé n'aille à l'encontre de son efficacité et ne crée des tensions entre elle et Drago. Mais après quelques heures seulement dans le même bureau, les deux sorciers avaient accordé leurs méthodes et étaient d'une productivité redoutable.

Le blond était d'une discrétion sans pareil. Il ne la dérangeait jamais, notait ses questions et remarques sur un petit parchemin qu'il laissait en évidence pour qu'elle y jette un œil quand elle avait le temps. Quand ils étaient tous les deux assis côte à côte, on pouvait entendre un billywig voler. Parfois, Hermione marmonnait des considérations inaudibles pour les non-initiés ; Drago avait appris à les déchiffrer et se permettait de rebondir de temps à autre.

Cet après-midi-là avait été tortueux à cause d'un dossier complexe sur lequel Hermione travaillait depuis de très longs mois : le projet de loi définitif sur la condition des elfes de maison dans le monde sorcier. Si elle y pensait déjà depuis longtemps, mettre les choses en place prenait du temps. Mais cette fois c'était bon, la rédaction du projet était lancée. Et le sujet avait souvent soulevé des grands débats entre Hermione et Drago sur la nécessité ou non d'interdire complètement les elfes de maison.

Finalement, la Ministre était parvenue à admettre que l'interdiction radicale des elfes n'était pas la solution. D'abord, la quasi-totalité d'eux refusait catégoriquement de cesser de servir leurs familles ; ensuite, même si le Ministère les mettait au chômage forcé, il fallait leur assurer une alternative professionnelle pour le reste de leur vie, ce qui était impossible. Les articles qu'Hermione écrivait actuellement concernaient donc l'établissement de contrats de travail entre les sorciers et les elfes pour déterminer les conditions générales d'emploi comme les horaires de travail, le salaire, les congés payés. Tout ça dans l'optique de pouvoir laisser le choix à chaque elfe de maison de sa liberté.

C'était donc un casse-tête éthique et diplomatique qui faisait partie du quotidien de la Ministre et que Drago avait le don de rendre moins pénible.

Un son discontinu s'éleva dans l'air, annonçant que quelqu'un se présentait à la porte.

« J'y vais, assura Drago alors qu'Hermione s'apprêtait à se lever.

– Merci, j'arrive tout de suite. »

Le blond sortit du bureau et s'engagea dans le grand couloir. Il aimait déambuler dans ces murs désormais. La présence d'Hermione les rendait moins sinistres. Après avoir dévalé les escaliers qui menaient au hall, Drago ouvrit la large porte en bois massif pour trouver les trois arrivants.

« Bonsoir, salua-t-il avec un sourire cordial.

– Malfoy, répondit Ron sur le même ton.

– Salut ! s'exclama un petit rouquin. Alors, alors, comment c'était le Canada ?

– Hugo…, soupira son père.

– Rose m'a raconté qu'il y avait encore des cocatris là-bas ! Vous en avez vu ? enchaîna le jeune garçon.

Ron se couvrit le visage d'une main fatiguée, mais un brin amusé.

– Il n'a pas arrêté d'en parler depuis que vous êtes rentrés, expliqua-t-il.

– J'ai connu plus casse-pieds, Weasley, répondit Drago avec plaisanterie. Entrez, vous n'avez qu'à laisser vos affaires dans le hall. On les rangera plus tard.

Ron et ses deux enfants le suivirent jusque dans le salon où Hermione ne tarda pas à les rejoindre.

– Tu veux rester pour un thé ? proposa la brune après avoir embrassé ses deux anges.

– C'est gentil, mais Eleanor m'attend à la boutique, sourit Ron.

– Vous avez tout trouvé pour la rentrée ?

– Oui, répondit le rouquin. Tout est dans les malles d'Hugo.

– C'est parfait alors, sourit Hermione. »

Ron serra fort ses enfants dans les bras en leur posant à chacun un bisou sur le crâne, puis il quitta l'imposante demeure. Quand il avait déménagé deux ans plus tôt à Iverness en Écosse avec le contact d'un fournisseur de la boutique de George qui cherchait un repreneur pour son magasin, le plus jeune fils Weasley était bien décidé à prendre un nouveau départ. Il était plus proche de Poudlard et emmenait parfois Hugo voir Hagrid pour que le vieux gardien lui fasse découvrir des espèces fantastiques plus mystérieuses les unes que les autres.

Ron avait donc repris le magasin dans la ville et avait gardé le personnel. Contre toute attente et par pur hasard, il s'était trouvé qu'une certaine Eleanor Branstone travaillait dans ce magasin depuis plusieurs années. Ancienne élève de Poufsouffle de la promotion de 1994, elle s'était avérée être une très sympathique collègue et fort aimable compagne. Il n'avait pas voulu s'engager au début. Il n'avait pas voulu recommencer quoi que ce fût, cherchant d'abord son propre équilibre dans la solitude. Et il avait appris à l'apprécier, cette solitude, à l'apprivoiser et à s'en faire une douce amie. Et quand il avait enfin trouvé son bonheur en lui-même, il avait cédé aux tendres avances de son associée.

Le couple partageait la même maison depuis près d'un an et cette nouvelle histoire avait été une bouffée d'oxygène pour Ron. Il ne regrettait pas d'avoir déménagé et il profitait pleinement de sa vie désormais. Il était heureux comme il ne l'avait pas été depuis longtemps.

« Alors, le Canada ? s'enquit Hugo alors que son père venait de disparaître dans l'allée centrale.

Avec amusement, Hermione et Drago racontèrent aux deux enfants leur séjour en Amérique du Nord. Ils avaient pris quelques jours en amoureux, profitant de l'été pour visiter ce pays qu'aucun des deux ne connaissait.

– Quand est-ce que Scorpius arrive ? interrogea le garçon une fois que son flot de questions fut tari.

– Je le récupère demain soir pour qu'il puisse se préparer pour dimanche, répondit Drago.

– Vos habits sont prêts dans vos salles de bain, informa Hermione. Essayez de ne pas les tâcher d'ici la cérémonie.

– On peut monter ? demanda Rose qui levait à peine les yeux du livre qu'elle avait apporté avec elle.

– D'accord, fit sa mère, mais vous prenez vos malles. On montera le reste.

En quelques secondes, les deux enfants avaient disparu du salon.

– Tu veux qu'on se remette au travail ? demanda Drago en attirant la brune vers lui pour embrasser son épaule.

– On a bien travaillé aujourd'hui, déclara Hermione. Je finirai demain matin.

Elle s'allongea sur le canapé et déposa sa tête sur les cuisses de Drago.

– Dimanche…, fit-elle distraitement.

– Tu as préparé ton discours de demoiselle d'honneur ? demanda Drago en caressant son front.

– Oui. Encore faut-il que j'arrive à le réciter sans pleurer, répondit Hermione avec un petit rire léger alors qu'elle s'imaginait déjà fondre en larmes devant toute la salle.

– Tu seras parfaite, comme toujours. »

Le blond se pencha pour l'embrasser et couper court à ses contestations. Elle était parfaite et il n'y avait rien à redire à cela. C'était une réalité, la réalité de Drago tout du moins et cela faisait tout son bonheur. Hermione se leva finalement après plusieurs baisers langoureux. Elle récupéra d'un coup de baguette les dernières affaires de ses enfants dans le hall et les fit léviter devant elle tout en montant à l'étage.

Avec le temps, elle avait appris à supporter et même à apprécier ces grands escaliers en marbre, ces vastes couloirs, ces pièces somptueuses. Elle avait pris ses marques dans ce salon qui ne faisait plus résonner en elle de mauvais souvenirs, dans cet immense jardin où elle se détendait en paix.

Quand Drago lui avait parlé d'emménager ensemble au manoir il y avait déjà longtemps, Hermione avait redouté de remettre les pieds dans cet endroit, surtout pour y vivre. Mais comme toujours, Drago en merveilleux compagnon avait fait en sorte qu'elle y soit bien et qu'elle s'y sente chez elle. Ils avaient profité de leur temps libre pour refaire une bonne partie de la décoration et pour aménager les chambres pour les enfants. Ainsi, Drago et elle avaient rapidement investi l'ancienne chambre parentale dans l'aile ouest alors que Rose et Hugo avaient rejoint l'aile Est où dormait déjà Scorpius.

Plus qu'heureux d'avoir une chambre chacun, ils s'étaient grandement autonomisés puisque dans une aussi grande maison, Hermione avait insisté pour que les enfants soient en charge du ménage de leurs quartiers et salles de bain privatives. Cela allait de soi puisqu'il n'y avait plus d'elfe de maison dans le manoir Malfoy, chose inédite depuis sa construction. Parfois, quand elle marchait dans cette immense bâtisse, la jeune femme se demandait comment Drago avait fait pour y vivre seul pendant un temps.

Hermione toqua à la porte de la première chambre et l'ouvrit en entendant le marmonnement de sa fille. Elle la trouva comme presque toujours sur un fauteuil près d'une fenêtre, plongée dans un livre. Numérologie et grammaire, ce jour-là. Comme Hermione plus jeune, Rose prenait de l'avance sur ses cours en lisant les manuels scolaires avant la rentrée. Sans plus déranger sa concentration, la mère déposa son sac de voyage près de son lit et s'en alla dans la chambre mitoyenne. Elle y trouva Hugo qui avait éparpillé ses fournitures pour Poudlard à travers presque toute la pièce.

Quelques instants après Hermione, Drago entra dans la chambre du jeune Weasley et ils restèrent là de longues minutes à parler de l'école de sorcellerie. Hugo leur racontait ses envies, ses craintes, ses attentes. Il parlait beaucoup, comme toujours, avec le sourire aux lèvres et des étoiles dans les yeux. Il avait adopté Drago sans problème et prenait un réel plaisir à passer du temps avec lui. Hermione se réjouissait chaque jour de pouvoir évoluer dans cette nouvelle famille, reconstituée mais profondément heureuse. Et elle était reconnaissante à Drago qu'il traite ses enfants comme les siens et les gâte autant qu'il gâtait Scorpius -même si elle insistait pour qu'il ne les gâte pas trop quand même.

Le lendemain, alors qu'Hermione finissait son travail dans ce grand bureau calme et sobre qui avait autrefois servi aux affaires de tant de Malfoys, Drago transplana dans la vaste propriété du Derbyshire qui avait un jour été la sienne. Il attendit patiemment que l'elfe aille l'annoncer et finalement, Astoria apparut dans le hall.

« Bonjour, Drago.

– Bonjour.

Comme à chaque fois qu'ils se voyaient, les deux sorciers se montrèrent avares de paroles. Il n'y avait certainement plus de rancœur ni de colère à exprimer, mais il n'y avait plus rien à dire.

– Scorpius arrive, annonça la grande brune. Il m'a dit que vous serez là-bas demain.

– Tu n'y vas pas ? rétorqua Drago avec un peu d'étonnement.

Astoria secoua doucement la tête.

– Je n'ai pas très envie de vous voir tous ensemble, dit-elle honnêtement.

Drago ne répondit rien. Il pouvait bien le concevoir.

– Pansy ne t'a pas vue depuis longtemps, ajouta-t-il finalement. Je pense que ça lui aurait fait plaisir.

Ce fut au tour de la jeune femme de ne rien répondre. Elle le savait et y avait déjà songé. Elle y réfléchirait encore. Peut-être.

– Père ! s'exclama le jeune blond qui descendait rapidement les escaliers, suivi de près par un elfe chargé de lourdes malles.

– Ça va, mon grand ? demanda son père en le serrant brièvement contre lui. Je vais prendre ça, merci, ajouta Drago en libérant l'elfe d'un coup de reducto sur les affaires de son fils qui hochait vigoureusement la tête.

– Est-ce que tu veux que je sois à la gare lundi ? demanda doucement Astoria en vue de la rentrée qui approchait.

– Je pense que ça ira, répondit Scorpius qui ne voulait pas non plus blesser sa mère en la congédiant trop facilement. Il y aura Rose, et puis Hugo et Lily. Mais je t'écrirai dès que je serai arrivé, assura le garçon.

Astoria lui adressa un fin sourire en caressant ses mèches blondes. Scorpius ne manquait jamais de lui envoyer des lettres et même si l'idée de le savoir à King's Cross entouré de toute cette famille qui n'était pas elle ne la réjouissait pas, elle savait qu'il ne l'oubliait pas.

– Bonne rentrée alors et à bientôt. »

Elle déposa un bisou sur la joue pâle de son fils et le regarda s'en aller avec son père.

.

« On se retrouve dans le hall dans cinq minutes ! », clama Hermione en toquant aux trois chambres des enfants. Elle descendit rapidement les marches et se faufila dans le salon pour récupérer son sac. Elle y glissa un petit parchemin plié en deux : son discours. Deux bras se glissèrent autour de sa taille et un large sourire se hissa sur son visage. Hermione pivota pour se retrouver face à Drago et passa ses deux mains derrière sa nuque.

« Bonjour, Monsieur, fit-elle avec amusement. Il me semble que vous courtisez une femme déjà conquise.

– C'est bien dommage, déplora Drago avec un sourire. Cette robe vous va à ravir et j'aurais eu grand plaisir à vous l'ôter.

Il lui adressa un regard qui en disait long et qui tira un rire de la bouche étirée d'Hermione.

– On peut toujours s'arranger, chuchota-t-elle en lui donnant un baiser qui devint vite fiévreux.

– Si on est en retard, on dira à tout le monde que c'est parce que vous faites des cochonneries partout dans le manoir, s'écria une voix depuis le hall.

Drago et Hermione se séparèrent pour faire face à Rose, Hugo et Scorpius, tous les trois les bras croisés et le regard mêlant jugement et dégoût. Les deux adultes échangèrent un regard entendu avec le sourire en coin.

– On n'est jamais en retard, se contenta d'affirmer le grand blond avec un air suffisant. »

Et ils disparurent du Wiltshire pour se retrouver dans le Lancashire à proximité de Blackpool dans une immense propriété ensoleillée donnant sur la mer d'Irlande. La demeure Nott avec plage privée et vastes jardins se trouvait dans une effervescence rarement atteinte dans un lieu où le moindre grain de sable et le moindre brin d'herbe étaient sollicités. Les cinq nouveaux arrivants se frayèrent un passage entre les chapiteaux dans les allées et venues des serveurs.

« Madame est dans la chambre et Monsieur est dans le bureau, annonça le majordome qui les accueillit à l'entrée de la grande bâtisse.

– Je monte voir Pansy, déclara Hermione. Les enfants, je compte sur vous pour être autonomes. Sam doit bien être quelque part, si vous voulez aller la retrouver. »

Et elle s'éclipsa dans les méandres de couloirs. Elle n'était pas venue souvent ici et encore plus rarement dans la chambre de la maîtresse de maison et s'aventura à toquer sur une porte un peu au hasard.

« Entrez, entendit-elle.

Mauvaise porte, mais ce n'était pas bien grave.

– Oh ! Salut, s'exclama-t-elle en trouvant Théo et Blaise en pleins préparatifs. Vous êtes très beaux.

– Et toi alors, sourit le métis, tu es resplendissante.

La brune lui répondit par un geste vague de la main et un sourire rosissant.

– Pansy a choisi les robes et je n'ai vraiment pas l'habitude de porter ce genre de vêtements.

« Ce genre de vêtements », pour Hermione, signifiait une robe bustier argentée avec un jupon en tulle arrivant au-dessus des genoux. Si le mariage de Pansy et Théo s'annonçait très festif et moderne, elle aurait bien apprécié être une demoiselle d'honneur avec un accoutrement plus long et sobre. Elle avait l'impression d'être une meringue.

– Elle te va très bien, assura Théo. Puisque tu es là, il faut absolument que tu nous aides. Je crois que j'ai perdu mon nœud papillon, déplora le futur marié. Et il ne faut surtout pas que Pansy l'apprenne.

Cette idée semblait l'effrayer et Hermione comprenait, vu les tendances hystériques de la jeune femme.

– Il y a un moyen plutôt simple de le trouver, fit la brune en sortant sa baguette de son jupon.

– Non ! s'écria Théo. Pas d'accio s'il-te-plaît. J'ai assuré à Pansy que j'avais récupéré toutes mes affaires qui avaient été livrées dans la chambre et si le nœud papillon est là-bas, elle va forcément le voir sortir de la pièce pour venir ici.

– Et tu n'es pas allé voir directement là-bas quand elle n'y était pas ?

– Je n'ai pas pu entrer dans cette pièce depuis hier matin et on n'a pas dormi ensemble cette nuit. Je me suis fait reléguer dans une chambre d'ami et à me préparer dans le bureau.

Hermione laissa échapper un petit rire en voyant sa mine contrite.

– Je dois aller dans la chambre de Pansy de toute façon. Je regarderai si je le vois.

– Si tu vois Dorine, intervint Blaise, dis-lui que j'arrive bientôt. »

La jeune femme sortit en souriant sous le regard reconnaissant de Théo et s'aventura plus avant dans le manoir. Une autre tentative fut la bonne pour trouver ladite chambre. En poussant délicatement le battant, Hermione se retrouva face à un grand miroir devant lequel se tenait Pansy, droite et silencieuse, toujours en peignoir. Elle s'observait attentivement et mit un moment pour voir Hermione derrière elle.

« Ah ! J'ai cru que tu n'arriverais jamais ! s'exclama la première.

En guise de bonjour, elle plaqua une bise sur la joue d'Hermione et l'attira vers le miroir.

– Alors, qu'est-ce que tu en penses ? demanda Pansy à propos de leurs reflets.

– Je pense que c'est un grand jour et que tu vas faire un carton si tu te maries comme ça.

La future mariée pouffa en secouant le tissu de son peignoir.

– Évidemment. Bon, il reste une heure avant la cérémonie. Je vais m'habiller, comme ça on verra vraiment à quoi ça ressemble.

Elle s'éclipsa derrière un paravent qui cachait l'entrée de la salle de bain. Pendant ce temps, Hermione tenta tant bien que mal de mener l'enquête du nœud papillon disparu. Elle se promena dans la chambre, guettant du coin de l'œil les entassements de sacs de vêtements, les cartons empilés et les différentes penderies. Observation rapidement interrompue par le retour de Pansy.

– Tu es magnifique, sourit Hermione.

L'ancienne Serpentard alla se mettre devant le miroir et pivota d'un côté, puis de l'autre. Sa robe de mariée était faite d'un bustier satiné cousu de perles argentées et le jupon asymétrique partait de mi-cuisses devant pour retomber aux chevilles derrière en de larges « froufrous de tulle » comme les appelait Pansy. Moderne, la tenue correspondait parfaitement à l'énergie que la sorcière dégageait.

– Viens par-là, appela-t-elle.

Hermione la rejoignit et une fois côte à côte, elles s'accordaient vraiment bien.

– C'est dommage que tu n'aies pas demandé à Théo de mettre une jupe en tulle, ironisa la demoiselle d'honneur.

Cela eut le mérite de tirer un petit rire de la gorge désormais nouée de Pansy.

– Est-ce que tu crois que ce n'est pas un peu tard pour se marier ? demanda-t-elle avec une petite voix.

Hermione s'était attendue à une petite session de discussion introspective sur des éventuels doutes et appréhensions ; c'était son rôle après tout. Mais elle redoutait de devoir donner son avis. Son expérience maritale n'était pas un modèle de réussite.

– Je ne sais pas si c'est tard, répondit-elle. Je ne pense pas qu'il y ait d'âge pour se marier.

– Tu te remarierais, toi, à notre âge ?

Au grand soulagement d'Hermione, quelqu'un toqua à la porte et lui permit de ne pas répondre. Elle savait que cette question allait lui trotter dans la tête pendant un moment, mais elle la relégua dans un coin pour l'instant.

– Que tu es belle ! s'exclama la mère de Pansy qui venait d'entrer dans la chambre.

Elle marchait en balançant d'une jambe à l'autre en s'appuyant sur une canne, mais sa stature rigide trahissait encore son éducation.

– Il y a déjà beaucoup de monde en bas, remarqua Madame Parkinson. Je voulais juste passer te voir, mais je vais repartir.

La femme déposa un baiser sur la joue de sa fille et quitta la pièce.

– C'est bientôt l'heure, déclara Pansy les yeux dans le vague.

– Je vais rejoindre les autres, fit Hermione.

Elle se tourna vers le miroir et d'un coup de baguette, elle arrangea parfaitement sa coiffure compliquée d'où une petite mèche dépassait.

– Merci, sourit Pansy alors que ses longs cheveux blonds se soulevaient pour prendre forme en un chignon sophistiqué agrémenté de perles argentées.

– Avec plaisir, répondit Hermione avec un sourire tout aussi chaleureux.

– Tu devrais amener ça à Théo, ajouta la future mariée en pointant du doigt une petite boîte sur la coiffeuse. J'ai vu que tu avais été commissionnée pour le récupérer.

Hermione récupéra ce qui se trouvait être le fameux nœud papillon.

– Je savais bien qu'il allait oublier quelque chose, chuchota Pansy. »

Il n'y avait pas une once de reproche dans sa voix, plutôt de l'amusement et aussi du contentement. Après tout, elle voulait bien être la deuxième paire d'yeux de Théo et sa deuxième tête jusqu'à la fin de sa vie. C'était certainement ce qu'elle s'apprêtait à conclure et cela la réjouissait.

Hermione s'en alla donc délivrer la boîte tant convoitée et descendit dans le jardin pour prendre sa place aux côtés de Drago au premier rang. Près du blond se trouvait Blaise, la main entrelacée dans celle de Dorine. Quelques minutes plus tard, une douce musique s'éleva et Théo arriva. Le dos droit et face au maître de cérémonie, il affichait un petit sourire en coin qui s'accordait avec ses yeux pétillants. Où était passé le garçon efflanqué et ténébreux des années de Poudlard ? Il ne le savait pas, mais être là ce jour était l'une des meilleures choses qui aurait pu lui arriver. C'était une partie du tout qui rendait sa vie entière. Pansy était sa famille et son renouveau.

L'orchestre discrètement installé près du chapiteau entama une marche nuptiale émouvante pour accueillir la future mariée. Elle s'était coiffée d'un voile qui couvrait délicatement son visage ému. Le maître de cérémonie commença à parler, puis vint le moment des vœux.

« Théo, commença Pansy quand le voile fut relevé sur sa tête. Le premier jour où je t'ai vu t'asseoir à la table des Serpentard, tu étais Théodore Nott, un garçon silencieux qui semblait plus ténébreux qu'autre chose. J'ai été la première surprise de me rendre compte que dans le monde si sombre qui nous entourait, tu étais la plus grande lumière que j'avais. Et bien plus que ta présence à mes côtés, tu m'as donné la plus belle chose dont je pouvais rêver.

Pansy adressa un regard brillant à sa fille avant de poursuivre.

– Je n'ai jamais vu ma place ailleurs que près de toi, malgré tout ce que je peux dire et à quel point je peux être difficile à vivre. Je t'aime et je compte bien te garder près de moi jusqu'à la fin.

Théo lâcha un petit rire ému en attrapant les mains de sa future femme pour les baiser tendrement.

– Je n'en doute pas une seconde. Je sais que si je ne t'avais pas demandée en mariage, tu aurais fini par le faire. Parce que tu es comme ça, Pansy. Tu es bornée, tu es sévère, tu as un caractère à faire fuir les moins téméraires. Mais j'ai survécu pendant dix-sept ans et je veux bien remettre ça autant de fois qu'il faudra. Je t'aime et je promets d'avoir de la patience parce que je te confie le reste de ma vie comme toutes les années qui sont déjà passées. S'il faut recommencer un jour, je te choisirai encore et encore. »

Les vœux que Théo et Pansy échangèrent tirèrent des larmes à la plupart des personnes présentes. Hermione sentait cet événement résonner en elle d'une manière singulière. Sa main étroitement serrée dans celle de Drago pulsait en rythme avec son cœur et les phrases de son discours s'emmêlaient et se démêlaient dans son esprit.

Samantha s'avança pour donner les alliances et finalement, le couple désormais marié s'embrassa sous les applaudissements. Ils ouvrirent la marche vers un second chapiteau bien plus vaste où de larges buffets débordaient de boissons et de nourriture. Après un très long apéritif chargé en discussions, en rires et en effervescence, chaque invité rejoignit sa table et sa place. Au moment de porter le toast, Hermione se leva et sortit son précieux parchemin. Quelques tintements contre son verre et toute l'attention fut sur elle.

« Bonjour à tous, commença-t-elle. Il faudrait, traditionnellement, que je revienne sur la façon dont j'ai rencontré Pansy et Théo la première fois, mais je pense que ce n'est pas vraiment nécessaire.

Quelques rires des anciens camarades de Poudlard. Gryffondor contre Serpentard, il valait mieux éviter.

– Et puis, reprit la brune en laissant glisser son regard de Pansy et Théo à Drago, je crois que le temps nous a fait comprendre que de cette époque, il ne restait pas grand-chose de mauvais. J'avais été surprise de vous redécouvrir il y a quatre ans comme de nouvelles personnes et de vous compter, plus tard, parmi mes amis. Et je suis honorée d'être demoiselle d'honneur aujourd'hui. Un jour, vous êtes venus chez nous pour nous annoncer que vous vouliez vous marier. Je ne sais pas si vous étiez en quête de conseils, mais entre Drago et moi, je ne pense pas qu'on puisse dire que vous étiez au bon endroit.

Quelques rires encore. Drago passa une main derrière la jambe d'Hermione et caressa doucement son mollet.

– Quand on vous voit tous les deux aussi heureux, continua-t-elle, on se dit pourquoi pas ? S'il faut se battre et en baver quelques fois pour atteindre le bonheur, pourquoi ne pas tenter l'aventure ? L'amour c'est difficile. C'est se donner à une autre personne en réprimant une partie de soi. Mais dans sa plus belle forme, l'amour c'est prendre cette part que l'on tait et la magnifier avec un peu de ce que nous donne l'autre. La rendre meilleure, se rendre meilleur pour et grâce à l'autre. Alors je ne peux pas prétendre vous connaître aussi bien que Blaise ou Drago, mais je peux vous dire une chose : parfois, on rencontre une personne qui devient un maillon inébranlable dans la chaîne de notre vie.

Hermione posa une main émue sur l'épaule de Drago et le blond y déposa un baiser.

– J'ai eu la chance de trouver le maillon manquant de ma chaîne un peu rouillée. Cette personne sur qui on peut compter, continua la jeune femme. À qui on fait confiance parfois plus qu'à soi-même. Vous l'êtes l'un pour l'autre. Et c'est le plus beau lien que l'on puisse construire. Je vous souhaite du bonheur à n'en plus finir. Profitez de cette vie, de ces moments à deux que l'on chérit au plus profond.

La jeune femme ravala les larmes qui lui piquaient les yeux et saisit son verre d'une main tremblante.

– Aux mariés ! clama-t-elle la gorge serrée.

Toute l'assemblée sortit de sa torpeur lourde en émotions et la suivit en portant le toast alors qu'Hermione se rasseyait fébrilement.

– Je t'aime tellement, murmura Drago en l'attirant contre lui.

Cette fois, la brune n'en put plus et laissa couler les quelques larmes de joie qu'elle retenait. Drago l'embrassa et essuya doucement son visage.

– Je jure de ne jamais cesser de t'aimer, ajouta-t-il.

– Moi aussi, répondit Hermione avec un sourire resplendissant. »

Ils mangèrent comme des princes ; ils rirent en cœur sans pouvoir s'arrêter. Drago détacha d'un geste sûr le nœud de sa cravate qu'il roula dans sa poche et défit les premiers boutons de sa chemise alors qu'il cherchait un peu d'air dans la chaleur intense du chapiteau. La nuit d'été approchait lourdement et les températures du mois d'août semblaient au plus haut. Pansy et Théo se levèrent à la fin du repas pour ouvrir la danse et rapidement, ils furent introuvables au milieu des couples de danseurs.

Parmi eux, Blaise et Dorine virevoltaient les yeux brillants d'adoration. Ça avait été plus qu'un choc, un sursaut pour le métis qui avait senti chez elle la relation stable si longtemps ignorée. Ses cheveux mi-longs noirs comme la nuit, ses petites lunettes de bibliothécaire. Elle était devenue depuis presque un an et demi le centre de toute l'attention de Blaise. Fini les pin-up aguicheuses et les aventures d'un soir. Dorine, ses airs stricts et doux, son sourire et ses yeux profonds, avaient eu raison de cet ancien Serpentard frivole et parfois décadent. Oui, ils étaient différents, presque à l'opposé l'un de l'autre, mais ils se complétaient parfaitement et semblaient plus heureux que jamais.

Drago sourit en les voyant. Hermione était en train de danser avec Harry et le blond profita de ce moment de solitude pour s'éclipser dans le jardin et apprécier un peu les senteurs marines. La plage, à quelques pas, se fondait dans la mer calme sous un coucher de soleil splendide.

« C'est bien que tu sois venue, lança le blond à la silhouette qui s'approchait derrière lui.

– Je ne sais pas si c'est bien, répondit Astoria. Mais j'ai été contente de voir Pansy.

Drago tourna les yeux vers elle et se dit qu'elle était la même que quand ils s'étaient mariés. Un air d'une autre époque, si lointaine, émanait d'elle.

– Si j'avais pu te garder pour moi, je l'aurais sans doute fait, reprit la grande brune en plantant ses yeux bleus dans le regard gris de son ex-mari. Mais je ne t'ai jamais aimé comme elle le fait. Ce qu'elle a dit plus tôt… Enfin. »

Elle fit un vague geste de la main comme pour chasser ses songes mélancoliques. Elle le salua avec un petit sourire et en quelques secondes, elle disparut dans la pénombre. Drago pensa que lui non plus ne l'avait jamais aimée comme il aimait Hermione. Il n'avait jamais aimé personne comme il aimait Hermione. Il reconnut ses pas quand elle s'approcha de lui.

« C'est magnifique, murmura-t-elle devant le soleil plongeant dans la mer. »

Les haut-parleurs se turent quelques instants pour diffuser ensuite une musique douce. Un air de Leonard Cohen aux sonorités tango et jazz, invitant un pas lent et sensuel. Drago attrapa la main d'Hermione et l'attira vers lui. Elle cala sa tête contre son épaule et se laissa entraîner dans une danse calme. Un slow romantique sous un début de lune. La jeune femme se rendit compte que la journée l'avait éprouvée et que cet instant dénouait doucement les nœuds dans son corps et son esprit.

En y repensant, elle aurait certainement répondu à Pansy que le mariage l'effrayait et qu'elle s'était promis, en divorçant de Ron, de ne jamais recommencer. Elle aurait ajouté qu'elle n'aurait jamais cru retrouver le bonheur chez Drago. Et qu'à cet instant précis, la réponse à tous les problèmes de sa vie se trouvait derrière ces prunelles anthracites, sous ces doigts fins entremêlés dans les siens. Elle comprit alors qu'elle aurait pu se marier mille fois avec Drago s'il lui avait demandé mille fois. Elle avait cru longtemps qu'il ne restait plus rien des jours heureux qui avaient été les siens, mais elle réalisait ce soir qu'ils étaient toujours là et qu'ils n'avaient jamais cessé d'exister.

Les jours heureux d'Hermione et Drago se trouvaient juste là, dans les derniers rayons orangés du soleil, dans l'écume de la mer, dans les confins de la Voie Lactée. Le bonheur était là et n'avait plus prévu de s'en aller.


C'est définitivement terminé et comme à chaque fois, le sentiment est le même. Je suis très fière de cette histoire.

Je remercie encore toutes les personnes qui m'ont laissé des reviews tout au long de la publication et pour la dernière fois ici, je vous invite à me donner votre avis sur l'histoire. Quelques mots si vous n'êtes pas inspirés, mais je sais que vous êtes très nombreux à lire l'histoire et ça me ferait très très plaisir de savoir ce que vous en avez pensé !

Concernant l'après : je suis actuellement en train de finir d'écrire et de poster « Résurrection » et je travaille sur deux autres projets de fics Harry Potter (encore et toujours).

L'une sera un UA, rapprochant Hermione et Drago autour de Pansy et de son histoire à elle.

L'autre sera aussi un Dramione, mais appréhendera l'univers des livres/films plus largement en gravitant autour de plusieurs personnages/couples. On voit toujours plus grand.

Pour être au courant des prochaines publications, je vous conseille d'ajouter le compte en follow pour recevoir les mails !

Whimsikal, ma très chère, ma très admirable bêla-lectrice. Tu m'as accompagnée depuis le début de cette aventure et c'était il y a presque huit mois. Le temps passe à une vitesse folle et créé sur son passage des souvenirs merveilleux. Tu es une raison de plus qui me fait être reconnaissante à l'univers de la fanfiction d'exister. Que dire quand mon esprit déborde de gratitude ? Envers toi avant tout le reste. Merci, encore et jamais assez, pour tout ce que tu as fait. Pour ton excellent travail, tes conseils, ton savoir enrichissant. Pour tout et surtout pour être toi.

Bon, j'arrête parce qu'après, les autres vont vouloir te voler et je vais être obligée de partir à leur poursuite pour te récupérer, me battre et tout.

Merci encore à tout le monde et je vous dis à très bientôt !