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Vous vous souvenez de la magnifique scène du combat Valkyries / Hela ? Ça tombe bien, puisque c'est le programme du jour, avec en bonus, le retour de Brunnhilde !
Chapitre n°38 :
Helheim
[An 965 après J.C. / -1 070 avant Yavin]
« Il n'existe pas de plus grande douleur que celle de prier un fantôme qui refuse de rester enterré. »
- Natalie Wee, "In the unlikely event of the apocalypse"
Une poignée d'années paisibles s'écoulèrent après ce séisme. Odin put élever, de plus en plus sereinement, ses deux fils. Les deux garçonnets étaient déjà si différents que l'expérience s'avérait parfois compliquée.
Puis, sans prévenir, les prédictions de Heimdall prirent forme. Le gardien du Bifröst fut d'ailleurs celui qui sonna l'alarme.
Hela s'était échappée de sa captivité, et répandait mort et destruction sur Nilfheim. Elle n'avait pas encore lancé d'ultimatum à Asgard, mais Odin craignait que cela ne saurait tarder.
Le souverain réunit d'urgence sa fidèle Légion des Valkyries. Malgré la pacification du Royaume Éternel, ces fières guerrières n'avaient cessé de s'entraîner et de repousser leurs limites. Ce plaisir de la compétition les avait rendues particulièrement redoutables.
Elles se lancèrent, seules, à l'assaut de cette ennemie qui refaisait soudain surface. Leur ancienne Commandante en chef, déchue.
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~oOo~
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Nilfheim était un monde particulièrement obscur, où la nuit ne disparaissait jamais vraiment. Dans un premier temps, Brunnhilde peina à s'orienter, d'autant plus déboussolée par le paysage de rocs d'onyx.
La Valkyrie reprit cependant rapidement contenance, lorsqu'elle entendit le cri de guerre caractéristique de Rowenn. Il indiquait toujours l'assaut.
Brunnhilde poussa son pégase d'un blanc immaculé dans la même direction que toutes ses sœurs d'armes. Si sa première impression était celle du côté déplacé d'attaquer son ancienne Commandante, celle-là même qui les avait menés sur Avidich, elle fut rapidement démentie.
Car Hela, elle, ne semblait pas éprouver autant d'états d'âmes. La Déesse de la Mort était déchaînée et ne retenait pas ses coups.
Plantée au milieu de la scène de chaos, encerclée de toutes parts par les Valkyries qui avaient un jour été ses alliées, Hela, en grande tenue de combat, matérialisait un nombre incalculable de pieux magiques pour les envoyer se ficher dans le corps de ses anciennes compatriotes.
- C'est donc cela que m'envoie Odin pour me barrer la route du retour ? s'écria Hela. Une armée de poupées de chiffon ?
La raillerie ne sembla pas prendre aussi bien qu'escompté, parmi les rangs des Valkyries. Même Brunnhilde ne s'en sentit pas particulièrement offensée. Elle était à la fois consciente de sa propre valeur, mais aussi intensément concentrée sur la bataille en cours.
Les guerrières continuaient de tomber, encore et encore, mais celles qui restaient n'abandonnèrent pas leur progression. Cette attaque ressemblait de plus en plus à une mission-suicide, mais Rowenn espérait probablement encore être capable de déborder Hela par tous les bords, et ensuite fondre sur elle.
Mais que pouvaient-elles toutes, concrètement, contre autant de détermination, de rage et de magie ?
Rowenn tomba, elle aussi. De loin, Brunnhilde, toujours couverte par le nombre de ses sœurs d'armes devant elle, ne put que constater sa défaite, impuissante.
Elle n'eut pas le temps de pleurer sa commandante. Quelques secondes plus tard, son propre pégase reçut un projectile magique en plein poitrail.
Brunnhilde fut déséquilibrée par le mouvement de sa monture se cabrant sous la douleur, et chuta de selle, incapable de se rattraper à quoi que ce soit.
Elle toucha durement le sol, mais ne perdit pas de temps pour se relever. Avec un grognement de douleur, et après un regard vers les trop nombreux cadavres de ses camarades, elle se remit sur pied.
Brandissant son épée, Brunnhilde se mit en marche, déterminée, vers l'autrice de ce carnage. Elle ne se trouvait plus qu'à quelques mètres de Hela, lorsque celle-ci lança une épée dans sa direction.
Cela ne l'empêcha pas d'amorcer un mouvement agressif en direction de la Déesse déchue. Elle n'avait pas peur de mourir. Peut-être deviendrait-elle une martyre, si elle parvenait à atteindre Hela avant de rejoindre le Valhalla – mais ce titre ne revêtait aucune espèce d'importance, car Brunnhilde n'agissait pas pour la gloire.
Ce qui l'empêcha réellement d'atteindre sa cible, ce fut le geste héroïque de la camarade qui se trouvait juste devant elle.
Ellía la poussa en arrière, et s'interposa entre Brunnhilde et l'épée filant toujours vers sa cible.
Alors que Brunnhilde, déséquilibrée une fois de plus, tombait de nouveau au sol, Ellía, tournant le dos à Hela, reçut l'épée en plein thorax.
La tête de Brunnhilde heurta durement un rocher, et ce fut le noir.
