Fate Stay Night : On The Hell's Path
Maison des Tohsaka.
« Tiens, Shirô. J'aimerais que tu prennes ça. »
Un pendentif écarlate lui fut tendu. À cette vue, Shirô Emiya arqua simplement un sourcils. Sans réellement comprendre, Shirô accepta de prendre le pendentif que Rin avait dans sa main droite.
« C'est mon père qui me l'a donné. Il contient une dizaine d'année de magie à l'intérieur, il l'a préparé exprès pour m'aider à remporter la guerre. Souffla la Tohsaka.
– Je vois … »
Son regard s'attarda longuement dessus, ne sachant pas réellement pourquoi, cet objet l'hypnotisait un petit peu. Mais il se rendit compte d'une chose extrêmement importante, au passage.
« H-Hein ?! Mais je ne peux pas prendre un objet d'une telle valeur ! S'écria Emiya, le regard dirigé vers son interlocutrice.
– Bien sûr que si. C'est notre meilleure chance pour gagner contre Berserker. Déclara jeune femme en plaçant une main sur sa hanche.
– Comment ?
– Je t'expliquerais les détails plus tard, mais c'est un élément capital pour notre victoire. Ne t'en sépare pas sous aucun prétexte.
– O-Ok. »
Ayant presque été intimidé par les paroles de Rin, Shirô se contenta de hocher précipitamment la tête. Au moins, elle semblait avoir un plan derrière la tête contre ce monstre de Berserker, en voilà une bonne nouvelle. Enfin. Le jeune homme se retira ensuite, clamant qu'il allait continuer son entraînement afin de se perfectionner dans la magie. Bien que ses progrès avaient été fulgurants par rapport à ses débuts, ce n'était pas encore suffisant pour aider efficacement Saber et Tohsaka.
Mais avant tout. Il devait faire un petit détour.
Devant la chambre de sa Servant, il toqua doucement à la porte. Quelques secondes suffirent pour que la jeune femme ne vienne ouvrir la porte, ses grands yeux émeraudes montrant une certaine perplexité sur la raison de sa venue. Un peu déstabilisé par ce regard, Shirô se gratta légèrement la tête.
« Euh … je peux rentrer ? Demanda-t-il, le ton lent.
– Oui … bien sûr. Invita ensuite la blonde. »
Les deux partenaires s'assirent ensuite sur le lit, chacun regardant un point invisible dans le vide. Saber ne savait pas réellement ce qui tracassait son Master, à vrai dire. Finalement, celui-ci releva son regard vers sa partenaire qui partagea son geste.
« Je voulais juste te parler de ton vœu. Articula-t-il, les yeux légèrement plissés.
– Shirô. Lâcha la concernée, le ton ferme.
– Attends, attends. Tempéra le mage, en levant ses mains par la suite. Je ne vais pas chercher à te disputer encore ou quoi que ce soit. »
Le visage peu convaincu de Saber suffit à qu'il prenne quelques secondes afin de bien chercher les mots pour qu'ils ne se disputent pas comme la fois précédente. Inspirant une bonne fois, Shirô tint la main de sa Servant dans la sienne tout en plongeant intensément son regard dans le sien.
« Écoute-moi. Je sais que tu veux faire tout ton possible pour ton Royaume … mais est-ce que tu penses que c'est la meilleure chose à faire ? Souffla lentement Emiya.
– Évidemment. C'est l'unique solution afin que mon pays puisse être prospère. Il n'y a aucun débat possible, Shirô. Tu ne me feras pas changer d'avis, quels que soient tes arguments. Répondit l'intéressée, quasiment sur la défensive. »
Quand elle le voulait, elle pouvait rendre les choses tellement plus compliquées, songea le fils de Kiritsugu, les yeux clos. Il secoua légèrement la tête.
« Ce n'est pas ça … je voulais te dire que peut-être, ce n'est pas la seule voie qui s'offre à toi. »
Les iris émeraudes de la chevalière s'élargirent vivement. Comment … ? Ce n'était pas la seule … voie possible ? Il y avait une autre solution … ? Était-ce … seulement possible ?
« Que dis-tu … ?
– Tu veux sauver ton pays en revenant sur une décision avant ta « mort » non ? Peut-être que c'est justement ton sacrifice qui a permis la prospérité de ton royaume ? Tonna lentement Shirô.
– Non … Ce n'est pas possible … j'ai vu … j'ai vu mon royaume chuter … »
Les yeux tremblotants, Saber ne devait pas douter. Non. Elle savait ce qu'elle affirmait. Son Royaume déchu avait besoin de quelqu'un pour le guider, quelqu'un de bien plus digne que sa personne.
« Lors de la précédente guerre du Saint-Graal … j'ai revu un de mes défunts chevaliers … complètement emporté par la folie à cause de mon règne … Murmura Artoria, les yeux toujours élargis. Ce n'est qu'un exemple parmi d'autres … j'ai besoin … du Saint-Graal … oui, plus que quiconque … »
Emiya Shirô plissa légèrement son regard. La jeune femme aux cheveux blonds commençait à se perdre, à mélanger toutes ses pensées.
« Shirô … je n'ai que cela à leur offrir … le Saint-Graal … c'est potentiellement mon unique recours afin de me racheter auprès de mes sujets … »
Le fils de Kiritsugu ferma doucement les paupières et il posa délicatement sa main sur l'épaule de Saber qui releva faiblement son regard.
« Saber … ne dis pas que ton règne était une erreur. Le passé ne peut pas être changé. Parce que tout comme moi … tu as vécu des atrocités. Tu as eu des pertes, des gens à qui tu tenais. Mais tu dois porter ce fardeau sur tes épaules. Et … sois digne de leur loyauté en acceptant le passé. Si jamais, tu abandonnais maintenant en revenant sur ta décision en tant que Roi … ce serait un affront pour tous les chevaliers qui ont versé leur sang en ta cause. Chuchota le mage aux cheveux rouges. »
Le visage confus, Saber ne sut quoi répondre devant ce véritable discours de son Master. Ce dernier ramena lentement sa Servant contre lui, passant une main sur sa chevelure blonde.
« Moi aussi … j'ai pris le fardeau des gens que je n'ai pas pu sauver, à l'époque. Jamais, je ne changerais ce passé … parce que tout comme toi, ce serait un affront pour les gens qui sont morts ce jour-là. C'est en prenant la responsabilité de ses vies … que j'ai réussi à accepter mon passé, s'il y a quelque chose que je dois changer, ce n'est pas mon passé. Mais le futur de toutes les personnes qui m'entourent. »
Dans les bras de son Master, Saber était toujours surprise : comment Shirô pouvait-il si facilement accepter son passé ? Pourquoi ne prenait-il pas le Saint-Graal pour se sauver lui-même ? Pourquoi … privilégiait-il son idéal à son salut ? Comment faisait-il ? Son cœur demeurait si fort … contrairement à elle.
Elle se réfugia un petit peu plus à l'intérieur de ses bras presque rassurants.
« Je ne sais pas … Shirô … si je serais assez forte pour ça. Déclara doucement la Servant.
– Ouais … je sais. Prends le temps de bien réfléchir … si c'est réellement ton vœu … je ne peux pas t'empêcher. »
Cette phrase avait une intonation bien plus grave. Parce qu'en réalité, il ne voulait absolument pas la laisser faire un tel choix. Mais si c'était réellement le souhait le plus profond de Saber … alors il devrait la laisser faire. Pour ne pas entacher son honneur de Roi des Chevaliers.
« Mais sinon … j'aimerais que tu restes avec moi après cette guerre, Saber … »
Cette phrase causa un terrible doute dans la tête de la concernée.
Les paupières closes, la jeune femme tenta de discerner ce qui était juste ou non. Sur la forme, Shirô avait sûrement parfaitement raison : afin de ne pas ternir l'honneur de ses sujets, elle devrait accepter avec fierté son passé. Mais … savoir que ces derniers avaient perdu la vie sous son mauvais commandement … lui faisait mal. Et si jamais, elle décidait de tirer une croix sur son vœu …
Rester … ici … avec Shirô …?
« Je te formulerais ma réponse … un petit plus tard. Je dois prendre le temps de bien y songer … Souffla lentement Saber en relevant son regard vers son Master. »
Un petit hochement de tête. Délicatement, Shirô prit l'initiative de déposer sa Servant sur ses genoux tout en plongeant intensément son regard doré dans celui de la concernée. Celle-ci plaça ses bras autour du cou d'Emiya. Ils restèrent ainsi pendant quelques secondes, la chevalière ne savant pas trop quoi faire dans cette position. Puis, timidement, son visage se rapprocha lentement afin de poser tendrement ses lèvres sur celles du mage, les mains de ce dernier caressant sa taille fine.
Première fois qu'elle avait fait « le premier pas » vers Shirô. L'échange dura quelques secondes jusqu'à que ce fut la blonde brisa le tout, reculant un petit peu son visage. Les joues rougies par la gêne, Saber détourna discrètement son regard de son Master, lui-même un peu embarrassé.
« Ne t'inquiète pas, lui souffla-t-il. Le fardeau que tu porteras sur tes épaules … je le partagerais aussi. »
Artoria Pendragon hocha lentement la tête avant que Shirô ne la prenne dans ses bras, elle posa sa tête sur son épaule tout en fermant ses paupières.
« Entendu … dans ce cas-là, tu devras également me céder une partie de ton fardeau. À nous deux … nous réussirons certainement à partir au-delà de nos idéaux. Murmura doucement la jeune femme.
– Ouais … pour le moment, concentrons-nous sur le sauvetage de Sakura.
– Tu as sûrement raison … »
Maison de Fujimura Taiga – Chambre de Sakura.
La nouvelle venue s'allongea sur son lit, la tête la première. Après avoir partagé un repas chaleureux avec la famille Taiga, la jeune femme espérait trouver un peu le sommeil. Étant prise par une grosse fatigue, la Matô ne voulait plus réfléchir sur ses prochains objectifs. La porte de sa chambre finit par s'ouvrir, laissant Fujimura rentrer avec un sourire réconfortant.
« Tu vas mieux, Sakura-chan ? Demanda la professeure en s'installant à côté.
– Oui … beaucoup mieux. Au fait … il faut que je vous demande … souffla lentement Sakura.
– Hmm ?
– Comment m'avez-vous retrouvé ? »
Taiga pencha légèrement la tête, l'air perplexe devant le regard intrigué de son interlocutrice.
« Bah, c'est ton grand-père qui m'a prévenu. Tu ne le savais pas ? »
Le cœur de la Matô s'arrêta net. Qu-Quoi ? Son grand-père … ? Mais comment … ? La jeune femme tenta de dissimuler au maximum son malaise et se contenta de hocher mollement la tête. Elles discutèrent ensemble pendant quelques secondes avant que Taiga ne laisse la lycéenne se reposer convenablement. Le téléphone en main, Fujimura décida tout de même d'envoyer un petit message à Shirô, histoire de le prévenir de l'état de sa cadette. Quand bien même, elle ne voulait pas. Son bien passait avant tout.
L'intéressée avait les yeux pointés vers le plafond.
Elle … ne devait pas rester dans cet endroit …
Elle les mettrait en danger.
Son grand-père la surveillait toujours.
Personne ne devrait souffrir encore, par sa faute.
Ici, sera sa première et dernière nuit. La jeune femme ferma lentement ses paupières violettes. Depuis quelques jours, Sakura faisait des rêves étranges, mais elle n'arrivait pas à se concentrer là-dessus : elle ne se souvenait pas réellement des détails enfin …
Peut-être qu'en se rendormant …
Ignorant pendant combien de temps avait-elle fermé les yeux mais … elle parvint à se revoir dans le passé. Accompagnée de Senpai, Nee-san, Fujimura-sensei … et Saber-san. Tout ce petit groupe déjeunait ensemble, comme si rien ne s'était passé. Comme si elle n'avait pas agi de manière si stupide. Comme si tous ces événements ne demeuraient que des illusions …
Mais non. Elle vivait cette illusion.
« Hé, Sakura. »
Sachant pertinemment que ce n'était qu'un rêve, Sakura se tourna tout de même en direction d'Emiya Shirô qui préparait le déjeuner. Comme avant.
« Tu veux bien m'aider ? »
Oui … elle pourrait bien penser que c'était un rêve ou non … son cœur profitait tout de même de cet instant qui paraissait si précieux à ses yeux. La jeune femme aux cheveux violets accepta la proposition de Senpai, le sourire aux lèvres.
« Bien sûr. »
Elle se souvenait bien de tout ça.
« Comme toujours, c'est excellent. Sourit Saber à ses côtés. »
De tous ces moments passés.
« Je vous avais dit que je pouvais aider aussi … soupira Tohsaka Rin, les yeux clos. »
En compagnie des gens qu'elle avait sincèrement aimé.
« Merci pour le repas ! S'écria joyeusement Fujimura. »
Ces images possédaient-elles le moindre sens ?
Probablement pas. Mais … pouvait-elle les apprécier ?
Sûrement.
Sakura ferma lentement ses paupières … avant de se rendre compte que le décor commençait déjà à s'assombrir. Ah oui. Tous ses rêves se finissaient de la même manière : les ténèbres envahissaient doucement son esprit jusqu'à que toutes les formes ne disparaissent entièrement. Bien que sa main se leva désespérément dans la direction de ses proches avant qu'ils s'évanouissent.
Plus rien du tout.
La Matô lança des regards autour. Elle avait l'impression d'entendre des personnes parler frénétiquement sans que les mots ne soient convenablement entendus. Sakura se retourna dans tous les sens, parce que le bruit provenait de partout. Si elle se concentrait bien … elle parvenait à entendre un mot qui revenait sans cesse.
« Mal ».
Qu'est-ce que cela signifiait concrètement ? Elle ne savait pas. Pourtant, dans le néant, le regard vide de Sakura se leva lentement. Parce que quelque chose de difforme se dessinait progressivement dans les ténèbres sous les yeux perturbés de la Matô. Humanoïde, cette forme était recouverte d'une étrange substance noire, elle marchait doucement dans sa direction.
« Je vois. Tu seras celle qui me permettra de renaître. Accepte-le donc. Murmura la voix rauque en se rapprochant toujours plus.
– Q-Qui êtes-vous ? Marmonna l'intéressée, bien confuse.
– Qui je suis … ? Tu le sauras bien assez tôt … »
Presque brutalement, la jeune femme aux cheveux violets revint à la réalité. Presque essoufflé par un simple rêve, la lycéenne poussa un long soupir avant de remarquer quelque chose de fort étrange : elle se sentait un petit peu mieux que tout à l'heure. Puis, ses yeux violets virent quelque chose de bien étrange : la voici sur ses deux jambes dans la cuisine … ? Mais que faisait-elle ici ? Un élément frappa aussi l'esprit de la Matô qui sentit une impression différente avec ses mains.
« Sakura-chan … »
Machinalement, son visage se tourna à sa droite et rapidement, les pièces du puzzle commencèrent enfin à s'assembler. Regardant brièvement ses mains, complètement couvertes de sang, la jeune femme comprit quelque chose de terrible.
Complètement inertes, les corps des parents de Fujimura Taiga étaient là. Tandis que les mains couvertes de sang, la Matô leva faiblement ses yeux quand une troisième ombre se trouvait ici aussi, avec les deux parents. Elle aussi, demeurait blessée mais venait surtout de prononcer ces paroles envers la concernée, tremblotante comme jamais dans son existence.
« Pourquoi … ? Articula difficilement Taiga, ensanglantée de toutes parts.
– Fujimura-sensei … que … ? »
Au coin de sa bouche, du sang s'y trouvait. Sakura en déduisit quelque chose de terrible. Tout autour de la cuisine, le sang entachait tous les meubles, le sol. Les parents de Fujimura Taiga étaient presque totalement amputés, les yeux tremblotants de la Matô se posèrent difficilement sur son professeur, littéralement agonisante. Faiblement, elle leva sa main vers la concernée.
« Fujimura-sensei … »
Celle-ci ne répondit plus. Les yeux encore ouverts, l'intéressée ne respirait plus. Les pas lents, la conscience de Sakura ne comprenait absolument rien : il n'y avait aucune trace de lutte, tout était si bien rangé dans la cuisine. Les tables, les meubles, tout restait en harmonie. Hormis le sang. S'abaissant faiblement vers la tutrice de Shirô Emiya, la jeune femme tenta de la réveiller alors qu'il lui manquait ses deux bras.
« FUJIMURA-SENSEI ! »
Pourquoi ?! Qu'est-ce qui s'était passé ?! Elle l'avait tué ?! Comment ?! Se prenant la tête, Sakura Matô poussa un cri de désespoir. Pourquoi … le monde la rejetait-elle autant ?! Une lueur de folie s'imprégna de son regard qui commença à s'humidifier tandis que les larmes s'écoulèrent naturellement. À genoux, elle poussa des hurlements de détresse tout en ayant ses deux mains sur sa tête, complètement prise dans une folie passagère.
« POURQUOI ?! Sanglota-t-elle. »
Écroulée au sol, Sakura ne savait plus quoi penser. Elle … avait tué Fujimura-sensei ?! Comment ?! Sa respiration se saccada, son cœur souffrant, se tenant les deux bras. La jeune femme comprit ensuite … pourquoi.
Elle était en manque de mana.
Voilà pourquoi.
Des bruits de pas attirèrent son attention, levant faiblement son regard rougi par la douleur de son cœur, elle vit son grand-père s'approcher. La canne déposée au sol, le sourire aux lèvres, le vieil homme ferma les paupières.
« Je t'avais prévenu, Sakura. Souffla-t-il, de sa voix rauque.
– Qu'est-ce … que … vous … voulez … ? Répondit la concernée, le ton complètement saccadé par ses sanglots.
– Tu risques de devenir une cible pour les mages si tu continues de commettre des crimes comme ça. Regarde-toi … tu as tué une de tes proches et les membres de sa famille uniquement pour t'apprivoiser.
– Je … non … c'est faux ! »
Bien qu'étant prise par la folie, Sakura n'osait toujours pas se mettre en opposition contre son grand-père qui ricana pendant quelques secondes.
« Tu ne t'en rends pas encore compte alors … tu es certainement condamnée désormais. Comment comptes-tu t'en sortir ? La Einzbern ou la Tohsaka n'hésiteront pas à te tuer … sans parler des vers qui rongent ton corps, sans Rider, tu es complètement démunie. »
Démunie … ? Au vu des circonstances actuelles … elle n'en avait cure de tout ça …
« Mais … il reste une solution encore. Murmura Zôken.
– Une … solution … ? Répéta machinalement Sakura, les yeux élargis.
– Ha ha … »
Zôken fit quelques pas sur le côté tout en poussant les cadavres de sa canne sous les yeux horrifiés de sa petite-fille. Que faisait-il … ?
« Tu veux retrouver cet enfant, Emiya Shirô, n'est-ce pas ? Résonna la voix du vieil homme. »
Le regard momentanément élargis, Sakura leva faiblement ses yeux vers le Matô qui sourit davantage au vu de cette expression complètement désespérée.
Retrouver … Senpai … ? Retrouver son bonheur … ? Était-ce possible … ? Non, certainement pas …
« Figure-toi … Sakura, il est encore possible d'envisager un bonheur avec l'homme que tu aimes tant. Déclara le vieil homme, d'un ton lent.
– … Comment … ? »
Ricanant légèrement, le grand-père esquissa un large sourire satisfait : bien … on dirait que cela pouvait commencer. Il pourrait éventuellement accéder à son vœu …
« Tu dois te débarrasser des personnes qui te nuisent. Comme cette Saber. Elle ne fait que se mettre en travers de ton chemin pour avoir un bonheur … »
Tuer … Saber-san … ? Pourquoi … ?
Elle rendait probablement Senpai heureux … alors, non. Elle ne la tuerait pas … plus maintenant … !
« Non … je ne peux pas … la trahir de nouveau ! Je ne veux pas la tuer ! Saber-san est mon amie ! S'écria finalement la jeune femme en secouant la tête.
– Oh ? Je vois. Alors peut-être que tu ne garderas pas le même discours … quand tu apprendras qu'Emiya Shirô compte gagner le Saint-Graal … pour Saber ? »
Hein ? Les yeux écarquillés et tremblotants, Sakura doutait encore. Comment ? Senpai ne voulait pas la sauver, elle ? Pourquoi ? La belle Matô baissa légèrement la tête sous le regard de Zôken dont la satisfaction était à peine dissimulée.
« Tu vois … tu dois te débarrasser de Saber pour récupérer ton bonheur. Après tout, tu ne m'intéresses pas, dès lors que ta mission sera accomplie, je te laisserais vivre avec l'homme que tu aimes tant. »
Après tout ça … ? Elle pourrait vivre avec Senpai ?
« Dans ce cas … n'hésite pas. »
Zôken disparut ensuite en d'innombrables moustiques qui s'envolèrent. Sakura mit quelques secondes avant de se relever … et une chose différa légèrement : son ombre juste en face d'elle ne correspondait pas du tout. Machinalement, elle tourna doucement sa tête … pour voir l'Ombre juste devant, immobile et sans aucun bruit. Se raclant la gorge, la Matô eut l'impression que cette chose … avait toujours été là … avec elle depuis le début.
Le mur, le plafond, tout commençait à se teindre en noir.
Silencieusement, l'Ombre s'avança doucement en direction de Sakura qui recula jusqu'à toucher le mur derrière.
Senpai …
« Non … ne t'approche pas de moi … »
Nee-san …
L'Ombre se déploya. Dans un mouvement étrangement lent, ces dernières s'approchèrent de la concernée au regard élargis.
« NE VIENS PAS ! »
… Et toi aussi, Saber-san …
Désormais à genoux, Sakura sentit toute son histoire défilait furieusement dans sa tête. Les images de ses proches se gravant dans son esprit. Parce qu'elle avait l'impression que c'était une des dernières fois qu'elle pourrait le faire …
… Je vous en supplie … arrêtez-moi …
L'Ombre recouvra intégralement le corps de la Matô, immobile jusqu'à maintenant. Pourquoi ? Parce que son égoïsme … réclamait sûrement un peu de bonheur …
Une violente onde de choc écarlate se répandit autour de la maison, renversant tous les meubles au passage. Détruisant toutes les lumières, y compris dans toute la ville. Shirô, Saber et Rin élargirent leurs regards à ce moment précis dans leur propre manoir. La blonde du trio se releva rapidement, le regard posté à la fenêtre.
« Que se passe-t-il ?! S'écria Emiya, le ton démontrant toute sa surprise.
– Quelque chose … d'effroyable vient d'arriver. Souffla Saber, les yeux plissés. »
… Ou tuez-moi, par tous les moyens.
Sous un vent puissant, une nouvelle ombre se trouvait debout. Les yeux clos, Sakura demeurait vêtue d'une couleur rouge et noire, identique à celle de l'Ombre. Sa chevelure désormais blanche voleta de droite à gauche, une impression toute nouvelle impression imprégna l'intégralité de son être.
… Avant que ça ne soit trop tard …
« Je vois … tout le mal du monde … est en moi … »
Sa voix étant plus sombre. Ses yeux rougeoyants s'ouvrirent brutalement, de même qu'ils scintillèrent au milieu des ténèbres, un sourire sadique naquit sur son visage.
« Le printemps est arrivé … mais les fleurs sont déjà tombées. »
Chapitre 47 : Un Printemps Sans Fleur
