Quand la pureté reste dans l'âme
La noble et moderne famille Black
*~*°O°o°O°*~*O*~*°O°o°O°*~*
Chapitre 40 :
Animal Language
*~*°O°o°O°*~*
Ecoute : « Relaxation - Musique relaxante : Calme, Douce »
Dimanche 21 avril
Le Terrier
Lord Arthur Weasley était tranquillement chez lui, dans son salon. Sa femme n'avait pas été heureuse qu'il s'absente pour un mois. Il lui avait dit pouvoir rentrer le soir mais elle n'avait rien voulu entendre.
- Si le Ministère t'ordonne de faire ce stage, c'est que tu es un bon à rien ! avait-elle crié.
Il n'avait rien dit. De toute façon, quand sa femme était en colère, il ne pouvait rien dire. Elle ne l'écouterait pas.
Avec un pincement au cœur, il l'avait entendu prévenir Albus qu'elle serait seule durant un mois avec les enfants sur les bras. Que son mari était tellement mauvais dans son travail que le Ministère lui avait demandé de faire un stage.
Et cela n'avait en rien choqué Dumbledore qui, au contraire, semblait heureux du départ du chef de famille.
- Je viendrais vous voir tous les soirs, Molly, avait annoncé le vieil homme avec bienveillance.
Mais Arthur voyait cela sous un autre angle et il viendrait lui aussi, il se le promit, ne serait-ce que pour être présent auprès de ses enfants.
Il avait essayé de discuter avec sa fille, mais elle le fuyait comme la peste. Sans parler de Ron qui mangeait salement et devenait particulièrement grossier. Il tentait tant bien que mal de le gronder alors que sa femme le contredisait immédiatement faisant ainsi passer son époux pour un mauvais mari.
Doux Merlin… que devenait sa famille ?
Charlie et Bill avaient disparus des discussions. Molly n'en faisait plus jamais mention. Quant à Percy, elle en faisait l'éloge depuis qu'il avait annoncé vouloir intégrer le Ministère.
Il sortit de ses pensées alors que l'horloge sonnait seize heures. Il embrassa sa fille sur le front, l'informant qu'il serait là si elle en avait besoin. Elle ne répondit pas, se contentant de sourire. Quand à Ron, il n'en avait rien eu à cirer.
Arthur prit alors son sac de voyage et salua sa femme, voulant l'embrasser alors qu'elle refusa puis disparut aux limites de protections du Terrier.
.
*~*°O°o°O°*~*
.
La journée était belle. Il ne pleuvait pas, et faisait assez frais, mais pas froid. Se forçant à sourire il avançait dans la rue, rejoignant l'hôtel réservé par le Ministère. Il se présenta à l'accueil et se vit amené à sa chambre.
Il y avait un grand lit, une armoire, un bureau et une étagère. Il déposa son sac, remerciant la dame de l'accueil et pris possession des lieux.
La salle de bain était simple mais très belle : une grande baignoire, un lavabo, une petite armoire pour ses effets personnels. Il retourna dans la chambre et ouvrit le placard.
Il vit alors des cintres sur lesquels étaient inscrites les dates à laquelle il devrait porter tel ou tel costume. Une étiquette était aussi posée sur un ensemble qui serait pour les grandes occasions et les tenues plus décontractées s'il souhaitait s'aventurer dans les villes moldues.
Une note de la Ministre l'informait que tous les frais seraient payés par le Ministère qui avait un budget destiné aux voyages d'affaires, ceci étant considéré ainsi.
Il se retourna vers le lit et sursauta.
- Eve ?
Le phénix hulula joyeusement. Il y avait au moins une chose positive : il pourrait avoir son phénix à ses côtés contrairement à d'habitude. Il était hors de questions qu'Eve soit au Terrier ou encore au Ministère. Il avait demandé à Fabian d'en prendre soin, mais apparemment Eve avait voulu le rejoindre dès qu'il fut seul.
Et sa présence ne pouvait qu'être bénéfique et rassurante. Les yeux bleus le fixaient alors qu'il s'assit sur le lit bien trop confortable. Il soupira en gratouillant le ventre de l'oiseau.
Arthur se concentra ensuite sur les différentes revues scientifiques et techniques présentes dans les étagères et passa une bonne heure à décortiquer un article sur les premiers serveurs, ordinateurs et un projet de réseau Internet qui serait ouvrable au public dans les années 1992-1993. Il lut également un article sur les téléphones et leur fonctionnement avant que son estomac ne crie famine.
Il se changea alors et sortit de l'hôtel afin de voir ce qu'il pourrait bien manger, et surtout à quel endroit.
Il imita alors un jeune couple et s'assit à l'intérieur d'un restaurant. Un serveur lui donna une carte qu'il lut avec attention. Il avait l'embarras du choix. Il choisit une salade, un plat principal composé de viande et de pommes de terres puis un dessert au chocolat.
Ce fut avec stupéfaction qu'il nota la qualité du repas. Un vrai délice. Sans compter le service très aimable qui lui demandait peut-être un peu trop régulièrement si tout se passait bien et si le plat lui plaisait.
Il régla la facture avec les divers billets puis sortit du restaurant plus heureux qu'à l'arrivée et le ventre plein.
Il s'arrêta au bout d'une bonne demi-heure de marche et s'assit sur un banc. Il vit, au loin, un centre de fitness et se dit qu'il pourrait essayer. Mais il était bien tard et il devait retourner à l'hôtel, afin d'être en forme pour sa première journée.
*~*°O°o°O°*~*O*~*°O°o°O°*~*
Liberty Charms
Eaglewood Village
Irlande
La maison était vide. Enfin, vide d'humains. Hardwin était au Laboratoire pour la journée. Elizabeth et les enfants passaient la journée à l'extérieur et les elfes nettoyaient le Manoir de fond en comble.
Les hiboux étaient de sortie, allant chasser dans la forêt « Eshbrack Bog ».
Quand aux chats, ils étaient sortis dans le jardin afin de profiter de la belle journée.
- Je te zut, Berlioz ! cria Bia, une femelle tortie de bientôt cinq ans.
- Toi-même, espèce de pâtée de petits pois ! grogna Berlioz qui était un peu plus âgé. Sally ?
- Quoi, gros ?
- Suis pas gros !
- Oh que si ! miaula E'Caleum, un mâle bleu smoke de bientôt deux ans.
- Hé, m'sieur « j'vois la vie en blue » tais-toi, fit Berlioz.
- Z'arrêtez pas un peu de m'enquiquiner les z'oreilles vous ? fit Néos, un grand mâle tigré bleu et noir qui venait d'avoir 13 ans. J'aimerais bien bronzer un peu, et en silence !
- Rêve toujours, ronronna Salazar qui allait sur ses onze ans.
- Oh nan, v'là la volaille ! soupira Alzath, un mâle tigré de couleur crème et bientôt âgé de six ans.
- La volaille elle t'encrasse ! fit Névius en lâchant une fiente sur Alzath qui hérissa le poil.
- Aaaeeeuhrk t'es dégueux Név' !
- Et moi j'vous encercle ! C'est plus géométrique ! ricana Surya en voletant autour des chats présents.
- Quel langage, déplora Salazar.
- Déprimant, hein ? fit Névius en se posant à côté du plus calme des chats.
- Ouais, trop, espèce de poulet déplumé, répondit le chat en ronronnant.
- Suis pô déplumé !
- Pas encore, fit Salazar en s'étirant délicatement les pattes arrière.
- Maman Sury, maman Surya ! cria alors Eden. Mamaaaaaaaan !
- Quoi, petit prince ? fit alors la concernée en volant vers son fils.
- Berli' m'a paralysé les ailes avec sa purée de magie !
- C'est balo ! ricana Ezia, une femelle blanche au visage crème.
- C'est un ballot de paille ! chantonna alors Néos.
- Crétinus totalus ! s'écria Eizan, un des fils de Salazar.
- T'abuses, fiston.
- Puis c'est pas un ballot de paille, mais un ballot de plume ! s'amusa Surya. Mon chérichou Eden, faut te rendre à l'évidence, Berlioz veut que tu le courses.
- Mais nan ! fit le chat, outré. C'est moi qui vais le courser, oui !
Ollyos, le phénix d'Anastasia, apparut à son tour.
- Han vous faites une rencontre et vous m'le dites même pas ! râla l'oiseau.
- Bah va chercher les autres, idiot ! Personne ne voulait se dévouer, ça tombe bien ! s'amusa Ezia.
L'oiseau réapparu quelques instants plus tard, accompagné de Nevania, Zoro, Flames, Nyxia, Eve, Elowenn et Fox.
- Han mais c'est plus équilibré là ! fit Néos.
Zéphyr apparu à son tour et se posa sur le dos de Salazar.
- Hé, vas-y je t'en prie, prends tes aises ! cracha Salazar.
- Je m'exécute en ce moment même, fit l'oiseau en chantant joyeusement.
Ollyos se posa sur le dos de Berlioz en tirant sur ses poils.
- Sale petit poulet volant, j'vais t'refaire tes ailes, moi ! grogna Berlioz. Mais lâche-moi, sale traître !
- Je n'ai pas d'ordre à recevoir d'un gros matou, m'sieur Bébère !
- M'appelle Berlioz moi ! Pas Bébère, espèce d'oiseau déjanté !
- J'suis pas une voiture, j'ai pas de jante !
- Ferme ton bec !
- Toi-même !
- J'ai pas de bec !
- Mais t'es… oh et puis mince.
- Naaaaaaan pas mes poils, arrête de tirer dessus ! Chaque poil est relié à un muscle, crétinus !
- Bon à savoir, fit joyeusement l'oiseau.
S'ensuivit d'une bataille de bec et de griffes entre les deux amis.
Névius, quant à lui, s'était délicatement posé sur le dos de Néos.
- Comment oses-tu !
- Bah… comme ça ! J'avais envie de me poser sur un perchoir et tu en es un de si bonne qualité, mon ami.
Néos se leva en marmonnant dans ses moustaches puis commença à courir, afin de faire lâcher prise à l'oiseau. Mais…
- Allez, huuuuuuuuuuuuuuuuuuuuh dada huhuuuhuuuuuuu, plus viiiiite han c'est trop cool ! Aller, huuuuu petit cheval à l'allure de vieux matou ! Huuuuuh.
- Espèce de fleur de prune !
- C'toi la poire au crâne d'œuf !
- J'vais t'balancer une pêche dans ta poire si tu ramène ta fraise comme un poil sur l'eau du lac !
- Et moi j'vais tirer sur tes poils de queue si tu continues à enquiquiner mes plumes !
- T'as qu'à m'lâcher, crétinus !
- C'toi !
- Tête de bœuf ! cria alors Néos.
- Bouseux !
- Archéodendrite !
- Cha veut dire quoi, cha ?
- Ca veut dire vieille branche !
L'oiseau donna des coups de becs dans le pelage du vieux chat avant de s'envoler prestement.
- Espèce d'Alvéopyge !
- Euh…
- Ca veut dire espèce de trou du c… euh, que tu es particulièrement énervant quoi ! Purée mais faut vous apprendre à parler ou quoi, volaille puante ?
.
*~*°O°o°O°*~*
.
Les animaux, épuisés, s'étaient tous allongés dans l'herbe à l'ombre d'un arbre. Ils adoraient ce genre d'après-midi durant lesquels ils pouvaient se défouler sans que les humains ne le sachent. C'était marrant, en plus, de prendre les chats pour des chevaux !
Puis, il fallait dire que certains avaient pris de l'endurance depuis la fois précédente. Après un bon repas en compagnie des chats grâce aux elfes qui avaient pris des photos dans leur dos, les phénix partirent un à un rejoindre leurs différents maîtres.
La première à quitter les lieux était Eve, qui rejoignit Arthur tout en restant invisible aux Sans-Pouvoirs.
Sa première journée avait été éreintante, mais il fut heureux de ne pas faire de gaffe ni de citer la magie. Il avait passé sa première journée chez un électricien qui lui avait expliqué la théorie et fait des exemples avec un petit circuit, comprenant des piles, qu'il lui avait donné à la fin de la journée.
Le lendemain, il aurait une journée dans un hôpital, pour continuer dans un centre médicalisé pour personnes âgées le mercredi et enfin deux écoles différentes pour la fin de semaine.
La semaine d'après il intégrerait des laboratoires, puis, lors de sa troisième semaine, il assisterait des artisans comme des plombiers, des ébénistes et plein d'autres. Il se rendrait également dans un garage moldu, apprenant les différentes sortes de production et tout ce qu'il s'y produisait.
Il n'avait pas le temps de s'ennuyer, sans compter qu'il écrivait tout ce qu'il pouvait – et dans les moindres détails – chaque soir. Il pu aussi rencontrer régulièrement Charlie et Fabian qui vinrent lui tenir compagnie lors des différents repas ainsi que Hardwin et Sergej.
Il rentra au Terrier le vendredi soir, souhaitant revoir sa femme et ses enfants qui lui manquaient.
Il entra dans la maison et passait par la cuisine lorsque Ginny lui sauta au cou.
- Papa, tu m'as manqué, chuchota la jeune fille.
- Toi aussi tu m'as manqué, petite princesse. Maman est là ?
- Oui, elle parle avec Dumbledore au salon.
Arthur étouffa un soupir d'énervement.
- Tu ne l'aimes pas, pas vrai ? fit doucement Ginny en restant dans les bras de son père.
Mais il ne répondit pas. Quelle que soit sa réponse, elle serait trop dangereuse à formuler.
- Vous avez déjà mangé le repas du soir ? demanda alors le père de famille.
- Non, pas encore. Dumbledore reste manger, d'ailleurs.
- Il ne rentre pas à Poudlard pour le dîner ?
- Apparemment non, fit Ginny en haussant les épaules. Mais c'est vrai que c'est bizarre, fit la jeune fille alors qu'un éclair blanc passait devant ses pupilles. Aie ! fit-elle alors en se cambrant.
Arthur, paniqué, rattrapa sa fille avant qu'elle ne tombe. Il voulu l'amener loin de tout cela, mais s'il faisait cela… elle serait séparée de Molly et Dumbledore en parlerait au Ministère et…
- Que se passe-t-il ? grogna une voix masculine et mécontente. Ginny se redressa alors, s'appuyant à la table. Arthur, enchanté de voir que vous êtes rentré pour le week-end, fit Dumbledore sur un ton faussement joyeux.
- Je suis également heureux de vous revoir, Albus. Comment allez-vous ?
- Très bien, je vous remercie.
- Vous restez pour le dîner, j'imagine ?
- Oh. Non, non, merci. Je dois rentrer à Poudlard, vous savez bien.
Alors Dumbledore appela son phénix et disparu, laissant une poussière blanche.
Ce fut Molly qui entra alors dans la cuisine.
- Alb… Arthur ? Où est Albus ?
- Il souhaitait rentrer à Poudlard, fit Arthur en haussant les épaules. Je pensais qu'il resterait pour le repas.
Ce fut le regard soudainement perdu de sa femme qui lui répondit. Bon sang, qu'il haïssait cette situation. Dumbledore n'abusait pas de sa femme, c'était déjà ça, mais il sentait bien qu'au moins Molly, Ginny et Ron étaient sous l'emprise de divers sortilèges.
Il devait voir Sergej. Et vite.
- Hm, j'ai oublié quelque chose à mon appartement de service, je reviens dans la soirée, me m'attendez pas ! fit-il en disparaissant dehors et transplanant dans la forêt avant d'appeler son phénix.
.
*~*°O°o°O°*~*
.
Il était dix-neuf heures. Techniquement pas la bonne heure pour débarquer chez les gens. Mais heureusement, Sergej l'avait vu apparaître dans la rue et s'était précipité à l'extérieur en l'appelant.
- Arthur ! Arthur, viens ! Entre !
Hésitant, il finit par avancer et traversa la pelouse.
- Désolé de venir à l'improviste, je…
- Aucun problème, fit Sergej. Viens, tu vas manger avec nous et nous expliquer ce qui t'amène en Russie !
Arthur acquiesça puis entra à la suite de Sergej, retirant ses chaussures et sa cape de voyage.
Lena le salua et prévint les elfes afin d'ajouter un couvert au repas. Arthur tenta de refuser mais le regard noir de Lena fini par le convaincre d'accepter sous le rire moqueur de Sergej.
- Les enfants mangent chez des amis, donc tu peux parler librement, lança Sergej en lui montrant une chaise.
Arthur hésita un quart de seconde avant de partager ses doutes et ses craintes. L'éclair passé dans les yeux de sa famille avait servi d'électrochoc : il ne pouvait plus laisser faire les choses juste pour le bon déroulement du futur procès. Dumbledore était allé trop loin.
- J'ai juste eu envie de récupérer ma fille et de disparaître avec ! De l'amener en Ecosse, dans un centre médical, de lui faire retirer ces satanés sortilèges mais dès qu'elle a un moment de lucidité, Dumbledore débarque dans la seconde !
Arthur craquait. Que pouvait-il bien faire ? Sa fille était sous l'autorité parentale de sa femme autant que sous la sienne. Pour peu que Molly refuse, il ne pourrait pas l'emmener. Et il était certain que Molly refuserait. Alors que faire ?
Sergej, attentif et calme, écouta les craintes de son ami. Car oui, cet homme était devenu son ami même s'ils ne se voyaient pas aussi régulièrement. Il s'était attaché à cet homme qui avait tout fait pour sa famille maintenant déchirée à cause d'un vieil homme.
Il aida ensuite Arthur à réfléchir sur les dernières possibilités, ainsi que sur sa position en tant que Lord.
.
*~*°O°o°O°*~*
.
Arthur était de retour au Terrier. L'ambiance y était étrange. Ron était affalé dans le canapé en mangeant du chocolat tout en ayant une main grossièrement posée dans son pantalon.
- Bonsoir Ronald, si tu pouvais mieux te tenir…
- J't'ai rien demandé ! cria alors Ronald en se levant.
- Ronald, assieds-toi immédiatement, fit froidement Arthur. Je pense que nous devons parler, tous les deux.
- Pour quoi faire ?
- Ton attitude est plus qu'irrespectueuse.
- Je n'ai rien fait !
- Tu es grossier, sans compter que tu ne dois pas grignoter entre les repas. Que se passe-t-il ici enfin !
- Arthur, fit Molly en arrivant dans le salon. Laisse-le, il est petit, il…
- Je ne suis pas petit ! cracha alors Ron avant de monter les escaliers en courant.
Molly se gratta la tête en fronçant les sourcils alors que son mari la fixa non sans mécontentement.
- Molly.
- Oui mon chéri ?
- Tu peux avoir des amies, voir du monde, mais je te demande de t'éloigner immédiatement de Lord Dumbledore.
- Pourquoi ? fit-elle sans comprendre.
- Il s'immisce dans notre vie privée. Depuis que tu le vois, tu ne me regardes plus et tu t'es mis en tête de t'occuper plus de Ginny et de Ronald alors que tes autres enfants sont tout aussi important.
- Quels autres enf… Oh.
- Oui, « oh », mon cœur. Ne vois-tu pas qu'il y a un problème ?
Il restait calme, mais pourtant il sentait qu'il n'aurait pas beaucoup de temps au vu de tous les objets de surveillance dans la pièce. Il pouvait les sentir, maintenant, et cela lui donna des frissons. Combien de scènes avaient été visualisée ? A ce stade, cela devenait de la perversité !
Arthur tenta de rester calme, pourtant, en fixant son épouse avec inquiétude.
- Je t'aime, Arthur, fit-elle en se réfugiant dans les bras de son époux.
Etait-ce seulement un instant de lucidité ?
- Moi aussi, je t'aime Molly. Mais il faut que cela cesse.
- Sinon ?
Rien qu'au ton de sa voix et au mouvement de recul, il sentait que la lucidité de sa femme s'était à nouveau envolée.
- Sinon, je me verrais dans l'obligation de te retirer nos enfants, ou encore de te renier.
- De… quoi ? s'énerva alors Molly, dont le visage avait d'abord exprimé la souffrance avant la colère noire.
- Ginny est sous l'emprise de sortilèges de contrainte, et toi aussi, ma chérie. Je ne peux…
- Tu dis n'importe quoi ! cria Molly qui continua en bégayant.
Comme si une partie d'elle lui disait que son époux avait raison.
- Dumbledore vous manipule, fit froidement Arthur en jouant le tout pour le tout.
- Tu mens ! Albus est adorable ! Il vient enseigner les enfants ! Il…
- Que leur apprend-t-il, exactement ?
- Je… je ne sais pas ! fit la femme qu'il ne reconnaissait plus.
Quelques larmes coulaient sur le visage rouge de la mère de famille. Il sentait qu'elle comprenait, au fond d'elle. Qu'il l'aimait par-dessus tout, mais qu'il n'avait pas le choix. Quant à Dumbledore… Arthur devrait se protéger au maximum, à l'avenir. Et ne plus jamais mettre les pieds au Terrier.
L'angoisse serrait le cœur du père de famille. Qu'allait-il advenir de sa femme et de ses enfants, entre les mains de Dumbledore ? Cet homme ne devait pas être aussi méchant que cela, il ne les ferait pas souffrir… enfin, pas tant que Voldemort n'aura pas fait son coming back…
- Laisse-moi prendre Ginny.
- Non, jamais !
- Et Ron.
- Non ! Tu ne me retireras pas les seuls enfants que j'aime !
- Les seuls ? Tu te fiches de moi, là ?
Des pas se firent entendre dans le couloir. Maudit Dumbledore. Ce fut sans compter Ginny et Ronald qui étaient redescendus.
- Que se passe-t-il, ici, exactement ? fit Dumbledore avec le regard froid des mauvais jours.
- Que faites-vous dans ma maison ? siffla Arthur.
Oh, oui, il savait. Mais cela, Dumbledore ne s'en doutait pas. Pas encore…
- Ginny m'a appelé, mentit Albus en lançant distraitement un sortilège à Ginny qui approuva vivement en prenant la main du vieil homme.
Arthur avait envie de vomir.
- Grand-'Pa a dit que je devais l'appeler si vous haussiez le ton, fit la plus jeune d'une voix trop enfantine.
- Je vais devoir vous renier, fit alors froidement Arthur en observant tour à tour Ronald, Ginny et le regard effrayé de Molly.
- Tu n'as pas le droit ! Tu ne peux pas, c'est moi qui décide dans cette maison ! hurla-t-elle.
Arthur leva sa baguette juste à temps, alors que Dumbledore essayait de lui lancer un oubliette. Ils enchaînèrent plusieurs sortilèges et ceux du Directeur touchèrent malheureusement les enfants. Arthur essayait de les protéger mais Dumbledore n'y apportait aucune importance.
Il se battait contre une armée de marionnette et un vieux fou.
Il avait vraiment envie de vomir. Et de pleurer, aussi.
Dumbledore accélérait le mouvement, et Arthur, épuisé par la semaine et la journée qu'il venait de passer, failli se faire toucher par un sortilège manipulant le mental de la victime.
Alors qu'un ultime sortilège gris-vert se dirigeait vers lui, un mur de flammes l'entoura et Eve apparu auprès de lui.
Il ne vit pas Dumbledore chanceler ni les autres tomber au sol, il ne remarqua pas les pattes d'Eve l'attraper et le faire disparaître de la maisonnée. Il se sentit juste tomber sur du parquet et sombrer dans un sommeil profond.
Un sommeil sans tristesse, sans joie, sans mélancolie. Juste un silence. Un silence étouffant, qui le forçait à dormir.
Etait-ce pour l'éternité ?
.
*~*°O°o°O°*~*
*~*°O°o°O°*~*O*~*°O°o°O°*~*
