Bonjour à tous,
J'imagine que beaucoup seront surpris de voir un nouveau chapitre après autant de temps. Certains le savent, je publie désormais principalement sur wattpad pour un certains nombres de raisons, mais je ne vais pas vous embêter avec ça. Cette histoire a été commencé il y a longtemps et comme je l'avais promis je compte bien la finir. Plusieurs personnes n'apprécient cependant pas wattpad et m'ont demandé de continuer à publier ici. J'ai longtemps hésité et j'ai finalement décidé de retenter le coup. C'est le premier site où j'ai publié, beaucoup d'entre vous m'ont soutenus et si j'écris toujours aujourd'hui c'est en grande partie grâce à vous.
Pour être honnête avec vous, j'avais arrêté de publier sur ce site car il n'y avait plus de reviews sauf à ce que j'insiste en vous le demandant et ça ne me plaisait pas. Réclamer pour ça, c'est pas mon genre. Il n'y avait plus de reviews et ceux qui en écrivaient régulièrement et avec qui je discutais de temps à autre avaient tous arrêtés sans que je ne sache pourquoi. Ça me donnait l'impression d'écrire pour personne et que l'histoire n'était plus appréciée. En allant sur wattpad où certains d'entre vous sont également venus, pas mal de choses ont changées et comme je l'ai mentionné, certains m'ont demandé de continuer ici. Voici donc le chapitre 47. Je ne me fais pas trop d'illusions, j'imagine que beaucoup auront soit été sur wattpad soit auront arrêté l'histoire, mais peut-être reste-t-il encore quelques personnes ^^
Pensez aux reviews ;)
Chapitre 47
Prisonniers hors du temps, dans une bulle dont ils étaient les seuls maîtres, Harold et Astrid ne voyaient ni n'entendaient plus rien si ce n'est le battement de cœur de l'autre. Leurs deux pouls battaient en rythme, leur donnant progressivement l'impression qu'ils ne faisaient plus qu'un. Pendant un instant qui sembla tout à la fois éternel et aussi fugace qu'un souffle, il n'y eut plus ni guerre ni complots. La mort et la souffrance n'existaient plus. Le poids des responsabilités et la solitude passée s'étaient évanouis. Ils étaient tout l'un pour l'autre et seul cela comptait.
Harold sentait le corps de la jeune femme contre le sien, la chaleur de sa peau sous sa main et le goût de ses lèvres. Il y avait là tout ce dont il avait toujours rêvé depuis ce jour lointain où elle l'avait embrassé pour la première fois. Il aurait voulu que jamais cela ne cesse. Néanmoins Harold ne pouvait totalement occulter le sentiment d'urgence qui l'avait saisi depuis le début de la mission. Il le sentait tapi à la lisière de son esprit. Malgré toute son envie de ne pas s'éloigner d'Astrid du moindre millimètre et de rester dans cette bulle de bonheur tout juste acquise, il mit doucement fin au baiser.
Dans les yeux d'Astrid, une éphémère déception brilla tout aussi vite remplacée par la joie et le bonheur d'avoir contenté son cœur. Elle avait enfin obtenu ce pour quoi elle avait tant sacrifié, car au fond d'elle, elle le savait, si elle avait enduré la solitude et caché ses véritables pensées pendant tant d'années à ceux qui furent son peuple ce n'était pas seulement pour les dragons et la vision d'un monde différent. C'était surtout pour Harold. Ce qui ne rendait que plus grande sa soif d'en obtenir davantage. Si tout cela avait eu lieu en un autre temps et un autre lieu elle lui aurait certainement sauté dessus.
Elle se mordilla la lèvre d'une manière qu'Harold trouva adorable et il ne put empêcher ses pensées de partir vagabonder en des contrées plus enfiévrées. Ce à quoi Astrid ne fut pas insensible. Il n'y avait pas besoin de mots entre eux, le simple regard d'Harold lui avait suffi. Elle sentit elle aussi ses pensées prendre une dangereuse tournure. Une part d'elle avait totalement oublié où elle se trouvait, se persuadant qu'un instant, une simple seconde de plus ne pouvait faire de mal, et sans même s'en rendre compte elle avait fait un pas vers un Harold pas plus vaillant qu'elle.
Harold l'avait vu faire, il aurait dû réagir. Une petite voix dans sa tête ne cessait de le sermonner et de l'inciter à reprendre son sang-froid. Pourtant, bien malgré lui, celui qui avait reçu tant de titres pour son courage, sa bravoure et son intelligence au combat était totalement incapable de résister à la jeune femme qui lui faisait face.
Astrid s'était approchée au plus près. Elle sentait son souffle, Harold son odeur, il aurait fallu qu'il agisse à cet instant, mais aucune de ses défenses ne pouvait résister au regard de celle qu'il aimait. Dans un instant elle l'embrasserait et il ne pouvait s'y opposer, mais au moment même où elle allait s'y aventurer ils entendirent un son des plus évocateurs résonner non loin d'eux.
— Hum hum…
Avec une coordination parfaite, les deux tourtereaux se retournèrent simultanément, une expression de gamins pris la main dans le sac sur le visage.
— Ah, c'est toi Alrik…
On sentait dans les paroles d'Harold autant d'embarras que de soulagement. Les choses auraient été bien plus difficiles à gérer s'il avait dû faire face à la nouvelle chef de la Garde Noire. Il n'en était pas pour autant débarrassé de toute honte, au contraire, cela était assez embarrassant pour lui. Il aurait dû montrer l'exemple, rester sur le qui-vive, toute son attention tournée vers la mission et à la place il s'était fait surprendre à embrasser l'un des membres de son équipe. Un bel exemple de la part du Protecteur du Nord !
À l'inverse, Astrid semblait d'une grande sérénité depuis qu'elle avait identifié l'impudent qui avait fait échouer sa tentative. Une attitude qui surprit Harold et vint le déstabiliser d'autant plus. Astrid avait beau avoir changé, il était étonné de ne pas voir ne serait-ce qu'une infirme parcelle de son caractère d'habitude si indomptable se manifester.
À la place, même si le rouge lui était un peu monté aux joues sous l'effet de la surprise, elle souriait sincèrement à Alrik et il lui rendait. Il y avait entre ces deux-là une chose qu'Harold n'arrivait pas à comprendre et il ne put empêcher une pointe de jalousie de se manifester.
— Tout s'est bien passé Alrik ? demanda Harold en essayant de reprendre un semblant de professionnalisme.
— Je me suis débarrassé du corps, mais il y a de plus en plus de soldats. Il ne va pas falloir traîner.
— Dès qu'Eldrid est revenue, on y va. On est encore dans les temps… enfin… si nos informations sont bonnes. Tu voulais me parler d'autre chose ?
Alrik hocha la tête et enchaîna :
— Des arm… mais avant ça, toutes mes félicitations !
Certes la mission se devait de passer avant tout, mais il y avait des choses qui se devaient d'être dites du point de vue d'Alrik. Surtout quand cela concernait sa partenaire.
Le brusque changement d'Alrik avait surpris Harold qui pensait qu'une espèce d'accord tacite avait été passé quand il avait remis en avant la mission. Il fut incapable de réagir et c'est Astrid qui répondit en remerciant sincèrement Alrik.
Il y a vraiment quelque chose entre ces deux-là… Dès que l'occasion se présentera, il faudra que j'interroge Astrid…
— Alors, de quoi voulais-tu nous parler ?
Astrid avait pris l'initiative, donnant ainsi à Harold de précieuses secondes pour se départir de son trouble et retrouver une expression digne de son rôle. Au passage, il n'avait pas échappé à Alrik qu'Astrid s'était naturellement incluse dans la conversation à venir comme si désormais parler à Harold revenait également à l'interroger.
Un sentiment d'autant plus renforcé par la vision qu'Harold et Astrid procuraient. Côte à côte, seulement éclairé par l'éclat diffus d'une lampe tempête et vêtu pour l'un d'une armure de ténèbres, pour l'autre de l'écarlate du sang, il en émanait une aura d'autorité à la complémentarité parfaite.
— Des armes. On devrait faire quelque chose. Même si on ne peut pas les détruire, on pourrait au moins mettre le feu à l'entrepôt quand on partira.
— C'est dangereux.
— Harold a raison. On risque d'être repérés et notre retraite deviendrait compliquée.
— Mais si on ne fait rien on est certain qu'ils les utiliseront contre nos guerriers, nos amis !
— Et si on agit, on a aucune certitude qu'ils ne maîtriseront pas le feu et il est plus que probable qu'il existe d'autres entrepôts. Sans oublier qu'on est quasiment certains d'avoir des ennuis. Notre mission est trop importante.
Voyant qu'Alrik allait tenter d'en rajouter, Harold prit les devants :
— Tu sais comme moi que Drago ne nous a pas montré toute l'étendue de ses capacités, mais… selon la situation à ce moment-là on avisera. Ça te va ?
Alrik hocha la tête en signe d'accord. Au moins avait-il obtenu une concession, et pour l'instant cela lui suffisait.
— On ferait mieux de rejoindre les autres.
Sur ces mots, Harold s'empara de son casque, serra une dernière fois tendrement la main d'Astrid tout en lui souriant, puis ils descendirent. Arrivés en bas, les trois amis virent Eldrid arriver. Élia la fit entrer en vérifiant que personne ne la suivait et la jeune femme se dirigea immédiatement vers Harold.
En arrivant à son niveau, elle retira son casque, prête à faire son rapport, mais au moment de prendre la parole elle le regarda étrangement, puis Astrid et un sourire énigmatique naquit sur son visage. Il ne fallait pas en attendre moins de la meilleure espionne du Nord.
— On a pas le temps Eldrid… murmura Harold en voyant l'heure tourner et surtout Élia qui s'était elle aussi mise à regarder dans leur direction.
— J'ai suivi le plan fourni par le prisonnier et pour l'instant c'est parfait. C'est comme il l'a décrit, je n'ai rien vu de suspect.
— Parfait, dans ce cas on y va. Eldrid, tu prends la tête et tu nous guides. On avance silencieusement et rapidement. Si vous devez tuer, tuez, mais évitez autant que possible. Nous devons rester au maximum inaperçus.
Les ordres donnés, tous mirent leurs casques et se frappèrent le poing sur le cœur, sans exception. Astrid faisait désormais partie des nordiens et elle comptait bien respecter les traditions.
Le groupe s'avança vers la porte et s'élança dans la brume telle une procession de spectres, ne laissant derrière eux que l'illusion d'une silhouette dans l'air. Ils avançaient comme Harold l'avait ordonné, rapidement et silencieusement. C'était tout juste si le frottement de leurs semelles contre les pavés de pierre pouvait se faire entendre.
Les routes de la forteresse étaient de belle facture et biens entretenues afin de permettre aux unités de se déplacer avec célérité. À la périphérie, les bâtiments étaient principalement de bois, le toit bardé d'ardoises pour éviter de facilement prendre feu. Puis, petit à petit, plus on s'enfonçait vers la citadelle, plus la pierre devenait maîtresse, remplaçant le bois pour donner naissance à des bâtiments trapus et imposants. Une image qui aurait pu paraître paradoxale quand on songeait aux histoires racontées dans les tavernes des clans de l'Alliance. Mais après tout il ne s'agissait que d'hommes. Si leur chef décidait de faire régner l'ordre, même sous une forme que l'on pourrait qualifier de barbare ou brutale, l'ordre régnait.
Eldrid menait le groupe avec une grande maîtrise, la brume pour alliée. Ils traversaient les grands axes de la forteresse, peu animés, mais déjà arpentés par de nombreux soldats sans éveiller le moindre soupçon. Ils s'enfonçaient dans des ruelles où Harold n'aurait pas osé poser le pied de peur de se perdre. Jamais ils n'étaient inquiétés. Par moment Eldrid les faisait courir, à d'autre ils s'immobilisaient ou se cachaient ici et là, au coin d'un bâtiment, derrière une charrette remplie de matériel ou dans une quelconque ruelle sombre.
Eldrid était littéralement faite pour ce genre de mission.
Harold était admiratif de ses compétences, mais il n'en avait pas pour autant abandonné toute précaution, bien au contraire. Se sachant incapable de faire preuve d'une telle facilité à se déplacer en territoire ennemi il avait pris des repères sur le chemin. Ce n'était pas par manque de confiance, plutôt une assurance dans le cas où ils seraient séparés, il pourrait ainsi retourner à leur point de départ sans trop s'égarer.
Si on en arrive là, alors encore faudra-t-il que j'arrive à les distinguer dans cette purée de pois… ou que le brouillard se fasse encore plus dense pour me permettre de passer totalement inaperçu… C'est vraiment un temps à double tranchant…
Leur périple à travers les ruelles de la citadelle continua et, à force d'avancer sans rencontrer le moindre obstacle, une certaine torpeur commença à gagner l'esprit Harold. Pas au point d'en devenir insouciant, mais il se permit de relâcher un peu sa vigilance tout en continuant à noter ses repères. Là, rien qu'au bruit on pouvait discerner une forge ; quelques rues plus loin, aux hommes soûls et aux cris qui en sortaient, un lieu de débauche ; ici, à la façade du bâtiment et aux gardes bien bâtis se trouvant devant la porte, une caserne ; etc… Il y avait là tout ce qu'il fallait pour jalonner la carte mentale qu'Harold s'était constituée.
Après une dizaine de minutes à suivre aveuglément leur guide, le groupe arriva devant l'un des plus imposants bâtiments de guerre qui leur avait été donné de voir. Avec la brume environnante, il ne pouvait cependant en voir la largeur et la hauteur totale, ses murs se perdant dans l'air d'une blancheur opaque. Harold retrouva immédiatement toute sa vivacité d'esprit. Ils étaient arrivés à l'arrière de la citadelle, dans une zone où leurs troupes ne prendraient pied qu'une fois la forteresse conquise et la citadelle prête à mener son ultime combat pour défendre ses occupants. Il y avait alentour bien peu d'activité et un sentiment d'abandon comme si rien ne méritait qu'on ne s'attarde dans un tel endroit.
Harold ne se préoccupa pas de telles futilités et après avoir observé rapidement les lieux il mena d'un pas sûr le groupe vers une porte bardée de fer qui ne payait pas de mine, mais dont la solidité n'en restait pas moins une évidence. Il y avait non loin, ici et là, de vieilles caisses et même quelques meubles brisés.
Comme le prisonnier l'avait dit, ça ressemble vraiment à un débarras…
Harold s'arrêta juste devant la porte et se retourna vers ses amis. La dernière ligne droite menant à la capture de Dagur se trouvait devant eux. En faisant attention à ne pas trop élever la voix, il prit la parole :
— Jusqu'ici toutes les indications que le prisonnier nous a données se sont révélées exactes. Cette porte est seulement empruntée par des serviteurs pour leur travail et pour se débarrasser de ce genre de choses, expliqua-t-il en pointant les objets traînant sur les côtés.
Harold ne pouvait voir les visages de ses amis cachés par leurs casques, si ce n'est celui d'Astrid qui était un bel exemple de ce à quoi pouvaient ressembler les autres. Une concentration extrême. Ils ne pouvaient se permettre de faire la moindre erreur.
— Après la porte on remontera un couloir, arrivé à un croisement on tournera à gauche et on devrait trouver un escalier. On doit se rendre au deuxième étage, mais pour sécuriser le bâtiment l'escalier ne va qu'au premier. Une fois arrivé là, on devra avancer jusqu'à atteindre la quatrième porte, elle donne sur une pièce dans laquelle se trouve un passage caché derrière une tenture, on y trouvera un escalier utilisé comme raccourci par les serviteurs pour se rendre au deuxième étage.
Harold laissa quelques secondes à ses amis pour être certain que l'information était bien intégrée. Il ne voulait rien laisser au hasard.
— On arrivera dans une pièce similaire à celle du premier étage, mais qui n'est malheureusement pas celle qui nous intéresse. On devra en sortir, remonter un couloir qui finira par former un angle, une fois passé, il y aura au bout du couloir une porte donnant sur la chambre de Dagur et à droite une autre porte donnant sur son bureau. Les deux pièces communiquent entre elles. C'est là qu'on trouvera Dagur et avec de la chance ses lieutenants.
D'après toutes les informations qu'ils avaient pu récolter, tous les matins Dagur organisait une longue réunion avec ses subordonnés, puis il passait encore plusieurs heures ensuite dans son bureau à gérer les affaires courantes. Ils étaient donc sûrs de l'y trouver, en revanche Harold craignait que la réunion ne soit déjà passée.
De toute façon le principal c'est de capturer Dagur, le reste c'est du bonus.
— Cet itinéraire doit nous permettre d'éviter un maximum de monde, il est impossible de dire si on rencontrera quelqu'un. Faites au mieux.
Une fois ses dernières consignes données, Harold dégaina la dague accrochée à sa ceinture, une arme bien mieux adaptée qu'une épée en cas de combat dans un couloir, et il se tourna vers la porte.
